Actualité

Le cardinal Marc Ouellet a émis le décret de fondation du Petit Séminaire diocésain de Québec le 19 mars 2008. Le Séminaire de Québec a accepté de prendre en charge avec le cardinal la mise sur pied de cette nouvelle insitution, s'attelant, comme aime à le dire le cardinal, à la "refondation" du petit séminaire dans l'esprit de Mgr de Laval : un séminaire destiné à donner une formation chrétienne à des jeunes qui sont intéressés par la vocation sacerdotale et par une vie crétienne signifiante dans le monde d'aujourd'hui.



VERS L'AVENIR: PETIT SEMINAIRE
Voici l'article d'Yves Fecteau paru sur le Blog de ECDQ.tv. présentant cette fondation qui prendra son envol en septembre 2008. Merci Yves.

C'est au cours de la célébration de la messe chrismale du mercredi 19 mars 2008 en la Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec, que le cardinal Ouellet et le chancelier du diocèse de Québec, Mgr Jean Pelletier, ont signé, en présence de l'assemblée, le décret de fondation du Petit séminaire diocésain de Québec.

L'acte de fondation

Le texte du décret stipule, dans un premier «attendu», la nécessité de «former de bons chrétiens mais (aussi de) favoriser la vocation sacerdotale en germe».

Dans le deuxième «attendu» du document, on y apprend que les petits séminaires diocésains ont la mission spécifique d'accueillir des jeunes «qui acceptent formellement, eux et leur famille, l'hypothèse d'une vocation qui a besoin d'être protégée et favorisée dans un climat adéquat de formation».

Il est aussi précisé dans le texte que le milieu scolaire actuel n'est plus un milieu propice au discernement des «signes d'une possible vocation sacerdotale ou religieuse» et qu'il revient aux responsables diocésains d'y suppléer.

Le quatrième «Attendu» résume bien ce que sera la nouvelle réalité du Petit Séminaire diocésain de Québec, c'est-à-dire un lieu «centré sur la vocation sacerdotale», un lieu d'éducation aux vérités de la foi catholique, un lieu de développement de la piété, mais aussi un lieu de formation scolaire comme dans toutes les écoles du Québec, avec l'obtention du diplôme d'État (DES) pour le niveau secondaire.

Après la lecture du texte du décret par le chancelier devant toute l'assemblée, les signatures du cardinal Ouellet et de Mgr Jean Pelletier furent apposées sur le document.

La formation scolaire

Grâce à une entente avec le Collège de Champigny, les futurs «petits séminaristes» y recevront leur formation scolaire dans un environnement de grande qualité. Cette institution reconnue possède un statut d'école privée d'intérêt public de confession catholique dirigée par les Frères du Sacré-Coeur depuis sa fondation en 1969.


La résidence

Ils résideront par contre dans un autre lieu où ils bénéficieront notamment d'un accompagnement et d'une formation spirituels appropriés. Ils seront logés à la Maison Colin des Pères Maristes à Saint-Augustin-de-Desmaures. Un transport est prévu pour les déplacements du lieu de résidence au Collège de Champigny.


Il y a plusieurs jeunes qui, avec leurs parents, ont manifesté leur intérêt en vue d'une inscription pour l'automne 2008. Acutellement toutes les places sont remplies. Il est toujours possible de communiquer avec l'abbé André Gagné de la Maison François-de-Laval pour plus d'informations (Tél. 418-688-2872) pour prévoir une inscription pour l'an prochain. Il faut le faire avant le mois de novembre 2008.

Samedi 19 Avril 2008
Yves Fecteau

site internet du Petit Séminaire diocésain de Québec.

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Voici l'article d'Yves Fecteau paru sur le Blog de ECDQ.tv. présentant cette fondation qui prendra son envol en septembre 2008. Merci Yves.

C'est au cours de la célébration de la messe chrismale du mercredi 19 mars 2008 en la Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec, que le cardinal Ouellet et le chancelier du diocèse de Québec, Mgr Jean Pelletier, ont signé, en présence de l'assemblée, le décret de fondation du Petit séminaire diocésain de Québec.

L'acte de fondation

Le texte du décret stipule, dans un premier «attendu», la nécessité de «former de bons chrétiens mais (aussi de) favoriser la vocation sacerdotale en germe».

Dans le deuxième «attendu» du document, on y apprend que les petits séminaires diocésains ont la mission spécifique d'accueillir des jeunes «qui acceptent formellement, eux et leur famille, l'hypothèse d'une vocation qui a besoin d'être protégée et favorisée dans un climat adéquat de formation».

Il est aussi précisé dans le texte que le milieu scolaire actuel n'est plus un milieu propice au discernement des «signes d'une possible vocation sacerdotale ou religieuse» et qu'il revient aux responsables diocésains d'y suppléer.

Le quatrième «Attendu» résume bien ce que sera la nouvelle réalité du Petit Séminaire diocésain de Québec, c'est-à-dire un lieu «centré sur la vocation sacerdotale», un lieu d'éducation aux vérités de la foi catholique, un lieu de développement de la piété, mais aussi un lieu de formation scolaire comme dans toutes les écoles du Québec, avec l'obtention du diplôme d'État (DES) pour le niveau secondaire.

Après la lecture du texte du décret par le chancelier devant toute l'assemblée, les signatures du cardinal Ouellet et de Mgr Jean Pelletier furent apposées sur le document.

La formation scolaire

Grâce à une entente avec le Collège de Champigny, les futurs «petits séminaristes» y recevront leur formation scolaire dans un environnement de grande qualité. Cette institution reconnue possède un statut d'école privée d'intérêt public de confession catholique dirigée par les Frères du Sacré-Coeur depuis sa fondation en 1969.


La résidence

Ils résideront par contre dans un autre lieu où ils bénéficieront notamment d'un accompagnement et d'une formation spirituels appropriés. Ils seront logés à la Maison Colin des Pères Maristes à Saint-Augustin-de-Desmaures. Un transport est prévu pour les déplacements du lieu de résidence au Collège de Champigny.


Il y a plusieurs jeunes qui, avec leurs parents, ont manifesté leur intérêt en vue d'une inscription pour l'automne 2008. Acutellement toutes les places sont remplies. Il est toujours possible de communiquer avec l'abbé André Gagné de la Maison François-de-Laval pour plus d'informations (Tél. 418-688-2872) pour prévoir une inscription pour l'an prochain. Il faut le faire avant le mois de novembre 2008.

Samedi 19 Avril 2008
Yves Fecteau

site internet du Petit Séminaire diocésain de Québec.

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
29/04/2008

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Documents

Le discours du Pape à l'ONU, à New-York, le 18 avril 2008. Le Souverain Pontife s'est adressé en français à la tribune de l'ONU. Voici le texte de ce discours. Il y défend les droits humains en montrant qu'ils sont enracinés dans la dignité de la personne qui a un caractère transcendant. Si leur application peut prendre diverses formes, ils ne sont pas l'objet d'un consensus social suelement, mais ils ont une valeur en eux-mêmes et demandent à être respectés en tout temps et partout.

Bonne lecture.



DIGNITE ET DROITS HUMAINS
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

En m'adressant à cette Assemblée, j'aimerais avant tout vous exprimer, Monsieur le Président, ma vive reconnaissance pour vos aimables paroles. Ma gratitude va aussi au Secrétaire général, Monsieur Ban Ki-moon, qui m'a invité à venir visiter le Siège central de l'Organisation, et pour l'accueil qu'il m'a réservé. Je salue les Ambassadeurs et les diplomates des Pays membres et toutes les personnes présentes. À travers vous, je salue les peuples que vous représentez ici. Ils attendent de cette institution qu'elle mette en oeuvre son inspiration fondatrice, à savoir constituer un « centre pour la coordination de l’activité des Nations unies en vue de parvenir à la réalisation des fins communes » de paix et de développement (cf. Charte des Nations unies, art. 1.2-1.4). Comme le Pape Jean-Paul II l'exprimait en 1995, l'Organisation devrait être un « centre moral, où toutes les nations du monde se sentent chez elles, développant la conscience commune d'être, pour ainsi dire, une famille de nations » (Message à l'Assemblée générale des Nations unies pour le 50e anniversaire de la fondation, New York, 5 octobre 1995).

À travers les Nations unies, les États ont établi des objectifs universels qui, même s'ils ne coïncident pas avec la totalité du bien commun de la famille humaine, n'en représentent pas moins une part fondamentale. Les principes fondateurs de l'Organisation - le désir de paix, le sens de la justice, le respect de la dignité de la personne, la coopération et l'assistance humanitaires - sont l'expression des justes aspirations de l'esprit humain et constituent les idéaux qui devraient sous-tendre les relations internationales. Comme mes prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II l'ont affirmé depuis cette même tribune, tout cela fait partie de réalités que l'Église catholique et le Saint-Siège considèrent avec attention et intérêt, voyant dans votre activité un exemple de la manière dont les problèmes et les conflits qui concernent la communauté mondiale peuvent bénéficier d'une régulation commune. Les Nations unies concrétisent l'aspiration à « un degré supérieur d'organisation à l'échelle internationale » (Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, n. 43), qui doit être inspiré et guidé par le principe de subsidiarité et donc être capable de répondre aux exigences de la famille humaine, grâce à des règles internationales efficaces et à la mise en place de structures aptes à assurer le déroulement harmonieux de la vie quotidienne des peuples. Cela est d'autant plus nécessaire dans le contexte actuel où l'on fait l'expérience du paradoxe évident d'un consensus multilatéral qui continue à être en crise parce qu'il est encore subordonné aux décisions d'un petit nombre, alors que les problèmes du monde exigent, de la part de la communauté internationale, des interventions sous forme d'actions communes.

En effet, les questions de sécurité, les objectifs de développement, la réduction des inégalités au niveau local et mondial, la protection de l'environnement, des ressources et du climat, requièrent que tous les responsables de la vie internationale agissent de concert et soient prêts à travailler en toute bonne foi, dans le respect du droit, pour promouvoir la solidarité dans les zones les plus fragiles de la planète. Je pense en particulier à certains pays d'Afrique et d'autres continents qui restent encore en marge d'un authentique développement intégral, et qui risquent ainsi de ne faire l'expérience que des effets négatifs de la mondialisation. Dans le contexte des relations internationales, il faut reconnaître le rôle primordial des règles et des structures qui, par nature, sont ordonnées à la promotion du bien commun et donc à la sauvegarde de la liberté humaine. Ces régulations ne limitent pas la liberté. Au contraire, elles la promeuvent quand elles interdisent des comportements et des actions qui vont à l'encontre du bien commun, qui entravent son exercice effectif et qui compromettent donc la dignité de toute personne humaine. Au nom de la liberté, il doit y avoir une corrélation entre droits et devoirs, en fonction desquels toute personne est appelée à prendre ses responsabilités dans les choix qu'elle opère, en tenant compte des relations tissées avec les autres. Nous pensons ici à la manière dont les résultats de la recherche scientifique et des avancées technologiques ont parfois été utilisés. Tout en reconnaissant les immenses bénéfices que l'humanité peut en tirer, certaines de leurs applications représentent une violation évidente de l'ordre de la création, au point non seulement d'être en contradiction avec le caractère sacré de la vie, mais d'arriver à priver la personne humaine et la famille de leur identité naturelle. De la même manière, l'action internationale visant à préserver l'environnement et à protéger les différentes formes de vie sur la terre doit non seulement garantir un usage rationnel de la technologie et de la science, mais doit aussi redécouvrir l'authentique image de la création. Il ne s'agira jamais de devoir choisir entre science et éthique, mais bien plutôt d'adopter une méthode scientifique qui soit véritablement respectueuse des impératifs éthiques.


La reconnaissance de l'unité de la famille humaine et l'attention portée à la dignité innée de toute femme et de tout homme reçoivent aujourd'hui un nouvel élan dans le principe de la responsabilité de protéger. Il n'a été défini que récemment, mais il était déjà implicitement présent dès les origines des Nations unies et, actuellement, il caractérise toujours davantage son activité. Tout État a le devoir primordial de protéger sa population contre les violations graves et répétées des droits de l'homme, de même que des conséquences de crises humanitaires liées à des causes naturelles ou provoquées par l'action de l'homme. S'il arrive que les États ne soient pas en mesure d'assurer une telle protection, il revient à la communauté internationale d'intervenir avec les moyens juridiques prévus par la Charte des Nations unies et par d'autres instruments internationaux. L'action de la communauté internationale et de ses institutions, dans la mesure où elle est respectueuse des principes qui fondent l'ordre international, ne devrait jamais être interprétée comme une coercition injustifiée ou comme une limitation de la souveraineté. À l'inverse, c'est l'indifférence ou la non-intervention qui causent de réels dommages. Il faut réaliser une étude approfondie des modalités pour prévenir et gérer les conflits, en utilisant tous les moyens dont dispose l'action diplomatique et en accordant attention et soutien même au plus léger signe de dialogue et de volonté de réconciliation.

Le principe de la « responsabilité de protéger » était considéré par l'antique ius gentium comme le fondement de toute action entreprise par l'autorité envers ceux qui sont gouvernés par elle : à l'époque où le concept d'État national souverain commençait à se développer, le religieux dominicain Francisco De Vitoria, considéré à juste titre comme un précurseur de l'idée des Nations unies, décrivait cette responsabilité comme un aspect de la raison naturelle partagé par toutes les nations, et le fruit d’un droit international dont la tâche était de réguler les relations entre les peuples. Aujourd'hui comme alors, un tel principe doit faire apparaître l'idée de personne comme image du Créateur, ainsi que le désir d'absolu et l'essence de la liberté. Le fondement des Nations unies, nous le savons bien, a coïncidé avec les profonds bouleversements dont a souffert l'humanité lorsque la référence au sens de la transcendance et à la raison naturelle a été abandonnée et que par conséquent la liberté et la dignité humaine furent massivement violées. Dans de telles circonstances, cela menace les fondements objectifs des valeurs qui inspirent et régulent l'ordre international et cela mine les principes intangibles et coercitifs formulés et consolidés par les Nations unies. Face à des défis nouveaux répétés, c’est une erreur de se retrancher derrière une approche pragmatique, limitée à mettre en place des « bases communes », dont le contenu est minimal et dont l'efficacité est faible.

La référence à la dignité humaine, fondement et fin de la responsabilité de protéger, nous introduit dans la note spécifique de cette année, qui marque le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'homme. Ce document était le fruit d'une convergence de différentes traditions culturelles et religieuses, toutes motivées par le désir commun de mettre la personne humaine au centre des institutions, des lois et de l'action des sociétés, et de la considérer comme essentielle pour le monde de la culture, de la religion et de la science. Les droits de l'homme sont toujours plus présentés comme le langage commun et le substrat éthique des relations internationales. Tout comme leur universalité, leur indivisibilité et leur interdépendance sont autant de garanties de protection de la dignité humaine. Mais il est évident que les droits reconnus et exposés dans la Déclaration s'appliquent à tout homme, cela en vertu de l'origine commune des personnes, qui demeure le point central du dessein créateur de Dieu pour le monde et pour l'histoire. Ces droits trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au coeur de l'homme et présente dans les diverses cultures et civilisations. Détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l'interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses. La grande variété des points de vue ne peut pas être un motif pour oublier que ce ne sont pas les droits seulement qui sont universels, mais également la personne humaine, sujet de ces droits.

