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Actualité
UN DÉMÉNAGEMENT DIFFICILE POUR LE PIANO PAPAL, titre La Repubblica.
Le piano du nouveau pape n'est pas encore arrivé dans son appartement du Vatican. Les déménageurs n'ont pas réussi à faire passer l'instrument ni dans les escaliers ni par les fenêtres de l'édifice. Probablement qu'on démontera l'instrument pour le remonter dans l'appartement pontifical. UNE "DIVINE" GOLF À VENDRE Le concessionnaire qui a revendu la Volkswagen Jetta Golf 1999 de Benoît XVI alors qu'il était encore cardinal l'an passé, assurait l'acheteur que cette voiture avait un "côté divin". Cet acheteur, Benjamin Halde, la met en vente sur eBay. L'encan est actuellement rendu à $80,000 dollars américains pour une voiture que le cardinal avait payé vendue environ $16,000 dollars américains. L'offre la plus élevée atteignait 42.070 euros vendredi. Benjamin Halbe, 21 ans, qui affirme être le propriétaire de l'ancienne voiture du souverain pontife a déclaré avoir acheté le véhicule pour seulement 10.000 euros en janvier alors que Joseph Ratzinger était encore cardinal. "Personne n'aurait pu imaginer alors que Ratzinger deviendrait soudain si célèbre", souligne-t-il. "Jusqu'à la semaine dernière, ma Golf était simplement une voiture normale de cardinal." M. Halbe déclare avoir scanné des preuves et les avoir mises en ligne. Un document d'immatriculation affiché sur le site allemand d'eBay précise ainsi: "Dernier propriétaire connu: Josef Cardinal Ratzinger". Il écorche au passage le prénom de l'ancien gardien du dogme au Vatican. Les affirmations de M. Halbe sur l'identité du précédent propriétaire ne pouvaient être confirmées dans l'immédiat. Le modèle cinq portes couleur anthracite avait été immatriculé en mars 1999, affiche 75.000 kilomètres au compteur et est en "très bon état", selon les informations détaillées sur le site. Selon eBay, il y a eu jusqu'ici 117 offres dans le cadre de la vente aux enchères, qui s'achèvera le 5 mai. Le site précise avoir dû retirer de nombreuses offres qui n'étaient "pas sérieuses". Une note pour les amateurs de vins, en terminant. Le site de eBay allemand (ebay.de) offre aux participants et participantes à l'encan pour la voiture du cardinal Ratzinger devenu le pape Benoît XVI une possibilité gratuite de miser sur des Grands Vins de Bordeaux. Pour ceux et celles qui lisent l'allemand, voici l'invitation: Werte Besucher der Papst-Golf-Auktion ! Herzlich Willkommen bei Weinfundus, Grands Vins de Bordeaux... Chaleureuse bienvenue à "Weinfundus" qui est un site d'encan de vins de bordeaux. le 2 mai 2005
UN DÉMÉNAGEMENT DIFFICILE POUR LE PIANO PAPAL, titre La Repubblica.
Le piano du nouveau pape n'est pas encore arrivé dans son appartement du Vatican. Les déménageurs n'ont pas réussi à faire passer l'instrument ni dans les escaliers ni par les fenêtres de l'édifice. Probablement qu'on démontera l'instrument pour le remonter dans l'appartement pontifical. UNE "DIVINE" GOLF À VENDRE Le concessionnaire qui a revendu la Volkswagen Jetta Golf 1999 de Benoît XVI alors qu'il était encore cardinal l'an passé, assurait l'acheteur que cette voiture avait un "côté divin". Cet acheteur, Benjamin Halde, la met en vente sur eBay. L'encan est actuellement rendu à $80,000 dollars américains pour une voiture que le cardinal avait payé vendue environ $16,000 dollars américains. L'offre la plus élevée atteignait 42.070 euros vendredi. Benjamin Halbe, 21 ans, qui affirme être le propriétaire de l'ancienne voiture du souverain pontife a déclaré avoir acheté le véhicule pour seulement 10.000 euros en janvier alors que Joseph Ratzinger était encore cardinal. "Personne n'aurait pu imaginer alors que Ratzinger deviendrait soudain si célèbre", souligne-t-il. "Jusqu'à la semaine dernière, ma Golf était simplement une voiture normale de cardinal." M. Halbe déclare avoir scanné des preuves et les avoir mises en ligne. Un document d'immatriculation affiché sur le site allemand d'eBay précise ainsi: "Dernier propriétaire connu: Josef Cardinal Ratzinger". Il écorche au passage le prénom de l'ancien gardien du dogme au Vatican. Les affirmations de M. Halbe sur l'identité du précédent propriétaire ne pouvaient être confirmées dans l'immédiat. Le modèle cinq portes couleur anthracite avait été immatriculé en mars 1999, affiche 75.000 kilomètres au compteur et est en "très bon état", selon les informations détaillées sur le site. Selon eBay, il y a eu jusqu'ici 117 offres dans le cadre de la vente aux enchères, qui s'achèvera le 5 mai. Le site précise avoir dû retirer de nombreuses offres qui n'étaient "pas sérieuses". Une note pour les amateurs de vins, en terminant. Le site de eBay allemand (ebay.de) offre aux participants et participantes à l'encan pour la voiture du cardinal Ratzinger devenu le pape Benoît XVI une possibilité gratuite de miser sur des Grands Vins de Bordeaux. Pour ceux et celles qui lisent l'allemand, voici l'invitation: Werte Besucher der Papst-Golf-Auktion ! Herzlich Willkommen bei Weinfundus, Grands Vins de Bordeaux... Chaleureuse bienvenue à "Weinfundus" qui est un site d'encan de vins de bordeaux. le 2 mai 2005 Documents
Dans sa dépêche de ROME, Mardi 26 avril 2005 Zenit écrit que le pape Benoît XVI prend comme blason le blason de son épiscopat à Munich et Freising avec les symboles du Maure couronné, de l'ours et de la coquille. Voir les explications détaillées sur ces trois symboles à la fin de cet article.
L'Agence Zenith poursuit en expliquant que il y a une nouveauté. En effet ce blason pontifical sera surmonté de la mitre papale, au sommet de forme triangulaire, et non plus de la tiare, comme pour les blasons de ses prédécesseurs. Il sera aussi orné du pallium métropolite qui a pris une si grande place symbolique dans linauguration du pontificat, dimanche 24 avril : les couleurs sont encore à létude. Le blason reprend donc la tête couronnée du « Maure de Freising », tournée vers la gauche : un emblème présent dès 1316 dans les armes de lévêque Conrad III et de tous ses successeurs. A droite du Maure est représenté lours avec le bâton qui a servi à le faire aller à Rome, selon la légende de saint Corbinien racontée par Joseph Ratzinger dans son autobiographie (Ma vie, Souvenirs », Fayard, cf. ZF050419). Une note du diocèse de Freising explique le symbole en ces termes : « Le christianisme a apprivoisé le sauvage paganisme et a posé ainsi dans lantique Bavière les fondements dune grande culture ». En outre, en tant que « porteur de Dieu », lours de Corbinien symbolise la charge épiscopale." "En bas, le troisième symbole est celui de la coquille, qui renvoie comme nous le rappelions le 19 avril, à la fable de saint Augustin : en 1953, la thèse de théologie de Joseph Ratzinger portait justement sur « Le peuple et la maison de Dieu dans lenseignement de saint Augustin sur lEglise ». Cest aussi la coquille du pèlerin emblème des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle qui représente, selon les termes du concile Vatican II « le peuple de Dieu pérégrinant » dont Benoît XVI est devenu le pasteur : une image placée sur le blason du couvent des Ecossais de Ratisbonne, où le prof. Ratzinger a enseigné la Dogmatique et lHistoire de 1969 à 1977. ZF05042606 ___________________________________ EXPLICATIONS DÉTAILLÉES SUR LES SYMBOLES DU MAURE, DE L'OURS ET DE LA COQUILLE Le Maure couronné, la coquille et lours, ces trois symboles du pape Benoît XVI signifient « luniversalité » de lEglise, « sans acception de personne », la « marche permanente » du chrétien, et la « bête de trait », au « service » de Dieu. Il avait pour devise épiscopale: « Coopérateurs de la vérité ». Dans son petit volume intitulé: « Ma vie, souvenirs (1927-1977) ». Benoît XVI explique que sur les armoiries des évêques de Freising et de Munich figure depuis environ mille ans le MAURE COURONNÉ: on ne sait pas bien ce quil signifie. Pour moi, il exprime luniversalité de lEglise, sans acception de personne, ni de race ni de classe, car nous sommes tous « un » dans le Christ (Galates 3, 28) ». Il ajoute lexplication de deux autres symboles. « Jai choisi pour moi deux autres symboles: en premier lieu la COQUILLE, dabord signe de notre pèlerinage, de notre marche: « Nous navons pas de cité permanente sur le terre ». Mais elle me rappelait aussi une légende selon laquelle saint Augustin, méditant sur le mystère de la Sainte Trinité, vit un enfant sur la plage jouer avec un coquillage, à laide duquel il essayait de puiser leau de la mer dans un trou. Et cette parole lui aurait été donnée : il est plus difficile à ton intelligence dappréhender le mystère divin que de transvaser la mer entière dans un petit trou. Ainsi la coquille me rappelle mon grand maître saint Augustin, mes travaux de théologie et la grandeur du mystère qui dépasse toute science ». (pp. 141-142) A propos de lOURS, Benoît XVI raconte la légende de saint Corbinien de Freising. Un ours dévora le cheval du saint évêque en route pour Rome. Lours dut porter le chargement du cheval. Le cardinal rapproche cette légende de linterprétation que saint Augustin fait dun verset de psaume : « Il avait choisi la vie de chercheur et avait été destiné par Dieu à être une « bête de somme », un buf docile qui tire la charrue de Dieu en ce monde ». Il explique : « Lours qui remplaça le cheval ou plutôt le mulet de saint Corbinien et fut chargé de son fardeau, qui devint sa bête de somme (contre son gré), nest-il pas limage de ce que je dois faire et de ce que je suis ? « Je suis devenu ton mulet chargé de ton joug, et cest ainsi que je suis tout près de Toi pour toujours ». » (p. 143) Le cardinal, aujourdhui pape Benoît XVI conclut : « Quels détails ajouterai-je sur mes années dépiscopat ? On raconte quà son arrivée à Rome Corbinien remit lours en liberté. Quil soit allé dans les Abruzzes ou retourné dans les Alpes, cela nintéresse pas la légende. Quant à moi jai, entre-temps, fait mes valises pour Rome et depuis longtemps je marche, mes valises à la main, dans les rues de la Ville éternelle. Jignore quand on me donnera congé, mais je sais que cela vaut pour moi aussi : «Je suis devenu ta bête de somme ; et cest justement ce que je suis auprès de Toi ». » (p. 144) Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec. ________________________________ Le National Catholic Reporter fait état d'un grand changement en 2010 qui vient refaire complètement les amoiries de Benoît XVI et qui laisse à réfléchier. Voici l'article de Jerry Filteau en anglais. Has Pope Benedict changed his coat of arms? by Jerry Filteau on Oct. 12, 2010 I got a strange e-mail alert Oct. 11 that Pope Benedict XVI has apparently changed his original papal coat of arms. Most notably, he has replaced his original episcopal miter atop the shield or escutcheon with the more traditional papal tiara a triple crown associated for centuries with the temporal as well as spiritual authority of the papacy. The new coat of arms was unveiled Oct. 10 in a banner unfurled below the window of the papal study in the Apostolic Palace overlooking St. Peters Square, just before Benedict made his regular Sunday appearance there to speak and lead the noonday Angelus. The new oneThe new one Also notable in the new coat of arms was the disappearance of a chalice-shaped shield of other recent popes in favor of a more elaborate escutcheon that is surrounded in gold and bears no resemblance at all to a chalice. A Benedict XVI innovation below the escutcheon at the time of his election the papal pallium with three of its six crosses in red has been replaced in the new version with a pallium showing four crosses which if shown on its reverse as well would raise the traditional number of crosses on the pallium from six to eight. Also, in the crossed gold and silver keys above the shield recalling Christs promise to Peter that what he binds on earth shall be bound also in heaven the traditional red cord with tassels linking the two keys (invisibly by an implied extension behind the shield) has been replaced by two distinct golden cords, one rising to the head of the golden key, the other rising to the head of the silver key. As I looked at the new coat of arms it brought back vivid memories of Oct. 22, 1978, in St. Peters Square, when I heard Pope John Paul II, in his homily marking the inauguration of his Petrine ministry, declare: In past centuries, when the successor of Peter took possession of his see, the triregnum or [three-tiered] tiara was placed on his head. The last pope to be crowned was Paul VI in 1963, but after the solemn coronation ceremony he never used the tiara again and left his successors free to decide in this regard. Pope John Paul I, whose memory is so vivid in our hearts, did not wish to have the tiara; nor does his successor wish it today. This is not the time to return to a ceremony and an object considered, wrongly, to be a symbol of the temporal power of the popes. The old oneThe old one At the time, I thought two things: First, obviously John Paul II did not want to tie the hands of his successors, as to whether they would return to a papal coronation with a triple tiara instead of a more simple and pastoral solemn inauguration into their ministry as bishop of Rome and universal pastor. Second, I detected a possible, perhaps even palpable, note of wistfulness: Did John Paul regret that because of the spirit of the times in 1978, he could not be crowned pope with the tiara that he described as considered, wrongly, to be a symbol of the temporal power of the popes? His use of wrongly certainly exhibited not just an opening to some future resumption of that tradition but a strong leaning toward it in some changed future atmosphere of public opinion. When Benedict became the first pope in centuries to replace the triple crown above his heraldic papal shield with an episcopal miter, I thought that perhaps the final dagger had been thrust into the beast of papal claims of temporal power, symbolically completing Paul VIs decision not to use the crown after his coronation and the decisions of John Paul I and II not to be crowned at all. The new version of papal heraldry draws not only that but several other issues into question. Why are the tassled cords to the two keys representing Peters power to release from sins on earth and in heaven no longer linked? Why has the traditional chalice shape of the papal shield been abandoned? Less significantly: * Why have the original six peaks on the Moorish crown on the upper right (left from a viewers standpoint) of Benedicts heraldic shield been changed to three? * Why have the originally black stripes on the pack borne by the bear on the upper left (right from a viewers standpoint) been changed to white or silver? * Why has the golden scallop shell on the main lower portion of the escutcheon been changed from a traditional realist image to a more artistic rendering? To my knowledge, no recent pope before Benedict has changed the coat of arms he adopted at the start of his papacy. The rationale for his changes rightfully deserves lively and critical discussion. What signals is the pope trying to send in the changes he has initiated? Traditionally in heraldry, whether civic or ecclesiastical, my understanding has been that once a person adopts a set of heraldic symbols, he accepts them for life unless a new office calls for a review and possible change. For the pope to change the heraldry he adopted at the start of his papacy is, to my limited knowledge, probably without precedent. [Jerry Filteau is NCR Washington correspondent.]
Dans sa dépêche de ROME, Mardi 26 avril 2005 Zenit écrit que le pape Benoît XVI prend comme blason le blason de son épiscopat à Munich et Freising avec les symboles du Maure couronné, de l'ours et de la coquille. Voir les explications détaillées sur ces trois symboles à la fin de cet article.
