Marco Veilleux a rédigé cette critique dans le sillage du témoignage de Bernard Émond à l'Assemblée du clergé du Diocèse de Québecle le 7 mai 2016 et elle mérite une réflexion sérieuse. Les pasteurs et les chrétiens et chrétiennes y trouveront des points de référence qui permettent de sortir des habituelles et banales constatations sur l'état de l'Église au Québec et qui ouvrent des avenues nouvelles à emprunter...au plus vite. Nous vous la présentons avec l'autorisation de l'auteur qui en souhaite une large diffusion. Bonne lecture!


Sur le film « La divine stratégie » : la condition de l'Église québécoise et de son personnel par Marco Veilleux
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Marco Veilleux

Marco Veilleux est diplomé en théologie de l'Université Laval. Il a été directeur adjoint d'un centre d'éducation des adultes à Québec, puis rédacteur de la revue Vie liturgique (Ottawa). Il a publié une étude sur la vie et l'oeuvre de Simone Monet dans le livre Les visages de la foi (Fides, 2003), il a été membre de l'équipe du Centre Justice et foi à Montréal et directeur adjoint de la revue Relations. Il est actuellement adjoint aux communications pour les Jésuites du Canada français.

Le blogue de Marco Veilleux


La persécution, c’est « le pain quotidien de l’Église», sous deux formes, indique le pape François : la persécution sanglante et une grande apostasie, une persécution « idéologique ».


Le pape François à Quito lros de son voyage pastoral en en Équateur en 2015
Le pape François à Quito lros de son voyage pastoral en en Équateur en 2015
Le pape a commenté la lecture des Actes des apôtres lors de la messe quotidienne célébrée ce mardi 12 avril, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe du Vatican, rapporte Radio Vatican.

Il existe des persécutions sanglantes – être jeté aux fauves, ou être victime d’une bombe à la sortie de la messe – et des « persécutions en gants blancs, des persécutions culturelles, celles qui te confinent dans un recoin de la société, qui en viennent à te faire perdre ton travail si tu n’adhères pas aux lois qui vont contre Dieu Créateur», a expliqué le pape.

«La persécution, je dirais, c’est le pain quotidien de l’Église. Jésus l’a dit. Nous, quand nous faisons un peu de tourisme à Rome et allons au Colisée, nous pensons que les martyrs étaient ceux qui étaient tués avec les lions. Mais les martyrs n’ont pas été seulement ceux-là. Ce sont des hommes et femmes de tous les jours : aujourd’hui, le jour de Pâques, il y a à peine trois semaines… Ces chrétiens qui fêtaient Pâques au Pakistan ont été martyrisés justement parce qu’ils fêtaient le Christ Ressuscité. Et ainsi l’histoire de l’Église avance avec ses martyrs», a encore expliqué le pape François.

Puis il a ajouté : «Mais, il y a une autre persécution dont on ne parle pas tellement», une persécution «travestie de culture, travestie de modernité, travestie de progrès».

La façon dont le Christ ressuscité s'est manifesté a quelque chose de déroutant: une grande simplicité. Ce que Fabrice Hadjadj explicite dans cette entrevue au magazine La Vie intitulé: "Pour être un bon ressuscité, il faut d'abord être un bon mort".


"Pour être un bon ressuscité, il faut d'abord être un bon mort" (Fabrice Hadjadj)
Ces propos utilisent les mots les plus appropriés que j'aie lus pour parler de la résurrection. Ils font une présentation stimulante et pas banale de ce mystère central de la foi chrétienne.