À la fois nationale et internationale, la vie de la communauté met clairement en évidence que le respect pour les droits et pour les garanties qui leur sont attachées sont la mesure du bien commun, utilisée pour apprécier le rapport entre justice et injustice, développement et pauvreté, sécurité et conflits. La promotion des droits de l'homme demeure la stratégie la plus efficace quand il s'agit de combler les inégalités entre des pays et des groupes sociaux, quand il s'agit aussi de renforcer la sécurité. En effet les victimes de la misère et du désespoir dont la dignité humaine est impunément violée, deviennent des proies faciles pour les tenants du recours à la violence et deviennent à leur tour des destructeurs de paix. Pourtant le bien commun que les droits de l'homme aident à réaliser ne peut pas être atteint en se contentant d'appliquer des procédures correctes ni même en pondérant des droits en opposition. Le mérite de la Déclaration universelle a été d'ouvrir à des cultures, à des expressions juridiques et à des modèles institutionnels divers la possibilité de converger autour d'un noyau fondamental de valeurs et donc de droits : mais c'est un effort qui, de nos jours, doit être encore plus soutenu face à des instances qui cherchent à réinterpréter les fondements de la Déclaration et à compromettre son unité interne pour favoriser le passage de la protection de la dignité humaine à la satisfaction de simples intérêts, souvent particuliers. La Déclaration a été adoptée comme « un idéal commun qui est à atteindre » (Préambule) et elle ne peut pas être utilisée de manière partielle, en suivant des tendances ou en opérant des choix sélectifs qui risquent de contredire l'unité de la personne humaine et donc l'indivisibilité de ses droits.
Nous constatons souvent dans les faits une prédominance de la légalité par rapport à la justice quand se manifeste une attention à la revendication des droits qui va jusqu'à les faire apparaître comme le résultat exclusif de dispositions législatives ou de décisions normatives prises par les diverses instances des autorités en charge. Quand ils sont présentés sous une forme de pure légalité, les droits risquent de devenir des propositions de faible portée, séparés de la dimension éthique et rationnelle qui constitue leur fondement et leur fin. La Déclaration universelle a en effet réaffirmé avec force la conviction que le respect des droits de l'homme s'enracine avant tout sur une justice immuable, sur laquelle la force contraignante des proclamations internationales est aussi fondée. C'est un aspect qui est souvent négligé quand on prétend priver les droits de leur vraie fonction au nom d'une perspective utilitariste étroite. Parce que les droits et les devoirs qui leur sont liés découlent naturellement de l'interaction entre les hommes, il est facile d'oublier qu'ils sont le fruit du sens commun de la justice, fondé avant tout sur la solidarité entre les membres du corps social et donc valable dans tous les temps et pour tous les peuples. C'était une intuition exprimée, dès le Ve siècle après Jésus Christ, par l'un des maîtres de notre héritage intellectuel, Augustin d'Hippone. Il enseignait que « le précepte : 'Ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne le fais pas à autrui' ne peut en aucune façon varier en fonction de la diversité des peuples » (De Doctrina Christiana III, 14). Les droits de l'homme exigent alors d'être respectés parce qu'ils sont l'expression de la justice et non simplement en raison de la force coercitive liée à la volonté des législateurs.

Mesdames et Messieurs,
À mesure que l'on avance dans l'histoire, de nouvelles situations surgissent et l'on cherche à y attacher de nouveaux droits. Le discernement, c'est-à-dire la capacité de distinguer le bien du mal, est encore plus nécessaire quand sont en jeu des exigences qui appartiennent à la vie et à l'action de personnes, de communautés et de peuples. Quand on affronte le thème des droits, qui mettent en jeu des situations importantes et des réalités profondes, le discernement est une vertu à la fois indispensable et féconde.
Le discernement nous amène alors à souligner que laisser aux seuls États, avec leurs lois et leurs institutions, la responsabilité ultime de répondre aux aspirations des personnes, des communautés et de peuples tout entier peut parfois entraîner des conséquences rendant impossible un ordre social respectueux de la dignité de la personne et de ses droits. Par ailleurs, une vision de la vie solidement ancrée dans la dimension religieuse peut permettre d'y parvenir, car la reconnaissance de la valeur transcendante de tout homme et de toute femme favorise la conversion du coeur, ce qui conduit alors à un engagement contre la violence, le terrorisme ou la guerre, et à la promotion de la justice et de la paix. Cela favorise aussi un milieu propice au dialogue interreligieux que les Nations unies sont appelées à soutenir comme elles soutiennent le dialogue dans d'autres domaines de l'activité humaine. Le dialogue doit être reconnu comme le moyen par lequel les diverses composantes de la société peuvent confronter leurs points de vue et réaliser un consensus autour de la vérité concernant des valeurs ou des fins particulières. Il est de la nature des religions librement pratiquées de pouvoir mener de manière autonome un dialogue de la pensée et de la vie. Si, à ce niveau là aussi, la sphère religieuse est séparée de l'action politique, il en ressort également de grands bénéfices pour les personnes individuelles et pour les communautés. D'autre part, les Nations unies peuvent compter sur les fruits du dialogue entre les religions et tirer des bénéfices de la volonté des croyants de mettre leur expérience au service du bien commun. Leur tâche est de proposer une vision de la foi non pas en termes d'intolérance, de discrimination ou de conflit, mais en terme de respect absolu de la vérité, de la coexistence, des droits et de la réconciliation.

Les droits de l'homme doivent évidemment inclure le droit à la liberté religieuse, comprise comme l'expression d'une dimension à la fois individuelle et communautaire, perspective qui fait ressortir l'unité de la personne tout en distinguant clairement entre la dimension du citoyen et celle du croyant. Au cours des dernières années, l'action des Nations unies a permis que le débat public offre des points de vue inspirés par une vision religieuse dans toutes ses dimensions y compris le rite, le culte, l'éducation, la diffusion d'information et la liberté de professer et de choisir sa religion. Il n'est donc pas imaginable que des croyants doivent se priver d'une partie d'eux-mêmes " de leur foi " afin d'être des citoyens actifs. Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits. Il est d'autant plus nécessaire de protéger les droits liés à la religion s'ils sont considérés comme opposés à une idéologie séculière dominante ou à des positions religieuses majoritaires, de nature exclusive. La pleine garantie de la liberté religieuse ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion et donc la possibilité pour les croyants de participer à la construction de l'ordre social. Ils le font effectivement à l'heure actuelle par exemple à travers leur engagement efficace et généreux dans un vaste réseau d'initiatives qui va des Universités, des Instituts scientifiques et des écoles, jusqu'aux structures qui promeuvent la santé et aux organisations caritatives au service des plus pauvres et des laissés-pour-compte. Refuser de reconnaître l'apport à la société qui s'enracine dans la dimension religieuse et dans la recherche de l'Absolu - qui par nature exprime une communion entre les personnes - reviendrait à privilégier dans les faits une approche individualiste et, ce faisant, à fragmenter l'unité de la personne.

Ma présence au sein de cette Assemblée est le signe de mon estime pour les Nations unies et elle veut aussi manifester le souhait que l'Organisation puisse être toujours davantage un signe d'unité entre les États et un instrument au service de toute la famille humaine. Elle manifeste aussi la volonté de l'Église catholique d'apporter sa contribution aux relations internationales d'une manière qui permette à toute personne et à tout peuple de sentir qu'ils ont leur importance. D'une manière qui est en harmonie avec sa contribution au domaine éthique et moral et à la libre activité de sa foi, l'Église travaille aussi à la réalisation de ces objectifs à travers l'activité internationale du Saint-Siège. Le Saint-Siège a en effet toujours eu sa place dans les assemblées des Nations tout en manifestant son caractère spécifique comme sujet dans le domaine international. Comme les Nations unies l'ont récemment confirmé, le Saint-Siège apporte aussi sa contribution selon les dispositions du droit international, aidant à la définition de ce droit et y recourant.
Les Nations unies demeurent un lieu privilégié où l'Église s'efforce de partager son expérience « en humanité », qui a mûri tout au long des siècles parmi les peuples de toute race et de toute culture, et de la mettre à la disposition de tous les membres de la Communauté internationale. Cette expérience et cette activité, qui visent à obtenir la liberté pour tout croyant, cherchent aussi à assurer une protection plus grande aux droits de la personne. Ces droits trouvent leur fondement et leur forme dans la nature transcendante de la personne, qui permet aux hommes et aux femmes d'avancer sur le chemin de la foi et de la recherche de Dieu dans ce monde. Il faut renforcer la reconnaissance de cette dimension si nous voulons soutenir l'espérance de l'humanité en un monde meilleur et si nous voulons créer les conditions pour la paix, le développement, la coopération et la garantie des droits pour les générations à venir.

Dans ma récente encyclique Spe salvi, je rappelais que « la recherche pénible et toujours nouvelle d'ordonnancements droits pour les choses humaines est le devoir de chaque génération » (n. 25). Pour les chrétiens, cette tâche trouve sa justification dans l'espérance qui jaillit de l'oeuvre salvifique de Jésus Christ. C'est pourquoi l'Église est heureuse d'être associée aux activités de cette honorable Organisation qui a la responsabilité de promouvoir la paix et la bonne volonté sur toute la terre. Chers Amis, je vous remercie de m'avoir permis de m'adresser à vous aujourd'hui et je vous promets le soutien de mes prières pour que vous poursuiviez votre noble tâche.

Avant de prendre congé de cette illustre Assemblée, je voudrais adresser mes souhaits dans les langues officielles à toutes les nations qui y sont représentées :

[En anglais; en français; en espagnol; en arabe; en chinois; en russe:]
Paix et prospérité, avec l'aide de Dieu !

_____________________________________

Voici le texte complet des paroles que le Pape a prononcé en improvisant après les voeux du cardinale Bertone, à la cathédrale St.Patrick le 19 avril 2008, car elle sont très belles et décrivent bien la grande humilité, humanité et spiritualité de Benoît XVI.

" En ce moment je peux seulement vous remercier pour votre amour à l`Eglise et à notre Seigneur, vous remercier car vous donnez votre amour au pauvre successeur de Pierre.Je chercherai à faire tout mon possible pour être un digne successeur du grand apôtre,lequel était aussi un homme avec ses défauts et ses péchés, mais qui reste à la fin le rocher pour l`Eglise.Et ainsi moi aussi avec toute ma pauvreté spirituelle je peux être pour ce temps, en vertu de la grâce du Seigneur le successeur de Pierre. Ce sont vos prières et votre amour qui me donnent la certitude que le Seigneur m`aidera dans mon ministère. Je vous suis donc profondément reconnaissant pour votre amour et votre prière."



Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

En m'adressant à cette Assemblée, j'aimerais avant tout vous exprimer, Monsieur le Président, ma vive reconnaissance pour vos aimables paroles. Ma gratitude va aussi au Secrétaire général, Monsieur Ban Ki-moon, qui m'a invité à venir visiter le Siège central de l'Organisation, et pour l'accueil qu'il m'a réservé. Je salue les Ambassadeurs et les diplomates des Pays membres et toutes les personnes présentes. À travers vous, je salue les peuples que vous représentez ici. Ils attendent de cette institution qu'elle mette en oeuvre son inspiration fondatrice, à savoir constituer un « centre pour la coordination de l’activité des Nations unies en vue de parvenir à la réalisation des fins communes » de paix et de développement (cf. Charte des Nations unies, art. 1.2-1.4). Comme le Pape Jean-Paul II l'exprimait en 1995, l'Organisation devrait être un « centre moral, où toutes les nations du monde se sentent chez elles, développant la conscience commune d'être, pour ainsi dire, une famille de nations » (Message à l'Assemblée générale des Nations unies pour le 50e anniversaire de la fondation, New York, 5 octobre 1995).

À travers les Nations unies, les États ont établi des objectifs universels qui, même s'ils ne coïncident pas avec la totalité du bien commun de la famille humaine, n'en représentent pas moins une part fondamentale. Les principes fondateurs de l'Organisation - le désir de paix, le sens de la justice, le respect de la dignité de la personne, la coopération et l'assistance humanitaires - sont l'expression des justes aspirations de l'esprit humain et constituent les idéaux qui devraient sous-tendre les relations internationales. Comme mes prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II l'ont affirmé depuis cette même tribune, tout cela fait partie de réalités que l'Église catholique et le Saint-Siège considèrent avec attention et intérêt, voyant dans votre activité un exemple de la manière dont les problèmes et les conflits qui concernent la communauté mondiale peuvent bénéficier d'une régulation commune. Les Nations unies concrétisent l'aspiration à « un degré supérieur d'organisation à l'échelle internationale » (Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, n. 43), qui doit être inspiré et guidé par le principe de subsidiarité et donc être capable de répondre aux exigences de la famille humaine, grâce à des règles internationales efficaces et à la mise en place de structures aptes à assurer le déroulement harmonieux de la vie quotidienne des peuples. Cela est d'autant plus nécessaire dans le contexte actuel où l'on fait l'expérience du paradoxe évident d'un consensus multilatéral qui continue à être en crise parce qu'il est encore subordonné aux décisions d'un petit nombre, alors que les problèmes du monde exigent, de la part de la communauté internationale, des interventions sous forme d'actions communes.

En effet, les questions de sécurité, les objectifs de développement, la réduction des inégalités au niveau local et mondial, la protection de l'environnement, des ressources et du climat, requièrent que tous les responsables de la vie internationale agissent de concert et soient prêts à travailler en toute bonne foi, dans le respect du droit, pour promouvoir la solidarité dans les zones les plus fragiles de la planète. Je pense en particulier à certains pays d'Afrique et d'autres continents qui restent encore en marge d'un authentique développement intégral, et qui risquent ainsi de ne faire l'expérience que des effets négatifs de la mondialisation. Dans le contexte des relations internationales, il faut reconnaître le rôle primordial des règles et des structures qui, par nature, sont ordonnées à la promotion du bien commun et donc à la sauvegarde de la liberté humaine. Ces régulations ne limitent pas la liberté. Au contraire, elles la promeuvent quand elles interdisent des comportements et des actions qui vont à l'encontre du bien commun, qui entravent son exercice effectif et qui compromettent donc la dignité de toute personne humaine. Au nom de la liberté, il doit y avoir une corrélation entre droits et devoirs, en fonction desquels toute personne est appelée à prendre ses responsabilités dans les choix qu'elle opère, en tenant compte des relations tissées avec les autres. Nous pensons ici à la manière dont les résultats de la recherche scientifique et des avancées technologiques ont parfois été utilisés. Tout en reconnaissant les immenses bénéfices que l'humanité peut en tirer, certaines de leurs applications représentent une violation évidente de l'ordre de la création, au point non seulement d'être en contradiction avec le caractère sacré de la vie, mais d'arriver à priver la personne humaine et la famille de leur identité naturelle. De la même manière, l'action internationale visant à préserver l'environnement et à protéger les différentes formes de vie sur la terre doit non seulement garantir un usage rationnel de la technologie et de la science, mais doit aussi redécouvrir l'authentique image de la création. Il ne s'agira jamais de devoir choisir entre science et éthique, mais bien plutôt d'adopter une méthode scientifique qui soit véritablement respectueuse des impératifs éthiques.


La reconnaissance de l'unité de la famille humaine et l'attention portée à la dignité innée de toute femme et de tout homme reçoivent aujourd'hui un nouvel élan dans le principe de la responsabilité de protéger. Il n'a été défini que récemment, mais il était déjà implicitement présent dès les origines des Nations unies et, actuellement, il caractérise toujours davantage son activité. Tout État a le devoir primordial de protéger sa population contre les violations graves et répétées des droits de l'homme, de même que des conséquences de crises humanitaires liées à des causes naturelles ou provoquées par l'action de l'homme. S'il arrive que les États ne soient pas en mesure d'assurer une telle protection, il revient à la communauté internationale d'intervenir avec les moyens juridiques prévus par la Charte des Nations unies et par d'autres instruments internationaux. L'action de la communauté internationale et de ses institutions, dans la mesure où elle est respectueuse des principes qui fondent l'ordre international, ne devrait jamais être interprétée comme une coercition injustifiée ou comme une limitation de la souveraineté. À l'inverse, c'est l'indifférence ou la non-intervention qui causent de réels dommages. Il faut réaliser une étude approfondie des modalités pour prévenir et gérer les conflits, en utilisant tous les moyens dont dispose l'action diplomatique et en accordant attention et soutien même au plus léger signe de dialogue et de volonté de réconciliation.

Le principe de la « responsabilité de protéger » était considéré par l'antique ius gentium comme le fondement de toute action entreprise par l'autorité envers ceux qui sont gouvernés par elle : à l'époque où le concept d'État national souverain commençait à se développer, le religieux dominicain Francisco De Vitoria, considéré à juste titre comme un précurseur de l'idée des Nations unies, décrivait cette responsabilité comme un aspect de la raison naturelle partagé par toutes les nations, et le fruit d’un droit international dont la tâche était de réguler les relations entre les peuples. Aujourd'hui comme alors, un tel principe doit faire apparaître l'idée de personne comme image du Créateur, ainsi que le désir d'absolu et l'essence de la liberté. Le fondement des Nations unies, nous le savons bien, a coïncidé avec les profonds bouleversements dont a souffert l'humanité lorsque la référence au sens de la transcendance et à la raison naturelle a été abandonnée et que par conséquent la liberté et la dignité humaine furent massivement violées. Dans de telles circonstances, cela menace les fondements objectifs des valeurs qui inspirent et régulent l'ordre international et cela mine les principes intangibles et coercitifs formulés et consolidés par les Nations unies. Face à des défis nouveaux répétés, c’est une erreur de se retrancher derrière une approche pragmatique, limitée à mettre en place des « bases communes », dont le contenu est minimal et dont l'efficacité est faible.