L'Agence Zenith poursuit en expliquant que il y a une nouveauté. En effet ce blason pontifical sera surmonté de la mitre papale, au sommet de forme triangulaire, et non plus de la tiare, comme pour les blasons de ses prédécesseurs. Il sera aussi orné du pallium métropolite qui a pris une si grande place symbolique dans linauguration du pontificat, dimanche 24 avril : les couleurs sont encore à létude. Le blason reprend donc la tête couronnée du « Maure de Freising », tournée vers la gauche : un emblème présent dès 1316 dans les armes de lévêque Conrad III et de tous ses successeurs. A droite du Maure est représenté lours avec le bâton qui a servi à le faire aller à Rome, selon la légende de saint Corbinien racontée par Joseph Ratzinger dans son autobiographie (Ma vie, Souvenirs », Fayard, cf. ZF050419). Une note du diocèse de Freising explique le symbole en ces termes : « Le christianisme a apprivoisé le sauvage paganisme et a posé ainsi dans lantique Bavière les fondements dune grande culture ». En outre, en tant que « porteur de Dieu », lours de Corbinien symbolise la charge épiscopale." "En bas, le troisième symbole est celui de la coquille, qui renvoie comme nous le rappelions le 19 avril, à la fable de saint Augustin : en 1953, la thèse de théologie de Joseph Ratzinger portait justement sur « Le peuple et la maison de Dieu dans lenseignement de saint Augustin sur lEglise ». Cest aussi la coquille du pèlerin emblème des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle qui représente, selon les termes du concile Vatican II « le peuple de Dieu pérégrinant » dont Benoît XVI est devenu le pasteur : une image placée sur le blason du couvent des Ecossais de Ratisbonne, où le prof. Ratzinger a enseigné la Dogmatique et lHistoire de 1969 à 1977. ZF05042606 ___________________________________ EXPLICATIONS DÉTAILLÉES SUR LES SYMBOLES DU MAURE, DE L'OURS ET DE LA COQUILLE Le Maure couronné, la coquille et lours, ces trois symboles du pape Benoît XVI signifient « luniversalité » de lEglise, « sans acception de personne », la « marche permanente » du chrétien, et la « bête de trait », au « service » de Dieu. Il avait pour devise épiscopale: « Coopérateurs de la vérité ». Dans son petit volume intitulé: « Ma vie, souvenirs (1927-1977) ». Benoît XVI explique que sur les armoiries des évêques de Freising et de Munich figure depuis environ mille ans le MAURE COURONNÉ: on ne sait pas bien ce quil signifie. Pour moi, il exprime luniversalité de lEglise, sans acception de personne, ni de race ni de classe, car nous sommes tous « un » dans le Christ (Galates 3, 28) ». Il ajoute lexplication de deux autres symboles. « Jai choisi pour moi deux autres symboles: en premier lieu la COQUILLE, dabord signe de notre pèlerinage, de notre marche: « Nous navons pas de cité permanente sur le terre ». Mais elle me rappelait aussi une légende selon laquelle saint Augustin, méditant sur le mystère de la Sainte Trinité, vit un enfant sur la plage jouer avec un coquillage, à laide duquel il essayait de puiser leau de la mer dans un trou. Et cette parole lui aurait été donnée : il est plus difficile à ton intelligence dappréhender le mystère divin que de transvaser la mer entière dans un petit trou. Ainsi la coquille me rappelle mon grand maître saint Augustin, mes travaux de théologie et la grandeur du mystère qui dépasse toute science ». (pp. 141-142) A propos de lOURS, Benoît XVI raconte la légende de saint Corbinien de Freising. Un ours dévora le cheval du saint évêque en route pour Rome. Lours dut porter le chargement du cheval. Le cardinal rapproche cette légende de linterprétation que saint Augustin fait dun verset de psaume : « Il avait choisi la vie de chercheur et avait été destiné par Dieu à être une « bête de somme », un buf docile qui tire la charrue de Dieu en ce monde ». Il explique : « Lours qui remplaça le cheval ou plutôt le mulet de saint Corbinien et fut chargé de son fardeau, qui devint sa bête de somme (contre son gré), nest-il pas limage de ce que je dois faire et de ce que je suis ? « Je suis devenu ton mulet chargé de ton joug, et cest ainsi que je suis tout près de Toi pour toujours ». » (p. 143) Le cardinal, aujourdhui pape Benoît XVI conclut : « Quels détails ajouterai-je sur mes années dépiscopat ? On raconte quà son arrivée à Rome Corbinien remit lours en liberté. Quil soit allé dans les Abruzzes ou retourné dans les Alpes, cela nintéresse pas la légende. Quant à moi jai, entre-temps, fait mes valises pour Rome et depuis longtemps je marche, mes valises à la main, dans les rues de la Ville éternelle. Jignore quand on me donnera congé, mais je sais que cela vaut pour moi aussi : «Je suis devenu ta bête de somme ; et cest justement ce que je suis auprès de Toi ». » (p. 144) Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec. ________________________________ Le National Catholic Reporter fait état d'un grand changement en 2010 qui vient refaire complètement les amoiries de Benoît XVI et qui laisse à réfléchier. Voici l'article de Jerry Filteau en anglais. Has Pope Benedict changed his coat of arms? by Jerry Filteau on Oct. 12, 2010 I got a strange e-mail alert Oct. 11 that Pope Benedict XVI has apparently changed his original papal coat of arms. Most notably, he has replaced his original episcopal miter atop the shield or escutcheon with the more traditional papal tiara a triple crown associated for centuries with the temporal as well as spiritual authority of the papacy. The new coat of arms was unveiled Oct. 10 in a banner unfurled below the window of the papal study in the Apostolic Palace overlooking St. Peters Square, just before Benedict made his regular Sunday appearance there to speak and lead the noonday Angelus. The new oneThe new one Also notable in the new coat of arms was the disappearance of a chalice-shaped shield of other recent popes in favor of a more elaborate escutcheon that is surrounded in gold and bears no resemblance at all to a chalice. A Benedict XVI innovation below the escutcheon at the time of his election the papal pallium with three of its six crosses in red has been replaced in the new version with a pallium showing four crosses which if shown on its reverse as well would raise the traditional number of crosses on the pallium from six to eight. Also, in the crossed gold and silver keys above the shield recalling Christs promise to Peter that what he binds on earth shall be bound also in heaven the traditional red cord with tassels linking the two keys (invisibly by an implied extension behind the shield) has been replaced by two distinct golden cords, one rising to the head of the golden key, the other rising to the head of the silver key. As I looked at the new coat of arms it brought back vivid memories of Oct. 22, 1978, in St. Peters Square, when I heard Pope John Paul II, in his homily marking the inauguration of his Petrine ministry, declare: In past centuries, when the successor of Peter took possession of his see, the triregnum or [three-tiered] tiara was placed on his head. The last pope to be crowned was Paul VI in 1963, but after the solemn coronation ceremony he never used the tiara again and left his successors free to decide in this regard. Pope John Paul I, whose memory is so vivid in our hearts, did not wish to have the tiara; nor does his successor wish it today. This is not the time to return to a ceremony and an object considered, wrongly, to be a symbol of the temporal power of the popes. The old oneThe old one At the time, I thought two things: First, obviously John Paul II did not want to tie the hands of his successors, as to whether they would return to a papal coronation with a triple tiara instead of a more simple and pastoral solemn inauguration into their ministry as bishop of Rome and universal pastor. Second, I detected a possible, perhaps even palpable, note of wistfulness: Did John Paul regret that because of the spirit of the times in 1978, he could not be crowned pope with the tiara that he described as considered, wrongly, to be a symbol of the temporal power of the popes? His use of wrongly certainly exhibited not just an opening to some future resumption of that tradition but a strong leaning toward it in some changed future atmosphere of public opinion. When Benedict became the first pope in centuries to replace the triple crown above his heraldic papal shield with an episcopal miter, I thought that perhaps the final dagger had been thrust into the beast of papal claims of temporal power, symbolically completing Paul VIs decision not to use the crown after his coronation and the decisions of John Paul I and II not to be crowned at all. The new version of papal heraldry draws not only that but several other issues into question. Why are the tassled cords to the two keys representing Peters power to release from sins on earth and in heaven no longer linked? Why has the traditional chalice shape of the papal shield been abandoned? Less significantly: * Why have the original six peaks on the Moorish crown on the upper right (left from a viewers standpoint) of Benedicts heraldic shield been changed to three? * Why have the originally black stripes on the pack borne by the bear on the upper left (right from a viewers standpoint) been changed to white or silver? * Why has the golden scallop shell on the main lower portion of the escutcheon been changed from a traditional realist image to a more artistic rendering? To my knowledge, no recent pope before Benedict has changed the coat of arms he adopted at the start of his papacy. The rationale for his changes rightfully deserves lively and critical discussion. What signals is the pope trying to send in the changes he has initiated? Traditionally in heraldry, whether civic or ecclesiastical, my understanding has been that once a person adopts a set of heraldic symbols, he accepts them for life unless a new office calls for a review and possible change. For the pope to change the heraldry he adopted at the start of his papacy is, to my limited knowledge, probably without precedent. [Jerry Filteau is NCR Washington correspondent.] Documents
Chers Frères et Surs Par trois fois, au cours de ces jours si intenses, le chant des litanies des saints nous a accompagné : durant les funérailles de notre Saint-Père Jean-Paul II ; à loccasion de lentrée des Cardinaux en Conclave, et aujourdhui encore, nous les avons chantées à nouveau, accompagnées de linvocation : Tu illum adiuva soutiens le nouveau Successeur de saint Pierre. Chaque fois, de manière toute particulière, jai ressenti, pendant cette prière chantée, une grande consolation. Combien nous nous sommes-nous sentis abandonnés après le départ de Jean-Paul II ! Pendant plus de 26 ans, ce Pape a été notre pasteur et notre guide sur le chemin à travers ce temps. Il a franchi le seuil vers lautre vie entrant dans le mystère de Dieu. Mais il naccomplissait pas ce passage tout seul. Celui qui croit nest jamais seul il ne lest pas dans la vie, et pas même dans la mort. À ce moment-là, nous avons pu invoquer les saints de tous les siècles ses amis, ses frères dans la foi, sachant quils ont été le cortège vivant qui la accompagné dans lau-delà, jusquà la gloire de Dieu. Nous savons que son arrivée était attendue. Nous savons désormais quil est parmi les siens et quil est vraiment chez lui. De nouveau, nous avons été consolés alors que nous accomplissions lentrée solennelle en conclave pour élire celui que le Seigneur avait choisi. Comment pouvions-nous reconnaître son nom ? Comment 115 Évêques, provenant de toutes les cultures et de nombreux pays, pouvaient-ils trouver celui auquel le Seigneur désirait conférer la mission de lier et de délier ? Encore une fois, nous le savions : nous savions que nous nétions pas seuls, nous nous savions entourés, conduits et guidés par les amis de Dieu. Et maintenant, en ce moment, moi-même, fragile serviteur de Dieu, je dois assumer cette charge inouïe, qui dépasse réellement toute capacité humaine. Comment puis-je faire cela ? Comment serai-je en mesure de le faire ? Vous tous, chers amis, vous venez dinvoquer la troupe innombrable des saints, représentés par certains des grands noms de lhistoire de Dieu avec les hommes. De cette manière, se ravive aussi en moi cette conscience : je ne suis pas seul. Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité, je ne pourrais jamais porter seul. La troupe des saints de Dieu me protège, me soutient et me porte. Et votre prière, chers amis, votre indulgence, votre amour, votre foi et votre espérance maccompagnent. En effet, à la communauté des saints nappartiennent pas seulement les grandes figures qui nous ont précédés et dont nous connaissons les noms. Nous sommes tous la communauté des saints, nous, les baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous qui vivons du don de la chair et du sang du Christ, par lesquels il a voulu nous transformer et nous rendre semblables à lui. Oui, lÉglise est vivante telle est la merveilleuse expérience de ces jours-ci. Au cours des journées tristes de la maladie et de la mort du Pape, précisément, sest manifesté de manière merveilleuse à nos yeux le fait que lÉglise est vivante. Et lÉglise est jeune. Elle porte en elle lavenir du monde et cest pourquoi elle montre aussi à chacun de nous le chemin vers lavenir. LÉglise est vivante et nous le voyons : nous faisons lexpérience de la joie que le Ressuscité a promise aux siens. LÉglise est vivante elle est vivante parce que le Christ est vivant, parce quil est vraiment ressuscité. Dans la souffrance, présente sur le visage du Saint-Père, au cours des jours de Pâques, nous avons contemplé le mystère de la passion du Christ et nous avons en même temps touché ses plaies. Mais en ces jours, nous avons aussi pu, de manière profonde, toucher le Ressuscité. Il nous a été donné de faire lexpérience de la joie quil a promise, après un court temps de ténèbres, comme un fruit de sa résurrection. LÉglise est vivante ainsi, je vous salue avec une grande joie et une profonde gratitude, vous tous qui êtes ici rassemblés, chers Frères Cardinaux et Évêques, chers Frères prêtres, chers diacres, chers agents pastoraux et catéchistes. Je vous salue, vous les religieux et les religieuses, témoins de la présence transfigurante de Dieu. Je vous salue, vous, les fidèles laïcs, engagés dans le vaste espace de la construction du Règne de Dieu qui se répand dans le monde, dans tous les lieux de vie. Mes paroles se font aussi affectueuses dans le salut que jadresse à tous ceux qui, renés par le sacrement du Baptême, ne sont pas encore dans la pleine communion avec nous ; et à vous, chers Frères du peuple juif, auxquels nous sommes liés par un grand patrimoine spirituel commun qui plonge ses racines dans les promesses irrévocables de Dieu. Enfin, ma pensée presque comme une onde qui se répand va à tous les hommes de notre temps, croyants et non croyants. Chers amis ! En ce moment, je nai pas besoin de présenter un programme de gouvernement. Jai déjà eu loccasion dévoquer, dans mon message du mercredi 20 avril, certains aspects de ce que je considère comme de ma charge ; je ne manquerai pas de le faire en dautres circonstances. Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute lÉglise, de me mettre à lécoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide lÉglise en cette heure de notre histoire. Au lieu dexposer un programme, je voudrais simplement commenter les deux signes qui, sur le plan liturgique, représentent le début du ministère pétrinien. En fait, tous les deux sont le reflet exact de ce qui a été proclamé dans les lectures de ce jour. Le premier signe est le pallium, tissu en pure laine, qui est placé sur mes épaules. Ce signe très ancien, que les Évêques de Rome portent depuis la fin du IVe siècle, peut être considéré comme une image du joug du Christ, que lÉvêque de cette ville, le Serviteur des Serviteurs de Dieu, prend sur ses épaules. Le joug de Dieu est la volonté de Dieu, que nous accueillons. Et cette volonté nest pas pour moi un poids extérieur, qui nous opprime et qui nous enlève notre liberté. Connaître ce que Dieu veut, connaître quel est le chemin de la vie telle était la joie dIsraël, tel était son grand privilège. Telle est aussi notre joie : la volonté de Dieu ne nous aliène pas, elle nous purifie parfois même de manière douloureuse et nous conduit ainsi à nous-mêmes. De cette manière, nous ne le servons pas seulement lui-même, mais nous servons aussi le salut de tout le monde, de toute lhistoire. En réalité, le symbolisme du pallium est encore plus concret : la laine dagneau entend représenter la brebis perdue ou celle qui est malade et celle qui est faible, que le pasteur met sur ses épaules et quil conduit aux sources de la vie. La parabole de la brebis perdue que le berger cherche dans le désert était pour les Pères de lÉglise une image du mystère du Christ et de lÉglise. Lhumanité nous tous est la brebis perdue qui, dans le désert, ne trouve plus son chemin. Le Fils de Dieu ne peut pas admettre cela ; il ne peut pas abandonner lhumanité à une telle condition misérable. Il se met debout, il abandonne la gloire du ciel, pour retrouver la brebis et pour la suivre, jusque sur la croix. Il la charge sur ses épaules, il porte notre humanité, il nous porte nous-mêmes. Il est le bon pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis. Le Pallium exprime avant tout que nous sommes portés par le Christ. Mais, en même temps, le Christ nous invite à nous porter les uns les autres. Ainsi, le Pallium devient le symbole de la mission du pasteur, dont parle la deuxième lecture et lÉvangile. La sainte inquiétude du Christ doit animer tout pasteur : il nest pas indifférent pour lui que tant de personnes vivent dans le désert. Et il y a de nombreuses formes de désert. Il y a le désert de la pauvreté, le désert de la faim et de la soif ; il y a le désert de labandon, de la solitude, de lamour détruit. Il y a le désert de lobscurité de Dieu, du vide des âmes sans aucune conscience de leur dignité ni du chemin de lhomme. Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands. Cest pourquoi, les trésors de la terre ne sont plus au service de lédification du jardin de Dieu, dans lequel tous peuvent vivre, mais sont asservis par les puissances de lexploitation et de la destruction. LÉglise, dans son ensemble, et les Pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers lamitié avec le Fils de Dieu, vers Celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude. Le symbole de lagneau a encore un autre aspect. Dans lOrient ancien, il était dusage que les rois se désignent eux-mêmes comme les pasteurs de leur peuple. Cétait une image de leur pouvoir, une image cynique : les peuples étaient pour eux comme des brebis, dont le pasteur pouvait disposer selon son bon vouloir. Tandis que le pasteur de tous les hommes, le Dieu vivant, est devenu lui-même un agneau, il sest mis du côté des agneaux, de ceux qui sont méprisés et tués. Cest précisément ainsi quil se révèle comme le vrai pasteur : « Je suis le bon pasteur et je donne ma vie pour mes brebis » (Jn 10, 14 ss.). Ce nest pas le pouvoir qui rachète, mais lamour ! Cest là le signe de Dieu : Il est lui-même amour. Combien de fois désirerions-nous que Dieu se montre plus fort ! Quil frappe durement, quil terrasse le mal et quil crée un monde meilleur ! Toutes les idéologies du pouvoir se justifient ainsi, justifient la destruction de ce qui soppose au progrès et à la libération de lhumanité. Nous souffrons pour la patience de Dieu. Et nous avons néanmoins tous besoin de sa patience. Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le Crucifié et non par ceux qui ont crucifié. Le monde est racheté par la patience de Dieu et détruit par limpatience des hommes. Une des caractéristiques fondamentales du pasteur doit être daimer les hommes qui lui ont été confiés, comme les aime le Christ, au service duquel il se trouve. « Sois le pasteur de mes brebis », dit le Christ à Pierre, et à moi, en ce moment. Être le pasteur veut dire aimer, et aimer veut dire aussi être prêt à souffrir. Aimer signifie : donner aux brebis le vrai bien, la nourriture de la vérité de Dieu, de la parole de Dieu, la nourriture de sa présence, quil nous donne dans le Saint-Sacrement. Chers amis en ce moment je peux seulement dire : priez pour moi, pour que japprenne toujours plus à aimer le Seigneur. Priez pour moi, pour que japprenne à aimer toujours plus son troupeau vous tous, la Sainte Église, chacun de vous personnellement et vous tous ensemble. Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups. Priez les uns pour les autres, pour que le Seigneur nous porte et que nous apprenions à nous porter les uns les autres. Le deuxième signe par lequel la liturgie daujourdhui nous présente le commencement du ministère pétrinien est la remise de lanneau du pêcheur. Lappel de Pierre à devenir pasteur, que nous avons entendu dans lÉvangile, fait suite au récit dune pêche abondante : après une nuit au cours de laquelle ils avaient jeté les filets sans succès, les disciples voient sur le rivage le Seigneur ressuscité. Il leur enjoint de retourner pêcher une nouvelle fois et voici que le filet devient si plein quils ne réussirent plus à le ramener. 