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Homélie pour le 20e dimanche du temps ordinaire Année C « Je suis venu apporter un feu sur la terre »

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 18 août 2019 à la Chapelle du Lac Poulin. Textes: Jérémie 38, 4-6.-10, Hébreux 12, 1-9 et Luc 12, 49-53.



« Je suis venu apporter un feu sur la terre » (Domaine public)
« Je suis venu apporter un feu sur la terre » (Domaine public)
J’ai un confrère aimant bien l’humour qui, un jour, lorsqu’il avait terminé la lecture de cet évangile, ferma ostensiblement le Livre de la Parole et lança d’un ton surpris « Quelle famille !».

La description des conflits et des oppositions qui attendent le disciple de Jésus est ainsi symbolisée par les divisons familiales ou entre amis. Elles sont le symbole d’une situation où l’annonce du salut que Dieu donne suscite non seulement des hésitations mais des oppositions.

I- Le prophète Jérémie

Cela est une longue histoire. Dans l’Ancien Testament, tout au cours de l’histoire du peuple élu, les prophètes ont rencontré des oppositions car ils allaient à contre-courant bien souvent des attentes simplistes et à courte vue de leurs contemporains. Pour ceux-ci, les valeurs se limitaient à ce qu’on voit, au profit, à la réussite, aux victoires guerrières, alors que les prophètes annonçaient une alliance où les cœurs sont changés, où le feu de l’amour a la première place. C'est ce message que Jésus reprend lorsqu’il dit : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »

Parmi les prophètes, la figure du prophète Jérémie est emblématique. On le voit aujourd’hui dans un récit très coloré : « Alors ils se saisirent de Jérémie et le jetèrent dans la citerne de Melkias, fils du roi, dans la cour de garde. On le descendit avec des cordes. Dans cette citerne il n’y avait pas d’eau, mais de la boue ». Au fond de cette citerne, Jérémie ne lâche pas. Il est à contre-courant, mais il s’appuie sur la Parole de Dieu qui le sauve de ce mauvais pas en changeant le cœur du roi qui donne cet ordre à Ébed-Mélek l’Éthiopien : « Prends trente hommes avec toi, et fais remonter de la citerne le prophète Jérémie avant qu’il ne meure. »

On sait par la suite que les déboires du prophète Jérémie ne sont pas finis, mais on sait aussi qu’il demeurera toujours fidèle à l’annonce du salut que Dieu offre à son peuple dans une alliance où ce sont les cœurs qui sont visés et non seulement les pratiques et les observances de la Loi.

II - Les paroles de Jésus

Ces situations vécues par Jérémie se rencontrent, toutes proportions gardées, tout au long de l’histoire de l’Église. Au moment où saint Luc écrit son évangile, il commençait à y avoir des divisions et même des persécutions. Aujourd’hui, dans nos sociétés très sécularisées, la référence aux convictions religieuses est souvent mise à l’écart. Et pourtant, c’est ce qui fait vivre bien des gens. Les croyants dont nous sommes doivent donc s’attendre à aller à contre-courant, eux aussi, comme le prophète Jérémie.

Les papes depuis saint Jean-Paul II nous le rappellent souvent. À preuve ces mots de saint Jean-Paul II qui ont fait le tour du monde lors de son élection comme évêque de Rome et pape le 22 octo­bre 1978 : «N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ, à sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des États, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement. »

Et tout récemment, le pape François dans son Exhortation apostolique à la suite du Synode sur les jeunes en octobre 2018 les invite, ainsi que tout le Peuple de Dieu, à ne pas se laisser détourner des valeurs et de la foi professée malgré les oppositions et la diffusion des valeurs du monde, les fameuses « valeurs mondaines » dont le pape François parle fréquemment, souvent contraires à celles de l’Évangile. Je cite : « L’Église du Christ peut toujours succomber à la tentation de perdre l’enthousiasme parce qu’elle n’écoute plus l’appel du Seigneur au risque de la foi, l’appel à tout donner sans mesurer les dangers, et qu’elle recommence à chercher de fausses sécurités mondaines ». (Christus vivit n. 37)  « Soyez capables d’aller à contre-courant et sachez partager Jésus, communiquez la foi qu’il vous a offerte. Si seulement vous pouviez sentir dans le cœur le même mouvement irrésistible qui agitait saint Paul quand il disait : '' Malheur à moi si je n'annonce pas l'Évangile '' » (1Co 9, 16). (Ibidem, n. 176)

Les paroles de Jésus à ses disciples que nous rappelons ce matin sont pour nous un encouragement bienvenu. Oui, son message est comme un feu qui réchauffe et qui éclaire même si sa diffusion ne sera pas sans rencontrer bien des obstacles, parfois près de nous : « le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère » écrit saint Luc de façon imagée.

