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  <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
  <description><![CDATA[Carrefour Kairos est la page web personnelle d`Hermann Giguère. Questions de société, de spiritualité, d`évangélisation,  de pastorale, de la vie de l`Église catholique. Début avril 1997.]]></description>
  <link>http://www.hgiguere.net/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-14T18:37:19+02:00</dc:date>
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   <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
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   <title>Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Année C  «  Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort »</title>
   <pubDate>Tue, 08 Apr 2025 18:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 13 avril 2025. Textes: Luc 19, 28-40, Isaïe 50, 4-7, Philippiens 2 6-11 et Luc 22, 14 - 23, 56.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/85952155-61196273.jpg?v=1549133877" alt="Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Année C  «  Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort »" title="Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Année C  «  Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort »" />
     </div>
     <div>
      La jonction du récit de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem avec le récit détaillé de sa Passion est une introduction bien choisie pour la Semaine Sainte, la Grande Semaine, que nous nous apprêtons à vivre. Il nous sera donné non seulement de méditer sur les derniers jours de Jésus, mais surtout de le suivre pas à pas notamment le Jeudi-Saint qui nous rappellera son dernier repas, la Cène, et le lavement des pieds<!--, avec ses disciples avant d'être trahi et d'être livré aux autorité juives et romaines-->, puis le Vendredi-Saint qui commémorera  sa mort et enfin sa Résurrection qui sera célébrée dans la Vigile pascale et pendant tout le temps de Pâques.       <br />
       <!--       <br />
       Ces faits  sont des actes, des gestes et des attitudes de Jésus qui ne sont pas seulement passées, mais qui sont éternellement présents. C'est pourquoi, nous lisons attentivement les récits de la Passion durant la Semaine Sainte. J'aimerais expliciter un peu cette idée avant de revenir sur l'entrée de Jésus à Jérusalem.-->       <br />
       I -<span style="font-style:italic"> Les mystères de la vie du Christ </span>       <br />
              <br />
       Les actions, les gestes du Christ sont communément appelés les mystères de la vie du Christ non parce qu'il sont incompréhensibles<!--, au contraire, ils sont le plus souvent des gestes et des attitudes en tout semblables aux nôtre-->, mais parce qu'ils sont remplis d'une puissance et d'une énergie qui dépassent les limites du temps et de l'espace à cause de la nature divine qui est en Jésus.        <br />
              <br />
       Les mystères de la vie du Christ que le cardinal de Bérulle appelait les « états intérieurs du Verbe Incarné » ( pour lire un résumé de la spiritualité bérullienne  <a class="link" href="http://www.carrefourkairos.net/hsp/berulle.htm">cliquez ici </a>)  sont les actes, les gestes et les attitudes de celui qui est parfaitement homme, et, en même temps, parfaitement Dieu. Ce qui fait que les actions, les gestes de Jésus échappent ainsi par la puissance de Dieu à nos limites humaines.  Par la grâce de Dieu, ce qu'il vit continue de vivre éternellement. C'est pourquoi, le souvenir de ce que Jésus a vécu, même dans le détail, est si important pour les personnes qui croient au Christ. Nous ne méditerons jamais assez le déroulement de sa vie et de ses enseignements. Ils sont toujours actuels.       <br />
              <br />
       Ses derniers jours revêtent une importance particulière non seulement parce qu'ils sont les derniers, mais surtout parce qu'ils marquent que son Heure, comme le dit saint Jean, est arrivée. Son histoire de vie prendra un tour inattendu pour ses disciples. Lui s'y sentira à l'aise car c'est ainsi qu'il manifestera son obéissance à Dieu qui l'a choisi comme celui qui porte les péchés du monde.  Cette  obéissance totale remplie d'amour en fait le Sauveur qui réconcilie le monde avec Dieu, qui rétablit les relations avec Dieu et les uns avec les autres.       <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Le salut en Jésus</span>       <br />
              <br />
       C'est une richesse propre au christianisme que cette assurance d'un salut<!--« au-delà de ma petite personne qui tend à réconcilier l’aventure humaine avec elle-même et avec Dieu  » (Frère Dominique Motte o.p. du Couvent de Lille en France dans <span style="font-style:italic">Carême dans la ville</span> 2019 le 3 avril 2019)-->. Ce salut nous est donné en Jésus-Christ qui  l'obtient par sa mort sur la Croix et son Sang répandu. Sa résurrection, le troisième jour, l'établit fermement et pour toujours comme Seigneur à la gloire de Dieu le Père et Seigneur de nos vies.        <br />
              <br />
       C’est ce que proclame saint Paul dans ce bel hymne de la <span style="font-style:italic">Lettre aux Philippiens</span> que nous avons comme deuxième lecture : « Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort,  et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers ».       <br />
              <br />
       C'est avec cet arrière-fond que nous entrons dans cette nouvelle Semaine Sainte, car les mystères de la vie du Christ sont toujours actifs et remplis de grâces pour ceux et celles qui s'y unissent avec cœur et avec foi.       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Les Rameaux</span>       <br />
              <br />
       L'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem est célébrée dans la liturgie d'aujourd'hui par une procession qui rappelle cet évènement et par la bénédiction des rameaux ou palmes portées par les participants et les participantes. Ces rameaux sont conservés par plusieurs personnes tout au long de l'année. Ils en disposent  en les mettant au mur, par exemple, et  en les tressant parfois.       <br />
              <br />
       Ces signes sont des rappels que l'abaissement de Jésus dans sa Passion n'est pas une défaite, mais un triomphe sur les forces du mal. Ce triomphe de Jésus ne se réalise pas à la façon des triomphes humains comme ceux des Oscars ou des Molières. Il réside dans l'abandon à la volonté de Dieu qui fait de lui le Serviteur de ses frères et sœurs pour les amener avec lui près du Père.        <br />
              <br />
       Il s'agit d'un renversement des perspectives habituelles comme dans les Béatitudes. Ce qui est petit est ce qui est grand, ce qui est rejeté est ce qui est aimé de Dieu, ce qui est pauvre est ce qui est la véritable richesse. Message dur à entendre parfois, mais message au cœur des mystères de la vie du Christ. La dynamique du salut de Dieu n'est pas du même genre que celle des humains. Le Royaume de Dieu n'est pas comme les royaumes de la terre. Jésus le dira devant Pilate : « Mon royaume n'est pas de ce monde ». (Jean 18, 36)       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Demandons à Dieu au début de cette Semaine Sainte 2025 de laisser nos esprits et nos cœurs s'imprégner des mystères qui nous revivrons. Nous en avons continuellement besoin car, à mesure que nous avançons à la suite de Jésus, de nouveaux espaces et de nouvelles perspectives nous attendent.       <br />
              <br />
       Acceptons cette année de nous laisser surprendre par Jésus.       <br />
              <br />
       <!--Et disons-lui cette prière qui est celle de l’oraison….-->       <br />
              <br />
       Bonne Semaine Sainte!       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
       8 avril 2019       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      _____________________________________________________________________________________       <br />
       <b>Lectures pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Année C</b>       <br />
              <br />
       Entrée messianique       <br />
              <br />
       « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Lc 19, 28-40)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
          En ce temps-là,       <br />
           Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.       <br />
           Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie,       <br />
       près de l’endroit appelé mont des Oliviers,       <br />
       il envoya deux de ses disciples,       <br />
           en disant :       <br />
       « Allez à ce village d’en face.       <br />
       À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché,       <br />
       sur lequel personne ne s’est encore assis.       <br />
       Détachez-le et amenez-le.       <br />
           Si l’on vous demande :       <br />
       ‘Pourquoi le détachez-vous ?’       <br />
       vous répondrez :       <br />
       ‘Parce que le Seigneur en a besoin.’ »       <br />
           Les envoyés partirent       <br />
       et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit.       <br />
           Alors qu’ils détachaient le petit âne,       <br />
       ses maîtres leur demandèrent :       <br />
       « Pourquoi détachez-vous l’âne ? »       <br />
           Ils répondirent :       <br />
       « Parce que le Seigneur en a besoin. »       <br />
           Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus,       <br />
       jetèrent leurs manteaux dessus,       <br />
       et y firent monter Jésus.       <br />
           À mesure que Jésus avançait,       <br />
       les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.       <br />
           Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers,       <br />
       toute la foule des disciples, remplie de joie,       <br />
       se mit à louer Dieu à pleine voix       <br />
       pour tous les miracles qu’ils avaient vus,       <br />
           et ils disaient :       <br />
       « Béni soit celui qui vient,       <br />
       le Roi, au nom du Seigneur.       <br />
       Paix dans le ciel       <br />
       et gloire au plus haut des cieux ! »       <br />
           Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule,       <br />
       dirent à Jésus :       <br />
       « Maître, réprimande tes disciples ! »       <br />
           Mais il prit la parole en disant :       <br />
       « Je vous le dis :       <br />
       si eux se taisent,       <br />
       les pierres crieront. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       Messe de la Passion       <br />
              <br />
       Première lecture       <br />
       « Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 4-7)       <br />
              <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
           Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,       <br />
       pour que je puisse, d’une parole,       <br />
       soutenir celui qui est épuisé.       <br />
       Chaque matin, il éveille,       <br />
       il éveille mon oreille       <br />
       pour qu’en disciple, j’écoute.       <br />
           Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,       <br />
       et moi, je ne me suis pas révolté,       <br />
       je ne me suis pas dérobé.       <br />
           J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,       <br />
       et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.       <br />
       Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.       <br />
           Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;       <br />
       c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,       <br />
       c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :       <br />
       je sais que je ne serai pas confondu.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Psaume       <br />
       (21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)       <br />
              <br />
       R/ Mon Dieu, mon Dieu,       <br />
       pourquoi m’as-tu abandonné ? (Ps 21, 2a)       <br />
              <br />
       Tous ceux qui me voient me bafouent ;       <br />
       ils ricanent et hochent la tête :       <br />
       « Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !       <br />
       Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »       <br />
              <br />
       Oui, des chiens me cernent,       <br />
       une bande de vauriens m’entoure ;       <br />
       Ils me percent les mains et les pieds,       <br />
       je peux compter tous mes os.       <br />
              <br />
       Ils partagent entre eux mes habits       <br />
       et tirent au sort mon vêtement.       <br />
       Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :       <br />
       ô ma force, viens vite à mon aide !       <br />
              <br />
       Mais tu m’as répondu !       <br />
       Et je proclame ton nom devant mes frères,       <br />
       je te loue en pleine assemblée.       <br />
       Vous qui le craignez, louez le Seigneur.       <br />
       Deuxième lecture       <br />
       « Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2 6-11)       <br />
              <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens       <br />
              <br />
       Le Christ Jésus,       <br />
           ayant la condition de Dieu,       <br />
       ne retint pas jalousement       <br />
       le rang qui l’égalait à Dieu.       <br />
              <br />
           Mais il s’est anéanti,       <br />
       prenant la condition de serviteur,       <br />
       devenant semblable aux hommes.       <br />
              <br />
       Reconnu homme à son aspect,       <br />
           il s’est abaissé,       <br />
       devenant obéissant jusqu’à la mort,       <br />
       et la mort de la croix.       <br />
              <br />
           C’est pourquoi Dieu l’a exalté :       <br />
       il l’a doté du Nom       <br />
       qui est au-dessus de tout nom,       <br />
              <br />
           afin qu’au nom de Jésus       <br />
       tout genou fléchisse       <br />
       au ciel, sur terre et aux enfers,       <br />
              <br />
           et que toute langue proclame :       <br />
       « Jésus Christ est Seigneur »       <br />
       à la gloire de Dieu le Père.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Évangile       <br />
       Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Lc 22, 14 – 23, 56)       <br />
              <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.       <br />
       Pour nous, le Christ est devenu obéissant,       <br />
       jusqu’à la mort, et la mort de la croix.       <br />
       C’est pourquoi Dieu l’a exalté :       <br />
       il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.       <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (cf. Ph 2, 8-9)       <br />
              <br />
       La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       Indications pour la lecture dialoguée : Les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants : X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.       <br />
              <br />
              <br />
       L. Quand l’heure fut venue,       <br />
       Jésus prit place à table,       <br />
       et les Apôtres avec lui.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       X « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous       <br />
       avant de souffrir !       <br />
           Car je vous le déclare :       <br />
       jamais plus je ne la mangerai       <br />
       jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie       <br />
       dans le royaume de Dieu. »       <br />
           L. Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce,       <br />
       il dit :       <br />
       X « Prenez ceci et partagez entre vous.       <br />
           Car je vous le déclare :       <br />
       désormais, jamais plus       <br />
       je ne boirai du fruit de la vigne       <br />
       jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. »       <br />
              <br />
           L. Puis, ayant pris du pain et rendu grâce,       <br />
       il le rompit       <br />
       et le leur donna, en disant :       <br />
       X « Ceci est mon corps, donné pour vous.       <br />
       Faites cela en mémoire de moi. »       <br />
           L. Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant :       <br />
       X « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang       <br />
       répandu pour vous.       <br />
           Et cependant, voici que la main de celui qui me livre       <br />
       est à côté de moi sur la table.       <br />
           En effet, le Fils de l’homme s’en va       <br />
       selon ce qui a été fixé.       <br />
       Mais malheureux cet homme-là       <br />
       par qui il est livré ! »       <br />
           L. Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres       <br />
       quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela.       <br />
              <br />
           Ils en arrivèrent à se quereller :       <br />
       lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ?       <br />
           Mais il leur dit :       <br />
       X « Les rois des nations       <br />
       les commandent en maîtres,       <br />
       et ceux qui exercent le pouvoir sur elles       <br />
       se font appeler bienfaiteurs.       <br />
           Pour vous, rien de tel !       <br />
       Au contraire, que le plus grand d’entre vous       <br />
       devienne comme le plus jeune,       <br />
       et le chef, comme celui qui sert.       <br />
           Quel est en effet le plus grand :       <br />
       celui qui est à table, ou celui qui sert ?       <br />
       N’est-ce pas celui qui est à table ?       <br />
       Eh bien moi, je suis au milieu de vous       <br />
       comme celui qui sert.       <br />
           Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves.       <br />
           Et moi, je dispose pour vous du Royaume,       <br />
       comme mon Père en a disposé pour moi.       <br />
           Ainsi vous mangerez et boirez à ma table       <br />
       dans mon Royaume,       <br />
       et vous siégerez sur des trônes       <br />
       pour juger les douze tribus d’Israël.       <br />
              <br />
           Simon, Simon,       <br />
       voici que Satan vous a réclamés       <br />
       pour vous passer au crible comme le blé.       <br />
           Mais j’ai prié pour toi,       <br />
       afin que ta foi ne défaille pas.       <br />
       Toi donc, quand tu sera revenu,       <br />
       affermis tes frères. »       <br />
           L. Pierre lui dit :       <br />
       D. « Seigneur, avec toi, je suis prêt       <br />
       à aller en prison et à la mort. »       <br />
           L. Jésus reprit :       <br />
       X « Je te le déclare, Pierre :       <br />
       le coq ne chantera pas aujourd’hui       <br />
       avant que toi, par trois fois,       <br />
       tu aies nié me connaître. »       <br />
              <br />
           L. Puis il leur dit :       <br />
       X « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales,       <br />
       avez-vous donc manqué de quelque chose ? »       <br />
           L. Ils lui répondirent :       <br />
       D. « Non, de rien. »       <br />
       L. Jésus leur dit :       <br />
       X « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse,       <br />
       qu’il la prenne,       <br />
       de même celui qui a un sac ;       <br />
       et celui qui n’a pas d’épée,       <br />
       qu’il vende son manteau pour en acheter une.       <br />
           Car, je vous le déclare :       <br />
       il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture :       <br />
       Il a été compté avec les impies.       <br />
       De fait, ce qui me concerne       <br />
       va trouver son accomplissement. »       <br />
           L. Ils lui dirent :       <br />
       D. « Seigneur, voici deux épées. »       <br />
       L. Il leur répondit :       <br />
       X « Cela suffit. »       <br />
              <br />
           L. Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude,       <br />
       au mont des Oliviers,       <br />
       et ses disciples le suivirent.       <br />
           Arrivé en ce lieu, il leur dit :       <br />
       X « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »       <br />
           L. Puis il s’écarta       <br />
       à la distance d’un jet de pierre environ.       <br />
       S’étant mis à genoux,       <br />
       il priait en disant :       <br />
           X « Père, si tu le veux,       <br />
       éloigne de moi cette coupe ;       <br />
       cependant, que soit faite non pas ma volonté,       <br />
       mais la tienne. »       <br />
           L. Alors, du ciel, lui apparut un ange       <br />
       qui le réconfortait.       <br />
           Entré en agonie,       <br />
       Jésus priait avec plus d’insistance,       <br />
       et sa sueur devint comme des gouttes de sang       <br />
       qui tombaient sur la terre.       <br />
           Puis Jésus se releva de sa prière       <br />
       et rejoignit ses disciples       <br />
       qu’il trouva endormis, accablés de tristesse.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       X « Pourquoi dormez-vous ?       <br />
       Relevez-vous       <br />
       et priez, pour ne pas entrer en tentation. »       <br />
              <br />
           L. Il parlait encore,       <br />
       quand parut une foule de gens.       <br />
       Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze,       <br />
       marchait à leur tête.       <br />
       Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.       <br />
           Jésus lui dit :       <br />
       X « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »       <br />
           L. Voyant ce qui allait se passer,       <br />
       ceux qui entouraient Jésus lui dirent :       <br />
       D. « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? »       <br />
           L. L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre       <br />
       et lui trancha l’oreille droite.       <br />
           Mais Jésus dit :       <br />
       X « Restez-en là ! »       <br />
       L. Et, touchant l’oreille de l’homme,       <br />
       il le guérit.       <br />
           Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter,       <br />
       grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens :       <br />
       X « Suis-je donc un bandit,       <br />
       pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ?       <br />
           Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple,       <br />
       et vous n’avez pas porté la main sur moi.       <br />
       Mais c’est maintenant votre heure       <br />
       et le pouvoir des ténèbres. »       <br />
              <br />
           L. S’étant saisis de Jésus, ils l’emmenèrent       <br />
       et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre.       <br />
       Pierre suivait à distance.       <br />
           On avait allumé un feu au milieu de la cour,       <br />
       et tous étaient assis là.       <br />
       Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux.       <br />
           Une jeune servante le vit assis près du feu ;       <br />
       elle le dévisagea et dit :       <br />
       A. « Celui-là aussi était avec lui. »       <br />
           L. Mais il nia :       <br />
       D. « Non, je ne le connais pas. »       <br />
           L. Peu après, un autre dit en le voyant :       <br />
       F. « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. »       <br />
       L. Pierre répondit :       <br />
       D. « Non, je ne le suis pas. »       <br />
           L. Environ une heure plus tard,       <br />
       un autre insistait avec force :       <br />
       F. « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui,       <br />
       et d’ailleurs il est Galiléen. »       <br />
           L. Pierre répondit :       <br />
       D. « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »       <br />
       L. Et à l’instant même, comme il parlait encore,       <br />
       un coq chanta.       <br />
           Le Seigneur, se retournant,       <br />
       posa son regard sur Pierre.       <br />
       Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite :       <br />
       « Avant que le coq chante aujourd’hui,       <br />
       tu m’auras renié trois fois. »       <br />
           Il sortit et, dehors, pleura amèrement.       <br />
              <br />
           Les hommes qui gardaient Jésus       <br />
       se moquaient de lui et le rouaient de coups.       <br />
           Ils lui avaient voilé le visage,       <br />
       et ils l’interrogeaient :       <br />
       F. « Fais le prophète !       <br />
       Qui est-ce qui t’a frappé ? »       <br />
           L. Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes.       <br />
              <br />
           Lorsqu’il fit jour,       <br />
       se réunit le collège des anciens du peuple,       <br />
       grands prêtres et scribes,       <br />
       et on emmena Jésus devant leur conseil suprême.       <br />
           Ils lui dirent :       <br />
       F. « Si tu es le Christ,       <br />
       dis-le nous. »       <br />
       L. Il leur répondit :       <br />
       X « Si je vous le dis,       <br />
       vous ne me croirez pas ;       <br />
           et si j’interroge,       <br />
       vous ne répondrez pas.       <br />
           Mais désormais le Fils de l’homme       <br />
       sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. »       <br />
