FISSURES QUI FONT REFLECHIR...
Trois fissures, immensément profondes et apparemment impossibles à combler, fracturent l'unité de l'humanité. Je les exprime ici en citant quelqu'un qui fut, à son propre étonnement et qu'on l'aime ou non, un des penseurs les plus sérieux de l'histoire de l'humanité, saint Paul: "...Il n'y a plus ni Juif, ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme..." affirmait-il un jour de façon tranchante. Les points de suspension dans la citation sont d'une énorme importance, j'y reviendrai.

« Juifs – Grecs » : ce sont les religions; « esclaves - hommes lbres »: ce sont les classes sociales; « hommes – femmes » : ce que l'on sait. Différences religieuses, différences sociales et différences sexuelles qui deviennent souvent, pour ne pas dire la plupart du temps, occasions de division, de domination et d'asservissement. Si nous pouvions les transformer en lieux privilégiés de ré-conciliation, de fraternité et d'unité! Mais comment s'y prendre?

L'autre jour, le Pape Benoit XVI était à l'université de Ratisbonne (Regensburg, comme ils disent par là). Je suis déjà allé, on y trouve ce qu'on peut imaginer de meilleur comme faculté de théologie, c'est du moins ce qu'ils disent, comme le dit d'ailleurs d'elle-même toute faculté de théologie allemande qui se compare aux autres. Alors mon pape n'a pu faire autrement que d'entrer dans l'univers qui fut jadis le sien et que, forcément, il aime bien. Et il n'a pu faire autrement que de succomber un tant soit peu à la tentation de la virtuosité intellectuelle, qui est le péché mignon de tout universitaire. Évoquer un dialogue entre un empereur de Byzance et un savant musulman absents des mémoires universitaires depuis si longtemps: pouvait-on imaginer quoi que ce soit de plus pétillant, dans cette auguste assemblée de professeurs en toges! Les auditeurs ont bien apprécié, totalement inconscients que, à cause du Pape, ce qui se déroulait dans leur enceinte paisible était épié par les médias du monde entier. Le Pape, lui, devait le savoir. Il est toujours épié, quoi qu'il fasse, quoi qu'il veuille.

Ce que le pape a dit n'était certes pas mauvais; la citation qu'il a faite non plus. Il ne devrait pas dire qu'elle ne reflétait pas sa pensée. La violence jusqu'à la mort de l'autre, pour lui imposer la foi en Dieu, est la chose plus irrationnelle qu'on puisse imaginer; et la plus ignoble, quand on sait que Dieu est Amour, ce que le Pape proposait comme la conviction la plus intense qui l'habitait au début de son pontificat.

C'est ainsi que j'en reviens enfin aux points de suspension de ma citation du début. Je dévoile ce qu'ils cachaient: " Oui, vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n'y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car tous, vos n'êtes qu'un en Jésus Christ". Pour un chrétien plongé dans l'univers du Christ, les différences étaient devenues des champs de réconciliation. Je dis bien: pour un chrétien. C'est l'affaire des chrétiens.

Je ne tiens pas à ce que notre Pape parle des autres religions, des autres façons d'entrer en relation avec Dieu qu'ont découvertes d'autres êtres humains. Chacune d'entre elles constitue un mystère de foi bien difficile à lire et à déchiffrer quand on ne la partage pas. Je veux de mon Pape qu'il ne parle que comme un chrétien. Je veux qu'il ne parle que de la relation à Dieu qu'il connaît d'expérience, celle qui se fait par le Christ, Jésus de Nazareth, le Crucifié que Dieu a glorifié parce qu'il avait bien fait ce qu'il avait à faire. Il n'a pas tué, il s'est fait tuer. Il ne s'est pas vengé, il a pardonné. Il n'a jamais tué quelqu'un. Mais il a tué quelque chose: la haine. Il l'a aspirée, il l'a enfouie en lui. En sa personne il a tué la haine. Par ses paroles de détresse, d'abandon et de pardon sur la croix, par son corps livré et son sang versé dont nous, les chrétiens, nous faisons mémoire chaque fois que nous nous réunissons et que nous pensons à lui.

Voilà ce que tout chrétien a à dire au monde: le Dieu auquel il croit, celui que Jésus de Nazareth lui a appris. Et sa conviction qu'il y a plus d'avenir pour le monde dans l'amour que dans la haine.