C'est pourquoi, j'en ai fait une fichier PDF créé le 8 avril pour bien servir ma mémoire. Cliquez ici pour avoir accès à l'entrevue au complet


Propos recueillis par Jérôme Anciberro. Parus le 23 mars 2016. Adresse qui fait la présentation de l'entrevue seulement : http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/fabrice-hadjadj-pour-etre-un-bon-ressuscite-il-faut-d-abord-etre-un-bon-mort-23-03-2016-71640_16.php


FABRICE HADJADJ

Philosophe, enseignant, essayiste, Fabrice Hadjadj est aussi poète, dramaturge et père de (bientôt) sept enfants, comme il aime à le dire. Né dans une famille juive de tendance athée / anarchiste, il se convertit au catholicisme et reçoit le baptême à l'âge de 27 ans. Son travail et son enseignement sont pétris de la question de Dieu, qu'il aborde avec un sérieux non dénué d'humour. Fabrice Hadjadj est membre du Conseil pontifical pour les laïcs. Et depuis 2012, il dirige l'Institut Philanthropos à Fribourg, en Suisse, qui propose une formation à l'anthropologie chrétienne. Plusieurs prix sont venus distinguer ses livres, dont le grand prix catholique de littérature en 2006 pour "Réussir sa mort - Anti-méthode pour vivre" (éd. Presses de la Renaissance). "Les choses simples et ordinaires sont créées par Dieu comme des choses neuves, inouïes, qui viennent de son éternité." Fabrice Hadjadj

Son dernier ouvrage a pour titre "Résurrection mode d'emploi" (éd. Magnificat) - titre qui, s'il ne fait pas sourire, dit la présentation de la couverture, forcément interpelle. Il montre le lien entre la résurrection et la vie quotidienne. Il reprend 12 récits de résurrection. Un livre comme "un chemin de gloire, où il s'agit de relire certains passages de l'Écriture".
08/04/2016

Réflexions

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RÉFLEXIONS 12 avril 1981 (à Rome) sur CROIX ET RÉSURRECTION. Une petite méditation qu'il me fait du bien de retrouver dans mes vieilles disquettes. Bonne lecture! Elle est parue dans le Bulletin RCQ liaison d'avril 1984 adressé aux groupes du Renouveau du Diocèse de Québec dont j'étais alors le répondant auprès de Mgr l'Archevêque.


Tableau par El Greco
Tableau par El Greco
Chaque personne, chaque individu, chaque communauté vit son mystère pascal. Le mystère de la Croix et de la Résurrection n'est pas quelque chose d'abstrait. Il s'incarne en chaque individu.

"Il y a un lien réel entre le sacrifice de Jésus et ma vie aujourd'hui" dit le Père Voillaume quelque part. Découvrir ce lien au-delà des émotions, des refus, des situations qui se répètent, des moments qui passent. Vivre ce lien. C'est alors que se fait la vérité. Rien n'a de sens en dehors de ce lien.

Conséquence remettre en perspective la vie, la mort, la joie, la douleur, le plaisir, l'amour, la souffrance, le pouvoir, l'avoir, la créativité, le don, la mission, les engagements, les limites, les charismes, les désirs, les vouloirs. Oui, rien n'a de sens en dehors du salut par le sang de Jésus.

Ainsi se fait chair le dessein de Dieu en nous, dans le chrétien et dans le monde. Jésus l'homme des douleurs porte le poids du monde. Communier par Lui avec mes frères et soeurs: agés, jeunes, curieux, mal pris... que Dieu aime.

Recevoir mes frères et soeurs, les autres et le monde, les aimer, les apprécier, les accepter, les voir avec les yeux, le regard, l'amour que Dieu porte à toutes ses créatures en Jésus.

C'est ainsi qu'on ressuscite avec Jésus , que Pâques recrée l'homme et le monde encore aujourd'hui.

