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le 29/10/2021

Le futur de l’Église viendra de personnes profondément ancrées dans la foi (cardinal Ratzinger devenu Benoît XVI)

J'ai relu avec émotion ce texte du cardinal Ratzinger en 1969 portant sur sa vision de l'avenir de notre Église. Il s'applique très bien à nous au Québec qui a...






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Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B : « Sans s’imposer »

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie pour le 14e dimanche du temps ordinaire Année B à la Chapelle du Lac Poulin et à la Chapelle du Lac Raquette le 4 juillet 2021. Textes : Ézéchiel 2, 2-5; 2 Corinthiens 12, 7-10 et Marc 6, 1-6.



Jésus dans la Synagogue de Nazareth (Crédits photo : Bernadette Lopez, alias Berna dans Évangile et peinture)
Jésus dans la Synagogue de Nazareth (Crédits photo : Bernadette Lopez, alias Berna dans Évangile et peinture)
Excursus : « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Un petit mot sur les frères et sœurs de Jésus. Il s’agit d’un usage semblable à celui des vietnamiens ou des africains qui appellent volontiers leurs cousins et cousines, frères et sœurs. L'Église catholique considère que ces frères et sœurs étaient en réalité des cousins et des cousines et même des parents plus éloignés. Le mot grec ici employé « adelphoi » sert à désigner des parents plus ou moins éloignés. La tradition très ancienne de l’Église a toujours tenu que Jésus n’a pas eu de frères ou de sœurs au sens strict de ces termes.

Revenons à la scène racontée par saint Marc.

I – La scène à Nazareth

Je viens de lire « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison ». Auparavant, dans la traduction liturgique précédente on disait, « Nul n’est prophète dans son pays ». Cette phrase est même devenue un dicton dans le langage courant. L’épisode de la vie de Jésus qui nous est raconté aujourd’hui est assez banal en somme. C’est le fils du village qui s’est fait connaître dans tout le pays qui revient chez lui.

L’accueil n’est pas aussi sympathique qu’on pourrait l’espérer vue la renommée de Jésus à l’extérieur de Nazareth. Quelque chose ne fonctionne pas. La communication ne se fait pas. C’est un rendez-vous manqué.

Les gens de son village le regardent de travers, pourrait-on dire. C’est un faiseur de miracle, il cherche à impressionner, il se prend pour un autre pensent-ils en eux-mêmes.

Ces situations d’incompréhension, de non-acceptation nous les avons vécues nous aussi parfois j’en suis sûr. Comme prêtre j’ai reçu beaucoup de confidences de jeunes, par exemple, qui ne se sentaient pas compris de leurs parents, de personnes âgées qui ne savent plus quoi faire et qui se sentent abandonnées, de couples dont la relation est difficile parce qu’ils ne se parlent pas ou ne dialoguent pas etc.

Ça ne fonctionne pas. Il n’y a pas de vraie rencontre. Il en est ainsi dans cette visite à Nazareth que saint Marc nous raconte. Ça ne marche pas pour Jésus. Il est réduit à l’impuissance. Il ne fait là aucun miracle. Il se situe ainsi dans la lignée des prophètes comme Ezékiel, dont il est question dans la première lecture. Celui-ci ne se décourage pas. Il reste fidèle à annoncer le salut de Dieu même à des gens au « visage dur » et au « cœur obstiné » qui s’en désintéressent. Jésus se chauffe du même bois. il n’insiste pas. Chaque chose en son temps. Il s’en va et laisse ses concitoyens sans s’imposer.

II – Le message

« Sans s’imposer ». C'est là, je pense, le message, de cette visite à Nazareth : aujourd’hui, comme alors, Jésus vient vers nous mais il ne s’impose pas. Il ne force la main à personne. Il est écrit dans le livre de l’Apocalypse : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi (Apocalypse 3, 20). C’est ce que Jésus attends de nous : une ouverture du cœur, un accueil. Il ne regarde pas qui est la personne. Il regarde le cœur.

Pensez à la scène du collecteur d’impôt, Zachée, monté dans un arbre pour voir Jésus. Jésus l’aperçoit et il l’apostrophe en lui disant « « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison ». Zachée descend vite et reçoit Jésus avec joie. Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison ».

