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« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident » Fête de saint François Xavier 3 décembre

Pour votre méditation en cette fête d'un grand missionnaire dont s'est inspiré saint François de Laval, premier évêque de Québec et fondateur du Séminaire de Québec dont le prénom complet était François-Xavier. Bonne lecture! Homélie à Pont-Viau (Ville de Laval) aux Prêtres des Missions-Étrangères, le 3 décembre 2007, à l'occasion de leur fête patronale. Textes de l'Écriture: Isaïe, 4, 2-6; Mathieu 8,5-11 pour le lundi de la 1ère semaine de l'Avent par Mgr Hermann Giguère ptre, p.h., supérieur général du Séminaire de Québec.



Portrait de saint François Xavier
Portrait de saint François Xavier
I- Une mémoire opportune

Paris. Butte Montmartre. Le 15 août 1534. Sept hommes. La plupart encore jeunes. Ils se lient ensemble pour toujours par serment comme compagnons pour répondre aux appels du Seigneur et se mettre au service de l’Église. Ils ne savent pas qu’ils seront des marqueurs des temps nouveaux. Ils ont nom : Íñigo de Loyola dit Ignace, le plus vieux, Pierre Favre, un Savoyard, Françisco Xavier, un Navarrais, Diego Lainez (successeur d'lgnace à la tête de la Compagnie de Jésus), Alonso Salmeron, Simón Rodríguez de Azevedo, un Portugais, et Nicolás Badavilla. « Ce serment est l'acte fondateur de la Compagnie » dira Ignace dans son autobiographie.

Rome. Église du Gésù. Tombeau du guide que fut Ignace pour ses compagnons. En face de ce tombeau, une relique insigne. Un bras. Celui de son colocataire lors de ses études à Paris : François Xavier qu’il a envoyé aux Indes et qui meurt en 1552 aux portes de la Chine sans avoir reçu une dernière lettre d’Ignace lui demandant de quitter les Indes pour l'Amérique.

La fête d’aujourd’hui nous permet d’exercer notre mémoire et de nous enraciner dans un mouvement dont François Xavier est un des représentants les plus aimés et le plus connus puisque sa sainteté a même été reconnue par nos frères anglicans, mais il s’agit d’un mouvement que ni François Xavier, ni Ignace n’ont commencé.

« Portez l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre » retentit au sein des premières communautés chrétiennes comme un impératif incontournable de Jésus lui-même.

L’antienne de communion de la messe d’aujourd’hui qui reprend les paroles de l’évangile de Marc et celles de l’évangile de Mathieu, est limpide et sans échappatoire : « Allez dans le monder entier, proclamer la Bonne Nouvelle, et, moi dit le Seigneur, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Antienne de communion tirée de Mc16, 15; Mt 28,20).

- C’est pourquoi, Paul et les apôtres ont parcouru le tour de la méditerranée annonçant la Bonne nouvelle : « Malheur à moi si je n’évangélise pas » disait saint Paul.

- C’est pourquoi, au temps des Barbares saint Boniface, saint Augustin de Cantorbéry et bien d’autres missionnaires ont travaillé à rejoindre les populations de l’Europe avec des moyens nouveaux mieux adaptés.

- C’est pourquoi dans une troisième vague missionnaire François Xavier et tant d’apôtres qui l’on suivi comme le Père Matteo Ricci en Chine ont cherché à entrer dans le cœur des populations nouvellement accessibles en leur présentant la richesse de l’Évangile et en respectant en même temps la richesse de leurs civilisation.

Il serait trop long de continuer sur cette lancée car, vous le savez, les hauts et les bas de l’histoire des missions sont nombreux. Si j’ai rappelé ces quelques moments importants, c’est que le mouvement de l’évangélisation n’est pas mort. Loin de là. Il habite encore les communautés chrétiennes qui ne peuvent se contenter de vivre fermées sur elle-même.

L’Évangile d’aujourd’hui nous le rappelle opportunément ainsi que la première lecture choisie pour la fête de saint François Xavier.

II- L’universalité du message évangélique

« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux ». Jésus est-il tombé sur la tête se demandent les Juifs qui l’entourent ? Ignace avait-il dispersé ses compagnons trop précipitamment en envoyant François Xavier aux Indes ?

Et pourtant, dans ce texte de la rencontre avec un centurion romain que nous avons entendu il y a un instant, Jésus fait un pas extraordinaire pour le Juif pieux qu’il est, éduqué dans la tradition de ses pères, membre du peuple choisi.

