Carrefour Kairos Hermann Giguère Page personnelle

DERNIÈRES HOMÉLIES
Cliquez sur DERNIÈRES HOMÉLIES pour lire l'homélie du dimanche. Bienvenue!

           

Homélie pour le 33e dimanche du temps ordinaire Année C : « Bâtir sur du solide » (Luc 21, 5-19)

Homélie du 13 novembre 2016 par Mgr Hermann Giguère P. H., Séminaire de Québec. Textes : Malachie 3, 19-20, Thessaloniciens 3, 7-12 et Luc 21, 5-19



Le Temple de Jérusalem en miniature dans la reproduction de la ville de Jérusalem s’étendant sur une superficie de quelque 400 mètres carrés. Cette maquette restitue l’ancienne ville de Jérusalem telle qu’elle était à la veille de l’an 66 de l’ère chrétienne, année où éclata la Grande Révolte contre les Romains qui se solda par la destruction de la ville et du Temple. Elle se trouve dans le parc du Musée d'Israël près du Sanctuaire du Livre (Crédits photo : H. Giguère).
Le Temple de Jérusalem en miniature dans la reproduction de la ville de Jérusalem s’étendant sur une superficie de quelque 400 mètres carrés. Cette maquette restitue l’ancienne ville de Jérusalem telle qu’elle était à la veille de l’an 66 de l’ère chrétienne, année où éclata la Grande Révolte contre les Romains qui se solda par la destruction de la ville et du Temple. Elle se trouve dans le parc du Musée d'Israël près du Sanctuaire du Livre (Crédits photo : H. Giguère).
Les disciples me font penser aux touristes du Vieux-Québec et… à nous aussi regardant cette belle ville, la parcourant et admirant les édifices et les monuments. On dit que le temple de Jérusalem au temps de Jésus était considéré comme la 7e merveille du monde. C'était le second temple construit par Hérode le Grand et détruit par les Romains en 66 après Jésus-Christ lors de la chute de Jérusalem.

Se souvenant de leurs visites au temple, les disciples, après la mort de Jésus, se sont rappelés un certain nombre de paroles que Jésus leur a dites en ces occasions.

I- Un fait inéluctable

Saint Luc nous en livre une aujourd'hui dans l'évangile qui vient d'être lu. C'est une parole qui constate un fait inévitable, inéluctable : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n'en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit ». Voilà une phrase qui met l'accent sur la fragilité des monuments, des institutions, du monde, des vies humaines etc. En d'autres mots : « À vrai dire, tout ce que vous trouvez solide, c’est fragile ».

Comme les disciples émerveillés par la beauté du Temple de Jérusalem, nous sommes fiers et rassurés de nos plans d’épargne-retraite, du filet de sécurité sociale, de notre taux d’espérance de vie etc. Et pourtant que de fragilité dans tout cela. Les disparités entre les riches et les pauvres sont un danger pour l’équilibre du monde et pour la paix. Nous sommes plus vulnérables qu’il n’y paraît : un tremblement de terre, un ouragan, un verglas, le terrorisme international, une maladie, une séparation, un échec etc. tout peut basculer en un instant. Jésus nous conjure de chercher à bâtir sur du solide.

II- Le roc solide

Où trouver ce roc solide pour passer à travers la fragilité de ce qui ne demeurera pas comme le temple de Jérusalem qui sera détruit par les envahisseurs romains?

C’est là que la première lecture tirée du prophète Malachie nous éclaire : « Voici, dit celui-ci, que vient le jour du Seigneur...pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement ». C'est la confiance dans la puissance du Seigneur - « vous qui craignez mon nom » - qui est le roc dont nous avons besoin. Le Seigneur vient. Il est avec nous aujourd'hui et maintenant.

Pour nous qui croyons en Jésus-Christ, Fils de Dieu, le Jour du Seigneur n’est plus seulement un « ad-venir », un « a-venir », mais il est ici et maintenant. Il nous touche, corps et âme, de son rayonnement. À chaque messe, après la consécration, le président dit : « Il est grand le mystère de la foi ». Et l’assemblée répond : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».

Jésus hier, aujourd’hui et demain, c’est tout un. L’avenir est dans le présent comme le passé y est aussi. Ce qui compte alors c’est maintenant. C’est maintenant le Jour du Seigneur. « Le Royaume de Dieu est parmi nous » (Luc 17, 21). En effet, la Bonne Nouvelle, le message de Jésus, est pour aujourd’hui : c’est dans ce monde qui est le nôtre que nous avons à le recevoir et à témoigner du Dieu de la vie en paroles et en actes.

Voilà ! À partir d’une visite touristique, je dirais, Jésus amène ses disciples à aller plus en profondeur. En constatant la fragilité des édifices, il les dirige vers un fond solide qui passe par la foi et la certitude de la présence vivante de Dieu qui est déjà là dans nos vies ici et maintenant.

En somme, dit jésus, ne regardez pas l’avenir, mais vivez le présent. C’est maintenant que le Seigneur vient. Bien des malheurs arriveront, des guerres, des tremblements de terre, des persécutions, mais le Seigneur sera toujours présent et « pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » (verset 18).

Quelle belle promesse ! Quelle proximité de notre Dieu ! Quelle présence réconfortante !

III- Le témoignage

Comment témoigner de cette Bonne Nouvelle que Dieu est avec nous dans un monde qui change, dans nos vies qui passent, dans notre Église souvent persécutée et méprisée ? Ce n’est pas toujours facile. Confrontés à l’indifférence et aux préjugés de notre époque, nous pouvons être tentés de lâcher et de baisser les bras. Mais, sachons que Jésus qui fait de nous ses témoins, ne nous laisse pas seuls dans cette mission : « Mettez-vous donc dans l'esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense, dit-il aux disciples. C'est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s'opposer » (versets 14-15).

L’évangile se termine sur ce beau mot d’encouragement : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. » C'est ce que je nous souhaite à toutes et à tous.

Conclusion

Que cette célébration eucharistique dominicale nous aide à nous retrouver ensemble aux sources de la vie en célébrant Celui qui nous a fait renaître de l’eau et de l’Esprit et qui à travers son Corps et son Sang versé fait de notre vie d’ici une vie éternelle déjà commencée où le Seigneur vient à chaque instant.

« Maranatha : oui, Seigneur viens! » (I Corinthiens 16, 22)

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec


8 novembre 2016


Mardi 8 Novembre 2016
Lu 936 fois




Actualités et documents | Allocutions et conférences | Homélies | Réflexions | Actualité SME Archives | SME-Info Archives | Nominations SME Archives | Année jubilaire François de Laval 2008 | Année sacerdotale | 350e du SME


Cliquez sur le nom de la rubrique au début de l'article pour avoir la liste des articles précédents dans la même rubrique.