Hermann Giguère
Pour RCQ-Liaison d'avril 1984
Republié le 6 avril 2016



Sous un regard aimant : le jeune homme riche de l'évangile (Mc 10, 17-27)


Soeur Rita Gagné dans un entretien à Sainte Anne-de-Beaupré en octobre 2011
Soeur Rita Gagné dans un entretien à Sainte Anne-de-Beaupré en octobre 2011
Je me reconnais dans cet homme agenouillé qui appelle Jésus «bon Maître» et lui demande quoi faire pour hériter de la vie éternelle. Riche de connaissances, de principes, d’expériences, de conseils, de relations, de biens matériels, d’une liste d’observances, j’approchais cet âge grave où la vie bascule vers l’autre versant et où «l’à-quoi-bon» nous rattrape. J’ai crié au «Bon» Maître, le Jésus de ma jeunesse, mon désir fou de vivre à plein, toujours!

Sans discuter, Jésus m’a discrètement rappelé la Source du Bon. Il m’a défilé ce que je savais par cœur: mes engagements. Je lui avouai naïvement ma tranquille assurance d’avoir fait de mon mieux depuis ma jeunesse, obéissant à beaucoup de «ne pas»! Mais voilà! J’ai croisé son insoutenable regard d’amour… Il m’a atteinte au vif de mon manque. Il m’a dit d’aller échanger mes richesses pour ce dont les gens qui m’entourent ont soif eux aussi et, qu’alors, je découvrirais un trésor tout autre. Comment oublier le «viens, suis-moi» qui suivit?

Cette question nous revient souvent? Mgr de Monléon apporte des éléments de réponse intéressants et inspirants pour le temps de l'Avent. Dans une présentation brève du nouveau livre de Mgr Albert de Monléon, évêque émérite de Meaux et un des fondateurs de la communauté l'Emmanuel avec Pierre Grousat, Anita Bourdin met en évidence les réflexions de Mgr de Monléon sur la question de la curiosité que suscitait le ministère de Jésus. "Pourquoi Jésus attirait-il les foules?"


"Pourquoi Jésus attirait-il les foules?" par Mgr Albert de Monléon
Mgr de Monléon répond tout d'abord, écrit Anita Bourdin, : par un "sentiment bien légitime de curiosité". Un mouvement amplifié, notamment par les signes, les guérisons.

Jésus attirait aussi "par son enseignement", ajoute Mgr de Monléon: quand les foules l'entouraient, "il leur parlait longuement et elles "l'écoutaient avec plaisir" (Mc 12, 37)". Un enseignement "nouveau" donné avec une "autorité inédite", "d'une clarté pénétrante", en somme "sa Parole était une Bonne nouvelle dont chacun avait soif".

Mais ce n'est pas tout. "Enfin, et peut-être surtout, souligne Mgr de Monléon, Jésus attirait par sa bonté, sa compassion, sa manière de rendre confiance aux plus petits, aux accablés. Auprès de Lui, toute personne de bonne volonté se sentait bien, en sécurité, renouvelée. Il accordait largement son pardon aux pécheurs et leur rendait la possibilité de reprendre une vie nouvelle conforme aux enseignements de Dieu, dans l'Ecriture, et aux aspirations les meilleures de leurs coeurs."


Une image : deux mots très connus « micro » et « macro ». Je m’explique. Il n’y a pas de « macroréalité » sans « microréalité ». En informatique, par exemple, les Gigabytes sont faits de millions de bytes. Les corps vivants renferment des milliers de cellules. L’univers est constitué de milliards d’atomes. Il en est ainsi de la Seigneurie de Jésus-Christ, Roi de l'Univers


Faire entrer notre microréalité dans la macroréalité de l'univers avec le Christ, Roi de l'Univers
Microréalité et macroréalité divines

Il en est du Dessein de Dieu comme d'une macroréalité qui met de l’avant l’histoire du salut, le mouvement du monde, de l’humanité, de l’univers tout entier. « La création entière, dans sa propre nature, était remodelée au service de tes décrets pour que tes enfants soient gardés sains et saufs. » nous dit le livre de la Sagesse (18, 14-16). L’Évangile nous donne une clef pour entrer dans ce grand mouvement dont nous sommes partie prenante à notre niveau de la « microréalité » : se faire petit et pauvre comme la veuve de l’Évangile – cette toute petite, exclue, pauvre dont nous parle l'évangile selon saint Luc au chapitre 18. "Quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux, dit Jésus" (Matthieu 18, 4)

