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  <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
  <description><![CDATA[Carrefour Kairos est la page web personnelle d`Hermann Giguère. Questions de société, de spiritualité, d`évangélisation,  de pastorale, de la vie de l`Église catholique. Début avril 1997.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-21T15:54:11+02:00</dc:date>
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   <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
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   <title>Homélie pour le 3e dimanche du temps ordinaire Année C : « L'aujourd'hui de la Parole de Dieu »</title>
   <pubDate>Tue, 21 Jan 2025 18:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie pour le 3e dimanche du temps ordinaire Année C le 26 janvier 2025. Dimanche de la Parole de Dieu. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: Néhémie 8, 1-4a.5-6.8-10, I Corinthiens 12, 12-30, Luc 1, 1-4; 4, 14-21.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hgiguere.net/photo/art/default/84961769-60625942.jpg?v=1642368771" alt="Homélie pour le 3e dimanche du temps ordinaire Année C : « L'aujourd'hui de la Parole de Dieu »" title="Homélie pour le 3e dimanche du temps ordinaire Année C : « L'aujourd'hui de la Parole de Dieu »" />
     </div>
     <div>
      Les lectures d'aujourd'hui sont d'une telle richesse qu'on souhaiterait pouvoir reprendre chacune pour elle-même et la commenter longuement. Comme elles sont été choisies pour accompagner notre liturgie de ce dimanche  qui est le <span style="font-style:italic">Dimanche de la Parole</span>, essayons d'en voir les applications qui s'en dégagent pour nous et notre assemblée. Notre fil conducteur sera le livre ouvert.        <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Une lecture qui surprend</span>       <br />
              <br />
       Lorsque Jésus ouvre le livre à la synagogue, il lit un passage des plus importants qui décrit par avance sa mission avec les mots du prophète Isaïe.  « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur  ». On s'imagine facilement tout l'émoi qu'il a ressenti en prononçant ces paroles. Il ne pouvait  pas ne pas en être touché à ce moment-là.       <br />
              <br />
       Saint Luc continue de nous faire suivre  Jésus sur les chemins de Galilée. Celui-ci  s'est éloigné de sa famille et il a commencé à prêcher la Bonne Nouvelle.  Il a été baptisé par Jean-Baptiste comme on l'a célébré l'avant-dernier dimanche. Il a déjà appelé quelques disciples et les foules le suivent pour l'entendre et pour lui présenter leurs maladies car il opère de nombreuses guérisons. Il fait déjà figure de personnage hors  norme. Il revient dans son village.       <br />
              <br />
       Le texte d'Isaïe qu'il lit s'applique à lui parfaitement. Les gens ne sont pas sans se rendre compte qu'ils sont devant quelque chose de nouveau et d’inédit. Avec Jésus il se passe quelque chose de spécial. Il est déjà celui qui libère les pauvres, qui fait voir les aveugles, qui fait entendre les sourds, comme le proclame Isaïe.        <br />
              <br />
       Jésus en ouvrant le livre s'inscrit dans une histoire et recueille un héritage. Sa mission en est une qui rejoint les attentes de son peuple. Il n'est plus seulement le fils du village. Il est le porteur du salut pour son peuple et pour l'humanité. Il en est maintenant très conscient. Tous ont les yeux fixés sur lui. Il n'hésite pas et il plonge. Il leur dit : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre ». Voilà!       <br />
              <br />
       Cet épisode que saint Luc nous raconte campe dès les débuts de la prédication de Jésus un personnage rempli d'assurance, décidé à accomplir la volonté de Dieu sur lui quelle qu'en soit l'issue. Il vit dans l'aujourd'hui  de Dieu.       <br />
               <br />
       II –<span style="font-style:italic"> La célébration d'Esdras</span>       <br />
              <br />
       La première lecture nous présente un temps fort de cet aujourd'hui de Dieu lors du retour des juifs de leur exil à Babylone (vers 459 avant Jésus-Christ). C'est un des leurs, Esdras qui se charge d'en faire la célébration qui nous est rapportée avec plein de détails.  Nous avons ici un autre moment charnière de l'histoire du salut où dans le livre ouvert comme à Nazareth se rencontrent les espoirs et les attentes d’un peuple, son héritage et son avenir.        <br />
              <br />
       Le prêtre et scribe Esdras dresse un podium pour que la proclamation de la Parole de Dieu retrouvée dans le livre de la Parole de Dieu (le livre de la Loi) soit entendue de tout le monde. L’ouverture du livre de la Parole de Dieu est tout un cérémonial. Le livre est ouvert en grande pompe pour que les personnes se laissent rejoindre par ce qu’elles entendront. « Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : " Amen ! Amen !" ».        <br />
              <br />
       Dans cette célébration, c’est l'ouverture à la Parole de Dieu qui est ce qui est le plus important. Esdras lit un passage dans le livre de la Loi (de la Parole de Dieu), puis les Lévites (ses assistants) traduisent, donnent le sens, et l’on peut comprendre.       <br />
              <br />
       Traduire, donner le sens et faire comprendre, des mots qui s’appliquent encore aujourd’hui à notre lecture de la Parole de Dieu.  Car celle-ci n’est pas une lettre morte, mais une parole vivante qui contient toujours des choses nouvelles. Comme au temps d’Esdras, la Parole de Dieu est notre album de famille qui contient les récits des événements importants de l’histoire de la rencontre de Dieu avec l’humanité à travers de grands témoins de ces rencontres comme Abraham, Moïse, David et les prophètes de l’Ancien Testament. Ils sont suivis du précurseur de Jésus, Jean-Baptiste, puis des apôtres avec au premier rang saint Pierre et saint Paul dont on a conservé de nombreuses lettres que nous lisons encore aujourd’hui à la messe. Ces lettres s'ajoutent aux autres écrits du Nouveau Testament notamment les évangiles qui rapportent les faits et gestes de Jésus qu’on a recueillis après sa Résurrection.       <br />
              <br />
       Tous ces récits et ces textes sont pour nous les sources principales de notre foi. C’est pourquoi, il est important de se le dire et de se le redire souvent, de les ouvrir et de les écouter dans la foi.       <br />
              <br />
       III -<span style="font-style:italic"> Le Corps Mystique</span>       <br />
              <br />
       La meilleure façon de le faire  est de se rassembler ensemble pour, comme au temps d’Esdras et de Jésus, entendre la Parole de Dieu ensemble. Celle-ci a une force particulière lorsqu’elle est proclamée et célébrée en communauté. Les juifs le faisaient à la synagogue comme on le voit dans la scène qui nous est racontée par saint Luc ce matin. Les premiers chrétiens, eux,  le faisaient en se réunissant dans les maisons des uns et des autres et même parfois dans les catacombes (des lieux de sépulture souterrains où ils ensevelissaient leurs morts dont plusieurs peuvent encore être visitées à Rome).         <br />
              <br />
       Encore de nos jours, le livre de la Parole de Dieu, continue de rassembler. Ouvrons le livre de la Parole de Dieu chez nous ou avec des contacts par Zoom ou Facebook, par exemple ou dans des maisonnées virtuelles.  Lorsque nous célébrons en "présentiel" comme on dit, on porte  <span style="font-style:italic">Livre de la Parole</span> avec respect, on le montre à l'assemblée, on le baise. La liturgie nous en fournit des extraits bien choisis à chaque dimanche dans cette partie de la messe qu’on appelle la <span style="font-style:italic">Liturgie de la Parole</span>.        <br />
              <br />
       C’est dans l’écoute de la Parole de Dieu que se forme et que vit ce corps dont parle saint Paul qui est l’assemblée des personnes croyantes, l’Église. La Parole de Dieu rassemble et nourrit chaque membre du Corps mystique du Christ qui est l’Église<!--       <br />
       Les retombées de la lecture et de l'écoute de la Parole de Dieu sont décrites par saint Paul en développant l’image des membres d'un corps--> où tous sont sur un pied d'égalité et ont la même importance. « [Dieu] a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.  Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie ».       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Frères et sœurs, que ces scènes du livre ouvert des Écritures, de la Parole de Dieu soient pour nous une invitation à nous tourner toujours de plus en plus vers Jésus, Parole de Dieu incarnée.  Comme le dit le début de la <span style="font-style:italic">Lettre aux Hébreux</span> c'est toujours par Lui que Dieu parle aujourd'hui comme alors : « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes ».       <br />
              <br />
       « En ces jours où nous sommes  »... Jésus, le Fils du Père est bien au milieu de nous ce matin par sa Parole et par le Pain et le Vin consacrés. En ce dimanche de la Parole de Dieu pour lequel le pape François  a choisi comme devise les paroles du psalmiste : « J'espère en ta parole» ( Psaume 119, 74), accueillons Jésus avec un cœur aimant et avec une foi totale..       <br />
              <br />
       Amen !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P. H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
              <br />
       21 janvier 2025       <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 22 janvier 2019 et 18 janvier 2022--`>       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <!--       <br />
       Il y a dans l'évangile qui vient d'être lu deux extraits de l'évangile de saint Luc des plus intéressants et éclairants pour comprendre la mission de Jésus dans le monde. Le premier extrait est tiré du commencement de l'écrit de saint Luc qui présente son propos et le second nous relate la visite de Jésus à Nazareth après son baptême par Jean-Baptiste au moment où il commence sa prédication du Royaume de Dieu et se lance dans ce qu'on a appelé sa vie publique. Ces deux extraits sont accompagnés d'une première lecture qui est  un des très beaux moments de l'histoire du peuple hébreu raconté par un personnage qui a été très important dans le Retour d'exil du peuple hébreu. Il s'appelle Néhémie.       <br />
              <br />
       Un fil conducteur relie ces trois textes : c'est celui de la Parole de Dieu qui est toujours à l'oeuvre, en action.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">L'exorde de l'évangile de saint Luc</span>       <br />
              <br />
       De ce point de vue là, celui de la Parole de Dieu qui est toujours à l'oeuvre, la présentation que fait saint Luc de son travail d'évangéliste est fascinante. Saint Luc nous dit que son propos est de faire un exposé le plus précis possible pour  mettre les gens en contact avec un riche enseignement, celui de Jésus de Nazareth.        <br />
              <br />
       Relisons ce passage : "Beaucoup ont entrepris, écrit saint Luc, de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. " (Luc 1, 1-4)       <br />
              <br />
       Qu'est-ce que se propose saint Luc ? Rendre compte de la solidité des enseignements reçus et en faire un exposé suivi. En d'autres mots, saint Luc se propose bien sûr de de raconter ce qu'il a recueilli auprès de ceux et celles qui ont connu Jésus et qu'il a interrogé notamment Marie, la mère de Jésus. Il va se fier à ces témoins privilégiés car, lui, il n'a pas connu Jésus. On sait qu'il a été converti par saint Paul, qu'il était médecin (Colossiens 4, 14), qu'il l'a suivi jusqu'à sa mort. Saint Luc recueille donc et transmet le message reçu des premiers témoins des enseignements de Jésus qui est la Parole de Dieu parmi nous. Il s'en fait ainsi lui-même le témoin.        <br />
              <br />
       Ce qui est important ici c'est de retenir que saint Luc nous présente dans son évangile le témoignage d'une Parole de Dieu toujours vivante et toujours nouvelle. Et dans l'autre extrait de l'évangile de saint Luc que nous avons entendu, celui-ci nous montre que c'est cette Parole de Dieu qui a été pleinement agissante en Jésus.       <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">Cette Parole s'accomplit aujourd'hui</span>       <br />
              <br />
       C'est ce que nous voyons dans cette visite de Jésus à Nazareth que saint Luc commente en écrivant "Aujourd'hui la Parole de Dieu s'accomplit".        <br />
              <br />
       Saint Luc raconte l'événement en détail, ce qui montre qu'il a de bonnes sources. Cette visite arrive lorsque Jésus revient en Galilée et à Nazareth où il avait grandi précise saint Luc. Sa présence à la prière dans la synagogue n'est pas surprenante. Jésus se mêle à ses concitoyens. Il va prier avec eux le jour du sabbat. Il est invité à lire l'Écriture. Saint Luc fait comme une photographie de Jésus à ce moment-là : il se lève, on lui présente le livre, il l'ouvre, il lit, puis referme le livre, le rend au servant et s'assoit. Jusque-là on pourrait dire que saint Luc est un bon journaliste, mais ce serait se méprendre, car saint Luc introduit dans cette scène un extrait des Écritures saintes  que Jésus reprend à son compte et qui révèle la mission qui sera la sienne : apporter le salut de Dieu à l'humanité.        <br />
              <br />
       Le texte que saint Luc fait lire à Jésus est tiré du prophète Isaïe dans l'Ancien Testament qui annonce dans ce passage  que Dieu enverra à son peuple un Sauveur, qu'il a consacré. Et que fera celui-ci ? Il apportera la Bonne Nouvelle. À qui ? Aux pauvres, aux prisonniers, aux aveugles, aux opprimés. Cette Bonne Nouvelle sera libératrice, elle apportera la lumière, elle sera remplie de bienfaits. Ce Sauveur c'est Jésus qui est là. "Cette parole de l'Écriture c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit" leur dit Jésus.        <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Application</span>        <br />
              <br />
       Jésus est lui-même la Parole de Dieu. Cette Parole s'est manifesté auparavant dans l'Ancienne Alliance dont la première lecture nous donne un des moments forts. L'assemblée du peuple autour de la Parole retrouvée après l'exil du peuple d'iIraël à Babylon est une assemblée non seulement joyeuse, mais reconnaissante de cette présence de Dieu au milieu de lui. Le prêtre Esdras s'écrie : "Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu. Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart!". La Parole de Dieu remplit de joie et envoie.       <br />
              <br />
       Encore aujourd'hui, la Parole de Dieu continue de vivre dans les disciples de Jésus, dans l'Église et dans le monde. Cette Parole est proclamée par des hommes et des femmes qui se penchent vers les pauvres, qui visitent les prisonniers, qui aident les démunis de toutes sortes. Ils se rappellent la parole de Jésus : " Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs" (Marc 2, 17).        <br />
              <br />
       Ils se laissent envahir par l'élan du message de Jésus qui a donné l'exemple en donnant sa vie pour ses frères et soeurs leur permettant ainsi de devenir fils et filles de Dieu appelés à devenir avec lui membres d'un Corps dont il est la Tête et dont ils sont les membres comme l'explique saint Paul aux Corinthiens dans le texte de la seconde lecture : "Nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps... Vous êtes le Corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps"       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       La Parole de Dieu n'a pas fini de produire des fruits chez nous, dans nos assemblées et dans le monde malgré les déchirures et les blessures qui s'y rencontrent : haine, violence, oppressions de toutes sortes etc. Elle a maintenant pour nous un visage de chair en Jésus. C'est lui qui est la Parole. Regardons-le agir et nous trouverons le vrai chemin pour aller à Dieu.       <br />
