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Homélie pour le 15e dimanche du temps ordinaire Année C « Il le conduisit dans une auberge »

Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 14 juillet 2019 à la Chapelle du Lac Poulin et à la Chapelle du Lac Raquette. Textes: Isaïe 66, 10-14c, Galates 6, 14-18 et Luc 10, 25-37 le bon samaritain.



Le Bon Samaritain (Crédits photo : Musée Bonnat-Helleu, musée des beaux-arts de Bayonne. Auteur non indiqué. Réutilisation non commerciale autorisée)
Le Bon Samaritain (Crédits photo : Musée Bonnat-Helleu, musée des beaux-arts de Bayonne. Auteur non indiqué. Réutilisation non commerciale autorisée)
La parabole du bon samaritain fait partie du patrimoine mondial au même titre que des monuments comme la Tour Eiffel ou la basilique Saint Pierre-de-Rome ou comme des destinations courues comme les Iles des Caraïbes ou le Rocher de Percé au Québec. Il arrive avec cette parabole ce qui arrive avec tous ces lieux et destinations connues. Ces lieux et ces destinations font partie du paysage depuis longtemps. On a besoin parfois d’un coup de pouce pour les regarder et les découvrir avec des yeux nouveaux.

C’est ce que nous somme invités à faire ce matin. Nous connaissons bien la parabole du bon samaritain, mais nous avons besoin de la redécouvrir avec des yeux nouveaux. Je vais avec vous la relire en m’arrêtant à certains points qui m’ont frappé cette fois-ci. Si vous avez été touchés par d’autres points, pas de problème. L’important c’est de laisser l’Esprit agir dans notre cœur.

I – Le récit

Lorsque je suis allé en pèlerinage en Terre Sainte il a quelque années, la route de Jérusalem à Jéricho a fait partie de notre visite. Comme il est dit dans l’évangile, lorsqu’on prend cette route on descend pendant longtemps : Jérusalem est à environ 800 mètres au-dessus du niveau de la mer et Jéricho qui est au nord de la Mer Morte est à 250 mètres au-dessous. Elle est la ville la plus basse au monde. On imagine que le parcours de cette route se faisait la plupart du temps à pied ou à dos d'âne. Des brigands se tenaient aux aguets à divers endroits, et il était difficile de leur échapper si on était seul. C’est ce que n’a pu faire le blessé que découvre sur la route le samaritain qui venait, comme son nom le dit, d'une région qui s'appelait la Samarie. C'était une région en compétition avec Jérusalem ayant même un temple rival sur la mont Garizim.

On peut penser que le bon samaritain était allé faire des affaires à Jérusalem et qu’il revenait chez lui. Il allait son chemin lorsqu’il aperçut le blessé. Il s’approcha, nous dit l’évangile, le prit, le mit sur sa monture et le mena dans un village tout proche. Il le déposa à l’auberge en donnant à l’aubergiste un bon montant d’argent pour qu’il en prenne soin et il quitta. Jésus laisse supposer qu’il avait des obligations de rentrer à la maison et qu’il ne pouvait faire plus que ce qu’il avait fait en recueillant le blessé sur la route.

L’attitude du samaritain est mise en parallèle par saint Luc avec celle de deux autres personnages : un prêtre et un lévite qui servait dans le temple pour les sacrifices. Ce sont des gens qui sont proches des choses de Dieu, de sa Parole, de son Temple. Ils consacrent leur vie à son service. Ces deux personnages qui voient le blessé passent tout droit alors que le samaritain prend la peine de s’arrêter. C’est quelqu’un de totalement étranger qui s’approche du blessé alors que les deux autres continuent leur chemin sans s’arrêter enfermés dans leurs traditions et dans leurs lois.

II – Le message de la parabole

Cette histoire, cette parabole, est racontée par Jésus pour répondre à la question du Docteur de la Loi qui lui demande « Qui est mon prochain ? » Comme toutes les paraboles que raconte Jésus, l’important dans l’histoire c’est le message qui lui est attaché. Remarquez ici que Jésus ne donne pas une réponse d'intellectuel, théorique. Il ne se met pas à parler de la situation économique de son temps, mais il donne une réponse concrète qui est encore applicable pour chacun et chacune de nous.

Dans la parabole de Jésus, le message est très clair : le prochain c’est celui dont tu te fais proche, que tu sers ou que tu dépannes s’il est dans le besoin. S’approcher de quelqu'un et en faire son prochain, c’est quelque chose qui ne se fait pas dans les nuages. C’est une démarche concrète, dans la vie de chacun. Jésus ici donne un exemple pris sur le vif où on voit une personne en action. Le samaritain aperçoit, il fait monter, il porte à l’auberge, il s’assure que les soins nécessaires seront donnés, il paie d’avance.

À la fin de l’évangile, Jésus demande au docteur de la Loi « lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits? » Le docteur répond « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui ». Et Jésus de conclure « Va et toi aussi, fais de même ». C’est à retenir.

II – Application

Si on tente d’appliquer cette parabole à nos vies, on est renvoyé à notre vie concrète de tous les jours et à la question où est mon prochain ?

On peut penser qu’il se trouve sur un bateau dans la Méditerranée comme réfugié, qu’il est dans un bidonville de Calcutta ou dans les rues de Montréal comme une personne sans domicile fixe. C’est juste de penser ainsi et cela correspond à ce que Jésus nous enseigne lorsqu’il nous dit qu’il est venu pour servir les plus démunis. Mais ici, Jésus donne un moyen concret de vérifier notre proximité avec l’autre. Est-ce que vous prenez le temps de vous en approcher ?