153 gros poissons : « Et, malgré cette quantité, le filet ne sétait pas déchiré » (Jn 21,11). Cet événement, qui a lieu au terme du parcours terrestre de Jésus avec ses disciples, correspond à un récit des commencements : les disciples navaient alors rien pêché durant toute la nuit ; Jésus avait alors invité Simon à avancer une nouvelle fois au large. Et Simon, qui ne sappelait pas encore Pierre, donna cette réponse admirable : Maître, sur ton ordre, je vais jeter les filets ! Et voici la confirmation de la mission : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5,1-11). Aujourdhui encore, lÉglise et les successeurs des Apôtres sont invités à prendre le large sur locéan de lhistoire et à jeter les filets, pour conquérir les hommes au Christ à Dieu, au Christ, à la vraie vie. Les Pères ont aussi dédié un commentaire très particulier à cette tâche singulière. Ils disent ceci : pour le poisson, créé pour leau, être sorti de leau entraîne la mort. Il est soustrait à son élément vital pour servir de nourriture à lhomme. Mais dans la mission du pêcheur dhommes, cest le contraire qui survient. Nous, les hommes, nous vivons aliénés, dans les eaux salées de la souffrance et de la mort ; dans un océan dobscurité, sans lumière. Le filet de lÉvangile nous tire hors des eaux de la mort et nous introduit dans la splendeur de la lumière de Dieu, dans la vraie vie. Il en va ainsi dans la mission de pêcheur dhommes, à la suite du Christ, il faut tirer les hommes hors de locéan salé de toutes les aliénations vers la terre de la vie, vers la lumière de Dieu. Il en va ainsi : nous existons pour montrer Dieu aux hommes. Seulement là où on voit Dieu commence véritablement la vie. Seulement lorsque nous rencontrons dans le Christ le Dieu vivant, nous connaissons ce quest la vie. Nous ne sommes pas le produit accidentel et dépourvu de sens de lévolution. Chacun de nous est le fruit dune pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire. Il ny a rien de plus beau que dêtre rejoints, surpris par lÉvangile, par le Christ. Il ny a rien de plus beau que de le connaître et de communiquer aux autres lamitié avec lui. La tâche du pasteur, du pêcheur dhommes, peut souvent apparaître pénible. Mais elle est belle et grande, parce quen définitive elle est un service rendu à la joie, à la joie de Dieu qui veut faire son entrée dans le monde. Je voudrais encore souligner une chose : de limage du pasteur et de celle du pêcheur émerge de manière très explicite lappel à lunité. « Jai encore dautres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10,16), dit Jésus à la fin du discours du bon pasteur. Le récit des 153 gros poissons se conclut avec la constatation joyeuse : « Et, malgré cette quantité, le filet ne sétait pas déchiré » (Jn 21,11). Hélas, Seigneur bien-aimé, aujourdhui le filet sest déchiré, aurions-nous envie de dire avec tristesse ! Mais non nous ne devons pas être tristes ! Réjouissons-nous de ta promesse, qui ne déçoit pas, et faisons tout ce qui est possible pour parcourir la route vers lunité que tu as promise. Faisons mémoire delle comme des mendiants dans notre prière au Seigneur : oui Seigneur, souviens-toi de ce que tu as promis. Fais que nous ne soyons quun seul Pasteur et quun seul troupeau ! Ne permets pas que ton filet se déchire et aide-nous à être des serviteurs de lunité ! En ce moment, je me souviens du 22 octobre 1978, quand le Pape Jean-Paul II commença son ministère ici, sur la Place Saint-Pierre. Les paroles quil prononça alors résonnent encore et continuellement à mes oreilles : « Nayez pas peur, au contraire, ouvrez tout grand les portes au Christ ». Le Pape parlait aux forts, aux puissants du monde, qui avaient peur que le Christ les dépossède dune part de leur pouvoir, sils lavaient laissé entrer et sils avaient concédé la liberté à la foi. Oui, il les aurait certainement dépossédés de quelque chose : de la domination de la corruption, du détournement du droit, de larbitraire. Mais il ne les aurait nullement dépossédés de ce qui appartient à la liberté de lhomme, à sa dignité, à lédification dune société juste. Le Pape parlait en outre à tous les hommes, surtout aux jeunes. En quelque sorte, navons-nous pas tous peur si nous laissons entrer le Christ totalement en nous, si nous nous ouvrons totalement à lui peur quil puisse nous déposséder dune part de notre vie ? Navons-nous pas peur de renoncer à quelque chose de grand, dunique, qui rend la vie si belle ? Ne risquons-nous pas de nous trouver ensuite dans langoisse et privés de liberté ? Et encore une fois le Pape voulait dire : Non ! Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement souvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons lexpérience de ce qui est beau et de ce qui libère. Ainsi, aujourdhui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir dune longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : nayez pas peur du Christ ! Il nenlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ et vous trouverez la vraie vie. Amen. Dimanche 24 avril 2005. Source : www.vatican.va © Libreria Editrice Vaticana Chers Frères et Surs Par trois fois, au cours de ces jours si intenses, le chant des litanies des saints nous a accompagné : durant les funérailles de notre Saint-Père Jean-Paul II ; à loccasion de lentrée des Cardinaux en Conclave, et aujourdhui encore, nous les avons chantées à nouveau, accompagnées de linvocation : Tu illum adiuva soutiens le nouveau Successeur de saint Pierre. Chaque fois, de manière toute particulière, jai ressenti, pendant cette prière chantée, une grande consolation. Combien nous nous sommes-nous sentis abandonnés après le départ de Jean-Paul II ! Pendant plus de 26 ans, ce Pape a été notre pasteur et notre guide sur le chemin à travers ce temps. Il a franchi le seuil vers lautre vie entrant dans le mystère de Dieu. Mais il naccomplissait pas ce passage tout seul. Celui qui croit nest jamais seul il ne lest pas dans la vie, et pas même dans la mort. À ce moment-là, nous avons pu invoquer les saints de tous les siècles ses amis, ses frères dans la foi, sachant quils ont été le cortège vivant qui la accompagné dans lau-delà, jusquà la gloire de Dieu. Nous savons que son arrivée était attendue. Nous savons désormais quil est parmi les siens et quil est vraiment chez lui. De nouveau, nous avons été consolés alors que nous accomplissions lentrée solennelle en conclave pour élire celui que le Seigneur avait choisi. Comment pouvions-nous reconnaître son nom ? Comment 115 Évêques, provenant de toutes les cultures et de nombreux pays, pouvaient-ils trouver celui auquel le Seigneur désirait conférer la mission de lier et de délier ? Encore une fois, nous le savions : nous savions que nous nétions pas seuls, nous nous savions entourés, conduits et guidés par les amis de Dieu. Et maintenant, en ce moment, moi-même, fragile serviteur de Dieu, je dois assumer cette charge inouïe, qui dépasse réellement toute capacité humaine. Comment puis-je faire cela ? Comment serai-je en mesure de le faire ? Vous tous, chers amis, vous venez dinvoquer la troupe innombrable des saints, représentés par certains des grands noms de lhistoire de Dieu avec les hommes. De cette manière, se ravive aussi en moi cette conscience : je ne suis pas seul. Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité, je ne pourrais jamais porter seul. La troupe des saints de Dieu me protège, me soutient et me porte. Et votre prière, chers amis, votre indulgence, votre amour, votre foi et votre espérance maccompagnent. En effet, à la communauté des saints nappartiennent pas seulement les grandes figures qui nous ont précédés et dont nous connaissons les noms. Nous sommes tous la communauté des saints, nous, les baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous qui vivons du don de la chair et du sang du Christ, par lesquels il a voulu nous transformer et nous rendre semblables à lui. Oui, lÉglise est vivante telle est la merveilleuse expérience de ces jours-ci. Au cours des journées tristes de la maladie et de la mort du Pape, précisément, sest manifesté de manière merveilleuse à nos yeux le fait que lÉglise est vivante. Et lÉglise est jeune. Elle porte en elle lavenir du monde et cest pourquoi elle montre aussi à chacun de nous le chemin vers lavenir. LÉglise est vivante et nous le voyons : nous faisons lexpérience de la joie que le Ressuscité a promise aux siens. LÉglise est vivante elle est vivante parce que le Christ est vivant, parce quil est vraiment ressuscité. Dans la souffrance, présente sur le visage du Saint-Père, au cours des jours de Pâques, nous avons contemplé le mystère de la passion du Christ et nous avons en même temps touché ses plaies. Mais en ces jours, nous avons aussi pu, de manière profonde, toucher le Ressuscité. Il nous a été donné de faire lexpérience de la joie quil a promise, après un court temps de ténèbres, comme un fruit de sa résurrection. LÉglise est vivante ainsi, je vous salue avec une grande joie et une profonde gratitude, vous tous qui êtes ici rassemblés, chers Frères Cardinaux et Évêques, chers Frères prêtres, chers diacres, chers agents pastoraux et catéchistes. Je vous salue, vous les religieux et les religieuses, témoins de la présence transfigurante de Dieu. Je vous salue, vous, les fidèles laïcs, engagés dans le vaste espace de la construction du Règne de Dieu qui se répand dans le monde, dans tous les lieux de vie. Mes paroles se font aussi affectueuses dans le salut que jadresse à tous ceux qui, renés par le sacrement du Baptême, ne sont pas encore dans la pleine communion avec nous ; et à vous, chers Frères du peuple juif, auxquels nous sommes liés par un grand patrimoine spirituel commun qui plonge ses racines dans les promesses irrévocables de Dieu. Enfin, ma pensée presque comme une onde qui se répand va à tous les hommes de notre temps, croyants et non croyants. Chers amis ! En ce moment, je nai pas besoin de présenter un programme de gouvernement. Jai déjà eu loccasion dévoquer, dans mon message du mercredi 20 avril, certains aspects de ce que je considère comme de ma charge ; je ne manquerai pas de le faire en dautres circonstances. Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute lÉglise, de me mettre à lécoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide lÉglise en cette heure de notre histoire. Au lieu dexposer un programme, je voudrais simplement commenter les deux signes qui, sur le plan liturgique, représentent le début du ministère pétrinien. En fait, tous les deux sont le reflet exact de ce qui a été proclamé dans les lectures de ce jour. Le premier signe est le pallium, tissu en pure laine, qui est placé sur mes épaules. Ce signe très ancien, que les Évêques de Rome portent depuis la fin du IVe siècle, peut être considéré comme une image du joug du Christ, que lÉvêque de cette ville, le Serviteur des Serviteurs de Dieu, prend sur ses épaules. Le joug de Dieu est la volonté de Dieu, que nous accueillons. Et cette volonté nest pas pour moi un poids extérieur, qui nous opprime et qui nous enlève notre liberté. Connaître ce que Dieu veut, connaître quel est le chemin de la vie telle était la joie dIsraël, tel était son grand privilège. Telle est aussi notre joie : la volonté de Dieu ne nous aliène pas, elle nous purifie parfois même de manière douloureuse et nous conduit ainsi à nous-mêmes. De cette manière, nous ne le servons pas seulement lui-même, mais nous servons aussi le salut de tout le monde, de toute lhistoire. En réalité, le symbolisme du pallium est encore plus concret : la laine dagneau entend représenter la brebis perdue ou celle qui est malade et celle qui est faible, que le pasteur met sur ses épaules et quil conduit aux sources de la vie. La parabole de la brebis perdue que le berger cherche dans le désert était pour les Pères de lÉglise une image du mystère du Christ et de lÉglise. Lhumanité nous tous est la brebis perdue qui, dans le désert, ne trouve plus son chemin. Le Fils de Dieu ne peut pas admettre cela ; il ne peut pas abandonner lhumanité à une telle condition misérable. Il se met debout, il abandonne la gloire du ciel, pour retrouver la brebis et pour la suivre, jusque sur la croix. Il la charge sur ses épaules, il porte notre humanité, il nous porte nous-mêmes. Il est le bon pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis. Le Pallium exprime avant tout que nous sommes portés par le Christ. Mais, en même temps, le Christ nous invite à nous porter les uns les autres. Ainsi, le Pallium devient le symbole de la mission du pasteur, dont parle la deuxième lecture et lÉvangile. La sainte inquiétude du Christ doit animer tout pasteur : il nest pas indifférent pour lui que tant de personnes vivent dans le désert. Et il y a de nombreuses formes de désert. Il y a le désert de la pauvreté, le désert de la faim et de la soif ; il y a le désert de labandon, de la solitude, de lamour détruit. Il y a le désert de lobscurité de Dieu, du vide des âmes sans aucune conscience de leur dignité ni du chemin de lhomme. Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands. Cest pourquoi, les trésors de la terre ne sont plus au service de lédification du jardin de Dieu, dans lequel tous peuvent vivre, mais sont asservis par les puissances de lexploitation et de la destruction. LÉglise, dans son ensemble, et les Pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers lamitié avec le Fils de Dieu, vers Celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude. Le symbole de lagneau a encore un autre aspect. Dans lOrient ancien, il était dusage que les rois se désignent eux-mêmes comme les pasteurs de leur peuple. Cétait une image de leur pouvoir, une image cynique : les peuples étaient pour eux comme des brebis, dont le pasteur pouvait disposer selon son bon vouloir. Tandis que le pasteur de tous les hommes, le Dieu vivant, est devenu lui-même un agneau, il sest mis du côté des agneaux, de ceux qui sont méprisés et tués. Cest précisément ainsi quil se révèle comme le vrai pasteur : « Je suis le bon pasteur et je donne ma vie pour mes brebis » (Jn 10, 14 ss.). Ce nest pas le pouvoir qui rachète, mais lamour ! Cest là le signe de Dieu : Il est lui-même amour. Combien de fois désirerions-nous que Dieu se montre plus fort ! Quil frappe durement, quil terrasse le mal et quil crée un monde meilleur ! Toutes les idéologies du pouvoir se justifient ainsi, justifient la destruction de ce qui soppose au progrès et à la libération de lhumanité. Nous souffrons pour la patience de Dieu. Et nous avons néanmoins tous besoin de sa patience. Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le Crucifié et non par ceux qui ont crucifié. Le monde est racheté par la patience de Dieu et détruit par limpatience des hommes. Une des caractéristiques fondamentales du pasteur doit être daimer les hommes qui lui ont été confiés, comme les aime le Christ, au service duquel il se trouve. « Sois le pasteur de mes brebis », dit le Christ à Pierre, et à moi, en ce moment. Être le pasteur veut dire aimer, et aimer veut dire aussi être prêt à souffrir. Aimer signifie : donner aux brebis le vrai bien, la nourriture de la vérité de Dieu, de la parole de Dieu, la nourriture de sa présence, quil nous donne dans le Saint-Sacrement. Chers amis en ce moment je peux seulement dire : priez pour moi, pour que japprenne toujours plus à aimer le Seigneur. Priez pour moi, pour que japprenne à aimer toujours plus son troupeau vous tous, la Sainte Église, chacun de vous personnellement et vous tous ensemble. Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups. Priez les uns pour les autres, pour que le Seigneur nous porte et que nous apprenions à nous porter les uns les autres. Le deuxième signe par lequel la liturgie daujourdhui nous présente le commencement du ministère pétrinien est la remise de lanneau du pêcheur. Lappel de Pierre à devenir pasteur, que nous avons entendu dans lÉvangile, fait suite au récit dune pêche abondante : après une nuit au cours de laquelle ils avaient jeté les filets sans succès, les disciples voient sur le rivage le Seigneur ressuscité. Il leur enjoint de retourner pêcher une nouvelle fois et voici que le filet devient si plein quils ne réussirent plus à le ramener. 153 gros poissons : « Et, malgré cette quantité, le filet ne sétait pas déchiré » (Jn 21,11). Cet événement, qui a lieu au terme du parcours terrestre de Jésus avec ses disciples, correspond à un récit des commencements : les disciples navaient alors rien pêché durant toute la nuit ; Jésus avait alors invité Simon à avancer une nouvelle fois au large. Et Simon, qui ne sappelait pas encore Pierre, donna cette réponse admirable : Maître, sur ton ordre, je vais jeter les filets ! Et voici la confirmation de la mission : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5,1-11). Aujourdhui encore, lÉglise et les successeurs des Apôtres sont invités à prendre le large sur locéan de lhistoire et à jeter les filets, pour conquérir les hommes au Christ à Dieu, au Christ, à la vraie vie. Les Pères ont aussi dédié un commentaire très particulier à cette tâche singulière. Ils disent ceci : pour le poisson, créé pour leau, être sorti de leau entraîne la mort. Il est soustrait à son élément vital pour servir de nourriture à lhomme. Mais dans la mission du pêcheur dhommes, cest le contraire qui survient. Nous, les hommes, nous vivons aliénés, dans les eaux salées de la souffrance et de la mort ; dans un océan dobscurité, sans lumière. Le filet de lÉvangile nous tire hors des eaux de la mort et nous introduit dans la splendeur de la lumière de Dieu, dans la vraie vie. Il en va ainsi dans la mission de pêcheur dhommes, à la suite du Christ, il faut tirer les hommes hors de locéan salé de toutes les aliénations vers la terre de la vie, vers la lumière de Dieu. Il en va ainsi : nous existons pour montrer Dieu aux hommes. Seulement là où on voit Dieu commence véritablement la vie. Seulement lorsque nous rencontrons dans le Christ le Dieu vivant, nous connaissons ce quest la vie. Nous ne sommes pas le produit accidentel et dépourvu de sens de lévolution. Chacun de nous est le fruit dune pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire. Il ny a rien de plus beau que dêtre rejoints, surpris par lÉvangile, par le Christ. Il ny a rien de plus beau que de le connaître et de communiquer aux autres lamitié avec lui. La tâche du pasteur, du pêcheur dhommes, peut souvent apparaître pénible. Mais elle est belle et grande, parce quen définitive elle est un service rendu à la joie, à la joie de Dieu qui veut faire son entrée dans le monde. Je voudrais encore souligner une chose : de limage du pasteur et de celle du pêcheur émerge de manière très explicite lappel à lunité. « Jai encore dautres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10,16), dit Jésus à la fin du discours du bon pasteur. Le récit des 153 gros poissons se conclut avec la constatation joyeuse : « Et, malgré cette quantité, le filet ne sétait pas déchiré » (Jn 21,11). Hélas, Seigneur bien-aimé, aujourdhui le filet sest déchiré, aurions-nous envie de dire avec tristesse ! Mais non nous ne devons pas être tristes ! Réjouissons-nous de ta promesse, qui ne déçoit pas, et faisons tout ce qui est possible pour parcourir la route vers lunité que tu as promise. Faisons mémoire delle comme des mendiants dans notre prière au Seigneur : oui Seigneur, souviens-toi de ce que tu as promis. Fais que nous ne soyons quun seul Pasteur et quun seul troupeau ! Ne permets pas que ton filet se déchire et aide-nous à être des serviteurs de lunité ! En ce moment, je me souviens du 22 octobre 1978, quand le Pape Jean-Paul II commença son ministère ici, sur la Place Saint-Pierre. Les paroles quil prononça alors résonnent encore et continuellement à mes oreilles : « Nayez pas peur, au contraire, ouvrez tout grand les portes au Christ ». Le Pape parlait aux forts, aux puissants du monde, qui avaient peur que le Christ les dépossède dune part de leur pouvoir, sils lavaient laissé entrer et sils avaient concédé la liberté à la foi. Oui, il les aurait certainement dépossédés de quelque chose : de la domination de la corruption, du détournement du droit, de larbitraire. Mais il ne les aurait nullement dépossédés de ce qui appartient à la liberté de lhomme, à sa dignité, à lédification dune société juste. Le Pape parlait en outre à tous les hommes, surtout aux jeunes. En quelque sorte, navons-nous pas tous peur si nous laissons entrer le Christ totalement en nous, si nous nous ouvrons totalement à lui peur quil puisse nous déposséder dune part de notre vie ? Navons-nous pas peur de renoncer à quelque chose de grand, dunique, qui rend la vie si belle ? Ne risquons-nous pas de nous trouver ensuite dans langoisse et privés de liberté ? Et encore une fois le Pape voulait dire : Non ! Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement souvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons lexpérience de ce qui est beau et de ce qui libère. Ainsi, aujourdhui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir dune longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : nayez pas peur du Christ ! Il nenlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ et vous trouverez la vraie vie. Amen. Dimanche 24 avril 2005. Source : www.vatican.va © Libreria Editrice Vaticana Réflexions
En entrée de jeu, je dois dire que jai aimé ce roman. Cest un bon « thriller » à mon goût. Javais toujours hâte de voir comment serait résolue lénigme et quelle serait la suivante. Je lai donc dévoré en peu de temps. Mais à la fin de la lecture, une fois passée lémotion du suspense, je me suis dit que ce roman comporte quelque chose de pernicieux : il risque dinoculer un virus dangereux dans lesprit des lecteurs : le virus du doute.