Pour entrer dans ce mouvement intense du Dessein d’Amour de Dieu sur le monde, il faut en réponse à l’invitation de Jésus, comme cette veuve, vivre l’attente sans se lasser, toujours prier sans se décourager, car Dieu peut se faire attendre des siens pour affermir leur foi. Le Royaume de Dieu est déjà là, mais pas encore. C’est pourquoi, Dieu arrive « vite » dans nos vies. Il fait irruption. C’est le sens premier du texte grec qu’on a traduit par « sans tarder » dans la traduction liturgique. Il signifie littéralement « à l’improviste, de façon imprévue, d’une manière soudaine ».

L’attente c’est le « pas encore », c’est le regard en avant. C’est aussi l’inquiétude parfois : viendra-t-il? ne viendra-t-il pas? C’est encore la patience dans la durée, la persévérance, mais c’est toujours l’espérance.

Dans cette note sur les divorcés-remariés et l’accès aux sacrements de Pénitence et d’Eucharistie, Mgr Pierre Gaudette P.H., professeur associé de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval et prêtre associé de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec nous fait part d'une avenue à visiter pour avancer sur la question de l'admission éventuelle des divorcés-remariés à l'Eucharistie.


Pour une Église plus ouverte et accueillante : « Je rêve d’une Église mère et pasteur » (Pape François)
Pour une Église plus ouverte et accueillante : « Je rêve d’une Église mère et pasteur » (Pape François)
Mgr PIerre Gaudette a été professeur d'Éthique fondamentale à l'Université Laval pendant de nombreuses années et titulaire d'un cours sur les divorcés-remariés. De 2002 à 2008 il a été secrétaire de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec. Il a été membre de la Commission théologique internationale. Son expertise et sa compétence lui ont permis de regarder toute la question de l'accès aux sacrements des divorcés-remariés avec des points de vue qui ouvrent des perspectives nouvelles sur cette question qui est à l'ordre du jour du Consistoire extraordinaire des cardinaux avec le pape François à Rome les 20 et 21 février 2014.

La citation de saint Cyprien de Carthage sur les lapsi (chrétiens qui sous la crainte du martyre avaient renié leur foi devant les persécuteurs) que Mgr Gaudette nous propose en Annexe "mérite réflexion, écrit-il, et, me semble-t-il, ouvre une porte intéressante".

Bonne lecture.

Texte complet de Mgr Gaudette


NOTE

Mgr Gaudette a publié sur le site Carrefour Kairos d'Hermann Giguère un deuxième texte le 17 avril 2015 qui précise les choses à la suite du Synode de l'automne 2014. À lire!

Texte complet

Ce texte de l'abbé Alain Faucher, prêtre associé de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec et professeur à la Faculté de théologie de l'Université Laval, a été publié le 7 avril 2013 dans le FEUILLET PAROISSIAL pour le Deuxième dimanche de Pâques ou de la Miséricorde divine (C).L'abbé Faucher nous montre que Jésus ressucité n’est pas une invention de ceux et celles qui se mettent à croire en lui. Il est la source de cette expérience dans la foi. Inspirant, et éclairant surtout. Belle présentation de ces riches textes sur la résurrection. Bonne lecture!


Le professeur Alain Faucher, prêtre
Le professeur Alain Faucher, prêtre
Depuis huit jours, nous célébrons Pâques. Notre communauté chrétienne vit ces jours dans la discrétion et l’intimité. L’atmosphère n’a rien du climat survolté de la nuit de Noël. Pourtant, si nous n’avions qu’une seule fête chrétienne, chaque année, ce serait Pâques. En proclamant Jésus comme Seigneur, la fête exprime l’essentiel de notre foi. La première lecture évoque d’ailleurs ce mystère de la foi comme une réalité en croissance : ...des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhéraient au Seigneur par la foi (Ac 5,14). En cette Année de la foi, il y a là un appel à explorer plus avant ce «pays de la foi» auquel nous appartenons. Avant d’y convoquer parents et connaissances, nous devons assumer cette citoyenneté nouvelle qui nous est offerte.

