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Homélie pour le 4e dimanche du temps ordinaire Année B « Il enseignait avec autorité »

Homélies dominicales pour les temps liturgiques. Homélie pour le 4e dimanche du temps ordinaire Année B par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec le 31 janvier 2021. Textes : Deutéronome 18, 15-20, I Corinthiens 7, 32-35 et Marc 1, 21-22.



Crédits photo : Bernadette Lopez, alias Berna dans Évangile et peinture
Crédits photo : Bernadette Lopez, alias Berna dans Évangile et peinture
Vous avez sûrement rencontré des personnes qui en imposent comme on dit. Ce sont des gens dont émane un quelque chose de spécial. On voit dans l’évangile de ce jour que Jésus était de ce type de personnes. Saint Marc l’exprime en disant qu’il enseignait en homme qui a autorité.

I - Une autorité particulière

Le charisme de ces personnes qui les fait sortir du groupe peut provenir de diverses sources. Cela peut provenir, par exemple, de leurs richesses, de leurs connaissances ou encore de leur carrière dans le spectacle. On en a eu un exemple dans la médiatisation impressionnante des funérailles de Johnny Halliday en décembre 2016. Son image a rejoint non seulement ses fans mais aussi toutes les classes de la société. Il est apparu comme un personnage hors normes.

Ce matin Jésus est présenté par saint Marc comme un personnage hors normes lui aussi. Il apparaît au tout début de ses prédications comme quelqu’un qui n’est pas dans la foulée des prédicateurs du temps qu’on appelait les scribes. Ceux-ci étaient reconnus pour leurs connaissances des Écritures qu'ils transcrivaient, qu'ils enseignaient et qu'ils interprétaient. Qu'est-ce qui différencie Jésus des scribes ? D’où lui vient cette assurance qui impressionne les personnes qui l’entendent ? Pourquoi dégage-t-il autant d’autorité ?

La réponse de saint Marc tient en un mot : Jésus transpire la puissance divine de partout. Ses paroles ne sont pas de simples arguments rationnels, elles sont pleines d’un sens profond qui en fait des paroles de Dieu qui rejoignent tout le monde. Elles sont remplies de la puissance de Dieu.

Cette action de la puissance divine qui se sent dans les paroles de Jésus est manifeste pour saint Marc dans les autres signes que sont les miracles et les guérisons, car pour saint Marc Jésus ne se contente pas de parler, il pose des gestes qui sont autant de signes révélateurs de son identité profonde, de ce qu'il est. C'est ce qui se passe dans la deuxième partie de notre évangile où Jésus procède à un exorcisme pour chasser le démon.

II – Un signe percutant : un exorcisme

Dans la synagogue où Jésus parlait, il se trouvait un pauvre type diminué dans son esprit, tourmenté intérieurement par l’esprit impur c’est-à-dire par une présence du mal et du péché que Jésus vient combattre. Cette présence se manifeste de diverses façons. On la voit ici comme une manifestation de Satan, l’Adversaire de Jésus.

Jésus connaît cette présence. Il la rencontre à tout moment. Comment la combattra-t-il ? En l'affrontant directement. On le voit ici dans un face à face où il écrase l’Adversaire « Tais-toi et sors de cet homme » commande-t-il.

Sa victoire est telle que les personnes dans la synagogue n’en reviennent pas. « Qu'est-ce que cela veut dire ? ». On reconnaît alors que ce geste comme son enseignement illustre la présence divine qui est en lui et qui en impose. Autour de lui, on constate que l’enseignement de Jésus est nouveau, donné avec autorité et que Jésus commande même aux esprits impurs et que ceux-ci lui obéissent.

Il y a, chez Jésus, une unité entre son enseignement avec autorité et son activité de guérisseur et d’exorciste lorsqu'il chasse les démons. Dans les deux cas, c’est la puissance de Dieu qui se manifeste en lui.

III- Application

Ce qu’il est important de retenir ce matin c’est que Jésus trouve non seulement en lui les paroles et les gestes qui attirent les gens, mais qu’il les puise dans une source divine.

Pour l’évangéliste saint Marc et pour les premiers chrétiens auxquels il s’adresse, la figure de Jésus dépasse tout ce qu’ils voient autour d’eux. Il y a en lui ce quelque chose de spécial que les autres prédicateurs n’ont pas. Des prophètes puissants sont venus comme nous le rappelle la première lecture. En Jésus cependant il y a une nouvelle présence de Dieu qui le met sur un registre unique. Déjà au tout début de son ministère Jésus sort du rang. Dans la suite de son évangile saint Marc racontera comment concrètement s’est vécu cette lancée qui, comme on le sait, conduira Jésus sur la croix du Calvaire.