La référence à la dignité humaine, fondement et fin de la responsabilité de protéger, nous introduit dans la note spécifique de cette année, qui marque le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'homme. Ce document était le fruit d'une convergence de différentes traditions culturelles et religieuses, toutes motivées par le désir commun de mettre la personne humaine au centre des institutions, des lois et de l'action des sociétés, et de la considérer comme essentielle pour le monde de la culture, de la religion et de la science. Les droits de l'homme sont toujours plus présentés comme le langage commun et le substrat éthique des relations internationales. Tout comme leur universalité, leur indivisibilité et leur interdépendance sont autant de garanties de protection de la dignité humaine. Mais il est évident que les droits reconnus et exposés dans la Déclaration s'appliquent à tout homme, cela en vertu de l'origine commune des personnes, qui demeure le point central du dessein créateur de Dieu pour le monde et pour l'histoire. Ces droits trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au coeur de l'homme et présente dans les diverses cultures et civilisations. Détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l'interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses. La grande variété des points de vue ne peut pas être un motif pour oublier que ce ne sont pas les droits seulement qui sont universels, mais également la personne humaine, sujet de ces droits.

À la fois nationale et internationale, la vie de la communauté met clairement en évidence que le respect pour les droits et pour les garanties qui leur sont attachées sont la mesure du bien commun, utilisée pour apprécier le rapport entre justice et injustice, développement et pauvreté, sécurité et conflits. La promotion des droits de l'homme demeure la stratégie la plus efficace quand il s'agit de combler les inégalités entre des pays et des groupes sociaux, quand il s'agit aussi de renforcer la sécurité. En effet les victimes de la misère et du désespoir dont la dignité humaine est impunément violée, deviennent des proies faciles pour les tenants du recours à la violence et deviennent à leur tour des destructeurs de paix. Pourtant le bien commun que les droits de l'homme aident à réaliser ne peut pas être atteint en se contentant d'appliquer des procédures correctes ni même en pondérant des droits en opposition. Le mérite de la Déclaration universelle a été d'ouvrir à des cultures, à des expressions juridiques et à des modèles institutionnels divers la possibilité de converger autour d'un noyau fondamental de valeurs et donc de droits : mais c'est un effort qui, de nos jours, doit être encore plus soutenu face à des instances qui cherchent à réinterpréter les fondements de la Déclaration et à compromettre son unité interne pour favoriser le passage de la protection de la dignité humaine à la satisfaction de simples intérêts, souvent particuliers. La Déclaration a été adoptée comme « un idéal commun qui est à atteindre » (Préambule) et elle ne peut pas être utilisée de manière partielle, en suivant des tendances ou en opérant des choix sélectifs qui risquent de contredire l'unité de la personne humaine et donc l'indivisibilité de ses droits.
Nous constatons souvent dans les faits une prédominance de la légalité par rapport à la justice quand se manifeste une attention à la revendication des droits qui va jusqu'à les faire apparaître comme le résultat exclusif de dispositions législatives ou de décisions normatives prises par les diverses instances des autorités en charge. Quand ils sont présentés sous une forme de pure légalité, les droits risquent de devenir des propositions de faible portée, séparés de la dimension éthique et rationnelle qui constitue leur fondement et leur fin. La Déclaration universelle a en effet réaffirmé avec force la conviction que le respect des droits de l'homme s'enracine avant tout sur une justice immuable, sur laquelle la force contraignante des proclamations internationales est aussi fondée. C'est un aspect qui est souvent négligé quand on prétend priver les droits de leur vraie fonction au nom d'une perspective utilitariste étroite. Parce que les droits et les devoirs qui leur sont liés découlent naturellement de l'interaction entre les hommes, il est facile d'oublier qu'ils sont le fruit du sens commun de la justice, fondé avant tout sur la solidarité entre les membres du corps social et donc valable dans tous les temps et pour tous les peuples. C'était une intuition exprimée, dès le Ve siècle après Jésus Christ, par l'un des maîtres de notre héritage intellectuel, Augustin d'Hippone. Il enseignait que « le précepte : 'Ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne le fais pas à autrui' ne peut en aucune façon varier en fonction de la diversité des peuples » (De Doctrina Christiana III, 14). Les droits de l'homme exigent alors d'être respectés parce qu'ils sont l'expression de la justice et non simplement en raison de la force coercitive liée à la volonté des législateurs.

Mesdames et Messieurs,
À mesure que l'on avance dans l'histoire, de nouvelles situations surgissent et l'on cherche à y attacher de nouveaux droits. Le discernement, c'est-à-dire la capacité de distinguer le bien du mal, est encore plus nécessaire quand sont en jeu des exigences qui appartiennent à la vie et à l'action de personnes, de communautés et de peuples. Quand on affronte le thème des droits, qui mettent en jeu des situations importantes et des réalités profondes, le discernement est une vertu à la fois indispensable et féconde.
Le discernement nous amène alors à souligner que laisser aux seuls États, avec leurs lois et leurs institutions, la responsabilité ultime de répondre aux aspirations des personnes, des communautés et de peuples tout entier peut parfois entraîner des conséquences rendant impossible un ordre social respectueux de la dignité de la personne et de ses droits. Par ailleurs, une vision de la vie solidement ancrée dans la dimension religieuse peut permettre d'y parvenir, car la reconnaissance de la valeur transcendante de tout homme et de toute femme favorise la conversion du coeur, ce qui conduit alors à un engagement contre la violence, le terrorisme ou la guerre, et à la promotion de la justice et de la paix. Cela favorise aussi un milieu propice au dialogue interreligieux que les Nations unies sont appelées à soutenir comme elles soutiennent le dialogue dans d'autres domaines de l'activité humaine. Le dialogue doit être reconnu comme le moyen par lequel les diverses composantes de la société peuvent confronter leurs points de vue et réaliser un consensus autour de la vérité concernant des valeurs ou des fins particulières. Il est de la nature des religions librement pratiquées de pouvoir mener de manière autonome un dialogue de la pensée et de la vie. Si, à ce niveau là aussi, la sphère religieuse est séparée de l'action politique, il en ressort également de grands bénéfices pour les personnes individuelles et pour les communautés. D'autre part, les Nations unies peuvent compter sur les fruits du dialogue entre les religions et tirer des bénéfices de la volonté des croyants de mettre leur expérience au service du bien commun. Leur tâche est de proposer une vision de la foi non pas en termes d'intolérance, de discrimination ou de conflit, mais en terme de respect absolu de la vérité, de la coexistence, des droits et de la réconciliation.

Les droits de l'homme doivent évidemment inclure le droit à la liberté religieuse, comprise comme l'expression d'une dimension à la fois individuelle et communautaire, perspective qui fait ressortir l'unité de la personne tout en distinguant clairement entre la dimension du citoyen et celle du croyant. Au cours des dernières années, l'action des Nations unies a permis que le débat public offre des points de vue inspirés par une vision religieuse dans toutes ses dimensions y compris le rite, le culte, l'éducation, la diffusion d'information et la liberté de professer et de choisir sa religion. Il n'est donc pas imaginable que des croyants doivent se priver d'une partie d'eux-mêmes " de leur foi " afin d'être des citoyens actifs. Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits. Il est d'autant plus nécessaire de protéger les droits liés à la religion s'ils sont considérés comme opposés à une idéologie séculière dominante ou à des positions religieuses majoritaires, de nature exclusive. La pleine garantie de la liberté religieuse ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion et donc la possibilité pour les croyants de participer à la construction de l'ordre social. Ils le font effectivement à l'heure actuelle par exemple à travers leur engagement efficace et généreux dans un vaste réseau d'initiatives qui va des Universités, des Instituts scientifiques et des écoles, jusqu'aux structures qui promeuvent la santé et aux organisations caritatives au service des plus pauvres et des laissés-pour-compte. Refuser de reconnaître l'apport à la société qui s'enracine dans la dimension religieuse et dans la recherche de l'Absolu - qui par nature exprime une communion entre les personnes - reviendrait à privilégier dans les faits une approche individualiste et, ce faisant, à fragmenter l'unité de la personne.

Ma présence au sein de cette Assemblée est le signe de mon estime pour les Nations unies et elle veut aussi manifester le souhait que l'Organisation puisse être toujours davantage un signe d'unité entre les États et un instrument au service de toute la famille humaine. Elle manifeste aussi la volonté de l'Église catholique d'apporter sa contribution aux relations internationales d'une manière qui permette à toute personne et à tout peuple de sentir qu'ils ont leur importance. D'une manière qui est en harmonie avec sa contribution au domaine éthique et moral et à la libre activité de sa foi, l'Église travaille aussi à la réalisation de ces objectifs à travers l'activité internationale du Saint-Siège. Le Saint-Siège a en effet toujours eu sa place dans les assemblées des Nations tout en manifestant son caractère spécifique comme sujet dans le domaine international. Comme les Nations unies l'ont récemment confirmé, le Saint-Siège apporte aussi sa contribution selon les dispositions du droit international, aidant à la définition de ce droit et y recourant.
Les Nations unies demeurent un lieu privilégié où l'Église s'efforce de partager son expérience « en humanité », qui a mûri tout au long des siècles parmi les peuples de toute race et de toute culture, et de la mettre à la disposition de tous les membres de la Communauté internationale. Cette expérience et cette activité, qui visent à obtenir la liberté pour tout croyant, cherchent aussi à assurer une protection plus grande aux droits de la personne. Ces droits trouvent leur fondement et leur forme dans la nature transcendante de la personne, qui permet aux hommes et aux femmes d'avancer sur le chemin de la foi et de la recherche de Dieu dans ce monde. Il faut renforcer la reconnaissance de cette dimension si nous voulons soutenir l'espérance de l'humanité en un monde meilleur et si nous voulons créer les conditions pour la paix, le développement, la coopération et la garantie des droits pour les générations à venir.

Dans ma récente encyclique Spe salvi, je rappelais que « la recherche pénible et toujours nouvelle d'ordonnancements droits pour les choses humaines est le devoir de chaque génération » (n. 25). Pour les chrétiens, cette tâche trouve sa justification dans l'espérance qui jaillit de l'oeuvre salvifique de Jésus Christ. C'est pourquoi l'Église est heureuse d'être associée aux activités de cette honorable Organisation qui a la responsabilité de promouvoir la paix et la bonne volonté sur toute la terre. Chers Amis, je vous remercie de m'avoir permis de m'adresser à vous aujourd'hui et je vous promets le soutien de mes prières pour que vous poursuiviez votre noble tâche.

Avant de prendre congé de cette illustre Assemblée, je voudrais adresser mes souhaits dans les langues officielles à toutes les nations qui y sont représentées :

[En anglais; en français; en espagnol; en arabe; en chinois; en russe:]
Paix et prospérité, avec l'aide de Dieu !

_____________________________________

Voici le texte complet des paroles que le Pape a prononcé en improvisant après les voeux du cardinale Bertone, à la cathédrale St.Patrick le 19 avril 2008, car elle sont très belles et décrivent bien la grande humilité, humanité et spiritualité de Benoît XVI.

" En ce moment je peux seulement vous remercier pour votre amour à l`Eglise et à notre Seigneur, vous remercier car vous donnez votre amour au pauvre successeur de Pierre.Je chercherai à faire tout mon possible pour être un digne successeur du grand apôtre,lequel était aussi un homme avec ses défauts et ses péchés, mais qui reste à la fin le rocher pour l`Eglise.Et ainsi moi aussi avec toute ma pauvreté spirituelle je peux être pour ce temps, en vertu de la grâce du Seigneur le successeur de Pierre. Ce sont vos prières et votre amour qui me donnent la certitude que le Seigneur m`aidera dans mon ministère. Je vous suis donc profondément reconnaissant pour votre amour et votre prière."



Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
19/04/2008

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Réflexions

Ces réflexions de Mgr Dagens, évêque d'Angoulême en France et membre de l'Académie française où il dit : «Je ne me résigne pas à la résignation ambiante sur l'avenir du christianisme» peuvent inspirer les catholiques québécois qui vivent eux aussi de tels changements que plusieurs ont envie de baisser les bras.

Quelques pistes évoquées ici pourraient s'appliquer au Québec avec bonheur. Pourquoi pas? Parler de "combativité intérieure" n'est-ce pas une ouverture vers des horizons qui dépassent "l'offre et la demande" dont Mgr Dagens dit: "Nous nous enfermons trop souvent dans la loi de l’offre et de la demande. L’Église serait du côté de l’offre, les autres, du côté de la demande. La demande n’étant pas en accord avec l’offre, il faudrait donc réviser l’offre. C’est idiot !"

L'artisan principal de la « Lettre aux catholiques de France », publiée en 1996 par l'épiscopat français, reconnaît l'affaiblissement institutionnel de l'Église. Mais il récuse les analyses statistiques sur l'avenir du christianisme, qui cachent, à ses yeux, un renouveau en profondeur et actuel de la demande spirituelle

Bonne lecture.



L`OFFRE ET LA DEMANDE
Mgr Claude Dagens, évêque d'Angoulême, a été élu à l'Académie française le 17 avril 2008 au fauteuil de l'historien René Rémond, décédé le 14 avril 2007. Bordelais de naissance, Mgr Dagens, âgé de 67 ans, est évêque d'Angoulême depuis 1993. Il est notamment l'auteur de la "Lettre aux catholiques", une réflexion sur la place de l'Eglise dans la société contemporaine. Ancien élève de l'École normale supérieure et ancien membre de l'École française de Rome, agrégé de l'Université, docteur en lettres et en théologie, Mgr Claude Dagens exerça son ministère de prêtre à Bordeaux, en paroisse et au séminaire interdiocésain, puis à Toulouse, où il enseigna l'histoire des origines chrétiennes tout en étant doyen de la faculté de théologie. Il fut durant six ans évêque auxiliaire de Poitiers, avant d'être nommé évêque d'Angoulême.

La Croix :
Une dizaine d’années après l’enthousiasme suscité par la Lettre aux catholiques de France, la résignation semble dominer la réflexion sur l’avenir des chrétiens. Qu’en pensez-vous ?


Mgr Dagens :
Je conteste le terme d’enthousiasme que vous employez. Car notre Lettre aux catholiques de France a été inégalement reçue : elle est aujourd’hui ignorée de beaucoup, et surtout on l’a parfois comprise comme un bilan du catholicisme français à la fin du XXe siècle, avec une insistance sur notre situation supposée minoritaire.

Pourtant, cette lettre était d’abord un acte de discernement à partir d’une question primordiale : dans les mutations actuelles de la société et de l’Église, qu’est-ce qui s’efface et qu’est-ce qui émerge ? Et comment des catholiques relèvent-ils le défi de la foi ? Ces questions demeurent très actuelles. Et l’obstacle est en effet cette résignation ambiante à laquelle je ne me résigne pas.

Les chiffres sont pourtant implacables…

Nous nous laissons trop facilement déterminer de l’extérieur par des évaluations statistiques : baisse de la pratique religieuse, raréfaction des prêtres, pénurie des vocations, éclatement de la mémoire chrétienne… Ou influencer par une conception de l’Église comme groupe de pression, auquel devraient s’appliquer des catégories sociales et politiques.

Au-delà de ces conditionnements, l’intuition de la Lettre reste toujours valable : quels que soient les difficultés et les obstacles, nous sommes appelés à nous déterminer, non de l’extérieur, mais de l’intérieur de la foi, à partir du premier appel de Jésus à ses disciples, « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. »

Comment vivre concrètement cet appel ?

En appliquant un autre critère, celui du défi. Comme en montagne, il y a deux versants : celui des difficultés et celui des possibilités. Nous avons du mal à les discerner : il y a un affaiblissement incontestable, mais il y a aussi des signes de renouveau en profondeur.

Influencés par des catégories extérieures, beaucoup ne peuvent percevoir ces signes positifs. Dans l’Église, certains catholiques, prêtres et même évêques ne veulent pas les voir… Dans la pauvreté actuelle, se réalise pourtant une recomposition intérieure du tissu de la foi et de l’Église.

Il faut vraiment y croire…

Nous avons peut-être été trop occupés par la réforme des structures régionales et nationales de l’Église. Avec d’autres, je crains que ces réformes nous aient éloignés d’un autre horizon, celui des conditions et des exigences de l’évangélisation. Les conditions c’est que, même en étant moins nombreux, les chrétiens forment l’âme du monde.

Quant aux exigences de l’évangélisation, elles pourraient tenir en deux mots : intériorité et combativité. Madeleine Delbrêl, qui vivait il y a une cinquantaine d’années dans la banlieue de Paris, l’a bien exprimé : la rédemption et l’évangélisation n’arrivent pas de l’extérieur mais passent à travers nous-mêmes, et à travers les gens qui viennent frapper à la porte de l’Église.

Certains courants insistent aujourd’hui sur la combativité intérieure ; ils ont raison, à condition que cette combativité de l’évangélisation soit digne de Jésus. Car Lui ne vient pas de l’extérieur avec la recette de la vie éternelle. Il entre chez Zachée, il parle à la Samaritaine, il marche avec les disciples d’Emmaüs. Cette pastorale du cheminement exige un combat intérieur qui nous appelle à ne pas désespérer quand nous ne sommes pas compris…

Quelles pistes proposez-vous pour l’avenir ?

