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Homélie pour le 13e dimanche du temps ordinaire Année B « Je te le dis, lève-toi! »

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 1 juillet 2018 Année B. Homélie à la Chapelle du Lac Poulin et de la Chapelle du Lac Raquette par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec, recteur de ces dessertes. Textes: Sagesse 1, 13-15 ; 2, 23-24, 2 Corinthiens 8, 7.9.13-15 et Marc 5, 21-43.



Jésus et la fille de Jaïre (Crédits photo : Apostolia)
Jésus et la fille de Jaïre (Crédits photo : Apostolia)
Quelles scènes, dignes d’une vidéo qui ferait fureur sur Facebook, j’en suis sûr. Mais au-delà du caractère spectaculaire de ces deux guérisons, il y a un message plus important. En effet, saint Marc dans son évangile qui s’adresse aux premiers chrétiens, en leur racontant la vie de Jésus, désire ici leur montrer que le Jésus que les apôtres ont connu, qu'ils ont touché, avec qui ils ont mangé est non seulement un prédicateur recherché, mais aussi il répand et donne la vie autour de lui comme Dieu le fait depuis toujours. Voilà le message à retenir ce matin.

I – La scène

Pour illustrer ce message saint Marc nous raconte deux épisodes révélateurs avec des gens bien en chair et en os qui sont comme les acteurs de notre vidéo : Jésus, un père éploré, une vieille femme découragée et une jeune fille disparue trop vite.

Reprenons-les dans l’ordre.

Jésus : il est ici en plein ministère. Il revient de l’autre côté de la mer de Galilée, du pays des Géraséniens. Cette région se trouve aujourd’hui en Jordanie. Il retrouve sa région familière de ce côté-ci du lac en Israël maintenant pas loin de Capharnaüm. Il est entouré de gens de toutes sortes qui l’accueillent et qui se pressent autour de lui. Son ministère qui dure depuis quelque temps commence à porter fruit. Il attire de plus en plus de monde. Jésus enseigne. Il passe son message, mais aussi il montre par ses gestes, ses miracles, qu'il a une relation particulière avec Dieu. C’est ce qu’il fait ici avec cette vieille dame et cette jeune fille.

Le père éploré : c’est un chef religieux, il s’occupe de la synagogue où se fait la prière des Juifs. Il est aussi un bon père de famille. Il ne sait plus quoi faire pour sa fille qui parait avoir rendu l’âme. Comme d'autres il se tourne vers Jésus. Il le supplie avec une foi totale de venir la guérir.

La vieille femme découragée : celle-ci souffre dans corps depuis 12 ans. Quelle épreuve ! Elle a tout essayé pour soulager son mal. Rien n’y fait, elle n’en peut plus. Elle a entendu parler de Jésus et se dit « si jamais je peux lui parler ou même seulement toucher son vêtement peut-être que ce sera la fin de mon épreuve » car elle perçoit que Jésus a un côté divin, hors du commun des mortels. Elle se glisse dans la foule en poussant et en forçant son chemin jusqu’à Jésus dont elle touche le vêtement.

La jeune fille : elle est étendue sans vie apparente. Comment est-ce arrivé ? Nul ne le sait même pas son père. Elle ne dit rien, mais elle sera l’objet d’une tendresse de Jésus à nulle autre pareille

II – L’action

Une fois le décor planté, regardons qu’est-ce qui se passe dans cette vidéo.

L’action se concentre autour des gestes et des paroles de Jésus.

Avec le chef de la synagogue qui apprend que sa fille est morte, Jésus prend l’initiative de répondre à la demande qu’il lui avait faite. Il va chez lui avec Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. «  Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : ’Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort ‘ ». Et il lui prend la main et le miracle se produit. Elle se lève. Elle revient à la vie à la surprise de tous.

Dans le cas de la vieille femme, Jésus, après s’être senti touché par quelqu’un, intervient en demandant qui c’est. On lui répond qu’il y a tellement de monde que ça peut être n’importe qui. Pourtant Jésus sait que c’est la vielle femme malade, car il connaît sa foi en lui par qui Dieu répand la vie. Et il lui dit « Ma fille ta foi t'a sauvée ». Et elle est guérie sur le champ.

III – La leçon

Ces deux faits qui prennent place dans la prédication de Jésus sont rapportés par saint Marc dans un but particulier. En racontant ces deux faits, il veut qu’on retienne que Jésus en répondant aux demandes de ces deux personnes, par les deux miracles, se présente comme l'Envoyé de Dieu, Dispensateur de la vie, comme celui qui vient de Dieu pour donner la vie dans le monde.

Le message qu’il y a dans ces deux guérisons est clair, c’est que notre Dieu n’est pas du côté de la mort et du mal. Il est pour la vie. La première lecture tirée du Livre de la Sagesse, attribué à Salomon et écrit deux cent ans avant Jésus, le disait déjà dans ces mots : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il les a tous créés pour qu’ils subsistent ; ce qui naît dans le monde est porteur de vie ».

Ce message est présenté ici dans un décor particulier qui pourrait risquer de nous arrêter sur les détails de l’intervention de Jésus, sur son côté miraculeux, mais justement ces détails sont là pour nous dire que Jésus n’est pas un homme comme les autres. À travers lui, Dieu se manifeste de façon extraordinaire et répand la vie à ceux et celles qui croient en lui. C'est le cas de Jaïre, le père de la jeune fille, ainsi que de la vieille dame qui sont pour nous des modèles de foi totale en Jésus.

Regardez Jaïre. Lorsque Jésus répond à sa demande de venir chez lui pour voir sa fille qui est mal en point, il l’invite à un acte de foi totale. «  Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : ‘ Ne crains pas, crois seulement’ ». Quant à la vieille dame, Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal ».

Dans les deux cas, on le voit, c’est la foi qui amorce la guérison, qui permet à Dieu de se manifester à travers Jésus comme le Dispensateur de la vie. Quel beau message ce dimanche-ci ! Jésus nous manifeste que Dieu donne la vie en abondance à ceux et celles qui se tournent vers Lui avec foi, car « tout est possible à Dieu ». (Marc 10, 27)

Nous sommes des hommes et des femmes qui croient que la vie triomphe de la mort, des hommes et des femmes qui ne se laissent jamais écrasés, des hommes et des femmes qui mettent leur confiance en Celui qui est le Dispensateur de la vie et qui ainsi luttent et œuvrent de diverses façons pour que les forces de vie triomphent sur les forces de mort dans le monde, dans nos familles, autour de nous et en nous.

Conclusion

Que notre été rempli de rencontres, de promenades, de soirées entre parents et amis soit l’occasion de rendre grâces à Dieu pour le don de la vie qui se manifeste en nous, dans nos enfants, dans nos activités de toutes sortes. « Tout ce que vous faites : manger, boire, ou toute autre action, faites-le pour la gloire de Dieu » dit saint Paul aux chrétiens et chrétiennes de l'Église de Corinthe (I Corinthiens 10, 31).

Nous le faisons dans cette Eucharistie qui est l’action de grâces par excellence avec Jésus le Dispensateur de vie et notre chemin vers Dieu car il est, comme il l'a dit,  le Chemin, la Vérité et la Vie  (Jean 14, 6).

Amen!


Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec


26 juin 2018



















Mardi 26 Juin 2018
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