A chacun de présenter sa foi sans porter de jugement sur la foi de l'autre. Nous, les chrétiens, nous avons à dire la foi en Dieu que nous avons découverte en nous mettant à la suite de Jésus de Nazareth. Cette foi que nous avons si mal servie dans l'histoire et dont nous ne serons jamais de fiers et parfaits témoins. Mais cette foi que nous trouvons belle. Cette foi qui nous amène à présenter l'amour comme étant l'avenir du monde. En étant convaincus, parce que Jésus nous l'a appris, que voilà ce qui plaît à Dieu.

Dieu...Yahvé... Allah... Ô Toi l'au-delà de tout, tu as tous les noms, comment te nommerai-je? Et Jésus me répond, en pensant à tous mes frères et soeurs de la terre: Abba!

Lucien Robitaille, prêtre,
professeur émérite à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval

Tiré de Pastorale-Québec octobre 2006 vol 118 numéro 9 p. 31

Autorisation de publication du directeur de Pastorale-Québec, l’abbé René Tessier, le 14 novembre 2006
15/11/2006

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MARY, UN GRAND FILM
Magali Van Reeth, diocèse de Lyon
[03/01/2006]
Dans le monde d’aujourd’hui, symbolisé à l’écran par une grand ville américaine, à la fois fascinante dans ses lumières du soir et repoussante dans ses boyaux, Abel Ferrara met en scène plusieurs aspects de la religion et des grandes religions monothéistes à la travers la figure du Christ, qu’elles ont en commun.

Il y a tout d’abord Mary, une actrice célèbre qui, après avoir interprétée une Marie-Madeleine à l’écran, quitte sa vie et ses certitudes pour aller à Jérusalem chercher un sens à sa vie, sur les traces du Christ et dans les violences de la société israélienne. Il y a un présentateur télé d’une émission religieuse très populaire, qui n’est pas croyant. Un réalisateur de cinéma, cherchant la polémique et la confrontation en présentant un Jésus qui heurte certaines communautés religieuses mais qui fait parler de lui. Et des religieux fanatiques de tous bords qui utilisent le moindre prétexte pour engendrer la violence, sous couvert d’exigence de la vérité.

Film foisonnant par toutes les pistes et les questions qu’il soulève, Mary n’est jamais un film racoleur. Quand il dénonce les comportements violents, il ne laisse jamais au spectateur la possibilité de tomber dans le voyeurisme. Tout est suggéré, rien n’est imposé. De même, les images qui suscitent l’émotion ne sont pas manipulatrices. L’émotion qui survient alors ne nous anéantit pas. Elle nous touche mais elle nous laisse libre face à l’image et au propos du réalisateur. Ainsi, on peut cheminer tout au long du film, avec les différents personnages et, à travers leurs doutes, affronter nos propres interrogations.

Les deux personnages principaux sont interprétés par Juliette Binoche, pleine de grâce, serrait-on tenté de dire tellement elle irradie chacune des images où elle apparait. Et par Forest Whitaker qui exprime la colère et le repentir avec une justesse qui fait frissonner ! Ces deux personnages, l’une blanche et lumineuse, l’autre noir et sombre, n’étant que les deux mêmes faces d’une seule humanité à la recherche de son Père ou, pour ceux qui n’y croient pas, à la recherche du sens de la vie, dans un monde contemporain qui se laisse trop souvent berner par des images éphémères.

A la Mostra de Venise, ce film a obtenu le prix Signis.


Source : Diocèse de Lyon et InXL6, le portail jeune de l'Église de France

Un film de Abel Ferrara, France/Italie/Etats-Unis, 2005, 1h25. Sélection officielle au Festival du film américain de Deauville. Lion d’argent et prix Signis à la 62ème Mostra de Venise, avec Juliette Binoche, Forest Whitaker, Heather Graham, Marion Cotillard.

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.

05/01/2006

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QUESTIONS EXISTENTIELLES
Extraits des fiches sur le film québécois: LA NEUVAINE

Solitude et questions existentielles

Ce film parle notre langue, se déroule dans des paysages qui nous sont familiers et il nous replonge dans  notre univers culturel québécois.  Comme l'écrit Martin Bilodeau : « Ce troisième long métrage de fiction de Bernard Émond met en question la solitude spirituelle des Québécois après la révolution tranquille.  Comment répondre désormais, dans le monde sans Dieu, aux questions existentielles ? » (Martin Bilodeau, Le Devoir, 26 août 2005.)

