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 <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
 <subtitle><![CDATA[Carrefour Kairos est la page web personnelle d`Hermann Giguère. Questions de société, de spiritualité, d`évangélisation,  de pastorale, de la vie de l`Église catholique. Début avril 1997.]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-14T19:03:25+02:00</updated>
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   <title>Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur au Temple  Anne C « Une offrande à nulle autre pareille »</title>
   <updated>2025-01-28T20:58:00+01:00</updated>
   <id>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-la-fete-de-la-Presentation-du-Seigneur-au-Temple-Anne-C-Une-offrande-a-nulle-autre-pareille_a1229.html</id>
   <category term="Homélies" />
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   <published>2025-01-28T18:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur Année C le 2 février 2025. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: Malachie 3, 1-4, Hébreux 2, 14-18 et Luc 2, 22-40.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/84961952-60626089.jpg?v=1736366916" alt="Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur au Temple  Anne C « Une offrande à nulle autre pareille »" title="Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur au Temple  Anne C « Une offrande à nulle autre pareille »" />
     </div>
     <div>
      Quand il y a une fête du Seigneur le dimanche on la souligne ce qui n’est pas le cas pour les fêtes de saints ou de saintes. La raison c’est que le dimanche est toujours une fête du Seigneur, car le dimanche est le jour du Seigneur, le jour de Pâques qui se continue toute l’année. Aujourd’hui la liturgie nous fait tourner les yeux vers la Présentation de Jésus au Temple.        <br />
              <br />
       Commençons si vous le voulez bien par bien situer ce mystère de la vie de Jésus avant d’en montrer les retombées pour notre vie de chrétien-croyant dans notre monde d’aujourd’hui.        <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">La fête de la Présentation</span>       <br />
              <br />
       La fête de la <span style="font-style:italic">Présentation du Seigneur au Temple</span> est une nouvelle fête liturgique. Elle a été inscrite au calendrier liturgique après le Concile Vatican II qui s’est terminé en 1965. Elle donc assez récente, mais elle s’enracine dans une fête plus ancienne qu’on appelait en langage courant la fête de la Chandeleur, car on y bénissait des cierges qu’on allumait ensuite en les portant en procession et en chantant.        <br />
              <br />
        Selon la tradition, on célébrait alors la démarche de la Vierge Marie qui, après la naissance de son fils Jésus (40 jours plus tard), la lumière du monde, était venue au Temple conformément aux Écritures pour sa purification en apportant en offrande des colombes.  "Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes."       <br />
              <br />
       Après le concile Vatican II, on a décidé qu’il était plus approprié de célébrer non seulement Marie, la mère qui se présente au Temple, mais aussi son fils qu’elle portait avec elle et qu’elle venait offrir au Seigneur pour le remercier de ce don. C’est ainsi que la fête du 2 février est devenue la fête de <span style="font-style:italic">la Présentation du Seigneur au Temple</span>. Cellle-ci nous est décrite dans l'évangile qu'on vient de lire où on se rappelle les paroles de Siméon sur cet enfant qu'il voit comme le Sauveur attendu par le peuple d'Israël, la lumière des nations.       <br />
              <br />
       Quel sens a pour nous ce geste que la Vierge Marie et son mari Joseph ont fait conformément aux usages de leur temps ?       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Le sens de la fête de la Présentation du Seigneur au Temple et applications </span>       <br />
              <br />
       Nous pouvons nous faire une idée de ce mystère de la vie du Christ en nous arrêtant simplement au mot « présentation ». Ce terme revêt plusieurs facettes. J’en ai choisi trois que je vais vous énumérer en les appliquant à Jésus et à notre vie chrétienne.       <br />
              <br />
       Première facette : une présentation c’est parfois comme un curriculum vitae, comme un CV qu’on déploie pour se présenter à un poste pour le travail ou pour un engagement ». Le CV décrit ce qu’on a fait.       <br />
              <br />
       Si on applique le travail de rédaction d’un CV à notre vie intime et personnelle, ce genre de présentation nous permet, dans notre vie de tous les jours de nous arrêter et de réviser ce qui se passe, de prendre le temps de peser nos choix même les plus minimes. Cela nous permet aussi de repérer les actions et les gestes plus importants pour nous. Ainsi on se retrouve avec un instrument pour nous aider à décider des priorités qu’on met dans notre existence.        <br />
              <br />
       Pour Jésus cette liste des gestes et de choix a été continuellement dans le sens de la volonté de Dieu. Pour nous, nous avons à demander de pouvoir le faire le mieux possible et d’illuminer notre esprit comme le demande saint François dans sa prière à Saint Damien.       <br />
              <br />
       La deuxième facette de "présentation" que j’ai retenue est celle que vous faites quand vous recevez des invités. Certes vous les connaissez, mais vous êtes heureux de les présenter avec un petit mot ou vous leur demandez de se présenter eux-mêmes.       <br />
              <br />
       Est-ce que nous pouvons faire de même? La réponse appartient à chacun et chacune de nous. Si j’ai conscience de ce que je suis comme personne et de ce que je suis comme croyant en Jésus-Christ, je m’examine et je me demande : est-ce que je prends du temps pour me connaître moi-même?        <br />
              <br />
       Jésus l’a fait lui. Nous voyons dans l’évangile de saint Marc Jésus qui, avant sa vie publique, prend du temps pour lui au désert pour se centrer sur sa mission. Ensuite il décide de se faire connaître en parcourant la Galilée et en prêchant le Royaume de Dieu.       <br />
              <br />
       La troisième facette qui a retenu mon attention et qui est la plus importante pour la fête de <span style="font-style:italic">la Présentation du Seigneur au Temple </span>est plus spirituelle. Elle peut se décrire comme une offrande, comme celle que l’enfant fait à ses parents.  L’offrande de l’enfant est pure et sans détour. Celle de Marie et Joseph reconnaît le don du Père dans ce fils qu'ils vont élever et éduquer. Cette offrande est sans conditions puisque ce fils ils l'ont reçu de Dieu lui-même. Il ne leur appartient pas, il est l'Envoyé du Père pour le salut du monde.         <br />
              <br />
       Aujourd’hui nous fêtons une offrande totale de Jésus au Père qui se vérifie dans le geste de Marie et Joseph portant leur enfant au Temple de Jérusalem. Ils montrent ainsi que celui-ci sera et est pour toujours consacré au Seigneur.        <br />
              <br />
       Cela ne se verra pas tout de suite, mais éclatera plus tard dans la vie publique de Jésus et dans sa mort sur la Croix. Toute la vie de Jésus est pure offrande au Père qui retombe sur nous comme le dit si bien le texte de la Lettre aux Hébreux qui a été lu il y a un instant : « Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve. »       <br />
              <br />
       III – Application concrète       <br />
              <br />
       Retenons que cette fête de la <span style="font-style:italic">Présentation du Seigneur au Temple</span> ouvre nos yeux et nos cœurs sur toute une vie que nous connaissons, celle de Jésus, mais que nous avons toujours à méditer pour entrer dans le mystère de ces gestes et actions dans la vie à Nazareth auprès de ses parents, de ses gestes et actions dans les villes et villages de la Palestine qu’il a parcourus pendant deux ans et demi avant de mourir à Jérusalem probablement le 7 avril de l’an 30 de notre ère.       <br />
              <br />
       Une présentation ce n’est pas seulement un portrait qui se déploie, mais c’est aussi une rencontre et surtout c’est avant tout un cadeau qu’on apporte, une offrande. Dans tous les cas on se centre sur la personne qui vit cette présentation.        <br />
              <br />
       Le CV de Jésus va se remplir tout au long de sa vie, et sa vie, il la donnera comme un cadeau pour l’humanité en s’offrant sur la croix pour le salut du monde.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion       <br />
       </span>       <br />
       Dans chaque Eucharistie nous nous unissions de façon réelle à Jésus dans son offrande au Père en nous offrant nous aussi.  Unis à Lui par le baptême, comme Lui et avec Lui nous vivons tout entiers pour Dieu.        <br />
              <br />
       La célébration de sa Mort et de sa Résurrection sous les signes du Pain et du Vin consacrés est une annonce qu’il est toujours vivant. Nous en témoignons aujourd’hui en ce jour de la fête de sa <span style="font-style:italic">Présentation au Temple</span> par une foi renouvelée et agissante « jusqu’à ce qu’il vienne » comme dit saint Paul.       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P. H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
              <br />
       28 janvier 2025       <br />
       </span>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
              <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez » (Ml 3, 1-4)       <br />
              <br />
       Lecture du livre du prophète Malachie       <br />
              <br />
       Ainsi parle le Seigneur Dieu :       <br />
       Voici que j’envoie mon messager       <br />
       pour qu’il prépare le chemin devant moi ;       <br />
       et soudain viendra dans son Temple       <br />
       le Seigneur que vous cherchez.       <br />
       Le messager de l’Alliance que vous désirez,       <br />
       le voici qui vient – dit le Seigneur de l’univers.       <br />
       Qui pourra soutenir le jour de sa venue ?       <br />
       Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ?       <br />
       Car il est pareil au feu du fondeur,       <br />
       pareil à la lessive des blanchisseurs.       <br />
       Il s’installera pour fondre et purifier :       <br />
       il purifiera les fils de Lévi,       <br />
       il les affinera comme l’or et l’argent ;       <br />
       ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur,       <br />
       présenter l’offrande en toute justice.       <br />
       Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem       <br />
       sera bien accueillie du Seigneur,       <br />
       comme il en fut aux jours anciens,       <br />
       dans les années d’autrefois.       <br />
              <br />
       — Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 23 (24), 7, 8, 9, 10)       <br />
              <br />
       R/ C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;       <br />
       c’est lui, le roi de gloire. (Ps 23, 10bc)       <br />
              <br />
       Portes, levez vos frontons,       <br />
       élevez-vous, portes éternelles :       <br />
       qu’il entre, le roi de gloire !       <br />
              <br />
       Qui est ce roi de gloire ?       <br />
       C’est le Seigneur, le fort, le vaillant,       <br />
       le Seigneur, le vaillant des combats.       <br />
              <br />
       Portes, levez vos frontons,       <br />
       levez-les, portes éternelles :       <br />
       qu’il entre, le roi de gloire !       <br />
              <br />
       Qui donc est ce roi de gloire ?       <br />
       C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;       <br />
       c’est lui, le roi de gloire.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Il lui fallait se rendre en tout semblable à ses frères » (He 2, 14-18)       <br />
              <br />
       Lecture de la lettre aux Hébreux       <br />
              <br />
       Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair,       <br />
       Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition :       <br />
       ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance       <br />
       celui qui possédait le pouvoir de la mort,       <br />
       c’est-à-dire le diable,       <br />
           et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort,       <br />
       passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves.       <br />
           Car ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges,       <br />
       c’est la descendance d’Abraham.       <br />
           Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères,       <br />
       pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi       <br />
       pour les relations avec Dieu,       <br />
       afin d’enlever les péchés du peuple.       <br />
           Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion,       <br />
       il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 22-40)       <br />
              <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Lumière qui se révèle aux nations       <br />
       et donne gloire à ton peuple Israël.       <br />
       Alléluia. (Lc 2, 32)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse       <br />
       pour la purification,       <br />
       les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem       <br />
       pour le présenter au Seigneur,       <br />
       selon ce qui est écrit dans la Loi :       <br />
       Tout premier-né de sexe masculin       <br />
       sera consacré au Seigneur.       <br />
       Ils venaient aussi offrir       <br />
       le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :       <br />
       un couple de tourterelles       <br />
       ou deux petites colombes.       <br />
              <br />
       Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.       <br />
       C’était un homme juste et religieux,       <br />
       qui attendait la Consolation d’Israël,       <br />
       et l’Esprit Saint était sur lui.       <br />
       Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce       <br />
       qu’il ne verrait pas la mort       <br />
       avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.       <br />
       Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.       <br />
       Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus       <br />
       pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,       <br />
       Syméon reçut l’enfant dans ses bras,       <br />
       et il bénit Dieu en disant :       <br />
       « Maintenant, ô Maître souverain,       <br />
       tu peux laisser ton serviteur s’en aller       <br />
       en paix, selon ta parole.       <br />
       Car mes yeux ont vu le salut       <br />
       que tu préparais à la face des peuples :       <br />
       lumière qui se révèle aux nations       <br />
       et donne gloire à ton peuple Israël. »       <br />
              <br />
       Le père et la mère de l’enfant       <br />
       s’étonnaient de ce qui était dit de lui.       <br />
       Syméon les bénit,       <br />
       puis il dit à Marie sa mère :       <br />
       « Voici que cet enfant       <br />
       provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.       <br />
       Il sera un signe de contradiction       <br />
       – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :       <br />
       ainsi seront dévoilées       <br />
       les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »       <br />
              <br />
       Il y avait aussi une femme prophète,       <br />
       Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.       <br />
       Elle était très avancée en âge ;       <br />
       après sept ans de mariage,       <br />
       demeurée veuve,       <br />
       elle était arrivée à l’âge de 84 ans.       <br />
       Elle ne s’éloignait pas du Temple,       <br />
       servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.       <br />
       Survenant à cette heure même,       <br />
       elle proclamait les louanges de Dieu       <br />
       et parlait de l’enfant       <br />
       à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.       <br />
              <br />
       Lorsqu’ils eurent achevé       <br />
       tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,       <br />
       ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.       <br />
              <br />
       L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,       <br />
       rempli de sagesse,       <br />
       et la grâce de Dieu était sur lui.       <br />
              <br />
       – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       (Lc 2, 22-32)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse       <br />
       pour la purification,       <br />
       les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem       <br />
       pour le présenter au Seigneur,       <br />
       selon ce qui est écrit dans la Loi :       <br />
       Tout premier-né de sexe masculin       <br />
       sera consacré au Seigneur.       <br />
       Ils venaient aussi offrir       <br />
       le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :       <br />
       un couple de tourterelles       <br />
       ou deux petites colombes.       <br />
              <br />
       Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.       <br />
       C’était un homme juste et religieux,       <br />
       qui attendait la Consolation d’Israël,       <br />
       et l’Esprit Saint était sur lui.       <br />
       Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce       <br />
       qu’il ne verrait pas la mort       <br />
       avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.       <br />
       Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.       <br />
       Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus       <br />
       pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,       <br />
       Syméon reçut l’enfant dans ses bras,       <br />
       et il bénit Dieu en disant :       <br />
       « Maintenant, ô Maître souverain,       <br />
       tu peux laisser ton serviteur s’en aller       <br />
       en paix, selon ta parole.       <br />
       Car mes yeux ont vu le salut       <br />
       que tu préparais à la face des peuples :       <br />
       lumière qui se révèle aux nations       <br />
       et donne gloire à ton peuple Israël. »       <br />
              <br />
       – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-la-fete-de-la-Presentation-du-Seigneur-au-Temple-Anne-C-Une-offrande-a-nulle-autre-pareille_a1229.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B : « La beauté du don »</title>
   <updated>2024-11-04T15:13:00+01:00</updated>
   <id>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-32e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-La-beaute-du-don_a1203.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/78602508-57034372.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-11-05T18:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B le 10 novembre 2024. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: 1 Rois 17, 10-16 Hébreux et 9, 24-28 et Marc 12, 38-44.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/78602508-57034372.jpg?v=1633095361" alt="Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B : « La beauté du don »" title="Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B : « La beauté du don »" />
     </div>
     <div>
      En lisant l’évangile de ce dimanche, je me suis souvenu de ce repas chez les Petites Sœurs de Jésus dans le bidonville de Tondo à Manille aux Philippines. J’avais été saisi de voir les voisins bien démunis apporter aux sœurs et à leurs invités des plats qui étaient leur nécessaire. Ils le faisaient dans un esprit d’hospitalité et avec cœur. Ils donnaient de ce qu’ils avaient besoin pour vivre.       <br />
              <br />
       Il en est ainsi de cette veuve que Jésus observe. Elle donne deux  pièces de monnaie qu’elle prend sur son indigence et non pas sur son superflu. C’est un geste frappant. Et Jésus commente : « elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».        <br />
              <br />
       I –  <span style="font-style:italic">Un coeur rempli d'ouverture et d'abandon</span>       <br />
              <br />
       Ce commentaire nous indique où chercher le message de cette scène, Avec cette pauvre veuve, il ne s’agit pas d’un fioretti, d’une belle histoire  ou encore d’une invitation au partage avec cette pauvre veuve. Non! le message ici est avant tout spirituel. Il nous invite à regarder comment Dieu rejoint l’humanité blessée et éloignée de lui.       <br />
              <br />
       Un premier constat fait ressortir le contraste  entre les scribes et la veuve. Les scribes sont au haut de l’échelle sociale. Ils se complaisent dans le paraître. Ils s’affichent comme des bons pratiquants et des bien-pensants. Ils s’enorgueillissent de leurs pratiques et ils oublient d’y mettre leur cœur.        <br />
              <br />
       La veuve en bas de l’échelle sociale se présente avec humilité, dans sa pauvreté et elle met tout son cœur dans le geste qu’elle pose. Elle donne tout…elle donne ce qu’elle a pour vivre…elle « donne sa vie ».        <br />
              <br />
       Le message qui ressort de ce contraste c’est que notre Dieu est rejoint par ceux et celles qui mettent tout entre ses mains comme cette veuve qui laisse au temple tout ce qu’elle a, qui vient offrir toute sa vie. Son cœur est rempli d’abandon et d’ouverture. Il sera rempli de l’amour de Dieu car Dieu ne peut rejeter celui ou celle qui lui offre sincèrement toute sa vie, tout ce qu’il est.        <br />
              <br />
       En effet, Jésus nous enseigne que Dieu aime ceux et celles qui non seulement entendent sa Parole, mais qui l’acceptent avec joie et la mettent aussi en pratique (Luc 8, 21).       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Riche et pauvre</span>       <br />
              <br />
       Un deuxième constat mérite d’être souligné. Il s’agit  du contraste qui existe entre, d’une part, le riche bien à l’aise et sûr de lui et, d’autre part,  la pauvre veuve qui a bien peu à apporter.        <br />
              <br />
       Et le message qui ressort des paroles de Jésus c’est que pour Dieu ce qui compte ce n’est pas ce que nous avons, mais ce que nous sommes, ce  n’est pas la valeur de ce que nous apportons, mais c’est de présenter à Dieu ce que nous sommes sans crainte et sans peur.        <br />
              <br />
       Dieu se penche sur notre petitesse comme un Père miséricordieux. Il en fait sa joie et son bonheur, car il aime ceux et celles qui offrent avec cœur tout ce qu’ils sont. Comme Jésus, le disciple apprend à tout donner malgré les difficultés, les hésitations et les souffrances.       <br />
              <br />
       Ainsi le disciple ira jusqu’au bout. Comme la veuve il donnera de son indigence et Dieu se laissera toucher par celle-ci, par la petitesse du pauvre qui se confie totalement à son amour et à sa miséricorde.        <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Les fruits du don</span>       <br />
              <br />
       La veuve de la première lecture nous montre les retombées spirituelles d’une telle offrande totale de soi-même.  La veuve de Sarepta voit sa vie illuminée par une présence qui ne la quitte plus. Sa jarre de farine ne s’épuise pas et son vase d’huile ne se vide pas.         <br />
              <br />
       Pour nous aussi, Dieu répand sa grâce et ses dons avec largesse. Il a ressuscité Jésus qui s’est donné jusqu’au bout. Il en a fait le Premier-Né d’une multitude de frères et sœurs. Et chacun et chacune d’entre nous est appelé à suivre ses pas en offrant sa vie, en offrant tout ce qu’il est pour ainsi marcher sur ses traces et s’asseoir un jour avec Lui pour le banquet éternel. « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (Apocalypse 3, 20)         <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Que cette messe soit pour nous un moment d’offrande à Dieu de tout ce que nous sommes dans une confiance totale, une occasion d’ouvrir la porte.        <br />
