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« Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur » Homélie pour la fête de saint François de Sales (janvier 2008)

Homélie de Mgr Pierre-André Fournier à l'occasion de la fête de saint François de Sales, patron secondaire du Séminaire de Québec, célébrée au Séminaire par anticipation le 23 janvier 2008 par la communauté des prêtres du Séminaire, l'équipe d'animation du Grand Séminaire, les séminaristes auxquels s'étaient joints leurs invités: les prêtres de la région pastorale de Laurentides/Québec-Centre/Limoilou.



Photo de Mgr Pierre-André Fournier
Photo de Mgr Pierre-André Fournier
« Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur ».

François de Sales comme prêtre puis comme évêque de Genève fut un Pasteur selon le cœur de Dieu, à la suite de plusieurs grandes figures de l’Ancien Testament dont Moïse qui veut pour son peuple bonheur et fécondité et à la suite du Christ Bon Pasteur par excellence.

Une des personnes qui m’a le plus aidé à comprendre la profondeur de l’être « prêtre et pasteur » est une laïque Catherine de Hueck, fondatrice de Madonna House. Avec les yeux de la foi, elle voyait mieux que plusieurs ce que l’Esprit a opéré en nous par l’ordination. Je me souviens encore de ses phrases-chocs comme « You are not some Ordinary Jos ». « Peu importe le genre de vie que vous avez menée, donnez-nous Dieu ». Au-delà de l’étonnement qui me saisit lorsque je pense au don de la vocation de pasteur, mon respect ne cesse de grandir à mesure que je vois quotidiennement l’ampleur de la tâche qui vous échoit et les nombreux obstacles qui s’échelonnent sur votre route de missionnaire. Souvenons-nous que c’est son amour pour ses confrères pasteurs qui a conduit un autre François (de Laval) à les regrouper en ce Séminaire. Et cet amour, grâce à l’Esprit, se continue par le rassemblement d’aujourd’hui. Merci à Mgr Hermann, merci chers confrères du Séminaire.

« Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur ».

François de Sales a fait le passage de pasteur à Bon Pasteur doux et paisible sous l’action de l’Esprit-Saint qui l’a amené à s’émerveiller devant l’Amour de Dieu : d’où son traité de l’Amour de Dieu. Si nous sommes appelés à nous aimer les uns les autres comme Jésus nous aime, nous sommes aussi appelés à aimer le Père comme Jésus L’aime, de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force. Qu’est-ce qu’il faut entendre par ce « comme Jésus »? Ceci veut dire « nous laisser conduire de l’intérieur par l’Esprit comme Jésus ». L’Esprit a accompagné le Bon Pasteur dans son pèlerinage de prière et de don de soi jusqu’au don de sa vie. En accueillant l’Amour de Dieu qui est l’Esprit-Saint, François de Sales est devenu de plus en plus doux et humble comme Son maître. Seul l’amour peut répondre à l’Amour. L’Esprit est donné aux apôtres que nous sommes. Petit à petit, l’Esprit se joint à notre esprit avec puissance et douceur. Il prend la conduite de nos vies en nous faisant aimer le Père et en nous faisant nous aimer les uns les autres comme Jésus, le Bon Pasteur. Voilà ce qui met notre cœur dans la joie et la louange.

« Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur ».

François de Sales bon Pasteur, mû par l’Esprit, a vu la présence de l’Esprit dans le peuple de Dieu, dans tous les baptisés comme l’enseigne si intensément le Concile Vatican II : l’appel de tous à la sainteté. Écoutons ce passage de son livre « Introduction à la vie dévote » (non pas qui manifeste un zèle extrême aux pratiques religieuses) « C’est une erreur et même une hérésie que de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour du prince, du ménage des gens mariés. »

J’ai été témoin jeudi dernier de l’action de l’Esprit dans le cœur d’une disciple de Jésus. Un autre enfant de Louis Brissette (qui a adopté plusieurs enfants handicapés), René-Marc, est décédé : il entendait et voyait à peine, ne parlait pas, 19 ans. Au début de la cérémonie, une bénévole Véronique fait ce bref témoignage que je considère inspiré :

« Merci René-Marc de m’avoir permis de réaliser mon rêve, celui de pouvoir me dévouer pour les plus démunis de la terre ».

Et elle continue :

« Maintenant, Seigneur, aide-moi à parvenir à la pauvreté extrême dans laquelle se trouvait René-Marc ».

Que pouvais-je ajouter à l’homélie? Que de fois ne pouvons-nous pas dire au Père : « Je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

Comme François de Salles, nous sommes quotidiennement témoin dans l’Église, « de l’Esprit qui prie, discerne, rend l’Évangile vivant, est présent dans les sacrements, fait la communauté, fait la mission » (Mgr Lionel Gendron). D’où la nécessité de la formation spirituelle des personnes que nous appelons à servir : liturgie, catéchèse, etc.

Je vous propose d’offrir cette Eucharistie aux intentions de l’abbé Noël Baillargeon, prêtre du Séminaire, qui vient de nous quitter et dont les funérailles ont eu lieu hier, le 23 janvier 2008, et à celles du Congrès Eucharistique International. À quoi l’Esprit nous interpelle-t-il, nous les pasteurs de son peuple.

Sans doute à mieux répandre ce bon conseil donné à Philothée par l’évêque de Genève : « Depuis le Credo jusqu’au Pater noster, appliquez votre cœur aux mystères de la mort et passion de notre Rédempteur, qui sont actuellement et essentiellement représentés en ce saint Sacrifice, lequel avec le prêtre et avec le reste du peuple vous offrirez à Dieu le Père pour son honneur et pour votre salut ». Et répandre ce bon conseil peut vouloir dire participer à cet avènement du Congrès Eucharistique International avec enthousiasme et inviter les nôtres à y participer. Dans son message pour la Journée mondiale des malades, Benoît XVI écrit : « Il est clair que la pastorale de la santé doit tirer la force spirituelle nécessaire de l’Eucharistie pour secourir efficacement l’homme et pour l’aider à comprendre la valeur de sa propre souffrance en vue de son salut ». Cette parole se rapproche de celle de Mère Teresa qui, au début de sa communauté, demande la présence du Saint-Sacrement dans la chapelle de leur résidence à son évêque un peu hésitant : « Sans l’adoration eucharistique, il nous est impossible de faire notre difficile travail auprès des mourants de la rue ». Ceci peut se dire de notre travail pastoral aujourd’hui aussi.

Pour la gloire de Dieu et le salut du monde.




+ Pierre-André Fournier
Évêque auxiliaire à Québec


Jeudi 24 Janvier 2008
Mgr Pierre-André Fournier
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