              <br />
       Cette Eucharistie est un jalon sur notre route. Elle nous permet de vivre ensemble l'écoute de la Parole et de célébrer Celui qui est la Parole de Dieu faite chair. Son Corps et son Sang qu'il nous a laissés en partage sous les signes du Pain et du Vin nous accompagnent dans la route qui est la nôtre et nous permettent d'aller de l'avant dans la joie et l'action de grâces comme le recommandait le prêtre Esdras en disant "la joie du Seigneur est votre rempart".       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       21 janvier 2025       <br />
       -->       <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 20 janvier 2016 et 11 janvier 2022-->       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Tout le peuple écoutait la lecture de la Loi » (Ne 8, 2-4a.5-6.8-10)       <br />
       Lecture du livre de Néhémie       <br />
              <br />
       En ces jours-là,       <br />
           le prêtre Esdras apporta le livre de la Loi       <br />
       en présence de l’assemblée,       <br />
       composée des hommes, des femmes,       <br />
       et de tous les enfants en âge de comprendre.       <br />
       C’était le premier jour du septième mois.       <br />
           Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux,       <br />
       fit la lecture dans le livre,       <br />
       depuis le lever du jour jusqu’à midi,       <br />
       en présence des hommes, des femmes,       <br />
       et de tous les enfants en âge de comprendre :       <br />
       tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.       <br />
           Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois,       <br />
       construite tout exprès.       <br />
           Esdras ouvrit le livre ;       <br />
       tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée.       <br />
       Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.       <br />
           Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand,       <br />
       et tout le peuple, levant les mains, répondit :       <br />
       « Amen ! Amen ! »       <br />
       Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur,       <br />
       le visage contre terre.       <br />
           Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu,       <br />
       puis les Lévites traduisaient, donnaient le sens,       <br />
       et l’on pouvait comprendre.       <br />
              <br />
           Néhémie le gouverneur,       <br />
       Esdras qui était prêtre et scribe,       <br />
       et les Lévites qui donnaient les explications,       <br />
       dirent à tout le peuple :       <br />
       « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu !       <br />
       Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! »       <br />
       Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.       <br />
           Esdras leur dit encore :       <br />
       « Allez, mangez des viandes savoureuses,       <br />
       buvez des boissons aromatisées,       <br />
       et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt.       <br />
       Car ce jour est consacré à notre Dieu !       <br />
       Ne vous affligez pas :       <br />
       la joie du Seigneur est votre rempart ! »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 18 (19), 8, 9, 10, 15)       <br />
       R/ Tes paroles, Seigneur, sont esprit       <br />
       et elles sont vie. (cf. Jn 6, 63c)       <br />
              <br />
       La loi du Seigneur est parfaite,       <br />
       qui redonne vie ;       <br />
       la charte du Seigneur est sûre,       <br />
       qui rend sages les simples.       <br />
              <br />
       Les préceptes du Seigneur sont droits,       <br />
       ils réjouissent le cœur ;       <br />
       le commandement du Seigneur est limpide,       <br />
       il clarifie le regard.       <br />
              <br />
       La crainte qu’il inspire est pure,       <br />
       elle est là pour toujours ;       <br />
       les décisions du Seigneur sont justes       <br />
       et vraiment équitables.       <br />
              <br />
       Accueille les paroles de ma bouche,       <br />
       le murmure de mon cœur ;       <br />
       qu’ils parviennent devant toi,       <br />
       Seigneur, mon rocher, mon défenseur !       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1 Co 12, 12-30)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           prenons une comparaison :       <br />
       notre corps ne fait qu’un,       <br />
       il a pourtant plusieurs membres ;       <br />
       et tous les membres, malgré leur nombre,       <br />
       ne forment qu’un seul corps.       <br />
       Il en est ainsi pour le Christ.       <br />
           C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous,       <br />
       Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres,       <br />
       nous avons été baptisés pour former un seul corps.       <br />
       Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.       <br />
           Le corps humain se compose non pas d’un seul,       <br />
       mais de plusieurs membres.       <br />
              <br />
           Le pied aurait beau dire :       <br />
       « Je ne suis pas la main,       <br />
       donc je ne fais pas partie du corps »,       <br />
       il fait cependant partie du corps.       <br />
           L’oreille aurait beau dire :       <br />
       « Je ne suis pas l’œil,       <br />
       donc je ne fais pas partie du corps »,       <br />
       elle fait cependant partie du corps.       <br />
           Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux,       <br />
       comment pourrait-on entendre ?       <br />
       S’il n’y avait que les oreilles,       <br />
       comment pourrait-on sentir les odeurs ?       <br />
           Mais, dans le corps,       <br />
       Dieu a disposé les différents membres       <br />
       comme il l’a voulu.       <br />
           S’il n’y avait en tout qu’un seul membre,       <br />
       comment cela ferait-il un corps ?       <br />
           En fait, il y a plusieurs membres,       <br />
       et un seul corps.       <br />
           L’œil ne peut pas dire à la main :       <br />
       « Je n’ai pas besoin de toi » ;       <br />
       la tête ne peut pas dire aux pieds :       <br />
       « Je n’ai pas besoin de vous ».       <br />
           Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates       <br />
       sont indispensables.       <br />
           Et celles qui passent pour moins honorables,       <br />
       ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ;       <br />
       celles qui sont moins décentes,       <br />
       nous les traitons plus décemment ;       <br />
           pour celles qui sont décentes,       <br />
       ce n’est pas nécessaire.       <br />
       Mais en organisant le corps,       <br />
       Dieu a accordé plus d’honneur       <br />
       à ce qui en est dépourvu.       <br />
           Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps,       <br />
       mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.       <br />
           Si un seul membre souffre,       <br />
       tous les membres partagent sa souffrance ;       <br />
       si un membre est à l’honneur,       <br />
       tous partagent sa joie.       <br />
              <br />
           Or, vous êtes corps du Christ       <br />
       et, chacun pour votre part,       <br />
       vous êtes membres de ce corps.       <br />
              <br />
           Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église,       <br />
       il y a premièrement des apôtres,       <br />
       deuxièmement des prophètes,       <br />
       troisièmement ceux qui ont charge d’enseigner ;       <br />
       ensuite, il y a les miracles,       <br />
       puis les dons de guérison,       <br />
       d’assistance, de gouvernement,       <br />
       le don de parler diverses langues mystérieuses.       <br />
           Tout le monde évidemment n’est pas apôtre,       <br />
       tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ;       <br />
       tout le monde n’a pas à faire des miracles,       <br />
           à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1 Co 12, 12-14.27)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           prenons une comparaison :       <br />
       notre corps ne fait qu’un,       <br />
       il a pourtant plusieurs membres ;       <br />
       et tous les membres, malgré leur nombre,       <br />
       ne forment qu’un seul corps.       <br />
       Il en est ainsi pour le Christ.       <br />
           C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous,       <br />
       Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres,       <br />
       nous avons été baptisés pour former un seul corps.       <br />
       Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.       <br />
           Le corps humain se compose non pas d’un seul,       <br />
       mais de plusieurs membres.       <br />
              <br />
           Or, vous êtes corps du Christ       <br />
       et, chacun pour votre part,       <br />
       vous êtes membres de ce corps.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture » (Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Le Seigneur m’a envoyé,       <br />
       porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,       <br />
       annoncer aux captifs leur libération.       <br />
       Alléluia. (Lc 4, 18cd)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       Beaucoup ont entrepris de composer un récit       <br />
       des événements qui se sont accomplis parmi nous,       <br />
           d’après ce que nous ont transmis       <br />
       ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires       <br />
       et serviteurs de la Parole.       <br />
           C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi,       <br />
       après avoir recueilli avec précision des informations       <br />
       concernant tout ce qui s’est passé depuis le début,       <br />
       d’écrire pour toi, excellent Théophile,       <br />
       un exposé suivi,       <br />
           afin que tu te rendes bien compte       <br />
       de la solidité des enseignements que tu as entendus.       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
       lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit,       <br />
       revint en Galilée,       <br />
       sa renommée se répandit dans toute la région.       <br />
           Il enseignait dans les synagogues,       <br />
       et tout le monde faisait son éloge.       <br />
       Il vint à Nazareth, où il avait été élevé.       <br />
       Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat,       <br />
       et il se leva pour faire la lecture.       <br />
           On lui remit le livre du prophète Isaïe.       <br />
       Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :       <br />
           L’Esprit du Seigneur est sur moi       <br />
       parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.       <br />
       Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,       <br />
       annoncer aux captifs leur libération,       <br />
       et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,       <br />
       remettre en liberté les opprimés,       <br />
           annoncer une année favorable       <br />
       accordée par le Seigneur.       <br />
           Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit.       <br />
       Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.       <br />
           Alors il se mit à leur dire :       <br />
       « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture       <br />
       que vous venez d’entendre »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/84961769-60625942.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-3e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-L-aujourd-hui-de-la-Parole-de-Dieu_a1224.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.hgiguere.net,2026:rss-78602253</guid>
   <title>Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »</title>
   <pubDate>Tue, 02 Jul 2024 18:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B à la Chapelle du Lac Poulin et à la Chapelle du Lac Raquette le 7 juillet 2024. Textes : Ézéchiel 2, 2-5; 2 Corinthiens 12, 7-10 et Marc 6, 1-6.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hgiguere.net/photo/art/default/78602253-57034174.jpg?v=1620652785" alt="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »" title="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Excursus</span> : « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,  et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Un petit mot sur les frères et sœurs de Jésus. Il s’agit d’un usage semblable à celui des vietnamiens ou des africains qui appellent volontiers leurs cousins et cousines, frères et sœurs.  L'Église catholique considère que ces frères et sœurs  étaient en réalité des cousins et des cousines et même des parents plus éloignés.  Le mot grec ici employé « adelphoi » sert à désigner des parents plus ou moins éloignés. La tradition très ancienne de l’Église a toujours tenu que Jésus n’a pas eu de frères ou de sœurs au sens strict de ces termes.       <br />
              <br />
       Revenons à la scène racontée par saint Marc.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">La scène à Nazareth</span>        <br />
              <br />
       Je viens de lire  « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison ». Auparavant, dans la traduction liturgique précédente on disait, « Nul n’est prophète dans son pays ». Cette phrase est même devenue un dicton dans le langage courant.  L’épisode de la vie de Jésus qui nous est raconté aujourd’hui est assez banal en somme. C’est le fils du village qui s’est fait connaître dans tout le pays qui revient chez lui. L’accueil n’est pas aussi sympathique qu’on pourrait l’espérer vue la renommée de Jésus à l’extérieur de Nazareth. Quelque chose ne fonctionne pas. La communication ne se fait pas. C’est un rendez-vous manqué.        <br />
              <br />
       Les gens de son village le regardent de travers, pourrait-on dire. C’est un faiseur de prodiges, il cherche à impressionner, il se prend pour un autre pensent-ils en eux-mêmes.       <br />
              <br />
       Ces situations d’incompréhension, de non-acceptation nous les avons vécues nous aussi parfois j’en suis sûr. Comme prêtre j’ai reçu beaucoup de confidences de jeunes, par exemple, qui ne se sentaient pas compris de leurs parents, de personnes âgées qui ne savent plus quoi faire et qui se sentent abandonnées, de couples dont la relation est difficile parce qu’ils ne se parlent pas ou ne dialoguent pas etc.       <br />
              <br />
       Ça ne fonctionne pas. Il n’y a pas de vraie rencontre. Il en est ainsi dans cette visite à Nazareth que saint Marc nous raconte. Ça ne marche pas pour Jésus. Il est réduit à l’impuissance. Il ne fait là aucun miracle. Il se situe ainsi dans la lignée des prophètes comme Ezékiel, dont il est question dans la première lecture. Celui-ci ne se décourage pas. Il reste fidèle à annoncer le salut de Dieu même à des gens au « visage dur » et au « cœur obstiné » qui s’en désintéressent. Jésus se chauffe du même bois, mais il n’insiste pas. Chaque chose en son temps.  Il s’en va et laisse ses concitoyens sans s’imposer.        <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Le message</span>       <br />