Les paroles et les gestes de Jésus rejoignent les attentes et les besoins des gens. Il leur annonce un chemin de vérité, de paix, de bonheur, de partage dans une société divisée et malmenée par l’occupant romain. Voilà pourquoi, sa renommée se répand rapidement car la ville de Capharnaüm est une ville où passent de nombreux commerçants et où les échanges avec l’extérieur sont nombreux. Ainsi la renommée de Jésus dépasse sa Galilée natale. Il deviendra le porte-étendard des pauvres et des petits. Il se présentera comme l'Envoyé de Dieu qui a reçu l’onction pour annoncer la Bonne Nouvelle que les aveugles voient, que les sourds entendent, que les prisonniers sont libérés, que la justice est rétablie. (Luc 4, 18-19 voir la citation complète à la fin). Jésus, l'Envoyé de Dieu, est porteur de la puissance divine qu’il met au service de ses frères et sœurs en enseignant et en guérissant.

On peut être surpris de la place importante des guérisons et des miracles dans saint Marc. Il y a une raison bien simple : ce sont des signes visibles de l’action de Dieu présente en Jésus. On peut, bien sûr, analyser ces signes avec des données plus modernes où ce qui apparaissait comme un miracle est bien explicable par des causes naturelles. Toutefois, n’oublions jamais le but de ces récits qui se proposent de manifester la puissance divine à l’œuvre en Jésus. C'est le message de foi qu’ils proposent qui est pour nous l'essentiel.

Conclusion

On peut se demander si aujourd’hui nous y croyons à cette puissance divine en Jésus. Est-ce que nous reconnaissons qu’il parle avec autorité et que ce qui nous a été transmis de lui mérite d’être continuellement présent à notre cœur ? Comment y arriver ? En relisant souvent les paroles de l’Évangile, en les méditant et en les laissant produire en nous leurs fruits de grâce et de lumière.

C’est ce que nous faisons à chaque Eucharistie dans la première partie qui s’appelle la Liturgie de la Parole. L’Église a choisi des textes des évangiles susceptibles de nous aider dans ce sens. Elle les accompagne d'autres textes de l'Écriture tirés de l'Ancien Testament et des Lettres de saint Paul. Faisons confiance à l’Esprit Saint qui nous fera retenir telle ou telle parole reçue dans ces textes, qui la fera mûrir en nous et qui nous enseignera comment la mettre en pratique.


Amen!

Mgr Hermann Giguère P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l'Université Laval
Séminaire de Québec


le 26 janvier 2020



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« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » (Luc 4, 18-19)
















PREMIÈRE LECTURE
« Je ferai se lever un prophète ; je mettrai dans sa bouche mes paroles » (Dt 18, 15-20)
Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple :
« Au milieu de vous, parmi vos frères,
le Seigneur votre Dieu
fera se lever un prophète comme moi,
et vous l’écouterez.
C’est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu,
au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez :
“Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu,
je ne veux plus voir cette grande flamme,
je ne veux pas mourir !”
Et le Seigneur me dit alors :
“Ils ont bien fait de dire cela.
Je ferai se lever au milieu de leurs frères
un prophète comme toi ;
je mettrai dans sa bouche mes paroles,
et il leur dira tout ce que je lui prescrirai.
Si quelqu’un n’écoute pas les paroles
que ce prophète prononcera en mon nom,
moi-même je lui en demanderai compte.

Mais un prophète qui aurait la présomption de dire en mon nom
une parole que je ne lui aurais pas prescrite,
ou qui parlerait au nom d’autres dieux,
ce prophète-là mourra.” »

– Parole du Seigneur.

PSAUME
(94 (95), 1-2, 6-7abc, 7d-9)
R/ Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur. (cf. 94, 8a.7d)

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit
le troupeau guidé par sa main.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

DEUXIÈME LECTURE
La femme qui reste vierge a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée » (1 Co 7, 32-35)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
j’aimerais vous voir libres de tout souci.
Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur,
il cherche comment plaire au Seigneur.
Celui qui est marié a le souci des affaires de ce monde,
il cherche comment plaire à sa femme,
et il se trouve divisé.
La femme sans mari,
ou celle qui reste vierge,
a le souci des affaires du Seigneur,
afin d’être sanctifiée dans son corps et son esprit.
Celle qui est mariée a le souci des affaires de ce monde,
elle cherche comment plaire à son mari.
C’est dans votre intérêt que je dis cela ;
ce n’est pas pour vous tendre un piège,
mais pour vous proposer ce qui est bien,
afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Il enseignait en homme qui a autorité » (Mc 1, 21-28)
Alléluia. Alléluia.
Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.
Alléluia. (Mt 4, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat,
il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement,
car il enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit impur,
qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement :
« Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions,
puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur
et se demandaient entre eux :
« Qu’est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
Il commande même aux esprits impurs,
et ils lui obéissent. »
Sa renommée se répandit aussitôt partout,
dans toute la région de la Galilée.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Mardi 26 Janvier 2021
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