              <br />
       Et que Jésus par son Corps et par son Sang partagés nous entraîne à sa suite pour réaliser de plus en plus en union avec lui, par lui et en lui une offrande totale de toute notre vie qui appartient à Dieu et qui retourne à lui à chaque jour que nous vivons.       <br />
               <br />
        Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Séminaire de Québec        <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
              <br />
       5 novembre 2024       <br />
              <br />
       <!-- reprise de l'homélie du 2 novembre 2021-->       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
              <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Avec sa farine la veuve fit une petite galette et l’apporta à Élie » (1 R 17, 10-16)       <br />
       Lecture du premier livre des Rois       <br />
              <br />
       En ces jours-là,       <br />
           le prophète Élie partit pour Sarepta,       <br />
       et il parvint à l’entrée de la ville.       <br />
       Une veuve ramassait du bois ;       <br />
       il l’appela et lui dit :       <br />
       « Veux-tu me puiser, avec ta cruche,       <br />
       un peu d’eau pour que je boive ? »       <br />
           Elle alla en puiser.       <br />
       Il lui dit encore :       <br />
       « Apporte-moi aussi un morceau de pain. »       <br />
           Elle répondit :       <br />
       « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu :       <br />
       je n’ai pas de pain.       <br />
       J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine,       <br />
       et un peu d’huile dans un vase.       <br />
       Je ramasse deux morceaux de bois,       <br />
       je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste.       <br />
       Nous le mangerons,       <br />
       et puis nous mourrons. »       <br />
           Élie lui dit alors :       <br />
       « N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit.       <br />
       Mais d’abord cuis-moi une petite galette et apporte-la moi ;       <br />
       ensuite tu en feras pour toi et ton fils.       <br />
           Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël :       <br />
       Jarre de farine point ne s’épuisera,       <br />
       vase d’huile point ne se videra,       <br />
       jusqu’au jour où le Seigneur       <br />
       donnera la pluie pour arroser la terre. »       <br />
           La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé,       <br />
       et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils       <br />
       eurent à manger.       <br />
           Et la jarre de farine ne s’épuisa pas,       <br />
       et le vase d’huile ne se vida pas,       <br />
       ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 145 (146), 6c.7, 8-9a, 9bc-10)       <br />
       R/ Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur ! (Ps 145, 1b)       <br />
              <br />
       Le Seigneur garde à jamais sa fidélité,       <br />
       il fait justice aux opprimés ;       <br />
       aux affamés, il donne le pain ;       <br />
       le Seigneur délie les enchaînés.       <br />
              <br />
       Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,       <br />
       le Seigneur redresse les accablés,       <br />
       le Seigneur aime les justes,       <br />
       le Seigneur protège l’étranger.       <br />
              <br />
       Il soutient la veuve et l’orphelin,       <br />
       il égare les pas du méchant.       <br />
       D’âge en âge, le Seigneur régnera :       <br />
       ton Dieu, ô Sion, pour toujours !       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Le Christ s’est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude » (He 9, 24-28)       <br />
       Lecture de la lettre aux Hébreux       <br />
              <br />
       Le Christ n’est pas entré       <br />
       dans un sanctuaire fait de main d’homme,       <br />
       figure du sanctuaire véritable ;       <br />
       il est entré dans le ciel même,       <br />
       afin de se tenir maintenant pour nous       <br />
       devant la face de Dieu.       <br />
           Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois,       <br />
       comme le grand prêtre qui, tous les ans,       <br />
       entrait dans le sanctuaire       <br />
       en offrant un sang qui n’était pas le sien ;       <br />
           car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion       <br />
       depuis la fondation du monde.       <br />
       Mais en fait, c’est une fois pour toutes,       <br />
       à la fin des temps,       <br />
       qu’il s’est manifesté       <br />
       pour détruire le péché par son sacrifice.       <br />
           Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois       <br />
       et puis d’être jugés,       <br />
           ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois       <br />
       pour enlever les péchés de la multitude ;       <br />
       il apparaîtra une seconde fois,       <br />
       non plus à cause du péché,       <br />
       mais pour le salut de ceux qui l’attendent.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Heureux les pauvres de cœur,       <br />
       car le royaume des Cieux est à eux !       <br />
       Alléluia. (Mt 5, 3)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           dans son enseignement, Jésus disait aux foules :       <br />
       « Méfiez-vous des scribes,       <br />
       qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat       <br />
       et qui aiment les salutations sur les places publiques,       <br />
           les sièges d’honneur dans les synagogues,       <br />
       et les places d’honneur dans les dîners.       <br />
           Ils dévorent les biens des veuves       <br />
       et, pour l’apparence, ils font de longues prières :       <br />
       ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »       <br />
              <br />
           Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor,       <br />
       et regardait comment la foule y mettait de l’argent.       <br />
       Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.       <br />
           Une pauvre veuve s’avança       <br />
       et mit deux petites pièces de monnaie.       <br />
           Jésus appela ses disciples et leur déclara :       <br />
       « Amen, je vous le dis :       <br />
       cette pauvre veuve a mis dans le Trésor       <br />
       plus que tous les autres.       <br />
           Car tous, ils ont pris sur leur superflu,       <br />
       mais elle, elle a pris sur son indigence :       <br />
       elle a mis tout ce qu’elle possédait,       <br />
       tout ce qu’elle avait pour vivre. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 41-44)       <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor,       <br />
       et regardait comment la foule y mettait de l’argent.       <br />
       Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.       <br />
           Une pauvre veuve s’avança       <br />
       et mit deux petites pièces de monnaie.       <br />
           Jésus appela ses disciples et leur déclara :       <br />
       « Amen, je vous le dis :       <br />
       cette pauvre veuve a mis dans le Trésor       <br />
       plus que tous les autres.       <br />
           Car tous, ils ont pris sur leur superflu,       <br />
       mais elle, elle a pris sur son indigence :       <br />
       elle a mis tout ce qu’elle possédait,       <br />
       tout ce qu’elle avait pour vivre. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
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     <br style="clear:both;"/>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour le 4e dimanche du Carême Année B  « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé... »</title>
   <updated>2024-03-19T23:16:00+01:00</updated>
   <id>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-4e-dimanche-du-Careme-Annee-B-Il-faut-que-le-Fils-de-l-homme-soit-eleve_a1166.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/77063385-55904471.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-03-05T18:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques. Homélie pour le 4e dimanche du Carême Année B par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec le 10 mars 2024. Textes: 2 Chroniques 36, 14-16.19-23, Éphésiens 2, 4-10 et Jean 3, 14-21.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/77063385-55904471.jpg?v=1609856597" alt="Homélie pour le 4e dimanche du Carême Année B  « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé... »" title="Homélie pour le 4e dimanche du Carême Année B  « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé... »" />
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      Dans le texte de la première lecture de la messe d'aujourd'hui il est question d’une incroyable délivrance vécue par le peuple d’Israël. Celle-ci fait partie d’une histoire du salut pleine de rebondissements et remplie de bouleversements. Et dans son entretien avec Nicodème, un sage juif qui a demandé à le rencontrer, Jésus explique dans le texte de l’évangile qui vient d’être lu l’aboutissement de toute cette histoire avec l’image du serpent de bronze qu’il s’applique à lui-même élevé sur la croix.        <br />
              <br />
       Pour bien saisir cette image du serpent de bronze qui symbolise la croix du Christ, faisons tout d'abord un bref parcours  qui l’éclairera.       <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Les préparations</span>       <br />
              <br />
       L'Ancien Testament célèbre l'action de Dieu pour son peuple sous le mode de la victoire. C'est Lui qui l'a fait sortir d'Égypte et entrer dans la Terre promise. Des dirigeants comme Cyrus dont il est question dans la première lecture deviennent instruments de Dieu pour la libération de son peuple. Celui-ci retrouve une demeure et une terre où  il peut s'épanouir en paix. C’est la victoire de son Dieu.       <br />
              <br />
       Mais, en même temps, les prophètes, comme le prophète Isaïe, mettent devant les yeux du peuple une image où la victoire ne se réalise pas avec éclat, mais dans le dénuement et la souffrance. Ils annoncent un Sauveur - un Messie – souffrant qui sera un homme de douleur mené à l'abattoir comme un agneau sans défense (Isaïe 53, 7). Jean-Baptiste va utiliser ces images et ces paroles et il va les appliquer à Jésus en le déclarant l’ « Agneau de Dieu ».        <br />
              <br />
       Dans notre texte de l’évangile, ici, Jésus utilise avec Nicodème une autre image : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle ».       <br />
              <br />
       Après la Passion et la Résurrection, les premiers chrétiens  ont compris à travers cette image du serpent de bronze que sur la croix où Jésus est élevé se réalise une victoire d’un nouveau genre. Sur la croix se joue un drame où ce qui semble perdu devient victorieux. Sur la croix naît un nouveau monde. Sur la croix les ténèbres sont vaincus.         <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Un abaissement, une kénose irremplaçable</span>       <br />
              <br />
       Cette victoire de la croix n'était pas évidente pour les disciples lorsque les événements se sont produits.  <!--Le mystère de Jésus qui meurt sur la croix questionne non seulement ses disciples, mais ils en sont effarés.--> Lors des événements des derniers jours de la vie terrestre de Jésus, les apôtres s'enfuiront tous, sauf saint Jean accompagné de Marie, la mère de Jésus, et de quelques femmes qui se retrouveront sur le Calvaire.        <br />
              <br />
       Tout l'enseignement de Jésus qui parlait de son Heure, qui annonçait à mots couverts sa Passion avait passé par-dessus la tête des apôtres. Son annonce d'un messie crucifié, scandale pour les juifs et  folie pour les païens, comme dira saint Paul (I Corinthiens 1, 23) ne correspondait pas à leur lecture des Écritures. Ils attendaient un Messie flamboyant, victorieux.        <br />