              <br />
       « Sans s’imposer ». C'est là, je pense, le message, de cette visite à Nazareth : aujourd’hui, comme alors, Jésus vient vers nous mais il ne s’impose pas. Il ne force la main à personne. Il est écrit dans le livre de l’Apocalypse : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi <span style="font-style:italic">(Apocalypse </span>3, 20).  C’est ce que Jésus attends de nous : une ouverture du cœur, un accueil. Il ne regarde pas qui est la personne. Il regarde le cœur.        <br />
              <br />
       Pensez à la scène du collecteur d’impôt, Zachée, monté dans un arbre pour voir Jésus. Jésus l’aperçoit et il l’apostrophe en lui disant « « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison ». Zachée descend vite et reçoit Jésus avec joie. Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison » (Luc 19,1-10).       <br />
              <br />
       Bien souvent, hélas! lorsque le Seigneur passe, les portes se referment comme à Nazareth et on cherche des prétextes de toutes sortes pour se justifier, des prétextes pour ne pas croire au salut de Dieu, à sa tendresse, à sa miséricorde, à son amour.        <br />
              <br />
       On ressemble alors aux gens de Nazareth qui cachent leur incrédulité, leur manque de foi derrière des paravents, des prétextes : « on connaît ses parents » « il n’est pas mieux que nous » « pour qui se prend-il? ».        <br />
              <br />
       Ça dérange de croire vraiment en Dieu, de pratiquer sa religion alors que plusieurs s’en balancent. Croire aujourd’hui au Québec n’est pas aussi facile qu’auparavant. Mais il y a de beaux gestes comme ceux de plusieurs personnes comme Gregory Charles (chanteur québécois) qui n’a pas peur de dire qu’il est croyant et même pratiquant.       <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Dans cette visite de Jésus à Nazareth, on a ce matin une belle scène vivante et très près de nous. On peut s’identifier à Jésus qui revient chez lui et comprendre que le contact avec les proches à qui on se confie dans ce qui nous fait vivre comme le fait Jésus n’est pas toujours facile. Comment faire?       <br />
              <br />
       Des amis chrétiens qui sont très impliqués dans leur foi, qui exercent diverses professions et métiers et qui se rencontrent une fois par semaine pour se ressourcer m’ont raconté leur façon de faire au travail et ou dans des rencontres sociales. Pour dire leur foi, par exemple, ils soulignent un lundi matin qu’ils ont été à la messe en fin de semaine ou encore qu’ils vont faire suivre la catéchèse à leur fils ou à leur fille, par exemple etc.        <br />
              <br />
       La réaction de leurs amis leur permettra de doser leur annonce de l’évangile. Ils ont trois façons qui correspondent à la lumière rouge ou jaune ou verte, disent-ils, dépendant des réactions des personnes avec qui elles parlent. Dans certains cas, on en restera au neutre - c'est la lumière rouge - en attendant une autre occasion pour parler de la foi.  Dans d’autres cas, on verra une avance possible mais sans trop d'intérêt, on se contentera  alors de continuer un peu sur le sujet  - c'est la lumière jaune - mais sans aller plus loin. Enfin dans d'autres cas, ce sera l’occasion de parler plus à fond de ce qui les fait vivre -  c'est la lumière verte - et ainsi de témoigner de l’Évangile et de devenir des disciples-missionnaires comme le souhaite le pape François.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Si vous le voulez, demandons au Seigneur aujourd’hui de venir faire tomber nos prétextes, nos paravents et nos incompréhensions pour que nous lui ouvrions la porte de notre cœur. En effet, Jésus attend de nous un cœur ouvert. Il nous redit le même message que celui à saint Paul qui nous a été proclamé dans la seconde lecture : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 <span style="font-style:italic">Corinthiens</span> 12, 9)        <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
              <br />
       2 juillet 2024       <br />
       <!-- Homélie reprise avec corrections inspirée de l'homélie du 29 juin 2021--><!--Excursus : Un petit mot sur les frères et sœurs de Jésus`La tradition très ancienne de l’Église a toujours tenu que Jésus n’a pas eu de frères ou de sœurs au sens strict de ces termes. Le mot grec ici employé « adelphoi » sert à désigner des parents plus ou moins éloignés. Il s’agirait donc dans les évangiles d’un usage semblable à celui des vietnamiens ou des africains qui appellent volontiers leurs cousins et cousines, frères et sœurs. --><!-- Voilà! Revenons maintenant à la scène racontée par saint Marc.       <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Une visite de Jésus dans son patelin </span>       <br />
              <br />
       L’évangile commence en disant que Jésus se rend dans son lieu d’origine avec ses disciples. On peut s’imaginer cette visite à Nazareth comme celles que nous faisons dans nos familles en venant ici au lac. C’est toujours agréable de retrouver des lieux qu’on aime et des gens connus. Jésus, peut-on penser, en profite pour faire connaitre aussi ses nouveaux amis, ses disciples, Pierre, Jacques, Jean, André etc.        <br />
              <br />
       Ce qui est différent de nos visites à la maison paternelle ou au chalet, c’est que Jésus ne se contente pas de faire des salutations d’usage et de prendre du temps pour se rappeler des souvenirs avec un tel ou une telle, de vivre de bons moments, ce qu’il a fait j’en suis sûr, mais, il fait passer sa visite à une vitesse supérieure, pourrait-on dire, car, après les papotages de circonstance : la température, les nouveautés du village, les décès etc. il prend la parole pour exprimer ce qu’il l’habite maintenant qu’il est parti pour réaliser une mission qu’il avait en lui, mais qu’il n’avait pas fait connaitre quand il était le charpentier que tous fréquentaient vivant près de sa famille et de sa parenté.         <br />
              <br />
       Ne voilà-t-il pas que maintenant il se permet de parler en clair de cette mission qui lui a été confirmée par son cousin Jean-Baptiste qui l'a  appelé l’Agneau de Dieu et par la parole de Dieu qui s'est faite entendre lors de son baptême  : « Voici mon Fils bien-aimé, écoutez-le ».?       <br />
              <br />
       Jésus depuis lors s’est mis à révéler ce qui l’habite : sa proximité avec Dieu et son Alliance qui veut rejoindre tout le monde et manifester l'amour de Dieu pour chacun et chacune, un amour qui n’écrase pas, mais qui libère, qui n’est pas fait uniquement de rites et d’observances, un amour gratuit que les disciples reçoivent et qu’ils vivent en faisant la même chose que leur Père, en s’aimant les uns les autres.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Des paroles qui dérangent</span>       <br />
              <br />
       Quel message! C’est ce message qui sidère les auditeurs et les auditrices de Nazareth qui se demandent d’où lui viennent ces pensées, d'où lui vient cette assurance? Il parle avec autorité. On ne le reconnait pas. Il n’est plus seulement ce jeune homme pieux et fidèle à la prière chaque semaine à la synagogue, serviable et aimable pour tous et toutes. Il parle avec son cœur et il parle au nom de Dieu.       <br />
              <br />
       Certains s’en offusquent. Ils sont choqués.       <br />
              <br />
       Jésus loin de les envoyer paître se contente de noter leur manque de foi. Il ne se laisse  pas arrêter par ce contretemps. Il laisse son village. Sa visite se termine là et il part pour aller dans d’autres villages.       <br />
              <br />
       Il se situe ainsi dans la lignée des prophètes comme Ezékiel, dont il est question dans la première lecture. Celui-ci ne se décourage pas. Il reste fidèle à annoncer le salut de Dieu même à des gens au « visage dur » et au « cœur obstiné » qui s’en désintéresse. Jésus se chauffera du même bois et cela le mènera jusqu’à la croix, mais, pour l’instant, il n’insiste pas. Chaque chose en son temps.        <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Dans cette visite de Jésus à Nazareth, on a ce matin une belle scène vivante et très près de nous. On peut s’identifier à Jésus qui revient chez lui et comprendre que le contact avec les proches à qui on se confie dans ce qui nous fait vivre comme le fait Jésus n’est pas toujours facile.       <br />
              <br />
       Des amis chrétiens qui sont très impliqués dans leur foi, qui exercent diverses professions et métiers et qui se rencontrent une fois par semaine pour se ressourcer m’ont raconté leur façon de faire au travail et ou dans des rencontres sociales. Pour dire leur foi, par exemple, ils soulignent au travail un lundi matin qu’ils ont été à la messe en fin de semaine ou encore qu’ils vont faire suivre la catéchèse à leur fils ou à leur fille, par exemple etc.        <br />
              <br />
       La réaction de leurs amis leur permettra de doser leur annonce de l’évangile. Ils ont trois façons qui correspondent à la lumière rouge ou jaune ou verte, disent-ils, dépendant des réactions des personnes avec qui elles parlent. Dans certains cas, on en restera au neutre - c'est la lumière rouge - en attendant une autre occasion pour parler de la foi.  Dans d’autres cas, on verra une avance possible mais sans trop d'intérêt, on se contentera  alors de continuer un peu sur le sujet  - c'est la lumière jaune - mais sans aller plus loin. Enfin dans d'autres cas, ce sera l’occasion de parler plus à fond de ce qui les fait vivre -  c'est la lumière verte - et ainsi de témoigner de l’Évangile et de devenir des disciples-missionnaires comme le souhaite le pape François.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Cet épisode de la visite de Jésus dans son village de Nazareth est pour nous l’occasion de reconnaître que son enseignement vient de Dieu. Il est l’Envoyé de Dieu parmi nous. C'est pourquoi, nous pouvons le suivre avec confiance malgré les questionnements, les doutes parfois qui nous envahissent, car il n'est pas facile aujourd’hui d’affirmer qu’on est croyants et disciples de Jésus.       <br />
              <br />
       Que cette Messe nous aide à être de plus en plus convaincus de ce que nous avons reçu en étant baptisés dans la foi en Jésus-Christ vivant et ressuscité. On voit Jésus ici ce matin parcourant les chemins des villages de Galilée. Il parcourt encore nos chemins et il nous dit le même message à savoir que Dieu a tellement aimé le monde qu'Il nous a donné son Fils unique pour que nous ayons la vie éternelle (cf. Jean 6, 12).       <br />
              <br />
       C’est ce que je vous souhaite à toutes et à tous.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       Mgr Hermann Giguère P.H.        <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval        <br />
       Séminaire de Québec        <br />
              <br />
       2 juillet 2024<!-- Reprise avec correction de l'homélie du 2 juillet 2015 et 3 juillet 2018]i-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hgiguere.net/photo/art/default/78602253-57034175.jpg?v=1620652955" alt="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »" title="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »" />
     </div>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « C’est une engeance de rebelles ! Qu’ils sachent qu’il y a un prophète au milieu d’eux ! » (Ez 2, 2-5)       <br />
       Lecture du livre du prophète Ézékiel       <br />
              <br />
       En ces jours-là,        <br />
           l’esprit vint en moi        <br />
       et me fit tenir debout.        <br />
       J’écoutai celui qui me parlait.        <br />
           Il me dit :       <br />
       « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël,        <br />
       vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi.        <br />
       Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères        <br />
       se sont soulevés contre moi.        <br />
           Les fils ont le visage dur,        <br />
       et le cœur obstiné ;        <br />
       c’est à eux que je t’envoie.        <br />
       Tu leur diras :        <br />
       ‘Ainsi parle le Seigneur Dieu...’        <br />
           Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas        <br />
       – c’est une engeance de rebelles ! –        <br />
       ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux. »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 122 (123), 1-2ab, 2cdef, 3-4)       <br />
       R/ Nos yeux, levés vers le Seigneur,       <br />
       attendent sa pitié. (cf. Ps 122, 2)       <br />
              <br />
       Vers toi j’ai les yeux levés,       <br />
       vers toi qui es au ciel,       <br />
       comme les yeux de l’esclave       <br />
       vers la main de son maître.       <br />
              <br />
       Comme les yeux de la servante       <br />
       vers la main de sa maîtresse,        <br />
       nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu,       <br />
       attendent sa pitié.       <br />
              <br />
       Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous :       <br />
       notre âme est rassasiée de mépris.       <br />
       C’en est trop, nous sommes rassasiés        <br />
           du rire des satisfaits,       <br />
       du mépris des orgueilleux !       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Je mettrai ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure » (2 Co 12,7-10)       <br />
       Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,        <br />
           les révélations que j’ai reçues       <br />
       sont tellement extraordinaires        <br />
       que, pour m’empêcher de me surestimer,        <br />
       j’ai reçu dans ma chair une écharde,        <br />
       un envoyé de Satan qui est là pour me gifler,        <br />
       pour empêcher que je me surestime.        <br />
           Par trois fois,        <br />
       j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi.        <br />
           Mais il m’a déclaré :        <br />
       « Ma grâce te suffit,        <br />
       car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »        <br />
       C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses,        <br />
       afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.        <br />
           C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ        <br />
       les faiblesses, les insultes, les contraintes,        <br />
       les persécutions et les situations angoissantes.        <br />
       Car, lorsque je suis faible,        <br />
       c’est alors que je suis fort.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       L’Esprit du Seigneur est sur moi :                                                       <br />
       il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.       <br />
       Alléluia.   (Lc 4, 18ac)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
           Jésus se rendit dans son lieu d’origine,        <br />
       et ses disciples le suivirent.        <br />
           Le jour du sabbat,        <br />
       il se mit à enseigner dans la synagogue.        <br />
       De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :        <br />
       « D’où cela lui vient-il ?        <br />
       Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,        <br />
       et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?        <br />
           N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,        <br />
       et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?        <br />
       Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »        <br />
       Et ils étaient profondément choqués à son sujet.        <br />
           Jésus leur disait :        <br />