Bien souvent, hélas! lorsque le Seigneur passe, les portes se referment comme à Nazareth et on cherche des prétextes de toutes sortes pour se justifier, des prétextes pour ne pas croire au salut de Dieu, à sa tendresse, à sa miséricorde, à son amour.

On ressemble alors aux gens de Nazareth qui cachent leur incrédulité, leur manque de foi derrière des paravents, des prétextes : « on connaît ses parents » « il n’est pas mieux que nous » « pour qui se prend-il? ».

Ça dérange de croire vraiment en Dieu, de pratiquer sa religion alors que plusieurs s’en balancent. Croire aujourd’hui au Québec n’est pas aussi facile qu’auparavant. Mais il y a de beaux gestes comme ceux de Gregory Charles (chanteur québécois) et Norman Bradwaite (comédien québécois) qui n’ont pas eu peur de dire qu’ils étaient croyants et même pratiquants lorsqu'ils sont passé à l’émission de télévision « Tout le monde en parle » il y a quelque années. Norman Bradwaite, en particulier, avait laissé Guy A. LePage, l’animateur, pantois en lui disant simplement : « Je suis croyant, pratiquant et je prie souvent ».

Si vous le voulez, demandons au Seigneur aujourd’hui de venir faire tomber nos prétextes, nos paravents et nos incompréhensions pour que nous lui ouvrions la porte de notre cœur. En effet, Jésus attend de nous un cœur ouvert. Il nous redit le même message que celui à saint Paul qui nous a été proclamé dans la seconde lecture : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12, 9)

Conclusion

En terminant, faisons cette prière à l’Esprit Saint :

« Esprit Saint, nous t’en prions : maintiens en nous la confiance face au manque de foi chez nous, face à nos échecs de croyants et face aux échecs de l’Église. Toi qui est toujours à l’œuvre dans le monde et dans nos cœurs, garde l’Église et garde-nous debouts malgré les difficultés, les incompréhensions comme le prophète Ézéchiel ».

C’est la grâce que je vous souhaite à toutes et à tous.

Amen!


Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec

29 juin 2021



















Nazareth aujourd'hui (Crédits photo : H. Giguère)
Nazareth aujourd'hui (Crédits photo : H. Giguère)
LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« C’est une engeance de rebelles ! Qu’ils sachent qu’il y a un prophète au milieu d’eux ! » (Ez 2, 2-5)
Lecture du livre du prophète Ézékiel

En ces jours-là,
l’esprit vint en moi
et me fit tenir debout.
J’écoutai celui qui me parlait.
Il me dit :
« Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël,
vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi.
Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères
se sont soulevés contre moi.
Les fils ont le visage dur,
et le cœur obstiné ;
c’est à eux que je t’envoie.
Tu leur diras :
‘Ainsi parle le Seigneur Dieu...’
Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas
– c’est une engeance de rebelles ! –
ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux. »

– Parole du Seigneur.



PSAUME
(Ps 122 (123), 1-2ab, 2cdef, 3-4)
R/ Nos yeux, levés vers le Seigneur,
attendent sa pitié. (cf. Ps 122, 2)

Vers toi j’ai les yeux levés,
vers toi qui es au ciel,
comme les yeux de l’esclave
vers la main de son maître.

Comme les yeux de la servante
vers la main de sa maîtresse,
nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu,
attendent sa pitié.

Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous :
notre âme est rassasiée de mépris.
C’en est trop, nous sommes rassasiés
du rire des satisfaits,
du mépris des orgueilleux !



DEUXIÈME LECTURE
« Je mettrai ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure » (2 Co 12,7-10)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
les révélations que j’ai reçues
sont tellement extraordinaires
que, pour m’empêcher de me surestimer,
j’ai reçu dans ma chair une écharde,
un envoyé de Satan qui est là pour me gifler,
pour empêcher que je me surestime.
Par trois fois,
j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi.
Mais il m’a déclaré :
« Ma grâce te suffit,
car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »
C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses,
afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.
C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ
les faiblesses, les insultes, les contraintes,
les persécutions et les situations angoissantes.
Car, lorsque je suis faible,
c’est alors que je suis fort.

– Parole du Seigneur.



ÉVANGILE
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)
Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi :
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia. (Lc 4, 18ac)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus se rendit dans son lieu d’origine,
et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue.
De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :
« D’où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait :
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays,
sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi.
Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Mardi 29 Juin 2021
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