« De fait, le film d'Émond coule comme le fleuve sur la berge duquel son action se déroule.  Pour Jeanne, ce fleuve est un abîme.  Pour François, il est une pulsation.  Pour la cathédrale, que ce catholique athée filme avec un immense respect, il est un miroir.  Enfin, pour les spectateurs, il est le fil qui rattache les vies inventées par Bernard Émond à celles, pareilles ou différentes, de ses contemporains. »(Martin Bilodeau dans l'article cité du Devoir).

Traversée initiatique qui nous révèle à nous même ?

La revue cinématographique « 24 images » parle ainsi de la réalisation de Bernard Emond : « La neuvaine est une traversée initiatique par laquelle le réalisateur nous redit le chemin terrible qu'il faut toujours parcourir pour parvenir jusqu'à soi,  nous redit la nécessité que nous avons tous de passer par l'ailleurs pour parvenir chez soi, dans ce qui nous est propre. »(Stéphane Lépine 24 images, no 123, septembre 2005, 58).

« Nous, c'est Jeanne, cette part de nous qui a perdu toutes ses illusions et qui ne croit plus en qui que ce soit  (homme ou Dieu) ou en quoi que ce soit (science ou religion). »

« Nous, c'est François,  cette part de nous contrainte à vivre le deuil d'êtres chers et sujette à la perte, à l’abandon et à la solitude. »

« Nous, cent fois hélas ! c'est le mari violent, cette part de nous qui ne sait pas comment faire face aux frustrations et comment résoudre les conflits autrement quen s'imposant aux autres et en détruisant tout ce qui résiste à son emprise. »(Marcel Gaumond, Magazine Le Clap, n o 126, 9 septembre/27 octobre 2005.)


Une oeuvre aérienne

« Le film de Bernard Émond s'adresse tant au coeur qu'à l'intelligence. C'est une oeuvre riche, honnête et aérienne, spirituelle au sens premier du terme, une oeuvre qui ne prend pas le spectateur en otage et qui lui offre au contraire un espace de liberté suffisant pour lui permettre de respirer, de comprendre et d'interpréter. Nous nous trouvons manifestement à des années-lumière du divertissement qui prend le spectateur d'assaut et lui donne tout cuit dans le bec.

Elise Guilbault et Partick Drolet parviennent à s'investir profondément dans leur personnage respectif. Chacun d'eux porte une charge symbolique différente, complexe, lourde de signification. A travers eux, deux visions du Québec et, par extension, du monde, s'opposent.

La photographie signée Jean-Claude Labrecque met en valeur le cadre naturel de la côte de Beaupré et celui de Charlevoix, sans trop s'appuyer, en intégrant les éléments du décor et la lumière d'automne aux impératifs du récit.

La bande sonore du film, une musique pour cordes de Robert M. Lepage, toute en suspensions, suggère à peine et questionne beaucoup. Elle agit à la manière d'une bouteille jetée à la mer. Par moments, elle fait aussi penser à une sonde fragile lancée dans l'immensité du cosmos. Assurément, elle laisse aux spectateurs la possibilité de lire l'ouvrage. Jamais elle ne l'interprète à sa place.

Considérant le dépouillement de l'oeuvre et la mesure qui caractérise l'ensemble de la démarche réalisée par Bernard Émond, il est clair que La Neuvaine, à l'instar de celle que les croyants continuent à pratiquer de nos jours, reste avant tout une affaire de courage, de foi, de conviction et de ferveur.» (Richard Boisvert « Avec la ferveur d'un convaincu », Le Soleil, 27 août 2005, G3.)



Pourquoi des films de cette trempe sont-ils nécessaires aujourd'hui ?



Céline Lamonde

Tiré du Blogue d`Hermann Giguère http://www.hgiguere.net/blogsme/
10/11/2005

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ACTS OF GOD (???)
Les sciences de la terre peuvent de plus en plus comprendre le fonctionnement des plaques tectoniques qui bougent et font trembler, l'interaction des courants marins et aériens chauds ou froids, etc. Mais nous demeurons encore impuissants à les contrôler. Devant la fatalité, nous disons encore : Acts of God. Dieu serait-il la grande force qui manoeuvre tout cela indépendamment de notre présence et de ses conséquences pour nous? Qu'est-ce que l'oeuvre de Dieu?

Devant certaines catastrophes, il ne faut pas tant chercher l'origine que l'appel qui nous est fait. Des personnes massacrées par les soldats, une tour en construction qui s'effondre en tuant les travailleurs (cf. Lc 13, 1-5), et Jésus répond : « Convertissez-vous, sinon vous périrez tous de même! ». Et Jésus dit bien que ces victimes n'étaient pas plus coupables que les autres. L'événement n'est donc pas une punition de Dieu envers de grands pécheurs, mais il nous appelle à une conversion. Laquelle?