       « Un prophète n’est méprisé que dans son pays,        <br />
       sa parenté et sa maison. »        <br />
           Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;        <br />
       il guérit seulement quelques malades        <br />
       en leur imposant les mains.        <br />
           Et il s’étonna de leur manque de foi.        <br />
       Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>       <br />
        
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/78602253-57034174.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-14e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Sans-s-imposer_a1184.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Homélie pour le 4e dimanche du temps ordinaire Année C : « Jésus à Nazareth : un accueil plutôt froid »</title>
   <pubDate>Tue, 25 Jan 2022 18:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie pour le 4e dimanche du temps ordinaire Année C le 30 janvier 2022 donnée a la chapelle du Séminaire. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: Jérémie 1, 4-5.17-19, I Corinthiens 12, 31-13,13 et Luc 4, 21-30.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hgiguere.net/photo/art/default/60107188-44032950.jpg?v=1636553460" alt="Homélie pour le 4e dimanche du temps ordinaire Année C : « Jésus à Nazareth : un accueil plutôt froid »" title="Homélie pour le 4e dimanche du temps ordinaire Année C : « Jésus à Nazareth : un accueil plutôt froid »" />
     </div>
     <div>
      C’est l’évangile de saint Luc qui nous accompagnera tout au cours de cette année pour les dimanches du temps ordinaire car, comme vous le savez, le choix des lectures des évangiles dominicaux en cette année liturgique qu’on désigne comme l’« Année C » nous réfère à l’évangile de Luc. Pour l’« Année A » on utilise celui de Mathieu et pour l’« Année B » celui de Marc.       <br />
               <br />
       Saint Luc développe son exposé en empruntant le thème de la route, des déplacements de Jésus. Il  structure son évangile en suivant Jésus sur les chemins de la Palestine. Il présente trois grands périples de Jésus avec ses apôtres. Ce matin commence le premier de ces périples qui se passe dans sa Galilée natale (4, 14 - 9, 51), les autres seront sa montée vers Jérusalem en trois étapes (9, 51 - 13, 21) puis son entrée et son enseignement dans la Ville Sainte avant la Passion  (13, 22 – 21, 38).        <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Le message et le messager</span>       <br />
              <br />
       Le passage de l’évangile de saint Luc que je viens de lire prend place au tout début du parcours de la vie publique de Jésus. Intentionnellement, saint Luc le situe à Nazareth où Jésus a grandi, alors que saint Marc le situe plus tard dans le ministère de Jésus (cf. Marc 6,1-6a).        <br />
              <br />
       Les deux visites diffèrent beaucoup. Celle de saint Luc, placée dès le début de la prédication et du ministère de Jésus, est tragique et se termine presque par une tentative d'assassinat. Celle de saint Marc, après la tempête apaisée, sera plus anodine.        <br />
              <br />
       De quoi est-il question ici ? Pour saint Luc, la mise en scène qu’il utilise lui permet de situer les réactions non seulement au message que Jésus apporte, mais au messager qu’il est. Et on voit que ses concitoyens entendant son message sont prêts à tirer sur le messager, comme on dit.        <br />
              <br />
       Et pourtant Jésus se situe dans la foulée des prophètes qui l’ont précédé. On peut lui appliquer ce qui est dit de Jérémie dans la première lecture : « Je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations ».  Jésus est conscient qu’il avance lui aussi comme les autres prophètes sur un chemin rempli d’embûches. Sa visite à Nazareth est comme un test.        <br />
              <br />
       II -<span style="font-style:italic"> Les destinataires du message</span>       <br />
              <br />
       Comment vont réagir les destinataires du message de Jésus, de la Bonne Nouvelle de Dieu pour son peuple ?         <br />
              <br />
       Dans un premier temps, on voit que les gens sont touchés par les paroles de Jésus qui se situe au coeur de l’Alliance de Dieu avec son peuple, une Alliance qui offre un salut qui  n’est la propriété de personne, mais qui est pour tous ceux et celles qui veulent bien le recevoir.       <br />
              <br />
       Saint Luc qui a peut-être des informations particulières sur les réactions des concitoyens de Jésus à Nazareth - car il dit au début de son évangile qu’il a fait des recherches personnelles avant de l’écrire (cf. Luc 1, 3 « après avoir recueilli avec précision des informations ») – note que « tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche ».       <br />
              <br />
       Mais à mesure que Jésus parle, un mouvement de refus se dessine. Il ne peut être comme les prophètes. Il est un simple ouvrier, un artisan que les gens de son village connaissent bien. Ils manifestent alors leur opposition à son discours, à sa prédication : «  À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. »       <br />
              <br />
       Ils seraient peut-être prêts à accepter le message mais ils ne veulent rien savoir du messager. Or dans le plan de Dieu, le message c’est aussi le messager, pas moyen de séparer l’un de l’autre. Jésus annonce la Bonne nouvelle et il est la Bonne Nouvelle.       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Nos lenteurs et nos fermetures</span>       <br />
              <br />
       Ces réactions des gens de Nazareth sont très éclairantes pour nous aujourd’hui. Ce qui est en cause ici c’est la foi. Les gens de Nazareth ne veulent pas faire le pas nécessaire pour accueillir le message, la Bonne Nouvelle ou l’Évangile qui est le terme grec pour dire Bonne Nouvelle (note: le mot« évangile » est emprunté au grec ancien εὐαγγέλιον / euaggélion qui se traduit  littéralement par « bonne nouvelle »).         <br />
              <br />
       Pourquoi? Parce qu’ils réduisent la Bonne Nouvelle, l'Évangile à des enseignements seulement, à des lois et des préceptes comme ils sont habitués de le faire avec leurs Écritures. Or la Loi Nouvelle qu’annonce Jésus est au-delà des normes et des obligations auxquels ils sont habitués, elle est la Loi de l’Amour. Les disciples de saint Jean le comprendront très bien lorsqu’ils écriront dans une lettre qui nous  a été conservée : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui… ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés » (I Jean 4, 8-10).       <br />
              <br />
       Voilà l’essentiel du message de Jésus. Pour le recevoir, il faut accepter de se laisser dépouiller de ses fermetures et de ses sécurités. Il faut prendre le risque de  la foi. Il faut sortir de ses certitudes pour faire confiance à quelqu’un qui nous aime, un Dieu bon et miséricordieux qui ne saurait nous écraser car il nous regarde tous et toutes comme ses enfants.       <br />
              <br />
       L'amour-charité si bellement décrit par saint Paul dans la deuxième lecture prend ses racines dans cet amour infini de Dieu qui nous aime.  « S’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. etc. »       <br />
              <br />
       Devant la contestation violente des gens de Nazareth, Jésus, rempli de l’Esprit de Dieu, s’élève au-dessus de leurs réactions mesquines. Il les met de côté ostensiblement en fendant la foule d’un pas assuré et il va son chemin. « Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin ».       <br />
              <br />
       C’est sur d’autres routes qu’il continuera sa prédication jusqu’à celle du Calvaire où la Croix l’attend.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Le Dieu Amour prêché par Jésus attend de nous une réponse de foi et de confiance malgré les incertitudes et les questionnements. Même lorsque nous sommes déroutés, nous pouvons regarder Jésus qui sera notre modèle, notre frère, notre ami tout en demeurant notre Seigneur et notre Maître.       <br />
              <br />
       Que cette célébration eucharistique nous renouvelle dans notre adhésion de foi à Jésus, messager de la Bonne Nouvelle qui est lui-même. Ressuscité et bien vivant, il est présent dans tous les rassemblements dominicaux comme le nôtre qui se tiennent dans le monde entier.        <br />
              <br />
       Unissons-nous à nos frères et sœurs qui, en ce moment, comme nous, font mémoire de la présence vivifiante du Seigneur Ressuscité en partageant son Corps et son Sang sous les espèces du Pain et du Vin.       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
              <br />
       25 janvier 2022       <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 29 janvier 2019-->       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Je fais de toi un prophète pour les nations » (Jr 1, 4-5.17-19)       <br />
       Lecture du livre du prophète Jérémie       <br />
              <br />
       Au temps de Josias,       <br />
           la parole du Seigneur me fut adressée :       <br />
           « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère,       <br />
       je te connaissais ;       <br />
       avant que tu viennes au jour,       <br />
       je t’ai consacré ;       <br />
       je fais de toi un prophète pour les nations.       <br />
           Toi, mets ta ceinture autour des reins et lève-toi,       <br />
       tu diras contre eux tout ce que je t’ordonnerai.       <br />
       Ne tremble pas devant eux,       <br />
       sinon c’est moi qui te ferai trembler devant eux.       <br />
           Moi, je fais de toi aujourd’hui une ville fortifiée,       <br />
       une colonne de fer, un rempart de bronze,       <br />
       pour faire face à tout le pays,       <br />
       aux rois de Juda et à ses princes,       <br />
       à ses prêtres et à tout le peuple du pays.       <br />
           Ils te combattront,       <br />
       mais ils ne pourront rien contre toi,       <br />
       car je suis avec toi pour te délivrer       <br />
       – oracle du Seigneur. »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 70 (71), 1-2, 3, 5-6ab,  15ab.17)       <br />
       R/ Sans fin, je proclamerai       <br />
       ta justice et ton salut. (cf. Ps 70, 15)       <br />
              <br />
       En toi, Seigneur, j’ai mon refuge :       <br />
       garde-moi d’être humilié pour toujours.       <br />
       Dans ta justice, défends-moi, libère-moi,       <br />
       tends l’oreille vers moi, et sauve-moi.       <br />
              <br />
       Sois le rocher qui m’accueille,       <br />
       toujours accessible ;       <br />
       tu as résolu de me sauver :       <br />
       ma forteresse et mon roc, c’est toi !       <br />
              <br />
       Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,       <br />
       mon appui dès ma jeunesse.       <br />
       Toi, mon soutien dès avant ma naissance,       <br />
       tu m’as choisi dès le ventre de ma mère.       <br />
              <br />
       Ma bouche annonce tout le jour       <br />
       tes actes de justice et de salut.       <br />
       Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse,       <br />
       jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité » (1 Co 12, 31 – 13, 13)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           recherchez avec ardeur les dons les plus grands.       <br />
       Et maintenant, je vais vous indiquer le chemin par excellence.       <br />
              <br />
           J’aurais beau parler toutes les langues       <br />
       des hommes et des anges,       <br />
       si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour,       <br />
       je ne suis qu’un cuivre qui résonne,       <br />
       une cymbale retentissante.       <br />
           J’aurais beau être prophète,       <br />
       avoir toute la science des mystères       <br />
       et toute la connaissance de Dieu,       <br />
       j’aurais beau avoir toute la foi       <br />
       jusqu’à transporter les montagnes,       <br />
       s’il me manque l’amour,       <br />
       je ne suis rien.       <br />
           J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,       <br />
       j’aurais beau me faire brûler vif,       <br />
       s’il me manque l’amour,       <br />
       cela ne me sert à rien.       <br />
              <br />
           L’amour prend patience ;       <br />
       l’amour rend service ;       <br />
       l’amour ne jalouse pas ;       <br />
       il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;       <br />
           il ne fait rien d’inconvenant ;       <br />
       il ne cherche pas son intérêt ;       <br />
       il ne s’emporte pas ;       <br />
       il n’entretient pas de rancune ;       <br />
           il ne se réjouit pas de ce qui est injuste,       <br />
       mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;       <br />
           il supporte tout, il fait confiance en tout,       <br />
       il espère tout, il endure tout.       <br />
           L’amour ne passera jamais.       <br />
              <br />
       Les prophéties seront dépassées,       <br />
       le don des langues cessera,       <br />
       la connaissance actuelle sera dépassée.       <br />
           En effet, notre connaissance est partielle,       <br />
       nos prophéties sont partielles.       <br />
           Quand viendra l’achèvement,       <br />
       ce qui est partiel sera dépassé.       <br />
           Quand j’étais petit enfant,       <br />
       je parlais comme un enfant,       <br />
       je pensais comme un enfant,       <br />
       je raisonnais comme un enfant.       <br />
       Maintenant que je suis un homme,       <br />
       j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.       <br />
              <br />
           Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ;       <br />
       ce jour-là, nous verrons face à face.       <br />
       Actuellement, ma connaissance est partielle ;       <br />
       ce jour-là, je connaîtrai parfaitement,       <br />
       comme j’ai été connu.       <br />
           Ce qui demeure aujourd’hui,       <br />
       c’est la foi, l’espérance et la charité ;       <br />
       mais la plus grande des trois,       <br />
       c’est la charité.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité » (1 Co 13, 4-13)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       L’amour prend patience ;       <br />
       l’amour rend service ;       <br />
       l’amour ne jalouse pas ;       <br />
       il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;       <br />
           il ne fait rien d’inconvenant ;       <br />
       il ne cherche pas son intérêt ;       <br />
       il ne s’emporte pas ;       <br />
       il n’entretient pas de rancune ;       <br />
           il ne se réjouit pas de ce qui est injuste,       <br />
       mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;       <br />
           il supporte tout, il fait confiance en tout,       <br />
       il espère tout, il endure tout.       <br />
           L’amour ne passera jamais.       <br />
              <br />
       Les prophéties seront dépassées,       <br />
       le don des langues cessera,       <br />
       la connaissance actuelle sera dépassée.       <br />
           En effet, notre connaissance est partielle,       <br />
       nos prophéties sont partielles.       <br />
           Quand viendra l’achèvement,       <br />
       ce qui est partiel sera dépassé.       <br />
           Quand j’étais petit enfant,       <br />
       je parlais comme un enfant,       <br />
       je pensais comme un enfant,       <br />