Très bonne question. Elle nous renvoie à nos agirs concrets. Est-ce que nous nous arrêtons dans la vie de tous les jours pour écouter, aider, dépanner une personne qui nous tend la main ou qui en a besoin ? Est-ce que nous pensons qu’elle est le Christ lui-même qui nous rencontre ? La parabole du bon samaritain nous invite à nous poser des questions sur nos agirs quotidiens et sur nos façons de vivre les relations avec nos frères et sœurs dans le besoin. Le prochain, en effet, ce n’est pas seulement les autres, c’est aussi nous qui nous faisons proches.

Je reste toujours démuni lorsque je suis sollicité sur la rue par un mendiant. J’ai envie de passer mon chemin en me disant, il abuse pour se procurer quelque chose, pour aller s'acheter de la drogue. Mais je me retiens de penser ainsi et j’essaie de le voir comme Jésus qui me tend la main. Je m’unis ainsi à des milliers et des milliers de frères et sœurs de toutes les confessions religieuses et aussi de nos frères et sœurs incroyants qui vivent de mille manières cette démarche de s’approcher de ceux et celles qui sont dans le besoin.

Vous voyez, la parabole du bon samaritain, est un monument de notre histoire qui peut continuer d’attirer plein de visiteurs et qui est une source d’inspiration dans notre monde qui en a bien besoin. La dureté des relations humaines, la recherche du profit, l'enfermement sur ses positons rendent parfois très difficiles les rapprochements. Et pourtant, c’est en se faisant proche de l’autre que le « Tu aimeras ton prochain comme toi-même »  s’actualise pour nous comme pour le docteur de la Loi qui demandait à Jésus « Mais qui est mon prochain ? ».

Conclusion

Que notre Eucharistie, ce matin, soit une occasion de nous rapprocher de nos frères et sœurs sur le chemin qui est le leur. Ces personnes sont là. Elles attendent de nous un regard, une main secourable, une parole d’encouragement. Ce sont nos enfants, nos jeunes, nos personnes âgées, nos parents, nos sans logis, nos malades, nos démunis de toutes sortes pas seulement sur le plan matériel etc., des personnes qui attendent que nous nous approchions d’elles selon nos possibilités et selon nos vocations.

Que le Seigneur Jésus qui s’est fait pour l’humanité le Bon Samaritain en s’approchant d’elle pour la relever et la sauver nous donne la grâce d’être, à son exemple, de bons samaritains et de bonnes samaritaines nous aussi pour nos frères et sœurs.

Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec


9 juillet 2019



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Lectures de la messe pour le 15e dimanche du temps ordinaire Année C

Première lecture
« Elle est tout près de toi, cette Parole, afin que tu la mettes en pratique » (Dt 30, 10-14)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple :
« Écoute la voix du Seigneur ton Dieu,
en observant ses commandements et ses décrets
inscrits dans ce livre de la Loi,
et reviens au Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur et de toute ton âme.
Car cette loi que je te prescris aujourd’hui
n’est pas au-dessus de tes forces
ni hors de ton atteinte.
Elle n’est pas dans les cieux, pour que tu dises :
‘Qui montera aux cieux
nous la chercher ?
Qui nous la fera entendre,
afin que nous la mettions en pratique ?’
Elle n’est pas au-delà des mers, pour que tu dises :
‘Qui se rendra au-delà des mers
nous la chercher ?
Qui nous la fera entendre,
afin que nous la mettions en pratique ?’
Elle est tout près de toi, cette Parole,
elle est dans ta bouche et dans ton cœur,
afin que tu la mettes en pratique. »

– Parole du Seigneur.
Psaume
(Ps 68, 14, 17, 30-31, 33-34, 36ab.37)

R/ Cherchez Dieu, vous les humbles
et votre cœur vivra.

Moi, je te prie, Seigneur :
c’est l’heure de ta grâce ;
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.

Réponds-moi, Seigneur,
car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse,
regarde-moi.

Et moi, humilié, meurtri,
que ton salut, Dieu, me redresse.
Et je louerai le nom de Dieu par un cantique,
je vais le magnifier, lui rendre grâce.

Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.

Car Dieu viendra sauver Sion
et rebâtir les villes de Juda.
patrimoine pour les descendants de ses serviteurs,
demeure pour ceux qui aiment son nom.



OU BIEN
Psaume
(Ps 18b (19), 8, 9, 10, 11)

R/ Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ! (Ps 18b, 9ab)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.
Deuxième lecture
« Tout est créé par lui et pour lui » (Col 1, 15-20)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Le Christ Jésus est l’image du Dieu invisible,
le premier-né, avant toute créature :
en lui, tout fut créé,
dans le ciel et sur la terre.
Les êtres visibles et invisibles,
Puissances, Principautés,
Souverainetés, Dominations,
tout est créé par lui et pour lui.
Il est avant toute chose,
et tout subsiste en lui.

Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église :
c’est lui le commencement,
le premier-né d’entre les morts,
afin qu’il ait en tout la primauté.
Car Dieu a jugé bon
qu’habite en lui toute plénitude
et que tout, par le Christ,
lui soit enfin réconcilié,
faisant la paix par le sang de sa Croix,
la paix pour tous les êtres
sur la terre et dans le ciel.

– Parole du Seigneur.
Évangile
« Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37)

Alléluia. Alléluia.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. Jn 6, 63c.68c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
un docteur de la Loi se leva
et mit Jésus à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier,
dit à Jésus :
« Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
‘Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
Jésus lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

















Mardi 9 Juillet 2019
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