Ce livre, même si on sait que cest un roman donc une uvre de fiction, ouvre la porte à des questions qui ont toujours été débattues, et ce dès le début de lÉglise. La divinité de Jésus a toujours créé des difficultés à lintelligence humaine. Allez lire lévangile de Jean au chapitre 10 versets 31 à 42. Il ny a plus grand monde pour contester que lévangile de Jean fut écrit vers lan 90 de notre ère. Il voulait répondre à un débat qui déjà avait cours dans les premières générations de chrétiens. Cest donc plus de 200 ans avant Constantin. La thèse de Brown, à savoir quaprès que Constantin ait rendu légal le christianisme, lÉglise se soit acharné à promulguer la divinité de Jésus en cachant la vérité, ne tient pas le chemin. Gérard Massadié, dans « Lhomme qui devint Dieu », développe le thème dun Jésus, homme ordinaire, que ses disciples, plusieurs années après sa mort, déclarèrent légal de Dieu. Cest aussi la thèse soutenue par Denis Arcand dans son fils « Jésus de Montréal ». Il ny a rien là de bien nouveau Dan Brown nest pas le premier à laisser planer le doute sur la relation entre Jésus et Marie Madeleine. Il y a une dizaine dannée un Français (pardonnez-moi de ne plus me rappeler son nom) se déclarait le descendant direct de Jésus et de Marie Madeleine. On na sûrement pas fini den entendre de semblables Mais laccusation la plus grave, à mon avis, et que Brown ne se gène pas dexploiter comme fond de son roman, consiste à mettre en relief un supposé acharnement des hommes dÉglise, misogynes invétérés, à éliminer lapport féminin dans la vie de lÉglise. Lauteur joue sur les nouvelles sensibilités amenées par le féminisme; on peut penser que cela lui vaudra lapprobation dun auditoire féminin plus large. Cest vrai que de lextérieur linstitution Église semble « dominée » par les hommes; de plus la question du sacerdoce des femmes constitue un irritant plus plusieurs. Il faudrait aller plus loin que les apparences et découvrir tout le chemin parcouru dans les communautés chrétiennes, dans lÉglise, sur la collaboration et la complémentarité du masculin/féminin à tous les niveaux. Je naccuserai pas Dan Brown de mauvaise foi. Comme tout romancier, il flaire lair du temps et fait uvre de fiction selon les odeurs quil perçoit. Cest son travail. Mais quand un roman touche à des sujets aussi délicats que 1o la foi en la divinité de Jésus, 2o au droit et au devoir qua lÉglise de demeurer fidèle au dépôt de la foi (allez lire Paul en 2 Timothée 1, 13-14 et textes parallèles) et aux moyens certes parfois inadéquats de le défendre, 3o à la place du féminin dans le cheminement de foi et 4o linsertion de linstitution dans une histoire et une culture donnée, ce nest pas en suggérant que lÉglise davant Constantin était une vierge pure qui sest prostituée dans le lit du pouvoir une fois admise à la cour que nous ferons avancer les débats. Une fois le doute semé, lêtre humain a fort tendance à séloigner de larbre de vie et se nourrir désormais de larbre de la connaissance du bien et du mal. LHistoire démontre que ce nest pas toujours pour une plus value. Profitez du roman pour ce quil vaut : un thriller intéressant. Mais ne le laissez pas vous inoculer le virus du doute; les antibiotiques arrivent parfois difficilement à léliminer. Que lEsprit de discernement vous accompagne et vous pousse à une recherche sérieuse tant sur le plan historique que théologique pour une foi plus éclairée, plus lucide. Bernard St-Hilaire tiré du site FORUM JEUNESSE http://www.di20.com/PointDeVue.htm le 21 avril 2005 Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
En entrée de jeu, je dois dire que jai aimé ce roman. Cest un bon « thriller » à mon goût. Javais toujours hâte de voir comment serait résolue lénigme et quelle serait la suivante. Je lai donc dévoré en peu de temps. Mais à la fin de la lecture, une fois passée lémotion du suspense, je me suis dit que ce roman comporte quelque chose de pernicieux : il risque dinoculer un virus dangereux dans lesprit des lecteurs : le virus du doute.
Ce livre, même si on sait que cest un roman donc une uvre de fiction, ouvre la porte à des questions qui ont toujours été débattues, et ce dès le début de lÉglise. La divinité de Jésus a toujours créé des difficultés à lintelligence humaine. Allez lire lévangile de Jean au chapitre 10 versets 31 à 42. Il ny a plus grand monde pour contester que lévangile de Jean fut écrit vers lan 90 de notre ère. Il voulait répondre à un débat qui déjà avait cours dans les premières générations de chrétiens. Cest donc plus de 200 ans avant Constantin. La thèse de Brown, à savoir quaprès que Constantin ait rendu légal le christianisme, lÉglise se soit acharné à promulguer la divinité de Jésus en cachant la vérité, ne tient pas le chemin. Gérard Massadié, dans « Lhomme qui devint Dieu », développe le thème dun Jésus, homme ordinaire, que ses disciples, plusieurs années après sa mort, déclarèrent légal de Dieu. Cest aussi la thèse soutenue par Denis Arcand dans son fils « Jésus de Montréal ». Il ny a rien là de bien nouveau Dan Brown nest pas le premier à laisser planer le doute sur la relation entre Jésus et Marie Madeleine. Il y a une dizaine dannée un Français (pardonnez-moi de ne plus me rappeler son nom) se déclarait le descendant direct de Jésus et de Marie Madeleine. On na sûrement pas fini den entendre de semblables Mais laccusation la plus grave, à mon avis, et que Brown ne se gène pas dexploiter comme fond de son roman, consiste à mettre en relief un supposé acharnement des hommes dÉglise, misogynes invétérés, à éliminer lapport féminin dans la vie de lÉglise. Lauteur joue sur les nouvelles sensibilités amenées par le féminisme; on peut penser que cela lui vaudra lapprobation dun auditoire féminin plus large. Cest vrai que de lextérieur linstitution Église semble « dominée » par les hommes; de plus la question du sacerdoce des femmes constitue un irritant plus plusieurs. Il faudrait aller plus loin que les apparences et découvrir tout le chemin parcouru dans les communautés chrétiennes, dans lÉglise, sur la collaboration et la complémentarité du masculin/féminin à tous les niveaux. Je naccuserai pas Dan Brown de mauvaise foi. Comme tout romancier, il flaire lair du temps et fait uvre de fiction selon les odeurs quil perçoit. Cest son travail. Mais quand un roman touche à des sujets aussi délicats que 1o la foi en la divinité de Jésus, 2o au droit et au devoir qua lÉglise de demeurer fidèle au dépôt de la foi (allez lire Paul en 2 Timothée 1, 13-14 et textes parallèles) et aux moyens certes parfois inadéquats de le défendre, 3o à la place du féminin dans le cheminement de foi et 4o linsertion de linstitution dans une histoire et une culture donnée, ce nest pas en suggérant que lÉglise davant Constantin était une vierge pure qui sest prostituée dans le lit du pouvoir une fois admise à la cour que nous ferons avancer les débats. Une fois le doute semé, lêtre humain a fort tendance à séloigner de larbre de vie et se nourrir désormais de larbre de la connaissance du bien et du mal. LHistoire démontre que ce nest pas toujours pour une plus value. Profitez du roman pour ce quil vaut : un thriller intéressant. Mais ne le laissez pas vous inoculer le virus du doute; les antibiotiques arrivent parfois difficilement à léliminer. Que lEsprit de discernement vous accompagne et vous pousse à une recherche sérieuse tant sur le plan historique que théologique pour une foi plus éclairée, plus lucide. Bernard St-Hilaire tiré du site FORUM JEUNESSE http://www.di20.com/PointDeVue.htm le 21 avril 2005 Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec. Actualité
Dès son premier message, prononcé à l'issue de la Messe concélébrée le 20 avril 2005 en la Chapelle Sixtine avec les Cardinaux qui l'ont élu, le Pape Benoît XVI s'est adressé aux jeunes :
"Tout particulièrement, je pense aux jeunes. Toute mon affection est acquise à ces interlocuteurs privilégiés de Jean-Paul II, dans l'attente si Dieu le veut de les rencontrer prochainement à Cologne. Je continuerai à dialoguer avec vous, chers jeunes, qui êtes l'avenir et l'espérance de l'Eglise et de l'humanité. J'écouterai vos attentes de manière à pouvoir vous aider à rencontrer toujours plus profondément le Christ vivant, éternellement jeune" Pierre Gueydier [20/04/2005] InXL6
Dès son premier message, prononcé à l'issue de la Messe concélébrée le 20 avril 2005 en la Chapelle Sixtine avec les Cardinaux qui l'ont élu, le Pape Benoît XVI s'est adressé aux jeunes :
"Tout particulièrement, je pense aux jeunes. Toute mon affection est acquise à ces interlocuteurs privilégiés de Jean-Paul II, dans l'attente si Dieu le veut de les rencontrer prochainement à Cologne. Je continuerai à dialoguer avec vous, chers jeunes, qui êtes l'avenir et l'espérance de l'Eglise et de l'humanité. J'écouterai vos attentes de manière à pouvoir vous aider à rencontrer toujours plus profondément le Christ vivant, éternellement jeune" Pierre Gueydier [20/04/2005] InXL6 Actualité
On a un nouveau pape..
Nuntio vobis gaudium magnum, habemus Papam: Eminentissimum ac Reverendissimum Dominum, Dominum Iosephum, Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinalem Ratzinger, qui sibi nomen imposuit Benedicti Decimi Sexti. Vos réflexions et commentaires sont les bienvenus sur cette page en article ou dans le forum. le 19 avril 2005 BIOGRAPHIE Benoît XVI - Josef Ratzinger Né le 16 avril 1927 en Allemagne Prêtre en 1951 Archevêque de Munich en 1977 Créé cardinal par Paul VI le 27 juin 1977 Elu Pape le 19 avril 2005 78 ans Joseph Ratzinger est né le 16 avril 1927 à Marktl am Inn, dans le diocèse de Passau (Allemagne), dun père, officier de police, issu dune vieille famille dagriculteurs de la Basse Bavière. Son adolescence passée à Traunstein, il est appelé dans les services auxiliaires antiaériens durant les derniers mois de la seconde guerre mondiale. De 1946 à 1951, il étudie la philosophie et la théologie à luniversité de Munich et à lécole supérieure de philosophie et de théologie de Freising. Le 29 juin 1951, il est ordonné prêtre et commence son activité denseignement. En 1953, sa thèse sur "Le Peuple et la Maison de Dieu dans la doctrine de lÉglise de saint Augustin" lui donne le doctorat de théologie. Quatre ans plus tard, il obtient la maîtrise denseignement avec une recherche consacrée à la théologie de lhistoire de saint Bonaventure. Après avoir été professeur de dogmatique et de théologie fondamentale à lécole supérieure de philosophie et théologie de Freising, il poursuit son enseignement à Bonn de 1959 à 1969, Münster de 1963 à 1966 et Tübingen de 1966 à 1969. A partir de 1969, il devient professeur de théologie dogmatique et dhistoire des dogmes à luniversité de Ratisbonne et vice-président de la même université. Déjà en 1962, à lâge de 35 ans, il est consulteur au concile Vatican II, de larchevêque de Cologne, le cardinal Joseph Frings. Le 24 mars 1977, Paul VI le nomme archevêque de Munich et Freising, premier prêtre diocésain à assumer après 80 ans le gouvernement pastoral du grand diocèse bavarois. Il est créé cardinal par Paul VI au consistoire du 27 juin 1977. Le 25 novembre 1981, Jean-Paul II lappelle à Rome et le nomme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il est également Président de la Commission Biblique pontificale et de la Commission Théologique pontificale internationale. Il est par ailleurs rapporteur à la Vème Assemblée générale du Synode des évêques en 1980 sur le thème de la famille chrétienne, et Président délégué de la VIème Assemblée synodale en 1983 sur la réconciliation et la pénitence. Le 6 novembre 1998, il est élu vice-doyen du collège des cardinaux. Président de la Commission pour la préparation du Catéchisme de lÉglise catholique de 1986 à 1992, il présente après six années de travail à Jean-Paul II le nouveau Catéchisme. Le 30 novembre 2002, Jean-Paul II approuve son élection par les Cardinaux de l'ordre des Evêques, comme Doyen du Collège des cardinaux. Il succède au Cardinal Bernardin Gantin. Parmi ses nombreuses publications, une place particulière peut être faite à Foi chrétienne hier et aujourdhui, recueil de leçons universitaires sur la profession de foi apostolique, publié en 1968 ; à Dogme et Révélation, une anthologie de réflexions et prédications dédiées à la pastorale, en 1973. Un ample écho a été donné également à son plaidoyer prononcé devant lacadémie catholique bavaroise sur le thème : "Pourquoi suis-je encore dans lÉglise ?", dans lequel il affirmait : "seulement dans lÉglise, il est possible dêtre chrétien et non à côté". En 1985, paraît le volume Entretien sur la foi et, en 1996, le Sel de la terre.
On a un nouveau pape..
Nuntio vobis gaudium magnum, habemus Papam: Eminentissimum ac Reverendissimum Dominum, Dominum Iosephum, Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinalem Ratzinger, qui sibi nomen imposuit Benedicti Decimi Sexti. Vos réflexions et commentaires sont les bienvenus sur cette page en article ou dans le forum. le 19 avril 2005 BIOGRAPHIE Benoît XVI - Josef Ratzinger Né le 16 avril 1927 en Allemagne Prêtre en 1951 Archevêque de Munich en 1977 Créé cardinal par Paul VI le 27 juin 1977 Elu Pape le 19 avril 2005 78 ans Joseph Ratzinger est né le 16 avril 1927 à Marktl am Inn, dans le diocèse de Passau (Allemagne), dun père, officier de police, issu dune vieille famille dagriculteurs de la Basse Bavière. Son adolescence passée à Traunstein, il est appelé dans les services auxiliaires antiaériens durant les derniers mois de la seconde guerre mondiale. De 1946 à 1951, il étudie la philosophie et la théologie à luniversité de Munich et à lécole supérieure de philosophie et de théologie de Freising. Le 29 juin 1951, il est ordonné prêtre et commence son activité denseignement. En 1953, sa thèse sur "Le Peuple et la Maison de Dieu dans la doctrine de lÉglise de saint Augustin" lui donne le doctorat de théologie. Quatre ans plus tard, il obtient la maîtrise denseignement avec une recherche consacrée à la théologie de lhistoire de saint Bonaventure. Après avoir été professeur de dogmatique et de théologie fondamentale à lécole supérieure de philosophie et théologie de Freising, il poursuit son enseignement à Bonn de 1959 à 1969, Münster de 1963 à 1966 et Tübingen de 1966 à 1969. A partir de 1969, il devient professeur de théologie dogmatique et dhistoire des dogmes à luniversité de Ratisbonne et vice-président de la même université. Déjà en 1962, à lâge de 35 ans, il est consulteur au concile Vatican II, de larchevêque de Cologne, le cardinal Joseph Frings. Le 24 mars 1977, Paul VI le nomme archevêque de Munich et Freising, premier prêtre diocésain à assumer après 80 ans le gouvernement pastoral du grand diocèse bavarois. Il est créé cardinal par Paul VI au consistoire du 27 juin 1977. Le 25 novembre 1981, Jean-Paul II lappelle à Rome et le nomme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il est également Président de la Commission Biblique pontificale et de la Commission Théologique pontificale internationale. Il est par ailleurs rapporteur à la Vème Assemblée générale du Synode des évêques en 1980 sur le thème de la famille chrétienne, et Président délégué de la VIème Assemblée synodale en 1983 sur la réconciliation et la pénitence. Le 6 novembre 1998, il est élu vice-doyen du collège des cardinaux. Président de la Commission pour la préparation du Catéchisme de lÉglise catholique de 1986 à 1992, il présente après six années de travail à Jean-Paul II le nouveau Catéchisme. Le 30 novembre 2002, Jean-Paul II approuve son élection par les Cardinaux de l'ordre des Evêques, comme Doyen du Collège des cardinaux. Il succède au Cardinal Bernardin Gantin. Parmi ses nombreuses publications, une place particulière peut être faite à Foi chrétienne hier et aujourdhui, recueil de leçons universitaires sur la profession de foi apostolique, publié en 1968 ; à Dogme et Révélation, une anthologie de réflexions et prédications dédiées à la pastorale, en 1973. Un ample écho a été donné également à son plaidoyer prononcé devant lacadémie catholique bavaroise sur le thème : "Pourquoi suis-je encore dans lÉglise ?", dans lequel il affirmait : "seulement dans lÉglise, il est possible dêtre chrétien et non à côté". En 1985, paraît le volume Entretien sur la foi et, en 1996, le Sel de la terre. Réflexions
Traduction française du texte qui suit en italien.