Le défi est de ne pas nous résigner à n’être que l’Église des catholiques pour les catholiques mais à devenir davantage l’Église catholique du Christ qui n’a pas peur de vivre et d’annoncer le mystère du Christ à tout être humain en attente spirituelle.

Avec quelles priorités ?

Je propose trois pistes. La première consiste à réévaluer l’évangélisation ; il faut décloisonner nos propres catégories. Nous nous enfermons trop souvent dans la loi de l’offre et de la demande. L’Église serait du côté de l’offre, les autres, du côté de la demande. La demande n’étant pas en accord avec l’offre, il faudrait donc réviser l’offre. C’est idiot !

Les demandeurs de Dieu ne sont pas des clients, mais des signes de Dieu. La conversion est certes demandée pour eux mais aussi pour nous-mêmes. Sommes-nous en effet capables de les accueillir et de les aimer comme des signes de Dieu ?


Le deuxième axe touche la liturgie et l’expérience spirituelle. La liturgie est un terrain sensible, mais les signes qu’elle exprime peuvent parler à beaucoup de gens qui ne sont pas familiers du sérail catholique. Il nous faut pratiquer la liturgie non comme un enfermement dans la citadelle catholique mais comme le beau déploiement des signes de la vérité et de l’amour de Dieu.

Lors des baptêmes, des mariages, des obsèques, je suis frappé par l’attention profonde des familles et des personnes présentes : elles sont alors en état d’éveil et d’attente. De même nous ne savons pas assez pratiquer la prière pour elle-même. Non comme un élément parmi d’autres mais comme un temps gratuitement ouvert à Dieu. C’est une demande nouvelle, elle vient des plus jeunes qui attendent ces temps de recueillement et de silence.

Dernier élément, le dialogue. Il y a chez les chrétiens une capacité considérable de relations humaines. Regardez dans les municipalités des villes et villages comme les chrétiens sont sollicités et consultés. Réalisons-nous combien l’Église catholique est profondément liée à d’autres dans notre société laïque ? Il nous faut encore déployer cette capacité de relation.

Une Église idéale existe-t-elle pour demain ?

Il y a une forte tentation à chercher pour demain des solutions immédiates et radicales… Saint Augustin nous a appris à regarder l’Église et la société comme un mélange inextricable. Dieu lui-même a choisi d’habiter notre humanité si mélangée.

De même avons-nous oublié l’eschatologie et sa réalité profonde : l’Éternel est présent dans le temps et les signes du royaume de Dieu sont semés dans la lourde pâte de notre monde. À nous de discerner cette pédagogie divine à base de confiance.

Propos recueillis par Jean-Marie GUENOIS
dans la-Croix.com 11/11/2007 18:35

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Note du webmestre

A propos du dernier livre de Mgr Dagens Méditations sur l'Eglise catholique de France, libre et présente, publié récemnent - avril 2008 - aux éditions du Cerf, on peut lire sur le site de l'éditeur : « Ces paroles de l'apôtre Paul inspirent ce livre qui se présente comme un écho de la grande Méditation sur l'Église du Père Henri de Lubac. Mgr Dagens, qui fut, il y a une dizaine d'années, le maître d'œuvre de la Lettre aux catholiques de France, a voulu livrer dans ces pages son expérience, ses épreuves et ses convictions. En contemplant le travail de Dieu au sein du peuple des baptisés, il montre comment l'Église catholique en France, tout en étant institutionnellement affaiblie, est aussi en état de renouvellement intérieur : elle se reconnaît elle-même non plus comme un bloc, mais comme un corps, peut-être usé ou blessé, mais vivant de la vie du Christ. Elle a le droit de se dire «libre et présente» dans notre société oublieuse de ses racines. Ce livre porte en lui un appel insistant : comprendra-t-on que des temps d'épreuves peuvent être aussi des temps de renaissances, et donc d'espérance ? »

Il est aussi l'auteur de La Nouveauté chrétienne dans la société française. Espoirs et combats d'un évêque (Cerf 2005, Collection L'Histoire à vif), de Le Rosaire de lumière (avec Véronique Margron, Cerf 2003), et de nombreux ouvrages en collaboration.




Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Mgr Claude Dagens, évêque d'Angoulême, a été élu à l'Académie française le 17 avril 2008 au fauteuil de l'historien René Rémond, décédé le 14 avril 2007. Bordelais de naissance, Mgr Dagens, âgé de 67 ans, est évêque d'Angoulême depuis 1993. Il est notamment l'auteur de la "Lettre aux catholiques", une réflexion sur la place de l'Eglise dans la société contemporaine. Ancien élève de l'École normale supérieure et ancien membre de l'École française de Rome, agrégé de l'Université, docteur en lettres et en théologie, Mgr Claude Dagens exerça son ministère de prêtre à Bordeaux, en paroisse et au séminaire interdiocésain, puis à Toulouse, où il enseigna l'histoire des origines chrétiennes tout en étant doyen de la faculté de théologie. Il fut durant six ans évêque auxiliaire de Poitiers, avant d'être nommé évêque d'Angoulême.

La Croix :
Une dizaine d’années après l’enthousiasme suscité par la Lettre aux catholiques de France, la résignation semble dominer la réflexion sur l’avenir des chrétiens. Qu’en pensez-vous ?


Mgr Dagens :
Je conteste le terme d’enthousiasme que vous employez. Car notre Lettre aux catholiques de France a été inégalement reçue : elle est aujourd’hui ignorée de beaucoup, et surtout on l’a parfois comprise comme un bilan du catholicisme français à la fin du XXe siècle, avec une insistance sur notre situation supposée minoritaire.

Pourtant, cette lettre était d’abord un acte de discernement à partir d’une question primordiale : dans les mutations actuelles de la société et de l’Église, qu’est-ce qui s’efface et qu’est-ce qui émerge ? Et comment des catholiques relèvent-ils le défi de la foi ? Ces questions demeurent très actuelles. Et l’obstacle est en effet cette résignation ambiante à laquelle je ne me résigne pas.

Les chiffres sont pourtant implacables…

Nous nous laissons trop facilement déterminer de l’extérieur par des évaluations statistiques : baisse de la pratique religieuse, raréfaction des prêtres, pénurie des vocations, éclatement de la mémoire chrétienne… Ou influencer par une conception de l’Église comme groupe de pression, auquel devraient s’appliquer des catégories sociales et politiques.

Au-delà de ces conditionnements, l’intuition de la Lettre reste toujours valable : quels que soient les difficultés et les obstacles, nous sommes appelés à nous déterminer, non de l’extérieur, mais de l’intérieur de la foi, à partir du premier appel de Jésus à ses disciples, « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. »

Comment vivre concrètement cet appel ?

En appliquant un autre critère, celui du défi. Comme en montagne, il y a deux versants : celui des difficultés et celui des possibilités. Nous avons du mal à les discerner : il y a un affaiblissement incontestable, mais il y a aussi des signes de renouveau en profondeur.

Influencés par des catégories extérieures, beaucoup ne peuvent percevoir ces signes positifs. Dans l’Église, certains catholiques, prêtres et même évêques ne veulent pas les voir… Dans la pauvreté actuelle, se réalise pourtant une recomposition intérieure du tissu de la foi et de l’Église.

Il faut vraiment y croire…

Nous avons peut-être été trop occupés par la réforme des structures régionales et nationales de l’Église. Avec d’autres, je crains que ces réformes nous aient éloignés d’un autre horizon, celui des conditions et des exigences de l’évangélisation. Les conditions c’est que, même en étant moins nombreux, les chrétiens forment l’âme du monde.

Quant aux exigences de l’évangélisation, elles pourraient tenir en deux mots : intériorité et combativité. Madeleine Delbrêl, qui vivait il y a une cinquantaine d’années dans la banlieue de Paris, l’a bien exprimé : la rédemption et l’évangélisation n’arrivent pas de l’extérieur mais passent à travers nous-mêmes, et à travers les gens qui viennent frapper à la porte de l’Église.

Certains courants insistent aujourd’hui sur la combativité intérieure ; ils ont raison, à condition que cette combativité de l’évangélisation soit digne de Jésus. Car Lui ne vient pas de l’extérieur avec la recette de la vie éternelle. Il entre chez Zachée, il parle à la Samaritaine, il marche avec les disciples d’Emmaüs. Cette pastorale du cheminement exige un combat intérieur qui nous appelle à ne pas désespérer quand nous ne sommes pas compris…

Quelles pistes proposez-vous pour l’avenir ?

Le défi est de ne pas nous résigner à n’être que l’Église des catholiques pour les catholiques mais à devenir davantage l’Église catholique du Christ qui n’a pas peur de vivre et d’annoncer le mystère du Christ à tout être humain en attente spirituelle.

Avec quelles priorités ?

Je propose trois pistes. La première consiste à réévaluer l’évangélisation ; il faut décloisonner nos propres catégories. Nous nous enfermons trop souvent dans la loi de l’offre et de la demande. L’Église serait du côté de l’offre, les autres, du côté de la demande. La demande n’étant pas en accord avec l’offre, il faudrait donc réviser l’offre. C’est idiot !

Les demandeurs de Dieu ne sont pas des clients, mais des signes de Dieu. La conversion est certes demandée pour eux mais aussi pour nous-mêmes. Sommes-nous en effet capables de les accueillir et de les aimer comme des signes de Dieu ?


Le deuxième axe touche la liturgie et l’expérience spirituelle. La liturgie est un terrain sensible, mais les signes qu’elle exprime peuvent parler à beaucoup de gens qui ne sont pas familiers du sérail catholique. Il nous faut pratiquer la liturgie non comme un enfermement dans la citadelle catholique mais comme le beau déploiement des signes de la vérité et de l’amour de Dieu.

Lors des baptêmes, des mariages, des obsèques, je suis frappé par l’attention profonde des familles et des personnes présentes : elles sont alors en état d’éveil et d’attente. De même nous ne savons pas assez pratiquer la prière pour elle-même. Non comme un élément parmi d’autres mais comme un temps gratuitement ouvert à Dieu. C’est une demande nouvelle, elle vient des plus jeunes qui attendent ces temps de recueillement et de silence.

Dernier élément, le dialogue. Il y a chez les chrétiens une capacité considérable de relations humaines. Regardez dans les municipalités des villes et villages comme les chrétiens sont sollicités et consultés. Réalisons-nous combien l’Église catholique est profondément liée à d’autres dans notre société laïque ? Il nous faut encore déployer cette capacité de relation.

Une Église idéale existe-t-elle pour demain ?

Il y a une forte tentation à chercher pour demain des solutions immédiates et radicales… Saint Augustin nous a appris à regarder l’Église et la société comme un mélange inextricable. Dieu lui-même a choisi d’habiter notre humanité si mélangée.

De même avons-nous oublié l’eschatologie et sa réalité profonde : l’Éternel est présent dans le temps et les signes du royaume de Dieu sont semés dans la lourde pâte de notre monde. À nous de discerner cette pédagogie divine à base de confiance.

Propos recueillis par Jean-Marie GUENOIS
dans la-Croix.com 11/11/2007 18:35

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Note du webmestre

A propos du dernier livre de Mgr Dagens Méditations sur l'Eglise catholique de France, libre et présente, publié récemnent - avril 2008 - aux éditions du Cerf, on peut lire sur le site de l'éditeur : « Ces paroles de l'apôtre Paul inspirent ce livre qui se présente comme un écho de la grande Méditation sur l'Église du Père Henri de Lubac. Mgr Dagens, qui fut, il y a une dizaine d'années, le maître d'œuvre de la Lettre aux catholiques de France, a voulu livrer dans ces pages son expérience, ses épreuves et ses convictions. En contemplant le travail de Dieu au sein du peuple des baptisés, il montre comment l'Église catholique en France, tout en étant institutionnellement affaiblie, est aussi en état de renouvellement intérieur : elle se reconnaît elle-même non plus comme un bloc, mais comme un corps, peut-être usé ou blessé, mais vivant de la vie du Christ. Elle a le droit de se dire «libre et présente» dans notre société oublieuse de ses racines. Ce livre porte en lui un appel insistant : comprendra-t-on que des temps d'épreuves peuvent être aussi des temps de renaissances, et donc d'espérance ? »

Il est aussi l'auteur de La Nouveauté chrétienne dans la société française. Espoirs et combats d'un évêque (Cerf 2005, Collection L'Histoire à vif), de Le Rosaire de lumière (avec Véronique Margron, Cerf 2003), et de nombreux ouvrages en collaboration.




Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
17/04/2008

Réflexions

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Edito

« Christ est ressuscité! Vraiment ressuscité, vous dites? » La résurrection! C’est quoi? Très difficile d’en parler. Voici quelques réflexions qui m'ont inspiré en ce temps de Pâques à la lecture des textes de l'octave de Pâques..



LA RÉSURRECTION C'EST QUOI?
Les philosophes et les scientifiques restent impuissants pour répondre à la question de la résurrection, alors que sur une question comme celle du mal et de la souffrance dans le monde, ils réfléchissent sagement et construisent des théories basées sur des observations rationnelles. L'approche intellectuelle, reconnaissons-le, peut apporter beaucoup sur une question comme celle-là, alors que pour la résurrection, elle doit déclarer forfait.

Les chrétiens, de leur côté, utilisent avec profit une approche factuelle intéressante lorsqu'ils méditent sur la Passion du Christ, par exemple. Qu'on pense au film de Mel Gilson intitulé « La Passion », à « Jésus de Nazareth » de Franco Zeffirelli ou encore à la dévotion au Chemin de Croix dont les 14 stations sont représentées dans chacune de nos églises et chapelles.

Mais avez-vous remarqué, il n'y a pas de « Chemin de Résurrection ».

Pourquoi? C'est une bonne question. Et poser la question, nous amène à chercher une réponse.

J'ai trouvé une piste de réponse, je crois, dans les textes du début des Actes des apôtres que nous lisons tout au cours de l'Octave de Pâques. Je vous la partage bien simplement.

La résurrection n'est pas un objet d'étude, c'est une expérience de rencontre. C'est à cette rencontre que nous renvoie le dernier chapitre de l'évangile de Marc. Marie Madeleine, les disciples en chemin pour aller à la campagne (probablement une référence aux disciples d'Emmaüs dont parle l'évangile de Luc au chapitre 24, versets 13 à 33), les Onze rencontrent le Ressuscité. Dans la foi, ils le reconnaissent. Ils vivent sa présence d'une façon nouvelle.

Voici, sommairement dit, ce qu'est la résurrection : vivre une rencontre avec le Christ Ressuscité sous un mode personnel dans la foi.

Comment peut se faire une telle rencontre? Voilà une belle question. Les textes des Actes des apôtres nous enseignent qu'on ne peut vivre cette expérience de la rencontre du Ressuscité que dans une ouverture totale à l'Esprit. C'est Lui qui nous fait reconnaître que ce Jésus qui a été crucifié, Dieu l'a relevé et rendu puissant pour nous sauver » (Rm 1, 2-4 et Ep 1,20-23.

« Convertissez-vous, vous recevrez alors de don du Saint-Esprit » dit Pierre aux personnes rassemblées autour des apôtres à la Pentecôte. Souvenez-vous donc toujours de ceci : c'est l'Esprit qui ouvre les yeux de ceux et celles qui voient et rencontrent le Ressuscité. L'abandon sans condition à l'action de l'Esprit en nous ouvre sur une plénitude de vie avec le Christ ressuscité où nous sommes « vivants pour Dieu en Jésus-Christ » (Rm 6, 11).

Je termine ce mot en soulignant que les récits des apparitions du Christ ressuscité notent souvent une première réaction d'incrédulité. « Quand ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle [Marie Madeleine] l'avait vu, ils refusèrent de croire. » « Ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. » « Il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. » (Mc 16, 10 ss)

Vous voyez. La rencontre n'advient pas par les raisonnements et les preuves. Elle est impalpable. Pensez à vos rencontres les plus belles : dans l'amour entre conjoints, dans le don total, dans la compassion etc. Ainsi de la rencontre avec le Ressuscité. Elle se fait lorsque les yeux de la foi s'ouvrent sur une présence autre, transformante et resplendissante. « Mystère de la foi ».

Mgr Hermann Giguère P.H.
Séminaire de Québec

Les philosophes et les scientifiques restent impuissants pour répondre à la question de la résurrection, alors que sur une question comme celle du mal et de la souffrance dans le monde, ils réfléchissent sagement et construisent des théories basées sur des observations rationnelles. L'approche intellectuelle, reconnaissons-le, peut apporter beaucoup sur une question comme celle-là, alors que pour la résurrection, elle doit déclarer forfait.