           L. Tous lui dirent alors :       <br />
       F. « Tu es donc le Fils de Dieu ? »       <br />
       L. Il leur répondit :       <br />
       X « Vous dites vous-mêmes que je le suis. »       <br />
           L. Ils dirent alors :       <br />
       F. « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ?       <br />
       Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »       <br />
           L. L’assemblée tout entière se leva,       <br />
       et on l’emmena chez Pilate.       <br />
              <br />
           On se mit alors à l’accuser :       <br />
       F. « Nous avons trouvé cet homme       <br />
       en train de semer le trouble dans notre nation :       <br />
       il empêche de payer l’impôt à l’empereur,       <br />
       et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »       <br />
           L. Pilate l’interrogea :       <br />
       A. « Es-tu le roi des Juifs ? »       <br />
       L. Jésus répondit :       <br />
       X « C’est toi-même qui le dis. »       <br />
           L. Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules :       <br />
       A. « Je ne trouve chez cet homme       <br />
       aucun motif de condamnation. »       <br />
           L. Mais ils insistaient avec force :       <br />
       F. « Il soulève le peuple       <br />
       en enseignant dans toute la Judée ;       <br />
       après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »       <br />
           L. À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.       <br />
           Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode,       <br />
       il le renvoya devant ce dernier,       <br />
       qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.       <br />
              <br />
           À la vue de Jésus,       <br />
       Hérode éprouva une joie extrême :       <br />
       en effet, depuis longtemps il désirait le voir       <br />
       à cause de ce qu’il entendait dire de lui,       <br />
       et il espérait lui voir faire un miracle.       <br />
           Il lui posa bon nombre de questions,       <br />
       mais Jésus ne lui répondit rien.       <br />
           Les grands prêtres et les scribes étaient là,       <br />
       et ils l’accusaient avec véhémence.       <br />
           Hérode, ainsi que ses soldats,       <br />
       le traita avec mépris et se moqua de lui :       <br />
       il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante       <br />
       et le renvoya à Pilate.       <br />
           Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis,       <br />
       alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.       <br />
              <br />
           Alors Pilate convoqua       <br />
       les grands prêtres, les chefs et le peuple.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       A. « Vous m’avez amené cet homme       <br />
       en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple.       <br />
       Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous       <br />
       et, parmi les faits dont vous l’accusez,       <br />
       je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.       <br />
           D’ailleurs, Hérode non plus,       <br />
       puisqu’il nous l’a renvoyé.       <br />
       En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.       <br />
           Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Ils se mirent à crier tous ensemble :       <br />
       F. « Mort à cet homme !       <br />
       Relâche-nous Barabbas. »       <br />
           L. Ce Barabbas avait été jeté en prison       <br />
       pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.       <br />
           Pilate, dans son désir de relâcher Jésus,       <br />
       leur adressa de nouveau la parole.       <br />
           Mais ils vociféraient :       <br />
       F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »       <br />
           L. Pour la troisième fois, il leur dit :       <br />
       A. « Quel mal a donc fait cet homme ?       <br />
       Je n’ai trouvé en lui       <br />
       aucun motif de condamnation à mort.       <br />
       Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Mais ils insistaient à grands cris,       <br />
       réclamant qu’il soit crucifié ;       <br />
       et leurs cris s’amplifiaient.       <br />
           Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.       <br />
           Il relâcha celui qu’ils réclamaient,       <br />
       le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre,       <br />
       et il livra Jésus à leur bon plaisir.       <br />
              <br />
           L. Comme ils l’emmenaient,       <br />
       ils prirent un certain Simon de Cyrène,       <br />
       qui revenait des champs,       <br />
       et ils le chargèrent de la croix       <br />
       pour qu’il la porte derrière Jésus.       <br />
           Le peuple, en grande foule, le suivait,       <br />
       ainsi que des femmes       <br />
       qui se frappaient la poitrine       <br />
       et se lamentaient sur Jésus.       <br />
           Il se retourna et leur dit :       <br />
       X « Filles de Jérusalem,       <br />
       ne pleurez pas sur moi !       <br />
       Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !       <br />
           Voici venir des jours où l’on dira :       <br />
       ‘Heureuses les femmes stériles,       <br />
       celles qui n’ont pas enfanté,       <br />
       celles qui n’ont pas allaité !’       <br />
           Alors on dira aux montagnes :       <br />
       ‘Tombez sur nous’,       <br />
       et aux collines :       <br />
       ‘Cachez-nous.’       <br />
           Car si l’on traite ainsi l’arbre vert,       <br />
       que deviendra l’arbre sec ? »       <br />
              <br />
          L. Ils emmenaient aussi avec Jésus       <br />
       deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.       <br />
           Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire),       <br />
       là ils crucifièrent Jésus,       <br />
       avec les deux malfaiteurs,       <br />
       l’un à droite et l’autre à gauche.       <br />
           Jésus disait :       <br />
       X « Père, pardonne-leur :       <br />
       ils ne savent pas ce qu’ils font. »       <br />
       L. Puis, ils partagèrent ses vêtements       <br />
       et les tirèrent au sort.       <br />
              <br />
       Le peuple restait là à observer.       <br />
       Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :       <br />
       F. « Il en a sauvé d’autres :       <br />
       qu’il se sauve lui-même,       <br />
       s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »       <br />
           L. Les soldats aussi se moquaient de lui ;       <br />
       s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,       <br />
           en disant :       <br />
       F. « Si tu es le roi des Juifs,       <br />
       sauve-toi toi-même ! »       <br />
          L. Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :       <br />
       « Celui-ci est le roi des Juifs. »       <br />
              <br />
           L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait :       <br />
       A. « N’es-tu pas le Christ ?       <br />
       Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »       <br />
           L. Mais l’autre lui fit de vifs reproches :       <br />
       A. « Tu ne crains donc pas Dieu !       <br />
       Tu es pourtant un condamné, toi aussi !       <br />
           Et puis, pour nous, c’est juste :       <br />
       après ce que nous avons fait,       <br />
       nous avons ce que nous méritons.       <br />
       Mais lui, il n’a rien fait de mal. »       <br />
           L. Et il disait :       <br />
       A. « Jésus, souviens-toi de moi       <br />
       quand tu viendras dans ton Royaume. »       <br />
           L. Jésus lui déclara :       <br />
       X « Amen, je te le dis :       <br />
       aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »       <br />
              <br />
           L. C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ;       <br />
       l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,       <br />
           car le soleil s’était caché.       <br />
       Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.       <br />
           Alors, Jésus poussa un grand cri :       <br />
       X « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »       <br />
       L. Et après avoir dit cela, il expira.       <br />
              <br />
                    Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)       <br />
              <br />
       À la vue de ce qui s’était passé,       <br />
       le centurion rendit gloire à Dieu :       <br />
       A. « Celui-ci était réellement un homme juste. »       <br />
           L. Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle,       <br />
       observant ce qui se passait,       <br />
       s’en retournaient en se frappant la poitrine.       <br />
           Tous ses amis,       <br />
       ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée,       <br />
       se tenaient plus loin pour regarder.       <br />
              <br />
           Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ;       <br />
       c’était un homme bon et juste,       <br />
           qui n’avait donné son accord       <br />
       ni à leur délibération, ni à leurs actes.       <br />
       Il était d’Arimathie, ville de Judée,       <br />
       et il attendait le règne de Dieu.       <br />
           Il alla trouver Pilate       <br />
       et demanda le corps de Jésus.       <br />
           Puis il le descendit de la croix,       <br />
       l’enveloppa dans un linceul       <br />
       et le mit dans un tombeau taillé dans le roc,       <br />
       où personne encore n’avait été déposé.       <br />
           C’était le jour de la Préparation de la fête,       <br />
       et déjà brillaient les lumières du sabbat.       <br />
           Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée       <br />
       suivirent Joseph.       <br />
       Elles regardèrent le tombeau       <br />
       pour voir comment le corps avait été placé.       <br />
           Puis elles s’en retournèrent       <br />
       et préparèrent aromates et parfums.       <br />
       Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
       Évangile       <br />
       Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Lc 23, 1-49)       <br />
              <br />
       La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
       L. L’assemblée tout entière se leva,       <br />
       et on l’emmena chez Pilate.       <br />
           On se mit alors à l’accuser :       <br />
       F. « Nous avons trouvé cet homme       <br />
       en train de semer le trouble dans notre nation :       <br />
       il empêche de payer l’impôt à l’empereur,       <br />
       et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »       <br />
           L. Pilate l’interrogea :       <br />
       A. « Es-tu le roi des Juifs ? »       <br />
       L. Jésus répondit :       <br />
       X « C’est toi-même qui le dis. »       <br />
           L. Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules :       <br />
       A. « Je ne trouve chez cet homme       <br />
       aucun motif de condamnation. »       <br />
           L. Mais ils insistaient avec force :       <br />
       F. « Il soulève le peuple       <br />
       en enseignant dans toute la Judée ;       <br />
       après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »       <br />
           L. À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.       <br />
           Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode,       <br />
       il le renvoya devant ce dernier,       <br />
       qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.       <br />
              <br />
           À la vue de Jésus,       <br />
       Hérode éprouva une joie extrême :       <br />
       en effet, depuis longtemps il désirait le voir       <br />
       à cause de ce qu’il entendait dire de lui,       <br />
       et il espérait lui voir faire un miracle.       <br />
           Il lui posa bon nombre de questions,       <br />
       mais Jésus ne lui répondit rien.       <br />
           Les grands prêtres et les scribes étaient là,       <br />
       et ils l’accusaient avec véhémence.       <br />
           Hérode, ainsi que ses soldats,       <br />
       le traita avec mépris et se moqua de lui :       <br />
       il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante       <br />
       et le renvoya à Pilate.       <br />
           Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis,       <br />
       alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.       <br />
              <br />
           Alors Pilate convoqua       <br />
       les grands prêtres, les chefs et le peuple.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       A. « Vous m’avez amené cet homme       <br />
       en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple.       <br />
       Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous       <br />
       et, parmi les faits dont vous l’accusez,       <br />
       je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.       <br />
           D’ailleurs, Hérode non plus,       <br />
       puisqu’il nous l’a renvoyé.       <br />
       En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.       <br />
           Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Ils se mirent à crier tous ensemble :       <br />
       F. « Mort à cet homme !       <br />
       Relâche-nous Barabbas. »       <br />
           L. Ce Barabbas avait été jeté en prison       <br />
       pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.       <br />
           Pilate, dans son désir de relâcher Jésus,       <br />
       leur adressa de nouveau la parole.       <br />
           Mais ils vociféraient :       <br />
       F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »       <br />
           L. Pour la troisième fois, il leur dit :       <br />
       A. « Quel mal a donc fait cet homme ?       <br />
       Je n’ai trouvé en lui       <br />
       aucun motif de condamnation à mort.       <br />
       Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Mais ils insistaient à grands cris,       <br />
       réclamant qu’il soit crucifié ;       <br />
       et leurs cris s’amplifiaient.       <br />
           Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.       <br />
           Il relâcha celui qu’ils réclamaient,       <br />
       le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre,       <br />
       et il livra Jésus à leur bon plaisir.       <br />
              <br />
           L. Comme ils l’emmenaient,       <br />
       ils prirent un certain Simon de Cyrène,       <br />
       qui revenait des champs,       <br />
       et ils le chargèrent de la croix       <br />
       pour qu’il la porte derrière Jésus.       <br />
           Le peuple, en grande foule, le suivait,       <br />
       ainsi que des femmes       <br />
       qui se frappaient la poitrine       <br />
       et se lamentaient sur Jésus.       <br />
           Il se retourna et leur dit :       <br />
       X « Filles de Jérusalem,       <br />
       ne pleurez pas sur moi !       <br />
       Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !       <br />
           Voici venir des jours où l’on dira :       <br />
       ‘Heureuses les femmes stériles,       <br />
       celles qui n’ont pas enfanté,       <br />
       celles qui n’ont pas allaité !’       <br />
           Alors on dira aux montagnes :       <br />
       ‘Tombez sur nous’,       <br />
       et aux collines :       <br />
       ‘Cachez-nous.’       <br />
           Car si l’on traite ainsi l’arbre vert,       <br />
       que deviendra l’arbre sec ? »       <br />
           L. Ils emmenaient aussi avec Jésus       <br />
       deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.       <br />
              <br />
           Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire),       <br />
       là ils crucifièrent Jésus,       <br />
       avec les deux malfaiteurs,       <br />
       l’un à droite et l’autre à gauche.       <br />
           Jésus disait :       <br />
       X « Père, pardonne-leur :       <br />
       ils ne savent pas ce qu’ils font. »       <br />
       L. Puis, ils partagèrent ses vêtements       <br />
       et les tirèrent au sort.       <br />
              <br />
           Le peuple restait là à observer.       <br />
       Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :       <br />
       F. « Il en a sauvé d’autres :       <br />
       qu’il se sauve lui-même,       <br />
       s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »       <br />
           L. Les soldats aussi se moquaient de lui ;       <br />
       s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,       <br />
           en disant :       <br />
       F. « Si tu es le roi des Juifs,       <br />
       sauve-toi toi-même ! »            <br />
       L. Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :       <br />
       « Celui-ci est le roi des Juifs. »       <br />
              <br />
           L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait :       <br />
       A. « N’es-tu pas le Christ ?       <br />
       Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »       <br />
           L. Mais l’autre lui fit de vifs reproches :       <br />
       A. « Tu ne crains donc pas Dieu !       <br />
       Tu es pourtant un condamné, toi aussi !       <br />
           Et puis, pour nous, c’est juste :       <br />
       après ce que nous avons fait,       <br />
       nous avons ce que nous méritons.       <br />
       Mais lui, il n’a rien fait de mal. »       <br />
           L. Et il disait :       <br />
       A. « Jésus, souviens-toi de moi       <br />
       quand tu viendras dans ton Royaume. »       <br />
           L. Jésus lui déclara :       <br />
       X « Amen, je te le dis :       <br />
       aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »       <br />
              <br />
           L. C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ;       <br />
       l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,       <br />
           car le soleil s’était caché.       <br />
       Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.       <br />
           Alors, Jésus poussa un grand cri :       <br />
       X « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »       <br />
       L. Et après avoir dit cela, il expira.       <br />
              <br />
                  (Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)       <br />
              <br />
         À la vue de ce qui s’était passé,       <br />
       le centurion rendit gloire à Dieu :       <br />
       A. « Celui-ci était réellement un homme juste. »       <br />
           L. Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle,       <br />
       observant ce qui se passait,       <br />
       s’en retournaient en se frappant la poitrine.       <br />
           Tous ses amis,       <br />
       ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée,       <br />
       se tenaient plus loin pour regarder.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   <link>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Dimanche-des-Rameaux-et-de-la-Passion-du-Seigneur-Annee-C-Il-s-est-abaisse-devenant-obeissant-jusqu-a_a1238.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.hgiguere.net,2026:rss-61813555</guid>
   <title>Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur  Année C : « Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort » </title>
   <pubDate>Tue, 05 Apr 2022 18:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H., Séminaire de Québec. Homélie du pour le Dimanche des Rameaux Année C le 10 avril 2022 Textes: Luc 19, 28-40, Isaïe 50, 4-7, Philippiens 2, 6-11 et Lecture de la Passion selon saint Luc 22, 14-23, 56.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/61813555-44966941.jpg?v=1643318477" alt="Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur  Année C : « Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort » " title="Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur  Année C : « Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort » " />
     </div>
     <div>
      La jonction du récit de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem avec le récit détaillé de sa Passion est une introduction bien choisie pour la Semaine Sainte, la Grande Semaine, que nous nous apprêtons à vivre. Il nous sera donné non seulement de méditer sur les derniers jours de Jésus, mais surtout de le suivre pas à pas notamment le Jeudi-Saint qui nous rappellera son dernier repas, la Cène, et le lavement des pieds<!--, avec ses disciples avant d'être trahi et d'être livré aux autorité juives et romaines-->, puis le Vendredi-Saint qui commémorera  sa mort et enfin Pâques qui dans la Vigile pascale rappellera sa résurrection que nous célébrerons pendant tout le temps de Pâques.       <br />
              <br />
       Ces faits  sont des actes, des gestes et des attitudes de Jésus qui ne sont pas seulement passés, mais qui sont éternellement présents. C'est pourquoi, nous lisons attentivement les récits de la Passion durant la Semaine Sainte. J'aimerais expliciter un peu cette idée avant de revenir sur l'entrée de Jésus à Jérusalem.       <br />
              <br />
       I -<span style="font-style:italic"> Les mystères de la vie du Christ </span>       <br />
              <br />
       Les actions, les gestes du Christ sont communément appelés les mystères de la vie du Christ non parce qu'il sont incompréhensibles,  - au contraire, ils sont le plus souvent des gestes et des attitudes en tout semblables aux nôtres -  mais parce qu'ils sont remplis d'une puissance et d'une énergie qui dépassent les limites du temps et de l'espace à cause de la nature divine qui est en Jésus.        <br />
              <br />
       Les mystères de la vie du Christ que le cardinal de Bérulle appelait les « états intérieurs du Verbe Incarné » ( pour lire un résumé de la spiritualité bérullienne  <a class="link" href="http://www.carrefourkairos.net/hsp/berulle.htm">cliquez ici </a>)  sont les actes, les gestes et les attitudes de celui qui est parfaitement homme, et, en même temps, parfaitement Dieu. Ce qui fait que les actions, les gestes de Jésus échappent ainsi par la puissance de Dieu à nos limites humaines.  Par la grâce de Dieu, ce qu'il vit continue de vivre éternellement. C'est pourquoi, le souvenir de ce que Jésus a vécu, même dans le détail, est si important pour les personnes qui croient au Christ. Nous ne méditerons jamais assez le déroulement de sa vie et de ses enseignements. Ils sont toujours actuels.       <br />
              <br />
       Ses derniers jours revêtent une importance particulière non seulement parce qu'ils sont les derniers, mais surtout parce qu'ils marquent que son Heure, comme le dit saint Jean, est arrivée. Son histoire de vie prendra un tour inattendu pour ses disciples. Lui s'y sentira à l'aise car c'est ainsi qu'il manifestera son obéissance à Dieu qui l'a choisi comme celui qui porte les péchés du monde.  Cette  obéissance totale remplie d'amour en fait le Sauveur qui réconcilie le monde avec Dieu, qui rétablit les relations avec Dieu et les uns avec les autres.       <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Le salut en Jésus</span>       <br />
              <br />
       C'est une richesse propre au christianisme que cette assurance d'un salut « au-delà de ma petite personne qui tend à réconcilier l’aventure humaine avec elle-même et avec Dieu  » (Frère Dominique Motte o.p. du Couvent de Lille en France). <!-- dans <span style="font-style:italic">Carême dans la ville</span> 2019 le 3 avril 2019)--> Ce salut nous est donné en Jésus-Christ qui  l'obtient par sa mort sur la Croix et son Sang répandu. Sa résurrection, le troisième jour, l'établit fermement et pour toujours comme Seigneur à la gloire de Dieu le Père et Seigneur de nos vies.        <br />
              <br />
       C’est ce que proclame saint Paul dans ce bel hymne de la <span style="font-style:italic">Lettre aux Philippiens</span> que nous avons comme deuxième lecture : « Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort,  et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers ».       <br />
              <br />
       C'est avec cet arrière-fond que nous entrons dans cette nouvelle Semaine Sainte, car les mystères de la vie du Christ sont toujours actifs et remplis de grâces pour ceux et celles qui s'y unissent avec cœur et avec foi.       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Les Rameaux</span>       <br />
              <br />
       L'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem est célébrée dans la liturgie d'aujourd'hui par une procession qui rappelle cet évènement et par la bénédiction des rameaux ou palmes portées par les participants et les participantes. Ces rameaux sont conservés par plusieurs personnes tout au long de l'année. Ils en disposent  en les mettant au mur, par exemple, et  en les tressant parfois.       <br />
              <br />
       Ces signes sont des rappels que l'abaissement de Jésus dans sa Passion n'est pas une défaite, mais un triomphe sur les forces du mal. Ce triomphe de Jésus ne se réalise pas à la façon des triomphes humains comme ceux des Oscars ou des Molières. Il réside dans l'abandon à la volonté de Dieu qui fait de lui le Serviteur de ses frères et sœurs pour les amener avec lui près du Père.        <br />