       je raisonnais comme un enfant.       <br />
       Maintenant que je suis un homme,       <br />
       j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.       <br />
           Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ;       <br />
       ce jour-là, nous verrons face à face.       <br />
       Actuellement, ma connaissance est partielle ;       <br />
       ce jour-là, je connaîtrai parfaitement,       <br />
       comme j’ai été connu.       <br />
           Ce qui demeure aujourd’hui,       <br />
       c’est la foi, l’espérance et la charité ;       <br />
       mais la plus grande des trois,       <br />
       c’est la charité.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       Jésus, comme Élie et Élisée, n’est pas envoyé aux seuls Juifs (Lc 4, 21-30)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Le Seigneur m’a envoyé,       <br />
       porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,       <br />
       annoncer aux captifs leur libération.       <br />
       Alléluia. (Lc 4, 18cd)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
       dans la synagogue de Nazareth,       <br />
       après la lecture du livre d’Isaïe,       <br />
           Jésus déclara :       <br />
       « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture       <br />
       que vous venez d’entendre »       <br />
           Tous lui rendaient témoignage       <br />
       et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.       <br />
       Ils se disaient :       <br />
       « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »       <br />
           Mais il leur dit :       <br />
       « Sûrement vous allez me citer le dicton :       <br />
       ‘Médecin, guéris-toi toi-même’,       <br />
       et me dire :         <br />
       ‘Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm :       <br />
       fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !’ »       <br />
           Puis il ajouta :       <br />
       « Amen, je vous le dis :       <br />
       aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays..       <br />
           En vérité, je vous le dis :       <br />
       Au temps du prophète Élie,       <br />
       lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie,       <br />
       et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre,       <br />
       il y avait beaucoup de veuves en Israël ;       <br />
           pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles,       <br />
       mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon,       <br />
       chez une veuve étrangère.       <br />
           Au temps du prophète Élisée,       <br />
       il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;       <br />
       et aucun d’eux n’a été purifié,       <br />
       mais bien Naaman le Syrien. »       <br />
              <br />
           À ces mots, dans la synagogue,       <br />
       tous devinrent furieux.       <br />
           Ils se levèrent,       <br />
       poussèrent Jésus hors de la ville,       <br />
       et le menèrent jusqu’à un escarpement       <br />
       de la colline où leur ville est construite,       <br />
       pour le précipiter en bas.       <br />
           Mais lui, passant au milieu d’eux,       <br />
       allait son chemin.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/60107188-44032950.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-4e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Jesus-a-Nazareth-un-accueil-plutot-froid_a1047.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.hgiguere.net,2026:rss-60107186</guid>
   <title>Homélie pour le 3e dimanche du temps ordinaire Année C : « L'aujourd'hui de la Parole de Dieu »</title>
   <pubDate>Tue, 18 Jan 2022 18:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie pour le 3e dimanche du temps ordinaire Année C le 23 janvier 2022. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: Néhémie 8, 1-4a.5-6.8-10, I Corinthiens 12, 12-30, Luc 1, 1-4; 4, 14-21.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hgiguere.net/photo/art/default/60107186-44032946.jpg?v=1642368771" alt="Homélie pour le 3e dimanche du temps ordinaire Année C : « L'aujourd'hui de la Parole de Dieu »" title="Homélie pour le 3e dimanche du temps ordinaire Année C : « L'aujourd'hui de la Parole de Dieu »" />
     </div>
     <div>
      Les lectures d'aujourd'hui sont d'une telle richesse qu'on souhaiterait pouvoir reprendre chacune pour elle-même et la commenter longuement. Comme elles sont été choisies pour accompagner notre liturgie de ce dimanche qui est le <span style="font-style:italic">Dimanche de la Parole</span>, essayons d'en voir les applications qui s'en dégagent pour nous et notre assemblée. Notre fil conducteur sera le livre ouvert.        <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Une lecture qui surprend</span>       <br />
              <br />
       Lorsque Jésus ouvre le livre à la synagogue, il lit un passage des plus importants qui décrit par avance sa mission avec les mots du prophète Isaïe.  « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur  ». On s'imagine facilement tout l'émoi qu'il a ressenti en prononçant ces paroles. Il ne pouvait  pas ne pas en être touché à ce moment-là.       <br />
              <br />
       Saint Luc continue de nous faire suivre  Jésus sur les chemins de Galilée. Celui-ci  s'est éloigné de sa famille et il a commencé à prêcher la Bonne Nouvelle.  Il a été baptisé par Jean-Baptiste comme on l'a célébré l'avant-dernier dimanche. Il a déjà appelé quelques disciples et les foules le suivent pour l'entendre et pour lui présenter leurs maladies car il opère de nombreuses guérisons. Il fait déjà figure de personnage hors  norme. Il revient dans son village.       <br />
              <br />
       Le texte d'Isaïe qu'il lit s'applique à lui parfaitement. Les gens ne sont pas sans se rendre compte qu'ils sont devant quelque chose de nouveau et d’inédit. Avec Jésus il se passe quelque chose de spécial. Il est déjà celui qui libère les pauvres, qui fait voir les aveugles, qui fait entendre les sourds, comme le proclame Isaïe.        <br />
              <br />
       Jésus en ouvrant le livre s'inscrit dans une histoire et recueille un héritage. Sa mission en est une qui rejoint les attentes de son peuple. Il n'est plus seulement le fils du village. Il est le porteur du salut pour son peuple et pour l'humanité. Il en est maintenant très conscient. Tous ont les yeux fixés sur lui. Il n'hésite pas et il plonge. Il leur dit : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre ». Voilà!       <br />
              <br />
       Cet épisode que saint Luc nous raconte campe dès les débuts de la prédication de Jésus un personnage rempli d'assurance, décidé à accomplir la volonté de Dieu sur lui quelle qu'en soit l'issue. Il vit dans l'aujourd'hui  de Dieu.       <br />
               <br />
       II –<span style="font-style:italic"> La célébration d'Esdras</span>       <br />
              <br />
       La première lecture nous présente un temps fort de cet aujourd'hui de Dieu lors du retour des juifs de leur exil à Babylone (vers 459 avant Jésus-Christ). C'est un des leurs, Esdras qui se charge d'en faire la célébration qui nous est rapportée avec plein de détails.  Nous avons ici un autre moment charnière de l'histoire du salut où dans le livre ouvert comme à Nazareth se rencontrent les espoirs et les attentes d’un peuple, son héritage et son avenir.        <br />
              <br />
       Le prêtre et scribe Esdras dresse un podium pour que la proclamation de la Parole de Dieu retrouvée dans le livre de la Parole de Dieu (le livre de la Loi) soit entendue de tout le monde. L’ouverture du livre de la Parole de Dieu est tout un cérémonial. Le livre est ouvert en grande pompe pour que les personnes se laissent rejoindre par ce qu’elles entendront. « Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : " Amen ! Amen !" ».        <br />
              <br />
       Dans cette célébration, c’est l'ouverture à la Parole de Dieu qui est ce qui est le plus important. Esdras lit un passage dans le livre de la Loi (de la Parole de Dieu), puis les Lévites (ses assistants) traduisent, donnent le sens, et l’on peut comprendre.       <br />
              <br />
       Traduire, donner le sens et comprendre, trois mots qui s’appliquent encore aujourd’hui à notre lecture de la Parole de Dieu.  Car celle-ci n’est pas une lettre morte, mais une parole vivante qui contient toujours des choses nouvelles. Comme au temps d’Esdras, la Parole de Dieu est notre album de famille qui contient les récits des événements importants de l’histoire de la rencontre de Dieu avec l’humanité à travers de grands témoins de ces rencontres comme Abraham, Moïse, David et les prophètes de l’Ancien Testament. Ils sont suivis du précurseur de Jésus, Jean-Baptiste, puis des apôtres avec au premier rang saint Pierre et saint Paul dont on a conservé de nombreuses lettres que nous lisons encore aujourd’hui à la messe. Ces lettres s'ajoutent aux autres écrits du Nouveau Testament notamment les évangiles qui rapportent les faits et gestes de Jésus qu’on a recueillis après sa Résurrection.       <br />
              <br />
       Tous ces récits et ces textes sont pour nous les sources principales de notre foi. C’est pourquoi, il est important de se le dire et de se le redire souvent, de les ouvrir et de les écouter dans la foi.       <br />
              <br />
       III -<span style="font-style:italic"> Le Corps Mystique</span>       <br />
              <br />
       La meilleure façon de le faire  est de se rassembler ensemble pour, comme au temps d’Esdras et de Jésus, entendre la Parole de Dieu ensemble. Celle-ci a une force particulière lorsqu’elle est proclamée et célébrée en communauté. Les juifs le faisaient à la synagogue comme on le voit dans la scène qui nous est racontée par saint Luc ce matin. Les premiers chrétiens, eux,  le faisaient en se réunissant dans les maisons des uns et des autres et même parfois dans les catacombes (des lieux de sépulture souterrains où ils ensevelissaient leurs morts dont plusieurs peuvent encore être visitées à Rome).         <br />
              <br />
       Encore de nos jours, le livre de la Parole de Dieu, continue de rassembler. En ce temps de pandémie, cela est encore pus évident puisque les célébrations dans les églises de plusieurs pays sont soit très limitées soit même interdites. Ouvrons le livre de la Parole de Dieu chez nous ou avec des contacts par Zoom ou Facebook, par exemple ou dans des maisonnées virtuelles.        <br />
              <br />
       Lorsque nous célébrons en "présentiel" comme on dit, on porte  <span style="font-style:italic">Livre de la Parole</span> avec respect, on le montre à l'assemblée, on le baise. La liturgie nous en fournit des extraits bien choisis à chaque dimanche dans cette partie de la messe qu’on appelle la <span style="font-style:italic">Liturgie de la Parole</span>.        <br />
              <br />
       C’est dans l’écoute de la Parole de Dieu que se forme et que vit ce corps dont parle saint Paul qui est l’assemblée des personnes croyantes, l’Église. La Parole de Dieu rassemble et nourrit chaque membre du Corps mystique du Christ qui est l’Église<!--       <br />
       Les retombées de la lecture et de l'écoute de la Parole de Dieu sont décrites par saint Paul en développant l’image des membres d'un corps--> où tous sont sur un pied d'égalité et ont la même importance. « [Dieu] a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.  Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie ».       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Frères et sœurs, que ces scènes du livre ouvert des Écritures, de la Parole de Dieu soient pour nous une invitation à nous tourner toujours de plus en plus vers Jésus, Parole de Dieu incarnée.  Comme le dit le début de la <span style="font-style:italic">Lettre aux Hébreux</span> c'est toujours par Lui que Dieu parle aujourd'hui comme alors : « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes ».       <br />
              <br />
       « En ces jours où nous sommes  »... Jésus, le Fils du Père est bien au milieu de nous ce matin par sa Parole et par le Pain et le Vin consacrés. Accueillons-le avec un cœur aimant et avec une foi totale.       <br />
              <br />
       Amen !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P. H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
              <br />
       18 janvier 2022       <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 22 janvier 2019--`>       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <!--       <br />
       Il y a dans l'évangile qui vient d'être lu deux extraits de l'évangile de saint Luc des plus intéressants et éclairants pour comprendre la mission de Jésus dans le monde. Le premier extrait est tiré du commencement de l'écrit de saint Luc qui présente son propos et le second nous relate la visite de Jésus à Nazareth après son baptême par Jean-Baptiste au moment où il commence sa prédication du Royaume de Dieu et se lance dans ce qu'on a appelé sa vie publique. Ces deux extraits sont accompagnés d'une première lecture qui est  un des très beaux moments de l'histoire du peuple hébreu raconté par un personnage qui a été très important dans le Retour d'exil du peuple hébreu. Il s'appelle Néhémie.       <br />
              <br />
       Un fil conducteur relie ces trois textes : c'est celui de la Parole de Dieu qui est toujours à l'oeuvre, en action.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">L'exorde de l'évangile de saint Luc</span>       <br />
              <br />
       De ce point de vue là, celui de la Parole de Dieu qui est toujours à l'oeuvre, la présentation que fait saint Luc de son travail d'évangéliste est fascinante. Saint Luc nous dit que son propos est de faire un exposé le plus précis possible pour  mettre les gens en contact avec un riche enseignement, celui de Jésus de Nazareth.        <br />
              <br />
       Relisons ce passage : "Beaucoup ont entrepris, écrit saint Luc, de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. " (Luc 1, 1-4)       <br />
              <br />
       Qu'est-ce que se propose saint Luc ? Rendre compte de la solidité des enseignements reçus et en faire un exposé suivi. En d'autres mots, saint Luc se propose bien sûr de de raconter ce qu'il a recueilli auprès de ceux et celles qui ont connu Jésus et qu'il a interrogé notamment Marie, la mère de Jésus. Il va se fier à ces témoins privilégiés car, lui, il n'a pas connu Jésus. On sait qu'il a été converti par saint Paul, qu'il était médecin (Colossiens 4, 14), qu'il l'a suivi jusqu'à sa mort. Saint Luc recueille donc et transmet le message reçu des premiers témoins des enseignements de Jésus qui est la Parole de Dieu parmi nous. Il s'en fait ainsi lui-même le témoin.        <br />
              <br />
       Ce qui est important ici c'est de retenir que saint Luc nous présente dans son évangile le témoignage d'une Parole de Dieu toujours vivante et toujours nouvelle. Et dans l'autre extrait de l'évangile de saint Luc que nous avons entendu, celui-ci nous montre que c'est cette Parole de Dieu qui a été pleinement agissante en Jésus.       <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">Cette Parole s'accomplit aujourd'hui</span>       <br />
              <br />
       C'est ce que nous voyons dans cette visite de Jésus à Nazareth que saint Luc commente en écrivant "Aujourd'hui la Parole de Dieu s'accomplit".        <br />
              <br />