Une première conversion serait sans doute d'accepter la fragilité de la vie. Nous sommes des êtres fragiles qui habitent une terre qui bouge, change, évolue constamment. Tsunamis, ouragans, séismes existaient bien avant l'apparition de l'homme et continueront d'exister bien après sa disparition sur la planète terre. Nous-mêmes, nous sommes en perpétuel évolution : de l'ovule fécondée au vieillard qui s'éteint doucement, notre corps ne cesse de changer, se transformer. Notre pensée aussi. Où cela mène-t-il? Quel est le sens de la vie? Dans ce passage fragile et éphémère, ne serait-ce pas l'oeuvre de Dieu de nous appeler à lui, de nous dire son désir que nous partagions sa vie? Les employés de la tour de Siloé sont morts aveugles sur leur vraie grandeur aux yeux de Dieu. Convertissez-vous, sinon vous mourrez sans savoir de quel amour vous êtes l'objet.

Une deuxième conversion serait dans la ligne de la justice. On remarque que les catastrophes touchent les populations les plus pauvres. Les plus riches s'installent sur des terres plus « sécuritaires » dans des édifices capables de mieux résister. Il reste aux plus pauvres les secteurs plus vulnérables, dans des habitations qui ne répondent pas aux normes de sécurité. L'oeuvre de Dieu ne serait-elle pas d'inciter les hommes à plus de justice? Connaissant de mieux en mieux les endroits susceptibles de mal subir les effets d'une catastrophe naturelle, ne faudrait-il pas prévenir quant aux lieux à bâtir et à bâtir mieux sans pénaliser les plus pauvres? L'oeuvre de Dieu ne peut se faire sans notre prise de conscience et notre décision d'agir ou d'amener nos gouvernements à agir. Nous ne serons jamais les maîtres des forces de la nature, mais en les comprenant mieux, nous pourrions prévenir tant de souffrances. En nous appelant à la conversion, Jésus nous renvoyait aussi à nos responsabilités. Exploitons-nous la terre au profit de quelques uns, ou la « soumettons-nous (selon le mot de Gen 1, 28) » pour le bien de tous?

Bonne réflexion à tous et toutes!

Bernard St-Hilaire
St-Damien de Buckland (Québec)
22/10/2005

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REGARD SUR STAR WARS III
Tout est-il possible pour justifier un bien ?

Premier éclairage. Tout est-il possible pour justifier un bien ? C’est la question du rapport entre la fin et les moyens qui est au coeur de l’épisode III et de la décision d’Anakin. Le chancelier lui dit d’abord que l’aider c’est l’aider à faire le bien de tous dans la galaxie et qu’il faut être prêt à tout pour y parvenir. Dans ce dessein, il lui demande de commettre un mal absolu, tuer, y compris des innocents, pour théoriquement sauver une vie. Pourtant, nous le sentons bien, tout n’est pas possible, tout n’est moralement pas justifiable...


Nul n’est bon ou méchant


Deuxième éclairage. La révolte des Sith met un exergue un point clé de la vie humaine : tout homme vit un combat intérieur. En effet, à tout moment l’individu est appelé à faire des choix. Bien souvent, à une échelle plus petite évidemment, nous avons un choix à faire entre le « bien » et le « mal ». Nul n’est « bon » ou « méchant » pour toujours. L’avenir de l’homme n’est pas fixé et à tout moment nous avons le choix de faire le bien même si depuis des années j’étais dans l’injustice. L’inverse est d’ailleurs aussi possible. En quelque sorte, chacun a un ’côté obscur’. Ce dernier peut se nommer égoïsme, péché, tentation, nombrilisme...

Comme le dit le prophète Ezékiel, « quand le juste se détourne de sa justice, commet l’injustice et en meurt, c’est bien à cause de l’injustice qu’il a commise qu’il meurt. Quand le méchant se détourne de la méchanceté qu’il avait commise et qu’il accomplit droit et justice, il obtiendra la vie » (Ez 18,26-27).

Le relativisme moral absolu

Troisième éclairage. Un autre point me semble intéressant à souligner, le chancelier défend un relativisme moral absolu : « Le bien est un point de vue, Anakin. Et le point de vue jedi n’est pas le seul ». Comme chrétiens, nous croyons que le bien doit être recherché au péril même de sa vie : « Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il en vient à perdre son âme ? » dit Jésus. En réalité, le relativisme moral pose la question suivante : le mal peut-il être objectivement un bien ?