              <br />
       Il s'agit d'un renversement des perspectives habituelles comme dans les Béatitudes. Ce qui est petit est ce qui est grand, ce qui est rejeté est ce qui est aimé de Dieu, ce qui est pauvre est ce qui est la véritable richesse. Message dur à entendre parfois, mais message au cœur des mystères de la vie du Christ. La dynamique du salut de Dieu n'est pas du même genre que celle des humains. Le Royaume de Dieu n'est pas comme les royaumes de la terre. Jésus le dira devant Pilate : « Mon royaume n'est pas de ce monde ». (Jean 18, 36)       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Demandons à Dieu au début de cette Semaine Sainte 2022 de laisser nos esprits et nos cœurs s'imprégner des mystères qui nous revivrons. Nous en avons continuellement besoin car, à mesure que nous avançons à la suite de Jésus, de nouveaux espaces et de nouvelles perspectives nous attendent.       <br />
              <br />
       Acceptons cette année de nous laisser surprendre par Jésus.       <br />
              <br />
       <!--Et disons-lui cette prière qui est celle de l’oraison….-->       <br />
              <br />
       Bonne Semaine Sainte!       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
       5 avril 2022       <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 9 avril 2019-->       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      PROCESSION DES RAMEAUX       <br />
       ENTRÉE MESSIANIQUE       <br />
       « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Lc 19, 28-40)       <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
          En ce temps-là,       <br />
           Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.       <br />
           Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie,       <br />
       près de l’endroit appelé mont des Oliviers,       <br />
       il envoya deux de ses disciples,       <br />
           en disant :       <br />
       « Allez à ce village d’en face.       <br />
       À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché,       <br />
       sur lequel personne ne s’est encore assis.       <br />
       Détachez-le et amenez-le.       <br />
           Si l’on vous demande :       <br />
       ‘Pourquoi le détachez-vous ?’       <br />
       vous répondrez :       <br />
       ‘Parce que le Seigneur en a besoin.’ »       <br />
           Les envoyés partirent       <br />
       et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit.       <br />
           Alors qu’ils détachaient le petit âne,       <br />
       ses maîtres leur demandèrent :       <br />
       « Pourquoi détachez-vous l’âne ? »       <br />
           Ils répondirent :       <br />
       « Parce que le Seigneur en a besoin. »       <br />
           Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus,       <br />
       jetèrent leurs manteaux dessus,       <br />
       et y firent monter Jésus.       <br />
           À mesure que Jésus avançait,       <br />
       les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.       <br />
           Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers,       <br />
       toute la foule des disciples, remplie de joie,       <br />
       se mit à louer Dieu à pleine voix       <br />
       pour tous les miracles qu’ils avaient vus,       <br />
           et ils disaient :       <br />
       « Béni soit celui qui vient,       <br />
       le Roi, au nom du Seigneur.       <br />
       Paix dans le ciel       <br />
       et gloire au plus haut des cieux ! »       <br />
           Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule,       <br />
       dirent à Jésus :       <br />
       « Maître, réprimande tes disciples ! »       <br />
           Mais il prit la parole en disant :       <br />
       « Je vous le dis :       <br />
       si eux se taisent,       <br />
       les pierres crieront. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       MESSE DE LA PASSION       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 4-7)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
           Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,       <br />
       pour que je puisse, d’une parole,       <br />
       soutenir celui qui est épuisé.       <br />
       Chaque matin, il éveille,       <br />
       il éveille mon oreille       <br />
       pour qu’en disciple, j’écoute.       <br />
           Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,       <br />
       et moi, je ne me suis pas révolté,       <br />
       je ne me suis pas dérobé.       <br />
           J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,       <br />
       et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.       <br />
       Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.       <br />
           Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;       <br />
       c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,       <br />
       c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :       <br />
       je sais que je ne serai pas confondu.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)       <br />
       R/ Mon Dieu, mon Dieu,       <br />
       pourquoi m’as-tu abandonné ? (Ps 21, 2a)       <br />
              <br />
       Tous ceux qui me voient me bafouent ;       <br />
       ils ricanent et hochent la tête :       <br />
       « Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !       <br />
       Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »       <br />
              <br />
       Oui, des chiens me cernent,       <br />
       une bande de vauriens m’entoure ;       <br />
       Ils me percent les mains et les pieds,       <br />
       je peux compter tous mes os.       <br />
              <br />
       Ils partagent entre eux mes habits       <br />
       et tirent au sort mon vêtement.       <br />
       Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :       <br />
       ô ma force, viens vite à mon aide !       <br />
              <br />
       Mais tu m’as répondu !       <br />
       Et je proclame ton nom devant mes frères,       <br />
       je te loue en pleine assemblée.       <br />
       Vous qui le craignez, louez le Seigneur.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2 6-11)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens       <br />
              <br />
       Le Christ Jésus,       <br />
           ayant la condition de Dieu,       <br />
       ne retint pas jalousement       <br />
       le rang qui l’égalait à Dieu.       <br />
              <br />
           Mais il s’est anéanti,       <br />
       prenant la condition de serviteur,       <br />
       devenant semblable aux hommes.       <br />
              <br />
       Reconnu homme à son aspect,       <br />
           il s’est abaissé,       <br />
       devenant obéissant jusqu’à la mort,       <br />
       et la mort de la croix.       <br />
              <br />
           C’est pourquoi Dieu l’a exalté :       <br />
       il l’a doté du Nom       <br />
       qui est au-dessus de tout nom,       <br />
              <br />
           afin qu’au nom de Jésus       <br />
       tout genou fléchisse       <br />
       au ciel, sur terre et aux enfers,       <br />
              <br />
           et que toute langue proclame :       <br />
       « Jésus Christ est Seigneur »       <br />
       à la gloire de Dieu le Père.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Lc 22, 14 – 23, 56)       <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.       <br />
       Pour nous, le Christ est devenu obéissant,       <br />
       jusqu’à la mort, et la mort de la croix.       <br />
       C’est pourquoi Dieu l’a exalté :       <br />
       il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.       <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (cf. Ph 2, 8-9)       <br />
              <br />
       La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       Indications pour la lecture dialoguée : Les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants : X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.       <br />
              <br />
              <br />
       L. Quand l’heure fut venue,       <br />
       Jésus prit place à table,       <br />
       et les Apôtres avec lui.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       X « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous       <br />
       avant de souffrir !       <br />
           Car je vous le déclare :       <br />
       jamais plus je ne la mangerai       <br />
       jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie       <br />
       dans le royaume de Dieu. »       <br />
           L. Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce,       <br />
       il dit :       <br />
       X « Prenez ceci et partagez entre vous.       <br />
           Car je vous le déclare :       <br />
       désormais, jamais plus       <br />
       je ne boirai du fruit de la vigne       <br />
       jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. »       <br />
              <br />
           L. Puis, ayant pris du pain et rendu grâce,       <br />
       il le rompit       <br />
       et le leur donna, en disant :       <br />
       X « Ceci est mon corps, donné pour vous.       <br />
       Faites cela en mémoire de moi. »       <br />
           L. Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant :       <br />
       X « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang       <br />
       répandu pour vous.       <br />
           Et cependant, voici que la main de celui qui me livre       <br />
       est à côté de moi sur la table.       <br />
           En effet, le Fils de l’homme s’en va       <br />
       selon ce qui a été fixé.       <br />
       Mais malheureux cet homme-là       <br />
       par qui il est livré ! »       <br />
           L. Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres       <br />
       quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela.       <br />
              <br />
           Ils en arrivèrent à se quereller :       <br />
       lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ?       <br />
           Mais il leur dit :       <br />
       X « Les rois des nations       <br />
       les commandent en maîtres,       <br />
       et ceux qui exercent le pouvoir sur elles       <br />
       se font appeler bienfaiteurs.       <br />
           Pour vous, rien de tel !       <br />
       Au contraire, que le plus grand d’entre vous       <br />
       devienne comme le plus jeune,       <br />
       et le chef, comme celui qui sert.       <br />
           Quel est en effet le plus grand :       <br />
       celui qui est à table, ou celui qui sert ?       <br />
       N’est-ce pas celui qui est à table ?       <br />
       Eh bien moi, je suis au milieu de vous       <br />
       comme celui qui sert.       <br />
           Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves.       <br />
           Et moi, je dispose pour vous du Royaume,       <br />
       comme mon Père en a disposé pour moi.       <br />
           Ainsi vous mangerez et boirez à ma table       <br />
       dans mon Royaume,       <br />
       et vous siégerez sur des trônes       <br />
       pour juger les douze tribus d’Israël.       <br />
              <br />
           Simon, Simon,       <br />
       voici que Satan vous a réclamés       <br />
       pour vous passer au crible comme le blé.       <br />
           Mais j’ai prié pour toi,       <br />
       afin que ta foi ne défaille pas.       <br />
       Toi donc, quand tu sera revenu,       <br />
       affermis tes frères. »       <br />
           L. Pierre lui dit :       <br />
       D. « Seigneur, avec toi, je suis prêt       <br />
       à aller en prison et à la mort. »       <br />
           L. Jésus reprit :       <br />
       X « Je te le déclare, Pierre :       <br />
       le coq ne chantera pas aujourd’hui       <br />
       avant que toi, par trois fois,       <br />
       tu aies nié me connaître. »       <br />
              <br />
           L. Puis il leur dit :       <br />
       X « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales,       <br />
       avez-vous donc manqué de quelque chose ? »       <br />
           L. Ils lui répondirent :       <br />
       D. « Non, de rien. »       <br />
       L. Jésus leur dit :       <br />
       X « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse,       <br />
       qu’il la prenne,       <br />
       de même celui qui a un sac ;       <br />
       et celui qui n’a pas d’épée,       <br />
       qu’il vende son manteau pour en acheter une.       <br />
           Car, je vous le déclare :       <br />
       il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture :       <br />
       Il a été compté avec les impies.       <br />
       De fait, ce qui me concerne       <br />
       va trouver son accomplissement. »       <br />
           L. Ils lui dirent :       <br />
       D. « Seigneur, voici deux épées. »       <br />
       L. Il leur répondit :       <br />
       X « Cela suffit. »       <br />
              <br />
           L. Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude,       <br />
       au mont des Oliviers,       <br />
       et ses disciples le suivirent.       <br />
           Arrivé en ce lieu, il leur dit :       <br />
       X « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »       <br />
           L. Puis il s’écarta       <br />
       à la distance d’un jet de pierre environ.       <br />
       S’étant mis à genoux,       <br />
       il priait en disant :       <br />
           X « Père, si tu le veux,       <br />
       éloigne de moi cette coupe ;       <br />
       cependant, que soit faite non pas ma volonté,       <br />
       mais la tienne. »       <br />
           L. Alors, du ciel, lui apparut un ange       <br />
       qui le réconfortait.       <br />
           Entré en agonie,       <br />
       Jésus priait avec plus d’insistance,       <br />
       et sa sueur devint comme des gouttes de sang       <br />
       qui tombaient sur la terre.       <br />
           Puis Jésus se releva de sa prière       <br />
       et rejoignit ses disciples       <br />
       qu’il trouva endormis, accablés de tristesse.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       X « Pourquoi dormez-vous ?       <br />
       Relevez-vous       <br />
       et priez, pour ne pas entrer en tentation. »       <br />
              <br />
           L. Il parlait encore,       <br />
       quand parut une foule de gens.       <br />
       Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze,       <br />
       marchait à leur tête.       <br />
       Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.       <br />
           Jésus lui dit :       <br />
       X « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »       <br />
           L. Voyant ce qui allait se passer,       <br />
       ceux qui entouraient Jésus lui dirent :       <br />
       D. « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? »       <br />
           L. L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre       <br />
       et lui trancha l’oreille droite.       <br />
           Mais Jésus dit :       <br />
       X « Restez-en là ! »       <br />
       L. Et, touchant l’oreille de l’homme,       <br />
       il le guérit.       <br />
           Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter,       <br />
       grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens :       <br />
       X « Suis-je donc un bandit,       <br />
       pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ?       <br />
           Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple,       <br />
       et vous n’avez pas porté la main sur moi.       <br />
       Mais c’est maintenant votre heure       <br />
       et le pouvoir des ténèbres. »       <br />
              <br />
           L. S’étant saisis de Jésus, ils l’emmenèrent       <br />
       et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre.       <br />
       Pierre suivait à distance.       <br />
           On avait allumé un feu au milieu de la cour,       <br />
       et tous étaient assis là.       <br />
       Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux.       <br />
           Une jeune servante le vit assis près du feu ;       <br />
       elle le dévisagea et dit :       <br />
       A. « Celui-là aussi était avec lui. »       <br />
           L. Mais il nia :       <br />
       D. « Non, je ne le connais pas. »       <br />
           L. Peu après, un autre dit en le voyant :       <br />
       F. « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. »       <br />
       L. Pierre répondit :       <br />
       D. « Non, je ne le suis pas. »       <br />
           L. Environ une heure plus tard,       <br />
       un autre insistait avec force :       <br />
       F. « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui,       <br />
       et d’ailleurs il est Galiléen. »       <br />
           L. Pierre répondit :       <br />
       D. « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »       <br />
       L. Et à l’instant même, comme il parlait encore,       <br />
       un coq chanta.       <br />
           Le Seigneur, se retournant,       <br />
       posa son regard sur Pierre.       <br />
       Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite :       <br />
       « Avant que le coq chante aujourd’hui,       <br />
       tu m’auras renié trois fois. »       <br />
           Il sortit et, dehors, pleura amèrement.       <br />
              <br />
           Les hommes qui gardaient Jésus       <br />
       se moquaient de lui et le rouaient de coups.       <br />
           Ils lui avaient voilé le visage,       <br />
       et ils l’interrogeaient :       <br />
       F. « Fais le prophète !       <br />
       Qui est-ce qui t’a frappé ? »       <br />
           L. Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes.       <br />
              <br />
           Lorsqu’il fit jour,       <br />
       se réunit le collège des anciens du peuple,       <br />
       grands prêtres et scribes,       <br />
       et on emmena Jésus devant leur conseil suprême.       <br />
           Ils lui dirent :       <br />
       F. « Si tu es le Christ,       <br />
       dis-le nous. »       <br />
       L. Il leur répondit :       <br />
       X « Si je vous le dis,       <br />
       vous ne me croirez pas ;       <br />
           et si j’interroge,       <br />
       vous ne répondrez pas.       <br />
           Mais désormais le Fils de l’homme       <br />
       sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. »       <br />
           L. Tous lui dirent alors :       <br />
       F. « Tu es donc le Fils de Dieu ? »       <br />
       L. Il leur répondit :       <br />
       X « Vous dites vous-mêmes que je le suis. »       <br />
           L. Ils dirent alors :       <br />
       F. « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ?       <br />
       Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »       <br />
           L. L’assemblée tout entière se leva,       <br />
       et on l’emmena chez Pilate.       <br />
              <br />
           On se mit alors à l’accuser :       <br />
       F. « Nous avons trouvé cet homme       <br />
       en train de semer le trouble dans notre nation :       <br />
       il empêche de payer l’impôt à l’empereur,       <br />
       et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »       <br />
           L. Pilate l’interrogea :       <br />
       A. « Es-tu le roi des Juifs ? »       <br />
       L. Jésus répondit :       <br />
       X « C’est toi-même qui le dis. »       <br />
           L. Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules :       <br />
       A. « Je ne trouve chez cet homme       <br />
       aucun motif de condamnation. »       <br />
           L. Mais ils insistaient avec force :       <br />
       F. « Il soulève le peuple       <br />
       en enseignant dans toute la Judée ;       <br />
       après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »       <br />
           L. À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.       <br />
           Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode,       <br />
       il le renvoya devant ce dernier,       <br />
       qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.       <br />
              <br />
           À la vue de Jésus,       <br />
       Hérode éprouva une joie extrême :       <br />
       en effet, depuis longtemps il désirait le voir       <br />
       à cause de ce qu’il entendait dire de lui,       <br />
       et il espérait lui voir faire un miracle.       <br />
           Il lui posa bon nombre de questions,       <br />
       mais Jésus ne lui répondit rien.       <br />
           Les grands prêtres et les scribes étaient là,       <br />
       et ils l’accusaient avec véhémence.       <br />
           Hérode, ainsi que ses soldats,       <br />
       le traita avec mépris et se moqua de lui :       <br />
       il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante       <br />
       et le renvoya à Pilate.       <br />
           Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis,       <br />
       alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.       <br />
              <br />
           Alors Pilate convoqua       <br />
       les grands prêtres, les chefs et le peuple.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       A. « Vous m’avez amené cet homme       <br />
       en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple.       <br />
       Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous       <br />
       et, parmi les faits dont vous l’accusez,       <br />
       je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.       <br />
           D’ailleurs, Hérode non plus,       <br />
       puisqu’il nous l’a renvoyé.       <br />
       En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.       <br />
           Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Ils se mirent à crier tous ensemble :       <br />
       F. « Mort à cet homme !       <br />
       Relâche-nous Barabbas. »       <br />
           L. Ce Barabbas avait été jeté en prison       <br />
       pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.       <br />
           Pilate, dans son désir de relâcher Jésus,       <br />
       leur adressa de nouveau la parole.       <br />
           Mais ils vociféraient :       <br />
       F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »       <br />
           L. Pour la troisième fois, il leur dit :       <br />
       A. « Quel mal a donc fait cet homme ?       <br />
       Je n’ai trouvé en lui       <br />
       aucun motif de condamnation à mort.       <br />
       Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Mais ils insistaient à grands cris,       <br />
       réclamant qu’il soit crucifié ;       <br />
       et leurs cris s’amplifiaient.       <br />
           Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.       <br />
           Il relâcha celui qu’ils réclamaient,       <br />
       le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre,       <br />
       et il livra Jésus à leur bon plaisir.       <br />
              <br />
           L. Comme ils l’emmenaient,       <br />
       ils prirent un certain Simon de Cyrène,       <br />
       qui revenait des champs,       <br />
       et ils le chargèrent de la croix       <br />
       pour qu’il la porte derrière Jésus.       <br />
           Le peuple, en grande foule, le suivait,       <br />
       ainsi que des femmes       <br />
       qui se frappaient la poitrine       <br />
       et se lamentaient sur Jésus.       <br />
           Il se retourna et leur dit :       <br />
       X « Filles de Jérusalem,       <br />
       ne pleurez pas sur moi !       <br />
       Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !       <br />
           Voici venir des jours où l’on dira :       <br />
       ‘Heureuses les femmes stériles,       <br />
       celles qui n’ont pas enfanté,       <br />
       celles qui n’ont pas allaité !’       <br />
           Alors on dira aux montagnes :       <br />
       ‘Tombez sur nous’,       <br />
       et aux collines :       <br />
       ‘Cachez-nous.’       <br />
           Car si l’on traite ainsi l’arbre vert,       <br />
       que deviendra l’arbre sec ? »       <br />
              <br />
          L. Ils emmenaient aussi avec Jésus       <br />
       deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.       <br />
           Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire),       <br />
       là ils crucifièrent Jésus,       <br />
       avec les deux malfaiteurs,       <br />
       l’un à droite et l’autre à gauche.       <br />
           Jésus disait :       <br />
       X « Père, pardonne-leur :       <br />
       ils ne savent pas ce qu’ils font. »       <br />
       L. Puis, ils partagèrent ses vêtements       <br />
       et les tirèrent au sort.       <br />
              <br />
       Le peuple restait là à observer.       <br />
       Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :       <br />
       F. « Il en a sauvé d’autres :       <br />
       qu’il se sauve lui-même,       <br />
       s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »       <br />
           L. Les soldats aussi se moquaient de lui ;       <br />
       s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,       <br />
