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Homélie pour la Fête-Dieu, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, Année C « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Luc 9, 11b-17)

Homélie pour la Fête-Dieu, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, Année C le 29 mai 2016 par Mgr Hermann Giguère P. H., Séminaire de Québec. Textes : Genèse 14, 18-20, I Corinthiens 11, 23-26 et Luc 9, 11b-17.



Jean Paul Lemieux, La Fête-Dieu à Québec, 1944. Huile sur toile. Coll. MNBAQ. Cette toile a été reproduite sur le poster pour les activités de la Nuit de la création organisée par les étudiants de la Faculté des lettres de l'Université Laval. Reproduction du poster parue dans le Fil des événements.
Jean Paul Lemieux, La Fête-Dieu à Québec, 1944. Huile sur toile. Coll. MNBAQ. Cette toile a été reproduite sur le poster pour les activités de la Nuit de la création organisée par les étudiants de la Faculté des lettres de l'Université Laval. Reproduction du poster parue dans le Fil des événements.
Le récit de la multiplication des pains que nous venons de lire permet de revisiter et de revoir notre dévotion à l’Eucharistie, dans l’adoration eucharistique et surtout dans la célébration de l’Eucharistie dominicale ou quotidienne.

En effet la Fête-Dieu que la liturgie nomme la Solennité du Très Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ est une fête qui nous fait entrer au cœur du mystère de Jésus qui se donne à nous et au cœur de notre union mystérieuse avec Lui dans les sacrements, notamment dans le sacrement de l’Eucharistie que nous célébrons de façon particulière aujourd’hui.

I – Une nourriture qui est au-delà du pain matériel

Revenons au récit de l’évangile. Que nous dit-il? Il surprend, bien entendu, surtout si on se demande comment cela a-t-il pu se réaliser avec si peu de ressources? Si nous en restons à cette question nous perdons un peu notre temps. Car nous devons déclarer forfait : on n’en sait rien. Par ailleurs, si nous reprenons le récit en détail, on découvre que les apôtres sont représentés comme les agents nécessaires du geste que Jésus va faire pour nourrir toute la foule : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » « Faites-les asseoir par groupes de cinquante » « Il les donna à ses disciples pour qu’il les distribuent à tout le monde » « L’on ramassa les morceaux qui restaient, cela remplit douze paniers ».

La participation des apôtres au geste de Jésus en fait des instruments pour continuer de répandre une nourriture qu’ils n’ont pas créée, qui les dépasse et qui s’adresse à tous ceux et celles qui en veulent. L'homme ne se nourrit pas seulement de pain.

Jésus offre par sa Parole et par sa vie cette nourriture qui n'est pas seulement matérielle, elle est une nourriture spirituelle, elle réconforte, elle soutient, elle est communion avec Lui et avec la communauté, elle ne se tarit jamais. Jésus se présente ici comme porteur et donneur de vie, tel est le message de cet épisode de la multiplication des pains.

II – Un devoir de transmission

C’est dans le sillage de ce message que Jésus le soir du Jeudi Saint en consacrant le Pain et le Vin lui donnera tout son sens. « En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson» (Jean 6, 55) avait-il dit dans le discours sur le Pain de vie après un autre geste de multiplication des pains. Et à la Cène, avant de mourir, il se donne tout entier en disant « Ceci est mon Corps » sur le pain et « Ceci est mon Sang » sur la coupe de vin.

Les premières communauté chrétiennes ont, très tôt (aux environs de 65 après Jésus-Christ) comme on le voit dans la lettre de saint Paul aux Corinthiens, fait mémoire de ces gestes et les ont transmis aux générations subséquentes. La Cène du Seigneur que raconte saint Paul c’est la même que notre Eucharistie dominicale. Les paroles et les gestes qui nous y faisons témoignent de la présence de Jésus ici et maintenant en nous rappelant sa mort et sa résurrection « jusqu’à ce qu’il vienne ».

Vous voyez qu’il y a une continuité entre la multiplication des pains et l’Eucharistie que nous célébrons. Ici rassemblés, nous offrons, comme les chrétiens de Corinthe autour de saint Paul, le Pain et le Vin pour rendre grâces à Dieu et faire mémoire de son Fils Jésus dont le Corps et le Sang sont pour nous la nourriture qui nous donne la vie, « la vie en abondance » (Jean 10, 10).