Il est frappant de voir que pour convaincre, le mal doit se présenter comme un bien. ’ Vous serez comme des dieux’ disait le Serpent (Gn 3,5). Le Chancelier dit à Anakin : ’ Obéis-moi et tu sauveras la vie de celle que tu aimes ’. C’est toujours la même tentation : devenir immortel par ses propres forces et ne pas le recevoir comme un don.
En définitive cette parole se révèle toujours trompeuse car le mal ne peut donner ce qu’il n’a pas : la vie. Palpatine affirme avoir le pouvoir de l’immortalité : ’ Tromper la mort est un pouvoir qu’un seul a atteint, mais si nous travaillons ensemble, je sais que nous pouvons découvrir le secret ’ .

Pour nous chrétiens, seul le Christ a « trompé » (ou vaincu) la mort en la prenant à son propre jeu. Seul Dieu nous en délivre. Non pas en nous jouant les uns contre les autres mais en nous apprenant à donner notre vie comme le Christ. A la fin, Yoda dit que cette vie ne peut être atteinte que par la ‘compassion’.

Grandir dans le bien

Quatrième éclairage.

Grandir dans le bien signifie être humble . Star Wars III nous donne pour cela 2 archétypes frappant :
La tentation de l’orgueil chez Anakin et l’humilité d’Obi-Wan

Ce dernier est prêt à reconnaître qu’il est devenu moins fort, toujours porté à louer la valeur des autres et notamment de son élève Anakin. Il ne peut pas tout et il n’en est pas triste. C’est cette humilité qui sera sa force.

Dieu élève les humbles et abaisse les orgueilleux dit le Magnificat. En effet, l’ambition peut dévoyer. Anakin ne voit pas tout ce qu’il a reçu (dons nombreux, amour, place au conseil), il ne voit que ce qui lui manque et il lit tout retard comme un manque de confiance. Il exige avec impatience ses droits. On n’est certes jamais assez ambitieux mais on n’est jamais humble aussi. Il est dur d’être patient et de ne jamais se décourager . C’est pourtant le chemin du salut comme le dit maître Yoda à la fin, « espérer nous pouvons ». Même après une terrible défaite, il faut savoir repartir.

Conclusion

En définitive, ce film n’est naturellement pas un traité de théologie moral. Cependant, il offre une belle réflexion sur la liberté humaine, sur l’espoir de l’humanité d’obtenir la vie pour toujours pour soi et pour ceux que l’on aime, sur les valeurs qui mènent à cette vie et qui s’appellent : patience, courage, don de soi, fidélité et par dessus tout humilité.

Tiré du site internet de la PAStorale d'Animation Jeunesse de l'Église catholique du canton de Vaud en Suisse www.pasaj.ch (samedi 4 juin 2005)


le 9 juin 2005

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
12/06/2005

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DA VINCI CODE
En entrée de jeu, je dois dire que j’ai aimé ce roman. C’est un bon « thriller » à mon goût. J’avais toujours hâte de voir comment serait résolue l’énigme et quelle serait la suivante. Je l’ai donc dévoré en peu de temps. Mais à la fin de la lecture, une fois passée l’émotion du suspense, je me suis dit que ce roman comporte quelque chose de pernicieux : il risque d’inoculer un virus dangereux dans l’esprit des lecteurs : le virus du doute.

Ce livre, même si on sait que c’est un roman donc une œuvre de fiction, ouvre la porte à des questions qui ont toujours été débattues, et ce dès le début de l’Église. La divinité de Jésus a toujours créé des difficultés à l’intelligence humaine. Allez lire l’évangile de Jean au chapitre 10 versets 31 à 42. Il n’y a plus grand monde pour contester que l’évangile de Jean fut écrit vers l’an 90 de notre ère. Il voulait répondre à un débat qui déjà avait cours dans les premières générations de chrétiens. C’est donc plus de 200 ans avant Constantin. La thèse de Brown, à savoir qu’après que Constantin ait rendu légal le christianisme, l’Église se soit acharné à promulguer la divinité de Jésus en cachant la vérité, ne tient pas le chemin. Gérard Massadié, dans « L’homme qui devint Dieu », développe le thème d’un Jésus, homme ordinaire, que ses disciples, plusieurs années après sa mort, déclarèrent l’égal de Dieu. C’est aussi la thèse soutenue par Denis Arcand dans son fils « Jésus de Montréal ». Il n’y a rien là de bien nouveau…

