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Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année A 29 décembre 2019 « Respecter, soutenir, aimer »

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie du 29 décembre 2019 pour la fête de la Sainte Famille. Textes de l'Écriture: Siracide 3, 2-6.12-14, Colossiens 3, 12-21 et Mathieu 2, 13-15.19-23.



La fuite en Égypte (Crédits photo: H. Giguère)
La fuite en Égypte (Crédits photo: H. Giguère)
Quel défi de parler de la famille aujourd’hui à l’occasion de la fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. En effet, au Québec – et c’est probablement assez semblable en Occident – en 2016, plus de 1 million d’enfants au Canada (1 114 055), ou 19,2 % de tous les enfants âgés de 0 à 14 ans, vivaient dans une famille monoparentale et 81,3 % des enfants âgés de 0 à 14 ans dans les familles monoparentales vivaient avec leur mère, tandis que 18,7 % vivaient avec leur père. Ces statistiques additionnées à celles des familles recomposées font que le modèle de la cellule unifamiliale traditionnelle avec père, mère et enfants est de moins en moins la norme.

La famille de Jésus, Marie et Joseph entre dans cette dernière catégorie et pourtant, je pense que, quelque que soit le modèle de la famille dont nous faisons partie, la Sainte Famille a quelque chose pour nous inspirer. Cette inspiration pourrait se traduire par trois verbes que je vais commenter en les appliquant d’abord à la Sainte Famille, mais en sachant qu’ils peuvent s’appliquer à toute famille quel que soit son modèle.

I – Respecter

J’ai mis en premier lieu le verbe « respecter » parce que je pense qu’il est le plus essentiel. Les parents se doivent de manifester à leur progéniture une certaine forme de respect qui est nécessaire pour que leur enfant arrive à être lui-même et à se développer selon ses capacités propres et selon aussi parfois ses limites comme dans le cas des enfants autistes.

Les parents se doivent d’être toujours à l’écoute. Bien sûr leur rôle est d’éduquer leur enfant. Et cela ne se fait pas sans des tensions parfois et même des conflits, Mais il est important que les parents fassent sentir à leur enfant qu’il n’est pas un simple numéro et qu’il a tout leur respect pour ce qu’il est et ce qu’il fait.

C’est l’exemple que nous donnent Marie et Joseph dans un des rares épisodes de l’adolescence de Jésus qui nous a été conservé. Il s’agit de la « fugue » de Jésus lors d’un pèlerinage à Jérusalem. Ses parents le pensent avec des amis, alors qu’il est resté au Temple de Jérusalem avec ceux qui s’appellent les docteurs (cf. Luc 2, 41-52). Marie et Joseph le retrouvent après deux ou trois jours.

La scène des retrouvailles est très éclairante pour notre propos. Marie, en bonne mère, dit à Jésus que ses parents sont inquiets de sa disparition. Jésus lui répond qu’il se devait de rester plus longtemps pour, dit-il d'une façon mystérieuse, s’occuper des affaires de son père. Il est sûr que Marie et Joseph n’ont pas trop compris ce à quoi il référait, mais aucun reproche, n’est sorti de leur bouche.

Quel accueil et quel respect pour cet adolescent qui commence à s’émanciper et à suivre sa propre voie dans la vie.

II – Soutenir

En deuxième lieu, j’ai retenu le verbe « soutenir » pour l’appliquer à la famille de Jésus, Marie et Joseph et à toutes les familles parce que sans un soutien de tous les instants surtout dans les premières années de la vie d’un enfant, tout tombe à l'eau. Les petits des humains, à la différence des petits des animaux, ne naissent pas autonomes. Pour se développer, ils ont besoin d’accompagnement, de soins, de conseils et d’exemples. C'est toute une entreprise que de mettre un enfant au monde. Les parents nous le répètent souvent et avec raison. C’est, comme disait un de mes amis, un contrat à vie.

Ce soutien aujourd’hui prend diverses formes en raison de la vie que nous menons en Occident. Les lieux de ces appuis passent par les garderies, les crèches, les organismes de toutes sortes comme les CPE au Québec etc. Dans certains pays plus traditionnels ce sont les grands parents et la famille élargie qui sont mis à contribution. Quoiqu'il en soit, l’enfant ne peut devenir lui-même sans ce soutien que représentent ceux et celles qui sont sa famille immédiate ou élargie.

Jésus l’a senti dans une circonstance bien particulière et très agréable. Alors qu’avec ses premiers disciples il participait à des noces à Cana, sa Mère vient lui donner l’occasion de se manifester dans la mission qu’il commence à vivre après avoir quitté la maison familiale de Nazareth. Elle est là et elle lui donne l’occasion de manifester pour tout le monde la grandeur de ce qui va venir, elle dit simplement : « Ils n’ont plus de vin » invitant ainsi maternellement Jésus à afficher ses dons et à manifester la puissance de Dieu en changeant l’eau en vin (cf. Jean 2, 1-12).

