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Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année A « Les invités aux noces »

Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année A par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec le 15 octobre 2017. Textes : Isaïe 25, 6-10a, Philippiens 4, 12-14.19-20 et Mathieu 22, 1-14.



La table est prête Mathieu 22, 1-14 (Crédits photo : H. Giguère).
La table est prête Mathieu 22, 1-14 (Crédits photo : H. Giguère).
Quelle belle image que cette image d’un banquet de noces ! Jésus sait utiliser des situations qui rejoignent les personnes qui l'écoutent et qui nous rejoignent nous aussi aujourd’hui. En effet, qui n’a pas de beaux souvenirs de moments passés autour d’une table avec des proches à déguster des mets appréciés, à boire un bon vin et à partager dans la joie et la fraternité. La première lecture va dans ce sens et ne ménage pas les qualificatifs : « viandes succulentes » et « vins décantés » font partie du festin que Dieu prépare pour tous les peuples.

Ainsi, après avoir entendu l'évangile de ce dimanche, on n’a pas de misère à entrer dans l’histoire racontée par Jésus et il est facile de l’actualiser. Le Roi qui célèbre les noces de son fils c’est Dieu et le fils c’est Jésus. Pour notre bénéfice spirituel en cette rencontre dominicale où nous nous retrouvons réunis autour de la Parole et du Pain dans cette Eucharistie qui nous rassemble en Église, j'ai retenu trois points qui se dégagent de cette parabole.

I - Une déception du Roi

Voici le premier point qui ma frappé : ce sont les propos du Roi qui, on le voit bien, vit une certaine frustration, une déception. C’est ce qui est ressorti en premier lieu de ma méditation sur ce texte. Les premiers invités se défilent et s'en vont « l'un à son champ, l'autre à son commerce » et les autres s'attaquent aux serviteurs, les maltraitent et même les tuent.

L’histoire racontée ici se situe à la fin du ministère de Jésus. Elle reflète une forme d’échec, apparent du moins, de la prédication de Jésus. Malgré les foules qui le suivent et courent l’entendre, ses contemporains, en majorité, restent fermés. Leur cœur est endurci. Ils veulent bien l’entendre, mais peu s’engagent à le suivre tellement son message est dérangeant et exigeant.

En effet, Jésus ne prêche nulle autre chose qu’un renversement de perspectives où ce ne sont plus les gestes extérieurs qui comptent mais l’amour au fond du cœur des petits et des humbles qui attendent tout de leur Père des cieux et se présentent ainsi revêtus, habillés, de ce que Jésus appellera à la fin de notre évangile le « vêtement de noces ».

II – Un invitation sans frontières

Le deuxième point que j'ai retenu, c'est, dans l’image des noces tels que décrits, l’abondance des mets, leur qualité, leur variété pour indiquer que les appels de Dieu sont toujours généreux et sans limites. Le festin de noces est un moment de plénitude, de partage, de joie, ouvert à toutes les personnes invitées comme se doit de l’être le Royaume de Dieu.

S’il arrive que les invités ne répondent pas, le Roi - Dieu en l’occurrence - ne se laisse pas démonter : « Allez aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mathieu 22, 9)

Voilà indiquée ici l’universalité du message de Jésus qui s’adresse à toute personne qui veut bien l’entendre, qui ne fait pas de distinctions de couleur, de sexe, d’origine etc. C’est ce que saint Pierre et les premiers chrétiens finiront par bien comprendre, ce dont témoigne ici l'évangile de saint Mathieu rédigé dans les premiers temps de l'Église.

Saint Pierre le saisit sous forme d’une vision qui est restée célèbre et que nous raconte le livre des Actes des Apôtres. Saint Pierre, de tradition juive, était tiraillé à savoir si les nouveaux convertis venus du paganisme devaient suivre les usages juifs. Certains autour de lui le pensaient. La vision que saint Pierre a eu lui a montré qu’il fallait être ouverts à tous ces nouveaux convertis sans les obliger à suivre les usages juifs. Sous forme très imagée, saint Pierre voit dans un rêve toutes sortes de mets dont certains sont interdits aux juifs, et il entend cette parole « Prends et mange ».

Il comprend alors l’ouverture universelle du message de Jésus qui n’a pas été envoyé seulement au peuple d’Israël, mais à toutes les personnes de bonne volonté quelles que soient leurs horizons et leurs origines « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes » (Actes des Apôtres 10, 21).

III – L'intrus parmi les invités

En troisième lieu, dans cette parabole du festin de noces, j’ai été frappé par une apparente contradiction dans l’attitude du Roi. Le Roi qui représente Dieu invite tout le monde – « Allez à la croisées des chemins » - et pourtant, il s’insurge de la présence d’un invité. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas le « vêtement de noces ».

Qu’en est-il de cette contradiction apparente ?

Voici ma réponse. On peut penser que l’évangéliste saint Mathieu en ajoutant ce détail veut indiquer que pour devenir disciple de Jésus qui invite tout le monde, il y a quand même des exigences incontournables. Ces exigences sont celles d’une véritable conversion du cœur qui se manifeste dans les gestes et les agirs : une acceptation réelle et vraie de Jésus comme le Sauveur et le Seigneur de nos vies, une rencontre personnelle avec l’amour de Jésus qui nous sauve.

Voilà le « vêtement de noces » qui faisait défaut à l’invité qui ne s’est pas habillé le cœur et qui en portera les conséquences.


Conclusion

Cette histoire du festin de noces termine une série de trois paraboles sur le Royaume de Dieu que l’évangile selon saint Mathieu présente avant que Jésus termine sa prédication à Jérusalem où il sera condamné à mourir sur une croix. Les deux autres paraboles que nous avons entendues ces derniers dimanches racontaient l’histoire du père qui envoie ses deux fils pour travailler à sa vigne et celle des vignerons homicides.

Que ces enseignements de Jésus rejoignent notre cœur et non seulement notre intelligence afin que nous devenions de plus de véritables disciples de Jésus, des disciples-missionnaires, selon l’expression du pape François dans son Exhortation apostolique La joie de l’Évangile « appelés à offrir aux autres le témoignage explicite de l’amour salvifique du Seigneur, qui, bien au-delà de nos imperfections, nous donne sa proximité, sa Parole, sa force, et donne sens à notre vie ». (numéro 121)

Amen!


Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec

10 octobre 2017

















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Mardi 10 Octobre 2017
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