           en disant :       <br />
       F. « Si tu es le roi des Juifs,       <br />
       sauve-toi toi-même ! »       <br />
          L. Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :       <br />
       « Celui-ci est le roi des Juifs. »       <br />
              <br />
           L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait :       <br />
       A. « N’es-tu pas le Christ ?       <br />
       Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »       <br />
           L. Mais l’autre lui fit de vifs reproches :       <br />
       A. « Tu ne crains donc pas Dieu !       <br />
       Tu es pourtant un condamné, toi aussi !       <br />
           Et puis, pour nous, c’est juste :       <br />
       après ce que nous avons fait,       <br />
       nous avons ce que nous méritons.       <br />
       Mais lui, il n’a rien fait de mal. »       <br />
           L. Et il disait :       <br />
       A. « Jésus, souviens-toi de moi       <br />
       quand tu viendras dans ton Royaume. »       <br />
           L. Jésus lui déclara :       <br />
       X « Amen, je te le dis :       <br />
       aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »       <br />
              <br />
           L. C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ;       <br />
       l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,       <br />
           car le soleil s’était caché.       <br />
       Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.       <br />
           Alors, Jésus poussa un grand cri :       <br />
       X « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »       <br />
       L. Et après avoir dit cela, il expira.       <br />
              <br />
                    Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)       <br />
              <br />
       À la vue de ce qui s’était passé,       <br />
       le centurion rendit gloire à Dieu :       <br />
       A. « Celui-ci était réellement un homme juste. »       <br />
           L. Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle,       <br />
       observant ce qui se passait,       <br />
       s’en retournaient en se frappant la poitrine.       <br />
           Tous ses amis,       <br />
       ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée,       <br />
       se tenaient plus loin pour regarder.       <br />
              <br />
           Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ;       <br />
       c’était un homme bon et juste,       <br />
           qui n’avait donné son accord       <br />
       ni à leur délibération, ni à leurs actes.       <br />
       Il était d’Arimathie, ville de Judée,       <br />
       et il attendait le règne de Dieu.       <br />
           Il alla trouver Pilate       <br />
       et demanda le corps de Jésus.       <br />
           Puis il le descendit de la croix,       <br />
       l’enveloppa dans un linceul       <br />
       et le mit dans un tombeau taillé dans le roc,       <br />
       où personne encore n’avait été déposé.       <br />
           C’était le jour de la Préparation de la fête,       <br />
       et déjà brillaient les lumières du sabbat.       <br />
           Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée       <br />
       suivirent Joseph.       <br />
       Elles regardèrent le tombeau       <br />
       pour voir comment le corps avait été placé.       <br />
           Puis elles s’en retournèrent       <br />
       et préparèrent aromates et parfums.       <br />
       Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Lc 23, 1-49)       <br />
       La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
       L. L’assemblée tout entière se leva,       <br />
       et on l’emmena chez Pilate.       <br />
           On se mit alors à l’accuser :       <br />
       F. « Nous avons trouvé cet homme       <br />
       en train de semer le trouble dans notre nation :       <br />
       il empêche de payer l’impôt à l’empereur,       <br />
       et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »       <br />
           L. Pilate l’interrogea :       <br />
       A. « Es-tu le roi des Juifs ? »       <br />
       L. Jésus répondit :       <br />
       X « C’est toi-même qui le dis. »       <br />
           L. Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules :       <br />
       A. « Je ne trouve chez cet homme       <br />
       aucun motif de condamnation. »       <br />
           L. Mais ils insistaient avec force :       <br />
       F. « Il soulève le peuple       <br />
       en enseignant dans toute la Judée ;       <br />
       après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »       <br />
           L. À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.       <br />
           Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode,       <br />
       il le renvoya devant ce dernier,       <br />
       qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.       <br />
              <br />
           À la vue de Jésus,       <br />
       Hérode éprouva une joie extrême :       <br />
       en effet, depuis longtemps il désirait le voir       <br />
       à cause de ce qu’il entendait dire de lui,       <br />
       et il espérait lui voir faire un miracle.       <br />
           Il lui posa bon nombre de questions,       <br />
       mais Jésus ne lui répondit rien.       <br />
           Les grands prêtres et les scribes étaient là,       <br />
       et ils l’accusaient avec véhémence.       <br />
           Hérode, ainsi que ses soldats,       <br />
       le traita avec mépris et se moqua de lui :       <br />
       il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante       <br />
       et le renvoya à Pilate.       <br />
           Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis,       <br />
       alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.       <br />
              <br />
           Alors Pilate convoqua       <br />
       les grands prêtres, les chefs et le peuple.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       A. « Vous m’avez amené cet homme       <br />
       en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple.       <br />
       Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous       <br />
       et, parmi les faits dont vous l’accusez,       <br />
       je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.       <br />
           D’ailleurs, Hérode non plus,       <br />
       puisqu’il nous l’a renvoyé.       <br />
       En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.       <br />
           Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Ils se mirent à crier tous ensemble :       <br />
       F. « Mort à cet homme !       <br />
       Relâche-nous Barabbas. »       <br />
           L. Ce Barabbas avait été jeté en prison       <br />
       pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.       <br />
           Pilate, dans son désir de relâcher Jésus,       <br />
       leur adressa de nouveau la parole.       <br />
           Mais ils vociféraient :       <br />
       F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »       <br />
           L. Pour la troisième fois, il leur dit :       <br />
       A. « Quel mal a donc fait cet homme ?       <br />
       Je n’ai trouvé en lui       <br />
       aucun motif de condamnation à mort.       <br />
       Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Mais ils insistaient à grands cris,       <br />
       réclamant qu’il soit crucifié ;       <br />
       et leurs cris s’amplifiaient.       <br />
           Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.       <br />
           Il relâcha celui qu’ils réclamaient,       <br />
       le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre,       <br />
       et il livra Jésus à leur bon plaisir.       <br />
              <br />
           L. Comme ils l’emmenaient,       <br />
       ils prirent un certain Simon de Cyrène,       <br />
       qui revenait des champs,       <br />
       et ils le chargèrent de la croix       <br />
       pour qu’il la porte derrière Jésus.       <br />
           Le peuple, en grande foule, le suivait,       <br />
       ainsi que des femmes       <br />
       qui se frappaient la poitrine       <br />
       et se lamentaient sur Jésus.       <br />
           Il se retourna et leur dit :       <br />
       X « Filles de Jérusalem,       <br />
       ne pleurez pas sur moi !       <br />
       Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !       <br />
           Voici venir des jours où l’on dira :       <br />
       ‘Heureuses les femmes stériles,       <br />
       celles qui n’ont pas enfanté,       <br />
       celles qui n’ont pas allaité !’       <br />
           Alors on dira aux montagnes :       <br />
       ‘Tombez sur nous’,       <br />
       et aux collines :       <br />
       ‘Cachez-nous.’       <br />
           Car si l’on traite ainsi l’arbre vert,       <br />
       que deviendra l’arbre sec ? »       <br />
           L. Ils emmenaient aussi avec Jésus       <br />
       deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.       <br />
              <br />
           Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire),       <br />
       là ils crucifièrent Jésus,       <br />
       avec les deux malfaiteurs,       <br />
       l’un à droite et l’autre à gauche.       <br />
           Jésus disait :       <br />
       X « Père, pardonne-leur :       <br />
       ils ne savent pas ce qu’ils font. »       <br />
       L. Puis, ils partagèrent ses vêtements       <br />
       et les tirèrent au sort.       <br />
              <br />
           Le peuple restait là à observer.       <br />
       Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :       <br />
       F. « Il en a sauvé d’autres :       <br />
       qu’il se sauve lui-même,       <br />
       s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »       <br />
           L. Les soldats aussi se moquaient de lui ;       <br />
       s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,       <br />
           en disant :       <br />
       F. « Si tu es le roi des Juifs,       <br />
       sauve-toi toi-même ! »            <br />
       L. Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :       <br />
       « Celui-ci est le roi des Juifs. »       <br />
              <br />
           L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait :       <br />
       A. « N’es-tu pas le Christ ?       <br />
       Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »       <br />
           L. Mais l’autre lui fit de vifs reproches :       <br />
       A. « Tu ne crains donc pas Dieu !       <br />
       Tu es pourtant un condamné, toi aussi !       <br />
           Et puis, pour nous, c’est juste :       <br />
       après ce que nous avons fait,       <br />
       nous avons ce que nous méritons.       <br />
       Mais lui, il n’a rien fait de mal. »       <br />
           L. Et il disait :       <br />
       A. « Jésus, souviens-toi de moi       <br />
       quand tu viendras dans ton Royaume. »       <br />
           L. Jésus lui déclara :       <br />
       X « Amen, je te le dis :       <br />
       aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »       <br />
              <br />
           L. C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ;       <br />
       l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,       <br />
           car le soleil s’était caché.       <br />
       Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.       <br />
           Alors, Jésus poussa un grand cri :       <br />
       X « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »       <br />
       L. Et après avoir dit cela, il expira.       <br />
              <br />
                  (Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)       <br />
              <br />
         À la vue de ce qui s’était passé,       <br />
       le centurion rendit gloire à Dieu :       <br />
       A. « Celui-ci était réellement un homme juste. »       <br />
           L. Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle,       <br />
       observant ce qui se passait,       <br />
       s’en retournaient en se frappant la poitrine.       <br />
           Tous ses amis,       <br />
       ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée,       <br />
       se tenaient plus loin pour regarder.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/61813555-44966941.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Dimanche-des-Rameaux-et-de-la-Passion-du-Seigneur-Annee-C-Il-s-est-abaisse-devenant-obeissant-jusqu-a_a1057.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.hgiguere.net,2026:rss-30072580</guid>
   <title>Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Année C  «  Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort »</title>
   <pubDate>Tue, 09 Apr 2019 18:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 14 avril 2019. Textes: Luc 19, 28-40, Isaïe 50, 4-7, Philippiens 2 6-11 et Luc 22, 14 - 23, 56.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/30072580-28849663.jpg?v=1549133877" alt="Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Année C  «  Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort »" title="Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Année C  «  Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort »" />
     </div>
     <div>
      La jonction du récit de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem avec le récit détaillé de sa Passion est une introduction bien choisie pour la Semaine Sainte, la Grande Semaine, que nous nous apprêtons à vivre. Il nous sera donné non seulement de méditer sur les derniers jours de Jésus, mais surtout de le suivre pas à pas notamment le Jeudi-Saint qui nous rappellera son dernier repas, la Cène, et le lavement des pieds<!--, avec ses disciples avant d'être trahi et d'être livré aux autorité juives et romaines-->, puis le Vendredi-Saint qui commémorera  sa mort et enfin sa Résurrection qui sera célébrée dans la Vigile pascale et pendant tout le temps de Pâques.       <br />
       <!--       <br />
       Ces faits  sont des actes, des gestes et des attitudes de Jésus qui ne sont pas seulement passées, mais qui sont éternellement présents. C'est pourquoi, nous lisons attentivement les récits de la Passion durant la Semaine Sainte. J'aimerais expliciter un peu cette idée avant de revenir sur l'entrée de Jésus à Jérusalem.-->       <br />
       I -<span style="font-style:italic"> Les mystères de la vie du Christ </span>       <br />
              <br />
       Les actions, les gestes du Christ sont communément appelés les mystères de la vie du Christ non parce qu'il sont incompréhensibles<!--, au contraire, ils sont le plus souvent des gestes et des attitudes en tout semblables aux nôtre-->, mais parce qu'ils sont remplis d'une puissance et d'une énergie qui dépassent les limites du temps et de l'espace à cause de la nature divine qui est en Jésus.        <br />
              <br />
       Les mystères de la vie du Christ que le cardinal de Bérulle appelait les « états intérieurs du Verbe Incarné » ( pour lire un résumé de la spiritualité bérullienne  <a class="link" href="http://www.carrefourkairos.net/hsp/berulle.htm">cliquez ici </a>)  sont les actes, les gestes et les attitudes de celui qui est parfaitement homme, et, en même temps, parfaitement Dieu. Ce qui fait que les actions, les gestes de Jésus échappent ainsi par la puissance de Dieu à nos limites humaines.  Par la grâce de Dieu, ce qu'il vit continue de vivre éternellement. C'est pourquoi, le souvenir de ce que Jésus a vécu, même dans le détail, est si important pour les personnes qui croient au Christ. Nous ne méditerons jamais assez le déroulement de sa vie et de ses enseignements. Ils sont toujours actuels.       <br />
              <br />
       Ses derniers jours revêtent une importance particulière non seulement parce qu'ils sont les derniers, mais surtout parce qu'ils marquent que son Heure, comme le dit saint Jean, est arrivée. Son histoire de vie prendra un tour inattendu pour ses disciples. Lui s'y sentira à l'aise car c'est ainsi qu'il manifestera son obéissance à Dieu qui l'a choisi comme celui qui porte les péchés du monde.  Cette  obéissance totale remplie d'amour en fait le Sauveur qui réconcilie le monde avec Dieu, qui rétablit les relations avec Dieu et les uns avec les autres.       <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Le salut en Jésus</span>       <br />
              <br />
       C'est une richesse propre au christianisme que cette assurance d'un salut « au-delà de ma petite personne qui tend à réconcilier l’aventure humaine avec elle-même et avec Dieu  » (Frère Dominique Motte o.p. du Couvent de Lille en France dans <span style="font-style:italic">Carême dans la ville</span> 2019 le 3 avril 2019). Ce salut nous est donné en Jésus-Christ qui  l'obtient par sa mort sur la Croix et son Sang répandu. Sa résurrection, le troisième jour, l'établit fermement et pour toujours comme Seigneur à la gloire de Dieu le Père et Seigneur de nos vies.        <br />
              <br />
       C’est ce que proclame saint Paul dans ce bel hymne de la <span style="font-style:italic">Lettre aux Philippiens</span> que nous avons comme deuxième lecture : « Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort,  et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers ».       <br />
              <br />
       C'est avec cet arrière-fond que nous entrons dans cette nouvelle Semaine Sainte, car les mystères de la vie du Christ sont toujours actifs et remplis de grâces pour ceux et celles qui s'y unissent avec cœur et avec foi.       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Les Rameaux</span>       <br />
              <br />
       L'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem est célébrée dans la liturgie d'aujourd'hui par une procession qui rappelle cet évènement et par la bénédiction des rameaux ou palmes portées par les participants et les participantes. Ces rameaux sont conservés par plusieurs personnes tout au long de l'année. Ils en disposent  en les mettant au mur, par exemple, et  en les tressant parfois.       <br />
              <br />
       Ces signes sont des rappels que l'abaissement de Jésus dans sa Passion n'est pas une défaite, mais un triomphe sur les forces du mal. Ce triomphe de Jésus ne se réalise pas à la façon des triomphes humains comme ceux des Oscars ou des Molières. Il réside dans l'abandon à la volonté de Dieu qui fait de lui le Serviteur de ses frères et sœurs pour les amener avec lui près du Père.        <br />
              <br />
       Il s'agit d'un renversement des perspectives habituelles comme dans les Béatitudes. Ce qui est petit est ce qui est grand, ce qui est rejeté est ce qui est aimé de Dieu, ce qui est pauvre est ce qui est la véritable richesse. Message dur à entendre parfois, mais message au cœur des mystères de la vie du Christ. La dynamique du salut de Dieu n'est pas du même genre que celle des humains. Le Royaume de Dieu n'est pas comme les royaumes de la terre. Jésus le dira devant Pilate : « Mon royaume n'est pas de ce monde ». (Jean 18, 36)       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Demandons à Dieu au début de cette Semaine Sainte 2019 de laisser nos esprits et nos cœurs s'imprégner des mystères qui nous revivrons. Nous en avons continuellement besoin car, à mesure que nous avançons à la suite de Jésus, de nouveaux espaces et de nouvelles perspectives nous attendent.       <br />
              <br />
       Acceptons cette année de nous laisser surprendre par Jésus.       <br />
              <br />
       <!--Et disons-lui cette prière qui est celle de l’oraison….-->       <br />
              <br />
       Bonne Semaine Sainte!       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
       9 avril 2019       <br />
              <br />
              <br />
       _____________________________________________________________________________________       <br />
       <b>Lectures pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Année C</b>       <br />
              <br />
       Entrée messianique       <br />
              <br />
       « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Lc 19, 28-40)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
          En ce temps-là,       <br />
           Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.       <br />
           Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie,       <br />
       près de l’endroit appelé mont des Oliviers,       <br />
       il envoya deux de ses disciples,       <br />
           en disant :       <br />
       « Allez à ce village d’en face.       <br />
       À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché,       <br />
       sur lequel personne ne s’est encore assis.       <br />
       Détachez-le et amenez-le.       <br />
           Si l’on vous demande :       <br />
       ‘Pourquoi le détachez-vous ?’       <br />
       vous répondrez :       <br />
       ‘Parce que le Seigneur en a besoin.’ »       <br />
           Les envoyés partirent       <br />
       et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit.       <br />
           Alors qu’ils détachaient le petit âne,       <br />
       ses maîtres leur demandèrent :       <br />
       « Pourquoi détachez-vous l’âne ? »       <br />
           Ils répondirent :       <br />
       « Parce que le Seigneur en a besoin. »       <br />
           Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus,       <br />
       jetèrent leurs manteaux dessus,       <br />
       et y firent monter Jésus.       <br />
           À mesure que Jésus avançait,       <br />
       les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.       <br />
           Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers,       <br />
       toute la foule des disciples, remplie de joie,       <br />
       se mit à louer Dieu à pleine voix       <br />
       pour tous les miracles qu’ils avaient vus,       <br />
           et ils disaient :       <br />
       « Béni soit celui qui vient,       <br />
       le Roi, au nom du Seigneur.       <br />
       Paix dans le ciel       <br />
       et gloire au plus haut des cieux ! »       <br />
           Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule,       <br />
       dirent à Jésus :       <br />
       « Maître, réprimande tes disciples ! »       <br />
           Mais il prit la parole en disant :       <br />
       « Je vous le dis :       <br />
       si eux se taisent,       <br />
       les pierres crieront. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       Messe de la Passion       <br />
              <br />
       Première lecture       <br />
       « Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 4-7)       <br />
              <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
           Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,       <br />
       pour que je puisse, d’une parole,       <br />
       soutenir celui qui est épuisé.       <br />
       Chaque matin, il éveille,       <br />
       il éveille mon oreille       <br />
       pour qu’en disciple, j’écoute.       <br />
           Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,       <br />
       et moi, je ne me suis pas révolté,       <br />
       je ne me suis pas dérobé.       <br />
           J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,       <br />
       et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.       <br />
       Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.       <br />
           Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;       <br />
       c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,       <br />
       c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :       <br />
       je sais que je ne serai pas confondu.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Psaume       <br />
       (21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a)       <br />
              <br />
       R/ Mon Dieu, mon Dieu,       <br />
       pourquoi m’as-tu abandonné ? (Ps 21, 2a)       <br />
              <br />
       Tous ceux qui me voient me bafouent ;       <br />
       ils ricanent et hochent la tête :       <br />
       « Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !       <br />
       Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »       <br />
              <br />
       Oui, des chiens me cernent,       <br />
       une bande de vauriens m’entoure ;       <br />
       Ils me percent les mains et les pieds,       <br />
       je peux compter tous mes os.       <br />
              <br />
       Ils partagent entre eux mes habits       <br />
       et tirent au sort mon vêtement.       <br />
       Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :       <br />
       ô ma force, viens vite à mon aide !       <br />
              <br />
       Mais tu m’as répondu !       <br />
       Et je proclame ton nom devant mes frères,       <br />
       je te loue en pleine assemblée.       <br />
       Vous qui le craignez, louez le Seigneur.       <br />
       Deuxième lecture       <br />
       « Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2 6-11)       <br />
              <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens       <br />
              <br />
       Le Christ Jésus,       <br />
           ayant la condition de Dieu,       <br />
       ne retint pas jalousement       <br />
       le rang qui l’égalait à Dieu.       <br />
              <br />
           Mais il s’est anéanti,       <br />
       prenant la condition de serviteur,       <br />
       devenant semblable aux hommes.       <br />
              <br />