Dan Brown n’est pas le premier à laisser planer le doute sur la relation entre Jésus et Marie Madeleine. Il y a une dizaine d’année un Français (pardonnez-moi de ne plus me rappeler son nom) se déclarait le descendant direct de Jésus et de Marie Madeleine. On n’a sûrement pas fini d’en entendre de semblables…

Mais l’accusation la plus grave, à mon avis, et que Brown ne se gène pas d’exploiter comme fond de son roman, consiste à mettre en relief un supposé acharnement des hommes d’Église, misogynes invétérés, à éliminer l’apport féminin dans la vie de l’Église. L’auteur joue sur les nouvelles sensibilités amenées par le féminisme; on peut penser que cela lui vaudra l’approbation d’un auditoire féminin plus large. C’est vrai que de l’extérieur l’institution Église semble « dominée » par les hommes; de plus la question du sacerdoce des femmes constitue un irritant plus plusieurs. Il faudrait aller plus loin que les apparences et découvrir tout le chemin parcouru dans les communautés chrétiennes, dans l’Église, sur la collaboration et la complémentarité du masculin/féminin à tous les niveaux.

Je n’accuserai pas Dan Brown de mauvaise foi. Comme tout romancier, il flaire l’air du temps et fait œuvre de fiction selon les odeurs qu’il perçoit. C’est son travail. Mais quand un roman touche à des sujets aussi délicats que 1o la foi en la divinité de Jésus, 2o au droit et au devoir qu’a l’Église de demeurer fidèle au dépôt de la foi (allez lire Paul en 2 Timothée 1, 13-14 et textes parallèles) et aux moyens certes parfois inadéquats de le défendre, 3o à la place du féminin dans le cheminement de foi et 4o l’insertion de l’institution dans une histoire et une culture donnée, ce n’est pas en suggérant que l’Église d’avant Constantin était une vierge pure qui s’est prostituée dans le lit du pouvoir une fois admise à la cour que nous ferons avancer les débats.

Une fois le doute semé, l’être humain a fort tendance à s’éloigner de l’arbre de vie et se nourrir désormais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. L’Histoire démontre que ce n’est pas toujours pour une plus value.

Profitez du roman pour ce qu’il vaut : un thriller intéressant. Mais ne le laissez pas vous inoculer le virus du doute; les antibiotiques arrivent parfois difficilement à l’éliminer.

Que l’Esprit de discernement vous accompagne et vous pousse à une recherche sérieuse tant sur le plan historique que théologique pour une foi plus éclairée, plus lucide.

Bernard St-Hilaire

tiré du site FORUM JEUNESSE
http://www.di20.com/PointDeVue.htm

le 21 avril 2005

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.

21/04/2005

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BLANCHE, NOIRE, GRISE
Traduction française du texte qui suit en italien.

ELLE EST BLANCHE, NON ELLE EST NOIRE, PEUT-ÊTRE QU'ELLE EST GRISE


Mais pourquoi tout ce besoin immédiat de fumée blanche?

Pourquoi les journalistes de la télévision doivent-ils dire : "elle est noire, non elle est grise, de proche elle est plus claire, voilà, de loin elle est plus obscure"?

Puis, on découvre que la fumée vue avec le zoom de la télécaméra est en effet un peu blanche, mais au contraire la fumée telle que vue à l'oeil nu (l'oeil vrai même s'il peut se tromper, l'oeil physique, le nôtre, celui à qui on doit toujours croire) est noire.

Noire comme la hâte, la frénésie de l'événement, l'incapacité de rallentir, de se reposer, de goûter la saveur de l'attente...

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martedì, 19 aprile 2005

E' bianco, no è nero, forse è grigio

Ma perché tutto questo bisogno immediato di fumo bianco? Perché i giornalisti televisivi devono dire "è nero, no è grigio, da vicino è più chiaro, ecco, da lontano è più scuro"? Poi si scopre che il fumo della zoomata da telecamera è in effetti un po' bianco, invece quello dell'occhio nudo (l'occhio vero anche se fallace, fisico, nostro, l'unico a cui credere sempre) è nero. Nero come la fretta, la frenesia di evento, l'incapacità di rallentare, riposare, rifiatare, gustare il sapore dell'attesa... (anche se questo, purtroppo, comporta un surplus di Bruno Vespa, ma neppure lo Spirito Santo è perfetto).