III – La dévotion au Très Saint-Sacrement

C’est en entrant à fond dans la dynamique de l’Eucharistie que les chrétiens à partir du Moyen Âge ont vénéré de façon particulière l’Hostie qui est le Corps du Christ et le Vin consacré qui est son Sang.

Fasciné par la grandeur de ce mystère et aussi par son incroyable défi à la raison, on a insisté alors sur le caractère surnaturel et extraordinaire de ce mystère en vénérant de façon particulière la présence du Christ dans toutes les Hosties et même dans chaque parcelle de celles-ci : «  La chair est une nourriture, le sang un breuvage, pourtant le Christ total demeure sous l'une et l'autre espèce » écrit saint Thomas d’Aquin dans l’hymne Lauda Sion Salvatorem qui sert de séquence, y trouvant là le signe d’une proximité avec chaque personne baptisée dans une intimité à nulle autre pareille.

Ainsi s’est développé l’usage de moments d’adoration en présence de l’Hostie consacrée puis, plus tard, on a institué une fête où celle-ci était portée en procession d’une église à une autre sous les acclamations et les chants de la foule. Ce furent les processions du Très Saint-Sacrement que j’ai connues dans ma jeunesse alors qu’on faisait un « reposoir » très décoré près de chez nous pour accueillir la procession qui y faisait un arrêt avant de retourner à l’église.

Les congrès eucharistiques internationaux, comme celui tenu à Québec en 2008, et le prochain qui aura lieu à Budapest en 2020 entretiennent ces manifestations de foi au niveau international.

Même si les processions du Très Saint-Sacrement sont de plus en plus rares, la pratique de l’adoration eucharistique connaît une popularité constante dans des chapelles qui lui sont consacrées en plusieurs villes.

Depuis Vatican II, le sens de celle-ci s’est enrichi d’un lien continuel avec la célébration de l’Eucharistie. Il ne s’agit plus seulement d’un colloque intime avec Jésus mais aussi d’une communion à son action dans l’Église et dans le monde. Ainsi les adorateurs et adoratrices s’offrent en union avec l’Église toute entière et avec Jésus qui continue de le faire partout et à toute heure dans les célébrations eucharistiques aux quatre coins de la planète.

Conclusion

Vous voyez la Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ est une fête proche de notre vie de tous les jours. Elle arrive un fois par année, mais elle se vit tous les jours car le Christ dans l’Eucharistie continue de se donner pour le monde et nous entraîne à faire de même.

Il nous donne son Corps et son Sang pour que nous devenions à notre tour capables de donner notre corps et notre sang comme Lui afin que le monde où nous vivons voit les signes de l’amour et de la miséricorde de Dieu qui continuent de se répandre sur tous et toutes sans regarder leurs péchés, leurs fautes ou leurs erreurs.

Que cette fête aujourd’hui soit pour nous une occasion de devenir une offrande agréable à Dieu en union avec Jésus hier, aujourd’hui et demain.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec

24 mai 2016


Origines de la Fête-Dieu

Quelques notes tirées de Wikipedia : L’origine de la Fête-Dieu est due à un miracle qui a eu lieu au XIIIe siècle à Bolsena en 1263. Une hostie aurait suinté du sang. Ce miracle est relaté par les fresques de la Cathédrale d’Orvieto en Italie. Le Pape Urbain IV vint alors constater ce qui était survenu. Le pape, ancien confesseur de sainte Julienne de Cornillon institua alors à sa demande la fête du Corpus Domini par la bulle "Transiturus de hoc mundo" le 8 septembre 1264. Il la fixa au jeudi après l’octave de la Pentecôte et confia la rédaction des textes liturgiques à saint Thomas d’Aquin. La Fête-Dieu ne fut reçue dans toutes les églises latines qu'au temps de Clément V, à l'époque du Concile de Vienne (1311 - 1312) où il renouvela la constitution d'Urbain IV.


Mardi 24 Mai 2016
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