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Homélie pour Noël : "Vous trouverez un enfant nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire"

Homélie pour la Messe de minuit de la fête de Noël à Chapelle de la Desserte du Lac Poulin le 24 décembre 2008 par Mgr Hermann Giguère, "curé" du Lac Poulin et supérieur général du Séminaire de Québec. Textes de l'Écriture: Isaïe 9, 1-6, Tite 2, 11-14, Lc 2, 1-14.



Homélie pour Noël : "Vous trouverez un enfant nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire"
Le signe qui est donné aux bergers dans la lecture de l’évangile que nous venons d’entendre, c’est le signe de l’enfant. « Vous trouverez un enfant nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire».

Quand on veut comprendre quelque chose, c’est important d’avoir des signes qui nous permettent d’en saisir le sens. Un signe c’est, en effet, un geste, une parole, un objet qui fait sens. Le signe ne nous arrête pas à lui, il nous fait aller au-delà.

Qu’est-ce que ce signe de l’enfant peut nous faire comprendre du mystère de Noël, de la Naissance d’un Sauveur? Je m’arrêterai à trois aspects que le signe de l’enfant évoque : le premier est la surprise de l’inattendu, le second, l’engagement pour toute la vie et le troisième, la familiarité quotidienne.


Refrain: Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

Permettez-moi de revenir sur chacun de ces trois aspects du signe de l’enfant que nous trouvons, comme les bergers, dans une mangeoire.

I- La surprise de l’inattendu

Qu’est-ce qui est inattendu dans la venue d’un enfant aujourd’hui? Beaucoup moins de choses qu’autrefois. On en connaît souvent le sexe avant sa naissance. On a parfois planifié sa venue au moment jugé opportun pour le couple. Que sais-je encore?

Mais demandez aux parents s’il reste des surprises et ils vous diront que la venue d’un enfant n’est jamais complètement contrôlée. Tout peut arriver.

Il en est ainsi de la venue du Sauveur dans notre monde où, bien qu’il fût attendu « depuis plus de quatre mille ans » comme nous le chantons dans le cantique « Il est né le Divin Enfant », cette venue a surpris. Pourquoi? Parce que Dieu a fait « irruption » dans notre monde non comme un Roi glorieux et tout-puissant mais comme un enfant faible et à la merci des soins de ses parents.

Notre Dieu ainsi se fait proche en commençant sa vie terrestre comme tout autre être humain. Il crie, il pleure, il repose dans la mangeoire sur de la paille, emmailloté de langes. Quelle image forte. L’incarnation du Fils de Dieu n’est pas un jeu. « Le Verbe se fait chair et il habite parmi nous » comme dit le prologue de l’évangile de saint Jean.

3. Une étable est son logement,
Un peu de paille est sa couchette,
Une étable est son logement,
Pour un Dieu quel abaissement!



II- L’engagement pour toute la vie

Le signe de l’enfant nous indique la surprise. Il nous oriente en second lieu vers un engagement. Vos enfants, chers parents, seront toujours vos enfants. Chers enfants, vous serez toujours les enfants de vos parents. J’ai la chance d’avoir encore ma mère qui a 92 ans et qui me traite toujours comme son enfant, même si je suis parti de la maison depuis très longtemps.

Quand arrive un nouveau-né ses parents expérimentent un lien qui ne se brisera plus jamais malgré les aléas de la vie. C’est un lien à vie.

Si on pense à cet aspect du signe de l’enfant, on comprend que Dieu nous donne son Fils non seulement pour une fois, mais pour tout le temps. Il naît à Bethléem au temps de l’empereur Auguste comme le dit saint Luc, mais il continue de naître à chaque année, à chaque jour même dans le cœur de ceux et celles qui le reçoivent.

Marie et Joseph, sans doute surpris par cette naissance inattendue, ont accepté un engagement qu’ils vivront toute leur vie. On retrouve Marie durant la vie publique de son fils Jésus, quand il prêche, comme aux Noces de Cana. Elle est là encore au pied de la Croix. De la Crèche à la Croix, Marie accompagne et soutient son enfant. Quel modèle à suivre! Que l'Enfant nouveau-né s’établisse dans nos cœurs comme le Roi qui règne sur nous entièrement.


4. O Jésus, ô roi tout puissant,
Tout petit enfant que vous êtes,
O Jésus, ô roi tout puissant,
Régnez sur nous entièrement.