       Reconnu homme à son aspect,       <br />
           il s’est abaissé,       <br />
       devenant obéissant jusqu’à la mort,       <br />
       et la mort de la croix.       <br />
              <br />
           C’est pourquoi Dieu l’a exalté :       <br />
       il l’a doté du Nom       <br />
       qui est au-dessus de tout nom,       <br />
              <br />
           afin qu’au nom de Jésus       <br />
       tout genou fléchisse       <br />
       au ciel, sur terre et aux enfers,       <br />
              <br />
           et que toute langue proclame :       <br />
       « Jésus Christ est Seigneur »       <br />
       à la gloire de Dieu le Père.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Évangile       <br />
       Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Lc 22, 14 – 23, 56)       <br />
              <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.       <br />
       Pour nous, le Christ est devenu obéissant,       <br />
       jusqu’à la mort, et la mort de la croix.       <br />
       C’est pourquoi Dieu l’a exalté :       <br />
       il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.       <br />
       Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (cf. Ph 2, 8-9)       <br />
              <br />
       La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       Indications pour la lecture dialoguée : Les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants : X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.       <br />
              <br />
              <br />
       L. Quand l’heure fut venue,       <br />
       Jésus prit place à table,       <br />
       et les Apôtres avec lui.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       X « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous       <br />
       avant de souffrir !       <br />
           Car je vous le déclare :       <br />
       jamais plus je ne la mangerai       <br />
       jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie       <br />
       dans le royaume de Dieu. »       <br />
           L. Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce,       <br />
       il dit :       <br />
       X « Prenez ceci et partagez entre vous.       <br />
           Car je vous le déclare :       <br />
       désormais, jamais plus       <br />
       je ne boirai du fruit de la vigne       <br />
       jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. »       <br />
              <br />
           L. Puis, ayant pris du pain et rendu grâce,       <br />
       il le rompit       <br />
       et le leur donna, en disant :       <br />
       X « Ceci est mon corps, donné pour vous.       <br />
       Faites cela en mémoire de moi. »       <br />
           L. Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant :       <br />
       X « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang       <br />
       répandu pour vous.       <br />
           Et cependant, voici que la main de celui qui me livre       <br />
       est à côté de moi sur la table.       <br />
           En effet, le Fils de l’homme s’en va       <br />
       selon ce qui a été fixé.       <br />
       Mais malheureux cet homme-là       <br />
       par qui il est livré ! »       <br />
           L. Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres       <br />
       quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela.       <br />
              <br />
           Ils en arrivèrent à se quereller :       <br />
       lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ?       <br />
           Mais il leur dit :       <br />
       X « Les rois des nations       <br />
       les commandent en maîtres,       <br />
       et ceux qui exercent le pouvoir sur elles       <br />
       se font appeler bienfaiteurs.       <br />
           Pour vous, rien de tel !       <br />
       Au contraire, que le plus grand d’entre vous       <br />
       devienne comme le plus jeune,       <br />
       et le chef, comme celui qui sert.       <br />
           Quel est en effet le plus grand :       <br />
       celui qui est à table, ou celui qui sert ?       <br />
       N’est-ce pas celui qui est à table ?       <br />
       Eh bien moi, je suis au milieu de vous       <br />
       comme celui qui sert.       <br />
           Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves.       <br />
           Et moi, je dispose pour vous du Royaume,       <br />
       comme mon Père en a disposé pour moi.       <br />
           Ainsi vous mangerez et boirez à ma table       <br />
       dans mon Royaume,       <br />
       et vous siégerez sur des trônes       <br />
       pour juger les douze tribus d’Israël.       <br />
              <br />
           Simon, Simon,       <br />
       voici que Satan vous a réclamés       <br />
       pour vous passer au crible comme le blé.       <br />
           Mais j’ai prié pour toi,       <br />
       afin que ta foi ne défaille pas.       <br />
       Toi donc, quand tu sera revenu,       <br />
       affermis tes frères. »       <br />
           L. Pierre lui dit :       <br />
       D. « Seigneur, avec toi, je suis prêt       <br />
       à aller en prison et à la mort. »       <br />
           L. Jésus reprit :       <br />
       X « Je te le déclare, Pierre :       <br />
       le coq ne chantera pas aujourd’hui       <br />
       avant que toi, par trois fois,       <br />
       tu aies nié me connaître. »       <br />
              <br />
           L. Puis il leur dit :       <br />
       X « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales,       <br />
       avez-vous donc manqué de quelque chose ? »       <br />
           L. Ils lui répondirent :       <br />
       D. « Non, de rien. »       <br />
       L. Jésus leur dit :       <br />
       X « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse,       <br />
       qu’il la prenne,       <br />
       de même celui qui a un sac ;       <br />
       et celui qui n’a pas d’épée,       <br />
       qu’il vende son manteau pour en acheter une.       <br />
           Car, je vous le déclare :       <br />
       il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture :       <br />
       Il a été compté avec les impies.       <br />
       De fait, ce qui me concerne       <br />
       va trouver son accomplissement. »       <br />
           L. Ils lui dirent :       <br />
       D. « Seigneur, voici deux épées. »       <br />
       L. Il leur répondit :       <br />
       X « Cela suffit. »       <br />
              <br />
           L. Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude,       <br />
       au mont des Oliviers,       <br />
       et ses disciples le suivirent.       <br />
           Arrivé en ce lieu, il leur dit :       <br />
       X « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »       <br />
           L. Puis il s’écarta       <br />
       à la distance d’un jet de pierre environ.       <br />
       S’étant mis à genoux,       <br />
       il priait en disant :       <br />
           X « Père, si tu le veux,       <br />
       éloigne de moi cette coupe ;       <br />
       cependant, que soit faite non pas ma volonté,       <br />
       mais la tienne. »       <br />
           L. Alors, du ciel, lui apparut un ange       <br />
       qui le réconfortait.       <br />
           Entré en agonie,       <br />
       Jésus priait avec plus d’insistance,       <br />
       et sa sueur devint comme des gouttes de sang       <br />
       qui tombaient sur la terre.       <br />
           Puis Jésus se releva de sa prière       <br />
       et rejoignit ses disciples       <br />
       qu’il trouva endormis, accablés de tristesse.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       X « Pourquoi dormez-vous ?       <br />
       Relevez-vous       <br />
       et priez, pour ne pas entrer en tentation. »       <br />
              <br />
           L. Il parlait encore,       <br />
       quand parut une foule de gens.       <br />
       Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze,       <br />
       marchait à leur tête.       <br />
       Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.       <br />
           Jésus lui dit :       <br />
       X « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »       <br />
           L. Voyant ce qui allait se passer,       <br />
       ceux qui entouraient Jésus lui dirent :       <br />
       D. « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? »       <br />
           L. L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre       <br />
       et lui trancha l’oreille droite.       <br />
           Mais Jésus dit :       <br />
       X « Restez-en là ! »       <br />
       L. Et, touchant l’oreille de l’homme,       <br />
       il le guérit.       <br />
           Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter,       <br />
       grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens :       <br />
       X « Suis-je donc un bandit,       <br />
       pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ?       <br />
           Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple,       <br />
       et vous n’avez pas porté la main sur moi.       <br />
       Mais c’est maintenant votre heure       <br />
       et le pouvoir des ténèbres. »       <br />
              <br />
           L. S’étant saisis de Jésus, ils l’emmenèrent       <br />
       et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre.       <br />
       Pierre suivait à distance.       <br />
           On avait allumé un feu au milieu de la cour,       <br />
       et tous étaient assis là.       <br />
       Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux.       <br />
           Une jeune servante le vit assis près du feu ;       <br />
       elle le dévisagea et dit :       <br />
       A. « Celui-là aussi était avec lui. »       <br />
           L. Mais il nia :       <br />
       D. « Non, je ne le connais pas. »       <br />
           L. Peu après, un autre dit en le voyant :       <br />
       F. « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. »       <br />
       L. Pierre répondit :       <br />
       D. « Non, je ne le suis pas. »       <br />
           L. Environ une heure plus tard,       <br />
       un autre insistait avec force :       <br />
       F. « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui,       <br />
       et d’ailleurs il est Galiléen. »       <br />
           L. Pierre répondit :       <br />
       D. « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »       <br />
       L. Et à l’instant même, comme il parlait encore,       <br />
       un coq chanta.       <br />
           Le Seigneur, se retournant,       <br />
       posa son regard sur Pierre.       <br />
       Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite :       <br />
       « Avant que le coq chante aujourd’hui,       <br />
       tu m’auras renié trois fois. »       <br />
           Il sortit et, dehors, pleura amèrement.       <br />
              <br />
           Les hommes qui gardaient Jésus       <br />
       se moquaient de lui et le rouaient de coups.       <br />
           Ils lui avaient voilé le visage,       <br />
       et ils l’interrogeaient :       <br />
       F. « Fais le prophète !       <br />
       Qui est-ce qui t’a frappé ? »       <br />
           L. Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes.       <br />
              <br />
           Lorsqu’il fit jour,       <br />
       se réunit le collège des anciens du peuple,       <br />
       grands prêtres et scribes,       <br />
       et on emmena Jésus devant leur conseil suprême.       <br />
           Ils lui dirent :       <br />
       F. « Si tu es le Christ,       <br />
       dis-le nous. »       <br />
       L. Il leur répondit :       <br />
       X « Si je vous le dis,       <br />
       vous ne me croirez pas ;       <br />
           et si j’interroge,       <br />
       vous ne répondrez pas.       <br />
           Mais désormais le Fils de l’homme       <br />
       sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. »       <br />
           L. Tous lui dirent alors :       <br />
       F. « Tu es donc le Fils de Dieu ? »       <br />
       L. Il leur répondit :       <br />
       X « Vous dites vous-mêmes que je le suis. »       <br />
           L. Ils dirent alors :       <br />
       F. « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ?       <br />
       Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »       <br />
           L. L’assemblée tout entière se leva,       <br />
       et on l’emmena chez Pilate.       <br />
              <br />
           On se mit alors à l’accuser :       <br />
       F. « Nous avons trouvé cet homme       <br />
       en train de semer le trouble dans notre nation :       <br />
       il empêche de payer l’impôt à l’empereur,       <br />
       et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »       <br />
           L. Pilate l’interrogea :       <br />
       A. « Es-tu le roi des Juifs ? »       <br />
       L. Jésus répondit :       <br />
       X « C’est toi-même qui le dis. »       <br />
           L. Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules :       <br />
       A. « Je ne trouve chez cet homme       <br />
       aucun motif de condamnation. »       <br />
           L. Mais ils insistaient avec force :       <br />
       F. « Il soulève le peuple       <br />
       en enseignant dans toute la Judée ;       <br />
       après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »       <br />
           L. À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.       <br />
           Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode,       <br />
       il le renvoya devant ce dernier,       <br />
       qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.       <br />
              <br />
           À la vue de Jésus,       <br />
       Hérode éprouva une joie extrême :       <br />
       en effet, depuis longtemps il désirait le voir       <br />
       à cause de ce qu’il entendait dire de lui,       <br />
       et il espérait lui voir faire un miracle.       <br />
           Il lui posa bon nombre de questions,       <br />
       mais Jésus ne lui répondit rien.       <br />
           Les grands prêtres et les scribes étaient là,       <br />
       et ils l’accusaient avec véhémence.       <br />
           Hérode, ainsi que ses soldats,       <br />
       le traita avec mépris et se moqua de lui :       <br />
       il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante       <br />
       et le renvoya à Pilate.       <br />
           Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis,       <br />
       alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.       <br />
              <br />
           Alors Pilate convoqua       <br />
       les grands prêtres, les chefs et le peuple.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       A. « Vous m’avez amené cet homme       <br />
       en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple.       <br />
       Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous       <br />
       et, parmi les faits dont vous l’accusez,       <br />
       je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.       <br />
           D’ailleurs, Hérode non plus,       <br />
       puisqu’il nous l’a renvoyé.       <br />
       En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.       <br />
           Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Ils se mirent à crier tous ensemble :       <br />
       F. « Mort à cet homme !       <br />
       Relâche-nous Barabbas. »       <br />
           L. Ce Barabbas avait été jeté en prison       <br />
       pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.       <br />
           Pilate, dans son désir de relâcher Jésus,       <br />
       leur adressa de nouveau la parole.       <br />
           Mais ils vociféraient :       <br />
       F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »       <br />
           L. Pour la troisième fois, il leur dit :       <br />
       A. « Quel mal a donc fait cet homme ?       <br />
       Je n’ai trouvé en lui       <br />
       aucun motif de condamnation à mort.       <br />
       Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Mais ils insistaient à grands cris,       <br />
       réclamant qu’il soit crucifié ;       <br />
       et leurs cris s’amplifiaient.       <br />
           Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.       <br />
           Il relâcha celui qu’ils réclamaient,       <br />
       le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre,       <br />
       et il livra Jésus à leur bon plaisir.       <br />
              <br />
           L. Comme ils l’emmenaient,       <br />
       ils prirent un certain Simon de Cyrène,       <br />
       qui revenait des champs,       <br />
       et ils le chargèrent de la croix       <br />
       pour qu’il la porte derrière Jésus.       <br />
           Le peuple, en grande foule, le suivait,       <br />
       ainsi que des femmes       <br />
       qui se frappaient la poitrine       <br />
       et se lamentaient sur Jésus.       <br />
           Il se retourna et leur dit :       <br />
       X « Filles de Jérusalem,       <br />
       ne pleurez pas sur moi !       <br />
       Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !       <br />
           Voici venir des jours où l’on dira :       <br />
       ‘Heureuses les femmes stériles,       <br />
       celles qui n’ont pas enfanté,       <br />
       celles qui n’ont pas allaité !’       <br />
           Alors on dira aux montagnes :       <br />
       ‘Tombez sur nous’,       <br />
       et aux collines :       <br />
       ‘Cachez-nous.’       <br />
           Car si l’on traite ainsi l’arbre vert,       <br />
       que deviendra l’arbre sec ? »       <br />
              <br />
          L. Ils emmenaient aussi avec Jésus       <br />
       deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.       <br />
           Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire),       <br />
       là ils crucifièrent Jésus,       <br />
       avec les deux malfaiteurs,       <br />
       l’un à droite et l’autre à gauche.       <br />
           Jésus disait :       <br />
       X « Père, pardonne-leur :       <br />
       ils ne savent pas ce qu’ils font. »       <br />
       L. Puis, ils partagèrent ses vêtements       <br />
       et les tirèrent au sort.       <br />
              <br />
       Le peuple restait là à observer.       <br />
       Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :       <br />
       F. « Il en a sauvé d’autres :       <br />
       qu’il se sauve lui-même,       <br />
       s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »       <br />
           L. Les soldats aussi se moquaient de lui ;       <br />
       s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,       <br />
           en disant :       <br />
       F. « Si tu es le roi des Juifs,       <br />
       sauve-toi toi-même ! »       <br />
          L. Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :       <br />
       « Celui-ci est le roi des Juifs. »       <br />
              <br />
           L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait :       <br />
       A. « N’es-tu pas le Christ ?       <br />
       Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »       <br />
           L. Mais l’autre lui fit de vifs reproches :       <br />
       A. « Tu ne crains donc pas Dieu !       <br />
       Tu es pourtant un condamné, toi aussi !       <br />
           Et puis, pour nous, c’est juste :       <br />
       après ce que nous avons fait,       <br />
       nous avons ce que nous méritons.       <br />
       Mais lui, il n’a rien fait de mal. »       <br />
           L. Et il disait :       <br />
       A. « Jésus, souviens-toi de moi       <br />
       quand tu viendras dans ton Royaume. »       <br />
           L. Jésus lui déclara :       <br />
       X « Amen, je te le dis :       <br />
       aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »       <br />
              <br />
           L. C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ;       <br />
       l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,       <br />
           car le soleil s’était caché.       <br />
       Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.       <br />
           Alors, Jésus poussa un grand cri :       <br />
       X « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »       <br />
       L. Et après avoir dit cela, il expira.       <br />
              <br />
                    Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)       <br />
              <br />
       À la vue de ce qui s’était passé,       <br />
       le centurion rendit gloire à Dieu :       <br />
       A. « Celui-ci était réellement un homme juste. »       <br />
           L. Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle,       <br />
       observant ce qui se passait,       <br />
       s’en retournaient en se frappant la poitrine.       <br />
           Tous ses amis,       <br />
       ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée,       <br />
       se tenaient plus loin pour regarder.       <br />
              <br />
           Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ;       <br />
       c’était un homme bon et juste,       <br />
           qui n’avait donné son accord       <br />
       ni à leur délibération, ni à leurs actes.       <br />
       Il était d’Arimathie, ville de Judée,       <br />
       et il attendait le règne de Dieu.       <br />
           Il alla trouver Pilate       <br />
       et demanda le corps de Jésus.       <br />
           Puis il le descendit de la croix,       <br />
       l’enveloppa dans un linceul       <br />
       et le mit dans un tombeau taillé dans le roc,       <br />
       où personne encore n’avait été déposé.       <br />
           C’était le jour de la Préparation de la fête,       <br />
       et déjà brillaient les lumières du sabbat.       <br />
           Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée       <br />
       suivirent Joseph.       <br />
       Elles regardèrent le tombeau       <br />
       pour voir comment le corps avait été placé.       <br />
           Puis elles s’en retournèrent       <br />
       et préparèrent aromates et parfums.       <br />
       Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
       Évangile       <br />
       Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Lc 23, 1-49)       <br />
              <br />
       La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
       L. L’assemblée tout entière se leva,       <br />
       et on l’emmena chez Pilate.       <br />
           On se mit alors à l’accuser :       <br />
       F. « Nous avons trouvé cet homme       <br />
       en train de semer le trouble dans notre nation :       <br />
       il empêche de payer l’impôt à l’empereur,       <br />
       et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »       <br />
           L. Pilate l’interrogea :       <br />
       A. « Es-tu le roi des Juifs ? »       <br />
       L. Jésus répondit :       <br />
       X « C’est toi-même qui le dis. »       <br />
           L. Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules :       <br />
       A. « Je ne trouve chez cet homme       <br />
       aucun motif de condamnation. »       <br />
           L. Mais ils insistaient avec force :       <br />
       F. « Il soulève le peuple       <br />
       en enseignant dans toute la Judée ;       <br />
       après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »       <br />
           L. À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.       <br />
           Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode,       <br />
       il le renvoya devant ce dernier,       <br />
       qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.       <br />
              <br />
           À la vue de Jésus,       <br />
       Hérode éprouva une joie extrême :       <br />
       en effet, depuis longtemps il désirait le voir       <br />
       à cause de ce qu’il entendait dire de lui,       <br />
       et il espérait lui voir faire un miracle.       <br />
           Il lui posa bon nombre de questions,       <br />
       mais Jésus ne lui répondit rien.       <br />
           Les grands prêtres et les scribes étaient là,       <br />
       et ils l’accusaient avec véhémence.       <br />
           Hérode, ainsi que ses soldats,       <br />
       le traita avec mépris et se moqua de lui :       <br />
       il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante       <br />
       et le renvoya à Pilate.       <br />
           Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis,       <br />
       alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.       <br />
              <br />
           Alors Pilate convoqua       <br />
       les grands prêtres, les chefs et le peuple.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       A. « Vous m’avez amené cet homme       <br />
       en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple.       <br />
       Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous       <br />
       et, parmi les faits dont vous l’accusez,       <br />
       je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.       <br />
           D’ailleurs, Hérode non plus,       <br />
       puisqu’il nous l’a renvoyé.       <br />
       En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.       <br />
           Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Ils se mirent à crier tous ensemble :       <br />
       F. « Mort à cet homme !       <br />
       Relâche-nous Barabbas. »       <br />
           L. Ce Barabbas avait été jeté en prison       <br />
       pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.       <br />
           Pilate, dans son désir de relâcher Jésus,       <br />
       leur adressa de nouveau la parole.       <br />
           Mais ils vociféraient :       <br />
       F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »       <br />
           L. Pour la troisième fois, il leur dit :       <br />
       A. « Quel mal a donc fait cet homme ?       <br />
       Je n’ai trouvé en lui       <br />
       aucun motif de condamnation à mort.       <br />
       Je vais donc le relâcher       <br />
       après lui avoir fait donner une correction. »       <br />
           L. Mais ils insistaient à grands cris,       <br />
       réclamant qu’il soit crucifié ;       <br />
       et leurs cris s’amplifiaient.       <br />
           Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.       <br />
           Il relâcha celui qu’ils réclamaient,       <br />
       le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre,       <br />
       et il livra Jésus à leur bon plaisir.       <br />
              <br />
           L. Comme ils l’emmenaient,       <br />
       ils prirent un certain Simon de Cyrène,       <br />
       qui revenait des champs,       <br />
       et ils le chargèrent de la croix       <br />
       pour qu’il la porte derrière Jésus.       <br />
           Le peuple, en grande foule, le suivait,       <br />
       ainsi que des femmes       <br />
       qui se frappaient la poitrine       <br />
       et se lamentaient sur Jésus.       <br />
           Il se retourna et leur dit :       <br />
       X « Filles de Jérusalem,       <br />
       ne pleurez pas sur moi !       <br />
       Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !       <br />
           Voici venir des jours où l’on dira :       <br />
       ‘Heureuses les femmes stériles,       <br />
       celles qui n’ont pas enfanté,       <br />
       celles qui n’ont pas allaité !’       <br />
           Alors on dira aux montagnes :       <br />
       ‘Tombez sur nous’,       <br />
       et aux collines :       <br />
       ‘Cachez-nous.’       <br />
           Car si l’on traite ainsi l’arbre vert,       <br />
       que deviendra l’arbre sec ? »       <br />
           L. Ils emmenaient aussi avec Jésus       <br />
       deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.       <br />
              <br />
           Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire),       <br />
       là ils crucifièrent Jésus,       <br />
       avec les deux malfaiteurs,       <br />
       l’un à droite et l’autre à gauche.       <br />
           Jésus disait :       <br />
       X « Père, pardonne-leur :       <br />
       ils ne savent pas ce qu’ils font. »       <br />
       L. Puis, ils partagèrent ses vêtements       <br />
       et les tirèrent au sort.       <br />
              <br />
           Le peuple restait là à observer.       <br />
       Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :       <br />
       F. « Il en a sauvé d’autres :       <br />
       qu’il se sauve lui-même,       <br />
       s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »       <br />
           L. Les soldats aussi se moquaient de lui ;       <br />
       s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,       <br />
           en disant :       <br />
       F. « Si tu es le roi des Juifs,       <br />
       sauve-toi toi-même ! »            <br />
       L. Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :       <br />
       « Celui-ci est le roi des Juifs. »       <br />
              <br />
           L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait :       <br />
       A. « N’es-tu pas le Christ ?       <br />
       Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »       <br />
           L. Mais l’autre lui fit de vifs reproches :       <br />
       A. « Tu ne crains donc pas Dieu !       <br />
       Tu es pourtant un condamné, toi aussi !       <br />
           Et puis, pour nous, c’est juste :       <br />
       après ce que nous avons fait,       <br />
       nous avons ce que nous méritons.       <br />
       Mais lui, il n’a rien fait de mal. »       <br />
           L. Et il disait :       <br />
       A. « Jésus, souviens-toi de moi       <br />
       quand tu viendras dans ton Royaume. »       <br />
           L. Jésus lui déclara :       <br />
       X « Amen, je te le dis :       <br />
       aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »       <br />
              <br />
           L. C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ;       <br />
       l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,       <br />
           car le soleil s’était caché.       <br />
       Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.       <br />
           Alors, Jésus poussa un grand cri :       <br />
       X « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »       <br />
       L. Et après avoir dit cela, il expira.       <br />
              <br />
                  (Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)       <br />
              <br />
         À la vue de ce qui s’était passé,       <br />
       le centurion rendit gloire à Dieu :       <br />
       A. « Celui-ci était réellement un homme juste. »       <br />
           L. Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle,       <br />
       observant ce qui se passait,       <br />
       s’en retournaient en se frappant la poitrine.       <br />
           Tous ses amis,       <br />
       ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée,       <br />
       se tenaient plus loin pour regarder.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   </description>
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   <link>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Dimanche-des-Rameaux-et-de-la-Passion-du-Seigneur-Annee-C-Il-s-est-abaisse-devenant-obeissant-jusqu-a_a887.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Homélie pour le Jeudi Saint 2015 : « L’offrande de soi comme celle de l'Agneau »</title>
   <pubDate>Tue, 31 Mar 2015 01:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie le Jeudi Saint pour la messe en mémoire de la Cène du Seigneur par Mgr Hermann Giguère P.H. Séminaire de Québec le 2 avril 2015. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14, I Corinthiens 11, 23-26 et Jean, 13, 1-15.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/7628195-11786282.jpg?v=1427757553" alt="Homélie pour le Jeudi Saint 2015 : « L’offrande de soi comme celle de l'Agneau »" title="Homélie pour le Jeudi Saint 2015 : « L’offrande de soi comme celle de l'Agneau »" />
     </div>
     <div>
      La mémoire de la Cène du Seigneur ne peut se dissocier de celle de sa Passion. Ces deux événements sont réunis par un lien indissociable. Sans la Passion la Cène reste un repas festif, une louange et une bénédiction pour les actions de Dieu, un « berakha ». Et sans la Cène la mort de Jésus au terme de sa Passion est un geste d’amour incroyable mais sans lendemain. Sans la Cène pas de mémorial, sans la Passion une Cène vide.       <br />
              <br />
       Essayons ce soir d’entrer plus à fond dans cette dynamique essentielle du salut révélé en Jésus et laissons-nous porter par les textes que la liturgie du Jeudi Saint propose et qui nous l'exprime bien.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Dieu sauve</span>        <br />
              <br />
       C’est le texte de l’Exode qu’il faut garder comme portail pour entrer dans notre réflexion sur le salut qui nous est offert par le Père des miséricordes. Ce salut a une histoire à laquelle le livre de l’Exode nous sensibilise en décrivant le geste fondateur de la mémoire de son peuple : celui du passage de la Mer Rouge. Cette intervention est celle d’un Dieu proche qui protège, éduque, nourrit son peuple, d’un Dieu qui l’arrache à l’ennemi et le libère.       <br />
              <br />
       Tel est le sens du passage de l’Ange de Dieu qui évite les portes marquées du sceau de l’agneau. Cet agneau associé ensuite au passage de la Mer Rouge et à la délivrance d’Israël deviendra pour les chrétiens le symbole du nouvel Agneau qu’est le Christ qui permet par son obéissance le salut de tous. Son sacrifice n’est pas une fin de vie, il est un don suréminent à la hauteur des attentes de son Père.        <br />
              <br />
       Ainsi, Jésus a-t-il voulu laisser non seulement la coupe partagée et le pain rompu comme symboles de ce sacrifice, mais aussi le geste du lavement des pieds retenu par l’évangéliste Jean que nous lisons dans l’évangile de ce jour.       <br />
              <br />
       Ces gestes sont porteurs d’un symbolisme et d’une grâce à nuls autres pareils. Ils nous révèlent chacun à leur façon comment  Dieu nous aime d’un amour qui lui fait offrir son Fils pour notre salut.  On lit dans l’évangile de saint Jean que le Grand prêtre Caïphe disait à ses compatriotes : « Il vaut mieux qu’un seul meurt pour le salut de tous » (Jean 11, 50). Hé bien! C’est ce qui arrivera, le nouvel Agneau sera porté sur la croix qui deviendra l’autel de son sacrifice et c’est là que notre salut s’accomplira une fois pour toutes.       <br />
              <br />
       II– <span style="font-style:italic">Jésus sauve</span>       <br />
              <br />
       Saint Paul dans la deuxième lecture nous met devant nos yeux cette réalité du salut de façon réelle mais aussi symbolique et sacramentelle lorsqu’il reprend pour le Corinthiens le récit de la Cène du Jeudi Saint.  En effet, il dégage le sacrifice de Jésus sur la Croix d’une mémoire rétrécie qui ne consisterait qu’à le photographier dans nos souvenirs. Il en montre plutôt toute l’ampleur en proclamant sa vivante actualité toujours créatrice à travers les paroles de Jésus lui-même qui a voulu ainsi que son sacrifice sur la croix deviennent une offrande spirituelle pour la gloire de Dieu et le salut du monde.       <br />
              <br />
       Cette offrande spirituelle est mystérieuse et c’est le but de la Cène du Jeudi Saint de nous en révéler la grandeur. En effet, les murs du temps et de l’espace tombent au moment où Jésus dit « Ceci est mon corps » et « Ceci est mon sang ».  Le mémorial de son amour rédempteur devient une réalité pérenne, toujours présente jusqu’à la fin des temps et jusque dans la gloire du ciel où le Christ est devant le Père toujours vivant « l’interpellant pour nous » (Hébreux 7, 25) et lui présentant ses plaies de Ressuscité.       <br />
              <br />
       Voilà ce que saint Paul nous rappelle. Jésus sauve et il continue de la faire aujourd’hui comme hier « jusqu’à ce qu’il vienne ».       <br />
               <br />
       III – <span style="font-style:italic">Sauvés en union avec Jésus</span>       <br />
              <br />
       Comment recevoir cette bonne nouvelle, si ce n’est en nous unissant à Jésus lui-même dans son acte d’amour suprême pour toute l’humanité qu’il a portée sur la croix? Cet acte lui a valu une exaltation qui est couronnée le matin de Pâques dans la résurrection.       <br />
              <br />
       Ce soir nous recevons le moyen principal pour entrer dans l’union avec Jésus : le sacrement de l'Eucharistie. Notre vie comme la sienne est un sacrifice spirituel offert à Dieu de qui l’avons reçue. Elle se déroule toute entière en une histoire du salut à l’image de celle du peuple d’Israël faite de passages, de nuits, de lumières, de peines, de joies, d’action de grâces, de demandes de pardon. Notre sacrifice spirituel ne nous appartient pas, il est lié à celui de nos frères et sœurs de la communauté qui fait Église et, par-dessus tout, au sacrifice du Christ le seul qui a pu plaire à Dieu totalement.        <br />
              <br />
       C’est pourquoi, nous reprenons souvent la célébration de l'Eucharistie,  de la Cène du Seigneur dans la célébration eucharistique. Celle-ci est le moyen par excellence d’union au Christ et le sommet de toute vie chrétienne comme le dit le Concile Vatican II dans le <span style="font-style:italic"> Décret sur le ministère et la vie des prêtres</span> : « …c’est par le ministère des prêtres que se consomme le sacrifice spirituel des chrétiens, en union avec le sacrifice du Christ, unique médiateur, offert au nom de toute l’Église dans l’Eucharistie par les mains des prêtres, de manière sacramentelle et non sanglante, jusqu’à ce que vienne le Seigneur lui-même. C’est là qu’aboutit leur ministère, c’est là qu’il trouve son accomplissement : commençant par l’annonce de l’Évangile, il tire sa force et sa puissance du Sacrifice du Christ et il aboutit à ce que ‘la Cité rachetée tout entière, c’est-à-dire la société et l’assemblée des saints, soit offerte à Dieu comme un sacrifice universel par le Grand Prêtre qui est allé jusqu’à s’offrir pour nous dans sa Passion, pour faire de nous le Corps d’une si grande Tête' » (numéro 2).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       En ce Jeudi Saint, la mémoire de la Cène du Seigneur nous a plongés dans le mouvement et la réalité du salut reçu de Dieu et Jésus. Chaque fois que nous le faisons nous annonçons le Christ « jusqu’à ce qu’il vienne ». Qu’il nous garde dans l’attente joyeuse et dans le service généreux comme il nous le montre ce soir dans le lavement des pieds de ses disciples et de chacune et chacun de nous qu’il désire entraîner avec lui dans une offrande totale au Père.       <br />
              <br />
       Amen!        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Séminaire de Québec </span>       <br />
              <br />
       2 avril 2015.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.hgiguere.net/blogsme/LA-CENE-16-MILLIARDS-DE-PIXELS_a64.html">Le tableau "La Cène" de Léonard de Vinci en 16 milliards de pixels</a>       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/7628195-11786282.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Jeudi-Saint-2015-L-offrande-de-soi-comme-celle-de-l-Agneau_a638.html</link>
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   <title>Homélie pour le Jeudi Saint à la Cathédrale de Québec par Mgr Gaétan Proulx O.S.M. le 28 mars 2013 : "Jésus agenouillé devant nous"</title>
   <pubDate>Fri, 29 Mar 2013 03:38:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mgr Gaétan Proulx</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Voici l'homélie donnée par Mgr Gaétan Proulx O.S.M., évêque auxiliaire à Québec, à la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec lors de la célébration du mémorial de la Cène du Seigneur présidée par Mgr Gérald C. Lacroix, archevêque de Québec, le Jeudi Saint, 28 mars 2013.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/5365498-8005454.jpg?v=1364522945" alt="Homélie pour le Jeudi Saint à la Cathédrale de Québec par Mgr Gaétan Proulx O.S.M. le 28 mars 2013 : "Jésus agenouillé devant nous"" title="Homélie pour le Jeudi Saint à la Cathédrale de Québec par Mgr Gaétan Proulx O.S.M. le 28 mars 2013 : "Jésus agenouillé devant nous"" />
     </div>
     <div>
      Le Jeudi saint est plus que l'anniversaire de la Cène du Seigneur. C'est plus que la fête des prêtres ou du sacerdoce ministériel. C'est plus qu'un hommage à la présence réelle...        <br />
              <br />
       C'est l'entrée de Jésus dans sa Pâque, dans son passage de cette vie à la vie nouvelle.        <br />
              <br />
       Le début de l'évangile que vous venez d'écouter nous redit ces mots: «Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin » (Jeann 13,1). Dieu aime sa créature, l'homme; il l'aime même dans sa chute et ne l'abandonne pas à lui-même. Il aime jusqu'au bout, jusqu'à l'extrême. Il descend de sa gloire divine. Il dépose les habits de sa gloire divine et revêt les vêtements de l'esclave. Il descend jusqu'au degré le plus bas de notre chute. Il s'agenouille devant nous et il nous rend le service de l'esclave; il lave nos pieds sales, afin que nous devenions admissibles à la table de Dieu, afin que nous devenions dignes de prendre place à sa table.        <br />
              <br />
       «Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin ». En cela frères et sœurs, s'exprime tout le mystère de Jésus-Christ. En cela devient visible ce que signifie sa rédemption. Le bain dans lequel il nous lave est son amour prêt à affronter la mort. Seul l'amour a cette force purificatrice qui nous ôte notre impureté et nous élève à la hauteur de Dieu. Oui frères et sœurs, cet amour qui nous lave est présent en permanence dans l'Église à travers les sacrements du baptême et de la pénitence, ces sacrements si précieux qui nous purifient et à travers lesquels le Seigneur se met sans cesse à genoux pour nous rendre aptes à recevoir Dieu. Vous savez comme moi que le refus de l'amour existe et cela existe aussi parfois dans nos vies: ne pas vouloir être aimé, ne pas aimer. Nous avons besoin de purification. Dieu en Jésus-Christ prend la position de l'esclave, il se met encore et toujours à genoux pour nous laver, pour nous purifier et nous faire entrer dans la communion du banquet avec Lui, avec Dieu lui-même.        <br />
              <br />
       « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin ». En Jésus, Dieu se met à genoux. Cela, nous le supportons mal. On a de la difficulté avec cette manière de comprendre cette attitude de Dieu. L'attitude de Pierre dans l'évangile est assez révélatrice de cette difficulté: « Tu ne me laveras pas les pieds; non jamais! ». On a de la misère avec cette attitude de Dieu parce que nous croyons qu'il faut se redresser pour être grand. Jésus nous apprend ceci: l'homme est le plus « élevé » là où il accepte, par amour pour les autres, d'être au plus « bas ».       <br />
               <br />
       Jésus donne ainsi sa vie pour que la Bonne Nouvelle annoncée depuis le commencement continue de résonner dans nos cœurs. Cette Bonne Nouvelle c'est que Dieu n'a pas la mainmise sur nous, mais qu'il nous ouvre les bras comme un Père dont la grandeur consiste à se courber pour être à la hauteur des plus petits. La Bonne Nouvelle, c'est que Dieu ne demeure dans aucune église ni cathédrale, mais qu'il marche sur notre terre.        <br />
              <br />
       Quand le Christ dit: » Prenez et mangez ce pain, mon corps; prenez et buvez mon sang », il nous dit en d'autres mots: « Laissez ma vie nourrir votre vie. Vivez de mon Évangile. Mangez ma Parole, qu'elle soit votre force. À votre tour, soyez d'autres Christ ». Célébrer l'eucharistie en vérité entraîne en nous une transformation de l'être. Nous devenons d'autres Christ dont les actes et les paroles sauvent nos frères et nos sœurs.        <br />
              <br />
       C'est vrai, comment pourrions-nous manger et boire la vie réelle du Christ sans que notre existence en soit elle-même renouvelée et nous rende aptes au don et au service? À moins d'être faux, il n'est pas possible de faire mémoire du Christ dans l'eucharistie sans grandir dans la fidélité renouvelée à l'Évangile. Cela peut aussi nous conduire à la croix. Vous comprenez que ce qui a coûté cher à Dieu ne peut pas être bon marché pour l'homme.        <br />
              <br />
       « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin ». C'est ainsi que Dieu en Jésus-Christ nous a purifiés, qu'il a voulu nous élever à la hauteur de Dieu. Et c'est pour cette raison que nous osons prendre place à sa table. Prions-le de nous donner la grâce de pouvoir un jour être pour toujours des hôtes de l'éternel banquet nuptial. Amen!        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   <link>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Jeudi-Saint-a-la-Cathedrale-de-Quebec-par-Mgr-Gaetan-Proulx-O-S-M-le-28-mars-2013-Jesus-agenouille_a526.html</link>
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   <title>Homélie pour le Jeudi Saint 2013 : «  L’Eucharistie et le lavement des pieds : une même réalité »</title>
   <pubDate>Wed, 27 Mar 2013 13:37:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marc Bouchard</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Messe en mémoire de la Cène du Seigneur au Séminaire de Québec, le Jeudi Saint. 28 mars 2013. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14; I Corinthiens 11, 23-26 et Jean, 13, 1-15. Homéliste : monsieur le chanoine Marc Bouchard, prêtre du Séminaire de Québec.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/5360011-7997208.jpg?v=1364389947" alt="Homélie pour le Jeudi Saint 2013 : «  L’Eucharistie et le lavement des pieds : une même réalité »" title="Homélie pour le Jeudi Saint 2013 : «  L’Eucharistie et le lavement des pieds : une même réalité »" />
     </div>
     <div>
      Faites cela en mémoire de moi. …  Je vous ai lavé les pieds, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns les autres. Deux appels du Seigneur que la Parole de Dieu nous faire entendre en cette fête du Jeudi Saint !       <br />
               <br />
       Nous sommes entrés dans cette semaine sainte en écoutant ou en lisant le récit de la passion de Jésus, récit toujours dérangeant. Une question peut alors être venue à notre esprit : Pourquoi Jésus est-il passé par ce chemin de souffrance et de mort ? Pourquoi a-t-il fallu qu’il connaisse la torture et l’humiliation de la croix ?        <br />
              <br />
       La réponse à cette question nous est donnée par les évangiles, à travers ce qu’ils nous rapportent de ce qui s’est passé à Jérusalem en ces jours de la pâque de l’an 30. Pour que ses disciples, ceux et celles qui l’avaient accompagné sur la route de la Palestine, et aussi ceux et celles qui viendraient par la suite, comprennent bien qu’il entrait dans la passion sans y être contraint, en toute liberté, Jésus annonce, anticipe dans un geste symbolique ce qui va lui arriver.         <br />
              <br />
       C’est dans la liberté que Jésus accepte que sa vie se termine ainsi. Il aurait pu éviter ce qui s’annonçait à lui, ce qu’il était en mesure de prévoir. Les évangiles nous racontent que les apôtres, qui eux aussi voyaient ce qui s’en venait et en étaient effrayés, ont essayé de l’en détourner. Ils nous disent aussi que Jésus dans sa prière a demandé à son Père, si cela était possible, que cette épreuve lui soit épargnée, et cette épreuve n’était pas sans l’angoisser jusqu’à produire une sueur de sang.       <br />
              <br />
       Jésus a voulu être fidèle à la mission reçue de Dieu, quoi qu’il puisse lui arriver. C’était là une exigence de sa décision de se faire solidaire des justes, ces hommes et ces femmes qui, dans un monde de l’injustice, rencontrent inévitablement l’opposition et la persécution. Tout au long de l’année, la liturgie nous parle de ces hommes, ces femmes qui à la suite de Jésus et à son exemple donneront librement leur vie par fidélité, et beaucoup iront jusqu’au martyre.        <br />
              <br />
       Si Jésus voulait être et rester du côté des victimes, il devait accepter ce qui s’annonçait, la condamnation et la mort. Il accomplirait ainsi la volonté de Dieu son Père. Ce n’est pas que le Père voulait sa mort, il n’est pas possible que Dieu ait voulu, souhaité pour son Fils bien-aimé une telle souffrance.        <br />
              <br />
       Ce que Dieu voulait, c’est que Jésus soit cet homme capable de persister, de durer dans la justice, dans la charité, dans la solidarité avec les humbles, les pauvres, les victimes d’un monde où règne trop souvent l’injustice, qu’il ouvre une route sur laquelle s’engageront tous ceux, toutes celles qui voudront changer le monde.        <br />
              <br />
       Jésus a été capable de s’engager en toute liberté sur cette voie de la souffrance parce que son cœur d’homme était habité par un amour sans limite : son amour pour Dieu son Père, son amour de la vérité et de la justice, sans compromis, son amour pour ses frères et ses sœurs, les hommes et les femmes de partout et de toujours, son amour pour nous ici rassemblés cet après-midi.        <br />
              <br />
       Pour que ses disciples comprennent bien que c’est librement qu’il donne sa vie, Jésus leur annonce ce qui va lui arriver, anticipe ce qu’il va vivre. Au cours du repas pascal qu’il prenait avec eux, Jésus fait sur le pain et le vin des gestes qu’il accompagne de paroles. Par ces gestes et ces paroles, il dit que son corps sera rompu et donné au monde, que son sang sera  versé et donné pour tous.        <br />
              <br />
       Ce signe qui annonce sa mort imminente devient sacrement, l’Eucharistie, que ses disciples ne cesseront pas de célébrer en mémoire de lui pour qu’ils soient se reconnaissent eux aussi compromis dans ce geste du don qu’il fait de sa vie. En terminant, Jésus dit : Faites ceci en mémoire de moi ! En reprenant ces gestes et  ces paroles, les chrétiens et chrétiennes sauront reconnaître la présence avec eux de leur Maître et Sauveur.       <br />
               <br />
       Dans cette liturgie du Jeudi Saint, un autre geste de Jésus est rappelé, le lavement des pieds de ses disciples. Pourquoi cette autre action de Jésus, cet autre signe ? On peut penser que ce choix que saint Jean a fait de raconter le lavement des pieds plutôt que l’institution de l’eucharistie était motivé par ce qui lui apparaissait important de dire aux chrétiens et chrétiennes de son époque, et de toutes les époques, de nous dire à nous aussi.        <br />
              <br />