Les chrétiens, de leur côté, utilisent avec profit une approche factuelle intéressante lorsqu'ils méditent sur la Passion du Christ, par exemple. Qu'on pense au film de Mel Gilson intitulé « La Passion », à « Jésus de Nazareth » de Franco Zeffirelli ou encore à la dévotion au Chemin de Croix dont les 14 stations sont représentées dans chacune de nos églises et chapelles.

Mais avez-vous remarqué, il n'y a pas de « Chemin de Résurrection ».

Pourquoi? C'est une bonne question. Et poser la question, nous amène à chercher une réponse.

J'ai trouvé une piste de réponse, je crois, dans les textes du début des Actes des apôtres que nous lisons tout au cours de l'Octave de Pâques. Je vous la partage bien simplement.

La résurrection n'est pas un objet d'étude, c'est une expérience de rencontre. C'est à cette rencontre que nous renvoie le dernier chapitre de l'évangile de Marc. Marie Madeleine, les disciples en chemin pour aller à la campagne (probablement une référence aux disciples d'Emmaüs dont parle l'évangile de Luc au chapitre 24, versets 13 à 33), les Onze rencontrent le Ressuscité. Dans la foi, ils le reconnaissent. Ils vivent sa présence d'une façon nouvelle.

Voici, sommairement dit, ce qu'est la résurrection : vivre une rencontre avec le Christ Ressuscité sous un mode personnel dans la foi.

Comment peut se faire une telle rencontre? Voilà une belle question. Les textes des Actes des apôtres nous enseignent qu'on ne peut vivre cette expérience de la rencontre du Ressuscité que dans une ouverture totale à l'Esprit. C'est Lui qui nous fait reconnaître que ce Jésus qui a été crucifié, Dieu l'a relevé et rendu puissant pour nous sauver » (Rm 1, 2-4 et Ep 1,20-23.

« Convertissez-vous, vous recevrez alors de don du Saint-Esprit » dit Pierre aux personnes rassemblées autour des apôtres à la Pentecôte. Souvenez-vous donc toujours de ceci : c'est l'Esprit qui ouvre les yeux de ceux et celles qui voient et rencontrent le Ressuscité. L'abandon sans condition à l'action de l'Esprit en nous ouvre sur une plénitude de vie avec le Christ ressuscité où nous sommes « vivants pour Dieu en Jésus-Christ » (Rm 6, 11).

Je termine ce mot en soulignant que les récits des apparitions du Christ ressuscité notent souvent une première réaction d'incrédulité. « Quand ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle [Marie Madeleine] l'avait vu, ils refusèrent de croire. » « Ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. » « Il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. » (Mc 16, 10 ss)

Vous voyez. La rencontre n'advient pas par les raisonnements et les preuves. Elle est impalpable. Pensez à vos rencontres les plus belles : dans l'amour entre conjoints, dans le don total, dans la compassion etc. Ainsi de la rencontre avec le Ressuscité. Elle se fait lorsque les yeux de la foi s'ouvrent sur une présence autre, transformante et resplendissante. « Mystère de la foi ».

Mgr Hermann Giguère P.H.
Séminaire de Québec

Documents

Avertissement. Ces textes doivent se lire avec respect. Ils dérangent, comme le Jardin des Oliviers et le "Père, pourquoi, m'as-tu abandonné?". Ils ouvrent la porte sur le mystère de la rencontre de Dieu dans la foi pure. "Nuit des émotions - Nuit des sens", "Nuit de l'esprit - Nuit de la foi", "Nuit de la transcendance - Nuit de Dieu", dirait saint Jean de la Croix.

¡Oh noche que guiaste!
¡Oh noche amable más que la alborada!
¡Oh noche que juntaste
Amado con amada,
amada en el Amado transformada!

Que bien sé yo la fonte que mana y corre, aunque es de noche.

(voir traduction à la fin)

Bonne méditation pour votre Semaine Sainte !



LA NUIT DE MERE TERESA
Extraits des lettres de Mère Teresa


« Parce que Jésus le veut »

« Pendant cette année très souvent j'ai ardemment désiré être toute à Jésus et faire que d'autres âmes " surtout indiennes, viennent et L'aiment avec ferveur " m'identifier moi-même complètement aux Indiennes, et ainsi L'aimer comme Il n'a jamais été aimé. Je pensais que c'était un de mes nombreux désirs fous. J'ai lu la vie de sainte M. Cabrini (NDLR : missionnaire italienne du XIXe s., première sainte des États-Unis). " Elle a tant fait pour les Américains parce qu'elle est devenue une des leurs. Pourquoi ne puis-je pas faire pour l'Inde ce qu'elle a fait pour l'Amérique ? Elle n'a pas attendu que les âmes viennent à elle " elle est allée à elles avec ses ouvrières zélées. Pourquoi ne puis-je pas faire la même chose pour Lui ici ? Il y a tant d'âmes " pures " saintes qui désirent ne se donner qu'à Dieu. Les ordres européens sont trop riches pour elles. " Ils reçoivent plus qu'ils ne donnent. " "N'aiderais-tu pas." Comment puis-je ? J'ai été et je suis très heureuse en tant que soeur de Lorette. " Quitter ce que j'aime et m'exposer à de nouveaux travaux et à de nouvelles souffrances qui seront grandes, être la risée de tant de gens " surtout religieux " pour m'attacher et choisir délibérément les rigueurs d'une vie indienne " la solitude et l'ignominie " l'incertitude " et tout le reste parce que Jésus le veut " parce que quelque chose m'appelle à "tout quitter et à en rassembler quelques-unes " à vivre Sa vie " à faire Son oeuvre en Inde." Ces pensées ont été la cause de bien des souffrances " mais la voix répétait toujours "Refuseras-tu." ()

J'ai longtemps prié " j'ai tant prié " j'ai demandé à notre Mère Marie de demander à Jésus d'éloigner tout cela de moi. Plus je priais " plus la voix devenait claire dans mon coeur alors j'ai prié pour qu'Il fasse tout ce qu'Il voulait de moi. Il demandait encore et encore. Puis une nouvelle fois la voix a été très claire " "Tu disais toujours "faites de moi tout ce qu'il Vous plaira"" Maintenant Je veux agir " laisse-Moi faire " Ma petite Épouse " Ma toute petite. " Ne crains pas " Je serai toujours avec toi. " Tu souffriras et tu souffres à présent " mais si tu es Ma petite Épouse " l'Épouse de Jésus Crucifié " il te faudra endurer ces tourments dans ton coeur. " Laisse-Moi agir " Ne Me refuse rien " Fais-Moi tendrement confiance " fais-Moi aveuglément confiance. » ()

Voilà ce qui s'est passé entre Lui et moi pendant ces jours où j'ai tant prié. »

(Lettre à Mgr Périer, archevêquede Calcutta, janvier 1947 p. 69-72)

« Il y a en moi des ténèbres si terribles »

« Excellence,

() S'il vous plaît priez spécialement pour moi afin que je ne gâche pas Son oeuvre et que Notre Seigneur puisse Se montrer car il y a en moi des ténèbres si terribles, comme si tout était mort. C''est plus ou moins comme cela depuis le moment où j'ai commencé l'oeuvre. Demandez à Notre Seigneur de me donner du courage. Je vous en prie donnez-nous votre bénédiction. »

(Lettre à Mgr Périer,mars 1953 p. 178.)

« Où est ma foi ? »
« Matière de confession
Dans les ténèbres ()

Seigneur, mon Dieu, qui suis-je pour que Vous me rejetiez ? L'enfant de Votre amour et maintenant devenue comme la plus haïe, celle que Vous avez rejetée telle une indésirable, pas aimée. J'appelle, je m'accroche, je veux , et il n'y a personne pour me répondre, personne à qui me raccrocher, non, personne. Seule. Les ténèbres sont si sombres et je suis seule. Indésirable, abandonnée. La solitude du coeur qui veut de l'amour est insoutenable.Où est ma foi ? Même au plus profond, tout au fond, il n'y a rien d'autre que le vide et l'obscurité. Mon Dieu qu'elle est douloureuse, cette souffrance inconnue. Cela fait mal sans cesse. Je n'ai pas la foi. Je n'ose pas prononcer les mots et les pensées qui se bousculent dans mon coeur et me font souffrir une indicible agonie. Tant de questions sans réponses vivent en moi j,ai peur de les dévoiler à cause du blasphème Si Dieu est, s'il Vous plaît pardonnez-moi. Ayez confiance tout se terminera au Ciel avec Jésus. Lorsque j,essaie d'élever mes pensées vers le Ciel il y a un vide si accusateur que ces mêmes pensées retombent comme des couteaux acérés et blessent mon âme elle-même. L'amour le mot n'apporte rien. On me dit que Dieu m'aime et pourtant la réalité de l'obscurité, du froid et du vide est si grande que rien ne touche mon âme. Avant que l'oeuvre ne commence il y avait tant d'union d'amour de foi de confiance de prière de sacrifice. Ai-je commis une erreur en me livrant aveuglément à l'appel du Sacré-Coeur ? Je ne doute pas de l'oeuvre parce que je suis convaincue qu'elle est Sienne et non mienne. Je ne sens pas pas même la moindre pensée ni tentation n'entre dans mon coeur pour m'attribuer quoi que ce soit dans cette oeuvre.

Tout le temps souriante. Les Soeurs et les gens font ces remarques. Ils croient que ma foi, la confiance et l'amour envahissent tout mon être et que l'intimité avec Dieu et l'union à Sa volonté doivent imprégner mon coeur. S'ils pouvaient seulement savoir et combien ma gaieté est le manteau sous lequel je couvre le vide et la misère. En dépit de tout cette obscurité et ce vide ne sont pas aussi douloureux que le désir de Dieu. Cette contradiction j'en ai peur va me déséquilibrer. Qu'êtes-Vous en train de faire, mon Dieu, à quelqu'un de si petit ? Lorsque Vous m'avez demandé d'imprimer Votre Passion sur mon coeur est-ce là la réponse ?

Si cela Vous apporte quelque gloire, si Vous en tirez une goutte de joie si cela Vous amène des âmes si ma souffrance apaise Votre Soif me voici Seigneur, avec joie j'accepte tout jusqu'à la fin de la vie et je sourirai à Votre Face Cachée toujours. »

(Texte de prière, communiqué en 1959 au P. Picachy, son confesseur p. 218-219.)

« Aimer sans être aimée »

« Cher Père J. Neuner,

() J'attends avec impatience ma visite à Bombay. Les grandes assemblées ont un effet terrible sur moi, elles me rendent malade. C'est un véritable sacrifice et un acte d'obéissance aveugle pour moi. Je viendrais avec plaisir à Pune pour demander à ces 400 théologiens de prier pour moi et pour nos Soeurs, mais votre proposition de leur parler me glace. Vous m'avez écrit de ne pas répondre NON avant d'y réfléchir. Le fruit de ma réflexion c'est de demander à Son Excellence ce qu'il souhaite. Si c'est oui je ferai ce que vous voulez que je fasse je viendrai leur parler de la belle oeuvre de Dieu.

Non, Père, je ne suis pas seule. J'ai Ses ténèbres j'ai Sa souffrance j,ai ce terrible désir de Dieu d'aimer sans être aimée. Je sais que j'ai Jésus dans cette union ininterrompue car dans ma volonté, mon esprit est fixé sur Lui et dans Lui seul.

Au cas où je ne viendrais pas à Pune je vous en prie ne vous donnez pas le mal de vous rendre jusqu'à Bombay, car cela ne vaut pas votre voyage si vous venez et que je n'ai rien à dire. Ces jours-ci Il m'a pris aussi cela. Alors je Lui offre un grand sourire en retour. Merci à Dieu qui S'abaisse encore pour prendre quelque chose de moi. br />
Je vous enverrai une carte postale si Son Excellence dit oui.

Priez pour moi. »

(Lettre au P. Neuner, jésuite,son directeur spirituel,octobre 1961 p. 259.)

« Je n,ai pas peur »

« Cher Père,

C'est très gentil à vous d'être venu et de m''avoir donné autant de votre temps car vous avez bien d'autres âmes plus dignes de votre sollicitude et de votre amour que la mienne, qui est si petite et si vide et si faible.

Pardonnez-moi de vous avoir demandé de venir et de ne vous avoir rien dit. Cela vous montre combien mon âme est terriblement vide mais je n'ai pas peur. Il a fait pour moi des merveilles Saint est Son Nom. Priez pour moi afin que dans ces ténèbres je n'allume pas ma propre lumière ni ne remplisse ce vide de moi-même. De toute ma volonté je ne veux que Jésus.

Père, je voulais vous dire combien mon âme désire ardemment Dieu seulement Lui, combien il est douloureux d'être sans Lui combien mes pensées ne sont que les Soeurs et les Pauvres. Est-ce de la distraction (ou) ces pensées sont-elles la cause de ma prière ? Elles sont ma prière elles sont ma vie même. Je les aime autant que j'aime Jésus et maintenant comme je n'aime pas Jésus je ne les aime pas non plus. Je sais que ce ne sont que des sentiments car ma volonté est fermement liée à Jésus et donc aussi aux Soeurs et aux Pauvres. »

(Lettre au P. Neuner,juillet 1967 p. 294.)

« N'ayez pas peur »

« Je sais ce que vous ressentez c'est vraiment la pleine signification de la pauvreté de Jésus. Lui qui s'est fait pauvre, de riche qu'Il était. Les richesses qu'Il avait en compagnie de Son Père, il y a renoncé en devenant un homme semblable à nous en toutes choses à l'exception du péché. Vous aussi vous faites l'expérience de ce renoncement par amour de Lui. N'ayez pas peur. Tout ira bien. Le grain doit mourir afin de porter du fruit. Je suis plus que sûre que Jésus veut que les M.W. (Missionary Brothers of the Word Frères Missionnaires de la Parole) existent et cette solitude est le commencement d'un grand amour. Vous n'êtes pas seul Jésus et vous. (Le) Tabernacle est le plus beau signe que vous puissiez regarder quand vous vous sentez seul. N'ayez pas peur. Il est là malgré les ténèbres et l'échec. C'est comme pour Jésus au jardin des Oliviers. Ne pouviez-vous pas veiller une heure ? Il s'est senti si seul cette nuit-là. N'ayez pas peur. Mettez votre main dans la main de Notre-Dame et marchez avec elle.

(Lettre au P. Sebastian,Missionnaire de la Charité,octobre 1979 p. 329-330.)

Mère Teresa de Calcutta a été béatifiée par le pape Jean-Paul II lors de la Journée Mondiale des Missions, dimanche, le 19 octobre 2003 et canonisée par le pape François le 4 septembre 2016 à Rome.

Traduction des citations de saint Jean de la Croix

Oh, nuit qui fus ma conductrice!
Oh, nuit qu'à l'aube je préfère!
Oh, nuit qui sus si bien unir
L'Amant avec la bien-aimée,
L'amante en l'Amant tranformée!

Je sais une source qui jaillit et s'écoule, mais c'est au profond de la nuit.


"...Jésus en croix reprendra aussi des paroles extrêmes qu'un psalmiste a osé écrire et proposer comme prière ; il criera : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Ps 22, 2). Les paroles extrêmes du désespoir extrême, Jésus les fait siennes. Ainsi, il n'y a plus un extrême dans nos vies et dans nos paroles qui ne soit visité par le Christ, qui ne puisse être exprimé par Lui." (Frère Philippe Lefebvre o.p. dans Retraite dans la ville le 19 mars 2008)


Publié le 14 mars 2008.