              <br />
       La victoire ne se situe pas où ils l'attendaient. Cette victoire c'est celle de la croix qui deviendra le signe incroyable de l'amour de Dieu : «  Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » dit Jésus à Nicodème (Jean 3, 16).         <br />
              <br />
       Tout est là. La croix, un instrument associé à un supplice, change de sens par la mort de Jésus. Elle devient le signe d'un amour qui sauve et donne la vie. Les premiers chrétiens l’avaient si bien compris qu’ils choisirent la croix comme symbole de leur foi et de leur choix de suivre Jésus. Et il a été celui de toutes les générations qui ont suivies.        <br />
       <!--la mesure de l'adhésion des disciples à leur Maître. Elle sera le repère sensible et concret de l’imitation de Jésus. «  Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mathieu 16, 24).   Saint Jean en reprenant l’image du serpent de bronze élevé pour protéger le peuple d’Israël au désert, l’applique à la mort de Jésus sur la croix : « Quand je serai élevé j'attirerai tout à moi ». Les premiers chrétiens l’avait si bien compris qu’ils choisirent la croix comme symbole de leur foi et de leur choix de suivre Jésus. C'est un choix surprenant car il s'agissait d'un instrument de supplice. Il a été celui de toutes les générations qui ont suivies. -->       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Le sens de la croix</span>       <br />
              <br />
       Nous sommes habitués à voir des croix partout. Mais en réalisons-nous tout le sens? Permettez-moi de vous donner trois mots pour décrire le sens de la croix : amour, salut, vie.        <br />
              <br />
       Amour. La crucifixion de Jésus est l'expression ultime de l'amour Dieu le Père pour le monde. Elle est la clé sans laquelle son amour ne peut être reçu ni compris. Car comme le dit Jésus, il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime.          <br />
              <br />
       Salut. La croix exprime le don que Jésus fait de sa vie pour le salut de tous et non pas d’une minorité. Sa mort porte le poids de tous les péchés du monde. Sa mort réconcilie le monde avec Dieu. Elle est le moyen par lequel Dieu sauve le monde. Les ténèbres disparaissent et la lumière devient accessible pour tous.       <br />
               <br />
       Vie. Enfin, en troisième lieu, la mort du Christ sur la croix ouvre à quiconque croit en Lui une vie éternelle. « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » dit Jésus au bon larron (Luc 23,43). Le Christ est descendu au plus profond des ténèbres de la mort, il en est ressorti glorieux et vivant pour Dieu. Il nous  entraîne à sa suite. Par le baptême nous sommes morts au péché avec le Christ pour ressusciter avec lui à une vie nouvelle et éternelle. Saint Paul le dit merveilleusement bien dans la deuxième lecture :  « Dieu est riche en miséricorde ;  à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus».       <br />
               <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Nous avons pris le temps de nous arrêter en ce dimanche au mystère de la mort du Christ élevé en croix. Il  y aurait encore beaucoup à dire. Ce mystère de la croix occupera nos pensées lors des célébrations pascales où nous relirons par deux fois le texte de la Passion de Jésus du début jusqu'à son enterrement.        <br />
              <br />
       Aujourd’hui dans notre célébration eucharistique reconnaissons la présence de Jésus qui, sous les signes de son Corps et de son Sang, le Pain et le Vin consacrés, que nous partageons, s’offre encore comme lorsqu’il fut élevé sur la croix, car l’offrande qu’il fit alors demeure éternellement présente et nous pouvons toujours nous y associer dans la foi, ce que nous faisons à chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie.       <br />
              <br />
       Bonne célébration!       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P. H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval        <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       5 mars 2024       <br />
               <br />
       <!--reprise avec corrections de l'homélie du 6 mars 2018 et du 9 mars 2021       <br />
       -->       <br />
              <br />
       ________________________________       <br />
       <!--       <br />
       Pour prolonger la méditation regarder la vidéo de la <span style="font-style:italic">Communauté du Chemin Neuf</span> sur le site Marie de Nazareth intitulée <a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=IpthLqaIX1A&feature=share">Pourquoi suis-je sauvé par la mort d'un homme il y a 2000 ans ?</a>        <br />
              <br />
       -->       <br />
       Pour prolonger la méditation  lire ce texte de Sébastien Doane dans <span style="font-style:italic"> Interbible</span> du 5 mars 2018 :  « Dans l’Antiquité, le serpent était un symbole de vie éternelle parce que périodiquement, il meurt en laissant sa peau morte pour continuer sa vie. Plus précisément, l’épisode du serpent élevé par Moïse évoque une scène du livre des Nombres (21,4-9) où pendant la traversée du désert, plusieurs personnes sont en danger de mort après avoir été mordues par des serpents. La solution offerte par le Seigneur est que Moïse élève un serpent sur une hampe. Quiconque regardait ce serpent avait la vie sauve. L’analogie offerte par cette image est que Jésus lorsqu’il sera élevé sur la croix aura aussi une portée salvifique. Cette analogie met l’accent sur la différence entre la vie offerte par Moïse et son serpent et Jésus. Alors que pour l’épisode de Moïse, il s’agit d’un retour à la santé, pour Jean, le salut offert par l’élévation de Jésus permet une vie éternelle.        <br />
              <br />
       [...]  l’image de l’élévation du Fils de l’homme permet un regard prospectif vers la suite. Elle anticipe la crucifixion de Jésus qui, pour Jean, n’est fondamentalement pas une forme de torture et d’exécution, mais le lieu où se manifestera l’exaltation du Fils qui est élevé vers son Père.        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       Autre citation, celle de Pascal:       <br />
       « Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. Je pensais à toi dans mon agonie, j’ai versé telles gouttes de sang pour toi. (...) Je te suis plus ami que tel et tel ; car j’ai fait pour toi plus qu’eux, et ils ne souffriraient pas ce que j’ai souffert de toi et ne mourraient pas pour toi dans le temps de tes infidélités et cruautés » (Blaise Pascal, <span style="font-style:italic">Pensées</span>, BVII, 553)       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       La colère et la miséricorde du Seigneur manifestées par l’exil et la délivrance du peuple (2 Ch 36, 14-16.19-23)       <br />
       Lecture du deuxième livre des Chroniques       <br />
              <br />
       En ces jours-là,       <br />
       tous les chefs des prêtres et du peuple       <br />
       multipliaient les infidélités,       <br />
       en imitant toutes les abominations des nations païennes,       <br />
       et ils profanaient la Maison       <br />
       que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem.       <br />
       Le Seigneur, le Dieu de leurs pères,       <br />
       sans attendre et sans se lasser,       <br />
       leur envoyait des messagers,       <br />
       car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure.       <br />
       Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu,       <br />
       méprisaient ses paroles,       <br />
       et se moquaient de ses prophètes ;       <br />
       finalement, il n’y eut plus de remède       <br />
       à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple.       <br />
       Les Babyloniens brûlèrent la Maison de Dieu,       <br />
       détruisirent le rempart de Jérusalem,       <br />
       incendièrent tous ses palais,       <br />
       et réduisirent à rien tous leurs objets précieux.       <br />
       Nabucodonosor déporta à Babylone       <br />
       ceux qui avaient échappé au massacre ;       <br />
       ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils       <br />
       jusqu’au temps de la domination des Perses.       <br />
       Ainsi s’accomplit la parole du Seigneur       <br />
       proclamée par Jérémie :       <br />
       La terre sera dévastée et elle se reposera       <br />
       durant 70 ans,       <br />
       jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos       <br />
       tous les sabbats profanés.       <br />
              <br />
       Or, la première année du règne de Cyrus, roi de Perse,       <br />
       pour que soit accomplie la parole du Seigneur       <br />
       proclamée par Jérémie,       <br />
       le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse.       <br />
       Et celui-ci fit publier dans tout son royaume       <br />
       – et même consigner par écrit – :       <br />
       « Ainsi parle Cyrus, roi de Perse :       <br />
       Le Seigneur, le Dieu du ciel,       <br />
       m’a donné tous les royaumes de la terre ;       <br />
       et il m’a chargé de lui bâtir une maison       <br />
       à Jérusalem, en Juda.       <br />
       Quiconque parmi vous fait partie de son peuple,       <br />
       que le Seigneur son Dieu soit avec lui,       <br />
       et qu’il monte à Jérusalem ! »       <br />
              <br />
       – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (136 (137), 1-2, 3, 4-5, 6)       <br />
       R/ Que ma langue s’attache à mon palais       <br />
       si je perds ton souvenir ! (cf. 136, 6a)       <br />
              <br />
       Au bord des fleuves de Babylone       <br />
           nous étions assis et nous pleurions,       <br />
       nous souvenant de Sion ;       <br />
       aux saules des alentours       <br />
       nous avions pendu nos harpes.       <br />
              <br />
       C’est là que nos vainqueurs       <br />
           nous demandèrent des chansons,       <br />
       et nos bourreaux, des airs joyeux :       <br />
       « Chantez-nous, disaient-ils,       <br />
       quelque chant de Sion. »       <br />
              <br />
       Comment chanterions-nous un chant du Seigneur       <br />
       sur une terre étrangère ?       <br />
       Si je t’oublie, Jérusalem,       <br />
       que ma main droite m’oublie !       <br />
              <br />
       Je veux que ma langue s’attache à mon palais       <br />
       si je perds ton souvenir,       <br />
       si je n’élève Jérusalem       <br />
       au sommet de ma joie.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Morts par suite des fautes, c’est bien par grâce que vous êtes sauvés » (Ep 2, 4-10)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
       Dieu est riche en miséricorde ;       <br />
       à cause du grand amour dont il nous a aimés,       <br />
       nous qui étions des morts par suite de nos fautes,       <br />
       il nous a donné la vie avec le Christ :       <br />
       c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.       <br />
       Avec lui, il nous a ressuscités       <br />
       et il nous a fait siéger aux cieux,       <br />
       dans le Christ Jésus.       <br />
       Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs,       <br />
       la richesse surabondante de sa grâce,       <br />
       par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus.       <br />
       C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés,       <br />
       et par le moyen de la foi.       <br />
       Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.       <br />
       Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil.       <br />
       C’est Dieu qui nous a faits,       <br />
       il nous a créés dans le Christ Jésus,       <br />
       en vue de la réalisation d’œuvres bonnes       <br />
       qu’il a préparées d’avance       <br />
       pour que nous les pratiquions.       <br />
              <br />
       – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Dieu a envoyé son Fils pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 14-21)       <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !         <br />