III - Application

Nous les vivons ces obstacles, chacune et chacune à notre façon. Nous aimerions que nos convictions soient partagées par nos concitoyens et concitoyennes et nous constatons, hélas! qu’ils se sont éloignés de l’héritage catholique reçu dans leurs jeunes années, du moins en ce qui nous concerne au Québec.

On peut se réjouir que les valeurs de solidarité, de partage et de respect soient maintenant partie prenante des valeurs que notre société exalte et défend ainsi que celles de la dignité des personnes et de la liberté. Ce qui peut attrister hélas! c’est que le nom de Jésus n'est plus proclamé ouvertement et sans crainte.

Comme les prophètes de l'Ancien Testament, nous avons à redire que ces belles valeurs que notre société vit ont leur source dans un amour qui nous prévient et nous rejoint tous et toutes, celui de l’amour d’un Dieu solidaire avec l’humanité et qui lui donne son Fils unique : « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle ».  (Jean 3, 16)

Conclusion

Faisons cette prière en terminant :

Oui! Seigneur, répands le feu de ton amour sur la terre.
Fais de tes enfants des témoins de cet amour qui rejoint toute l’humanité
Et fais disparaitre les divisions nocives.
Donne-nous la force de témoigner
Que ton Fils Jésus est celui qui nous sauve
Et celui qui nous conduit où tu nous attends
Dans la joie d’une vie porteuse d’éternité
Que tu nous as donnée et que nous te remettons.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec

13 août 2019



Lectures de la messe pour le 20e dimanche du temps ordinaire Année C

Première lecture
« Ma mère, tu m’as enfanté homme de querelle pour tout le pays » (cf. Jr 15, 10) (Jr 38, 4-6.8-10)

Lecture du livre du prophète Jérémie

En ces jours-là,
pendant le siège de Jérusalem,
les princes qui tenaient Jérémie en prison
dirent au roi Sédécias :
« Que cet homme soit mis à mort :
en parlant comme il le fait,
il démoralise tout ce qui reste de combattant dans la ville,
et toute la population.
Ce n’est pas le bonheur du peuple qu’il cherche,
mais son malheur. »
Le roi Sédécias répondit :
« Il est entre vos mains,
et le roi ne peut rien contre vous ! »
Alors ils se saisirent de Jérémie
et le jetèrent dans la citerne de Melkias, fils du roi,
dans la cour de garde.
On le descendit avec des cordes.
Dans cette citerne il n’y avait pas d’eau, mais de la boue,
et Jérémie enfonça dans la boue.
Ébed-Mélek sortit de la maison du roi
et vint lui dire :
« Monseigneur le roi,
ce que ces gens-là ont fait au prophète Jérémie,
c’est mal !
Ils l’ont jeté dans la citerne,
il va y mourir de faim
car on n’a plus de pain dans la ville ! »
Alors le roi donna cet ordre à Ébed-Mélek l’Éthiopien :
« Prends trente hommes avec toi,
et fais remonter de la citerne le prophète Jérémie
avant qu’il ne meure. »

– Parole du Seigneur.
Psaume
(Ps 39 (40), 2, 3, 4, 18)

R/ Seigneur, viens vite à mon secours ! (Ps 39, 14b)

D’un grand espoir,
j’espérais le Seigneur :
il s’est penché vers moi
pour entendre mon cri.

Il m’a tiré de l’horreur du gouffre,
de la vase et de la boue ;
il m’a fait reprendre pied sur le roc,
il a raffermi mes pas.

Dans ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.
Beaucoup d’hommes verront, ils craindront,
ils auront foi dans le Seigneur.

Je suis pauvre et malheureux,
mais le Seigneur pense à moi.
Tu es mon secours, mon libérateur :
mon Dieu, ne tarde pas !
Deuxième lecture
« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée » (He 12, 1-4)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
nous qui sommes entourés d’une immense nuée de témoins,
et débarrassés de tout ce qui nous alourdit
– en particulier du péché qui nous entrave si bien –,
courons avec endurance
l’épreuve qui nous est proposée,
les yeux fixés sur Jésus,
qui est à l’origine et au terme de la foi.
Renonçant à la joie qui lui était proposée,
il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice,
et il siège à la droite du trône de Dieu.
Méditez l’exemple
de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité,
et vous ne serez pas accablés par le découragement.
Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang
dans votre lutte contre le péché.

– Parole du Seigneur.
Évangile
« Je ne suis pas venu mettre la paix sur terre, mais bien plutôt la division » (Lc 12, 49-53)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je suis venu apporter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême,
et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu
mettre la paix sur la terre ?
Non, je vous le dis,
mais bien plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées :
trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront :
le père contre le fils
et le fils contre le père,
la mère contre la fille
et la fille contre la mère,
la belle-mère contre la belle-fille
et la belle-fille contre la belle-mère. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

















Mardi 13 Août 2019
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