ELLE EST BLANCHE, NON ELLE EST NOIRE, PEUT-ÊTRE QU'ELLE EST GRISE Mais pourquoi tout ce besoin immédiat de fumée blanche? Pourquoi les journalistes de la télévision doivent-ils dire : "elle est noire, non elle est grise, de proche elle est plus claire, voilà, de loin elle est plus obscure"? Puis, on découvre que la fumée vue avec le zoom de la télécaméra est en effet un peu blanche, mais au contraire la fumée telle que vue à l'oeil nu (l'oeil vrai même s'il peut se tromper, l'oeil physique, le nôtre, celui à qui on doit toujours croire) est noire. Noire comme la hâte, la frénésie de l'événement, l'incapacité de rallentir, de se reposer, de goûter la saveur de l'attente... --------------------------------- martedì, 19 aprile 2005 E' bianco, no è nero, forse è grigio Ma perché tutto questo bisogno immediato di fumo bianco? Perché i giornalisti televisivi devono dire "è nero, no è grigio, da vicino è più chiaro, ecco, da lontano è più scuro"? Poi si scopre che il fumo della zoomata da telecamera è in effetti un po' bianco, invece quello dell'occhio nudo (l'occhio vero anche se fallace, fisico, nostro, l'unico a cui credere sempre) è nero. Nero come la fretta, la frenesia di evento, l'incapacità di rallentare, riposare, rifiatare, gustare il sapore dell'attesa... (anche se questo, purtroppo, comporta un surplus di Bruno Vespa, ma neppure lo Spirito Santo è perfetto).
Traduction française du texte qui suit en italien.
ELLE EST BLANCHE, NON ELLE EST NOIRE, PEUT-ÊTRE QU'ELLE EST GRISE Mais pourquoi tout ce besoin immédiat de fumée blanche? Pourquoi les journalistes de la télévision doivent-ils dire : "elle est noire, non elle est grise, de proche elle est plus claire, voilà, de loin elle est plus obscure"? Puis, on découvre que la fumée vue avec le zoom de la télécaméra est en effet un peu blanche, mais au contraire la fumée telle que vue à l'oeil nu (l'oeil vrai même s'il peut se tromper, l'oeil physique, le nôtre, celui à qui on doit toujours croire) est noire. Noire comme la hâte, la frénésie de l'événement, l'incapacité de rallentir, de se reposer, de goûter la saveur de l'attente... --------------------------------- martedì, 19 aprile 2005 E' bianco, no è nero, forse è grigio Ma perché tutto questo bisogno immediato di fumo bianco? Perché i giornalisti televisivi devono dire "è nero, no è grigio, da vicino è più chiaro, ecco, da lontano è più scuro"? Poi si scopre che il fumo della zoomata da telecamera è in effetti un po' bianco, invece quello dell'occhio nudo (l'occhio vero anche se fallace, fisico, nostro, l'unico a cui credere sempre) è nero. Nero come la fretta, la frenesia di evento, l'incapacità di rallentare, riposare, rifiatare, gustare il sapore dell'attesa... (anche se questo, purtroppo, comporta un surplus di Bruno Vespa, ma neppure lo Spirito Santo è perfetto). Actualité
L'agence ZENIT (zenit.org) présente ainsi l'allocution du cardinal Lustiger.
Trois signes peuvent faire comprendre le sens du « conclave », explique le cardinal Lustiger. Ils sont voulus par Jean-Paul II dans sa constitution apostolique « Universi Dominici Gregis » (« Le pasteur de tout le troupeau du Seigneur »), sur la vacance du siège apostolique et lélection du pontife romain. Ces signes sont : la majorité « des deux tiers » pour lélection, le lieu la Chapelle Sixtine -, et lhabit des cardinaux en conclave. Autant de signes pour aider les cardinaux à « trouver ce que Dieu attend » deux. « Ne nous lâchez pas ! » Le cardinal Jean-Marie Lustiger, titulaire de léglise Saint-Louis des Français, a célébré la messe dimanche matin dans cette église romaine dont il est dune certaine façon le « curé » et il a invité les fidèles à prier pour lélection du successeur de Pierre. Il a lancé, à la fin de la messe cette ultime recommandation : « Ne nous lâchez pas ! ». Le conclave, cest « lEglise entière qui intercède auprès de Dieu », a-t-il dit. Leur douze réunions préparatoires - les « congrégations » - achevées, les cardinaux présents à Rome ont en effet décidé de célébrer la messe ce dimanche dans les églises qui leur ont été attribuées pour « inviter les fidèles à prier pour le conclave », a précisé dans son homélie le cardinal Lustiger, archevêque émérite de Paris. Les « titres » des cardinaux soulignent en effet leur lien avec lEglise de Rome. Il invitait les fidèles présents à être unis à la « supplication de lEglise entière » pour que lEsprit Saint « inspire » les Pères qui entrent en conclave demain, 18 avril, rappelons-le par la messe « pro eligendo pontefice », le matin, à Saint-Pierre, et à 16 h 30 par la procession dentrée à la chapelle Sixtine. Le Christ Vrai Berger Ces célébrations liturgiques seront retransmises en directes jusquau « extra omnes » (« tous dehors »), qui précède la fermeture de la porte de la chapelle pour les scrutins secrets des cardinaux, ce qui garantit leur liberté face à toute influence extérieure. En ce dimanche dit « du Bon Pasteur », le cardinal a demandé à lassemblée une « faveur », celle de relire le chapitre 10 de lEvangile selon saint Jean, dont la liturgie noffre que le premier tiers : « Il nest pas long, Jésus développe ce thème ». Il expliquait que Jésus y présente « le vrai Berger » et quil faut entendre, recevoir, méditer cet évangile. Pour le comprendre, il faut le « lire tout entier », expliquait le cardinal, car « Jésus reprend les éléments de cette petite histoire et développe très librement cette image. Il est lui-même la « Porte » et il est le « Berger ». » Il invitait à ne pas chercher de « cohérence totale », parce que « le Seigneur est libre », et quil développe cette image « comme un poète ». Et dexpliquer : « Jésus dit quil est lui-même le vrai Berger qui est entré par la porte, sans escalader comme le voleur et le brigand ». « La porte, continuait larchevêque, cest le baptême de Jean, et cest sa Passion », ainsi, « si nous entrons, si nous le suivons, nous aurons la vie ». Mais surtout, le cardinal Lustiger sest attaché à faire comprendre le sens de ces jours de conclave, le rôle de la prière du peuple de Dieu et des cardinaux en vue de lélection du futur pape, successeur de Jean-Paul II. Il affirmait demblée, à la lumière de lEvangile de ce jour, quil ne sagit pas de choisir un « pasteur à la place du Christ » : « Cest Jésus, le Bon Pasteur ». Dans lEvangile de Jean, le Christ ressuscité demande en effet à Pierre, toujours selon saint Jean : « Pierre maimes-tu ? » La réponse est « Fais paître, soigne, occupe-toi de « mes » brebis », rappelle le cardinal Lustiger qui souligne la beauté de cette image « magnifique » du troupeau fréquente chez les « Prophètes » et que « Jésus reprend », et que « le troupeau va là où le pasteur se trouve : là où Jésus nous conduit, là est la vie en plénitude ». « Entrer dans lesprit de cette constitution » Que doivent donc faire les cardinaux ? « Faire ce que Jésus fait quand il appelle les Douze », pour élire « celui qui sera le successeur de Pierre ». Le cardinal soulignait combien la constitution apostolique a prévu le « détail » de ce que les cardinaux « doivent alors faire » pour élire le « pasteur du troupeau du Seigneur », qui est « lévêque de Rome ». Il avoue lui-même ne pas avoir écouté ni radio ni télévisions ni lu les journaux, volontairement, depuis huit jours, pour « entrer dans lesprit de ce que cette constitution nous demande ». Les détails de ce texte montrent, souligne le cardinal, quil ne sagit pas dune élection au sens de lélection dun chef, dun responsable politique ou économique, qui est choisi sur son programme, et entre différents candidats, ce qui fait que dans ce cas, « quelquun lemporte sur lautre », il y a « poly-polarité ou bi-polarité », et élection à la majorité plus une voix. Il faut accepter la règle du jeu, il y a un vainqueur et un vaincu. Il y a un arbitrage « en fonction rapport de forces ». Or, le cardinal Lustiger cite trois éléments de la constitution qui manifeste combien lélection de lévêque de Rome sinscrit dans un contexte différent, répond à des critères qui ne sont pas ceux de la « lutte » (« légitime ») de la vie politique. La communion spirituelle Tout dabord, le fait que lélection requière les deux tiers des suffrages pendant les 32 premiers tours de scrutins-. Il sagit dun « processus de lEglise qui ne vise pas un consensus fondé sur des compromis » mais à « trouver ce que Dieu attend de nous dans la désignation de quelquun ». Cest la « communion », explique toujours le cardinal Lustiger, que cette précision « met en évidence ». Il sagit, pour les « conclavistes » (« conclavisti », comme on les appelle en italien), de « reconnaître que celui pour qui nous votons est celui que nous jugeons le plus apte à servir Dieu en veillant sur le troupeau du Christ ». Cest ainsi que la constitution apporte un « luxe de précisions pour préserver les cardinaux de toutes les pressions extérieures », insiste le cardinal, comme le fait que le bulletin, anonyme, où chacun inscrit le nom de celui quil veut comme pape, est ensuite brûlé. Ou comme le serment fait à haute voix : « Je prends à témoin le Christ Seigneur, qui me jugera, que je donne ma voix à celui que, selon Dieu, je juge devoir être élu ». Au moment de cet acte concret de voter, commente le cardinal Lustiger, « il nous est demandé de nous mettre devant Dieu, sans aucun autre calcul, mais avec cette conviction intime ». Vie cloîtrée et liturgique Le deuxième élément mis en valeur par le cardinal Lustiger est le lieu défini par Jean-Paul II pour toute élection de lévêque de Rome : la chapelle Sixtine. Cela devient « obligatoire » avec cette constitution de 1996. Cest-à-dire, précise-il, que les cardinaux ont sous les yeux la fresque du Jugement dernier de Michel Ange, « comme pour rappeler à chacun la réalité de ce que nous sommes en train de faire ». Troisième élément : le texte précise que pendant ces opérations de vote 4 scrutins par jour avec un dépouillement scrupuleux - , les cardinaux sont en « habit de chur », cest-à-dire quil sagit dune « célébration liturgique ». Ils revêtent leur soutane rouge et le surplis : « Nous sommes dans une liturgie », insiste le cardinal Lustiger. Il ajoute : « La vie cloîtrée que nous allons mener est une vie de prière et de silence. Nos échanges doivent tous être faits dans cette lumière ». Le cardinaux font alors, souligne larchevêque, ce que les Onze ont dû faire pour désigner Matthias dans les Actes des Apôtres ». Ils ont commencé « par une prière », choisissent des personnes qui ont été « témoins de la vie du Seigneur » et opèrent un tirage au sort. LEglise entière qui intercède auprès de Dieu Pourquoi prier pour un nom ?, interroge le cardinal Lustiger. « Parce que cela ne repose pas seulement sur nous ». Mais « nous nattendons pas une illumination ou une vision même si rien ninterdit au Seigneur de faire ce quIl veut- », « nous lui demandons de purifier notre intelligence de tout intérêt qui puisse obscurcir notre esprit, pour que nous puissions voir celui que Dieu voudra désigner : cest nous qui votons, en toute conscience devant Dieu, il faut que les rumeurs, les bruits, les commentaires, soient purifiés par la volonté dêtre disponibles à la vérité de Dieu ». Or, ajoute le cardinal Lustiger, « cela dépend de la prière de toute lEglise, nous ne sommes que mandatés pour faire cet acte. Mais cest lEglise entière qui intercède auprès de Dieu ». Il précise : « Il ne faut pas se fier aux apparences, ni même au talent, il ne sagit de rien dautre que de la conviction intime ». Et de citer les résultats délections précédentes, contre prédictions et prévisions : Jean XXIII devait être un pape « de transition », il a convoqué Vatican II, une chose quon ne pouvait pas imaginer. On navait pas non plus prévu, faisait observer le cardinal Lustiger, que Jean-Paul Ier allait être rappelé par le Seigneur après 33 jours. Et de Jean-Paul II nul ne savait « quel homme il allait être et comment il allait déployer les talents donnés par Dieu dans une vie si longue et si dramatique ». Cest ainsi, souligne-t-il, que « Dieu inscrit dans la vie humaine une histoire sainte », dans la « liberté de loffrande » de soi de qui « sen remet à la puissance de Dieu » pour cette « tâche immense, surhumaine ». ZF05041705
L'agence ZENIT (zenit.org) présente ainsi l'allocution du cardinal Lustiger.