       Dieu a tellement aimé le monde       <br />
       qu’il a donné son Fils unique,       <br />
       afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.       <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (Jn 3, 16)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
       En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :       <br />
       « De même que le serpent de bronze       <br />
       fut élevé par Moïse dans le désert,       <br />
       ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,       <br />
       afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.       <br />
       Car Dieu a tellement aimé le monde       <br />
       qu’il a donné son Fils unique,       <br />
       afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,       <br />
       mais obtienne la vie éternelle.       <br />
       Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,       <br />
       non pas pour juger le monde,       <br />
       mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.       <br />
       Celui qui croit en lui échappe au Jugement,       <br />
       celui qui ne croit pas est déjà jugé,       <br />
       du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.       <br />
       Et le Jugement, le voici :       <br />
       la lumière est venue dans le monde,       <br />
       et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,       <br />
       parce que leurs œuvres étaient mauvaises.       <br />
       Celui qui fait le mal déteste la lumière :       <br />
       il ne vient pas à la lumière,       <br />
       de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;       <br />
       mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,       <br />
       pour qu’il soit manifeste       <br />
       que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »       <br />
              <br />
       – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>T>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-4e-dimanche-du-Careme-Annee-B-Il-faut-que-le-Fils-de-l-homme-soit-eleve_a1166.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B : « La beauté du don »</title>
   <updated>2021-10-31T21:15:00+01:00</updated>
   <id>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-32e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-La-beaute-du-don_a1033.html</id>
   <category term="Homélies" />
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   <published>2021-11-02T18:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B le 7 novembre 2021. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: 1 Rois 17, 10-16 Hébreux et 9, 24-28 et Marc 12, 38-44.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/58887470-43368116.jpg?v=1633095361" alt="Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B : « La beauté du don »" title="Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B : « La beauté du don »" />
     </div>
     <div>
      En lisant l’évangile de ce dimanche, je me suis souvenu de ce repas chez les Petites Sœurs de Jésus dans le bidonville de Tondo à Manille aux Philippines. J’avais été saisi de voir les voisins bien démunis apporter aux sœurs et à leurs invités des plats qui étaient leur nécessaire. Ils le faisaient dans un esprit d’hospitalité et avec cœur. Ils donnaient de ce qu’ils avaient besoin pour vivre.       <br />
              <br />
       Il en est ainsi de cette veuve que Jésus observe. Elle donne deux  pièces de monnaie qu’elle prend sur son indigence et non pas sur son superflu. C’est un geste frappant. Et Jésus commente : « elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».        <br />
              <br />
       I –  <span style="font-style:italic">Un coeur rempli d'ouverture et d'abandon</span>       <br />
              <br />
       Ce commentaire nous indique où chercher le message de cette scène, Avec cette pauvre veuve, il ne s’agit pas d’un fioretti, d’une belle histoire  ou encore d’une invitation au partage avec cette pauvre veuve. Non! le message ici est avant tout spirituel. Il nous invite à regarder comment Dieu rejoint l’humanité blessée et éloignée de lui.       <br />
              <br />
       Un premier constat fait ressortir le contraste  entre les scribes et la veuve. Les scribes sont au haut de l’échelle sociale. Ils se complaisent dans le paraître. Ils s’affichent comme des bons pratiquants et des bien-pensants. Ils s’enorgueillissent de leurs pratiques et ils oublient d’y mettre leur cœur.        <br />
              <br />
       La veuve en bas de l’échelle sociale se présente avec humilité, dans sa pauvreté et elle met tout son cœur dans le geste qu’elle pose. Elle donne tout…elle donne ce qu’elle a pour vivre…elle « donne sa vie ».        <br />
              <br />
       Le message qui ressort de ce contraste c’est que notre Dieu est rejoint par ceux et celles qui mettent tout entre ses mains comme cette veuve qui laisse au temple tout ce qu’elle a, qui vient offrir toute sa vie. Son cœur est rempli d’abandon et d’ouverture. Il sera rempli de l’amour de Dieu car Dieu ne peut rejeter celui ou celle qui lui offre sincèrement toute sa vie, tout ce qu’il est.        <br />
              <br />
       En effet, Jésus nous enseigne que Dieu aime ceux et celles qui non seulement entendent sa Parole, mais qui l’acceptent avec joie et la mettent aussi en pratique (Luc 8, 21).       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Riche et pauvre</span>       <br />
              <br />
       Un deuxième constat mérite d’être souligné. Il s’agit  du contraste qui existe entre, d’une part, le riche bien à l’aise et sûr de lui et, d’autre part,  la pauvre veuve qui a bien peu à apporter.        <br />
              <br />
       Et le message qui ressort des paroles de Jésus c’est que pour Dieu ce qui compte ce n’est pas ce que nous avons, mais ce que nous sommes, ce  n’est pas la valeur de ce que nous apportons, mais c’est de présenter à Dieu ce que nous sommes sans crainte et sans peur.        <br />
              <br />
       Dieu se penche sur notre petitesse comme un Père miséricordieux. Il en fait sa joie et son bonheur, car il aime ceux et celles qui offrent avec cœur tout ce qu’ils sont. Comme Jésus, le disciple apprend à tout donner malgré les difficultés, les hésitations et les souffrances.       <br />
              <br />
       Ainsi le disciple ira jusqu’au bout. Comme la veuve il donnera de son indigence et Dieu se laissera toucher par celle-ci, par la petitesse du pauvre qui se confie totalement à son amour et à sa miséricorde.        <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Les fruits du don</span>       <br />
              <br />
       La veuve de la première lecture nous montre les retombées spirituelles d’une telle offrande totale de soi-même.  La veuve de Sarepta voit sa vie illuminée par une présence qui ne la quitte plus. Sa jarre de farine ne s’épuise pas et son vase d’huile ne se vide pas.         <br />
              <br />
       Pour nous aussi, Dieu répand sa grâce et ses dons avec largesse. Il a ressuscité Jésus qui s’est donné jusqu’au bout. Il en a fait le Premier-Né d’une multitude de frères et sœurs. Et chacun et chacune d’entre nous est appelé à suivre ses pas en offrant sa vie, en offrant tout ce qu’il est pour ainsi marcher sur ses traces et s’asseoir un jour avec Lui pour le banquet éternel. « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (Apocalypse 3, 20)         <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Que cette messe soit pour nous un moment d’offrande à Dieu de tout ce que nous sommes dans une confiance totale, une occasion d’ouvrir la porte.        <br />
              <br />
       Et que Jésus par son Corps et par son Sang partagés nous entraîne à sa suite pour réaliser de plus en plus en union avec lui, par lui et en lui une offrande totale de toute notre vie qui appartient à Dieu et qui retourne à lui à chaque jour que nous vivons.       <br />
               <br />
        Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Séminaire de Québec        <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
       le 2 novembre 2021       <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de  l'homélie du 7 novembre 2015-->        <br />
              <br />
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              <br />
       
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     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
              <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Avec sa farine la veuve fit une petite galette et l’apporta à Élie » (1 R 17, 10-16)       <br />
       Lecture du premier livre des Rois       <br />
              <br />
       En ces jours-là,       <br />
           le prophète Élie partit pour Sarepta,       <br />
       et il parvint à l’entrée de la ville.       <br />
       Une veuve ramassait du bois ;       <br />
       il l’appela et lui dit :       <br />
       « Veux-tu me puiser, avec ta cruche,       <br />
       un peu d’eau pour que je boive ? »       <br />
           Elle alla en puiser.       <br />
       Il lui dit encore :       <br />
       « Apporte-moi aussi un morceau de pain. »       <br />
           Elle répondit :       <br />
       « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu :       <br />
       je n’ai pas de pain.       <br />
       J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine,       <br />
       et un peu d’huile dans un vase.       <br />
       Je ramasse deux morceaux de bois,       <br />
       je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste.       <br />
       Nous le mangerons,       <br />
       et puis nous mourrons. »       <br />
           Élie lui dit alors :       <br />
       « N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit.       <br />
       Mais d’abord cuis-moi une petite galette et apporte-la moi ;       <br />
       ensuite tu en feras pour toi et ton fils.       <br />
           Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël :       <br />
       Jarre de farine point ne s’épuisera,       <br />
       vase d’huile point ne se videra,       <br />
       jusqu’au jour où le Seigneur       <br />
       donnera la pluie pour arroser la terre. »       <br />
           La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé,       <br />
       et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils       <br />
       eurent à manger.       <br />
           Et la jarre de farine ne s’épuisa pas,       <br />
       et le vase d’huile ne se vida pas,       <br />
       ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 145 (146), 6c.7, 8-9a, 9bc-10)       <br />
       R/ Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur ! (Ps 145, 1b)       <br />
              <br />
       Le Seigneur garde à jamais sa fidélité,       <br />
       il fait justice aux opprimés ;       <br />
       aux affamés, il donne le pain ;       <br />
       le Seigneur délie les enchaînés.       <br />
              <br />
       Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,       <br />
       le Seigneur redresse les accablés,       <br />
       le Seigneur aime les justes,       <br />
       le Seigneur protège l’étranger.       <br />
              <br />
       Il soutient la veuve et l’orphelin,       <br />
       il égare les pas du méchant.       <br />
       D’âge en âge, le Seigneur régnera :       <br />
       ton Dieu, ô Sion, pour toujours !       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Le Christ s’est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude » (He 9, 24-28)       <br />
       Lecture de la lettre aux Hébreux       <br />
              <br />
       Le Christ n’est pas entré       <br />
       dans un sanctuaire fait de main d’homme,       <br />
       figure du sanctuaire véritable ;       <br />
       il est entré dans le ciel même,       <br />
       afin de se tenir maintenant pour nous       <br />
       devant la face de Dieu.       <br />
           Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois,       <br />