Tiré du blog d'Hermann Giguère cliquez ici.
Extraits des lettres de Mère Teresa


« Parce que Jésus le veut »

« Pendant cette année très souvent j'ai ardemment désiré être toute à Jésus et faire que d'autres âmes " surtout indiennes, viennent et L'aiment avec ferveur " m'identifier moi-même complètement aux Indiennes, et ainsi L'aimer comme Il n'a jamais été aimé. Je pensais que c'était un de mes nombreux désirs fous. J'ai lu la vie de sainte M. Cabrini (NDLR : missionnaire italienne du XIXe s., première sainte des États-Unis). " Elle a tant fait pour les Américains parce qu'elle est devenue une des leurs. Pourquoi ne puis-je pas faire pour l'Inde ce qu'elle a fait pour l'Amérique ? Elle n'a pas attendu que les âmes viennent à elle " elle est allée à elles avec ses ouvrières zélées. Pourquoi ne puis-je pas faire la même chose pour Lui ici ? Il y a tant d'âmes " pures " saintes qui désirent ne se donner qu'à Dieu. Les ordres européens sont trop riches pour elles. " Ils reçoivent plus qu'ils ne donnent. " "N'aiderais-tu pas." Comment puis-je ? J'ai été et je suis très heureuse en tant que soeur de Lorette. " Quitter ce que j'aime et m'exposer à de nouveaux travaux et à de nouvelles souffrances qui seront grandes, être la risée de tant de gens " surtout religieux " pour m'attacher et choisir délibérément les rigueurs d'une vie indienne " la solitude et l'ignominie " l'incertitude " et tout le reste parce que Jésus le veut " parce que quelque chose m'appelle à "tout quitter et à en rassembler quelques-unes " à vivre Sa vie " à faire Son oeuvre en Inde." Ces pensées ont été la cause de bien des souffrances " mais la voix répétait toujours "Refuseras-tu." ()

J'ai longtemps prié " j'ai tant prié " j'ai demandé à notre Mère Marie de demander à Jésus d'éloigner tout cela de moi. Plus je priais " plus la voix devenait claire dans mon coeur alors j'ai prié pour qu'Il fasse tout ce qu'Il voulait de moi. Il demandait encore et encore. Puis une nouvelle fois la voix a été très claire " "Tu disais toujours "faites de moi tout ce qu'il Vous plaira"" Maintenant Je veux agir " laisse-Moi faire " Ma petite Épouse " Ma toute petite. " Ne crains pas " Je serai toujours avec toi. " Tu souffriras et tu souffres à présent " mais si tu es Ma petite Épouse " l'Épouse de Jésus Crucifié " il te faudra endurer ces tourments dans ton coeur. " Laisse-Moi agir " Ne Me refuse rien " Fais-Moi tendrement confiance " fais-Moi aveuglément confiance. » ()

Voilà ce qui s'est passé entre Lui et moi pendant ces jours où j'ai tant prié. »

(Lettre à Mgr Périer, archevêquede Calcutta, janvier 1947 p. 69-72)

« Il y a en moi des ténèbres si terribles »

« Excellence,

() S'il vous plaît priez spécialement pour moi afin que je ne gâche pas Son oeuvre et que Notre Seigneur puisse Se montrer car il y a en moi des ténèbres si terribles, comme si tout était mort. C''est plus ou moins comme cela depuis le moment où j'ai commencé l'oeuvre. Demandez à Notre Seigneur de me donner du courage. Je vous en prie donnez-nous votre bénédiction. »

(Lettre à Mgr Périer,mars 1953 p. 178.)

« Où est ma foi ? »
« Matière de confession
Dans les ténèbres ()

Seigneur, mon Dieu, qui suis-je pour que Vous me rejetiez ? L'enfant de Votre amour et maintenant devenue comme la plus haïe, celle que Vous avez rejetée telle une indésirable, pas aimée. J'appelle, je m'accroche, je veux , et il n'y a personne pour me répondre, personne à qui me raccrocher, non, personne. Seule. Les ténèbres sont si sombres et je suis seule. Indésirable, abandonnée. La solitude du coeur qui veut de l'amour est insoutenable.Où est ma foi ? Même au plus profond, tout au fond, il n'y a rien d'autre que le vide et l'obscurité. Mon Dieu qu'elle est douloureuse, cette souffrance inconnue. Cela fait mal sans cesse. Je n'ai pas la foi. Je n'ose pas prononcer les mots et les pensées qui se bousculent dans mon coeur et me font souffrir une indicible agonie. Tant de questions sans réponses vivent en moi j,ai peur de les dévoiler à cause du blasphème Si Dieu est, s'il Vous plaît pardonnez-moi. Ayez confiance tout se terminera au Ciel avec Jésus. Lorsque j,essaie d'élever mes pensées vers le Ciel il y a un vide si accusateur que ces mêmes pensées retombent comme des couteaux acérés et blessent mon âme elle-même. L'amour le mot n'apporte rien. On me dit que Dieu m'aime et pourtant la réalité de l'obscurité, du froid et du vide est si grande que rien ne touche mon âme. Avant que l'oeuvre ne commence il y avait tant d'union d'amour de foi de confiance de prière de sacrifice. Ai-je commis une erreur en me livrant aveuglément à l'appel du Sacré-Coeur ? Je ne doute pas de l'oeuvre parce que je suis convaincue qu'elle est Sienne et non mienne. Je ne sens pas pas même la moindre pensée ni tentation n'entre dans mon coeur pour m'attribuer quoi que ce soit dans cette oeuvre.

Tout le temps souriante. Les Soeurs et les gens font ces remarques. Ils croient que ma foi, la confiance et l'amour envahissent tout mon être et que l'intimité avec Dieu et l'union à Sa volonté doivent imprégner mon coeur. S'ils pouvaient seulement savoir et combien ma gaieté est le manteau sous lequel je couvre le vide et la misère. En dépit de tout cette obscurité et ce vide ne sont pas aussi douloureux que le désir de Dieu. Cette contradiction j'en ai peur va me déséquilibrer. Qu'êtes-Vous en train de faire, mon Dieu, à quelqu'un de si petit ? Lorsque Vous m'avez demandé d'imprimer Votre Passion sur mon coeur est-ce là la réponse ?

Si cela Vous apporte quelque gloire, si Vous en tirez une goutte de joie si cela Vous amène des âmes si ma souffrance apaise Votre Soif me voici Seigneur, avec joie j'accepte tout jusqu'à la fin de la vie et je sourirai à Votre Face Cachée toujours. »

(Texte de prière, communiqué en 1959 au P. Picachy, son confesseur p. 218-219.)

« Aimer sans être aimée »

« Cher Père J. Neuner,

() J'attends avec impatience ma visite à Bombay. Les grandes assemblées ont un effet terrible sur moi, elles me rendent malade. C'est un véritable sacrifice et un acte d'obéissance aveugle pour moi. Je viendrais avec plaisir à Pune pour demander à ces 400 théologiens de prier pour moi et pour nos Soeurs, mais votre proposition de leur parler me glace. Vous m'avez écrit de ne pas répondre NON avant d'y réfléchir. Le fruit de ma réflexion c'est de demander à Son Excellence ce qu'il souhaite. Si c'est oui je ferai ce que vous voulez que je fasse je viendrai leur parler de la belle oeuvre de Dieu.

Non, Père, je ne suis pas seule. J'ai Ses ténèbres j'ai Sa souffrance j,ai ce terrible désir de Dieu d'aimer sans être aimée. Je sais que j'ai Jésus dans cette union ininterrompue car dans ma volonté, mon esprit est fixé sur Lui et dans Lui seul.

Au cas où je ne viendrais pas à Pune je vous en prie ne vous donnez pas le mal de vous rendre jusqu'à Bombay, car cela ne vaut pas votre voyage si vous venez et que je n'ai rien à dire. Ces jours-ci Il m'a pris aussi cela. Alors je Lui offre un grand sourire en retour. Merci à Dieu qui S'abaisse encore pour prendre quelque chose de moi. br />
Je vous enverrai une carte postale si Son Excellence dit oui.

Priez pour moi. »

(Lettre au P. Neuner, jésuite,son directeur spirituel,octobre 1961 p. 259.)

« Je n,ai pas peur »

« Cher Père,

C'est très gentil à vous d'être venu et de m''avoir donné autant de votre temps car vous avez bien d'autres âmes plus dignes de votre sollicitude et de votre amour que la mienne, qui est si petite et si vide et si faible.

Pardonnez-moi de vous avoir demandé de venir et de ne vous avoir rien dit. Cela vous montre combien mon âme est terriblement vide mais je n'ai pas peur. Il a fait pour moi des merveilles Saint est Son Nom. Priez pour moi afin que dans ces ténèbres je n'allume pas ma propre lumière ni ne remplisse ce vide de moi-même. De toute ma volonté je ne veux que Jésus.

Père, je voulais vous dire combien mon âme désire ardemment Dieu seulement Lui, combien il est douloureux d'être sans Lui combien mes pensées ne sont que les Soeurs et les Pauvres. Est-ce de la distraction (ou) ces pensées sont-elles la cause de ma prière ? Elles sont ma prière elles sont ma vie même. Je les aime autant que j'aime Jésus et maintenant comme je n'aime pas Jésus je ne les aime pas non plus. Je sais que ce ne sont que des sentiments car ma volonté est fermement liée à Jésus et donc aussi aux Soeurs et aux Pauvres. »

(Lettre au P. Neuner,juillet 1967 p. 294.)

« N'ayez pas peur »

« Je sais ce que vous ressentez c'est vraiment la pleine signification de la pauvreté de Jésus. Lui qui s'est fait pauvre, de riche qu'Il était. Les richesses qu'Il avait en compagnie de Son Père, il y a renoncé en devenant un homme semblable à nous en toutes choses à l'exception du péché. Vous aussi vous faites l'expérience de ce renoncement par amour de Lui. N'ayez pas peur. Tout ira bien. Le grain doit mourir afin de porter du fruit. Je suis plus que sûre que Jésus veut que les M.W. (Missionary Brothers of the Word Frères Missionnaires de la Parole) existent et cette solitude est le commencement d'un grand amour. Vous n'êtes pas seul Jésus et vous. (Le) Tabernacle est le plus beau signe que vous puissiez regarder quand vous vous sentez seul. N'ayez pas peur. Il est là malgré les ténèbres et l'échec. C'est comme pour Jésus au jardin des Oliviers. Ne pouviez-vous pas veiller une heure ? Il s'est senti si seul cette nuit-là. N'ayez pas peur. Mettez votre main dans la main de Notre-Dame et marchez avec elle.

(Lettre au P. Sebastian,Missionnaire de la Charité,octobre 1979 p. 329-330.)

Mère Teresa de Calcutta a été béatifiée par le pape Jean-Paul II lors de la Journée Mondiale des Missions, dimanche, le 19 octobre 2003 et canonisée par le pape François le 4 septembre 2016 à Rome.

Traduction des citations de saint Jean de la Croix

Oh, nuit qui fus ma conductrice!
Oh, nuit qu'à l'aube je préfère!
Oh, nuit qui sus si bien unir
L'Amant avec la bien-aimée,
L'amante en l'Amant tranformée!

Je sais une source qui jaillit et s'écoule, mais c'est au profond de la nuit.


"...Jésus en croix reprendra aussi des paroles extrêmes qu'un psalmiste a osé écrire et proposer comme prière ; il criera : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Ps 22, 2). Les paroles extrêmes du désespoir extrême, Jésus les fait siennes. Ainsi, il n'y a plus un extrême dans nos vies et dans nos paroles qui ne soit visité par le Christ, qui ne puisse être exprimé par Lui." (Frère Philippe Lefebvre o.p. dans Retraite dans la ville le 19 mars 2008)


Publié le 14 mars 2008.

Tiré du blog d'Hermann Giguère cliquez ici.

Actualité

Le Centre international San Lorenzo propose une aide pour organiser des pèlerinages pour les jeunes. Il est comme une « maison du pape » pour les jeunes à Rome a déclaré Mgr Francis Kohn lors de la célébration du 25e anniversaire de l'ouverture de ce centre unique.



RENDEZ-VOUS : JEUNES  A ROME
L'agence Zenit nous rapporte ces propos de Mgr Francis Kohn concernant le Centre San Lorenzo près de la Place St-Pierre à Rome. Ce centre peut « rendre de grands services à des groupes ou des pèlerins individuels de passage à Rome, ainsi qu'à des jeunes venus à Rome pour leur travail ou leurs études » affirme Mgr Kohn dans un entretien accordé à Zenit à l'occasion des 25 ans du Centre San Lorenzo. Celui-ci est responsable de la section jeunes du Conseil pontifical pour les laïcs, et prêtre de la Communauté de l'Emmanuel. Le Conseil pontifical pour les Laïcs est chargé de la responsabilité pastorale du Centre.

Dans son entrevue à Zenith, Mgr Kohn s'est réjoui de la venue de Benoît XVI au Centre. Le pape a en effet célébré la messe dimanche 9 mars 2008, dans la petite chapelle du Centre San Lorenzo, en présence de plus de 200 jeunes du monde entier qui ont collaboré aux activités du Centre au cours de ces 25 ans.

Mgr Kohn a rappelé que le Centre San Lorenzo est né de la « grande sollicitude du pape Jean-Paul II pour les jeunes », juste avant l'année sainte de la Rédemption en 1983, avant la remise de la croix de l'année sainte aux jeunes, et juste avant l'institution de la Journée mondiale de la Jeunesse.

« Je crois que la plus grande richesse du Centre San Lorenzo, et c'est sa mission, est d'aider les jeunes à découvrir l'universalité et le visage jeune de l'Eglise », a-t-il souligné. Il a expliqué en effet que les jeunes qui animent le Centre (les permanents de la Communauté de l'Emmanuel mais aussi les jeunes d'autres mouvements et communautés qui ont assuré des permanences ou participé d'une manière ou d'une autre aux activités du Centre au cours de ces 25 ans), et ceux qui le fréquentent, viennent du monde entier et reflètent cette universalité de l'Eglise.

Concrètement, pour accomplir sa mission d'aider les jeunes de passage à Rome à faire une démarche de pèlerinage, le Centre a reçu trois priorités du pape Jean-Paul II : l'accueil, la prière et la formation, a expliqué le responsable de la section jeunes du Conseil pour les laïcs.

« Il y a également une dimension de l'accueil qui n'était peut-être pas prévue au départ mais qui s'est développée au cours de ces 25 ans, a précisé Mgr Kohn. En effet, le Centre est aussi une famille pour beaucoup de jeunes étrangers qui vivent à Rome pendant quelques années », dans le cadre de leurs études ou de leur travail.

La deuxième priorité du Centre est celle de la prière.

Le Centre San Lorenzo est « avant tout un Centre de prière. Le Saint-Sacrement est exposé tous les jours dans cette petite église romane magnifique, et la messe y est célébrée chaque jour », a dit Mgr Kohn.

« Beaucoup de jeunes ont pu témoigner depuis 25 ans qu'ils ont fait, seuls ou en rencontrant d'autres jeunes, l'expérience de la rencontre avec Dieu » dans ce Centre, a-t-il ajouté.

Mgr Kohn a noté, de plus, que, depuis quelques années, la messe du vendredi soir est « célébrée par un cardinal ou un évêque de la curie romaine ou de passage, en visite ad limina par exemple ».

« Cela permet aux jeunes de découvrir des Eglises différentes, d'Amérique latine, d'Asie, à travers le témoignage des prélats, mais c'est aussi une occasion pour ces évêques de connaître le centre et de rencontrer les jeunes qui viennent », a-t-il expliqué.

La troisième dimension de la mission du Centre est la formation : « permettre aux jeunes d'approfondir ce qu'est l'Eglise, la foi, les fondements de la vie spirituelle », a poursuivi Mgr Kohn.

« Cette dimension de la formation a été concrétisée depuis 25 ans par de nombreux cycles de conférences, par des personnalités, des témoins de la foi », a-t-il déclaré.

Soulignant le caractère particulier du Centre San Lorenzo puisqu'il est le « centre du pape pour les jeunes », situé tout près de la place Saint-Pierre, Mgr Kohn a reconnu toutefois que ce modèle pourrait être reproduit dans d'autres endroits du monde et « qu'il existe déjà dans des sanctuaires ou des diocèses », comme à Lourdes.

Mgr Kohn a conclu que son désir aujourd'hui pour le Centre est qu'il soit « davantage connu, à Rome et à l'extérieur » et que soient établis des « liens plus étroits, plus profonds avec différents diocèses dans les pays du monde, pour profiter des expériences des uns et des autres ».

Le Centre fête actuellement ses 25 ans. Des activités y sont organisées jusqu'au dimanche 16 mars 2008 (cf. Zenit du 3 mars)

Pour toute information complémentaire

Via Pfeiffer 24 - 00193 ROMA

Tel : +39-06.698.85332

Extraits de "Le monde vu de Rome" de Zenit du 13 mars 2008

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
L'agence Zenit nous rapporte ces propos de Mgr Francis Kohn concernant le Centre San Lorenzo près de la Place St-Pierre à Rome. Ce centre peut « rendre de grands services à des groupes ou des pèlerins individuels de passage à Rome, ainsi qu'à des jeunes venus à Rome pour leur travail ou leurs études » affirme Mgr Kohn dans un entretien accordé à Zenit à l'occasion des 25 ans du Centre San Lorenzo. Celui-ci est responsable de la section jeunes du Conseil pontifical pour les laïcs, et prêtre de la Communauté de l'Emmanuel. Le Conseil pontifical pour les Laïcs est chargé de la responsabilité pastorale du Centre.

Dans son entrevue à Zenith, Mgr Kohn s'est réjoui de la venue de Benoît XVI au Centre. Le pape a en effet célébré la messe dimanche 9 mars 2008, dans la petite chapelle du Centre San Lorenzo, en présence de plus de 200 jeunes du monde entier qui ont collaboré aux activités du Centre au cours de ces 25 ans.

Mgr Kohn a rappelé que le Centre San Lorenzo est né de la « grande sollicitude du pape Jean-Paul II pour les jeunes », juste avant l'année sainte de la Rédemption en 1983, avant la remise de la croix de l'année sainte aux jeunes, et juste avant l'institution de la Journée mondiale de la Jeunesse.

