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Homélie pour le 1er dimanche du Carême Année B « Les temps sont accomplis »

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 18 février 2018 Année B. Textes: Genèse 9 -15, 1 Pierre 3, 18-22 et Marc 1, 12-15.



"Aussitôt l'Esprit le pousse au désert..." (Marc 1, 12) (Crédits photo : Domaine public)
"Aussitôt l'Esprit le pousse au désert..." (Marc 1, 12) (Crédits photo : Domaine public)
Nous venons de lire les premières phrases de l’évangile selon saint Marc en ce premier dimanche du Carême qui, cette année, nous amènera à scruter et à mieux connaître la vie de Jésus pour nous préparer à célébrer avec foi le mystère de sa Mort et de sa Résurrection.

I – Jésus au désert

Pour saint Marc tout commence au désert. Aujourd’hui il nous présente en trois lignes ce qu’il est convenu d’appeler la tentation de Jésus. Sa présentation est très différente du récit traditionnel des trois tentations de Jésus racontées par l’évangile de saint Mathieu où Satan offre à Jésus la satisfaction de tous ses désirs humains représentés pas le pain, puis le prestige et la première place dans la société et enfin le pouvoir sur tous les royaumes du monde.

Saint Marc n'entre pas dans les détails comme saint Mathieu. Il se contente de nous rappeler que, pendant son séjour au désert, Jésus a vécu un moment fort au départ de la mission qui sera la sienne et que Jean-Baptiste avait entrevue lorsqu’il le présentait comme l’ « Agneau de Dieu », mission confirmée par l’Esprit lors du Baptême de Jésus où il est révélé à tous et à toutes comme le « Fils bien-aimé » (Marc 1, 11).

Mettons-nous à la place de Jésus. Il sent peser sur ses épaules tout le poids de cette mission qu'il découvre de façon plus claire maintenant. Il s’y est préparé intérieurement jusqu’alors, peut-on penser, mais maintenant c’est le passage à l’action. Retiré au désert il va préparer ce qui s'en vient.

« Parmi les bêtes sauvages » il vit en harmonie avec la nature et « les anges le servaient » précise saint Marc pour indiquer la teneur spirituelle de ce temps de rencontre intérieure et de passage. Ainsi, Jésus affermit en lui la volonté de répondre totalement au plan de Dieu. Il triomphe des peurs et des attaques sournoises de Satan que saint Marc ne précisent pas. Au terme de ces quarante jours, Jésus, après l’arrestation de Jean-Baptiste, part en Galilée pour « proclamer l’Évangile de Dieu ».


II – La mission de Jésus

Jésus se lance donc avec confiance dans sa mission perçue avec plus de netteté au désert. Pour lui comme le souligne saint Marc « Les temps sont accomplis ». Sans hésitation, Jésus donne le signal de l'entrée dans les temps nouveaux. Il sait maintenant qu’il porte en lui depuis sa naissance une mission qui va maintenant se dévoiler tout au cours des trois prochaines années.

Les temps nouveaux dont il est question sont la réponse à l’attente du peuple d’Israël. « Le Règne est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». Dieu se fait non seulement proche mais il se fait humain avec les humains portant leurs limites, leurs espoirs et leurs désirs les plus profonds. Jésus, Fils bien-aimé du Père, est l’un de nous. Il est l’Évangile, la Bonne Nouvelle ( cf. Marc 8, 35 et 1, 11).

Dans ses quarante jours de prière et de lutte au désert, Jésus porte en lui ces temps nouveaux. Ils les préparent dans son cœur. Il les habite. Il en dessine les contours. Il en voit la richesse et la profondeur. Son message alors prend forme. Sa prédication subséquente le présentera avec force dans ses paroles et dans ses gestes que saint Marc se plaît à nous raconter simplement sans commentaires.

L’évangile de saint Marc, en effet, ne se lance jamais dans de longs plaidoyers comme c’est le cas dans celui de saint Jean, par exemple. Saint Marc raconte la vie de Jésus en se contentant de rappeler les principaux faits qui nourrissent la foi des disciples de Jésus que furent les premiers chrétiens. Souhaitons que notre foi se laisse illuminer par la lumière de Dieu comme celle des premiers chrétiens.

III- Le carême : un chemin pascal

Le carême de cette année qui est l'année liturgique B est un chemin qui nous fait suivre Jésus de plus près. Il est explicitement pascal, en ce sens que l’horizon du parcours quadragésimal n’est pas seulement le Vendredi Saint, c’est aussi Pâques où le Ressuscité éclaire toute la route parcourue, la sienne et la nôtre. Le défiguré du Vendredi Saint devient le transfiguré de Pâques.