       comme le grand prêtre qui, tous les ans,       <br />
       entrait dans le sanctuaire       <br />
       en offrant un sang qui n’était pas le sien ;       <br />
           car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion       <br />
       depuis la fondation du monde.       <br />
       Mais en fait, c’est une fois pour toutes,       <br />
       à la fin des temps,       <br />
       qu’il s’est manifesté       <br />
       pour détruire le péché par son sacrifice.       <br />
           Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois       <br />
       et puis d’être jugés,       <br />
           ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois       <br />
       pour enlever les péchés de la multitude ;       <br />
       il apparaîtra une seconde fois,       <br />
       non plus à cause du péché,       <br />
       mais pour le salut de ceux qui l’attendent.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Heureux les pauvres de cœur,       <br />
       car le royaume des Cieux est à eux !       <br />
       Alléluia. (Mt 5, 3)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           dans son enseignement, Jésus disait aux foules :       <br />
       « Méfiez-vous des scribes,       <br />
       qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat       <br />
       et qui aiment les salutations sur les places publiques,       <br />
           les sièges d’honneur dans les synagogues,       <br />
       et les places d’honneur dans les dîners.       <br />
           Ils dévorent les biens des veuves       <br />
       et, pour l’apparence, ils font de longues prières :       <br />
       ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »       <br />
              <br />
           Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor,       <br />
       et regardait comment la foule y mettait de l’argent.       <br />
       Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.       <br />
           Une pauvre veuve s’avança       <br />
       et mit deux petites pièces de monnaie.       <br />
           Jésus appela ses disciples et leur déclara :       <br />
       « Amen, je vous le dis :       <br />
       cette pauvre veuve a mis dans le Trésor       <br />
       plus que tous les autres.       <br />
           Car tous, ils ont pris sur leur superflu,       <br />
       mais elle, elle a pris sur son indigence :       <br />
       elle a mis tout ce qu’elle possédait,       <br />
       tout ce qu’elle avait pour vivre. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 41-44)       <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor,       <br />
       et regardait comment la foule y mettait de l’argent.       <br />
       Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.       <br />
           Une pauvre veuve s’avança       <br />
       et mit deux petites pièces de monnaie.       <br />
           Jésus appela ses disciples et leur déclara :       <br />
       « Amen, je vous le dis :       <br />
       cette pauvre veuve a mis dans le Trésor       <br />
       plus que tous les autres.       <br />
           Car tous, ils ont pris sur leur superflu,       <br />
       mais elle, elle a pris sur son indigence :       <br />
       elle a mis tout ce qu’elle possédait,       <br />
       tout ce qu’elle avait pour vivre. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-32e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-La-beaute-du-don_a1033.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour le 4e dimanche du Carême Année B  « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé... »</title>
   <updated>2021-03-28T15:42:00+02:00</updated>
   <id>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-4e-dimanche-du-Careme-Annee-B-Il-faut-que-le-Fils-de-l-homme-soit-eleve_a997.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/52796937-40141373.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-03-09T18:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques. Homélie pour le 4e dimanche du Carême Année B par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec à la Chapelle du Séminaire le 14 mars 2021. Textes: 2 Chroniques 36, 14-16.19-23, Éphésiens 2, 4-10 et Jean 3, 14-21.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/52796937-40141373.jpg?v=1609856597" alt="Homélie pour le 4e dimanche du Carême Année B  « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé... »" title="Homélie pour le 4e dimanche du Carême Année B  « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé... »" />
     </div>
     <div>
      Dans le texte de la première lecture de la messe d'aujourd'hui il est question d’une incroyable délivrance vécue par le peuple d’Israël. Celle-ci fait partie d’une histoire du salut pleine de rebondissements et remplie de bouleversements. Et dans son entretien avec Nicodème, un sage juif qui a demandé à le rencontrer, Jésus explique dans le texte de l’évangile qui vient d’être lu l’aboutissement de toute cette histoire avec l’image du serpent de bronze qu’il s’applique à lui-même élevé sur la croix.        <br />
              <br />
       Pour bien saisir cette image du serpent de bronze qui symbolise la croix du Christ, faisons tout d'abord un bref parcours  qui l’éclairera.       <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Les préparations</span>       <br />
              <br />
       L'Ancien Testament célèbre l'action de Dieu pour son peuple sous le mode de la victoire. C'est Lui qui l'a fait sortir d'Égypte et entrer dans la Terre promise. Des dirigeants comme Cyrus dont il est question dans la première lecture deviennent instruments de Dieu pour la libération de son peuple. Celui-ci retrouve une demeure et une terre où  il peut s'épanouir en paix. C’est la victoire de son Dieu.       <br />
              <br />
       Mais, en même temps, les prophètes, comme le prophète Isaïe, mettent devant les yeux du peuple une image où la victoire ne se réalise pas avec éclat, mais dans le dénuement et la souffrance. Ils annoncent un Sauveur - un Messie – souffrant qui sera un homme de douleur mené à l'abattoir comme un agneau sans défense (Isaïe 53, 7). Jean-Baptiste va utiliser ces images et ces paroles et il va les appliquer à Jésus en le déclarant l’ « Agneau de Dieu ».        <br />
              <br />
       Dans notre texte de l’évangile, ici, Jésus utilise avec Nicodème une autre image : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle ».       <br />
              <br />
       Après la Passion et la Résurrection, les premiers chrétiens  ont compris à travers cette image du serpent de bronze que sur la croix où Jésus est élevé se réalise une victoire d’un nouveau genre. Sur la croix se joue un drame où ce qui semble perdu devient victorieux. Sur la croix naît un nouveau monde. Sur la croix les ténèbres sont vaincus.         <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Un abaissement, une kénose irremplaçable</span>       <br />
              <br />
       Cette victoire de la croix n'était pas évidente pour les disciples lorsque les événements se sont produits.  <!--Le mystère de Jésus qui meurt sur la croix questionne non seulement ses disciples, mais ils en sont effarés.--> Lors des événements des derniers jours de la vie terrestre de Jésus, les apôtres s'enfuiront tous, sauf saint Jean accompagné de Marie, la mère de Jésus, et de quelques femmes qui se retrouveront sur le Calvaire.        <br />
              <br />
       Tout l'enseignement de Jésus qui parlait de son Heure, qui annonçait à mots couverts sa Passion avait passé par-dessus la tête des apôtres. Son annonce d'un messie crucifié, scandale pour les juifs et  folie pour les païens, comme dira saint Paul (I Corinthiens 1, 23) ne correspondait pas à leur lecture des Écritures. Ils attendaient un Messie flamboyant, victorieux.        <br />
              <br />
       La victoire ne se situe pas où ils l'attendaient. Cette victoire c'est celle de la croix qui deviendra le signe incroyable de l'amour de Dieu : «  Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » dit Jésus à Nicodème.         <br />
              <br />
       Tout est là. La croix, un instrument associé à un supplice, change de sens par la mort de Jésus. Elle devient le signe d'un amour qui sauve et donne la vie. Les premiers chrétiens l’avaient si bien compris qu’ils choisirent la croix comme symbole de leur foi et de leur choix de suivre Jésus. Et il a été celui de toutes les générations qui ont suivies.        <br />
       <!--la mesure de l'adhésion des disciples à leur Maître. Elle sera le repère sensible et concret de l’imitation de Jésus. «  Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mathieu 16, 24).   Saint Jean en reprenant l’image du serpent de bronze élevé pour protéger le peuple d’Israël au désert, l’applique à la mort de Jésus sur la croix : « Quand je serai élevé j'attirerai tout à moi ». Les premiers chrétiens l’avait si bien compris qu’ils choisirent la croix comme symbole de leur foi et de leur choix de suivre Jésus. C'est un choix surprenant car il s'agissait d'un instrument de supplice. Il a été celui de toutes les générations qui ont suivies. -->       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Le sens de la croix</span>       <br />
              <br />
       Nous sommes habitués à voir des croix partout. Mais en réalisons-nous tout le sens? Permettez-moi de vous donner trois mots pour décrire le sens de la croix : amour, salut, vie.        <br />
              <br />
       Amour. La crucifixion de Jésus est l'expression ultime de l'amour Dieu le Père pour le monde. Elle est la clé sans laquelle son amour ne peut être reçu ni compris. Car comme le dit Jésus, il n'y a pas de plus amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime.          <br />
              <br />
       Salut. La croix exprime le don que Jésus fait de sa vie pour le salut de tous et non pas d’une minorité. Sa mort porte le poids de tous les péchés du monde. Sa mort réconcilie le monde avec Dieu. Elle est le moyen par lequel Dieu sauve le monde. Les ténèbres disparaissent et la lumière devient accessible pour tous.       <br />
               <br />
       Vie. Enfin, en troisième lieu, la mort du Christ sur la croix ouvre à quiconque croit en Lui une vie éternelle. « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » dit Jésus au bon larron (Luc 23,43). Le Christ est descendu au plus profond des ténèbres de la mort, il en est ressorti glorieux et vivant pour Dieu. Il nous  entraîne à sa suite. Par le baptême nous sommes morts au péché avec le Christ pour ressusciter avec lui à une vie nouvelle et éternelle. Saint Paul le dit merveilleusement bien dans la deuxième lecture :  « Dieu est riche en miséricorde ;  à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus».       <br />
               <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Nous avons pris le temps de nous arrêter en ce dimanche au mystère de la mort du Christ élevé en croix. Il  y aurait encore beaucoup à dire. Ce mystère de la croix occupera nos pensées lors des célébrations pascales où nous relirons par deux fois le texte de la Passion de Jésus à partir de la Cène jusqu'à son enterrement.        <br />
              <br />
       Aujourd’hui dans notre célébration eucharistique reconnaissons la présence de Jésus qui, sous les signes de son Corps et de son Sang, le Pain et le Vin consacrés, que nous partageons, s’offre encore comme lorsqu’il fut élevé sur la croix, car l’offrande qu’il fit alors demeure éternellement présente et nous pouvons toujours nous y associer dans la foi, ce que nous faisons à chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie.       <br />
              <br />
       Bonne célébration!       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P. H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval        <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
              <br />
        9 mars 2021       <br />
              <br />
       <!--reprise avec corrections de l'homélie du 6 mars 2018-->       <br />
              <br />
       ________________________________       <br />
              <br />