« Je crois que la plus grande richesse du Centre San Lorenzo, et c'est sa mission, est d'aider les jeunes à découvrir l'universalité et le visage jeune de l'Eglise », a-t-il souligné. Il a expliqué en effet que les jeunes qui animent le Centre (les permanents de la Communauté de l'Emmanuel mais aussi les jeunes d'autres mouvements et communautés qui ont assuré des permanences ou participé d'une manière ou d'une autre aux activités du Centre au cours de ces 25 ans), et ceux qui le fréquentent, viennent du monde entier et reflètent cette universalité de l'Eglise.

Concrètement, pour accomplir sa mission d'aider les jeunes de passage à Rome à faire une démarche de pèlerinage, le Centre a reçu trois priorités du pape Jean-Paul II : l'accueil, la prière et la formation, a expliqué le responsable de la section jeunes du Conseil pour les laïcs.

« Il y a également une dimension de l'accueil qui n'était peut-être pas prévue au départ mais qui s'est développée au cours de ces 25 ans, a précisé Mgr Kohn. En effet, le Centre est aussi une famille pour beaucoup de jeunes étrangers qui vivent à Rome pendant quelques années », dans le cadre de leurs études ou de leur travail.

La deuxième priorité du Centre est celle de la prière.

Le Centre San Lorenzo est « avant tout un Centre de prière. Le Saint-Sacrement est exposé tous les jours dans cette petite église romane magnifique, et la messe y est célébrée chaque jour », a dit Mgr Kohn.

« Beaucoup de jeunes ont pu témoigner depuis 25 ans qu'ils ont fait, seuls ou en rencontrant d'autres jeunes, l'expérience de la rencontre avec Dieu » dans ce Centre, a-t-il ajouté.

Mgr Kohn a noté, de plus, que, depuis quelques années, la messe du vendredi soir est « célébrée par un cardinal ou un évêque de la curie romaine ou de passage, en visite ad limina par exemple ».

« Cela permet aux jeunes de découvrir des Eglises différentes, d'Amérique latine, d'Asie, à travers le témoignage des prélats, mais c'est aussi une occasion pour ces évêques de connaître le centre et de rencontrer les jeunes qui viennent », a-t-il expliqué.

La troisième dimension de la mission du Centre est la formation : « permettre aux jeunes d'approfondir ce qu'est l'Eglise, la foi, les fondements de la vie spirituelle », a poursuivi Mgr Kohn.

« Cette dimension de la formation a été concrétisée depuis 25 ans par de nombreux cycles de conférences, par des personnalités, des témoins de la foi », a-t-il déclaré.

Soulignant le caractère particulier du Centre San Lorenzo puisqu'il est le « centre du pape pour les jeunes », situé tout près de la place Saint-Pierre, Mgr Kohn a reconnu toutefois que ce modèle pourrait être reproduit dans d'autres endroits du monde et « qu'il existe déjà dans des sanctuaires ou des diocèses », comme à Lourdes.

Mgr Kohn a conclu que son désir aujourd'hui pour le Centre est qu'il soit « davantage connu, à Rome et à l'extérieur » et que soient établis des « liens plus étroits, plus profonds avec différents diocèses dans les pays du monde, pour profiter des expériences des uns et des autres ».

Le Centre fête actuellement ses 25 ans. Des activités y sont organisées jusqu'au dimanche 16 mars 2008 (cf. Zenit du 3 mars)

Pour toute information complémentaire

Via Pfeiffer 24 - 00193 ROMA

Tel : +39-06.698.85332

Extraits de "Le monde vu de Rome" de Zenit du 13 mars 2008

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
14/03/2008

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Une grand-messe composée par Gilles Vigneault pour le 400e anniversaire de la fondation de Québec. Dans le cadre de la 12e édition du Festival des musiques sacrées de Québec, Gilles Vigneault sera le maître d’œuvre d’une grand-messe. Composée en collaboration avec Bruno Fecteau, directeur musical du poète depuis 1994 et professeur au Conservatoire de musique de Québec, interprétée par l’Orchestre symphonique de Québec, le choeur symphonique et quatre solistes, la messe chantée sera présentée en première les 17 et 19 octobre 2008 au Palais Montcalm à Québec.



GRAND-MESSE GILLES VIGNEAULT
Le projet dormait sur la table depuis déjà quelques années. Vigneault y pensait du vivant de son ancien pianiste et arrangeur Gaston Rochon, il y a plus de 40 ans. Une rencontre au printemps avec l'ancien curé de la paroisse Saint-Roch à Québec, monsieur l'abbé Mario Dufour, également fondateur du Festival des musiques sacrées et président de la Commission des biens culturels, a rendu le projet possible.

Aujourd’hui, il devient réalité, explique Marcel Dallaire, président du Festival. «Nous concrétisons un rêve que nous avions au festival depuis longtemps. Nous sommes fiers d’accueillir au cœur de notre projet Gilles Vigneault qui incarne depuis plus de 50 ans les grandes valeurs des Québécois, qu’il chante toujours sur toutes les tribunes», a-t-il souligné lors d’une conférence de presse tenue au Palais Montcalm, ce mardi.

Grand-messe

«Qu'est-ce qu'une messe ? C'est une intention d'être ensemble, de demander, de louer. C'est l'occasion de se rassembler pour manger et boire à la santé de quelqu'un ou à sa propre santé. On loue un être qu'on invente parfois ou, dans un autre temps, en lequel on croit. Mais cela est certes nécessaire à tout être humain. Cela fait partie de notre histoire», a décrit celui qui se fait ambassadeur de la culture québécoise.

«Nous avons abordé l'idée d'écrire une messe avec beaucoup de respect pour ceux qui étaient là avant nous, pour nos parents. Nous ferons une messe avec la foi. La foi en quoi? Envers les êtres humains d'abord, avant même la foi en Dieu», a-t-il ajouté.

L'oeuvre sera disponible en trois versions : pour un grand ensemble avec solistes, pour un orchestre de chambre avec solistes ainsi que pour une petite formation pour chorale de paroisse, solistes, orgue d’église ou harmonium. Elle pourra donc être reprise dans toutes les régions du Québec par des ensembles musicaux et vocaux qui souhaiteront se l'approprier.

Les prestations offertes au Palais Montcalm seront interprétées dans la version grand ensemble. Mais pas question pour le compositeur de chanter la messe. Il laissera plutôt la place à 60 musiciens, 40 choristes et quatre solistes.

En ce qui concerne la composition de la grand-messe, c'est déjà parti. «Nous avons déjà commencé le travail. Les thématiques ont été établies en grande partie, mais reste l'orchestration et la mise en forme." a déclaré Bruno Fecteau. Questionné à savoir si l'oeuvre ferait éventuellement l'objet d'un album, il a laissé le doute planer. «Nous ne sommes pas rendus là. On verra. Il faut commencer par écrire d'abord», a-t-il dit.

Notons que c'est en partie grâce à la participation financière du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine pour un total de 100 000$ que le projet verra le jour. «Gilles Vigneault est un don du ciel pour la culture québécoise. Dans certains pays, il est possible de désigner une personne comme étant un trésor national. Nous sommes à revoir notre politique, afin que des artistes comme lui puissent aussi s'inscrirent comme trésor national dans le patrimoine québécois», a indiqué la ministre Christine St-Pierre.


L'aide financière du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine est accordée en vertu de son programme Aide aux projets. Le Festival des musiques sacrées de Québec ainsi que la Société du 400e anniversaire de Québec complètent le financement de ce projet évalué à 300 000 $.

Quant au sens à donner à tout cela, le poète, Gilles Vigneault, se dit très à l'aise particulièrement dans le contexte des fêtes du 400e de Québec et du sommet de la Francophonie. Il rappelle les paroles de sa chanson de "Avec nos mots":

Avec nos mots, nos jeux, nos travaux et nos danses
Nos joies et nos chagrins aussi
Quatre cents ans de foi, d'amour et d'espérance
Avec ceux qui vivaient ici.


d'après le communiqué de presse rapporté par Mélanie Tremblay sur Canoë 26-02-2008 et complété par le webmestre.

_________________________________________

EXTRAITS DU COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU MINISTÈRE DE LA CULTURE, DES COMMUNICATIONS ET DE LA CONDITION FÉMININE

Québec, le 26 février 2008 - La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Mme Christine St-Pierre, a annoncé aujourd'hui, au cours d'une conférence de presse, qu'elle accorde 100 000 $ au Festival des musiques sacrées de Québec pour la création et la production de la Grand-messe composée par MM. Gilles Vigneault et Bruno Fecteau. Cet événement s'est déroulé en présence de M. Vigneault.

« Je remercie monsieur Gilles Vigneault d'avoir accepté l'offre du Festival des musiques sacrées de Québec de prêter son immense talent pour composer la Grand messe qui sera offerte à la population en octobre prochain. Je suis persuadée que ce projet d'envergure fera date dans l'expression musicale québécoise, d'autant plus que sa présentation en grande première s'inscrira dans les festivités du 400e anniversaire de la ville de Québec et dans le cadre du 12e Sommet de la Francophonie », a déclaré la ministre Christine St-Pierre.

Le Festival des musiques sacrées de Québec existe depuis onze ans. Au cours de ces années, il a suscité l'intérêt de nombreux artistes en les invitant à interpréter les oeuvres de ce vaste répertoire pendant le festival. À l'occasion du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, le Festival va plus loin en demandant à M. Gilles Vigneault de composer sa Grand-messe. Cette oeuvre de musique sacrée sera présentée au grand public pendant le Sommet qui se déroulera à Québec en octobre prochain...

Le Festival des musiques sacrées de Québec a pour mission de faire découvrir la musique sacrée au plus vaste public possible, sans barrière religieuse ou linguistique ni restrictions dans les styles. Du classique au chant grégorien, en passant par le jazz, le tango et les musiques anciennes, des artistes de renommée internationale y proposent d'année en année des musiques inspirées par la spiritualité d'ici et d'ailleurs.


GILLES VIGNEAULT

Auteur, compositeur, interprète et poète, Gilles Vigneault est né à Natashquan en 1928. Licencié ès lettres de l'Université Laval, il a reçu un nombre impressionnant de prix et distinctions, tant au Québec qu'au Canada et en France. Une oeuvre imposante, d'une richesse et d'une qualité littéraire remarquables, plus de 400 chansons, une quarantaine de livres publiés au Québec et en France font de Gilles Vigneault un poète majeur et un grand ambassadeur de la culture québécoise. Lauréat du prix Denise-Pelletier en 1983, il a été fait Chevalier de l'Ordre national du Québec en 1985, puis Grand Officier en 2000. La France l'a également fait Chevalier de la Légion d'honneur en 1986, puis Officier de l'Ordre des arts et des lettres de France en 1990. En 2005, il était reçu Officier de l'Ordre de la Pléiade pour son rôle majeur dans la Francophonie et le dialogue des cultures. En 2007, Les quatre saisons de Piquot : conte symphonique, musique de Marc Bélanger sur des textes de Gilles Vigneault, recevait le prix Félix Album de l'année - Jeunesse de l'ADISQ. Gilles Vigneault est aussi membre du Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens. Depuis 2006, la SOCAN remet le prix Gilles-Vigneault.

BRUNO FECTEAU

Directeur musical de Gilles Vigneault depuis 1994 et professeur de fugue au Conservatoire de musique de Québec depuis 2006, Bruno Fecteau a contribué à la composition musicale de la Grand-messe de Gilles Vigneault et signera les arrangements et l'orchestration. M. Fecteau est né à Rimouski. Il complète ses études au Conservatoire de musique de Québec, obtenant les prix d'harmonie, de contrepoint, de fugue et de composition. Depuis sa sortie du Conservatoire, il s'est consacré à la chanson, devenant un acteur important de la vitalité culturelle à Québec. Son métier d'écriture le sert constamment comme compositeur, orchestrateur, arrangeur et réalisateur de nombreux albums : citons Lever du jour, de Paule-Andrée Cassidy, qui a reçu le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros et Au bout du coeur, de Gilles Vigneault.

____________________________________


Devant l’engouement du public à la suite de l’annonce de la Grand-messe de Gilles Vigneault, composée par MM. Vigneault et Bruno Fecteau à la demande du Festival des musiques sacrées de Québec, la direction du Festival a décidé de procéder dès maintenant à la mise en vente des billets pour les 17 et 19 octobre prochains à la Salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm à Québec. L’Orchestre symphonique de Québec, le Choeur symphonique et quatre solistes interprèteront cette oeuvre en grande première.

Les billets seront disponibles dès le vendredi 29 février 2008 à midi à la billetterie du Palais Montcalm au 418 641-6040 ou 1 877 641-6040 et sur le réseau Billetech. Le prix des billets varie de 35 $ à 50 $ plus frais de service.


Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Le projet dormait sur la table depuis déjà quelques années. Vigneault y pensait du vivant de son ancien pianiste et arrangeur Gaston Rochon, il y a plus de 40 ans. Une rencontre au printemps avec l'ancien curé de la paroisse Saint-Roch à Québec, monsieur l'abbé Mario Dufour, également fondateur du Festival des musiques sacrées et président de la Commission des biens culturels, a rendu le projet possible.

Aujourd’hui, il devient réalité, explique Marcel Dallaire, président du Festival. «Nous concrétisons un rêve que nous avions au festival depuis longtemps. Nous sommes fiers d’accueillir au cœur de notre projet Gilles Vigneault qui incarne depuis plus de 50 ans les grandes valeurs des Québécois, qu’il chante toujours sur toutes les tribunes», a-t-il souligné lors d’une conférence de presse tenue au Palais Montcalm, ce mardi.

Grand-messe

«Qu'est-ce qu'une messe ? C'est une intention d'être ensemble, de demander, de louer. C'est l'occasion de se rassembler pour manger et boire à la santé de quelqu'un ou à sa propre santé. On loue un être qu'on invente parfois ou, dans un autre temps, en lequel on croit. Mais cela est certes nécessaire à tout être humain. Cela fait partie de notre histoire», a décrit celui qui se fait ambassadeur de la culture québécoise.

«Nous avons abordé l'idée d'écrire une messe avec beaucoup de respect pour ceux qui étaient là avant nous, pour nos parents. Nous ferons une messe avec la foi. La foi en quoi? Envers les êtres humains d'abord, avant même la foi en Dieu», a-t-il ajouté.

L'oeuvre sera disponible en trois versions : pour un grand ensemble avec solistes, pour un orchestre de chambre avec solistes ainsi que pour une petite formation pour chorale de paroisse, solistes, orgue d’église ou harmonium. Elle pourra donc être reprise dans toutes les régions du Québec par des ensembles musicaux et vocaux qui souhaiteront se l'approprier.

Les prestations offertes au Palais Montcalm seront interprétées dans la version grand ensemble. Mais pas question pour le compositeur de chanter la messe. Il laissera plutôt la place à 60 musiciens, 40 choristes et quatre solistes.

En ce qui concerne la composition de la grand-messe, c'est déjà parti. «Nous avons déjà commencé le travail. Les thématiques ont été établies en grande partie, mais reste l'orchestration et la mise en forme." a déclaré Bruno Fecteau. Questionné à savoir si l'oeuvre ferait éventuellement l'objet d'un album, il a laissé le doute planer. «Nous ne sommes pas rendus là. On verra. Il faut commencer par écrire d'abord», a-t-il dit.

Notons que c'est en partie grâce à la participation financière du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine pour un total de 100 000$ que le projet verra le jour. «Gilles Vigneault est un don du ciel pour la culture québécoise. Dans certains pays, il est possible de désigner une personne comme étant un trésor national. Nous sommes à revoir notre politique, afin que des artistes comme lui puissent aussi s'inscrirent comme trésor national dans le patrimoine québécois», a indiqué la ministre Christine St-Pierre.


L'aide financière du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine est accordée en vertu de son programme Aide aux projets. Le Festival des musiques sacrées de Québec ainsi que la Société du 400e anniversaire de Québec complètent le financement de ce projet évalué à 300 000 $.

Quant au sens à donner à tout cela, le poète, Gilles Vigneault, se dit très à l'aise particulièrement dans le contexte des fêtes du 400e de Québec et du sommet de la Francophonie. Il rappelle les paroles de sa chanson de "Avec nos mots":

Avec nos mots, nos jeux, nos travaux et nos danses
Nos joies et nos chagrins aussi
Quatre cents ans de foi, d'amour et d'espérance
Avec ceux qui vivaient ici.


d'après le communiqué de presse rapporté par Mélanie Tremblay sur Canoë 26-02-2008 et complété par le webmestre.