Trois signes peuvent faire comprendre le sens du « conclave », explique le cardinal Lustiger. Ils sont voulus par Jean-Paul II dans sa constitution apostolique « Universi Dominici Gregis » (« Le pasteur de tout le troupeau du Seigneur »), sur la vacance du siège apostolique et lélection du pontife romain. Ces signes sont : la majorité « des deux tiers » pour lélection, le lieu la Chapelle Sixtine -, et lhabit des cardinaux en conclave. Autant de signes pour aider les cardinaux à « trouver ce que Dieu attend » deux. « Ne nous lâchez pas ! » Le cardinal Jean-Marie Lustiger, titulaire de léglise Saint-Louis des Français, a célébré la messe dimanche matin dans cette église romaine dont il est dune certaine façon le « curé » et il a invité les fidèles à prier pour lélection du successeur de Pierre. Il a lancé, à la fin de la messe cette ultime recommandation : « Ne nous lâchez pas ! ». Le conclave, cest « lEglise entière qui intercède auprès de Dieu », a-t-il dit. Leur douze réunions préparatoires - les « congrégations » - achevées, les cardinaux présents à Rome ont en effet décidé de célébrer la messe ce dimanche dans les églises qui leur ont été attribuées pour « inviter les fidèles à prier pour le conclave », a précisé dans son homélie le cardinal Lustiger, archevêque émérite de Paris. Les « titres » des cardinaux soulignent en effet leur lien avec lEglise de Rome. Il invitait les fidèles présents à être unis à la « supplication de lEglise entière » pour que lEsprit Saint « inspire » les Pères qui entrent en conclave demain, 18 avril, rappelons-le par la messe « pro eligendo pontefice », le matin, à Saint-Pierre, et à 16 h 30 par la procession dentrée à la chapelle Sixtine. Le Christ Vrai Berger Ces célébrations liturgiques seront retransmises en directes jusquau « extra omnes » (« tous dehors »), qui précède la fermeture de la porte de la chapelle pour les scrutins secrets des cardinaux, ce qui garantit leur liberté face à toute influence extérieure. En ce dimanche dit « du Bon Pasteur », le cardinal a demandé à lassemblée une « faveur », celle de relire le chapitre 10 de lEvangile selon saint Jean, dont la liturgie noffre que le premier tiers : « Il nest pas long, Jésus développe ce thème ». Il expliquait que Jésus y présente « le vrai Berger » et quil faut entendre, recevoir, méditer cet évangile. Pour le comprendre, il faut le « lire tout entier », expliquait le cardinal, car « Jésus reprend les éléments de cette petite histoire et développe très librement cette image. Il est lui-même la « Porte » et il est le « Berger ». » Il invitait à ne pas chercher de « cohérence totale », parce que « le Seigneur est libre », et quil développe cette image « comme un poète ». Et dexpliquer : « Jésus dit quil est lui-même le vrai Berger qui est entré par la porte, sans escalader comme le voleur et le brigand ». « La porte, continuait larchevêque, cest le baptême de Jean, et cest sa Passion », ainsi, « si nous entrons, si nous le suivons, nous aurons la vie ». Mais surtout, le cardinal Lustiger sest attaché à faire comprendre le sens de ces jours de conclave, le rôle de la prière du peuple de Dieu et des cardinaux en vue de lélection du futur pape, successeur de Jean-Paul II. Il affirmait demblée, à la lumière de lEvangile de ce jour, quil ne sagit pas de choisir un « pasteur à la place du Christ » : « Cest Jésus, le Bon Pasteur ». Dans lEvangile de Jean, le Christ ressuscité demande en effet à Pierre, toujours selon saint Jean : « Pierre maimes-tu ? » La réponse est « Fais paître, soigne, occupe-toi de « mes » brebis », rappelle le cardinal Lustiger qui souligne la beauté de cette image « magnifique » du troupeau fréquente chez les « Prophètes » et que « Jésus reprend », et que « le troupeau va là où le pasteur se trouve : là où Jésus nous conduit, là est la vie en plénitude ». « Entrer dans lesprit de cette constitution » Que doivent donc faire les cardinaux ? « Faire ce que Jésus fait quand il appelle les Douze », pour élire « celui qui sera le successeur de Pierre ». Le cardinal soulignait combien la constitution apostolique a prévu le « détail » de ce que les cardinaux « doivent alors faire » pour élire le « pasteur du troupeau du Seigneur », qui est « lévêque de Rome ». Il avoue lui-même ne pas avoir écouté ni radio ni télévisions ni lu les journaux, volontairement, depuis huit jours, pour « entrer dans lesprit de ce que cette constitution nous demande ». Les détails de ce texte montrent, souligne le cardinal, quil ne sagit pas dune élection au sens de lélection dun chef, dun responsable politique ou économique, qui est choisi sur son programme, et entre différents candidats, ce qui fait que dans ce cas, « quelquun lemporte sur lautre », il y a « poly-polarité ou bi-polarité », et élection à la majorité plus une voix. Il faut accepter la règle du jeu, il y a un vainqueur et un vaincu. Il y a un arbitrage « en fonction rapport de forces ». Or, le cardinal Lustiger cite trois éléments de la constitution qui manifeste combien lélection de lévêque de Rome sinscrit dans un contexte différent, répond à des critères qui ne sont pas ceux de la « lutte » (« légitime ») de la vie politique. La communion spirituelle Tout dabord, le fait que lélection requière les deux tiers des suffrages pendant les 32 premiers tours de scrutins-. Il sagit dun « processus de lEglise qui ne vise pas un consensus fondé sur des compromis » mais à « trouver ce que Dieu attend de nous dans la désignation de quelquun ». Cest la « communion », explique toujours le cardinal Lustiger, que cette précision « met en évidence ». Il sagit, pour les « conclavistes » (« conclavisti », comme on les appelle en italien), de « reconnaître que celui pour qui nous votons est celui que nous jugeons le plus apte à servir Dieu en veillant sur le troupeau du Christ ». Cest ainsi que la constitution apporte un « luxe de précisions pour préserver les cardinaux de toutes les pressions extérieures », insiste le cardinal, comme le fait que le bulletin, anonyme, où chacun inscrit le nom de celui quil veut comme pape, est ensuite brûlé. Ou comme le serment fait à haute voix : « Je prends à témoin le Christ Seigneur, qui me jugera, que je donne ma voix à celui que, selon Dieu, je juge devoir être élu ». Au moment de cet acte concret de voter, commente le cardinal Lustiger, « il nous est demandé de nous mettre devant Dieu, sans aucun autre calcul, mais avec cette conviction intime ». Vie cloîtrée et liturgique Le deuxième élément mis en valeur par le cardinal Lustiger est le lieu défini par Jean-Paul II pour toute élection de lévêque de Rome : la chapelle Sixtine. Cela devient « obligatoire » avec cette constitution de 1996. Cest-à-dire, précise-il, que les cardinaux ont sous les yeux la fresque du Jugement dernier de Michel Ange, « comme pour rappeler à chacun la réalité de ce que nous sommes en train de faire ». Troisième élément : le texte précise que pendant ces opérations de vote 4 scrutins par jour avec un dépouillement scrupuleux - , les cardinaux sont en « habit de chur », cest-à-dire quil sagit dune « célébration liturgique ». Ils revêtent leur soutane rouge et le surplis : « Nous sommes dans une liturgie », insiste le cardinal Lustiger. Il ajoute : « La vie cloîtrée que nous allons mener est une vie de prière et de silence. Nos échanges doivent tous être faits dans cette lumière ». Le cardinaux font alors, souligne larchevêque, ce que les Onze ont dû faire pour désigner Matthias dans les Actes des Apôtres ». Ils ont commencé « par une prière », choisissent des personnes qui ont été « témoins de la vie du Seigneur » et opèrent un tirage au sort. LEglise entière qui intercède auprès de Dieu Pourquoi prier pour un nom ?, interroge le cardinal Lustiger. « Parce que cela ne repose pas seulement sur nous ». Mais « nous nattendons pas une illumination ou une vision même si rien ninterdit au Seigneur de faire ce quIl veut- », « nous lui demandons de purifier notre intelligence de tout intérêt qui puisse obscurcir notre esprit, pour que nous puissions voir celui que Dieu voudra désigner : cest nous qui votons, en toute conscience devant Dieu, il faut que les rumeurs, les bruits, les commentaires, soient purifiés par la volonté dêtre disponibles à la vérité de Dieu ». Or, ajoute le cardinal Lustiger, « cela dépend de la prière de toute lEglise, nous ne sommes que mandatés pour faire cet acte. Mais cest lEglise entière qui intercède auprès de Dieu ». Il précise : « Il ne faut pas se fier aux apparences, ni même au talent, il ne sagit de rien dautre que de la conviction intime ». Et de citer les résultats délections précédentes, contre prédictions et prévisions : Jean XXIII devait être un pape « de transition », il a convoqué Vatican II, une chose quon ne pouvait pas imaginer. On navait pas non plus prévu, faisait observer le cardinal Lustiger, que Jean-Paul Ier allait être rappelé par le Seigneur après 33 jours. Et de Jean-Paul II nul ne savait « quel homme il allait être et comment il allait déployer les talents donnés par Dieu dans une vie si longue et si dramatique ». Cest ainsi, souligne-t-il, que « Dieu inscrit dans la vie humaine une histoire sainte », dans la « liberté de loffrande » de soi de qui « sen remet à la puissance de Dieu » pour cette « tâche immense, surhumaine ». ZF05041705 Actualité
TESTAMENT DU 6 MARS 1979 (et additions successives) Totus Tuus Ego Sum Au nom de la Très Sainte Trinité, Amen "Veillez car vous ignorez le jour où votre Seigneur viendra". Ces paroles me font penser au dernier appel, qui aura lieu au moment où il plaira au Seigneur de m'appeler. Je désire Le suivre et que tout ce qui appartient à ma vie terrestre me prépare à ce moment. J'ignore quand cela adviendra mais, comme tous les autres, je confie ce moment à la Mère de mon Maître. Totus Tuus. Dans ces mêmes mains maternelles j'abandonne tout et tous ceux qui liés à ma vie et à ma vocation, l'Eglise avant tout, mon pays et l'humanité toute entière. Merci à tous, à tous je demande pardon. Je demande de prier pour moi afin que la Divine Miséricorde soit plus grande que ma faiblesse et mon indignité. Au cours des exercices spirituels, j'ai relu le Testament de Paul VI, ce qui m'a poussé à rédiger celui-ci. Je ne laisse aucune propriété dont il faut disposer. Quant à mes affaires d'usage quotidien, je demande de les distribuer comme il semblera opportun. Que les notes personnelles soient brûlées. Pour cela, je demande à ce que Don Stanislaw, que je remercie pour sa collaboration, son aide et sa compréhension tout au long de ses longues années, s'en occupe. Je garde dans le coeur devant Dieu tous les autres remerciements, parce qu'il serait trop difficile de les exprimer. En ce qui concerne les funérailles, je donne les mêmes dispositions que celles déjà données par le Pape Paul VI. (Note en marge : la sépulture en terre et non dans un sarcophage, 13.3.92). "apud Dominum misericordia et copiosa apud Eum redemptio" Giovanni Paolo pp. II Rome, 6.III.1979 Après la mort, je demande des messes et des prières 5.III.1990 Feuille sans date : Je suis profondément confiant, malgré toute ma faiblesse, que le Seigneur me concèdera toute la grâce nécessaire pour affronter selon Sa volonté, chaque tâche, épreuve et souffrance qu'il voudra demander à Son serviteur au cours de ma vie. Je suis également confiant qu'il ne permettra jamais que, par mon comportement, mes paroles, oeuvres ou omissions, je puisse trahir mes obligations envers ce saint Siège pétrin. 24.II - 1.III.1980 De même, pendant ces derniers exercices spirituels, j'ai réfléchi sur la vérité du sacerdoce du Christ dans la perspective de ce Passage qui pour chacun de nous est le moment de la propre mort. Du départ de ce monde - pour naître dans l'autre, dans le monde futur, signe éloquent (Note ajoutée au-dessus : décisif) qu'est pour nous la Résurrection du Christ. J'ai donc relu l'enregistrement de mon testament de l'année dernière, également fait pendant les exercices spirituels. Je l'ai comparé avec le testament de mon grand prédécesseur et père Paul VI, avec ce sublime témoignage sur la mort d'un chrétien et d'un pape. J'ai repassé dans ma conscience les aspects auxquels se réfère l'enregistrement du 6.III.1979 que j'avais préparé (de façon plus tôt provisoire). Aujourd'hui je souhaite ajouter seulement ceci, que chacun de nous doit garder présent la perspective de la mort. Chacun doit être prêt pour se présenter devant le Seigneur et le Juge - et en même temps le Rédempteur et le Père. Constamment je prends en considération ce fait, confiant ce moment décisif en la Mère du Christ et de l'Eglise - en la Mère de mon espérance. Les temps dans lesquels nous vivons, sont sans aucun doute difficiles et inquiets - tant pour les Fidèles, que pour les Pasteurs. Dans certains pays (comme par exemple celui de qui j'ai lu pendant les exercices spirituels), l'Eglise se trouve dans une période de persécutions telles qu'elles ne sont pas moindres des persécutions des premiers siècles, elles les dépassent même par leur degré de cruauté et de haine. Sanguis martyrum - semen christianorum. De plus, tant de personnes disparaissent innocemment, également dans ce pays dans lequel nous vivons... Je désire une fois encore me remettre totalement à la grâce du Seigneur. Lui-même décidera quand et comment je dois finir ma vie terrestre et le ministère pastoral. Dans la vie et dans la mort Totus Tuus grâce à l'Immaculée. Acceptant dès maintenant cette mort, je souhaite que le Christ me donne la grâce pour ce dernier passage, c'est à dire [ma] Pâques. J'espère également qu'il la rende utile pour cette plus importante cause que je sers et pour laquelle je cherche de vivre : le salut des hommes, la sauvegarde de la famille humaine, et en elle celle de toutes les nations et des peuples (parmi celles-ci je m'adresse particulièrement à ma Patrie terrestre), utile pour les personnes qu'il m'a particulièrement confiées, pour l'Eglise, pour la gloire de Dieu même. Je ne souhaite pas ajouter autre chose à ce que j'ai écrit il y a un an - seulement exprimer cette promptitude et en même temps cette confiance, à laquelle les présents exercices spirituels m'ont de nouveau disposés. Giovanni Paolo II Totus Tuus ego sum 5.III.1982 Au cours des exercices spirituels de cette année, j'ai relu (plusieurs fois) le texte du testament du 6.III.1979. Bien que je le considère encore provisoire (non définitif), je le laisse tel qu'il est. Je ne change rien (pour le moment), et n'ajoute rien non plus, en ce qui concerne les dispositions qui y sont contenues. L'attentat à ma vie, le 13.V.1981, a en quelque sorte confirmé l'exactitude des paroles écrites pendant la période des exercices spirituels de 1980 (24.II-1.III). Je ressens encore plus profondément que je suis totalement entre les mains de Dieu - et je reste constamment à la disposition de mon Seigneur, me confiant à Lui dans Sa Mère Immaculée (Totus Tuus). Giovanni Paolo pp. II 5.III.82 A propos de la dernière phrase de mon testament du 6.III.1979 ("Sur le lieu/c'est à dire le lieu des funérailles/ que le Sacré Collège et les co-nationaux décident") - je précise ce que j'ai en tête : le métropolite de Cracovie ou le Conseil général de l' Episcopat de Pologne. Je demande donc au Sacré Collège de satisfaire si c'est possible les éventuelles demandes des sus-nommés. 1.III.1985 (au cours des exercices spirituels). Encore - en ce qui concerne l'expression "Sacré Collège et co-nationaux" : le Sacré Collège n'a aucune obligation d'interpeller sur cet argument "les co-nationaux" ; il peut toutefois le faire, si pour quelques motifs il le retient juste. JPII Les exercices spirituels de l'année jubilaire 2000 (12-18.III) [Pour le testament] Quand le 16 octobre 1978 le conclave des cardinaux a choisi Jean-Paul II, le Primat de Pologne, le Cardinal Stefan Wyszynski m'a dit : "Le devoir du nouveau Pape sera d'introduire l'Eglise dans le Troisième Millénaire". Je ne sais pas si je répète précisément la phrase, mais tel était le sens de ce que j'ai alors entendu. Cela a été dit par l'homme qui est passé dans l'histoire comme Primat du Millénaire. Un grand Primat. J'ai été le témoin de sa mission, de sa totale confiance. De ses luttes, de sa victoire. "La victoire, quand elle aura lieu, sera la victoire grâce à Marie" - répétait souvent le Primat du Millénaire en citant son prédécesseur, le Cardinal August Hlond. De cette façon j'ai été en quelque sorte préparé au devoir qui s'est présenté devant moi le 16 octobre 1978. Au moment où j'écrit ces paroles, l'Année Jubilaire de l'An 2000 est déjà une réalité en cours. La nuit du 24 décembre 1999 la symbolique Porte Sainte du Grand Jubilée de la Basilique St Pierre a été ouverte, suivie de celle de Saint Jean du Latran, puis de celle de Sainte Marie Majeure le 1er janvier et de la Porte Sainte de la Basilique de Saint Paul "Hors les Murs" le 19 janvier. Ce dernier évènement, par son caractère oecuménique, est particulièrement resté gravé dans la mémoire. Au fur et à mesure que l'Année Jubilaire 2000 avance, de jour en jour le vingtième siècle se referme et s'ouvre le vingt-et-unième siècle. Selon le dessein de la Providence, j'ai vécu dans ce difficile siècle qui s'en va dans le passé, et maintenant au cours de cette année où j'attendrai quatre-vingts ans ("octogesima adveniens"), il faut se demander s'il n'est pas temps de répéter avec Siméon, le biblique, "Nunc dimittis". Le 13 mai 1981, le jour de l'attentat au Pape, pendant l'Audience générale Place St Pierre, le Divine Providence m'a miraculeusement sauvé de la mort. Celui qui est l'unique Seigneur de la vie et de la mort, Lui même m'a prolongé cette vie, et d'une certaine façon il me l'a donnée de nouveau. Depuis ce moment, elle Lui appartient encore plus qu'avant. J'espère qu'Il m'aidera à comprendre jusqu'à quand je dois continuer ce service, auquel il m'a appelé le 16 octobre 1978. Je Lui demande de me rappeler quand Lui-même le voudra. "Dans la vie et dans la mort, nous appartenons au Seigneur... nous sommes du Seigneur" (cf. Rm 14,8). J'espère aussi que la Miséricorde de Dieu me donne les forces nécessaires pour accomplir le service Pétrin dans l'Eglise jusqu'à ce qu'il me soit donné. Comme chaque année pendant les exercices spirituels, j'ai relu mon testament du 6.III.1979. Je continue à maintenir les dispositions qu'il contient. Ce qui a été ajouté alors et pendant les exercices spirituels successifs, constitue une réflexion de la situation générale difficile et tendue, qui a marqué les années quatre-vingt. Depuis l'automne 1989 cette situation a changé. La dernière décennie du siècle passé a été libérée des tensions précédentes ; cela ne signifie pas qu'elle n'ait pas porté avec elle de nouveaux problèmes et de nouvelles difficultés. Rendons particulièrement grâce à la Providence Divine pour cela, pour que la période dite de "guerre froide" soit finie sans violent conflit nucléaire, danger qui pesait sur le monde dans la période précédente. Etant au seuil du troisième millénaire "in medio Ecclesiae", je souhaite encore une fois exprimer ma gratitude à l'Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, pour lequel, ensemble avec toute l'Eglise - et surtout avec tout l'épiscopat - je me sens débiteur. Je suis convaincu que pour de longues années encore, les nouvelles générations pourront y puiser les richesses que ce Concile du XX siècle a données. En tant qu'évêque qui a participé à l'évènement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et seront dans l'avenir appelés à le réaliser. Quant à moi, je remercie le Pasteur éternel qui m'a permis de servir cette grande cause au cours de toutes ces années de mon pontificat. "In medio Ecclesiae"... des premières années du service épiscopale - justement grâce au Concile -j'ai pu vivre la communion fraternelle de l'Episcopat. En tant que prêtre du diocèse de Cracovie, j'avais préalablement expérimenté ce qu'était la communion fraternelle du presbytère - le Concile a ouvert une nouvelle dimension de cette expérience. Combien de personnes devrais-je citer ! Probablement le Seigneur Dieu a rappelé à Lui la grande majorité d'elles - quant à celles qui se trouvent encore de ce côté, les mots de ce testament les rappellent toutes et partout, où qu'elles se trouvent. Depuis plus de vingt ans que j'accomplis le service Pétrin "in medio Ecclesiae", j'ai apprécié la bienveillante et plus que jamais féconde collaboration de tant de Cardinaux, Archevêques et Evêques, de tant de prêtres, de tant de personnes consacrées - frères et soeurs - et enfin de tant de personnes laïques, dans le contexte de la Curie, au Vicariat de Rome ainsi