       Pour prolonger la méditation regarder la vidéo de la <span style="font-style:italic">Communauté du Chemin Neuf</span> sur le site Marie de Nazareth intitulée <a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=IpthLqaIX1A&feature=share">Pourquoi suis-je sauvé par la mort d'un homme il y a 2000 ans ?</a>        <br />
              <br />
       <!--       <br />
       Et lire ce texte de Sébastien Doane dans Interbible du 5 mars 2018 :  " Dans l’Antiquité, le serpent était un symbole de vie éternelle parce que périodiquement, il meurt en laissant sa peau morte pour continuer sa vie. Plus précisément, l’épisode du serpent élevé par Moïse évoque une scène du livre des Nombres (21,4-9) où pendant la traversée du désert, plusieurs personnes sont en danger de mort après avoir été mordues par des serpents. La solution offerte par le Seigneur est que Moïse élève un serpent sur une hampe. Quiconque regardait ce serpent avait la vie sauve. L’analogie offerte par cette image est que Jésus lorsqu’il sera élevé sur la croix aura aussi une portée salvifique. Cette analogie met l’accent sur la différence entre la vie offerte par Moïse et son serpent et Jésus. Alors que pour l’épisode de Moïse, il s’agit d’un retour à la santé, pour Jean, le salut offert par l’élévation de Jésus permet une vie éternelle. '       <br />
              <br />
       [...]  l’image de l’élévation du Fils de l’homme permet un regard prospectif vers la suite. Elle anticipe la crucifixion de Jésus qui, pour Jean, n’est fondamentalement pas une forme de torture et d’exécution, mais le lieu où se manifestera l’exaltation du Fils qui est élevé vers son Père. -->       <br />
       <!--   -->       <br />
       « Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. Je pensais à toi dans mon agonie, j’ai versé telles gouttes de sang pour toi. (...) Je te suis plus ami que tel et tel ; car j’ai fait pour toi plus qu’eux, et ils ne souffriraient pas ce que j’ai souffert de toi et ne mourraient pas pour toi dans le temps de tes infidélités et cruautés » (Blaise Pascal, <span style="font-style:italic">Pensées</span>, BVII, 553)       <br />
              <br />
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     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       La colère et la miséricorde du Seigneur manifestées par l’exil et la délivrance du peuple (2 Ch 36, 14-16.19-23)       <br />
       Lecture du deuxième livre des Chroniques       <br />
              <br />
       En ces jours-là,       <br />
       tous les chefs des prêtres et du peuple       <br />
       multipliaient les infidélités,       <br />
       en imitant toutes les abominations des nations païennes,       <br />
       et ils profanaient la Maison       <br />
       que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem.       <br />
       Le Seigneur, le Dieu de leurs pères,       <br />
       sans attendre et sans se lasser,       <br />
       leur envoyait des messagers,       <br />
       car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure.       <br />
       Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu,       <br />
       méprisaient ses paroles,       <br />
       et se moquaient de ses prophètes ;       <br />
       finalement, il n’y eut plus de remède       <br />
       à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple.       <br />
       Les Babyloniens brûlèrent la Maison de Dieu,       <br />
       détruisirent le rempart de Jérusalem,       <br />
       incendièrent tous ses palais,       <br />
       et réduisirent à rien tous leurs objets précieux.       <br />
       Nabucodonosor déporta à Babylone       <br />
       ceux qui avaient échappé au massacre ;       <br />
       ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils       <br />
       jusqu’au temps de la domination des Perses.       <br />
       Ainsi s’accomplit la parole du Seigneur       <br />
       proclamée par Jérémie :       <br />
       La terre sera dévastée et elle se reposera       <br />
       durant 70 ans,       <br />
       jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos       <br />
       tous les sabbats profanés.       <br />
              <br />
       Or, la première année du règne de Cyrus, roi de Perse,       <br />
       pour que soit accomplie la parole du Seigneur       <br />
       proclamée par Jérémie,       <br />
       le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse.       <br />
       Et celui-ci fit publier dans tout son royaume       <br />
       – et même consigner par écrit – :       <br />
       « Ainsi parle Cyrus, roi de Perse :       <br />
       Le Seigneur, le Dieu du ciel,       <br />
       m’a donné tous les royaumes de la terre ;       <br />
       et il m’a chargé de lui bâtir une maison       <br />
       à Jérusalem, en Juda.       <br />
       Quiconque parmi vous fait partie de son peuple,       <br />
       que le Seigneur son Dieu soit avec lui,       <br />
       et qu’il monte à Jérusalem ! »       <br />
              <br />
       – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (136 (137), 1-2, 3, 4-5, 6)       <br />
       R/ Que ma langue s’attache à mon palais       <br />
       si je perds ton souvenir ! (cf. 136, 6a)       <br />
              <br />
       Au bord des fleuves de Babylone       <br />
           nous étions assis et nous pleurions,       <br />
       nous souvenant de Sion ;       <br />
       aux saules des alentours       <br />
       nous avions pendu nos harpes.       <br />
              <br />
       C’est là que nos vainqueurs       <br />
           nous demandèrent des chansons,       <br />
       et nos bourreaux, des airs joyeux :       <br />
       « Chantez-nous, disaient-ils,       <br />
       quelque chant de Sion. »       <br />
              <br />
       Comment chanterions-nous un chant du Seigneur       <br />
       sur une terre étrangère ?       <br />
       Si je t’oublie, Jérusalem,       <br />
       que ma main droite m’oublie !       <br />
              <br />
       Je veux que ma langue s’attache à mon palais       <br />
       si je perds ton souvenir,       <br />
       si je n’élève Jérusalem       <br />
       au sommet de ma joie.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Morts par suite des fautes, c’est bien par grâce que vous êtes sauvés » (Ep 2, 4-10)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
       Dieu est riche en miséricorde ;       <br />
       à cause du grand amour dont il nous a aimés,       <br />
       nous qui étions des morts par suite de nos fautes,       <br />
       il nous a donné la vie avec le Christ :       <br />
       c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.       <br />
       Avec lui, il nous a ressuscités       <br />
       et il nous a fait siéger aux cieux,       <br />
       dans le Christ Jésus.       <br />
       Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs,       <br />
       la richesse surabondante de sa grâce,       <br />
       par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus.       <br />
       C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés,       <br />
       et par le moyen de la foi.       <br />
       Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.       <br />
       Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil.       <br />
       C’est Dieu qui nous a faits,       <br />
       il nous a créés dans le Christ Jésus,       <br />
       en vue de la réalisation d’œuvres bonnes       <br />
       qu’il a préparées d’avance       <br />
       pour que nous les pratiquions.       <br />
              <br />
       – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Dieu a envoyé son Fils pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 14-21)       <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !         <br />
       Dieu a tellement aimé le monde       <br />
       qu’il a donné son Fils unique,       <br />
       afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.       <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (Jn 3, 16)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
       En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :       <br />
       « De même que le serpent de bronze       <br />
       fut élevé par Moïse dans le désert,       <br />
       ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,       <br />
       afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.       <br />
       Car Dieu a tellement aimé le monde       <br />
       qu’il a donné son Fils unique,       <br />
       afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,       <br />
       mais obtienne la vie éternelle.       <br />
       Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,       <br />
       non pas pour juger le monde,       <br />
       mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.       <br />
       Celui qui croit en lui échappe au Jugement,       <br />
       celui qui ne croit pas est déjà jugé,       <br />
       du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.       <br />
       Et le Jugement, le voici :       <br />
       la lumière est venue dans le monde,       <br />
       et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,       <br />
       parce que leurs œuvres étaient mauvaises.       <br />
       Celui qui fait le mal déteste la lumière :       <br />
       il ne vient pas à la lumière,       <br />
       de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;       <br />
       mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,       <br />
       pour qu’il soit manifeste       <br />
       que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »       <br />
              <br />
       – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>T>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-4e-dimanche-du-Careme-Annee-B-Il-faut-que-le-Fils-de-l-homme-soit-eleve_a997.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B (Marc 12, 38-44) «  La beauté du don »</title>
   <updated>2018-09-23T23:29:00+02:00</updated>
   <id>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-32e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Marc-12-38-44-La-beaute-du-don_a670.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/8334611-13055991.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-11-07T05:09:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie par Mgr Hermann Giguère P.H., Séminaire de Québec, pour le 32e dimanche du temps ordinaire 8 novembre 2015 Année B Textes: I Rois 17, 10-16, Hébreux 9, 24-28 et Marc 12, 38-44     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/8334611-13055991.jpg?v=1446776179" alt="Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B (Marc 12, 38-44) «  La beauté du don »" title="Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire Année B (Marc 12, 38-44) «  La beauté du don »" />
     </div>
     <div>
      En lisant l’évangile de ce dimanche, je me suis souvenu de ce repas chez les Petites Sœurs de Jésus dans le bidonville de Tondo à Manille aux Philippines. J’avais été saisi de voir les voisins bien démunis apporter aux sœurs et à leurs invités des plats qui étaient leur nécessaire. Ils le faisaient dans un esprit d’hospitalité et avec cœur. Ils donnaient de ce qu’ils avaient besoin pour vivre.       <br />
              <br />
       Il en est ainsi de cette veuve que Jésus observe. Elle donne deux  pièces de monnaie qu’elle prend sur son indigence et non pas sur son superflu. C’est un geste frappant. Et Jésus commente : « elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».        <br />
              <br />
       I –  <span style="font-style:italic">Extérieur et intérieur</span>       <br />
              <br />
       Ce commentaire nous indique où chercher le message de cette scène de l’évangile. Il ne s’agit pas d’un fioretti, d’une belle histoire  ou encore d’une invitation au partage avec cette pauvre veuve. Non! le message ici est avant tout spirituel. Il nous invite à regarder comment Dieu rejoint l’humanité blessée et éloignée de lui.       <br />
              <br />
