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Homélie pour le 6e dimanche de Pâques Année C - « Un discernement porteur de paix » (Jean 14, 23-29)

Homélie pour le 6e dimanche de Pâques Année C le 1 mai 2016 par Mgr Hermann Giguère P. H., Séminaire de Québec. Textes : Actes des Apôtres 15, 1-2.2-29, Apocalypse 21,10-14.22-23, Jean, 14, 23-29.



Le pape François, comme vous le savez a offert aux chrétiens et chrétiennes et au monde entier ses réflexions sur la famille aujourd’hui à la suite de deux rencontres internationales d’évêques, des synodes dans le langage ecclésial, un texte remarquable qu’on appelle une Exhortation apostolique intitulée « La joie de l’amour ». Il y traite de la beauté de la famille, de ses problèmes, des questions qui se posent aujourd’hui. Il aborde tous ces points dans une perspective de discernement. Il prend ainsi le relais de ses prédécesseurs qui ont la mission de discerner où Dieu désire conduire ses enfants et son Église.

I- Le Concile de Jérusalem : une première expérience de discernement communautaire

Cette « approche » de discernement n’est pas nouvelle dans l’Église. Elle a commencé très tôt car, dès les débuts de l'Église, les questions posées n’étaient pas faciles. C’est ce que nous raconte la première lecture où on se demandait vers l’an 50 après Jésus-Christ s’il fallait obliger tout le monde à continuer de suivre les lois culinaires des juifs, comme se priver de manger du porc, continuer de faire la circoncision aux enfants et l'imposer aux païens convertis. Le problème divisait la communauté.

Qu’est-ce qu’on a fait? On a procédé à un discernement communautaire. Saint Paul, le grand prédicateur, est monté à Jérusalem avec Barnabé pour rencontrer les autres apôtres et les fidèles. On a prié, on a dialogué, on a échangé, on a pesé le pour et le contre et finalement on a pris une décision avec l’aide de l’Esprit Saint, car le discernement n'est pas seulement une analyse mais il implique un choix pour l'agir.

On a donc proposé une ligne de conduite claire et précise qui a été acceptée par la communauté et qui a amené la paix : « L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d'autres obligations que celles-ci, qui s'imposent : vous abstenir de manger des aliments offerts aux idoles, du sang ou de la viande non saignée, et vous abstenir des unions illégitimes. En évitant tout cela, vous agirez bien. Courage. »

Cette démarche est connue sous le nom de Concile de Jérusalem et est regardé comme le premier concile de l’histoire chrétienne.

II- Une expérience d’Église

Cet épisode nous est rappelé aujourd’hui dans le sillage de Pâques et dans notre préparation à la fête de la Pentecôte pour nous permettre de suivre nous aussi le chemin du discernement des signes de l'Esprit et de vivre aujourd’hui dans la confiance et l’abandon à l’action de l’Esprit dans nos communautés et dans l’Église.

Celle-ci comme les images de la seconde lecture le disent de façon symbolique est le rassemblement des personnes croyantes autour du Christ Seigneur, l’Agneau qui est au milieu non seulement comme celui qui trône dans sa gloire, mais comme celui qui continue de faire vivre son Corps qu’est l’Église dont il est « la source de lumière ». L’Église en effet, est un mystère qui dépasse les discussions, les prises de position, les échanges. Elle est une réalité spirituelle qui est reliée au Christ d’une façon spéciale reposant « sur [les] douze fondations portant les noms des douze Apôtres de l'Agneau ». C’est par le Christ Ressuscité qu’elle vit. C’est par Lui qu’elle existe. C’est par Lui qu’elle agit, ce qu'on expérimente de façon particulière dans les sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’Eucharistie, les sacrements de l’initiation chrétienne.

Ce mystère de l’Église est chanté par l’Apocalypse de saint Jean sous une forme poétique. Il est toujours en action. On le voit au début de l'histoire de l'Église dans ce Concile de Jérusalem. On le voit encore dans ce texte du pape François sur la famille dont j'ai parlé en commençant. On le voit dans les gestes quotidiens des chrétiens et chrétiennes qui marchent à la suite de Jésus et qui donnent le témoignage d’une vie comme il le souhaite dans l’Évangile.

III- Le don de la paix : un don qui se transforme en joie

Les paroles de Jésus rapportées dans l’évangile que nous venons de lire nous orientent vers ce qui rend belle et précieuse la vie avec Jésus : la paix reçue et partagée entre nous et autour de nous. « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés ».

Une paix qui n’est pas le confort béat et le laisser faire. Une paix remplie de présence, d’attention et de partage. Une paix qui assume les deuils et les départs, les craintes et les échecs et qui, ô surprise, engendre la joie, une joie qui ne se mesure pas sur les possessions et les sentiments uniquement, mais une joie qui vient du fond de l’âme où Dieu est toujours présent, où il demeure. « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ».

Laissons notre coeur s'ouvrir à ce don de la paix tout particulièrement aujourd'hui au moment de l'échange d'un signe de cette paix que nous recevons du Seigneur dans chaque Eucharistie lorsque le célébrant nous dit après l'Agneau de Dieu « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous » et lorsqu'il nous invite à transmettre autour de nous cette paix reçue du Seigneur par une signe comme le geste de serrer la main, ou une accolade ou un mouvement de salutation de la tête etc.

Conclusion

En terminant, comme le souhaite Jésus, prions l’Esprit Saint, notre Défenseur, de nous garder dans la bonne voie - « Lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » - et de nous inspirer dans les discernements que nous avons à faire dans notre vie de tous les jours pour répondre avec générosité aux appels de Dieu.

Que notre communauté rassemblée autour de la Parole et du Pain et du Vin, Corps et Sang de Jésus, se laisse emporter dans le mystère de l’Église, Corps du Christ, en union avec Lui qui est toujours vivant et intercédant pour nous dans la gloire du ciel (cf. Hébreux 7, 25).

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec

26 avril 2016




Mardi 26 Avril 2016
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