19/04/2005

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DANS LE SILLAGE DE PAQUES...
Jean Delumeau, le grand historien bien connu, témoigne ainsi de sa foi dans la préface d’un petit ouvrage suggestif intitulé « Pour vous, qui est Jésus-Christ? ». Il écrit : « Parce que le christianisme donne à Jésus sa plus grande dimension, parce que la résurrection du Sauveur donne un sens et un avenir à notre parcours terrestre, si difficile soit-il parfois, je continue à m’attacher à lui. » (p. 14) Quelle belle profession de foi.

Cette citation de Jean Delumeau m’est revenue en parallèle avec le récit de l’évangile de Luc qui nous racnte l'histoire des disciples d’Emmaüs témoignant d’une rencontre du Ressuscité où leur attachement à lui se voit confronté au mystère de l’absence.

Trois jours après la mort de Jésus, les disciples ruminent les événements qui se sont passés. Ils prennent acte d’une fin tragique qui les prive d’une présence physique qui soutenait leur attachement à Jésus. Privés de cette présence physique, ils sentent la tristesse les envahir. Leur attachement commence déjà à flancher. Ils ont mangé avec Jésus, ils ont entendu le son de sa voix, ils l’ont suivi sur les routes de Palestine. Ils se sont attachés à lui, et maintenant, il n’est plus là que deviendra cet attachement?

En effet, vous connaissez le dicton; « Loin des yeux, loin du cœur ». L’être humain a besoin de sentir, de toucher, de voir pour entrer en relation avec les personnes. Les disciples d’Emmaüs ne sont pas différents. Et pourtant l’étranger qu’ils croisent leur enseignera une autre façon de vivre leur attachement à Jésus : celle de la foi.

Privés de la présence physique de Jésus, ils découvrent la force des mots et des gestes pour vivre leur attachement. C’est dans la mémoire d’une histoire qui les dépasse qu’ils trouvent, grâce à leur compagnon, une signification aux évènements. Et ils réalisent, comme le dit saint Paul si justement, que « vaine est leur foi » si Jésus n’est pas Ressuscité.

C’est la confession de foi que reprendront les apôtres après la Pentecôte. « ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité » dira Pierre dans sa prédication le Jour de la Pentecôte. Et saint Paul s’appropriant les paroles d’une hymne chrétienne écrira aux Philippiens « c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom et il est devenu Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ».

« Seigneur, Ressuscité, Vivant » tels sont quelques-uns des mots qui nous ont été transmis pour décrire ce qu’est Jésus maintenant pour les croyants. Les disciples d’Emmaüs furent parmi les premiers à être confrontés à un acte qui les amenaient sur un chemin différent et combien déroutant : celui de la foi.

Cette foi n’est pas seulement une « mémoire », un souvenir qui déroule le fil de l’Alliance, mais elle est aussi une « brûlure » du cœur. Pour reprendre les mots de Jean Delumeau, ils « s’attachent » à celui qu’ils ont rencontré et l’absence se transforme en présence vivante.

Voilà le mystère de la foi, de l’ « attachement » à Jésus.


Hermann Giguère, ptre
Supérieur général du Séminaire de Québec

le 31 mars 2005
31/03/2005

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SEMAINE SAINTE: LE TOURNOI

Cette période de l’année est propice pour les tournois de toutes sortes. Les entraînements
et les séances d’entraînement des derniers temps commencent à donner des résultats.
Maintenant, il est temps de montrer à nos parents et à nos amis les résultats de nos
efforts.
Les festivités commencent le dimanche 20 mars par l’entrée triomphale de la première
équipe qui sera en compétition toute la semaine. Le capitaine de l’équipe sera porté en
triomphe et toute la population l’acclamera avant même d’avoir gagné quoi que ce soit.
Tous leurs espoirs de victoire sont mis dans ce capitaine. Le début de la semaine sera
consacré au réchauffement. La période du jeudi soir sera consacrée au caucus de l’équipe.
Tous les membres de l’équipe se réuniront pour le repas qui sera suivi de la première
confrontation avec l’équipe adverse. Le match principal se déroulera le vendredi en
après-midi. La défaite sera grande… mais ce ne sera pas l’équipe que l’on pense qui
gagnera. L’issu du match sera connu le samedi soir. Et la grande fête de la victoire aura
lieu le dimanche de Pâques.
Oui, nous sommes tous invités au cours de la semaine à participer au tournoi qui
proclamera le grand gagnant Jésus-Christ!

