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Homélie pour le 18e dimanche du temps ordinaire Année B « Cailles et manne »

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 5 août 2018 Année B. Homélie à la Chapelle du Lac Poulin par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec, recteur de cette desserte. Textes: Exode 16, 2-4.12-15, Éphésiens 4, 17.20-24 et Jean 6, 24-35.



Renata Fucikova. La manne et les cailles (Crédits photo : Jacques de Chalendar)
Renata Fucikova. La manne et les cailles (Crédits photo : Jacques de Chalendar)
La première lecture nous parle de cailles et de manne. Les cailles sont des petits oiseaux délicieux à consommer et la manne était, semble-t-il, une espèce d’herbe comestible qui poussait dans le désert. N’ayez crainte, je ne vous donnerez pas des recettes pour les utiliser en cuisine. Ce qui serait intéressant peut-être! Mais ici, ce matin, je me contenterai de les regarder seulement comme nourriture. C’est la raison pour laquelle, je pense, on a retenu ce passage du live de l’Exode comme première lecture qui reçoit une application stimulante dans les paroles de Jésus que l’Évangile nous rapporte

I- Des images

Comme je viens de le dire, ces deux aliments, les cailles et la manne, sont présentés comme une nourriture et même une nourriture merveilleuse. Vous le voyez on est dans un monde très riche et très varié, celui de la nourriture. Lorsqu’il est question de nourriture, on peut penser aux marchés d’alimentation que nous fréquentons à chaque semaine parfois, ou aux marchés en plein air où les gens à chaque jour viennent chercher ce qui les nourrira. On peut penser aussi aux images de femmes africaines qu'on voit souvent en train d’écraser les grains de mil ou de sorgo. On pourrait continuer encore longtemps avec ces images. Nous avons parfois de belles émissions de télévision sur ce sujet. Je m’arrête pour me concentrer sur deux caractéristiques de toute nourriture qui inspire Jésus et qu'il reprend dans le passage de l’évangile qu’on vient de lire.

II - Les effets de la nourriture

En premier lieu, regardons un jeune enfant ou encore un adolescent ou une adolescente. Dans les deux cas, ils se nourrissent avidement parfois. Pourquoi? Pour assurer leur développement et leur croissance. Le bébé passe ses premiers mois à se gaver au sein de sa mère puis par la suite à se nourrir le mieux possible pour bien former son corps. L’adolescent ou l'adolescente connaît une période intensive où son organisme demande continuellement d’être alimenté de toutes sortes de façons.

Voilà donc une première caractéristique de toute nourriture : la croissance et le développement de la personne. C’est la même chose dans le règne animal.

Deuxième caractéristique de la nourriture. Regardons maintenant à l’autre bout du parcours humain et observons les personnes âgées. Elles sont soucieuses de leur nourriture parce qu'elles ont besoin de se garder en forme malgré leurs limites. Leur proches leurs disent souvent « Maman, Papa, tu ne manges pas assez ». Ou encore ils vont les aider à manger à chaque repas lorsqu’elles sont incapables de le faire par elles-mêmes. On leur facilite la tâche.

Cette image illustre une autre caractéristique de toute nourriture, c’est grâce à elle que nous demeurons en vie. Sans nourriture pas de vie. Les camps de réfugiés nous le lancent en pleine face parfois. Lorsque que les organismes d’aide internationale ne peuvent suffire, ce sont alors de milliers et des milliers de personnes qui décèdent.

III - Application

C’est sur cette lancée que nous pouvons maintenant relire les paroles que l’évangéliste saint Jean met dans la bouche de Jésus.

Jésus dans ce passage après avoir fait le miracle de la multiplication des pains, en dégage des leçons. Il commence par une invitation : « Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme ». En d'autres mots, pas pour des cailles ou pour de la manne, mais pour une autre nourriture, une nourriture pour croître et vous développer spirituellement et entretenir votre vie spirituelle.

Les besoins physiques ne sont pas les seuls que nous avons. Comme humains, nous sommes des êtres non seulement corporels mais aussi spirituels par notre intelligence et notre esprit. Au-delà des nourritures physiques, il y a des nourritures plus spirituelles comme l’art, la contemplation de la nature, les amitiés etc.

Notre vie de foi est du même genre. Elle est une expérience spirituelle. Nous avons besoin de ces ouvertures spirituelles si nous voulons croître et nous développer comme personne humaine. Il serait dommage qu’on en reste au seul terrain physique en oubliant toute la richesse de notre esprit, de notre cœur et de notre foi. Jésus se fait notre guide sur ce chemin et il nous assure que la nourriture spirituelle qu’il donne conduit à la vie éternelle.

Par la suite, Jésus continue en révélant que cette nourriture spirituelle qu’il donne et dont toute personne humaine a besoin a son origine en Dieu. « Ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

Quelle belle révélation! La multiplication des pains est l’occasion pour Jésus de nous donner l’heure juste sur la nourriture dont notre être a besoin. Ce serait une vision à courte vue que de la séparer de son auteur qui est Dieu qui la donne comme un père ou une mère qui nourrit ses enfants.

Voilà la merveilleuse révélation de ce passage. Notre Dieu est un Père qui s’occupe de nous nourrir pour nous faire grandir et nous développer dans toutes le dimensions de notre être et nous garder remplis de la vie même de Dieu qui est en nous par le sacrement du Baptême.

Conclusion

Au cours de cette célébration prenons la peine de répéter avec confiance la prière que font les disciples « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »

Ce pain-là viendra au moment où nous avons faim. Il arrivera par surprise parfois comme les cailles et la manne. Il sera donné en abondance. Il permettra d’avancer avec confiance sur la route qui est la nôtre par les voies où le Seigneur nous conduit.

Que cette Eucharistie qui nous présente sous le signe du Pain et du Vin la vraie nourriture que Dieu donne soit notre vie et qu’elle se développe en vie éternelle pour tous et toutes, ce que je vous souhaite de tout cœur.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

31 juillet 2018