       Saint Luc raconte l'événement en détail, ce qui montre qu'il a de bonnes sources. Cette visite arrive lorsque Jésus revient en Galilée et à Nazareth où il avait grandi précise saint Luc. Sa présence à la prière dans la synagogue n'est pas surprenante. Jésus se mêle à ses concitoyens. Il va prier avec eux le jour du sabbat. Il est invité à lire l'Écriture. Saint Luc fait comme une photographie de Jésus à ce moment-là : il se lève, on lui présente le livre, il l'ouvre, il lit, puis referme le livre, le rend au servant et s'assoit. Jusque-là on pourrait dire que saint Luc est un bon journaliste, mais ce serait se méprendre, car saint Luc introduit dans cette scène un extrait des Écritures saintes  que Jésus reprend à son compte et qui révèle la mission qui sera la sienne : apporter le salut de Dieu à l'humanité.        <br />
              <br />
       Le texte que saint Luc fait lire à Jésus est tiré du prophète Isaïe dans l'Ancien Testament qui annonce dans ce passage  que Dieu enverra à son peuple un Sauveur, qu'il a consacré. Et que fera celui-ci ? Il apportera la Bonne Nouvelle. À qui ? Aux pauvres, aux prisonniers, aux aveugles, aux opprimés. Cette Bonne Nouvelle sera libératrice, elle apportera la lumière, elle sera remplie de bienfaits. Ce Sauveur c'est Jésus qui est là. "Cette parole de l'Écriture c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit" leur dit Jésus.        <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Application</span>        <br />
              <br />
       Jésus est lui-même la Parole de Dieu. Cette Parole s'est manifesté auparavant dans l'Ancienne Alliance dont la première lecture nous donne un des moments forts. L'assemblée du peuple autour de la Parole retrouvée après l'exil du peuple d'iIraël à Babylon est une assemblée non seulement joyeuse, mais reconnaissante de cette présence de Dieu au milieu de lui. Le prêtre Esdras s'écrie : "Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu. Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart!". La Parole de Dieu remplit de joie et envoie.       <br />
              <br />
       Encore aujourd'hui, la Parole de Dieu continue de vivre dans les disciples de Jésus, dans l'Église et dans le monde. Cette Parole est proclamée par des hommes et des femmes qui se penchent vers les pauvres, qui visitent les prisonniers, qui aident les démunis de toutes sortes. Ils se rappellent la parole de Jésus : " Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs" (Marc 2, 17).        <br />
              <br />
       Ils se laissent envahir par l'élan du message de Jésus qui a donné l'exemple en donnant sa vie pour ses frères et soeurs leur permettant ainsi de devenir fils et filles de Dieu appelés à devenir avec lui membres d'un Corps dont il est la Tête et dont ils sont les membres comme l'explique saint Paul aux Corinthiens dans le texte de la seconde lecture : "Nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps... Vous êtes le Corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps"       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       La Parole de Dieu n'a pas fini de produire des fruits chez nous, dans nos assemblées et dans le monde malgré les déchirures et les blessures qui s'y rencontrent : haine, violence, oppressions de toutes sortes etc. Elle a maintenant pour nous un visage de chair en Jésus. C'est lui qui est la Parole. Regardons-le agir et nous trouverons le vrai chemin pour aller à Dieu.       <br />
              <br />
       Cette Eucharistie est un jalon sur notre route. Elle nous permet de vivre ensemble l'écoute de la Parole et de célébrer Celui qui est la Parole de Dieu faite chair. Son Corps et son Sang qu'il nous a laissés en partage sous les signes du Pain et du Vin nous accompagnent dans la route qui est la nôtre et nous permettent d'aller de l'avant dans la joie et l'action de grâces comme le recommandait le prêtre Esdras en disant "la joie du Seigneur est votre rempart".       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       18 janvier 2022       <br />
       -->       <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 20 janvier 2016-->       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Tout le peuple écoutait la lecture de la Loi » (Ne 8, 2-4a.5-6.8-10)       <br />
       Lecture du livre de Néhémie       <br />
              <br />
       En ces jours-là,       <br />
           le prêtre Esdras apporta le livre de la Loi       <br />
       en présence de l’assemblée,       <br />
       composée des hommes, des femmes,       <br />
       et de tous les enfants en âge de comprendre.       <br />
       C’était le premier jour du septième mois.       <br />
           Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux,       <br />
       fit la lecture dans le livre,       <br />
       depuis le lever du jour jusqu’à midi,       <br />
       en présence des hommes, des femmes,       <br />
       et de tous les enfants en âge de comprendre :       <br />
       tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.       <br />
           Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois,       <br />
       construite tout exprès.       <br />
           Esdras ouvrit le livre ;       <br />
       tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée.       <br />
       Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.       <br />
           Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand,       <br />
       et tout le peuple, levant les mains, répondit :       <br />
       « Amen ! Amen ! »       <br />
       Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur,       <br />
       le visage contre terre.       <br />
           Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu,       <br />
       puis les Lévites traduisaient, donnaient le sens,       <br />
       et l’on pouvait comprendre.       <br />
              <br />
           Néhémie le gouverneur,       <br />
       Esdras qui était prêtre et scribe,       <br />
       et les Lévites qui donnaient les explications,       <br />
       dirent à tout le peuple :       <br />
       « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu !       <br />
       Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! »       <br />
       Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.       <br />
           Esdras leur dit encore :       <br />
       « Allez, mangez des viandes savoureuses,       <br />
       buvez des boissons aromatisées,       <br />
       et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt.       <br />
       Car ce jour est consacré à notre Dieu !       <br />
       Ne vous affligez pas :       <br />
       la joie du Seigneur est votre rempart ! »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 18 (19), 8, 9, 10, 15)       <br />
       R/ Tes paroles, Seigneur, sont esprit       <br />
       et elles sont vie. (cf. Jn 6, 63c)       <br />
              <br />
       La loi du Seigneur est parfaite,       <br />
       qui redonne vie ;       <br />
       la charte du Seigneur est sûre,       <br />
       qui rend sages les simples.       <br />
              <br />
       Les préceptes du Seigneur sont droits,       <br />
       ils réjouissent le cœur ;       <br />
       le commandement du Seigneur est limpide,       <br />
       il clarifie le regard.       <br />
              <br />
       La crainte qu’il inspire est pure,       <br />
       elle est là pour toujours ;       <br />
       les décisions du Seigneur sont justes       <br />
       et vraiment équitables.       <br />
              <br />
       Accueille les paroles de ma bouche,       <br />
       le murmure de mon cœur ;       <br />
       qu’ils parviennent devant toi,       <br />
       Seigneur, mon rocher, mon défenseur !       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1 Co 12, 12-30)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           prenons une comparaison :       <br />
       notre corps ne fait qu’un,       <br />
       il a pourtant plusieurs membres ;       <br />
       et tous les membres, malgré leur nombre,       <br />
       ne forment qu’un seul corps.       <br />
       Il en est ainsi pour le Christ.       <br />
           C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous,       <br />
       Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres,       <br />
       nous avons été baptisés pour former un seul corps.       <br />
       Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.       <br />
           Le corps humain se compose non pas d’un seul,       <br />
       mais de plusieurs membres.       <br />
              <br />
           Le pied aurait beau dire :       <br />
       « Je ne suis pas la main,       <br />
       donc je ne fais pas partie du corps »,       <br />
       il fait cependant partie du corps.       <br />
           L’oreille aurait beau dire :       <br />
       « Je ne suis pas l’œil,       <br />
       donc je ne fais pas partie du corps »,       <br />
       elle fait cependant partie du corps.       <br />
           Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux,       <br />
       comment pourrait-on entendre ?       <br />
       S’il n’y avait que les oreilles,       <br />
       comment pourrait-on sentir les odeurs ?       <br />
           Mais, dans le corps,       <br />
       Dieu a disposé les différents membres       <br />
       comme il l’a voulu.       <br />
           S’il n’y avait en tout qu’un seul membre,       <br />
       comment cela ferait-il un corps ?       <br />
           En fait, il y a plusieurs membres,       <br />
       et un seul corps.       <br />
           L’œil ne peut pas dire à la main :       <br />
       « Je n’ai pas besoin de toi » ;       <br />
       la tête ne peut pas dire aux pieds :       <br />
       « Je n’ai pas besoin de vous ».       <br />
           Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates       <br />
       sont indispensables.       <br />
           Et celles qui passent pour moins honorables,       <br />
       ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ;       <br />
       celles qui sont moins décentes,       <br />
       nous les traitons plus décemment ;       <br />
           pour celles qui sont décentes,       <br />
       ce n’est pas nécessaire.       <br />
       Mais en organisant le corps,       <br />
       Dieu a accordé plus d’honneur       <br />
       à ce qui en est dépourvu.       <br />
           Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps,       <br />
       mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.       <br />
           Si un seul membre souffre,       <br />
       tous les membres partagent sa souffrance ;       <br />
       si un membre est à l’honneur,       <br />
       tous partagent sa joie.       <br />
              <br />
           Or, vous êtes corps du Christ       <br />
       et, chacun pour votre part,       <br />
       vous êtes membres de ce corps.       <br />
              <br />
           Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église,       <br />
       il y a premièrement des apôtres,       <br />
       deuxièmement des prophètes,       <br />
       troisièmement ceux qui ont charge d’enseigner ;       <br />
       ensuite, il y a les miracles,       <br />
       puis les dons de guérison,       <br />
       d’assistance, de gouvernement,       <br />
       le don de parler diverses langues mystérieuses.       <br />
           Tout le monde évidemment n’est pas apôtre,       <br />
       tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ;       <br />
       tout le monde n’a pas à faire des miracles,       <br />
           à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1 Co 12, 12-14.27)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           prenons une comparaison :       <br />
       notre corps ne fait qu’un,       <br />
       il a pourtant plusieurs membres ;       <br />
       et tous les membres, malgré leur nombre,       <br />
       ne forment qu’un seul corps.       <br />
       Il en est ainsi pour le Christ.       <br />
           C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous,       <br />
       Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres,       <br />
       nous avons été baptisés pour former un seul corps.       <br />
       Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.       <br />
           Le corps humain se compose non pas d’un seul,       <br />
       mais de plusieurs membres.       <br />
              <br />
           Or, vous êtes corps du Christ       <br />
       et, chacun pour votre part,       <br />
       vous êtes membres de ce corps.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture » (Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Le Seigneur m’a envoyé,       <br />
       porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,       <br />
       annoncer aux captifs leur libération.       <br />
       Alléluia. (Lc 4, 18cd)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       Beaucoup ont entrepris de composer un récit       <br />
       des événements qui se sont accomplis parmi nous,       <br />
           d’après ce que nous ont transmis       <br />
       ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires       <br />
       et serviteurs de la Parole.       <br />
           C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi,       <br />
       après avoir recueilli avec précision des informations       <br />
       concernant tout ce qui s’est passé depuis le début,       <br />
       d’écrire pour toi, excellent Théophile,       <br />
       un exposé suivi,       <br />
           afin que tu te rendes bien compte       <br />
       de la solidité des enseignements que tu as entendus.       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
       lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit,       <br />
       revint en Galilée,       <br />
       sa renommée se répandit dans toute la région.       <br />
           Il enseignait dans les synagogues,       <br />
       et tout le monde faisait son éloge.       <br />
       Il vint à Nazareth, où il avait été élevé.       <br />
       Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat,       <br />
       et il se leva pour faire la lecture.       <br />
           On lui remit le livre du prophète Isaïe.       <br />
       Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :       <br />
           L’Esprit du Seigneur est sur moi       <br />
       parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.       <br />
       Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,       <br />
       annoncer aux captifs leur libération,       <br />
       et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,       <br />
       remettre en liberté les opprimés,       <br />
           annoncer une année favorable       <br />
       accordée par le Seigneur.       <br />
           Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit.       <br />
       Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.       <br />
           Alors il se mit à leur dire :       <br />
       « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture       <br />
       que vous venez d’entendre »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/60107186-44032946.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-3e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-L-aujourd-hui-de-la-Parole-de-Dieu_a1046.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »</title>