Ce dimanche célébré en écho à la Fête de la Résurrection véhicule des idées claires quant au contenu de la foi. La foi concerne une personne bel et bien vivante de nos jours. Jésus n’est pas seulement un personnage du passé. Il ne suffit pas d’avoir des opinions personnelles sur Jésus. Les lectures bibliques nous aident aujourd’hui à enrichir sa fiche d’identité. Il est important de prendre au sérieux l’avis collectif exprimé en groupe, en communauté et ce, dès les premières générations chrétiennes. Mieux que des regards individuels, mieux que des fragments d’opinions, cette description collective traduit des consensus. Ils sont la base d’un développement culturel et social marquant pour l’humanité entière.

Voici une liste établie par le Dr Paula Davis-Laack publiée par le Huffington Post Québec le 4 janvier 2013.


Dies nostri quasi umbra
Dies nostri quasi umbra
Docteure en psychologie et auteure connue mondialement, Paula Davis-Laack se spécialise dans la gestion du stress. Elle aide les professionnels de haut rang à accroître leur bien-être par l'entremise d'une méthode favorisant la résilience, la concentration mentale et le développement des liens sociaux.

« À quel point êtes-vous heureux, et pourquoi ? » est une question que je pose très souvent. Non seulement parce que je tente d'évaluer mon propre degré de satisfaction, mais parce que cette question concerne également les membres de ma famille, mes amis, mes collègues et le reste de la société. En effet, depuis que j'ai obtenu une maîtrise en psychologie positive, j'ai eu l'occasion d'observer des milliers de personnes dans une grande variété de contextes. J'en conclus que les gens heureux s'adaptent aux circonstances de la vie d'une manière tout à fait unique. Voici une liste de ce qu'ils font différemment :

INTERVIEW - Michel Serres, philosophe, historien des sciences et homme de lettres français, décrypte le monde de demain pour le Journal du Dimanche.


Michel Serres en 2008
Michel Serres en 2008
Pour vous donner le goût de lire l'entrevue des plus intéressantes de Michel Serres au Journal du dimanche JDD le 30 décembre 2012 :

Son constat sur notre époque est simple : le monde, depuis cinquante ans, traverse une révolution comme l'humanité n'en a connu jusque-là que deux d'une telle ampleur.

La première se situe quand on est passé du stade oral au stade écrit.

La deuxième, quand on est passé du stade écrit au stade imprimé.

Maintenant, dans la troisième révolution, on bascule du stade imprimé au stade numérique.

À chacune de ces trois révolutions correspondent les mêmes inquiétudes… À la première, Socrate fulminait contre l'écrit en disant que seul l'oral était vivant! Au moment de l'imprimerie, il y a des gens qui disaient que cette horrible masse de livres allait ramener la barbarie. Ils affirmaient d'ailleurs que personne ne pourrait jamais lire tous les livres, ce en quoi ils avaient raison. Il est donc naturel de retrouver les mêmes angoisses au moment d'une révolution qui est encore plus forte que les deux précédentes.

Pour lire l'entrevue en entier cliquez ici


Les femmes l'avaient vu bien mort, descendu de la croix et déposé dans le tombeau. Ce vendredi-là, il avait fallu faire vite, car déjà, brillaient les lumières du Sabbat. Mais ce matin, premier jour de la semaine, elles vont de surprise en surprise : le tombeau ouvert, l'énorme pierre roulée, et en plus, pas de corps de Jésus ! Et voilà ce mystérieux personnage, avec une question et une annonce : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n'est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24, 5).