Il brise le « tabou » de la révélation réservée aux seuls Juifs, Celle-ci s’étend à tous ceux et celles qui l’acceptent par un acte de foi personnel et par une adhésion à Celui qui en est le porteur ultime, Jésus de Nazareth. « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi ».

Cette universalité de la révélation s’est imposée graduellement dans les communautés chrétiennes. Saint Pierre a de la difficulté à en rendre compte. Paul arrive à la rescousse et il en proclame la nécessité absolue sinon le risque est grand de pervertir le cœur même de la prédication de Jésus. Ce n’est pas pour rien que la tradition l’a présenté comme l’ « Apôtre des gentils » c’est-à-dire de toutes les nations.

III- Actualisation

Comment ce message nous rejoint-il en encore aujourd’hui ?

Oh ! je sais bien que mot évangélisation habite le langage ecclésial à un point tel qu’on ne l’entend plus ou qu’on y met ce que l’on veut bien y mettre. Il se conjugue en « nouvelle » évangélisation, « seconde » évangélisation et que sais-je encore ?

L’annonce de l’évangile est confrontée aujourd’hui à des défis aussi importants que ceux que rencontraient François Xavier et ses successeurs.

Qu’il s’agisse de notre Église du Québec ou des Églises en émergence, la rapidité des communications, les transferts de savoir et de technologies, le décalage entre les riches et les pauvres, les questions liées à l’environnement sont le milieu où le nom de Jésus doit être proclamé comme Sauveur et Seigneur, car Il peut être ce « Germe », ce « Fruit » dont tout l’univers sera fier accomplissant la prophétie d’Isaïe non seulement pour les « survivants de Jérusalem » mais pour « beaucoup qui viendront de l’orient et de l’occident ».

Dans ce contexte d’aujourd’hui, comme hier d’ailleurs, c’est par sa vie que le chrétien évangélise d’abord. À quelqu’un qui lui demandait comment il rejoindrait les Touaregs, Charles de Foucauld répondait. « Mon apostolat, doit être l'apostolat de la bonté... Si l'on me demande pourquoi, je suis doux et bon, je dois dire: 'Parce que je suis le serviteur d'un bien plus bon que moi. Si vous saviez combien est bon mon Maître Jésus'. » Il sera le sillon qu'on creuse et où d'autres viennent jeter la semence.

Frère Charles ne cherche à convertir personne. Il lui suffit d'être comme Jésus au milieu des plus pauvres.

Ainsi nous pouvons au fil de jours et des défis que rencontre notre Église, vivre au ras du quotidien une présence remplie de lumière et d’espérance, ancrée sur la base inaltérable de la présence de Jésus toujours vivant, hier, aujourd’hui et demain, de Jésus que le Père a relevé d’entre les morts et rendu puissant pour nous sauver « de l’orient à l’occident ».

Conclusion

Que cette Eucharistie, en la fête de saint François Xavier, votre patron, nous remplissent de force et d’élan pour annoncer cette Bonne Nouvelle car chaque fois que nous redisons les mêmes paroles de Jésus le soir du Jeudi-Saint et que nous refaisons ses gestes, nous annonçons le Seigneur « jusqu’à ce qu’il vienne » comme dit saint Paul (I Co 11, 26).

Amen !

Mgr Hermann Giguère, prêtre, P.H.
Supérieur général du Séminaire de Québec
le 3 décembre 2007

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Saint François Xavier, en espagnol Francisco Javier, en basque Frantzisko Xabier, l'Apôtre des Indes (né le 7 avril 1506 à Javier, près de Pampelune en Navarre – mort le 3 décembre 1552 dans l' île de Sancian, au large de Canton, Chine), était un missionnaire jésuite espagnol, reconnu comme saint par les catholiques et les anglicans.

Étudiant à Paris, il s'attacha à saint Ignace. Il fut ordonné prêtre en 1537 et s'adonna aux oeuvres de charité en diverses villes d'Italie. Envoyé en Orient en 1541, il évangélisa durant dix ans l'Inde et le Japon et y opéra de nombreuses conversions. Il allait pénétrer en Chine quand il mourut en 1552. Grégoire XV le canonisa en 1622. Il est fêté le 3 décembre.



« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident » Fête de saint François Xavier 3 décembre


Samedi 3 Décembre 2016
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