   <pubDate>Tue, 29 Jun 2021 18:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B à la Chapelle du Lac Poulin et à la Chapelle du Lac Raquette le 4 juillet 2021. Textes : Ézéchiel 2, 2-5; 2 Corinthiens 12, 7-10 et Marc 6, 1-6.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hgiguere.net/photo/art/default/56061118-41817770.jpg?v=1620652785" alt="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »" title="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Excursus</span> : « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,  et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Un petit mot sur les frères et sœurs de Jésus. Il s’agit d’un usage semblable à celui des vietnamiens ou des africains qui appellent volontiers leurs cousins et cousines, frères et sœurs.  L'Église catholique considère que ces frères et sœurs  étaient en réalité des cousins et des cousines et même des parents plus éloignés.  Le mot grec ici employé « adelphoi » sert à désigner des parents plus ou moins éloignés. La tradition très ancienne de l’Église a toujours tenu que Jésus n’a pas eu de frères ou de sœurs au sens strict de ces termes.        <br />
              <br />
       Revenons à la scène racontée par saint Marc.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">La scène à Nazareth</span>        <br />
              <br />
       Je viens de lire  « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison ». Auparavant, dans la traduction liturgique précédente on disait, « Nul n’est prophète dans son pays ». Cette phrase est même devenue un dicton dans le langage courant.  L’épisode de la vie de Jésus qui nous est raconté aujourd’hui est assez banal en somme. C’est le fils du village qui s’est fait connaître dans tout le pays qui revient chez lui.       <br />
              <br />
       L’accueil n’est pas aussi sympathique qu’on pourrait l’espérer vue la renommée de Jésus à l’extérieur de Nazareth. Quelque chose ne fonctionne pas. La communication ne se fait pas. C’est un rendez-vous manqué.        <br />
              <br />
       Les gens de son village le regardent de travers, pourrait-on dire. C’est un faiseur de miracle, il cherche à impressionner, il se prend pour un autre pensent-ils en eux-mêmes.       <br />
              <br />
       Ces situations d’incompréhension, de non-acceptation nous les avons vécues nous aussi parfois j’en suis sûr. Comme prêtre j’ai reçu beaucoup de confidences de jeunes, par exemple, qui ne se sentaient pas compris de leurs parents, de personnes âgées qui ne savent plus quoi faire et qui se sentent abandonnées, de couples dont la relation est difficile parce qu’ils ne se parlent pas ou ne dialoguent pas etc.       <br />
              <br />
       Ça ne fonctionne pas. Il n’y a pas de vraie rencontre. Il en est ainsi dans cette visite à Nazareth que saint Marc nous raconte. Ça ne marche pas pour Jésus. Il est réduit à l’impuissance. Il ne fait là aucun miracle. Il se situe ainsi dans la lignée des prophètes comme Ezékiel, dont il est question dans la première lecture. Celui-ci ne se décourage pas. Il reste fidèle à annoncer le salut de Dieu même à des gens au « visage dur » et au « cœur obstiné » qui s’en désintéressent. Jésus se chauffe du même bois. il n’insiste pas. Chaque chose en son temps.  Il s’en va et laisse ses concitoyens sans s’imposer.        <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Le message</span>       <br />
              <br />
       « Sans s’imposer ». C'est là, je pense, le message, de cette visite à Nazareth : aujourd’hui, comme alors, Jésus vient vers nous mais il ne s’impose pas. Il ne force la main à personne. Il est écrit dans le livre de l’Apocalypse : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi <span style="font-style:italic">(Apocalypse </span>3, 20).  C’est ce que Jésus attends de nous : une ouverture du cœur, un accueil. Il ne regarde pas qui est la personne. Il regarde le cœur.        <br />
              <br />
       Pensez à la scène du collecteur d’impôt, Zachée, monté dans un arbre pour voir Jésus. Jésus l’aperçoit et il l’apostrophe en lui disant « « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison ». Zachée descend vite et reçoit Jésus avec joie. Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison ».       <br />
              <br />
       Bien souvent, hélas! lorsque le Seigneur passe, les portes se referment comme à Nazareth et on cherche des prétextes de toutes sortes pour se justifier, des prétextes pour ne pas croire au salut de Dieu, à sa tendresse, à sa miséricorde, à son amour.        <br />
              <br />
       On ressemble alors aux gens de Nazareth qui cachent leur incrédulité, leur manque de foi derrière des paravents, des prétextes : « on connaît ses parents » « il n’est pas mieux que nous » « pour qui se prend-il? ».        <br />
              <br />
       Ça dérange de croire vraiment en Dieu, de pratiquer sa religion alors que plusieurs s’en balancent. Croire aujourd’hui au Québec n’est pas aussi facile qu’auparavant. Mais il y a de beaux gestes comme ceux de Gregory Charles (chanteur québécois) et Norman Bradwaite (comédien québécois) qui n’ont pas eu peur de dire qu’ils étaient croyants et même pratiquants lorsqu'ils sont passé à l’émission de télévision « <span style="font-style:italic">Tout le monde en parle </span>» il y a quelque années. Norman Bradwaite, en particulier, avait laissé Guy A. LePage, l’animateur,  pantois en lui disant simplement : « Je suis croyant, pratiquant et je prie souvent ».       <br />
              <br />
       Si vous le voulez, demandons au Seigneur aujourd’hui de venir faire tomber nos prétextes, nos paravents et nos incompréhensions pour que nous lui ouvrions la porte de notre cœur. En effet, Jésus attend de nous un cœur ouvert. Il nous redit le même message que celui à saint Paul qui nous a été proclamé dans la seconde lecture : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 <span style="font-style:italic">Corinthiens</span> 12, 9)        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       En terminant, faisons cette prière à l’Esprit Saint :       <br />
               <br />
       « Esprit Saint, nous t’en prions : maintiens en nous la confiance face au manque de foi chez nous, face à nos échecs de croyants et face aux échecs de l’Église. Toi qui est toujours à l’œuvre dans le monde et dans nos cœurs, garde l’Église et garde-nous debouts malgré les difficultés, les incompréhensions  comme le prophète Ézéchiel ».        <br />
              <br />
       C’est la grâce que je vous souhaite à toutes et à tous.       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
       29 juin 2021       <br />
              <br />
       <!--Excursus : Un petit mot sur les frères et sœurs de Jésus. La tradition très ancienne de l’Église a toujours tenu que Jésus n’a pas eu de frères ou de sœurs au sens strict de ces termes. Le mot grec ici employé « adelphoi » sert à désigner des parents plus ou moins éloignés. Il s’agirait donc dans les évangiles d’un usage semblable à celui des vietnamiens ou des africains qui appellent volontiers leurs cousins et cousines, frères et sœurs. Voilà! Revenons maintenant à la scène racontée par saint Marc.       <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Une visite dans son patelin </span>       <br />
              <br />
       L’évangile commence en disant que Jésus se rend dans son lieu d’origine avec ses disciples. On peut s’imaginer cette visite à Nazareth comme celles que nous faisons dans nos familles en venant ici au lac. C’est toujours agréable de retrouver des lieux qu’on aime et des gens connus. Jésus, peut-on penser, en profite pour faire connaitre aussi ses nouveaux amis, ses disciples, Pierre, Jacques, Jean, André etc.        <br />
              <br />
       Ce qui est différent de nos visites à la maison paternelle ou au chalet, c’est que Jésus ne se contente pas de faire des salutations d’usage et de prendre du temps pour se rappeler des souvenirs avec un tel ou une telle, de vivre de bons moments, ce qu’il a fait j’en suis sûr, mais, il fait passer sa visite à une vitesse supérieure, pourrait-on dire, car, après les papotages de circonstance : la température, les nouveautés du village, les décès etc. il prend la parole pour exprimer ce qu’il l’habite maintenant qu’il est parti pour réaliser une mission qu’il avait en lui, mais qu’il n’avait pas fait connaitre quand il était le charpentier que tous fréquentaient vivant près de sa famille et de sa parenté.         <br />
              <br />
       Ne voilà-t-il pas que maintenant il se permet de parler en clair de cette mission qui lui a été confirmée par son cousin Jean-Baptiste qui l'a  appelé l’Agneau de Dieu et par la parole de Dieu qui s'est faite entendre lors de son baptême  : « Voici mon Fils bien-aimé, écoutez-le ».?       <br />
              <br />
       Jésus depuis lors s’est mis à révéler ce qui l’habite : sa proximité avec Dieu et son Alliance qui veut rejoindre tout le monde et manifester l'amour de Dieu pour chacun et chacune, un amour qui n’écrase pas, mais qui libère, qui n’est pas fait uniquement de rites et d’observances, un amour gratuit que les disciples reçoivent et qu’ils vivent en faisant la même chose que leur Père, en s’aimant les uns les autres.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Des paroles qui dérangent</span>       <br />
              <br />
       Quel message! C’est ce message qui sidère les auditeurs et les auditrices de Nazareth qui se demandent d’où lui viennent ces pensées, d'où lui vient cette assurance? Il parle avec autorité. On ne le reconnait pas. Il n’est plus seulement ce jeune homme pieux et fidèle à la prière chaque semaine à la synagogue, serviable et aimable pour tous et toutes. Il parle avec son cœur et il parle au nom de Dieu.       <br />
              <br />
       Certains s’en offusquent. Ils sont choqués.       <br />
              <br />
       Jésus loin de les envoyer paître se contente de noter leur manque de foi. Il ne se laisse  pas arrêter par ce contretemps. Il laisse son village. Sa visite se termine là et il part pour aller dans d’autres villages. Il se situe ainsi dans la lignée des prophètes comme Ezékiel, dont il est question dans la première lecture. Celui-ci ne se décourage pas. Il reste fidèle à annoncer le salut de Dieu même à des gens au « visage dur » et au « cœur obstiné » qui s’en désintéresse. Jésus se chauffera du même bois et cela le mènera jusqu’à la croix, mais, pour l’instant, il n’insiste pas. Chaque chose en son temps.        <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Dans cette visite de Jésus à Nazareth, on a ce matin une belle scène vivante et très près de nous. On peut s’identifier à Jésus qui revient chez lui et comprendre que le contact avec les proches à qui on se confie dans ce qui nous fait vivre comme le fait Jésus n’est pas toujours facile.       <br />
              <br />
       Des amis chrétiens qui sont très impliqués dans leur foi, qui exercent diverses professions et métiers et qui se rencontrent une fois par semaine pour se ressourcer m’ont raconté leur façon de faire au travail et ou dans des rencontres sociales. Pour dire leur foi, par exemple, ils soulignent un lundi matin qu’ils ont été à la messe en fin de semaine ou encore qu’ils vont faire suivre la catéchèse à leur fils ou à leur fille, par exemple etc.        <br />
              <br />
       La réaction de leurs amis leur permettra de doser leur annonce de l’évangile. Ils ont trois façons qui correspondent à la lumière rouge ou jaune ou verte, disent-ils, dépendant des réactions des personnes avec qui elles parlent. Dans certains cas, on en restera au neutre - c'est la lumière rouge - en attendant une autre occasion pour parler de la foi.  Dans d’autres cas, on verra une avance possible mais sans trop d'intérêt, on se contentera  alors de continuer un peu sur le sujet  - c'est la lumière jaune - mais sans aller plus loin. Enfin dans d'autres cas, ce sera l’occasion de parler plus à fond de ce qui les fait vivre -  c'est la lumière verte - et ainsi de témoigner de l’Évangile et de devenir des disciples-missionnaires comme le souhaite le pape François.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Cet épisode de la visite de Jésus dans son village de Nazareth est pour nous l’occasion de reconnaître que son enseignement vient de Dieu. Il est l’Envoyé de Dieu parmi nous. C'est pourquoi, nous pouvons le suivre avec confiance malgré les questionnements, les doutes parfois qui nous envahissent, car il n'est pas facile aujourd’hui d’affirmer qu’on est croyants et disciples de Jésus.       <br />
              <br />
       Que cette Messe nous aide à être de plus en plus convaincus de ce que nous avons reçu en étant baptisés dans la foi en Jésus-Christ vivant et ressuscité. On voit Jésus ici ce matin parcourant les chemins des villages de Galilée. Il parcourt encore nos chemins et il nous dit le même message à savoir que Dieu a tellement aimé le monde qu'Il nous a donné son Fils unique pour que nous ayons la vie éternelle (cf. Jean 6, 12).       <br />
              <br />
       C’est ce que je vous souhaite à toutes et à tous.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       Mgr Hermann Giguère P.H.        <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval        <br />
       Séminaire de Québec        <br />
              <br />
       3 juillet 2018       <br />
       -->       <br />
              <br />
       <!-- Reprise avec correction de l'homélie du 2 juillet 2015]i       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hgiguere.net/photo/art/default/56061118-41817857.jpg?v=1620652955" alt="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »" title="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »" />
     </div>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « C’est une engeance de rebelles ! Qu’ils sachent qu’il y a un prophète au milieu d’eux ! » (Ez 2, 2-5)       <br />
       Lecture du livre du prophète Ézékiel       <br />
              <br />
       En ces jours-là,        <br />
           l’esprit vint en moi        <br />
       et me fit tenir debout.        <br />
       J’écoutai celui qui me parlait.        <br />
           Il me dit :       <br />
       « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël,        <br />
       vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi.        <br />
       Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères        <br />
       se sont soulevés contre moi.        <br />
           Les fils ont le visage dur,        <br />
       et le cœur obstiné ;        <br />
       c’est à eux que je t’envoie.        <br />
       Tu leur diras :        <br />
       ‘Ainsi parle le Seigneur Dieu...’        <br />
           Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas        <br />
       – c’est une engeance de rebelles ! –        <br />
       ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux. »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 122 (123), 1-2ab, 2cdef, 3-4)       <br />
       R/ Nos yeux, levés vers le Seigneur,       <br />
       attendent sa pitié. (cf. Ps 122, 2)       <br />
              <br />
       Vers toi j’ai les yeux levés,       <br />
       vers toi qui es au ciel,       <br />
       comme les yeux de l’esclave       <br />
       vers la main de son maître.       <br />
              <br />
       Comme les yeux de la servante       <br />
       vers la main de sa maîtresse,        <br />
       nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu,       <br />
       attendent sa pitié.       <br />
              <br />
       Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous :       <br />
       notre âme est rassasiée de mépris.       <br />
       C’en est trop, nous sommes rassasiés        <br />
           du rire des satisfaits,       <br />
       du mépris des orgueilleux !       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Je mettrai ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure » (2 Co 12,7-10)       <br />
       Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,        <br />
           les révélations que j’ai reçues       <br />
       sont tellement extraordinaires        <br />