Toujours vivant ? Méditation pour Pâques
Entendons-nous, encore aujourd'hui, l'annonce du messager ? « Il n'est pas ici. Il est ressuscité »! Il est le Vivant ! Cela veut dire que nous pouvons le rencontrer, l'écouter, lui parler. Cela veut dire que sur le chemin de la vie, il est là, avec nous, chaque jour et, qu'accueillir cette bonne nouvelle, c'est croire l'incroyable ! C'est croire que jamais plus nous ne serons seuls avec nos questions, nos problèmes, nos pauvretés, nos misères et même nos péchés. Il est là, et sa Présence nous rejoint dès que nous le voulons, et même quand nous n'y pensons pas. Il entre chez nous pour y mettre une graine d'espérance dans toute situation et dans toute voie sans issue. Il est là avec nous pour pleurer, avec nous pour nous relever, avec nous pour nous rappeler que depuis ce jour de résurrection, il est possible de vivre debout.

Bien sûr, la mort règne toujours et tout nous ramène à son ombre: la séparation, la tristesse, les deuils, les tragédies, la haine, la guerre. Mais toutes ces situations peuvent devenir des chemins de résurrection, si nous les traversons dans la confiance au Ressuscité qui a vaincu la mort. C'est lui qui nous invite constamment à lever la tête, au-delà du cercle qui nous enferme, pour faire éclater les limites des choses. « Ayez confiance, j'ai vaincu le monde » (Jn 16, 33) dela mort et de la fatalité. Il nous précède en Galilée, la Galilée de notre monde, la Galilée des recommencements. C'est lui qui nous pousse à nous mettre debout, à nous rassembler, à nous
mettre en marche. C'est lui qui habite notre espérance.

Réflexions

"Noël, c’est la veille, c’est l’attente ». (George Dor)

Nous sommes une génération de gens pressés. Nous ne savons pas toujours attendre. Souvent nous voulons tout, et tout de suite, sans penser à la valeur du mûrissement.Nous vivons à la surface de nous-même, distraits par les urgences, engourdis par la routine ou suffoqués par l'avalanche des mots et des images.


LE COURAGE D'ATTENDRE
Attendre, toujours attendre ! Pour le courrier, pour l'ascenseur, pour l'autobus, pour un feu rouge bloqué, pour le rendez-vous chez le médecin. Attendre pour tout ! Parfois on est las d'attendre. Mais dans le verbe « attendre », il y a le mot « tendre », avec son élan, sa vitalité, son mouvement. Ce temps de l'Avent que nous commençons ne consiste pas à attendre passivement le jour de Noël, mais à nous mobiliser pour aller à la rencontre de Celui qui vient dans notre vie. Dieu nous attend aussi. Il y a dans l'Avent une attente réciproque.

Quel poète, notre Sol national...
Poésie de Marc Favreau : Sol, le clown clochard. Ses textes, à la fois naïfs, poétiques et humoristiques

( Les fautes sont voulues dans le texte! )


LE CREPUSCULE DES VIEUX
Des fois, j'ai hâte d'être un vieux.
Ils sont bien, les vieux, on est bon pour eux, ils sont biens.

Ils ont personne qui les force à travailler; on veut pas qu'ils se fatiguent.
Même que la plusssspart du temps, on les laisse pas finir leur ouvrage.
On les stoppe, on les interruptionne, on les retraite fermée.

On leur donne leur appréhension de vieillesse et ils sont en vacances....

Ah! Ils sont bien les vieux!

23/11/2010

Réflexions

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Réflexions de Richard Martineau après la célébration consacrée au Frère André au Stade Olympique de Montréal. Intéressant...et éclairant pour comprendre le rapport des québécois à leur héritage catholique. Bonne lecture!