       La célébration de l’Eucharistie ne peut pas être sans lien avec l’amour et le service du prochain. La célébration eucharistique et le service concret, quotidien de son frère, de sa sœur sont unis comme deux aspects nécessaires de la participation au mystère pascal du Christ. L’Eucharistie et le lavement des pieds, deux actions différentes, mais qui disent la même réalité : Jésus offre sa vie librement et par amour. Comme pour le geste eucharistique, Vous ferez cela en mémoire de moi, un commandement fait suite au geste du lavement des pieds : Comme je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns les autres.        <br />
              <br />
       Si l’Église veut être l’Église du Seigneur, ce doit être là l’essentiel de sa vie, ce que semble vouloir lui rappeler celui qui vient de lui être donné comme pasteur : partager le pain et la parole de vie, être au service du monde. Si notre  communauté sacerdotale a pu marquer 350 années de présence, c’est que telle a été sa vie. Cette longue et belle histoire que nous nous plaisons à commémorer et à faire connaître va-t-elle se poursuivre.        <br />
       J’ai relu le texte de <a class="link" href="http://www.seminairedequebec.org/L-invention-du-Seminaire-de-Quebec-un-coup-de-genie-de-Francois-de-Laval-une-histoire-a-reactualiser-par-l-abbe-Gilles_a518.html">la conférence donnée par Gilles Routhier</a>, prêtre associé à notre communauté, saurons-nous nous laisser interroger par ce qu’il nous dit de François de Laval, un homme de l’Eucharistie et un homme du service, pleinement engagé dans la vie de son peuple, artisan d’une nouvelle évangélisation pour un nouveau pays ?       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Chanoine Marc Bouchard       <br />
       Membre agrégé de la communauté des prêtres du       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
              <br />
       le 28 mars 2013       <br />
              <br />
       _________________________________________________________       <br />
              <br />
       <b>Mot d'accueil</b>       <br />
              <br />
       La tradition veut que cette messe du Jeudi Saint soit vue comme le rappel de l’institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce : c’est ce que nous célébrons, comme communauté de prêtres, dans la joie et l’action de grâce. Mais cette célébration ne serait-elle pas d’abord ce qu’indique bien le titre que la liturgie lui donne : Messe en mémoire de la Cène du Seigneur. Nous rappelons ce dernier repas que Jésus a pris avec les siens. Repas pascal, tout orienté vers la passion et la résurrection. Repas que les communautés chrétiennes n’ont pas cessé de revivre, comme va nous le rappeler la deuxième lecture, repas qui est appel à servir comme va nous y inviter le récit évangélique du lavement des pieds.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.hgiguere.net/photo/art/imagette/5360011-7997208.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Jeudi-Saint-2013-L-Eucharistie-et-le-lavement-des-pieds-une-meme-realite_a525.html</link>
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   <title>Homélie pour le Jeudi Saint  : « Faites ceci en mémoire de moi »</title>
   <pubDate>Fri, 06 Apr 2012 02:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Messe en mémoire de la Cène du Seigneur au Séminaire de Québec, le Jeudi-Saint. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14; I Corinthiens 11, 23-26 et Jean, 13, 1-15. Homéliste : Mgr Hermann Giguère, P.H, supérieur général du Séminaire de Québec.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/4064330-6166777.jpg?v=1333502511" alt="Homélie pour le Jeudi Saint  : « Faites ceci en mémoire de moi »" title="Homélie pour le Jeudi Saint  : « Faites ceci en mémoire de moi »" />
     </div>
     <div>
      Le fil conducteur de ma méditation en ce Jeudi-Saint où nous célébrons la messe en mémoire de la Cène du Seigneur prendra appui sur la prescription du Seigneur à Moïse qui termine la première lecture consacrée à la  Pâque juive : « Ce jour-là sera pour vous un mémorial. »       <br />
              <br />
       Le récit de Paul dans la seconde lecture y fait écho : « Faites cela en mémoire de moi » ainsi que celui de l’évangile : « Faites vous aussi comme j’ai fait pour vous ».       <br />
              <br />
       Ces trois phrases se répercutent en harmonie les unes avec les autres et trouvent leur actualité dans chaque Eucharistie où au cœur de la prière eucharistique à la fin des paroles de la consécration le prêtre redit « Vous ferez cela, en mémoire de moi. »       <br />
              <br />
       Voila un riche fil conducteur, n’est-ce pas?       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Le mémorial, une vie en acte </span>       <br />
              <br />
       « Faire mémoire ». Est-ce seulement répéter un geste pour obéir à une prescription? Est-ce seulement un pieux souvenir que les anciens se rappellent avec un brin de mélancolie parfois?         <br />
              <br />
       Pour saisir la richesse du mémorial, regardons sommairement comment il se situe dans l’Ancien Testament. Un bibliste de renom, Yves Guillemette, explique dans un commentaire sur le site<a class="link" href="http://www.interbible.org/"> InterBible</a> que le peuple d’Israël « est devenu familier, grâce aux prophètes, de certains signes venus de Dieu qui anticipent de façon mystérieuse mais réelle un événement futur. Ainsi en est-il de Jérémie qui brise une cruche devant ses compatriotes en disant : ‘Ainsi parle le Seigneur: je vais briser ce peuple et cette ville, comme on brise le vase du potier qui ne peut plus être réparé. » (Jérémie 19,10-11) ».       <br />
              <br />
       Une note de la Bible de Jérusalem, commente-t-il, (voir Jérémie 28,19) souligne que ces gestes prophétiques sont « moins un besoin d'expression que l'exigence d'un réalisme religieux : un lien est établi entre le geste significatif et la réalité dont il est le signe, en sorte que la réalité annoncée est désormais aussi irrévocable que le geste accompli. »       <br />
              <br />
       Voilà. Le « faire mémoire » peut être l’occasion non seulement d’un souvenir, mais il peut, à certaines conditions, bien sûr, se transformer en moteur de vie. Il déborde alors les limites de temps et de lieu et se fait don pour aujourd’hui.       <br />
              <br />
       II– <span style="font-style:italic">La Cène, un héritage vivant dans la foi au Ressuscité</span>       <br />
              <br />
       La beauté du récit de la Cène que faisait saint Paul pour les chrétiens de Corinthe et pour nous en ce  jour, se trouve dans sa conclusion qui reprend, comme je l’ai dit en commençant, la prescription de Moïse dans l’Exode.  C’est probablement dans le contexte biblique que nous avons rappelé tout à l’heure que les premiers chrétiens ont compris les gestes et les paroles de Jésus le soir du Jeudi Saint.        <br />
              <br />
       Jésus lors de la Cène savait que sa vie se terminerait. « Je ne boirai plus désormais avec vous du fruit de la vigne » (Mathieu 26, 29). Et comme il avait aimé les siens il les aima jusqu’à la fin. Dans un geste symbolique et prophétique il rompt le pain et partage la coupe annonçant sa Pâque personnelle où rompu, partagé, livré tout entier pour le salut de l’humanité il sera relevé par le Père et établi Seigneur, Premier-né d’une multitude de frères et sœurs.        <br />
              <br />
       Ainsi en consacrant le pain et le vin, Jésus veut faire comprendre que sa mort est un don libre de sa vie et que les disciples qui viendront suivront la même voie. « Ayez en vous  le mêmes sentiments qui étaient ceux de Jésus Christ »  conseille saint Paul aux Philippiens avec raison (Philippiens 2,  5).       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Le lavement des pieds, un mémorial</span>       <br />
              <br />
       Pour bien faire entrer dans la tête de ses disciples, la nature profonde ce don, Jésus accompagne le pain rompu et la coupe partagée d’un geste qui dit tout : le lavement des pieds que nous reprendrons ce soir en communauté.        <br />
              <br />
       En effet, la recommandation de faire comme il a fait mise, non seulement sur la répétition, mais sur la signification vécue du geste qui, comme mémorial, prend place dans l'aujourd’hui du Salut qui rejoint toutes les générations, toutes les catégories de personnes dans tous les lieux et dans tous les temps. Le geste du <a class="link" href="http://www.hgiguere.net/Pour-la-vie-du-monde-Homelie-pour-le-Jeudi-Saint_a176.html">lavement des pieds</a>  exprime totalement le mouvement de l'Eucharistie. Saint Jean d'ailleurs ne rapporte pas les paroles de Jésus sur le pain et le vin, mais bien le geste du lavement des pieds. Celui-ci donne tout leur sens aux paroles de Jésus que rapportent les autres évangélistes et saint Paul.       <br />
              <br />
       Ainsi, en imitant le geste de Jésus, lavant les pieds de ses disciples, nous entrons avec lui dans une attitude de serviteur et, avec lui, nous devenons solidaires de nos frères et sœurs, qui qu’ils soient, parce qu’ils sont objets, comme nous, de l’amour et de la miséricorde de Dieu qui a donné son Fils « pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jean 10,10).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       En ce Jeudi saint, Jésus nous accueille à la table qu’il a dressée pour nous le soir de la Cène et qu’il continue de dresser à chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons à cette coupe (I Corinthiens, 11,25). Nous sommes ainsi fortifiés par le pain devenu son Corps et le vin devenu son Sang. Et comme il a dit : « Vous aussi lavez-vous les pieds les uns des autres », il nous dit maintenant : « Vous  aussi donnez de vos forces, de votre temps, de votre amour, de votre disponibilité à vos frères et sœurs. Donnez de vous-mêmes pour que les autres mangent et vivent.&quot;  Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Supérieur général du Séminaire de Québec </span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Le 5 avril 2012</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/4064330-6176190.jpg?v=1522321220" alt="Homélie pour le Jeudi Saint  : « Faites ceci en mémoire de moi »" title="Homélie pour le Jeudi Saint  : « Faites ceci en mémoire de moi »" />
     </div>
     <div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
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   <link>http://www.hgiguere.net/Homelie-pour-le-Jeudi-Saint-Faites-ceci-en-memoire-de-moi_a459.html</link>
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   <title>Homélie pour le Jeudi Saint 2011 : « Le Christ est la clé de la Nouvelle Alliance comme il est la clé de ma vie »</title>
   <pubDate>Thu, 21 Apr 2011 20:29:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Messe en mémoire de la Cène du Seigneur au Séminaire de Québec, le Jeudi Saint. 21 avril 2011. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14; I Cor 11, 23-26 et Jn, 13, 1-15. Homéliste : Mgr Hermann Giguère, P.H, supérieur général du Séminaire de Québec.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/2910717-4122648.jpg?v=1303411183" alt="Homélie pour le Jeudi Saint 2011 : « Le Christ est la clé de la Nouvelle Alliance comme il est la clé de ma vie »" title="Homélie pour le Jeudi Saint 2011 : « Le Christ est la clé de la Nouvelle Alliance comme il est la clé de ma vie »" />
     </div>
     <div>
      La célébration du Jeudi-Saint nous renvoie au mystère de l’Incarnation qui se déploie totalement dans celui de Pâques. En effet, il est à propos aujourd’hui de parler de l’Eucharistie comme du mystère de la Nouvelle Alliance dans le Verbe qui a habité parmi nous et qui nous entraîne derrière lui dans la vie nouvelle, participation à vie divine elle-même.       <br />
              <br />
       Regardons-y de plus près si vous le voulez bien.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Une vie, fruit d’une Alliance </span>       <br />
              <br />
       L’humanité a besoin de signes et de gestes qui expriment le sens de la vie. Dans la première lecture, nous voyons le Peuple de Dieu appelé par Moïse à mettre en œuvre son lien à son Dieu, fruit de l’Alliance scellée avec Abraham dans un rituel qui servira de mémorial d’âge en âge.       <br />
              <br />
       Ces gestes étrangers pour nous sont cependant ceux de gens qui disent ainsi leur attachement et leur foi dans Celui qui les fait vivre : le Dieu d’Abraham et de ses descendants, le Dieu proche d’eux, le Dieu qui est le Dieu avec nous. Cette proximité fait que leur Dieu ne peut se désintéresser de leur sort. C’est pourquoi, les gestes proposés les mettent sur un pied d’alerte, les font entrer en marche, en pèlerinage dans la foi et dans la confiance.       <br />
              <br />
       L’Incarnation du Verbe de Dieu vient renouveler d’une façon unique ce pèlerinage de la Première Alliance. « C’est ainsi, commente saint Augustin, que l’être immortel a pu mourir, c’est ainsi qu’il a voulu donner la vie aux mortels : il devait dans l’avenir les faire participer à ce qu’il est, après avoir participé lui-même à ce qu’ils sont. » (<span style="font-style:italic">Sermon sur la Passion du Seigneur</span> dans l’<span style="font-style:italic">Office des lectures</span> du Lundi Saint).        <br />
              <br />
       Dans le Verbe incarné, Dieu n’est plus seulement le protecteur, le défenseur de son Peuple, il est l’un de nous. Il prend notre chair pour pouvoir mourir et sauver toute l’humanité. Il ne regardera pas comme un priviège son égalité avec Dieu et il acceptera de s'anéantir dans la condition mortelle, comme le dit saint Paul aux Philippiens (Phil, 2, 6-7). C’est pourquoi, Dieu le relèvera, le ressuscitera pour que, la mort étant vaincue, la vie triomphe définitivement.       <br />
              <br />
       Vous voyez que ces réflexions nous renvoient spontanément au Baptême qui prend tant d’importance dans la célébration de la Vigile pascale. Le ton baptismal des lectures du Carême cette année nous a permis de méditer diverses facettes de la vie nouvelle dans laquelle le baptisé est emporté, dans « la vie que nous ne pouvons pas tenir de nous » (saint Augustin <span style="font-style:italic">loc.cit.</span>).       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Les gestes de la Cène </span>       <br />
              <br />
       Revenons à notre célébration de la Cène du Seigneur maintenant. Nous sommes invités, comme les Israélites à qui s’adressaient Moïse à poser des gestes symboliques. Ceux-ci s’inscrivent dans la continuité des gestes anciens. Jésus se retrouve avec les siens pour la Pâque. Il refait certainement les gestes qu’il a appris dans sa famille et que tous autour de la table connaissent bien.        <br />
              <br />
       Mais, ô surprise, sur le pain et la coupe il prononce ces paroles devenues si familières pour nous et que saint Paul rapporte fidèlement : « Ceci est mon corps, qui est pour vous », « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ». Et saint Jean ajoute la scène du lavement des pieds que nous venons d’entendre dans la lecture de l’évangile et que nous referons nous aussi ce soir.       <br />
              <br />
       Les gestes et les signes que nous posons maintenant ne nous appartiennent pas. Ils sont sans contredit d’une puissance incomparable pour nous faire cheminer de plus en plus sur le chemin de la vie reçue de Dieu par l’obéissance de Jésus, Verbe de Dieu, ayant porté toutes les blessures et les péchés de notre humanité pour les anéantir et ouvrir pour tous la voie de la vie avec lui, Dieu fait homme, Dieu avec nous que le Père ressuscite et consacre Maître de la Vie.       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Le Corps et le Sang du Christ</span>        <br />
               <br />
       On peut ce soir, avec raison, se poser la question que se posaient les Juifs à propos de Jésus : « Comment peut-il nous donner sa chair à manger? » Et pourtant, ce soir, nous donnons dans cette célébration de la Cène du Seigneur tout leur sens aux paroles de Jésus qui dit : « Ceci est ma chair » et « Ceci est mon sang » si nous n’oublions pas qu’il s’agit du Corps et du Sang du Christ ressuscité c’est-à-dire du Verbe de Dieu venu parmi nous, qui s’est fait proche de l’humanité aux temps anciens et aux temps nouveaux commencés en Jésus. Ce qui fait dire à saint Paul : « chaque fois que mangez de ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne »(<span style="font-style:italic">deuxième lecture</span>).       <br />
              <br />
       Voilà le mystère de notre Eucharistie ce soir et de toute Eucharistie. L’Eucharistie est nourriture sur le chemin, elle ne  prétend pas mettre le point final à la transformation inaugurée en nous par le Baptême.  Elle est le soutien sur la route et l’aliment du pèlerinage.        <br />
              <br />
       Sur les pas du Christ, le baptisé connaît une transformation radicale qui bouleverse les racines de son être humain. Comme les Israélites de la Première Pâque il se met en marche. Il regarde avec confiance vers le Premier-Né, Jésus-Christ, qui est sorti des limites de notre temps et de notre espace et qui vit toujours. Le Christ ressucité vit pour Dieu éternellement dit saint Paul ; &quot;quod enim mortuus est peccato mortuus est semel quod autem vivit vivit Deo&quot; (Rm 6,10) . Et c’est pourquoi, dans la foi nous célébrons l'Eucharistie et que, dans ce mystère, nous allons au-delà des apparences, des espèces du pain et du vin.        <br />
              <br />
       Pour ce faire, nous avons besoin d’humilité et de proximité avec nos frères et sœurs. C’est ici que le geste du lavement des pieds prend tout son relief. Il est un exemple comme le dit Jésus « afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » Sur les traces du Serviteur par excellence nous apprenons le décentrement de nous-mêmes pour ouvrir l’espace du don de la vie que Dieu propose à tous ceux et celles qui accueillent Jésus, son Envoyé pour le salut du monde.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       À chaque Eucharistie, en mangeant le pain et en buvant le vin, nous recevons en nous non pas la chair mortelle du Christ, mais son Corps et son Sang de Seigneur ressuscité pour que grandisse en nous la vie de Dieu dans laquelle nous sommes entrés au baptême et qui sera la nôtre éternellement.       <br />
              <br />
       Que ce Jeudi-Saint nous trouve accueillants à ce don merveilleux du Corps et du Sang du Christ, donnés pour la vie du monde.       <br />
              <br />
        Amen!        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, ptre p.h.       <br />
       Supérieur général du Séminaire de Québec </span>       <br />
       Le 21 avril 2011.       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
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  </item>

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   <title>« Serviteurs en devenir» Homélie pour le Jeudi Saint 2010</title>
   <pubDate>Thu, 01 Apr 2010 20:13:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Messe en mémoire de la Cène du Seigneur au Séminaire de Québec, le 1 avril 2010. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14; I Cor 11, 23-26 etJn, 13, 1-15. Homéliste : Mgr Hermann Giguère, P.H, supérieur général du Séminaire de Québec.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/1983198-2735089.jpg?v=1289459881" alt="« Serviteurs en devenir» Homélie pour le Jeudi Saint 2010" title="« Serviteurs en devenir» Homélie pour le Jeudi Saint 2010" />
     </div>
     <div>
      Ce Jeudi-Saint prend place dans une année sacerdotale, une année consacrée aux prêtres, une année de renouveau pour leur ministère et leur vie de prêtres au service du Peuple de Dieu.       <br />
              <br />
       Deux événements sont rappelés dans la liturgie de la messe en mémoire de la Cène du Seigneur : l’institution de l'Eucharistie et le lavement des pieds.  C’est l’occasion pour une communauté de prêtre comme la nôtre de raviver le don qui est en nous par l’imposition des mains, de le considérer dans son actualité toujours présente et de le laisser produire en nous les effets de grâce qu’il porte.        <br />
              <br />
       La présentation générale du Missel romain pour le Jeudi-Saint nous servira de guide. Nous y lisons à propos du Jeudi-Saint : «  La concélébration qui manifeste heureusement l’unité du sacerdoce et du sacrifice, ainsi que l’unité du peuple de Dieu tout entier, est prescrite par le rite lui-même... Elle est recommandée le Jeudi-Saint ».       <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">L’institution de l’Eucharistie</span>        <br />
              <br />
       L’institution de l’Eucharistie se fait dans un geste de Jésus qui est posé avec ses Apôtres à qui il demande de le répéter : « Faites ceci en mémoire de moi. » Répéter le geste de Jésus n’est pas seulement refaire ses gestes et redire ses paroles, mais c’est encore bien plus entrer dans le mouvement qui le porte.        <br />
              <br />
       La Cène est d’une certaine façon le sommet de sa mission. Elle anticipe le moment où sur la Croix, il sera élevé portant sur lui le péché du monde et offrant à Dieu le sacrifice d’agréable odeur en s’offrant lui-même, chair et sang, dans un acte d’obéissance et de d’amour unique qui sauve le monde.       <br />
              <br />
       « Tu m’as donné un corps. Voici que je viens, Père pour faire ta volonté » dira l’épitre aux Hébreux. Toute l’humanité est entraînée dans le mouvement d’amour de Jésus vers son Père, Dans ce mouvement d’abaissement réside le secret de l’exaltation qui sera celle de la Résurrection.       <br />
              <br />
       Ainsi l’Eucharistie, comme la Cène, nous fait entrer dans le mouvement de retour à Dieu inauguré par la Mort et la Résurrection du Christ. Les baptisés y sont invités et c’est par le ministère des prêtres que chaque baptisé peut s’unir au Christ et s’offrir lui-même en sacrifice spirituel.  .       <br />
              <br />
       Il ne peut le faire sans le Christ. Et pour que se réalise cette union fondamentale, Jésus a chargé certains parmi les baptisés d’être des sacrements, des signes sensibles, de cette présence particulière.       <br />
              <br />
       En effet, comme le dit le Concile Vatican II, les prêtres sont marqués « d’un caractère spécial » et configurés « au Christ Prêtre pour les rendre capables d’agir au nom du Christ Tête en personne. » (PO n. 2). Ainsi « c’est par le ministère des prêtres que se consomme le sacrifice spirituel des chrétiens, en union avec le sacrifice du Christ, unique Médiateur, offert au nom de toute l’Église dans l’Eucharistie par les mains des prêtres, de manière sacramentelle et non sanglante, jusqu’à ce que vienne le Seigneur lui-même. » (PO n. 2).       <br />
              <br />
       II - <span style="font-style:italic">Le ministère ordonné</span>       <br />
              <br />
       Vous voyez donc que le rappel, ce soir, de l’institution de l’Eucharistie ne peut que nous enraciner dans ce qui est au cœur de notre ministère ordonné. Bien sûr, que le ministère du prêtre ne ses limite pas aux sacrements, il est aussi ministre de la Parole de Dieu, guide et pasteur du peuple de Dieu, mais comme le dit encore le Concile Vatican II l’ensemble de son ministère aboutit et se consomme dans l’Eucharistie.        <br />
              <br />
       Voilà pourquoi, lors de leur ordination les prêtres sont invités à « reconnaître » ce qu’ils sont et à « imiter » ce qu’ils font : « Agnoscite quod agitis, imitamini quod tractatis ».       <br />
              <br />
       Comment répondre en vérité à cette invitation? Chacun trouvera les moyens concrets pour le faire. Célébration quotidienne de l’Eucharistie, prédication proche de la Parole de Dieu, présidence des sacrements signifiante etc.       <br />
              <br />
       Toutefois, ce travail de toute une vie devra se laisser animer de l’intérieur par un esprit particulier dont Jésus nous donne l’exemple dans le second événement que nous célébrons ce soir : le lavement des pieds.       <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">L’événement du lavement des pieds </span>       <br />
              <br />
       On l’a dit et répété souvent : l’évangile de saint Jean ne raconte pas comme les évangiles synoptiques l’institution comme telle de l’Eucharistie. Il rapporte plutôt un geste de Jésus qui a pris place lors de la Cène : le lavement des pieds des disciples. Ce geste a surpris. Pensez à la réaction de Pierre. Ce geste s’est fait sans paroles. Il a été laissé en héritage aux disciples.Ce que j’ai fait, faites-le. « C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous.».        <br />
              <br />
       Le ministère du prêtre, signe du Christ Tête et Pasteur ne peut se comprendre sans ce geste. «Intendant des mystères de Dieu », porteur du Seigneur lui-même comme Marie en visite chez Élisabeth, le prêtre doit commencer lui aussi par laver les pieds des disciples de Jésus pour être ce qu’il est : « configuré au Christ » et agissant « in persona Christi ».       <br />
              <br />
       Lors de la retraite à Ars en septembre denier à laquelle j’ai eu le bonheur de participer, Jean Vanier est venu pour un entretien. Il nous a raconté qu’il avait accepté de venir à condition que son entretien n’en soit pas un. Il a exigé, a-t-il dit, que les 800 prêtres présents posent ensemble en petits groupes le geste de ses laver les pieds les uns aux autres. Ce qui fut fait.        <br />
              <br />
       Pour lui, le ministère du prêtre ne peut se comprendre sans ce geste qui n’est pas seulement un symbole, mais qui est le cœur même et la réalité profonde de leur ministère. Ce fut une expérience extraordinaire que de voir ces centaines de prêtres dans les prés qui entourent la basilique inférieure à Ars. Le geste fut posé selon les directives de Jean Vanier en silence.        <br />
              <br />