qu'en dehors de ces lieux. Comment ne pas embrasser reconnaissant touts les épiscopats du monde, que j'ai rencontré lors des différentes visites "ad limina Apostolorum" ! Comment ne pas rappeler également tous les frères chrétiens - non catholiques ! Et le Rabbin de Rome et les nombreux représentants des religions non chrétiennes ! Et combien de représentants du monde de la culture, de la science, de la politique, des moyens de communications sociales ! Au fur et à mesure que s'approche la limite de ma vie terrestre, je repense aux débuts, à mes parents, à mon frère et ma soeur (que je n'ai pas connue, car elle est morte avant ma naissance), à la paroisse de Wadowice, où j'ai été baptisé, à la ville de mon amour, à mes compagnons de l'élémentaire, du lycée, de l'université jusqu'aux temps de l'occupation, quand je travaillais comme ouvrier, puis à la paroisse de Niegowie, et à la paroisse S.Florian de Cracovie, à la pastorale des académiciens, à tous ces lieux... à Cracovie et à Rome... aux personnes qui d'une manière particulière m'ont été confiées par le Seigneur. A tous je veux dire une seule chose : "Que Dieu vous récompense". "In manus Tuas, Domine, commendo spiritum meum" Traduction : V.I.S. TESTAMENT DU 6 MARS 1979 (et additions successives) Totus Tuus Ego Sum Au nom de la Très Sainte Trinité, Amen "Veillez car vous ignorez le jour où votre Seigneur viendra". Ces paroles me font penser au dernier appel, qui aura lieu au moment où il plaira au Seigneur de m'appeler. Je désire Le suivre et que tout ce qui appartient à ma vie terrestre me prépare à ce moment. J'ignore quand cela adviendra mais, comme tous les autres, je confie ce moment à la Mère de mon Maître. Totus Tuus. Dans ces mêmes mains maternelles j'abandonne tout et tous ceux qui liés à ma vie et à ma vocation, l'Eglise avant tout, mon pays et l'humanité toute entière. Merci à tous, à tous je demande pardon. Je demande de prier pour moi afin que la Divine Miséricorde soit plus grande que ma faiblesse et mon indignité. Au cours des exercices spirituels, j'ai relu le Testament de Paul VI, ce qui m'a poussé à rédiger celui-ci. Je ne laisse aucune propriété dont il faut disposer. Quant à mes affaires d'usage quotidien, je demande de les distribuer comme il semblera opportun. Que les notes personnelles soient brûlées. Pour cela, je demande à ce que Don Stanislaw, que je remercie pour sa collaboration, son aide et sa compréhension tout au long de ses longues années, s'en occupe. Je garde dans le coeur devant Dieu tous les autres remerciements, parce qu'il serait trop difficile de les exprimer. En ce qui concerne les funérailles, je donne les mêmes dispositions que celles déjà données par le Pape Paul VI. (Note en marge : la sépulture en terre et non dans un sarcophage, 13.3.92). "apud Dominum misericordia et copiosa apud Eum redemptio" Giovanni Paolo pp. II Rome, 6.III.1979 Après la mort, je demande des messes et des prières 5.III.1990 Feuille sans date : Je suis profondément confiant, malgré toute ma faiblesse, que le Seigneur me concèdera toute la grâce nécessaire pour affronter selon Sa volonté, chaque tâche, épreuve et souffrance qu'il voudra demander à Son serviteur au cours de ma vie. Je suis également confiant qu'il ne permettra jamais que, par mon comportement, mes paroles, oeuvres ou omissions, je puisse trahir mes obligations envers ce saint Siège pétrin. 24.II - 1.III.1980 De même, pendant ces derniers exercices spirituels, j'ai réfléchi sur la vérité du sacerdoce du Christ dans la perspective de ce Passage qui pour chacun de nous est le moment de la propre mort. Du départ de ce monde - pour naître dans l'autre, dans le monde futur, signe éloquent (Note ajoutée au-dessus : décisif) qu'est pour nous la Résurrection du Christ. J'ai donc relu l'enregistrement de mon testament de l'année dernière, également fait pendant les exercices spirituels. Je l'ai comparé avec le testament de mon grand prédécesseur et père Paul VI, avec ce sublime témoignage sur la mort d'un chrétien et d'un pape. J'ai repassé dans ma conscience les aspects auxquels se réfère l'enregistrement du 6.III.1979 que j'avais préparé (de façon plus tôt provisoire). Aujourd'hui je souhaite ajouter seulement ceci, que chacun de nous doit garder présent la perspective de la mort. Chacun doit être prêt pour se présenter devant le Seigneur et le Juge - et en même temps le Rédempteur et le Père. Constamment je prends en considération ce fait, confiant ce moment décisif en la Mère du Christ et de l'Eglise - en la Mère de mon espérance. Les temps dans lesquels nous vivons, sont sans aucun doute difficiles et inquiets - tant pour les Fidèles, que pour les Pasteurs. Dans certains pays (comme par exemple celui de qui j'ai lu pendant les exercices spirituels), l'Eglise se trouve dans une période de persécutions telles qu'elles ne sont pas moindres des persécutions des premiers siècles, elles les dépassent même par leur degré de cruauté et de haine. Sanguis martyrum - semen christianorum. De plus, tant de personnes disparaissent innocemment, également dans ce pays dans lequel nous vivons... Je désire une fois encore me remettre totalement à la grâce du Seigneur. Lui-même décidera quand et comment je dois finir ma vie terrestre et le ministère pastoral. Dans la vie et dans la mort Totus Tuus grâce à l'Immaculée. Acceptant dès maintenant cette mort, je souhaite que le Christ me donne la grâce pour ce dernier passage, c'est à dire [ma] Pâques. J'espère également qu'il la rende utile pour cette plus importante cause que je sers et pour laquelle je cherche de vivre : le salut des hommes, la sauvegarde de la famille humaine, et en elle celle de toutes les nations et des peuples (parmi celles-ci je m'adresse particulièrement à ma Patrie terrestre), utile pour les personnes qu'il m'a particulièrement confiées, pour l'Eglise, pour la gloire de Dieu même. Je ne souhaite pas ajouter autre chose à ce que j'ai écrit il y a un an - seulement exprimer cette promptitude et en même temps cette confiance, à laquelle les présents exercices spirituels m'ont de nouveau disposés. Giovanni Paolo II Totus Tuus ego sum 5.III.1982 Au cours des exercices spirituels de cette année, j'ai relu (plusieurs fois) le texte du testament du 6.III.1979. Bien que je le considère encore provisoire (non définitif), je le laisse tel qu'il est. Je ne change rien (pour le moment), et n'ajoute rien non plus, en ce qui concerne les dispositions qui y sont contenues. L'attentat à ma vie, le 13.V.1981, a en quelque sorte confirmé l'exactitude des paroles écrites pendant la période des exercices spirituels de 1980 (24.II-1.III). Je ressens encore plus profondément que je suis totalement entre les mains de Dieu - et je reste constamment à la disposition de mon Seigneur, me confiant à Lui dans Sa Mère Immaculée (Totus Tuus). Giovanni Paolo pp. II 5.III.82 A propos de la dernière phrase de mon testament du 6.III.1979 ("Sur le lieu/c'est à dire le lieu des funérailles/ que le Sacré Collège et les co-nationaux décident") - je précise ce que j'ai en tête : le métropolite de Cracovie ou le Conseil général de l' Episcopat de Pologne. Je demande donc au Sacré Collège de satisfaire si c'est possible les éventuelles demandes des sus-nommés. 1.III.1985 (au cours des exercices spirituels). Encore - en ce qui concerne l'expression "Sacré Collège et co-nationaux" : le Sacré Collège n'a aucune obligation d'interpeller sur cet argument "les co-nationaux" ; il peut toutefois le faire, si pour quelques motifs il le retient juste. JPII Les exercices spirituels de l'année jubilaire 2000 (12-18.III) [Pour le testament] Quand le 16 octobre 1978 le conclave des cardinaux a choisi Jean-Paul II, le Primat de Pologne, le Cardinal Stefan Wyszynski m'a dit : "Le devoir du nouveau Pape sera d'introduire l'Eglise dans le Troisième Millénaire". Je ne sais pas si je répète précisément la phrase, mais tel était le sens de ce que j'ai alors entendu. Cela a été dit par l'homme qui est passé dans l'histoire comme Primat du Millénaire. Un grand Primat. J'ai été le témoin de sa mission, de sa totale confiance. De ses luttes, de sa victoire. "La victoire, quand elle aura lieu, sera la victoire grâce à Marie" - répétait souvent le Primat du Millénaire en citant son prédécesseur, le Cardinal August Hlond. De cette façon j'ai été en quelque sorte préparé au devoir qui s'est présenté devant moi le 16 octobre 1978. Au moment où j'écrit ces paroles, l'Année Jubilaire de l'An 2000 est déjà une réalité en cours. La nuit du 24 décembre 1999 la symbolique Porte Sainte du Grand Jubilée de la Basilique St Pierre a été ouverte, suivie de celle de Saint Jean du Latran, puis de celle de Sainte Marie Majeure le 1er janvier et de la Porte Sainte de la Basilique de Saint Paul "Hors les Murs" le 19 janvier. Ce dernier évènement, par son caractère oecuménique, est particulièrement resté gravé dans la mémoire. Au fur et à mesure que l'Année Jubilaire 2000 avance, de jour en jour le vingtième siècle se referme et s'ouvre le vingt-et-unième siècle. Selon le dessein de la Providence, j'ai vécu dans ce difficile siècle qui s'en va dans le passé, et maintenant au cours de cette année où j'attendrai quatre-vingts ans ("octogesima adveniens"), il faut se demander s'il n'est pas temps de répéter avec Siméon, le biblique, "Nunc dimittis". Le 13 mai 1981, le jour de l'attentat au Pape, pendant l'Audience générale Place St Pierre, le Divine Providence m'a miraculeusement sauvé de la mort. Celui qui est l'unique Seigneur de la vie et de la mort, Lui même m'a prolongé cette vie, et d'une certaine façon il me l'a donnée de nouveau. Depuis ce moment, elle Lui appartient encore plus qu'avant. J'espère qu'Il m'aidera à comprendre jusqu'à quand je dois continuer ce service, auquel il m'a appelé le 16 octobre 1978. Je Lui demande de me rappeler quand Lui-même le voudra. "Dans la vie et dans la mort, nous appartenons au Seigneur... nous sommes du Seigneur" (cf. Rm 14,8). J'espère aussi que la Miséricorde de Dieu me donne les forces nécessaires pour accomplir le service Pétrin dans l'Eglise jusqu'à ce qu'il me soit donné. Comme chaque année pendant les exercices spirituels, j'ai relu mon testament du 6.III.1979. Je continue à maintenir les dispositions qu'il contient. Ce qui a été ajouté alors et pendant les exercices spirituels successifs, constitue une réflexion de la situation générale difficile et tendue, qui a marqué les années quatre-vingt. Depuis l'automne 1989 cette situation a changé. La dernière décennie du siècle passé a été libérée des tensions précédentes ; cela ne signifie pas qu'elle n'ait pas porté avec elle de nouveaux problèmes et de nouvelles difficultés. Rendons particulièrement grâce à la Providence Divine pour cela, pour que la période dite de "guerre froide" soit finie sans violent conflit nucléaire, danger qui pesait sur le monde dans la période précédente. Etant au seuil du troisième millénaire "in medio Ecclesiae", je souhaite encore une fois exprimer ma gratitude à l'Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, pour lequel, ensemble avec toute l'Eglise - et surtout avec tout l'épiscopat - je me sens débiteur. Je suis convaincu que pour de longues années encore, les nouvelles générations pourront y puiser les richesses que ce Concile du XX siècle a données. En tant qu'évêque qui a participé à l'évènement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et seront dans l'avenir appelés à le réaliser. Quant à moi, je remercie le Pasteur éternel qui m'a permis de servir cette grande cause au cours de toutes ces années de mon pontificat. "In medio Ecclesiae"... des premières années du service épiscopale - justement grâce au Concile -j'ai pu vivre la communion fraternelle de l'Episcopat. En tant que prêtre du diocèse de Cracovie, j'avais préalablement expérimenté ce qu'était la communion fraternelle du presbytère - le Concile a ouvert une nouvelle dimension de cette expérience. Combien de personnes devrais-je citer ! Probablement le Seigneur Dieu a rappelé à Lui la grande majorité d'elles - quant à celles qui se trouvent encore de ce côté, les mots de ce testament les rappellent toutes et partout, où qu'elles se trouvent. Depuis plus de vingt ans que j'accomplis le service Pétrin "in medio Ecclesiae", j'ai apprécié la bienveillante et plus que jamais féconde collaboration de tant de Cardinaux, Archevêques et Evêques, de tant de prêtres, de tant de personnes consacrées - frères et soeurs - et enfin de tant de personnes laïques, dans le contexte de la Curie, au Vicariat de Rome ainsi qu'en dehors de ces lieux. Comment ne pas embrasser reconnaissant touts les épiscopats du monde, que j'ai rencontré lors des différentes visites "ad limina Apostolorum" ! Comment ne pas rappeler également tous les frères chrétiens - non catholiques ! Et le Rabbin de Rome et les nombreux représentants des religions non chrétiennes ! Et combien de représentants du monde de la culture, de la science, de la politique, des moyens de communications sociales ! Au fur et à mesure que s'approche la limite de ma vie terrestre, je repense aux débuts, à mes parents, à mon frère et ma soeur (que je n'ai pas connue, car elle est morte avant ma naissance), à la paroisse de Wadowice, où j'ai été baptisé, à la ville de mon amour, à mes compagnons de l'élémentaire, du lycée, de l'université jusqu'aux temps de l'occupation, quand je travaillais comme ouvrier, puis à la paroisse de Niegowie, et à la paroisse S.Florian de Cracovie, à la pastorale des académiciens, à tous ces lieux... à Cracovie et à Rome... aux personnes qui d'une manière particulière m'ont été confiées par le Seigneur. A tous je veux dire une seule chose : "Que Dieu vous récompense". "In manus Tuas, Domine, commendo spiritum meum" Traduction : V.I.S. Actualité
Vous trouverez ici quelques informations pertinentes puisées dans l'édition du 4 avril 2005 du quotitien italien "La Repubblica" dans un article de Filippo Ceccarelli (p. 11).
Voici la traduction d'un extrait de cet article: Ainsi la dépouille de Jean-Paul II sera exposée et vénérée pendant trois jours, mais ceci n'empêchera pas que sans cesser d'apparaître sacrée, elle ne demeure irrémédiablement corruptible, et donc, pour cette raison, adéquatement 'traitée', 'préparée', comme on dit en termes aseptiques. En fait, elle est plus ou moins embaumée selon les méthodes anciennes de la momification. Guido Ceronettine dans Il silenzio del corpo (Adelphi, 1979) écrit:"Mum est un terme de pharmacie qui désigne de la cire, du baume, un volume d'asphalte et de substance résineuses piétrifiées, mais encore actives." .... Depuis des temps immémoriaux, les médecins pontificaux ont tenté d'embaumer les dépouilles des papes - avec plus ou moins de succès. Hier, les médias se sont longuement arrêtés sur les couleurs, les tissus, le formaldéhyde, les seringues hypodermiques et surtout sur la dynastie de thanatoloques des SIGNORACCI. C'est à Massimo, technicien en anatomie pathologique, fils de Renato et neveu de Cesare qu'est revenue la tâche de travailler sur la dépouille de Jean-Paul II. "Pour nous c'est toujours un honneur" a-t-il dit avec la réserve de circonstance...
Vous trouverez ici quelques informations pertinentes puisées dans l'édition du 4 avril 2005 du quotitien italien "La Repubblica" dans un article de Filippo Ceccarelli (p. 11).
Voici la traduction d'un extrait de cet article: Ainsi la dépouille de Jean-Paul II sera exposée et vénérée pendant trois jours, mais ceci n'empêchera pas que sans cesser d'apparaître sacrée, elle ne demeure irrémédiablement corruptible, et donc, pour cette raison, adéquatement 'traitée', 'préparée', comme on dit en termes aseptiques. En fait, elle est plus ou moins embaumée selon les méthodes anciennes de la momification. Guido Ceronettine dans Il silenzio del corpo (Adelphi, 1979) écrit:"Mum est un terme de pharmacie qui désigne de la cire, du baume, un volume d'asphalte et de substance résineuses piétrifiées, mais encore actives." .... Depuis des temps immémoriaux, les médecins pontificaux ont tenté d'embaumer les dépouilles des papes - avec plus ou moins de succès. Hier, les médias se sont longuement arrêtés sur les couleurs, les tissus, le formaldéhyde, les seringues hypodermiques et surtout sur la dynastie de thanatoloques des SIGNORACCI. C'est à Massimo, technicien en anatomie pathologique, fils de Renato et neveu de Cesare qu'est revenue la tâche de travailler sur la dépouille de Jean-Paul II. "Pour nous c'est toujours un honneur" a-t-il dit avec la réserve de circonstance... Actualité
Le Centre National de Pastorale Liturgique propose sur son site plusieurs indications concernant les prières pour le Pape défunt, en particulier au cours des célébrations paroissiales. CNPL [03/04/2005] Le décès de notre pape Jean-Paul II affecte l'ensemble des catholiques du monde entier, et bien au-delà. Chaque communauté peut organiser comme elle l'entend des prières ou des célébrations. "Puisqu'il fut chargé sur la terre de conduire l'Eglise au nom du Christ, fais que maintenant Jésus l'accueille dans la gloire de ton Royaume" (Prière pour le Pape défunt dans le Missel Romain, P. 1045). Le Missel Romain comporte diverses messes pour les Défunts (p. 1015 à 1066) qui peuvent être célébrées en dehors des dimanches, des solennités et fêtes, notamment celle de l'Annonciation du Seigneur le 4 avril 2005. (Cf PGMR n° 337) On peut aussi, bien entendu, prier pour lui lors des prières universelles, ainsi qu'au mémento des défunts des prières eucharistiques. Il est d'usage de ne plus nommer le pape dans l'intercession pour l'Eglise de la Prière eucharistique, pendant toute la durée de la vacance du siège romain. Cet événement peut largement ouvrir la prière des chrétiens, lors des prières universelles des dimanches, aux intentions de l'Eglise, des évêques, des prêtres, des diacres, et de tout le "peuple des rachetés". En dehors des dimanches et fêtes (cf. supra), la Liturgie des heures offre la possibilité de célébrer l'office des défunts (Prière du Temps Présent, p. 1547 à 1563). On peut aussi organiser des veillées de prière (Cf Rituel des funérailles, tome II, p. 17 à 29), ou des prières du chapelet, en méditant, par exemple, les mystères lumineux qu'il nous a proposés. (Voir le site www.rosairebiblique.org) Source : cnpl.cef.fr Le Centre National de Pastorale Liturgique propose sur son site plusieurs indications concernant les prières pour le Pape défunt, en particulier au cours des célébrations paroissiales. CNPL [03/04/2005] Le décès de notre pape Jean-Paul II affecte l'ensemble des catholiques du monde entier, et bien au-delà. Chaque communauté peut organiser comme elle l'entend des prières ou des célébrations. "Puisqu'il fut chargé sur la terre de conduire l'Eglise au nom du Christ, fais que maintenant Jésus l'accueille dans la gloire de ton Royaume" (Prière pour le Pape défunt dans le Missel Romain, P. 1045). Le Missel Romain comporte diverses messes pour les Défunts (p. 1015 à 1066) qui peuvent être célébrées en dehors des dimanches, des solennités et fêtes, notamment celle de l'Annonciation du Seigneur le 4 avril 2005. (Cf PGMR n° 337) On peut aussi, bien entendu, prier pour lui lors des prières universelles, ainsi qu'au mémento des défunts des prières eucharistiques. Il est d'usage de ne plus nommer le pape dans l'intercession pour l'Eglise de la Prière eucharistique, pendant toute la durée de la vacance du siège romain. Cet événement peut largement ouvrir la prière des chrétiens, lors des prières universelles des dimanches, aux intentions de l'Eglise, des évêques, des prêtres, des diacres, et de tout le "peuple des rachetés". En dehors des dimanches et fêtes (cf. supra), la Liturgie des heures offre la possibilité de célébrer l'office des défunts (Prière du Temps Présent, p. 1547 à 1563). On peut aussi organiser des veillées de prière (Cf Rituel des funérailles, tome II, p. 17 à 29), ou des prières du chapelet, en méditant, par exemple, les mystères lumineux qu'il nous a proposés. (Voir le site www.rosairebiblique.org) Source : cnpl.cef.fr Actualité
"Seigneur, voilà plus de 65 ans que Tu m'as fait le don inestimable de la vie, et depuis ma naissance, Tu n'as cessé de me combler de tes grâces et de ton amour infini. Au cours de toutes ces années se sont entremélés de grandes joies, des épreuves, des succès, des échecs, des revers de santé, des deuils, comme cela arrive à tout le monde. Avec ta grâce et ton secours, j'ai pu triompher de ces obstacles et avancer vers Toi. Aujourd'hui, je me sens riche de mon expérience et de la grande consolation d'avoir été l'objet de ton amour. Mon âme te chante ma reconnaissance.
