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Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année C : « La résurrection et la vie après la vie » (Luc 20, 27.34-38)

Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année C le 6 novembre. 2016 par Mgr Hermann Giguère P. H., Séminaire de Québec. Textes : 2 Macchabées (Martyrs d'Israël) 7, 1-2.9-14), II Thessaloniciens 2, 16 – 3, 5 et Luc 20. 27.34-38.



Superbe mur d'azulejos - un azulejos ou azuléjos désigne en Espagne et au Portugal un carreau ou un ensemble de carreaux de faïence décorés et ornésornés de motifs géométriques ou de représentations figuratives comme ici où on a représenté le couronnement de la Vierge dans l'escalier monumental de 686 marches du sanctuaire de Notre-Dame des Remèdes à Lamego au Portugal.(Crédits photo : H. Giguère)
Superbe mur d'azulejos - un azulejos ou azuléjos désigne en Espagne et au Portugal un carreau ou un ensemble de carreaux de faïence décorés et ornésornés de motifs géométriques ou de représentations figuratives comme ici où on a représenté le couronnement de la Vierge dans l'escalier monumental de 686 marches du sanctuaire de Notre-Dame des Remèdes à Lamego au Portugal.(Crédits photo : H. Giguère)
Nous avons ce matin un assemblage de textes qui est dirigé par un mot : résurrection. C'est le but du choix de la première lecture des Martyrs d'Israël qui raconte la mort des frères Macchabées, de celle de l'évangile qui, à l'occasion d'une discussion sur le mariage, met en cause la foi en la résurrection qui pose question, comme on le voit, lorsque les contemporains de Jésus se divisent entre ceux qui y croient : les sadducéens et ceux qui n'y croient pas : les pharisiens, alors que la deuxième lecture invite à la confiance en la Parole de Dieu qui poursuit sa course.

I - Une longue histoire

La foi en la résurrection a connu dans la Bible un long chemin. Les premiers croyants comme Abraham et Moïse ne voyaient pas de vie après la vie. Leur foi les engageait ici-bas dans leur recherche de la meilleure façon de plaire au Dieu de l'Alliance qui s'était manifesté à eux. Ils en attendaient des jours de paix et de bonheur dans leur vie qu'il lui remettait. C'était le cas de tous le croyants sérieux, de ceux et celles que l'Ancien Testament appellent les justes, « ceux et celles qui sont ajustés » à Dieu.

C'est devant le sort terrestre de ces justes qui parfois, comme Job, connaissaient la misère et l'échec que la question s'est posée d'une vie après la vie. Et dans le livre de Job nous trouvons une première affirmation de la foi en une vie qui perdure au-delà du temps dans ce très beau texte que nous lisons souvent aux funérailles : « Mais je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière ; et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair je verrai Dieu. Je le verrai, moi en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger. Mon cœur en défaille au-dedans de moi. Je sais que mon Rédempteur est vivant » (Job 19, 25-27). Job intuitionnait une vie humaine qui se prolonge en vie éternelle auprès de Dieu.

Avec le livre des Martyrs d'Israël dont la première lecture est tirée nous voyons se peaufiner cette foi et apparaître l'idée de la résurrection. Pour les Juifs de cette époque, les martyrs ne pouvaient être disparus à jamais. S'ils étaient bien morts, cela ne voulait pas dire qu'ils étaient disparus pour toujours. C'est ainsi qu'on a mis de l'avant l'idée de leur résurrection c’est-à-dire d'un retour à la vie. Cette foi s'est ensuite étendue à tous les justes mourant pour le Seigneur et avec lui. Eux aussi ressusciteront comme les martyrs.

II - L'enseignement de Jésus

C'est cet enseignement que Jésus connaît et auquel il fait face dans le passage de saint Luc que nous avons lu. Ses adversaires se font forts de lui apporter des objections obvies : comment se retrouve-t-on dans l'au-delà où il n'y a plus rien de matériel ? Qu'en est-il des liens établis entre mari et femme, par exemple ? Qu'est-ce qui demeure et comment cela se passe-t-il ? Concédons que ce sont de bonnes questions, des questions que nous nous posons encore aujourd'hui.

Je me souviens de ma mère de 95 ans qui me demandait souvent avant de mourir : « Est-ce que je vais revoir ton père, mon mari, comme il était ? Est-ce que je vais pouvoir lui parler? Est-ce que je vais voir mes enfants et mes petits-enfants sur la terre ? Est-ce que je vais revoir mes parents que j'ai tant aimés? » Ce sont des questions que nous pouvons nous poser avec raison et qu'on se pose forcément en vieillissant et surtout si l'on croit en la résurrection comme nous invite le credo : « Je crois en la résurrection de la chair ».

III- Le credo : « Je crois en la résurrection de la chair »

Je ne pouvais répondre aux questions posées par ma mère, sinon en la renvoyant à la foi de l'Église. J'étais un peu dans la même situation que celle de Jésus avec ses adversaires à qui il ne répond pas directement, mais à qui il dit qu'ils doivent penser d'abord qu'ils sont « enfants de Dieu et enfants de la résurrection » et que leur Dieu n’est pas « le Dieu des morts, mais des vivants » comme il est écrit dans l'évangile que nous venons d'entendre.

Cette réponse nous laisse sur notre faim, bien sûr, mais elle ouvre la porte à une compréhension profonde de la résurrection qui n'est pas seulement un phénomène, un état où nous nous retrouverons un jour, mais une personne, car Jésus dira « Je suis la Résurrection et la Vie » (Jean 11, 25). Voilà la réponse aux questions de tout à l'heure.

Nous pouvons croire en la « résurrection de la chair » parce que nous croyons que le Christ est ressuscité et qu'il nous entraîne à sa suite. « Si le Christ n'est pas ressuscité, ma foi est vaine » (I Corinthiens 15, 17), dit saint Paul. Je n'ai pas à me demander comment ça se passera dans le détail, mais à entrer à la suite de Jésus dans la confiance totale au Père qui nous sauve et nous garde près de lui pour toujours.

Oui, souhaitons comme dit saint Paul dans la deuxième lecture que « le Seigneur Jésus et Dieu notre Père qui nous aime et qui pour toujours a donné réconfort et bonne espérance par sa grâce, réconfortent nos cœurs et les affermissent en tout ce que nous pouvons faire et dire de bien ».

Voilà la réponse aux questions sur la vie après la vie : tourner nos regards vers la vie présente, car notre vie présente au moment de notre départ vers la maison du Père « ne sera pas détruite, elle sera transformée » comme le dit la préface de la messe des funérailles s'inspirant de saint Paul qui écrit dans sa première Lettre aux Thessaloniciens : « Ceux qui sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui » (1 Thessaloniciens 4, 13-14).

Quelles formes prendra cette transformation, cela reste un mystère? Mais nous savons, parce que le Christ est ressuscité, que nous serons avec lui et que nous pouvons faire confiance à l'amour de notre Père qui nous gardera avec lui pour toujours.

Conclusion

Que notre célébration soit un acte de foi dans l'amour et la puissance de Dieu qui n’abandonne pas sa créature et qui lui offre un avenir de paix, de joie et de bonheur qui n'aura pas de fin. Ainsi nous pouvons avec nos frères et sœurs qui nous ont quittés louer et chanter pour l'éternité la gloire de notre Dieu.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec


1 novembre 2016



Pour aller plus loin :
Méditation sur la Résurrection du Christ

Article dans le journal La Croix le 29 octobre 2016

Catéchisme de l'Église catholiques numéros 988 à 1004






Mardi 1 Novembre 2016
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