Martin Pelletier,

Séminariste
Diocèse de Ste-Anne-de-la-Pocatière (Québec)

22/03/2005

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LECONS DE VIE
LA FEMME DE MÉNAGE

Durant mon deuxième mois au collège, notre professeur nous a donné un petit examen surprise. J'étais un étudiant consciencieux et j'ai répondu aisément à toutes les questions jusqu'à ce que je lise la dernière : "Quel est le prénom de la femme de ménage de l'école ?" Il s'agissait certainement d'une blague.

Je l'avais rencontrée plusieurs fois. Elle était grande, cheveux foncés et dans la cinquantaine, mais comment j'aurais pu savoir son nom? J'ai remis mon examen en laissant la dernière question sans réponse.

Juste avant la fin du cours, un étudiant a demandé si la dernière question comptait pour la note de l'examen. "Absolument " a répondu le professeur. " Durant vos carrières, vous allez rencontrer beaucoup de gens. Ils sont tous importants. Ils méritent tous votre attention et vos soins, même s'il s'agit simplement d'un sourire et de dire bonjour. "

Je n'ai jamais oublié cette leçon. J'ai aussi appris qu'elle s'appelait Dorothée.

L'AIDE SOUS LA PLUIE

Dans la soirée, vers 23h30, une femme âgée noire se tient le long d'une autoroute de l'Alabama tentant de se protéger de la pluie battante.

Son auto est tombée en panne et elle a désespérément besoin d'un transport.Détrempée, elle décide de demander l'aide de la prochaine voiture qui passe. Un jeune homme blanc s'arrête pour lui porter secours, situation très peu courante dans les années 60 troublées de conflits raciaux.

Le jeune homme l'amène en sécurité, l'aide à trouver du secours et lui procure un taxi. Elle a l'air très pressée, mais prend le temps de noter son adresse et le remercie.

Sept jours plus tard, on vient cogner à la porte du jeune homme. À sa grande surprise, on lui livre un meuble télé couleur grand format. Une note y est attachée. Elle dit : " Merci beaucoup de m'avoir porté secours sur l'autoroute l'autre jour. La pluie avait transpercé non seulement mes vêtements mais aussi mon esprit.

Puis vous êtes arrivé. Grâce à vous, j'ai pu me rendre au chevet
de mon mari mourant juste avant qu'il ne rende l'âme. Dieu vous bénisse pour m'avoir aidé et pour votre dévouement pour les autres.

Bien à vous, Mme Nat King Cole,

C'était l'épouse du célébre chanteur noir américain.


Proposé par Jérôme Frenette

le 14 mars 2005


14/03/2005

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CAREME
Lorsque nous sommes dans le feu de la vie active remplie de toutes sortes d’obligations, le rythme de celle-ci est marqué par des temps forts comme le début d’une nouvelle année scolaire ou pastorale, le début des vacances, etc. Le Carême nous fait entrer dans un autre rythme. En effet, nous nous retrouvons dans le déroulement de l’année liturgique dans un rythme plus intérieur marqué de divers temps forts qui nous permettent d’entrer dans le « temps du salut ».

Le carême est un de ces temps forts incontournables de la vie chrétienne dans lequel nous entrons à chaque année. Oui! le carême est revenu… encore une fois. Un carême de plus dans nos vies. Il ne vient pas répéter celui de l’an dernier, ni ceux des précédentes années. C’est une longue marche vers Pâques.

Il rappelle celle du peuple hébreu dans le désert pendant 40 ans. Une marche où, tendu vers la Terre promise, celui-ci a découvert la présence toute spéciale de son Dieu qui cheminait à ses côtés, une présence qu’il a parfois oubliée, qu’il a même critiquée, mais qui s’est imposée comme la seule qui puisse le faire vivre pleinement.

Une longue marche pour Jésus qui, après s’être retiré pendant 40 jours, a commencé sa mission publique où il a connu des moments de décision, de tentations, mais aussi d’accueil et de confiance en Dieu à qui il s’en est remis totalement jusqu’à la fin.

Une longue marche aussi pour chacun de nous qui sommes invités à refaire simplement encore une fois le parcours de ces 40 jours, qui nous permet de pousser plus loin notre marche vers l’ultime Pâques.

C’est le temps de nous laisser poser des questions du genre de « que fais-tu de ta vie ? Que deviens-tu ? Qu’est-ce qui est important pour toi ? Comment accueilles-tu la Parole de Dieu aujourd’hui ? »

Hermann Giguère, ptre
10/03/2005

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