Mais je rencontre quotidiennement dans mon entourage des personnes âgées que Tu éprouves fortement : elles sont paralysées, handicapées, impotentes et souvent n'ont plus la force de Te prier, d'autres ont perdu l'usage de leurs facultés mentales et ne peuvent plus T'atteindre à travers leur monde irréel. Je vois agir ces gens et je me dis : "Si c'était moi ? " Alors, Seigneur, aujourd'hui même, tandis que je jouis de la possession de toutes mes facultés motrices et mentales, je T'offre à l'avance mon acceptation à ta sainte volonté, et dès maintenant je veux que si l'une ou l'autre de ces épreuves m'arrivait, elle puisse servir à ta gloire et au salut des âmes. Dès maintenant aussi, je Te demande de soutenir de ta grâce les personnes qui auraient la tâche ingrate de me venir en aide. Si un jour la maladie devait envahir mon cerveau et anéantir ma lucidité, déjà, Seigneur ma soumission est devant Toi et se poursuivra en une silencieuse adoration. Si, un jour, un état d'inconscience prolongée devait me terrasser, je veux que chacune de ces heures que j'aurai à vivre soit une suite ininterrompue d'actions de grâce et que mon dernier soupir soit aussi un soupir d'amour. Mon âme guidée à cet instant par la main de Marie, se présentera devant Toi pour chanter tes louanges éternellement. Amen."
"Seigneur, voilà plus de 65 ans que Tu m'as fait le don inestimable de la vie, et depuis ma naissance, Tu n'as cessé de me combler de tes grâces et de ton amour infini. Au cours de toutes ces années se sont entremélés de grandes joies, des épreuves, des succès, des échecs, des revers de santé, des deuils, comme cela arrive à tout le monde. Avec ta grâce et ton secours, j'ai pu triompher de ces obstacles et avancer vers Toi. Aujourd'hui, je me sens riche de mon expérience et de la grande consolation d'avoir été l'objet de ton amour. Mon âme te chante ma reconnaissance.
Mais je rencontre quotidiennement dans mon entourage des personnes âgées que Tu éprouves fortement : elles sont paralysées, handicapées, impotentes et souvent n'ont plus la force de Te prier, d'autres ont perdu l'usage de leurs facultés mentales et ne peuvent plus T'atteindre à travers leur monde irréel. Je vois agir ces gens et je me dis : "Si c'était moi ? " Alors, Seigneur, aujourd'hui même, tandis que je jouis de la possession de toutes mes facultés motrices et mentales, je T'offre à l'avance mon acceptation à ta sainte volonté, et dès maintenant je veux que si l'une ou l'autre de ces épreuves m'arrivait, elle puisse servir à ta gloire et au salut des âmes. Dès maintenant aussi, je Te demande de soutenir de ta grâce les personnes qui auraient la tâche ingrate de me venir en aide. Si un jour la maladie devait envahir mon cerveau et anéantir ma lucidité, déjà, Seigneur ma soumission est devant Toi et se poursuivra en une silencieuse adoration. Si, un jour, un état d'inconscience prolongée devait me terrasser, je veux que chacune de ces heures que j'aurai à vivre soit une suite ininterrompue d'actions de grâce et que mon dernier soupir soit aussi un soupir d'amour. Mon âme guidée à cet instant par la main de Marie, se présentera devant Toi pour chanter tes louanges éternellement. Amen." Documents
L'article de Jon Meacham intitulé "From Jesus to Christ" vulgarise en langage simple le passage qui s'est fait après la mort du Christ chez les premiers disciples. Il montre avec bonheur et en s'appuyant sur des recherches sûres le lien historique de la foi chrétienne avec Jésus de Nazaretn. Il récuse la coupure instaurée par certains entre le "Jésus de l'histoire" et le "Christ de la foi" tout en expliquant comment cette foi chrétienne est venue au jour à travers une interprétation, mais une interprétation rattachée à la personne même de Jésus et de son enseignement. Voici une citation en anglais où il exprime bien ce point de vue essentiel à la foi chrétienne. Vous trouverez plus loin, un traduction en français de ce passage et de la suite.
" On historical grounds, then, Christianity appears less a fable than a faith derived in part from oral or written traditions dating from the time of Jesus' ministry and that of his disciples." Traduction par Georges Marceau que nous remercions chaleureusement. EXTRAIT D'UN ARTICLE de John Meecham, "How Jesus Became Christ", dans Newsweek, le 28 mars 2005, p. 45. Sur une base historique, donc, le Christianisme apparaît moins comme une fable qu'une foi dérivée en partie de traditions orales ou écrites datant du temps du ministère de Jésus et de celui de ses disciples. "Le Fils de l'Homme est livré entre les mains des hommes et ils le mettront à mort; et après cela il ressuscitera le troisième jour," dit Jésus dans Marc qui ajoute que les disciples à ce moment "ne comprirent pas ces paroles et ils avaient peur de lui demander." Que les apôtres aient créé de telles paroles et de telles idées à partir de rien semble peu vraisemblable car leur histoire et leur message défiaient toute croyance même alors. Paul admettait la difficulté: " nous prêchons le Christ crucifié, pierre d'achoppement pour les juifs et folie pour les Gentils." Un roi qui est mort de la mort d'un criminel? La résurrection d'une personne d'entre les morts? Un sacrifice d'expiation humain? "Ce n'est pas une chose que le comité des Relations Publiques des apôtres aurait laissée sortir", dit le Dr. Albert Mohler, président du Southern Baptist Theological Seminary à Louisville, Ky. "Le fait même du caractère complexe et unique du message de salut, je pense, s'adresse à la crédibilité des Évangiles et de tout le Nouveau Testament."
L'article de Jon Meacham intitulé "From Jesus to Christ" vulgarise en langage simple le passage qui s'est fait après la mort du Christ chez les premiers disciples. Il montre avec bonheur et en s'appuyant sur des recherches sûres le lien historique de la foi chrétienne avec Jésus de Nazaretn. Il récuse la coupure instaurée par certains entre le "Jésus de l'histoire" et le "Christ de la foi" tout en expliquant comment cette foi chrétienne est venue au jour à travers une interprétation, mais une interprétation rattachée à la personne même de Jésus et de son enseignement. Voici une citation en anglais où il exprime bien ce point de vue essentiel à la foi chrétienne. Vous trouverez plus loin, un traduction en français de ce passage et de la suite.
" On historical grounds, then, Christianity appears less a fable than a faith derived in part from oral or written traditions dating from the time of Jesus' ministry and that of his disciples." Traduction par Georges Marceau que nous remercions chaleureusement. EXTRAIT D'UN ARTICLE de John Meecham, "How Jesus Became Christ", dans Newsweek, le 28 mars 2005, p. 45. Sur une base historique, donc, le Christianisme apparaît moins comme une fable qu'une foi dérivée en partie de traditions orales ou écrites datant du temps du ministère de Jésus et de celui de ses disciples. "Le Fils de l'Homme est livré entre les mains des hommes et ils le mettront à mort; et après cela il ressuscitera le troisième jour," dit Jésus dans Marc qui ajoute que les disciples à ce moment "ne comprirent pas ces paroles et ils avaient peur de lui demander." Que les apôtres aient créé de telles paroles et de telles idées à partir de rien semble peu vraisemblable car leur histoire et leur message défiaient toute croyance même alors. Paul admettait la difficulté: " nous prêchons le Christ crucifié, pierre d'achoppement pour les juifs et folie pour les Gentils." Un roi qui est mort de la mort d'un criminel? La résurrection d'une personne d'entre les morts? Un sacrifice d'expiation humain? "Ce n'est pas une chose que le comité des Relations Publiques des apôtres aurait laissée sortir", dit le Dr. Albert Mohler, président du Southern Baptist Theological Seminary à Louisville, Ky. "Le fait même du caractère complexe et unique du message de salut, je pense, s'adresse à la crédibilité des Évangiles et de tout le Nouveau Testament." Réflexions
Jean Delumeau, le grand historien bien connu, témoigne ainsi de sa foi dans la préface dun petit ouvrage suggestif intitulé « Pour vous, qui est Jésus-Christ? ». Il écrit : « Parce que le christianisme donne à Jésus sa plus grande dimension, parce que la résurrection du Sauveur donne un sens et un avenir à notre parcours terrestre, si difficile soit-il parfois, je continue à mattacher à lui. » (p. 14) Quelle belle profession de foi.
Cette citation de Jean Delumeau mest revenue en parallèle avec le récit de lévangile de Luc qui nous racnte l'histoire des disciples dEmmaüs témoignant dune rencontre du Ressuscité où leur attachement à lui se voit confronté au mystère de labsence. Trois jours après la mort de Jésus, les disciples ruminent les événements qui se sont passés. Ils prennent acte dune fin tragique qui les prive dune présence physique qui soutenait leur attachement à Jésus. Privés de cette présence physique, ils sentent la tristesse les envahir. Leur attachement commence déjà à flancher. Ils ont mangé avec Jésus, ils ont entendu le son de sa voix, ils lont suivi sur les routes de Palestine. Ils se sont attachés à lui, et maintenant, il nest plus là que deviendra cet attachement? En effet, vous connaissez le dicton; « Loin des yeux, loin du cur ». Lêtre humain a besoin de sentir, de toucher, de voir pour entrer en relation avec les personnes. Les disciples dEmmaüs ne sont pas différents. Et pourtant létranger quils croisent leur enseignera une autre façon de vivre leur attachement à Jésus : celle de la foi. Privés de la présence physique de Jésus, ils découvrent la force des mots et des gestes pour vivre leur attachement. Cest dans la mémoire dune histoire qui les dépasse quils trouvent, grâce à leur compagnon, une signification aux évènements. Et ils réalisent, comme le dit saint Paul si justement, que « vaine est leur foi » si Jésus nest pas Ressuscité. Cest la confession de foi que reprendront les apôtres après la Pentecôte. « ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu la ressuscité » dira Pierre dans sa prédication le Jour de la Pentecôte. Et saint Paul sappropriant les paroles dune hymne chrétienne écrira aux Philippiens « cest pourquoi Dieu la exalté et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom et il est devenu Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ». « Seigneur, Ressuscité, Vivant » tels sont quelques-uns des mots qui nous ont été transmis pour décrire ce quest Jésus maintenant pour les croyants. Les disciples dEmmaüs furent parmi les premiers à être confrontés à un acte qui les amenaient sur un chemin différent et combien déroutant : celui de la foi. Cette foi nest pas seulement une « mémoire », un souvenir qui déroule le fil de lAlliance, mais elle est aussi une « brûlure » du cur. Pour reprendre les mots de Jean Delumeau, ils « sattachent » à celui quils ont rencontré et labsence se transforme en présence vivante. Voilà le mystère de la foi, de l « attachement » à Jésus. Hermann Giguère, ptre Supérieur général du Séminaire de Québec le 31 mars 2005
Jean Delumeau, le grand historien bien connu, témoigne ainsi de sa foi dans la préface dun petit ouvrage suggestif intitulé « Pour vous, qui est Jésus-Christ? ». Il écrit : « Parce que le christianisme donne à Jésus sa plus grande dimension, parce que la résurrection du Sauveur donne un sens et un avenir à notre parcours terrestre, si difficile soit-il parfois, je continue à mattacher à lui. » (p. 14) Quelle belle profession de foi.
Cette citation de Jean Delumeau mest revenue en parallèle avec le récit de lévangile de Luc qui nous racnte l'histoire des disciples dEmmaüs témoignant dune rencontre du Ressuscité où leur attachement à lui se voit confronté au mystère de labsence. Trois jours après la mort de Jésus, les disciples ruminent les événements qui se sont passés. Ils prennent acte dune fin tragique qui les prive dune présence physique qui soutenait leur attachement à Jésus. Privés de cette présence physique, ils sentent la tristesse les envahir. Leur attachement commence déjà à flancher. Ils ont mangé avec Jésus, ils ont entendu le son de sa voix, ils lont suivi sur les routes de Palestine. Ils se sont attachés à lui, et maintenant, il nest plus là que deviendra cet attachement? En effet, vous connaissez le dicton; « Loin des yeux, loin du cur ». Lêtre humain a besoin de sentir, de toucher, de voir pour entrer en relation avec les personnes. Les disciples dEmmaüs ne sont pas différents. Et pourtant létranger quils croisent leur enseignera une autre façon de vivre leur attachement à Jésus : celle de la foi. Privés de la présence physique de Jésus, ils découvrent la force des mots et des gestes pour vivre leur attachement. Cest dans la mémoire dune histoire qui les dépasse quils trouvent, grâce à leur compagnon, une signification aux évènements. Et ils réalisent, comme le dit saint Paul si justement, que « vaine est leur foi » si Jésus nest pas Ressuscité. Cest la confession de foi que reprendront les apôtres après la Pentecôte. « ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu la ressuscité » dira Pierre dans sa prédication le Jour de la Pentecôte. Et saint Paul sappropriant les paroles dune hymne chrétienne écrira aux Philippiens « cest pourquoi Dieu la exalté et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom et il est devenu Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ». « Seigneur, Ressuscité, Vivant » tels sont quelques-uns des mots qui nous ont été transmis pour décrire ce quest Jésus maintenant pour les croyants. Les disciples dEmmaüs furent parmi les premiers à être confrontés à un acte qui les amenaient sur un chemin différent et combien déroutant : celui de la foi. Cette foi nest pas seulement une « mémoire », un souvenir qui déroule le fil de lAlliance, mais elle est aussi une « brûlure » du cur. Pour reprendre les mots de Jean Delumeau, ils « sattachent » à celui quils ont rencontré et labsence se transforme en présence vivante. Voilà le mystère de la foi, de l « attachement » à Jésus. Hermann Giguère, ptre Supérieur général du Séminaire de Québec le 31 mars 2005 Actualité
Salut, mes amis ! Je prend un petit pour vous adresser mes salutations et mes voeux de joyeuses Pâques. Vous savez combien vous êtes toutes et tous importants pour moi, et que je ne vous oublie pas dans mes prières quotidiennes. Mais combien plus - et d'un amour indéfectible - notre Seigneur Jésus Christ vous aime et vous est proche, lui qui est mort et ressuscité pour nous, pour toute l'humanité ? Oui, que la grande fête de Pâques cette année soit pour vous l'occasion de goûter encore une fois à la présence du Dieu vivant sur votre route. CHRIST EST RESSUSCITÉ ! OUI, IL EST VRAIMENT VIVANT ! IL EST LÀ, AU COEUR DE NOS VIES ! VIVONS DONC EN RESSUSCITÉS ! À vous toutes et tous, ainsi qu'à vos familles : Joyeuses Pâques ! Je vous suis proche par la pensée et la prière. Gabriel Lévesque, prêtre Diocèse de St-Boniface (Manitoba) Ancien du Grand Séminaire de Québec Salut, mes amis ! Je prend un petit pour vous adresser mes salutations et mes voeux de joyeuses Pâques. Vous savez combien vous êtes toutes et tous importants pour moi, et que je ne vous oublie pas dans mes prières quotidiennes. Mais combien plus - et d'un amour indéfectible - notre Seigneur Jésus Christ vous aime et vous est proche, lui qui est mort et ressuscité pour nous, pour toute l'humanité ? Oui, que la grande fête de Pâques cette année soit pour vous l'occasion de goûter encore une fois à la présence du Dieu vivant sur votre route. CHRIST EST RESSUSCITÉ ! OUI, IL EST VRAIMENT VIVANT ! IL EST LÀ, AU COEUR DE NOS VIES ! VIVONS DONC EN RESSUSCITÉS ! À vous toutes et tous, ainsi qu'à vos familles : Joyeuses Pâques ! Je vous suis proche par la pensée et la prière. Gabriel Lévesque, prêtre Diocèse de St-Boniface (Manitoba) Ancien du Grand Séminaire de Québec Actualité
Le centre Québec IXTHUS, une oeuvre du SME, située dans le Vieux-QUébec, vient de lancer lui aussi un webzine fait avec webzinemaker. Son adresse est: http://www.webzinemaker.com/quebec_ixthus
Bonne lecture et au plaisir de vous revoir. Vous pouvez vous abonner à la Newsletter de SME-Infonet que j'ai décidé d'envoyer de temps à autre. Mettez votre adresse dans l'espace réservé à gauche de la page et cliquez sur OK. Joyeuses Pâques. Hermann Giguère, ptre 25 mars 2005
Le centre Québec IXTHUS, une oeuvre du SME, située dans le Vieux-QUébec, vient de lancer lui aussi un webzine fait avec webzinemaker. Son adresse est: http://www.webzinemaker.com/quebec_ixthus
Bonne lecture et au plaisir de vous revoir. Vous pouvez vous abonner à la Newsletter de SME-Infonet que j'ai décidé d'envoyer de temps à autre. Mettez votre adresse dans l'espace réservé à gauche de la page et cliquez sur OK. Joyeuses Pâques. Hermann Giguère, ptre 25 mars 2005 |
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