       que, pour m’empêcher de me surestimer,        <br />
       j’ai reçu dans ma chair une écharde,        <br />
       un envoyé de Satan qui est là pour me gifler,        <br />
       pour empêcher que je me surestime.        <br />
           Par trois fois,        <br />
       j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi.        <br />
           Mais il m’a déclaré :        <br />
       « Ma grâce te suffit,        <br />
       car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »        <br />
       C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses,        <br />
       afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.        <br />
           C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ        <br />
       les faiblesses, les insultes, les contraintes,        <br />
       les persécutions et les situations angoissantes.        <br />
       Car, lorsque je suis faible,        <br />
       c’est alors que je suis fort.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       L’Esprit du Seigneur est sur moi :                                                       <br />
       il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.       <br />
       Alléluia.   (Lc 4, 18ac)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
           Jésus se rendit dans son lieu d’origine,        <br />
       et ses disciples le suivirent.        <br />
           Le jour du sabbat,        <br />
       il se mit à enseigner dans la synagogue.        <br />
       De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :        <br />
       « D’où cela lui vient-il ?        <br />
       Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,        <br />
       et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?        <br />
           N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,        <br />
       et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?        <br />
       Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »        <br />
       Et ils étaient profondément choqués à son sujet.        <br />
           Jésus leur disait :        <br />
       « Un prophète n’est méprisé que dans son pays,        <br />
       sa parenté et sa maison. »        <br />
           Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;        <br />
       il guérit seulement quelques malades        <br />
       en leur imposant les mains.        <br />
           Et il s’étonna de leur manque de foi.        <br />
       Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
               <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/56061118-41817770.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-14e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Sans-s-imposer_a1015.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.hgiguere.net,2026:rss-22101519</guid>
   <title>Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B « D’où cela lui vient-il ? »</title>
   <pubDate>Tue, 03 Jul 2018 20:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 8 juillet 2018 Année B. Homélie à la Chapelle du Lac Poulin et de la Chapelle du Lac Raquette par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec, recteur de ces dessertes. Textes: Ézékiel 2, 2-5, 2 Corinthiens 12, 7-10 et Marc 6, 1-6.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hgiguere.net/photo/art/default/22101519-24936468.jpg?v=1525875118" alt="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B « D’où cela lui vient-il ? »" title="Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B « D’où cela lui vient-il ? »" />
     </div>
     <div>
      Excursus : Un petit mot sur les frères et sœurs de Jésus. La tradition très ancienne de l’Église a toujours tenu que Jésus n’a pas eu de frères ou de sœurs au sens strict de ces termes. Le mot grec ici employé « adelphoi » sert à désigner des parents plus ou moins éloignés. Il s’agirait donc dans les évangiles d’un usage semblable à celui des vietnamiens ou des africains qui appellent volontiers leurs cousins et cousines, frères et sœurs. Voilà! Revenons maintenant à la scène racontée par saint Marc.       <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Une visite dans son patelin </span>       <br />
              <br />
       L’évangile commence en disant que Jésus se rend dans son lieu d’origine avec ses disciples. On peut s’imaginer cette visite à Nazareth comme celles que nous faisons dans nos familles en venant ici au lac. C’est toujours agréable de retrouver des lieux qu’on aime et des gens connus. Jésus, peut-on penser, en profite pour faire connaitre aussi ses nouveaux amis, ses disciples, Pierre, Jacques, Jean, André etc.        <br />
              <br />
       Ce qui est différent de nos visites à la maison paternelle ou au chalet, c’est que Jésus ne se contente pas de faire des salutations d’usage et de prendre du temps pour se rappeler des souvenirs avec un tel ou une telle, de vivre de bons moments, ce qu’il a fait j’en suis sûr, mais, il fait passer sa visite à une vitesse supérieure, pourrait-on dire, car, après les papotages de circonstance : la température, les nouveautés du village, les décès etc. il prend la parole pour exprimer ce qu’il l’habite maintenant qu’il est parti pour réaliser une mission qu’il avait en lui, mais qu’il n’avait pas fait connaitre quand il était le charpentier que tous fréquentaient vivant près de sa famille et de sa parenté.         <br />
              <br />
       Ne voilà-t-il pas que maintenant il se permet de parler en clair de cette mission qui lui a été confirmée par son cousin Jean-Baptiste qui l'a  appelé l’Agneau de Dieu et par la parole de Dieu qui s'est faite entendre lors de son baptême  : « Voici mon Fils bien-aimé, écoutez-le ».?       <br />
              <br />
       Jésus depuis lors s’est mis à révéler ce qui l’habite : sa proximité avec Dieu et son Alliance qui veut rejoindre tout le monde et manifester l'amour de Dieu pour chacun et chacune, un amour qui n’écrase pas, mais qui libère, qui n’est pas fait uniquement de rites et d’observances, un amour gratuit que les disciples reçoivent et qu’ils vivent en faisant la même chose que leur Père, en s’aimant les uns les autres.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Des paroles qui dérangent</span>       <br />
              <br />
       Quel message! C’est ce message qui sidère les auditeurs et les auditrices de Nazareth qui se demandent d’où lui viennent ces pensées, d'où lui vient cette assurance? Il parle avec autorité. On ne le reconnait pas. Il n’est plus seulement ce jeune homme pieux et fidèle à la prière chaque semaine à la synagogue, serviable et aimable pour tous et toutes. Il parle avec son cœur et il parle au nom de Dieu.       <br />
              <br />
       Certains s’en offusquent. Ils sont choqués.       <br />
              <br />
       Jésus loin de les envoyer paître se contente de noter leur manque de foi. Il ne se laisse  pas arrêter par ce contretemps. Il laisse son village. Sa visite se termine là et il part pour aller dans d’autres villages. Il se situe ainsi dans la lignée des prophètes comme Ezékiel, dont il est question dans la première lecture. Celui-ci ne se décourage pas. Il reste fidèle à annoncer le salut de Dieu même à des gens au « visage dur » et au « cœur obstiné » qui s’en désintéresse. Jésus se chauffera du même bois et cela le mènera jusqu’à la croix, mais, pour l’instant, il n’insiste pas. Chaque chose en son temps.        <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Dans cette visite de Jésus à Nazareth, on a ce matin une belle scène vivante et très près de nous. On peut s’identifier à Jésus qui revient chez lui et comprendre que le contact avec les proches à qui on se confie dans ce qui nous fait vivre comme le fait Jésus n’est pas toujours facile.       <br />
              <br />
       Des amis chrétiens qui sont très impliqués dans leur foi, qui exercent diverses professions et métiers et qui se rencontrent une fois par semaine pour se ressourcer m’ont raconté leur façon de faire au travail et ou dans des rencontres sociales. Pour dire leur foi, par exemple, ils soulignent un lundi matin qu’ils ont été à la messe en fin de semaine ou encore qu’ils vont faire suivre la catéchèse à leur fils ou à leur fille, par exemple etc.        <br />
              <br />
       La réaction de leurs amis leur permettra de doser leur annonce de l’évangile. Ils ont trois façons qui correspondent à la lumière rouge ou jaune ou verte, disent-ils, dépendant des réactions des personnes avec qui elles parlent. Dans certains cas, on en restera au neutre - c'est la lumière rouge - en attendant une autre occasion pour parler de la foi.  Dans d’autres cas, on verra une avance possible mais sans trop d'intérêt, on se contentera  alors de continuer un peu sur le sujet  - c'est la lumière jaune - mais sans aller plus loin. Enfin dans d'autres cas, ce sera l’occasion de parler plus à fond de ce qui les fait vivre -  c'est la lumière verte - et ainsi de témoigner de l’Évangile et de devenir des disciples-missionnaires comme le souhaite le pape François.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Cet épisode de la visite de Jésus dans son village de Nazareth est pour nous l’occasion de reconnaitre que son enseignement vient de Dieu. Il est l’Envoyé de Dieu parmi nous. C'est pourquoi, nous pouvons le suivre avec confiance malgré les questionnements, les doutes parfois qui nous envahissent, car il n'est pas facile aujourd’hui d’affirmer qu’on est croyants et disciples de Jésus.       <br />
              <br />
       Que cette Messe nous aide à être de plus en plus convaincus de ce que nous avons reçu en étant baptisés dans la foi en Jésus-Christ vivant et ressuscité. On voit Jésus ici ce matin parcourant les chemins des villages de Galilée. Il parcourt encore nos chemins et il nous dit le même message à savoir que Dieu a tellement aimé le monde qu'Il nous a donné son Fils unique pour que nous ayons la vie éternelle (cf. Jean 6, 12).       <br />
              <br />
       C’est ce que je vous souhaite à toutes et à tous.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.        <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval        <br />
       Séminaire de Québec </span>       <br />
              <br />
       3 juillet 2018       <br />
              <br />
       <!--Première lecture       <br />
       « C’est une engeance de rebelles ! Qu’ils sachent qu’il y a un prophète au milieu d’eux ! » (Ez 2, 2-5)       <br />
              <br />
       Lecture du livre du prophète Ézékiel       <br />
              <br />
       En ces jours-là,        <br />
           l’esprit vint en moi        <br />
       et me fit tenir debout.        <br />
       J’écoutai celui qui me parlait.        <br />
           Il me dit :       <br />
       « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël,        <br />
       vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi.        <br />
       Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères        <br />
       se sont soulevés contre moi.        <br />
           Les fils ont le visage dur,        <br />
       et le cœur obstiné ;        <br />
       c’est à eux que je t’envoie.        <br />
       Tu leur diras :        <br />
       ‘Ainsi parle le Seigneur Dieu...’        <br />
           Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas        <br />
       – c’est une engeance de rebelles ! –        <br />
       ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux. »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
       Psaume       <br />
       (Ps 122 (123), 1-2ab, 2cdef, 3-4)       <br />
              <br />
       R/ Nos yeux, levés vers le Seigneur,       <br />
       attendent sa pitié. (cf. Ps 122, 2)       <br />
              <br />
       Vers toi j’ai les yeux levés,       <br />
       vers toi qui es au ciel,       <br />
       comme les yeux de l’esclave       <br />
       vers la main de son maître.       <br />
              <br />
       Comme les yeux de la servante       <br />
       vers la main de sa maîtresse,        <br />
       nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu,       <br />
       attendent sa pitié.       <br />
              <br />
       Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous :       <br />
       notre âme est rassasiée de mépris.       <br />
       C’en est trop, nous sommes rassasiés        <br />
           du rire des satisfaits,       <br />
       du mépris des orgueilleux !       <br />
              <br />
               <br />
       Deuxième lecture       <br />
       « Je mettrai ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure » (2 Co 12,7-10)       <br />
              <br />
       Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,        <br />
           les révélations que j’ai reçues       <br />
       sont tellement extraordinaires        <br />
       que, pour m’empêcher de me surestimer,        <br />
       j’ai reçu dans ma chair une écharde,        <br />
       un envoyé de Satan qui est là pour me gifler,        <br />
       pour empêcher que je me surestime.        <br />
           Par trois fois,        <br />
       j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi.        <br />
           Mais il m’a déclaré :        <br />
       « Ma grâce te suffit,        <br />
       car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »        <br />
       C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses,        <br />
       afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.        <br />
           C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ        <br />
       les faiblesses, les insultes, les contraintes,        <br />
       les persécutions et les situations angoissantes.        <br />
       Car, lorsque je suis faible,        <br />
       c’est alors que je suis fort.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
       Évangile       <br />
       « Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)       <br />
              <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       L’Esprit du Seigneur est sur moi :                                                       <br />
       il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.       <br />
       Alléluia.   (Lc 4, 18ac)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
           Jésus se rendit dans son lieu d’origine,        <br />
       et ses disciples le suivirent.        <br />
           Le jour du sabbat,        <br />
       il se mit à enseigner dans la synagogue.        <br />
       De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :        <br />
       « D’où cela lui vient-il ?        <br />
       Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,        <br />
       et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?        <br />
           N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,        <br />
       et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?        <br />
       Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »        <br />
       Et ils étaient profondément choqués à son sujet.        <br />
           Jésus leur disait :        <br />
       « Un prophète n’est méprisé que dans son pays,        <br />
       sa parenté et sa maison. »        <br />
           Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;        <br />
       il guérit seulement quelques malades        <br />
       en leur imposant les mains.        <br />
           Et il s’étonna de leur manque de foi.        <br />
       Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
       -->       <br />
               <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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