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"La voie de la fidélité" - Homélie pour l'anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec 24 mars 2010 - Mercredi de la 5e semaine du Carême Année C

Homélie de Mgr Hermann Giguère, supérieur général du Séminaire de Québec lors de l' Anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec à la chapelle du Pavillon Jean-Olivier-Briand le 24 mars 2010. Textes de l'Écriture: Daniel 3, 14-20.91-92.95 et Jn, 8, 31-42 (Mercredi de la 5e semaine du Carême Année C).



Séminaire des Missions-Étrangères tel était le nom originel du Séminaire de Québec. Le sigle SME est encore en usage aujorud`hui.
Séminaire des Missions-Étrangères tel était le nom originel du Séminaire de Québec. Le sigle SME est encore en usage aujorud`hui.
Le fil conducteur de mon homélie en ce jour de l’anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec, m’a été inspiré par le thème de l’Année sacerdotale « Fidélité du Christ, fidélité du prêtre ». Fidélité est un mot riche de multiples sens. Il renvoie à la responsabilité devant ses obligations, à la constance dans ses attitudes et ses choix. Les deux textes que nous venons de lire célèbrent chacun à leur façon les mérites de la fidélité.

I - La fidélité de Dieu qui sauve

Les trois jeunes hommes du récit de Daniel, manifestent une détermination qui surprend le roi. Celui-ci pense bien arriver à les faire changer d’avis, mais c’est peine perdue. Il ordonne alors de leur imposer un choix extrême. C’est leur vie elle?même qui sera mise en jeu. Et en se mettant à la place des trois jeunes hommes, on est surpris de les voir réaliser en figure et par anticipation la parole de Jésus « Qui veut sauver sa vie la perdra; mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera » (Mathieu 16, 25).

C’est bien l’enjeu qui est celui des trois jeunes hommes ici. Point d’hésitation pour eux : « Nous ne lâcherons pas le Seigneur. Nous ne servirons pas tes dieux ».

Cette fidélité étonne et surprend le roi. Et, elle est marquée par une réponse de Dieu qui parlera à toutes les générations de croyantes et de croyants au cours des siècles et qui inspirera les martyrs des Macchabées aux premiers martyrs chrétiens jusqu’aux martyrs du 20e siècle que Jean-Paul II honoraient dans une célébration historique au cours de l’an 2000 au Colisée de Rome : la fidélité de Dieu sauve ceux qui mettent leur confiance en lui.

Le texte de la première lecture nous fait toucher du doigt que la fidélité des personnes provoque celle de Dieu qui se manifeste dans le fait raconté par Daniel avec un éclat incomparable. Le feu entoure les jeunes gens. Il ne les brûle pas. Et les témoins ne peuvent que reconnaître la fidélité du Seigneur qui n’abandonne jamais.

Dans les situations les plus dramatiques et dans les causes qui semblent perdues le chrétien, comme les trois jeunes hommes, peut être sûr de la fidélité inébranlable de son Dieu qui l’a montrée tout au cours de l’Histoire du Salut à partir d’Abraham jusqu’à nous et qui continuera de le faire jusqu’au jour du Retour en gloire de son Fils Bien-aimé. Avec Jésus commence cependant une ère nouvelle.

II – La fidélité du chrétien : une fidélité d’enfant de Dieu et non d’esclave

En effet, avec l’incarnation du Fils de Dieu, avec la venue du Verbe fait chair – « Et Verbum caro factum est » - nous sommes entrés dans un monde où la relation avec Dieu, n’est plus seulement une fidélité à des devoirs et à des obligations comme le pensent les Juifs avec qui Jésus polémique dans le texte de l’évangile de saint Jean qui vient d’être lu. Cette polémique nous montre qu’il y a un monde entre cette mentalité qui est une mentalité d’esclave et celle que Jésus invite à adopter, une mentalité de fils et de fille de Dieu. Il ne s’agit pas seulement d’une invitation, mais bien de la proclamation d’une vérité qui rend libre.

En effet, le cœur de la liberté du chrétien c’est la relation à une personne à laquelle il adhère de tout son être et de toute son âme. Cette personne, Jésus, connaît Dieu du dedans, si je puis dire, il est le Verbe de Dieu « …c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. » (Jean 8, 48) C’est à lui que le Père a dit : « Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » (Psaume 2, 7) Et cette parole retentit pour chacun et chacune, pour ceux et celles qui accueillent le message de Jésus. « Tu es mon fils, ma fille, tu as du pris à mes yeux et je t’aime » (cf. Isaïe 43, 4 et ss). En effet, écrira saint Paul aux Romains : « Vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende esclave et vous ramène à la peur, mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père. Cet Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Romains, 8, 15-16)

Voilà, nous sommes dans un monde autre. Finie la fidélité oppressive basée sur l’exactitude dans la réalisation des obligations de la Loi. Bienvenue la liberté des enfants de Dieu qui, dégagés des chaines du péché par la victoire du Christ, peuvent se tourner vers Dieu avec confiance, sûrs de sa fidélité qui répondra à la leur d’une manière surprenante parfois, toujours constante au fil des jours.

III - La fidélité à nos racines et à notre fondateur

Le fil conducteur de la fidélité qui relie les deux lectures peut servir d’inspiration pour l’anniversaire que nous célébrons, celui de la fondation du Séminaire par le bienheureux François de Laval le 26 mars 1663. En effet, le retour d’un anniversaire comme celui-là ne peut faire autrement que de nous faire voir nos racines comme communauté de prêtres et comme communauté de séminaristes et nous inviter à leur rester fidèles dans les circonstances qui sont celles de notre Église aujourd’hui.

La créativité de François de Laval dans la fondation du Séminaire est reconnue de tous. Il a voulu, comme il est écrit au dos du feuillet de la célébration, qu’il serve de clergé à cette nouvelle Église et qu’il puisse fournir des sujets pour « aller à toutes rencontres ». Son séminaire était l’assise principale d’une Église locale inspirée des premières communautés chrétiennes. Il ne voulait pas reproduire ici en Nouvelle-France les vieilles Églises d’Europe. Il se sentait libre vis-à-vis les systèmes établis et les règles existantes qui alourdissaient l’Église en France. Il a voulu pour son Église une liberté qui lui permette de se laisser imprégner de l’Évangile dans tout son radicalisme et il a témoigné lui-même d’une fidélité sans faille dans un abandon total qui est le trait le plus marquant de son expérience spirituelle.

L’histoire du Séminaire, bien sûr, a connu des hauts et des bas. Les attentes du fondateur n’ont peut-être pas toujours été satisfaites, mais le souci de fidélité à son intuition première a toujours animé nos prédécesseurs. Nous sommes les héritiers d’une lignée de personnes qui ont constamment recherché la plus grande gloire de Dieu dans les œuvres et les missions qu’ils ont acceptées et réalisées au service de l’Église qui est à Québec.

Que le même esprit continue de nous habiter aujourd’hui, c’est mon souhait le plus cher. Bien sûr qu’il y aura encore des discernements difficiles à faire parfois, mais nous pouvons être sûrs que la fidélité du Seigneur ne nous fera jamais défaut.

Conclusion

Que cette Eucharistie, sacrement de la fidélité de Dieu pour son peuple qu’il nourrit et soutient constamment par le don de Celui qu’il a exalté au-dessus de tout nom, nous permette de suivre la voie de la liberté des enfants de Dieu avec Jésus, par Lui et en Lui.

Amen !


Mgr Hermann Giguère P.H.

Le 24 mars 2010


Mercredi 24 Mars 2010
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