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Homélie pour des funérailles (Luc 12, 35-38,40) : « La vie n’est pas détruite »

Homélie aux funérailles de monsieur Gaston Turcotte à l'église St-Édouard de Frampton (Québec) le 30 janvier 2016 par Mgr Hermann Giguère P.H. Textes de l'Écriture: Job, 19, 1.23-27a et Luc 12, 35-38,40.



Cimetière de St-Édouard de Frampton au Québec (Crédits photo Waymarking.com)
Cimetière de St-Édouard de Frampton au Québec (Crédits photo Waymarking.com)
Lorsque je suis allé au salon funéraire hier après-midi après avoir offert mes sympathies à Carole, Dave, Marie-Ève et aux sœurs de Gaston, je me suis arrêté longuement devant les photos qui étaient offertes sur un écran dans le fond de la salle.

J’y ai vu un homme heureux dans diverses circonstances de sa vie comme son mariage où je figure sur la photo, un homme entouré des siens : de son épouse, de ses enfants, de ses petits- enfants qu’il embrasse avec affection sur plusieurs clichés, un homme fidèle aux Chevaliers de Colomb, à ses hobbies etc.

Je m’arrête car, au début de notre célébration, Dave a déjà décrit ce qu’a été son père et le but d’une homélie aux funérailles n’est pas de rendre hommage au défunt, mais de nous aider à vivre la disparition d’un être cher en relisant certains textes de la Parole de Dieu, de l’Écriture, qui peuvent alors pour les croyants que nous sommes, et même les non-croyants, apporter un peu de lumière sur ce passage qu’est la mort que nous vivrons tous un jour ou l’autre

I- Le moment de la mort est un mystère

Dans l’évangile que je viens de lire, Jésus nous dit : « Tenez-vous prêts, c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ». C’est ce qui est arrivé pour Gaston qui était en pleine forme et qui ne se doutait pas qu’il recevait une annonce de mort prochaine le 11 décembre 2015 lorsque son médecin lui a indiqué qu’il était gravement atteint.

À 62 ans, on ne pense pas beaucoup à la mort. Dans le contexte d’aujourd’hui où l’espérance de vie s’allonge toujours, à 62 ans on rêve de pouvoir profiter de ce qu’on a réalisé, de voir grandir ses petits-enfants, de rendre service avec plus de disponibilité etc. On ne pense pas que le passage de la mort nous attend au détour du chemin.

Et pourtant, c’est ce qui s’est produit pour à Gaston. En quelques semaines, il a vu la vie lui échapper. Et comme l’a souligné Dave, après un moment de déstabilisation bien normal, il a vécu petit à petit un abandon de croyant confiant. Sa foi qui est aussi celle de plusieurs parmi nous lui a donné la clé pour comprendre ce qui se passait.

II – Une vie qui ne finit pas

La vie qu’il avait reçue lui échappait, dis-je, mais il comprenait que cette vie-là n’était pas finie. En effet, on peut dire que le chrétien qui croit en Jésus Christ ne meurt pas vraiment. Comme on le dit dans la préface de la Prière eucharistique que je proclamerai tout à l’heure : « La vie n’est pas détruite, elle est transformée ». Écoutez bien ce beau texte si éclairant pour nous : « ... pour ceux et celles qui croient en toi, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux ».

On peut toujours se demander comment sera cette demeure. C’est une question légitime. Mais, malgré toutes les recherches qui sont possibles aujourd’hui, on ne peut y répondre. Nous avons la chance comme chrétiens d’avoir, nous, une réponse qui est celle de notre foi que saint Paul résume ainsi dans sa lettre aux chrétiens de Rome : " Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même : si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur." (Romains 14, 7).

Qu’est-ce que cela veut dire? Cela veut dire que la vie que nous avons, nous l’avons reçu comme un cadeau, comme un don, elle ne nous appartient pas, nous n’en sommes pas les propriétaires. Elle vient de Dieu par l’intermédiaire de nos parents et elle se continue avec Dieu après notre mort. C’est cela « vivre pour le Seigneur » et « mourir pour le Seigneur ». Notre vie appartient à Dieu.

C’est ce que nous disons sans nous en rendre compte lorsque nous disons « adieu » à quelqu’un. Ce mot « adieu » peut s’écrire en deux mots « À » et « Dieu ». Le pape François a fait un beau commentaire de ce mot lors d’une homélie. Je vous le partage. : «À Dieu, je confie mon âme ; à Dieu je confie mon histoire ; à Dieu je confie les miens ; à Dieu, je confie tout. Nous serons tous amenés un jour, continue le pape, à dire cette parole …Que le Christ mort et ressuscité nous envoie l’Esprit Saint, afin que nous apprenions cette parole, que nous apprenions à la dire, de toute nos forces : la dernière parole, À Dieu … »

C’est ce que Gaston a fait de façon admirable.

Conclusion

Que cette messe soit pour nous un moment de pause dans nos activités et nos préoccupations. Et qu’elle permette de dire nous aussi « À Dieu » dans la foi avec sérénité… lorsqu’arrivera notre heure finale,

Comme le saint homme Job, mettons notre confiance en Celui qui s’est fait le Rédempteur, le frère et le Sauveur de nous tous et toutes,et disons dans notre coeur : « Oui je sais que mon Libérateur est vivant et que je verrai Dieu de mes yeux ».

C’est ce que je souhaite à tous et à toutes.

Amen!

Mgr Hermann Giguère, P.H.
Faculté de théologie et de sciences religieuses
de l’Université Laval
Séminaire de Québec

30 janvier 2016



Vendredi 29 Janvier 2016
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