CATHOLIQUE NON CROYANT
Samedi [le 30 octobre 2010], 50 000 personnes se sont rassemblées au Stade olympique pour célébrer la mémoire du frère André. Comme l'a titré mon journal : «C'est du monde à la messe !» Preuve que si on a sorti le Québécois de l'Église, on n'a pas encore sorti l'Église du Québécois.


Le paradoxe québécois

Récemment, le Globe and Mail se demandait pourquoi les Québécois sont aussi attachés à la religion catholique, alors que les églises sont vides.


Sylvain Lavoie, doctorant en théologie à l'Université Laval (Québec), réagit à la présence médiatique de la religion ces derniers temps. Il s'inspire de Fernand Dumont pour poser la question de la possibilité d'une médiation renouvelée entre foi et culture. Bonne lecture.


FOI ET CULTURE : MÉDIATION ?
Loin d'être indifférents au religieux, les médias en font plutôt un objet de débat de plus en plus virulent.

Manifestation récente à Montréal contre les agressions sexuelles de religieux envers les enfants. Les manchettes liées au religieux font ainsi régulièrement la première page des journaux.

Les récents débats autour de la dissimulation de cas de sévices sexuels par des prêtres pédophiles mettent à l'avant-scène le terrain sur lequel se joue l'interprétation des phénomènes religieux dans la société: les médias d'information. En effet, la place accordée à l'interprétation des phénomènes religieux dans les médias est paradoxale étant donné la baisse de la pratique religieuse des dernières années au Québec.

Loin d'être indifférents au religieux, les médias en font plutôt un objet de débat de plus en plus virulent. Par exemple, les manchettes liées au religieux font la première page des journaux, il est possible de consulter des «cahiers religion» dans certains quotidiens, etc.

Cependant, les récents propos du cardinal Marc Ouellet sur les rapports entre l'Église et les médias marquent plutôt un rapport d'opposition entre ces acteurs. Pour lui, les médias d'information sont un ennemi à abattre, puisqu'il les accuse de «mener une campagne» visant à «discréditer l'Église catholique» (Homélie de Pâques, 4 avril 2010). Mais au-delà de cette opposition, sommes-nous en train d'assister à une mutation du religieux dans l'espace médiatique et à une nouvelle manière pour la religion de s'y inscrire socialement?

Une religion sans culture ?

Les mutations actuelles du religieux soulèvent la question de l'interaction entre la culture et la religion dans l'espace public. En effet, l'inscription de la religion dans les médias d'information se fait d'une façon souvent détachée d'ancrages culturels, au profit de sa reconfiguration en système d'idées très visible. Un exemple est la création de la webtélé ECDQ.TV qui permet de suivre des liturgies en direct, d'écouter des reportages sur les événements diocésains, etc.

Alors que le catholicisme culturel issu de la Révolution tranquille des années 1960 cherchait ses points d'appui dans la culture ambiante, cette forme de médiatisation de la religion implique sa conversion dans des cadres virtuels hors culture. À partir de ce nouveau rapport entre la religion et les médias, nous assistons à des mutations de la religion et de la culture qui laissent place à de nouvelles formes de religiosité «exculturées» (Danièle Hervieu-Léger, 2003) sur lesquelles il faut s'interroger.

Pour ce faire, la perspective de Fernand Dumont sur la culture première et la culture seconde est d'une portée heuristique. Pour Dumont, la culture première correspond au mode de vie quotidien et au vécu, alors que la culture seconde procède d'une distanciation et de la reprise du vécu en expérience réfléchie (par exemple la science, l'art, etc.). Selon cette distinction, il apparaît que la difficulté de la médiatisation de la religion, qui appartient à la culture seconde, concerne le rapport de réflexivité avec la culture première. Les mutations du religieux dans les médias d'information ont alors pour effet de créer deux cultures parallèles, détachées l'une de l'autre. La crise qui en résulte a pour conséquence de distancer les marqueurs religieux et culturels dans la société, au profit de la médiation possible que pourrait constituer la religion dans l'espace public.