       Un premier constat fait ressortir le contraste  entre les scribes et la veuve. Les scribes sont au haut de l’échelle sociale. Ils se complaisent dans le paraître. Ils s’affichent comme des bons pratiquants et des bien-pensants. Ils s’enorgueillissent de leurs pratiques et ils oublient d’y mettre leur cœur.        <br />
              <br />
       La veuve en bas de l’échelle sociale se présente avec humilité, dans sa pauvreté et elle met tout son cœur dans le geste qu’elle pose. Elle donne tout…elle donne ce qu’elle a pour vivre…elle « donne sa vie ».        <br />
              <br />
       Le message qui ressort de ce contraste c’est que notre Dieu est rejoint par ceux et celles qui mettent tout entre ses mains comme cette veuve qui laisse au temple tout ce qu’elle a, qui vient offrir toute sa vie. Son cœur est rempli d’abandon et d’ouverture. Il sera rempli de l’amour de Dieu car Dieu ne peut rejeter celui ou celle qui lui offre sincèrement toute sa vie, tout ce qu’il est.        <br />
              <br />
       En effet, Jésus nous enseigne que Dieu aime ceux et celles qui non seulement entendent sa Parole, mais qui l’acceptent avec joie et la mettent aussi en pratique (Luc 8, 21).       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Riche et pauvre</span>       <br />
              <br />
       Un deuxième constat mérite d’être souligné. Il s’agit  du contraste qui existe entre, d’une part, le riche bien à l’aise et sûr de lui et, d’autre part,  la pauvre veuve qui a bien peu à apporter.        <br />
              <br />
       Et le message qui ressort des paroles de Jésus c’est que pour Dieu ce qui compte ce n’est pas ce que nous avons, mais ce que nous sommes, ce  n’est pas la valeur de ce que nous apportons, mais c’est de présenter à Dieu ce que nous sommes sans crainte et sans peur.        <br />
              <br />
       Dieu se penche sur notre petitesse comme un Père miséricordieux. Il en fait sa joie et son bonheur, car il aime ceux et celles qui offrent avec cœur tout ce qu’ils sont. Comme Jésus, le disciple apprend à tout donner malgré les difficultés, les hésitations et les souffrances.       <br />
              <br />
       Ainsi le disciple ira jusqu’au bout. Comme la veuve il donnera de son indigence et Dieu se laissera toucher par celle-ci, par la petitesse du pauvre qui se confie totalement à son amour et à sa miséricorde.        <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Les fruits du don</span>       <br />
              <br />
       La veuve de la première lecture nous montre les retombées spirituelles d’une telle offrande totale de soi-même.  La veuve de Sarepta voit sa vie illuminée par une présence qui ne la quitte plus. Sa jarre de farine ne s’épuise pas et son vase d’huile ne se vide pas.         <br />
              <br />
       Pour nous aussi, Dieu répand sa grâce et ses dons avec largesse. Il a ressuscité Jésus qui s’est donné jusqu’au bout. Il en a fait le Premier-Né d’une multitude de frères et sœurs. Et chacun et chacune d’entre nous est appelé à suivre ses pas en offrant sa vie, en offrant tout ce qu’il est pour ainsi marcher sur ses traces et s’asseoir un jour avec Lui pour le banquet éternel. « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (Apocalypse 3, 20)         <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Que cette messe soit pour nous un moment d’offrande à Dieu de tout ce que nous sommes dans une confiance totale, une occasion d’ouvrir la porte.        <br />
              <br />
       Et que Jésus par son Corps et par son Sang partagés nous entraîne à sa suite pour réaliser de plus en plus en union avec lui, par lui et en lui une offrande totale de toute notre vie qui appartient à Dieu et qui retourne à lui à chaque jour que nous vivons.       <br />
               <br />
        Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Séminaire de Québec        <br />
       7 novembre 2015</span>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   </content>
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  <entry>
   <title>Homélie pour le Jeudi Saint 2015 : « L’offrande de soi comme celle de l'Agneau »</title>
   <updated>2016-03-26T19:38:00+01:00</updated>
   <id>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Jeudi-Saint-2015-L-offrande-de-soi-comme-celle-de-l-Agneau_a638.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/7628195-11786282.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-03-31T01:08:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie le Jeudi Saint pour la messe en mémoire de la Cène du Seigneur par Mgr Hermann Giguère P.H. Séminaire de Québec le 2 avril 2015. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14, I Corinthiens 11, 23-26 et Jean, 13, 1-15.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/7628195-11786282.jpg?v=1427757553" alt="Homélie pour le Jeudi Saint 2015 : « L’offrande de soi comme celle de l'Agneau »" title="Homélie pour le Jeudi Saint 2015 : « L’offrande de soi comme celle de l'Agneau »" />
     </div>
     <div>
      La mémoire de la Cène du Seigneur ne peut se dissocier de celle de sa Passion. Ces deux événements sont réunis par un lien indissociable. Sans la Passion la Cène reste un repas festif, une louange et une bénédiction pour les actions de Dieu, un « berakha ». Et sans la Cène la mort de Jésus au terme de sa Passion est un geste d’amour incroyable mais sans lendemain. Sans la Cène pas de mémorial, sans la Passion une Cène vide.       <br />
              <br />
       Essayons ce soir d’entrer plus à fond dans cette dynamique essentielle du salut révélé en Jésus et laissons-nous porter par les textes que la liturgie du Jeudi Saint propose et qui nous l'exprime bien.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Dieu sauve</span>        <br />
              <br />
       C’est le texte de l’Exode qu’il faut garder comme portail pour entrer dans notre réflexion sur le salut qui nous est offert par le Père des miséricordes. Ce salut a une histoire à laquelle le livre de l’Exode nous sensibilise en décrivant le geste fondateur de la mémoire de son peuple : celui du passage de la Mer Rouge. Cette intervention est celle d’un Dieu proche qui protège, éduque, nourrit son peuple, d’un Dieu qui l’arrache à l’ennemi et le libère.       <br />
              <br />
       Tel est le sens du passage de l’Ange de Dieu qui évite les portes marquées du sceau de l’agneau. Cet agneau associé ensuite au passage de la Mer Rouge et à la délivrance d’Israël deviendra pour les chrétiens le symbole du nouvel Agneau qu’est le Christ qui permet par son obéissance le salut de tous. Son sacrifice n’est pas une fin de vie, il est un don suréminent à la hauteur des attentes de son Père.        <br />
              <br />
       Ainsi, Jésus a-t-il voulu laisser non seulement la coupe partagée et le pain rompu comme symboles de ce sacrifice, mais aussi le geste du lavement des pieds retenu par l’évangéliste Jean que nous lisons dans l’évangile de ce jour.       <br />
              <br />
       Ces gestes sont porteurs d’un symbolisme et d’une grâce à nuls autres pareils. Ils nous révèlent chacun à leur façon comment  Dieu nous aime d’un amour qui lui fait offrir son Fils pour notre salut.  On lit dans l’évangile de saint Jean que le Grand prêtre Caïphe disait à ses compatriotes : « Il vaut mieux qu’un seul meurt pour le salut de tous » (Jean 11, 50). Hé bien! C’est ce qui arrivera, le nouvel Agneau sera porté sur la croix qui deviendra l’autel de son sacrifice et c’est là que notre salut s’accomplira une fois pour toutes.       <br />
              <br />
       II– <span style="font-style:italic">Jésus sauve</span>       <br />
              <br />
       Saint Paul dans la deuxième lecture nous met devant nos yeux cette réalité du salut de façon réelle mais aussi symbolique et sacramentelle lorsqu’il reprend pour le Corinthiens le récit de la Cène du Jeudi Saint.  En effet, il dégage le sacrifice de Jésus sur la Croix d’une mémoire rétrécie qui ne consisterait qu’à le photographier dans nos souvenirs. Il en montre plutôt toute l’ampleur en proclamant sa vivante actualité toujours créatrice à travers les paroles de Jésus lui-même qui a voulu ainsi que son sacrifice sur la croix deviennent une offrande spirituelle pour la gloire de Dieu et le salut du monde.       <br />
              <br />
       Cette offrande spirituelle est mystérieuse et c’est le but de la Cène du Jeudi Saint de nous en révéler la grandeur. En effet, les murs du temps et de l’espace tombent au moment où Jésus dit « Ceci est mon corps » et « Ceci est mon sang ».  Le mémorial de son amour rédempteur devient une réalité pérenne, toujours présente jusqu’à la fin des temps et jusque dans la gloire du ciel où le Christ est devant le Père toujours vivant « l’interpellant pour nous » (Hébreux 7, 25) et lui présentant ses plaies de Ressuscité.       <br />
              <br />
       Voilà ce que saint Paul nous rappelle. Jésus sauve et il continue de la faire aujourd’hui comme hier « jusqu’à ce qu’il vienne ».       <br />
               <br />
       III – <span style="font-style:italic">Sauvés en union avec Jésus</span>       <br />
              <br />
       Comment recevoir cette bonne nouvelle, si ce n’est en nous unissant à Jésus lui-même dans son acte d’amour suprême pour toute l’humanité qu’il a portée sur la croix? Cet acte lui a valu une exaltation qui est couronnée le matin de Pâques dans la résurrection.       <br />
              <br />
       Ce soir nous recevons le moyen principal pour entrer dans l’union avec Jésus : le sacrement de l'Eucharistie. Notre vie comme la sienne est un sacrifice spirituel offert à Dieu de qui l’avons reçue. Elle se déroule toute entière en une histoire du salut à l’image de celle du peuple d’Israël faite de passages, de nuits, de lumières, de peines, de joies, d’action de grâces, de demandes de pardon. Notre sacrifice spirituel ne nous appartient pas, il est lié à celui de nos frères et sœurs de la communauté qui fait Église et, par-dessus tout, au sacrifice du Christ le seul qui a pu plaire à Dieu totalement.        <br />
              <br />
       C’est pourquoi, nous reprenons souvent la célébration de l'Eucharistie,  de la Cène du Seigneur dans la célébration eucharistique. Celle-ci est le moyen par excellence d’union au Christ et le sommet de toute vie chrétienne comme le dit le Concile Vatican II dans le <span style="font-style:italic"> Décret sur le ministère et la vie des prêtres</span> : « …c’est par le ministère des prêtres que se consomme le sacrifice spirituel des chrétiens, en union avec le sacrifice du Christ, unique médiateur, offert au nom de toute l’Église dans l’Eucharistie par les mains des prêtres, de manière sacramentelle et non sanglante, jusqu’à ce que vienne le Seigneur lui-même. C’est là qu’aboutit leur ministère, c’est là qu’il trouve son accomplissement : commençant par l’annonce de l’Évangile, il tire sa force et sa puissance du Sacrifice du Christ et il aboutit à ce que ‘la Cité rachetée tout entière, c’est-à-dire la société et l’assemblée des saints, soit offerte à Dieu comme un sacrifice universel par le Grand Prêtre qui est allé jusqu’à s’offrir pour nous dans sa Passion, pour faire de nous le Corps d’une si grande Tête' » (numéro 2).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       En ce Jeudi Saint, la mémoire de la Cène du Seigneur nous a plongés dans le mouvement et la réalité du salut reçu de Dieu et Jésus. Chaque fois que nous le faisons nous annonçons le Christ « jusqu’à ce qu’il vienne ». Qu’il nous garde dans l’attente joyeuse et dans le service généreux comme il nous le montre ce soir dans le lavement des pieds de ses disciples et de chacune et chacun de nous qu’il désire entraîner avec lui dans une offrande totale au Père.       <br />
              <br />
       Amen!        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Séminaire de Québec </span>       <br />
              <br />
       2 avril 2015.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.hgiguere.net/blogsme/LA-CENE-16-MILLIARDS-DE-PIXELS_a64.html">Le tableau "La Cène" de Léonard de Vinci en 16 milliards de pixels</a>       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   </content>
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