III- La familiarité quotidienne

Surprise, engagement, avons-nous dit. Venons-en maintenant à un troisième aspect du signe de l’enfant. C’est peut-être le plus beau. En tout cas c’est celui qui rend les jeunes parents resplendissants. Au fil de jours, ils voient grandir leur progéniture. Les premiers pas sont filmés. Les photos et les vidéos se succèdent à un rythme fou parfois. On les met sur Picassa. On inonde nos amis des visages et des gestes des enfants. Pourquoi? Parce qu’ils sont la richesse de leurs parents, ils font partie de leur vie de tous les jours. Ils ne représentent pas un moment passé. Ils ne sont pas un objet dans la maison. Ils sont l’âme de la maison. Leurs cris habitent les journées et les nuits parfois.

Ce que je veux souligner ici, c’est que l’enfant n’est jamais un étranger chez lui. Il fait partie de la famille où se vivent sur une base quotidienne les hauts et les bas de la vie, les bonheurs et les malheurs. L’enfant nous apprend à regarder ce qui nous arrive avec un certain détachement. Demain sera mieux qu’hier.

Oui! Dans la famille de Dieu aucun n’est étranger, ni ne le sera jamais. Les bergers loin des grands centres furent les premiers à goûter la présence du Sauveur parce qu’ils s’inclinaient devant le signe qui leur était donné : un enfant emmailloté couché dans une mangeoire.

Saurons-nous cette année à l’occasion de la fête de Noël, reconnaître ce signe de l’enfant beau et charmant qui nous est donné?

2. Ah! qu'il est beau, qu'il est charmant,
Ah! que ses grâces sont parfaites,
Ah! qu'il est beau, qu'il est charmant,
Qu'il est doux, ce divin enfant.




Conclusion

Chers parents, chers enfants, chers grands-parents, et vous tous chers amis, quelle que soit votre situation de vie, le signe de l’enfant emmailloté et couché dans une mangeoire nous est donné pour aller plus loin en cette nuit où le Sauveur du monde est né. Nous rencontrons ce soir un nouveau-né. Ce nouveau-né est un Sauveur qui nous est donné.

Ce soir la mangeoire c’est l’autel où, sous l’apparence du Pain et du Vin consacrés, Jésus repose enveloppé de langes, emmailloté. Il est là pour nous et pour notre salut, il naît de nouveau dans nos cœurs et nous pouvons chanter avec foi : « Il est né le Divin Enfant »

Mon frère, ma sœur, qui que tu sois, rappelle-toi, ce soir, qu’un enfant nouveau-né te fait signe et que tu es aimé de Dieu.


Amen!

Refrain: Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.




Mgr Hermann Giguère, P.H.
Supérieur général du Séminaire de Québec
le 23 décembre 2008

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Inspiré en partie d'un
Extrait d'un sermon d`Aelred de Rievaux (+1167), moine cistercien anglais qui fut un grand auteur spirituel du XIIe siècle proche de saint Bernard et qu'on surnomma le "Bernard du Nord". Pour lire cet extrait cliquez ici

Sermons pour Noël 2, PL 195, 226-227

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Paroles du cantique IL EST NÉ LE DIVIN ENFANT

Ce cantique écrit entre le XVIIIe et le XIXe siècle été publiée pour la première fois en 1874 dans un recueil d'Airs de Noëls Lorrains rassemblés par l'organiste de la cathédrale de Saint-Dié, R. Grosjean. La mélodie dérive d'un air de chasse du XVIIe siècle, la tête bizarde.

Refrain:
Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.

1. Depuis plus de quatre mille ans
Nous le promettaient les prophètes,
Depuis plus de quatre mille ans
Nous attendions cet heureux temps.
Refrain:

2. Ah! qu'il est beau, qu'il est charmant,
Ah! que ses grâces sont parfaites,
Ah! qu'il est beau, qu'il est charmant,
Qu'il est doux, ce divin enfant.
Refrain:

3. Une étable est son logement,
Un peu de paille est sa couchette,
Une étable est son logement,
Pour un Dieu quel abaissement!
Refrain:

4. O Jésus, ô roi tout puissant,
Tout petit enfant que vous êtes,
O Jésus, ô roi tout puissant,
Régnez sur nous entièrement.
Refrain:



Mercredi 31 Décembre 2008
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