Les récents débats médiatiques mentionnés plus haut ont rendu visible cette distanciation de la culture première et de la culture seconde. Pour Marc Ouellet, «l'actualité semble se trouver assez loin de la Bonne Nouvelle. Les médias semblent converger pour mettre en doute la Bonne Nouvelle» (Homélie de Pâques, 4 avril 2010). Ces propos illustrent bien la distance entre le «message» chrétien et son interprétation dans les médias. Deux cultures distinctes se côtoient dans l'espace public, sans médiation possible. Toutefois, la conséquence est que cette forme de médiatisation du religieux, non réflexive, ne permet pas de créer d'espace de dialogue entre la culture et la religion.

Une nouvelle forme de religiosité : l'identité

Cet état de fait met en évidence un autre déplacement du religieux dans les dernières années: la transformation des conditions de la prise de parole croyante dans la société. Nous sommes passés de la prise de parole publique sur des enjeux sociaux à des demandes de reconnaissance identitaire.

En effet, la foi reléguée à la sphère du privé a souvent du mal à se situer dans l'espace social marqué par le pluralisme. L'attitude à adopter est alors celle de l'opposition avec la culture. Devant le tourment subi par l'Église, il faut que les chrétiens affirment leur foi «humblement et fidèlement dans un monde hostile. Il faut répondre à la haine par l'amour et répondre à la persécution par la patience et même le martyre» (Marc Ouellet, 4 avril 2010).

Cette attitude proposée fait de la foi chrétienne un objet à proclamer dans l'espace public contre l'adversité. L'enjeu consiste alors en une affirmation renouvelée de l'identité catholique qui se manifeste par une visibilité sociale accentuée par les médias de l'information. Cependant, cette logique identitaire ne permet pas de penser les conditions du lien social et l'inscription de la religion dans l'espace public.

Espace de médiation

Dans son livre L'Institution de la théologie (1987), Fernand Dumont expose que la «renaissance» de la religion au Québec serait possible à condition qu'elle puisse se faire médiation dans la culture. Cette médiation demande toutefois de repenser la fonction sociale du religieux dans la société. Alors que le religieux garantissait autrefois une identité collective, il permet aujourd'hui davantage de répondre aux individus en quête de besoins dans une logique de marché (Raymond Lemieux, 2005).

La fonction de tranquillité sociale jouée par le religieux est devenue un support pour des individus qui veulent faire valoir la spécificité de leur droit dans l'espace public. Le religieux devient alors l'objet d'une régulation complètement différente de celle connue jusque-là, qui favorise un rapport identitaire entre le client et l'objet consommé.

La conséquence de ce rapport a pour effet de redéfinir la religion en nouvelles formes de religiosité qui sont en exil de la culture. Ces religiosités se définissent par la modalité d'un «pur religieux» (Olivier Roy, 2008) souvent hostile au monde profane. Cette situation laisse entrevoir le dualisme dans lequel se vivent les rapports au religieux aujourd'hui.

Est-il possible de penser autrement le rôle culturel que pourrait avoir la religion dans l'espace public? Il faudra certainement réfléchir à de nouvelles modalités réflexives pour penser ce rapport sous forme de médiation. Dans ce sens, l'analyse des débats médiatiques des derniers jours donne une piste de réflexion intéressante, puisqu'elle permet de penser les modalités des rapports entre la religion et la culture, au risque de s'en détacher.



Sylvain Lavoie - Doctorant en théologie à l'Université Laval


Cet article a été publié dans
le journal Le Devoir du 19 avril 2010 sous le titre Église et médias : Conflit ou nouvelle religiosité ? Il est reproduit avec l'autorisation de l'auteur.

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/287222/eglise-et-medias-conflit-ou-nouvelle-religiosite

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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.

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Vous y trouverez l'homélie du dimanche publiée le mardi qui précède. Bonne méditation!





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