       Le geste du lavement des pieds oblige à se pencher, à s’agenouiller devant l’autre. Il en fait non pas un maître, car il ne s’agit pas d’un geste d’esclave. Il signifie profondément que c’est la personne qui est devant soi qui compte. Il fait écho à cette parole de Jésus « Je suis venu pour que le monde ait la vie. »       <br />
              <br />
       Nous le referons ce geste ce soir dans le silence total et nous laisserons le Seigneur augmenter en nous l’esprit de service au cœur de notre vocation de prêtre. Sans l’empreinte du service, sans l’attitude du serviteur au fond de nous, toutes les célébrations, toutes les actions, toutes les entreprises liées à notre ministère sont vains et comme de la paille jetée au vent même si la grâce de Dieu peut toujours agir malgré des serviteurs indignes comme le note le Concile Vatican II (PO n. 12).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion </span>       <br />
              <br />
       Voilà, chers confrères, quelques réflexions susceptibles, je l’espère, d’aider à un renouveau de notre vie et de notre ministère de prêtre en cette année sacerdotale. Le lien de l’Eucharistie et du service est incontournable. C’est pourquoi, l’évangile de saint Jean n’a pas pris la peine de rappeler l’institution de l’Eucharistie. Incontournable dans la réalité vécue par Jésus, incontournable dans la vie du prêtre. Le thème de l’année sacerdotale prend ainsi tout son sens : « Fidélité du Christ, fidélité du prêtre ».        <br />
              <br />
       Que cette célébration soit pour nous, à travers le pain et le vin consacrés et à travers les paroles dites, un jalon de plus sur le chemin du service où nous a précédé celui qui s’est fait le Serviteur souffrant pour le salut de tous.       <br />
              <br />
       Amen!        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       Mgr Hermann Giguère, ptre p.h.       <br />
       Supérieur général du Séminaire de Québec        <br />
              <br />
       Le 1 avril 2010.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/1983198-2735098.jpg?v=1289459881" alt="« Serviteurs en devenir» Homélie pour le Jeudi Saint 2010" title="« Serviteurs en devenir» Homélie pour le Jeudi Saint 2010" />
     </div>
     <div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   <link>http://www.hgiguere.net/Serviteurs-en-devenir-Homelie-pour-le-Jeudi-Saint-2010_a339.html</link>
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   <title>Réception des prêtres et diacres de Limoilou, Laurentides et Québec-Centre pour le Jeudi Saint</title>
   <pubDate>Thu, 09 Apr 2009 03:54:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité SME Archives]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La rencontre fraternelle des prêtres et des diacres de la région pastorale de Limoilou, Laurentides et Québec-Centre pour le Jeudi Saint a eu lieu au Séminaire de Québec encore une fois cette année, mercredi saint, le 8 avril 2009. Avant le repas les petits séminaristes du nouveau Petit Séminaire diocésain de Québec sont venus saluer les prêtres rassemblés.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/1283409-1683348.jpg?v=1289459850" alt="Réception des prêtres et diacres de Limoilou, Laurentides et Québec-Centre pour le Jeudi Saint" title="Réception des prêtres et diacres de Limoilou, Laurentides et Québec-Centre pour le Jeudi Saint" />
     </div>
     <div>
      Les prêtres du Séminaire ont reçu leur confrères en après-midi et pour le souper. Le Supérieur général, Mgr Hermann Giguère P.H. a donné un entretien sur la spiritualité des ministres ordonnés, prêtres et diacres en développant le coeur de toute spiritualité presbytérale et diaconale: le ministère comme source de sanctification.       <br />
              <br />
       La rencontre a eu lieu à la Salle des prêtres du Pavillon Jean-Olivier-Briand du Séminaire de Québec à l'invitation du vicaire épiscopal, monsieur l’abbé Denis Bélanger, prêtre agrégé du Séminaire de Québec. Mgr Gilles Lemay, évêque auxiliaire était présent.        <br />
              <br />
       Après l'accueil par le vicaire épiscopal, Mgr Hermann Giguère P.H., supérieur général du Séminaire de Québec a illustré le thème de la spiritualité du prêtre diocésain en présentant un miroir où les confrères pouvaient trouver des points de repères et des pistes pour se reconnaître et pour vivre leur spiritualité avec plus d'attention et d'engagement. Comme la rencontre était suivie après le repas par la messe chrismale, les enseignements du conférencier sur le ministère presbytéral au service du sacerdoce commun des baptisé inspiré de saint Augustin qui disait &quot;Vobis sum episcopus, vobiscum christianus&quot; (&quot;Évêque pour vous et chrétien avec vous&quot;)  tombaient pile.       <br />
              <br />
       Un moment de partage et une santé ont suivis avant que les petits séminaristes viennent donner leur témoignage aux prêtres rassemblés avec un spontanéité qui faisait chaud au coeur. Après le repas fraternel pris en commun au réfectoire du Séminaire, tout le monde s'est rendu à la Basilique-cahtédrale Notre-Dame pour la célébration de la messe chrismale présidée par Mgr l'archevêque, le cardinal Marc Ouellet,. à 19h30. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.hgiguere.net/Reception-des-pretres-et-diacres-de-Limoilou-Laurentides-et-Quebec-Centre-pour-le-Jeudi-Saint_a258.html</link>
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   <title>« Faites cela en mémoire de moi » Homélie pour le Jeudi Saint</title>
   <pubDate>Tue, 07 Apr 2009 15:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie de Mgr Hermann Giguère à la messe en mémoire de la Cène du Seigneur, Jeudi Saint, le 9 avril 2009 au Séminaire de Québec. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14; I Cor 11, 23-26; Jn 13, 1-15.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/1313039-1728064.jpg?v=1289459851" alt="« Faites cela en mémoire de moi » Homélie pour le Jeudi Saint" title="« Faites cela en mémoire de moi » Homélie pour le Jeudi Saint" />
     </div>
     <div>
      I- <span style="font-style:italic">Des gestes enracinés dans une histoire</span>       <br />
              <br />
       « Faites cela en mémoire de moi »,  écrit saint Paul dans le récit qu’il rapporte de la dernière Cène (1 Co 11, 24). « En mémoire de moi » ne peut se séparer de la mémoire d’Israël comme nous invite à le faire le choix de la première lecture tirée du livre de l’Exode où la première Pâque est racontée et présentée comme un mémorial de l’Alliance, une fête de pèlerinage où le Peuple en marche continue d’avancer sous la protection de celui qui le conduit et l’illumine.        <br />
              <br />
       En l’an 28 de notre ère, plus ou moins, Jésus célébrait, le soir de ce qui est devenu pour nous le Jeudi-Saint, la Pâque juive avec ses apôtres l’anticipant de quelques jours.        <br />
              <br />
       On le voit c’est la mémoire de l’Alliance de Dieu avec son Peuple qui le fait passer de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie, qui inspire les gestes de Jésus qui reprend le rituel de la tradition d’Israël. En centrant les gestes des disciples sur ce que Jésus a fait le Jeudi Saint comme l’enseigne saint Paul, on ne peut couper ces gestes de toute l’histoire où ils s’inscrivent.        <br />
              <br />
       La Cène, prend place dans l’histoire du Salut comme un moment d’un ensemble qui l’explique et lui donne sens. Le sacrement de l’Eucharistie est ainsi le sommet d’une histoire où Dieu se donne dans son Fils et ce don se réactualise à chaque fois que nous répétons les gestes et les paroles de Jésus à la dernière Cène.        <br />
              <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Une Alliance Nouvelle</span>       <br />
              <br />
       En effet, le soir de la Cène de Jésus avec ses apôtres, les choses anciennes, les gestes et les rites prennent un tour nouveau dans les paroles de Jésus que Paul rapporte : « Ceci est mon corps » « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. »       <br />
              <br />
       L’Ancienne Alliance se transforme en Alliance nouvelle. L’Agneau immolé n’est plus un animal, mais il est le Fils Bien-aimé. L' Alliance s’étend maintenant non seulement à Israël, à un  peuple élu, mais à toutes les nations, jusqu’aux extrémités de la terre. Le sang répandu de l’Agneau sauve toute l’humanité.        <br />
              <br />
       Quelle nouveauté! Quelle surprise pour les commensaux de la Cène autour de Jésus!        <br />
              <br />
       Et pour bien marquer cette nouveauté, l’évangile selon saint Jean nous raconte qu’au cours de cette Pâque de Jésus, celui-ci ne s’est pas contenté de laisser un signe de cette Alliance nouvelle. Il l’a mise en pratique sur place.        <br />
              <br />
       C’est pourquoi, il s’est ceint les reins d’un linge et a lavé les pieds des apôtres. Le Fils Bien-aimé, le Maître, qui se fait le serviteur obéissant en tout au Père. Le Fils Bien-aimé qui ne sauve pas par la puissance, par la gloire, par les institutions, par la Loi, mais qui sauve par l’amour qui le fait se mettre au service de tous, en se faisant humble et serviteur.  « Ubi caritas et amor, Deus ibi est » chantons-nous en cette soirée bénie : « Là où est la charité et l’amour, Dieu est présent. »       <br />
              <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Une nouveauté toujours actuelle</span>       <br />
              <br />
       La célébration de la messe en mémoire de la Cène du Seigneur nous permet de plonger dans la profondeur de l’Alliance nouvelle en refaisant ce soir et à tous les jours la mémoire de ce que Jésus a fait le soir du Jeudi-Saint.        <br />
              <br />
       En effet, ce soir, nous ne faisons pas que célébrer la mémoire de la Cène du Seigneur, mais nous célébrons le mystère de l’Histoire du salut où Dieu instaure une Alliance nouvelle, un second Testament comme disent les exégètes d’aujourd’hui, un second Testament qui n’enlève rien du premier, mais qui le porte à sa perfection. « Je ne suis pas venu abolir la Loi et les Prophètes, mais les accomplir.»  « Je vous donne une Loi nouvelle, chantons-nous souvent, c’est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimé ».        <br />
              <br />
       C’est dans cette lumière de l’Alliance Nouvelle que l’Église continue de célébrer les gestes du Seigneur, que nous répondons au « Faites cela en mémoire de moi ». Chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, nous entrons dans la Pâque du Seigneur, nous rappelons sa mort, nous célébrons sa résurrection et nous annonçons sa venue dans la Gloire.       <br />
              <br />
       En ce repas pascal de la Cène du Seigneur, la Pâque d’Israël devient la Pâque personnelle de Jésus qui offre sa vie et scelle la nouvelle Alliance. Dans le sacrement de l’Eucharistie, notre Pâque personnelle se réalise comme pour Jésus. Notre Pâque se concrétise chaque fois que nous refaisons les gestes de Jésus « en mémoire de lui ». Ainsi,  comme Lui nous passons de ce monde au Père. Comme Lui nous offrons notre vie en offrande agréable à Dieu. Comme Lui nous annonçons le monde qui vient.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Que notre célébration de ce soir nous rende un peu plus semblables à celui qui s’est fait le serviteur de tous pour être fidèle à la volonté du Père et qui ainsi nous est passé de la mort à la vie. Faison notre ces riches paroles de la prière eucharistique pour des circonstances particulières n. 3 : &quot;Regarde avec bonté, Seigneur, l'offrande de ton Église qui te présente par nos mains ce qu'elle a reçu de toi, le sacrifice de louange, la Pâque du Christ. Que la force de ton Esprit fasse de nous, dès maintenant et pour toujours, les membres de ton Fils ressuscité, par notre communion à son corps et à son sang.&quot;       <br />
              <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       Mgr Hermann Giguère, ptre p.h.       <br />
       Supérieur général du Séminaire de Québec        <br />
              <br />
       Le 9 avril 2009.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   <title>« Pour la vie du monde » Homélie pour le Jeudi Saint</title>
   <pubDate>Fri, 21 Mar 2008 00:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie de Mgr Hermann Giguère à la messe en mémoire de la Cène du Seigneur, Jeudi Saint, le 20 mars 2008 au Séminaire de Québec. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14; I Cor 11, 23-26; Jn 13, 1-15.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/889505-1095469.jpg?v=1289459903" alt="« Pour la vie du monde » Homélie pour le Jeudi Saint" title="« Pour la vie du monde » Homélie pour le Jeudi Saint" />
     </div>
     <div>
      Dans un merveilleux sermon pour le Jeudi Saint saint Bernard développe le sens des deux gestes que nous posons ce soir : la célébration de la Cène du Seigneur et celui du Lavement des pieds. Il qualifie ces deux gestes de sacrements sans pour autant faire du Lavement des pieds un des sept sacrements.       <br />
              <br />
       Mais, il insiste sur le symbolisme lié aux sacrements et surtout sur la signification de ce symbolisme qui nous renvoie toujours à leur origine : Jésus-Christ qui par ces gestes désire communiquer à ses disciples,  dans la foi,  une grâce invisible qu’il leur a acquise par sa mort et sa résurrection.       <br />
              <br />
       I -  <span style="font-style:italic">Le sacrement de l’Eucharistie</span>       <br />
              <br />
       Dans cette perspective, la Cène du Seigneur est le signe du don total de Jésus à son Père en versant son sang pour le salut de l’humanité. Ce repas où le Pain et le Vin sont partagés anticipe l'offrande de Jésus sur la Croix. Entouré de ses disciples, Jésus vit avec eux ce qui est la preuve ultime de l’amour : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »       <br />
              <br />
       Que le Repas de la Cène soit devenu le sacrement par excellence n’a rien de surprenant. C’est de là que tout origine et c’est là que tout conduit pour le disciple. Et ici le rôle du prêtre prend son sens plein. Je me permets de vous citer une phrase du <span style="font-style:italic">Décret sur le Ministère et la Vie des prêtres</span> du Concile Vatican II qui l’exprime clairement : « En effet, l’annonce apostolique de l’Évangile convoque et rassemble le Peuple de Dieu afin que tous les membres de ce peuple, étant sanctifiés par l’Esprit Saint, s’offrent eux-mêmes en ‘victime vivante, sainte, agréable à Dieu' (Rm 12, 1). Mais c’est par le ministère des prêtres que se consomme le sacrifice spirituel des chrétiens en union avec le sacrifice du Christ, unique Médiateur, offert au nom de toute l’Église dans l’Eucharistie par les mains des prêtres, de manière non sanglante et sacramentelle, jusqu’à ce que vienne le Seigneur lui-même » (PO no 2).       <br />
              <br />
       Laissons, ce soir, entrer en nous la grâce invisible du sacrement de l’Eucharistie qui nous permet en union avec le Christ de faire de nos humbles vies un « sacrifice d’agréable odeur ». Cette grâce ne nous fait jamais défaut. Elle se manifeste au fil du quotidien. Elle se manifeste aussi dans les moments plus éclatants parfois. Peu importe les jours et les moments, elle est toujours active. C’est la beauté de ce signe de l’Eucharistie. Tout est pénétré et tout est sanctifié de la présence du Sauveur mort et ressuscité. « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur ».        <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic"> Le signe du Lavement des pieds</span>       <br />
              <br />
       Le signe du Lavement des pieds que nous pourrions appeler lui aussi un sacrement dans le sens général du terme sans en faire un huitième sacrement nous fait entrer dans le sens profond de la mort du Seigneur.       <br />
              <br />
       Entrer dans le geste du Lavement des pieds est un risque que Pierre à première vue ne veut pas prendre. « « Tu ne me laveras pas les pieds. » Mais Jésus lui répond : «  Si je ne te lave pas les pieds, tu n’auras pas de part avec moi. » « Il y a donc, dit saint Bernard dans l’homélie dont je vous ai parlé au début, caché sous cette ablution quelque chose de nécessaire au salut, puisque sans elle Pierre lui-même ne saurait prétendre avoir part au royaume de Jésus-Christ et de Dieu. »        <br />
              <br />
       Bien sûr que le signe du Lavement de pieds nous renvoie par l’eau qui est utilisée, au Baptême qui lave les fautes et au Pardon. La purification va de soi, mais le signe du Lavement des pieds, par l’éclat du geste où le Maître s’agenouille devant ses disciples nous invite à une attitude sans laquelle personne ne peut se dire disciple. «  C’est un exemple que je vous ai donné afin que cous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».       <br />
              <br />
       Le disciple n’a pas le choix. Il doit risquer lui aussi sa vie en la donnant comme le Maître. Voilà le risque du signe du Lavement des pieds. Pierre l’acceptera avec une certaine précipitation,  car on sait qu’il reniera le Maître plus tard. « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête. »       <br />
              <br />
       En refaisant le geste de se laisser laver les mains dont le signe est moins fort que celui du Lavement des pieds, nous entrons malgré tout dans la même dynamique. Nous osons risquer d’avancer sur le chemin du don et du service à l’exemple de Celui qui s’est fait le Serviteur de tous. La grâce invisible du signe du Lavement des pieds nous décentre de nous-mêmes et nous fait entrer dans le mouvement de l’Amour fou de Dieu qui se donne en son Fils Jésus.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>	       <br />
              <br />
       La beauté des sacrements c’est qu’ils réalisent aujourd’hui ce qu’ils signifient. La prière eucharistique numéro I  fait dire au président  en ce jour du Jeudi Saint: «  Le veille du jour où il devait souffrir pour notre salut et celui de tous les hommes, c’est-à-dire, aujourd’hui, il prit le pain etc. »       <br />
              <br />
       Aujourd’hui ces signes de la Cène du Seigneur et du Lavement des pieds s’accomplissent pour nous. Mystère de la foi.        <br />
              <br />
       Ainsi, la nuit de la première Pâque du peuple élu en d’Égypte dont fait état la première lecture se perpétue aujourd’hui.        <br />
              <br />
       Ainsi, notre célébration eucharistique aujourd’hui réalise ce qu’elle signifie.  Le sacrement de l’Eucharistie et le signe du Lavement des pieds produisent leur grâce invisible.       <br />
              <br />
       Demandons au Seigneur au cours de notre célébration la grâce d’oser prendre le risque de marcher sur les traces de Jésus dans un monde où son message et sa personne continuent de poser question, mais où les signes de l’Eucharistie et du Lavement des pieds sont de  plus en plus nécessaires « pour la vie du monde » comme le dit si bien le thème du <span style="font-style:italic">49e Congrès eucharistique international</span> qui se tiendra à Québec en juin 2008 : «L’Eucharistie. don de Dieu pour la vie du monde».       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
               <br />
       Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Supérieur général du Séminaire de Québec       <br />
       Le 20 mars 2008.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   <link>http://www.hgiguere.net/Pour-la-vie-du-monde-Homelie-pour-le-Jeudi-Saint_a176.html</link>
  </item>

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   <title>« Jusqu’à ce qu’il vienne » - Homélie  pour le  Jeudi Saint</title>
   <pubDate>Fri, 06 Apr 2007 04:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie de Mgr Hermann Giguère pour la Messe en mémoire de la Cène du Seigneur au Séminaire de Québec, le Jeudi Saint 5 avril 2007. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14; I Cor 11, 23-26; Jn 13, 1-15.     <div>
      La célébration d’aujourd’hui s’intitule dans le Missel Romain : Messe en mémoire de la Cène du Seigneur. C’est la mémoire de l’institution de l’Eucharistie qui nous rassemble en ce jour.       <br />
              <br />
       La richesse de cette mémoire nous remet devant les yeux et dans le cœur le mystère du « sacrement de l’amour ». C’est avec ces mots que le pape Benoît XVI a choisi de commencer sa récente Exhortation apostolique sur l’Eucharistie à la suite du Synode qui s’est tenu à l’automne 2005.       <br />
              <br />
       En suivant ce fil conducteur de l’amour, de la charité-agapè, méditons un peu en regardant les gestes que nous posons aujourd’hui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/604314-738408.jpg?v=1522322303" alt="« Jusqu’à ce qu’il vienne » - Homélie  pour le  Jeudi Saint" title="« Jusqu’à ce qu’il vienne » - Homélie  pour le  Jeudi Saint" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">I -  Le lavement des pieds</span>       <br />
              <br />
       En premier lieu nous nous rappelons dans la lecture de l’évangile, le geste du lavement des pieds.        <br />
              <br />
       Comme on le sait, l’évangile de Jean ne présente pas de récit de l’institution de l’Eucharistie comme les synoptiques. Il nous laisse méditer avec ce geste surprenant à plus d’un égard, un geste que même Pierre ne comprend pas au premier abord, un geste chargé de signification. Celle-ci n’est pas laissée au hasard par Jésus.        <br />
              <br />
       Il prend la peine de l’expliciter clairement et sans détour. « Comprenez-vous ce que je viens de faire? » demande-t-il et sans attendre de réponse, il donne lui-même la signification de ce qu’il vient de faire. » « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».       <br />
              <br />
       Pour nous approprier encore plus cette signification aujourd’hui, en plus d’avoir entendu le récit de l’évangile de Jean, je vous invite au moment du geste que la liturgie propose pour le lavement des pieds à entrer de façon particulière en laissant le président laver les mains de chacun d’entre nous. Ce geste concret veut redire notre désir de suivre à notre façon et le mieux possible l’enseignement de Jésus.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">II - La table du pain et du vin</span>       <br />
              <br />
       Ce très beau geste, valable en lui-même, ne peut se dissocier dans notre célébration de la Cène du Seigneur de la table qui est au milieu de nous. Dans la lettre de saint Paul celui-ci rappelle aux chrétiens de Corinthe la signification de leurs rassemblements pour la « fraction du pain ».        <br />
              <br />
       D’où viennent la richesse et la beauté de ce repas en mémoire du Seigneur? Des gestes posés? Oui, bien sûr. Des paroles prononcées? Certainement.        <br />
              <br />
       Mais la puissance et la force des gestes et des paroles résident dans le don amoureux de Celui qui a tout remis entre les mains du Père. Dans ces gestes et ces paroles c’est la puissance de Dieu qui est à l’œuvre, une puissance de salut pour l’humanité qu’il aime d’un amour sans limites et sans préférences. Oui, la mémoire de la Cène du Seigneur, nous fait découvrir dans l’Eucharistie le « sacrement de l’amour ».        <br />
              <br />
       Et vous voyez ici que ce fil conducteur nous renvoie de la table du pain et du vin à celle de nos frères et sœurs, de la table de la célébration à la table du service.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">III -  Une communauté qui célèbre</span>       <br />
              <br />
       Ces gestes si beaux du lavement des pieds et de la consécration du pain et du vin, ne peuvent prendre corps que dans une assemblée, un peuple croyant qui y dit sa foi et son espérance, une communauté qui célèbre. C’est pourquoi, l’eucharistie est toujours rassemblement d’une communauté qui reçoit les paroles et les gestes du Seigneur et qui les refait dans la foi « jusqu’à ce qu’il vienne », dit saint Paul.       <br />
              <br />
       C’est ici que s’inscrit notre ministère sacerdotal. Dieu a besoin de personnes qui soient des signes du Christ, Tête et Pasteur, pour nourrir, alimenter, faire croître l’ensemble de ceux et celles qui sont entrés avec le Christ dans la vie nouvelle par le baptême, qui comme lui sont passés du « monde ancien » au « monde nouveau », « vivant pour Dieu ».       <br />
              <br />
       Les vases fragiles que nous sommes sont appelés à être « signes », « intendants » des mystères de Dieu. Si vous le voulez, profitons de cette célébration pour rendre grâce d’avoir été choisi pour cette mission et prions pour tous les confrères qui participent au même ministère. La beauté de la messe en mémoire de la Cène du Seigneur ne tient pas seulement aux gestes que nous y faisons, elle prend racine dans le cœur de ceux et celles qui les font.       <br />
              <br />
       « Vivez ce que vous faites » nous a dit l’évêque au moment de la prière  d’ordination: &quot;Imitamini quod tractatis&quot;. Cette invitation retentit toujours et garde toute son actualité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Nous passerons maintenant au geste qui nous rappelle la table du service puis nous entourerons la table du pain et du vin, pour faire mémoire de celui qui est toujours vivant et présent dans ce « sacrement de l’amour ». Nous le refaisons avec joie et avec confiance comme à chaque jour « jusqu’à ce qu’il vienne ».       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Supérieur général du Séminaire de Québec       <br />
       Le 5 avril 2007.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="http://www.hgiguere.net/photo/art/default/604314-1650289.jpg?v=1522322355" alt="« Jusqu’à ce qu’il vienne » - Homélie  pour le  Jeudi Saint" title="« Jusqu’à ce qu’il vienne » - Homélie  pour le  Jeudi Saint" />
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     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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