Pour nous aider dans le parcours de ce chemin pascal en ce carême 2018, après l'évangile sur la Tentation de Jésus le 1er dimanche du Carême et celui de sa Transfiguration le 2e dimanche, les évangiles des dimanches suivants tirés de l’évangile de Jean portent sur le mystère de la Mort-Résurrection du Seigneur : annonce du relèvement du Temple de son corps (Jean 2, 13-25); fin de l'entretien avec Nicodème sur la vie nouvelle (Jean 3, 14-21) ; démarche des Grecs qui viennent trouver Jésus qui frémit à l'idée de sa Passion (Jean 12, 20-31).

Je me suis permis de vous indiquer la tonalité de notre Carême cette année dans la liturgie de l’Église qui nous accompagnera jusqu’à Pâques pour nous aider à y entrer résolument avec cœur. Comme Jésus au désert, nous sommes dans un temps de passage nous aussi. À chaque année le temps du Carême nous est donné comme un moment où nous pouvons faire le point pour aller plus loin, où nous nous libérons de nos poids et de nos péchés en rencontrant le Seigneur dans le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation et où nous suivons Jésus dans ses gestes les plus forts pour éclairer notre foi.

Dans son message du Carême 2018, le pape François souhaite un 24 heures consacré à l'adoration eucharistique et au Sacrement de la Réconciliation : « L'initiative des '24 heures pour le Seigneur', écrit-il, qui nous invite à célébrer le sacrement de Réconciliation pendant l’adoration eucharistique, sera également cette année encore une occasion propice. En 2018, elle se déroulera les vendredi 9 et samedi 10 mars, s’inspirant des paroles du Psaume 130 : 'Près de toi se trouve le pardon' (Ps 130, 4). Dans tous les diocèses, il y aura au moins une église ouverte pendant 24 heures qui offrira la possibilité de l’adoration eucharistique et de la confession sacramentelle ».

Nous serons ainsi conduits à devenir de plus en plus des disciples-missionnaires de Jésus comme le souhaite le pape François. En effet, comme personnes baptisés amoureuses de Jésus et unies à lui de façon consciente et vraie, le témoignage de notre vie proclamera que Jésus est toujours vivant au milieu de notre monde.

Conclusion

Est-il besoin, en terminant, de rappeler que le chemin du Carême se nourrit de la Parole de Dieu et des gestes que l’Église nous a proposés le Mercredi des cendres : la prière, l’aumône et le jeûne ? Ces trois gestes sont à la portée de toutes et de tous. Ils prennent les formes qu’on leur donne sous l’inspiration de l’Esprit. Je vous invite à les identifier pour vous-mêmes. (Voir le texte du pape François à la fin).

Que ce temps du Carême, comme le disait si bien la prière d'ouverture de ce premier dimanche, nous aide à « progresser dans la connaissance de Jésus-Christ » et à « nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle ».


Amen!

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec


13 février 2018

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Extrait du Message du Carême 2018 du pape François sur la prière, l'aumône et le jeûne

En consacrant plus de temps à la prière, nous permettons à notre cœur de découvrir les mensonges secrets par lesquels nous nous trompons nous-mêmes, afin de rechercher enfin la consolation en Dieu. Il est notre Père et il veut nous donner la vie.

La pratique de l’aumône libère de l’avidité et aide à découvrir que l’autre est mon frère: ce que je possède n’est jamais seulement mien. Comme je voudrais que l’aumône puisse devenir pour tous un style de vie authentique! Comme je voudrais que nous suivions comme chrétiens l’exemple des Apôtres, et reconnaissions dans la possibilité du partage de nos biens avec les autres un témoignage concret de la communion que nous vivons dans l’Église. A cet égard, je fais mienne l’exhortation de Saint Paul quand il s’adressait aux Corinthiens pour la collecte en faveur de la communauté de Jérusalem: «C’est ce qui vous est utile, à vous» (2 Co 8, 10). Ceci vaut spécialement pour le temps de carême, au cours duquel de nombreux organismes font des collectes en faveur des Églises et des populations en difficulté. Mais comme j’aimerais que dans nos relations quotidiennes aussi, devant tout frère qui nous demande une aide, nous découvrions qu’il y a là un appel de la Providence divine: chaque aumône est une occasion pour collaborer avec la Providence de Dieu envers ses enfants ; s’il se sert de moi aujourd’hui pour venir en aide à un frère, comment demain ne pourvoirait-il pas également à mes nécessités, lui qui ne se laisse pas vaincre en générosité?

Le jeûne enfin réduit la force de notre violence, il nous désarme et devient une grande occasion de croissance. D’une part, il nous permet d’expérimenter ce qu’éprouvent tous ceux qui manquent même du strict nécessaire et connaissent les affres quotidiennes de la faim; d’autre part, il représente la condition de notre âme, affamée de bonté et assoiffée de la vie de Dieu. Le jeûne nous réveille, nous rend plus attentifs à Dieu et au prochain, il réveille la volonté d’obéir à Dieu, qui seul rassasie notre faim.



















Mardi 13 Février 2018
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