III – Aimer

Le troisième verbe que j’ai retenu c’est « aimer ». Cela va de soi me direz-vous ? En effet, la famille qui est un lieu de rencontre et de relations ne peut se réaliser pleinement pour le bonheur de tous les membres sans qu’entre eux ne se développe un lien affectif qui est plus fort que le respect et le soutien. Ce lien c’est celui d’un amour qui se porte vers l’autre, un amour qu’on appelle l’amour filial, celui des parents vers leurs enfants et celui des enfants vers leurs parents.

Comment décrire cet amour ? Une maman me l’a décrit un jour en me disant que c‘est un amour qui n'attend pas de retour qui est gratuit, qui cherche le bien de l’autre. Elle le comparaît à l’eau d’un ruisseau qui coule et qui ne remonte pas en arrière ni ne s'arrête dans sa course.

Que c’est beau cet amour filial et cet amour parental ! Il nous fait penser à l’amour de Dieu qui descend vers nous qui que nous soyons et qui ne retourne jamais en arrière. Toute la vie de la Sainte Famille a sûrement été vécue dans ce climat d'amour et d'affection. L’évangile d’aujourd’hui en présentant la fuite en Égypte nous met devant les yeux des parents qui sont prêts à tout pour la vie de leur enfant. On peut le penser en voyant aussi à la fin de la vie de Jésus, supplicié sur la croix, sa Mère qui est là au pied de la croix. Quelle douleur mais en même temps quel amour sont ici représentés !

Comme on n’a pas beaucoup de détails dans les évangiles sur la vie de la Sainte Famille à Nazareth, on est obligé de laisser notre imagination aller et de nous représenter la Sainte Famille comme une famille toujours très attentive à chacun de ses membres, une famille où l’affection et l’amour étaient la norme. C’est ce qui a guidé mes réflexions.

Conclusion

Laissons aller nos pensées ce matin. Que le souvenir de la famille de Jésus, Marie et Joseph soit un stimulant pour toutes les familles d’aujourd’hui quel que soit leur modèle, car le respect, le soutien et l’amour seront toujours des piliers de la vie familiale

L’éclatement des familles aujourd’hui n’est pas une raison de laisser de côté l’image et le modèle de la Sainte Famille. On peut y trouver ce qu’il faut pour aller plus loin dans notre vie familiale.

Que cette Eucharistie soit pour nous comme une rencontre familiale où nous partageons le repas ensemble et où chacune et chacun a sa place.

Mgr Hermann Giguère P. H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec

24 décembre 2019




















LECTURES DE LA MESSE pour la fête de la Sainte Famille Année A

PREMIÈRE LECTURE
Celui qui craint le Seigneur honore ses parents (Si 3, 2-6.12-14)

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants,
il renforce l’autorité de la mère sur ses fils.
Celui qui honore son père
obtient le pardon de ses péchés,
celui qui glorifie sa mère
est comme celui qui amasse un trésor.
Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants,
au jour de sa prière il sera exaucé.
Celui qui glorifie son père verra de longs jours,
celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère.

Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse,
ne le chagrine pas pendant sa vie.
Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent,
ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.
Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée,
et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.

– Parole du Seigneur.



PSAUME
(Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-5)
R/ Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies ! (Ps 127, 1)

Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

DEUXIÈME LECTURE
Vivre ensemble dans le Seigneur (Col 3, 12-21)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens

Frères,
puisque vous avez été choisis par Dieu,
que vous êtes sanctifiés, aimés par lui,
revêtez-vous de tendresse et de compassion,
de bonté, d’humilité, de douceur et de patience.
Supportez-vous les uns les autres,
et pardonnez-vous mutuellement
si vous avez des reproches à vous faire.
Le Seigneur vous a pardonné :
faites de même.
Par-dessus tout cela, ayez l’amour,
qui est le lien le plus parfait.
Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ
à laquelle vous avez été appelés,
vous qui formez un seul corps.
Vivez dans l’action de grâce.
Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ;
instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres
en toute sagesse ;
par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés,
chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance.
Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites,
que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus,
en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père.
Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ;
dans le Seigneur, c’est ce qui convient.
Et vous les hommes, aimez votre femme,
ne soyez pas désagréables avec elle.
Vous les enfants, obéissez en toute chose à vos parents ;
cela est beau dans le Seigneur.
Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants ;
vous risqueriez de les décourager.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte » (Mt 2, 13-15.19-23)
Alléluia. Alléluia.
Que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ ;
que la parole du Christ habite en vous
dans toute sa richesse !
Alléluia. (Col 3, 15a.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Après le départ des mages,
voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph
et lui dit :
« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,
et fuis en Égypte.
Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse,
car Hérode va rechercher l’enfant
pour le faire périr. »
Joseph se leva ;
dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère,
et se retira en Égypte,
où il resta jusqu’à la mort d’Hérode,
pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Après la mort d’Hérode,
voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte
et lui dit :
« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,
et pars pour le pays d’Israël,
car ils sont morts,
ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »
Joseph se leva,
prit l’enfant et sa mère,
et il entra dans le pays d’Israël.
Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée
à la place de son père Hérode,
il eut peur de s’y rendre.
Averti en songe,
il se retira dans la région de Galilée
et vint habiter dans une ville appelée Nazareth,
pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes :
Il sera appelé Nazaréen.

– Acclamons la Parole de Dieu.




Mardi 24 Décembre 2019
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