_________________________________________

EXTRAITS DU COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU MINISTÈRE DE LA CULTURE, DES COMMUNICATIONS ET DE LA CONDITION FÉMININE

Québec, le 26 février 2008 - La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Mme Christine St-Pierre, a annoncé aujourd'hui, au cours d'une conférence de presse, qu'elle accorde 100 000 $ au Festival des musiques sacrées de Québec pour la création et la production de la Grand-messe composée par MM. Gilles Vigneault et Bruno Fecteau. Cet événement s'est déroulé en présence de M. Vigneault.

« Je remercie monsieur Gilles Vigneault d'avoir accepté l'offre du Festival des musiques sacrées de Québec de prêter son immense talent pour composer la Grand messe qui sera offerte à la population en octobre prochain. Je suis persuadée que ce projet d'envergure fera date dans l'expression musicale québécoise, d'autant plus que sa présentation en grande première s'inscrira dans les festivités du 400e anniversaire de la ville de Québec et dans le cadre du 12e Sommet de la Francophonie », a déclaré la ministre Christine St-Pierre.

Le Festival des musiques sacrées de Québec existe depuis onze ans. Au cours de ces années, il a suscité l'intérêt de nombreux artistes en les invitant à interpréter les oeuvres de ce vaste répertoire pendant le festival. À l'occasion du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, le Festival va plus loin en demandant à M. Gilles Vigneault de composer sa Grand-messe. Cette oeuvre de musique sacrée sera présentée au grand public pendant le Sommet qui se déroulera à Québec en octobre prochain...

Le Festival des musiques sacrées de Québec a pour mission de faire découvrir la musique sacrée au plus vaste public possible, sans barrière religieuse ou linguistique ni restrictions dans les styles. Du classique au chant grégorien, en passant par le jazz, le tango et les musiques anciennes, des artistes de renommée internationale y proposent d'année en année des musiques inspirées par la spiritualité d'ici et d'ailleurs.


GILLES VIGNEAULT

Auteur, compositeur, interprète et poète, Gilles Vigneault est né à Natashquan en 1928. Licencié ès lettres de l'Université Laval, il a reçu un nombre impressionnant de prix et distinctions, tant au Québec qu'au Canada et en France. Une oeuvre imposante, d'une richesse et d'une qualité littéraire remarquables, plus de 400 chansons, une quarantaine de livres publiés au Québec et en France font de Gilles Vigneault un poète majeur et un grand ambassadeur de la culture québécoise. Lauréat du prix Denise-Pelletier en 1983, il a été fait Chevalier de l'Ordre national du Québec en 1985, puis Grand Officier en 2000. La France l'a également fait Chevalier de la Légion d'honneur en 1986, puis Officier de l'Ordre des arts et des lettres de France en 1990. En 2005, il était reçu Officier de l'Ordre de la Pléiade pour son rôle majeur dans la Francophonie et le dialogue des cultures. En 2007, Les quatre saisons de Piquot : conte symphonique, musique de Marc Bélanger sur des textes de Gilles Vigneault, recevait le prix Félix Album de l'année - Jeunesse de l'ADISQ. Gilles Vigneault est aussi membre du Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens. Depuis 2006, la SOCAN remet le prix Gilles-Vigneault.

BRUNO FECTEAU

Directeur musical de Gilles Vigneault depuis 1994 et professeur de fugue au Conservatoire de musique de Québec depuis 2006, Bruno Fecteau a contribué à la composition musicale de la Grand-messe de Gilles Vigneault et signera les arrangements et l'orchestration. M. Fecteau est né à Rimouski. Il complète ses études au Conservatoire de musique de Québec, obtenant les prix d'harmonie, de contrepoint, de fugue et de composition. Depuis sa sortie du Conservatoire, il s'est consacré à la chanson, devenant un acteur important de la vitalité culturelle à Québec. Son métier d'écriture le sert constamment comme compositeur, orchestrateur, arrangeur et réalisateur de nombreux albums : citons Lever du jour, de Paule-Andrée Cassidy, qui a reçu le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros et Au bout du coeur, de Gilles Vigneault.

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Devant l’engouement du public à la suite de l’annonce de la Grand-messe de Gilles Vigneault, composée par MM. Vigneault et Bruno Fecteau à la demande du Festival des musiques sacrées de Québec, la direction du Festival a décidé de procéder dès maintenant à la mise en vente des billets pour les 17 et 19 octobre prochains à la Salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm à Québec. L’Orchestre symphonique de Québec, le Choeur symphonique et quatre solistes interprèteront cette oeuvre en grande première.

Les billets seront disponibles dès le vendredi 29 février 2008 à midi à la billetterie du Palais Montcalm au 418 641-6040 ou 1 877 641-6040 et sur le réseau Billetech. Le prix des billets varie de 35 $ à 50 $ plus frais de service.


Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
28/02/2008

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Lancement à Québec d'un livre sur les fondateurs et fondatrices de la Nouvelle-France dans le cadre du 400e de Québec et de l'Année jubilaire François de Laval 2008.



IL SUFFIT D`UNE FOI
Le 21 février 2008 à 19 h les Éditions Anne Sigier présentaient un livre intitulé "Il suffit d'une foi... Marie et l'Eucharistie chez les fondateurs de la Nouvelle-France" sous la direction de Thérèse Nadeau-Lacour avec la collaboration du Père René Latourelle s.j., soeur Carmelle Bisson a.m.j., Mgr Hermann Giguère p.h. et le Père Vincent Siret. Plus de 100 personnes étaient réunies à l'édifice des Servies diocésains de Québec pour cette présentation sous la présidence d'honneur du cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et primat du Canada.

Lancement d'un livre sur les fondateurs et fondatrices de la Nouvelle-France dans le cadre du 400e de Québec et de l'Année jubilaire François de Laval
Les contributions touchent les jésuites de Nouvelle-France: "Les premiers jésuites de Nouvelle France. Dévotion à Marie et à l'Eucharistie (Père Latourelle), Marie-Catherine de Saint-Augustin: "De Marie à l'offrande rédemptrice" (Soeur Bisson), Marie de l'Incarnation : "Marie et l'Eucharistie ou le secret de Marie Guyart de l'Incarnation (Mme Nadeau-Lacour) et, pour François de Laval: "Marie dans la vie d'un pasteur" (Mgr Giguère) et "Mgr François de Laval, un amoureux de l'Eucharistie (Père Siret).

"L'inspiration qui est à l'origine de cet ouvrage, a expliqué Mme Thérèse Nadeau-Lacour, concerne le souffle de ces fondateurs en ce qu'il a de singulier et communicable aussi. Les cinq chercheurs, chacun à sa manière, tentent de libérer ce souffle qu'ils considèrent comme l'âme de ce pays, en retrouvant ses traces dans ses manifestations visibles puis en amorçant, à partir d'elles, comme une remontée vers son origine...Ce livre a pour seule ambition de lever une partie du voile sur la source de ces forces fondatrices."

Anne Sigier au début de la soirée a réitéré sa joie de contribuer à mettre cet ouvrage à la disposition d'un large public au moment où en 2008 les regards se portent sur les origines de Québec. Les faits et gestes qui ont accompagné la vie des fondateurs et fondatrices ne manquent pas de laisser des traces et de nous interpeller aujourd'hui dans une Église qui a besoin de retrouver son souffle et ses racines.

Ensuite, les auteurs dirent leurs remerciements et présentèrent brièvement leur contribution, le Père Latourelle, âgé de 90 ans, faisant lire son texte par son confrère le Père Champagne. En cliquant ici, on peut lire le mot d'un des auteurs, Mgr Hermann Giguère, supérieur général du Séminaire de Québec fondé par François de Laval en 1663.

Pour terminer, avant le buffet et la séance de signatures, le cardinal Ouellet a tenu à féliciter Mme Nadeau-Lacour pour cette heureuse initiative qui permet de mettre en valeur ce qui a été la source de ces destins à nul autre pareils que ceux des fondateurs et fondatrices de notre Église en terre d'Amérique. Il a souligné qu'il appréciait particulièrement cet effort centré sur la dévotion à Marie et sur l'Eucharistie chez les fondateurs dans la perspective du 49e Congrès eucharistique international qui se tiendra à Québec du 18 au 22 juin 2008. "Il ne pouvait pas y avoir d'ouvrage plus approprié", a-t-il confié. Il a aussi noté la qualité de l'édition et de la présentation matérielle du livre et en a chaleureusement félicité l'éditrice Anne Sigier.

Que ce livre, comme le souhaite Mme Nadeau-Lacour dans l'Avant-propos soit "source d'inspiration...pour les croyants au seuil du troisième millénaire de la nouvelle évangélisation".


Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Le 21 février 2008 à 19 h les Éditions Anne Sigier présentaient un livre intitulé "Il suffit d'une foi... Marie et l'Eucharistie chez les fondateurs de la Nouvelle-France" sous la direction de Thérèse Nadeau-Lacour avec la collaboration du Père René Latourelle s.j., soeur Carmelle Bisson a.m.j., Mgr Hermann Giguère p.h. et le Père Vincent Siret. Plus de 100 personnes étaient réunies à l'édifice des Servies diocésains de Québec pour cette présentation sous la présidence d'honneur du cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et primat du Canada.

Lancement d'un livre sur les fondateurs et fondatrices de la Nouvelle-France dans le cadre du 400e de Québec et de l'Année jubilaire François de Laval
Les contributions touchent les jésuites de Nouvelle-France: "Les premiers jésuites de Nouvelle France. Dévotion à Marie et à l'Eucharistie (Père Latourelle), Marie-Catherine de Saint-Augustin: "De Marie à l'offrande rédemptrice" (Soeur Bisson), Marie de l'Incarnation : "Marie et l'Eucharistie ou le secret de Marie Guyart de l'Incarnation (Mme Nadeau-Lacour) et, pour François de Laval: "Marie dans la vie d'un pasteur" (Mgr Giguère) et "Mgr François de Laval, un amoureux de l'Eucharistie (Père Siret).

"L'inspiration qui est à l'origine de cet ouvrage, a expliqué Mme Thérèse Nadeau-Lacour, concerne le souffle de ces fondateurs en ce qu'il a de singulier et communicable aussi. Les cinq chercheurs, chacun à sa manière, tentent de libérer ce souffle qu'ils considèrent comme l'âme de ce pays, en retrouvant ses traces dans ses manifestations visibles puis en amorçant, à partir d'elles, comme une remontée vers son origine...Ce livre a pour seule ambition de lever une partie du voile sur la source de ces forces fondatrices."

Anne Sigier au début de la soirée a réitéré sa joie de contribuer à mettre cet ouvrage à la disposition d'un large public au moment où en 2008 les regards se portent sur les origines de Québec. Les faits et gestes qui ont accompagné la vie des fondateurs et fondatrices ne manquent pas de laisser des traces et de nous interpeller aujourd'hui dans une Église qui a besoin de retrouver son souffle et ses racines.

Ensuite, les auteurs dirent leurs remerciements et présentèrent brièvement leur contribution, le Père Latourelle, âgé de 90 ans, faisant lire son texte par son confrère le Père Champagne. En cliquant ici, on peut lire le mot d'un des auteurs, Mgr Hermann Giguère, supérieur général du Séminaire de Québec fondé par François de Laval en 1663.

Pour terminer, avant le buffet et la séance de signatures, le cardinal Ouellet a tenu à féliciter Mme Nadeau-Lacour pour cette heureuse initiative qui permet de mettre en valeur ce qui a été la source de ces destins à nul autre pareils que ceux des fondateurs et fondatrices de notre Église en terre d'Amérique. Il a souligné qu'il appréciait particulièrement cet effort centré sur la dévotion à Marie et sur l'Eucharistie chez les fondateurs dans la perspective du 49e Congrès eucharistique international qui se tiendra à Québec du 18 au 22 juin 2008. "Il ne pouvait pas y avoir d'ouvrage plus approprié", a-t-il confié. Il a aussi noté la qualité de l'édition et de la présentation matérielle du livre et en a chaleureusement félicité l'éditrice Anne Sigier.

Que ce livre, comme le souhaite Mme Nadeau-Lacour dans l'Avant-propos soit "source d'inspiration...pour les croyants au seuil du troisième millénaire de la nouvelle évangélisation".


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25/02/2008

Actualité

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La Journée mondiale de la jeunesse peut susciter des liens amoureux. La vocation au mariage y a toute sa place. Voici le témoignage d'un jeune couple issu de leur rencontre à la JMJ de Toronto en 2002. Anthony et Sonia Holmes ne s'étaient jamais rencontrés. Après s'être connus durant la JMJ de 2002, ils se sont mariés en 2004 et ont aujourd'hui deux enfants: Jessica de 2 ans et Catherine de 5 mois. Romantique? Certainement. Rare? Pas tant que ça, pour les Journées mondiales de la jeunesse.



AMOUR, MARIAGE ET JMJ
Quand deux jeunes catholiques du diocèse de Parramatta sont partis comme pèlerins pour la Journée mondiale de la jeunesse à Toronto (Canada), le seul et unique amour qu'il s'attendait à vivre était avec Dieu. Bien qu'ayant grandi dans le même diocèse, ils ne se connaissaient pas. Mais apparemment le Seigneur avait d'autres plans pour eux.

Les Holmes attribuent ce qui leur est arrivé à la nature ouverte, sûre et spirituelle, de l'événement.

Anthony, originaire de Plumpton, affirme que « lorsque l'on rencontre quelqu'un dans un milieu séculier il faut un peu de temps pour comprendre ses valeurs et ce en quoi l'on croit ».

Pour son épouse Sonia, de Greystanes, la JMJ « a rendu les choses plus faciles » car, dit-elle, « nous nous ouvrions plus volontiers reconnaissant automatiquement que nous partagions un système de valeurs commun qui venait de nos familles et nous étions pratiquants tous les deux. Cela nous a également aidé pour l'avenir car nous ne nous demandions pas comment nous aurions construit notre famille ».

L'histoire d'amour des Holmes confirme la décision, de la part des organisateurs de la Journée mondiale des jeunes de Sydney, d'inclure la vocation au mariage dans la Vocations Expo, qui se tiendra du 15 au 20 juillet au Sydney Exhibition Center.

« Dans la société d'aujourd'hui beaucoup de gens ont perdu l'idée de la compréhension du mariage au sein de la foi catholique », relève Sonia. « C'est pourquoi il est important de souligner que le mariage doit être vu comme une vocation à un engagement pour toute la vie comme il est dit dans l'enseignement catholique, et non comme une solution à brève échéance ».

« Je pense que c'est un pas très significatif », souligne pour sa part Anthony. « Beaucoup de gens pensent à la 'vocation' en terme de vocation religieuse; cette vocation-là est une excellente expression de foi et de réponse à l'appel de Dieu, mais il est important de ne pas oublier les vocations laïques qui construisent d'autres bases chrétiennes pour la société, comme le mariage sacramentel ».

Anthony Holmes souligne que l'aspect religieux du mariage ne se limite pas au seul fait de fréquenter une église, mais relève plutôt de la manière de vivre l'existence quotidienne ensemble et le fait d'avoir une bonne base de foi. De ce point de vue-là, le soutien de la paroisse et de la communauté locale ne peut être sous-évalué.

C'est pour cela que, lors des Journées mondiales de la jeunesse, sa femme et lui veulent partager avec ces jeunes qui discernent leur propre vocation comme catholiques et qui souvent se sentent isolés dans leur communauté, le message selon lequel la JMJ peut aider à abattre ces barrières.
« Cela élargit notre vision de ce qu'est notre communauté », explique Anthony.

« Et cela donne l'opportunité de parler avec des jeunes du même âge mais dont les orientations sont différentes », ajoute Sonia. « Toutes les rencontres aident à remettre sa propre foi dans les mains de Dieu et le laisser nous guider là où il veut que nous allions ».

Catherine Smibert; Isabelle Cousturié

Extraits d'un article paru dans zenit.org : Le monde vu de Rome, le 19 février 2008


Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Quand deux jeunes catholiques du diocèse de Parramatta sont partis comme pèlerins pour la Journée mondiale de la jeunesse à Toronto (Canada), le seul et unique amour qu'il s'attendait à vivre était avec Dieu. Bien qu'ayant grandi dans le même diocèse, ils ne se connaissaient pas. Mais apparemment le Seigneur avait d'autres plans pour eux.

Les Holmes attribuent ce qui leur est arrivé à la nature ouverte, sûre et spirituelle, de l'événement.

Anthony, originaire de Plumpton, affirme que « lorsque l'on rencontre quelqu'un dans un milieu séculier il faut un peu de temps pour comprendre ses valeurs et ce en quoi l'on croit ».

Pour son épouse Sonia, de Greystanes, la JMJ « a rendu les choses plus faciles » car, dit-elle, « nous nous ouvrions plus volontiers reconnaissant automatiquement que nous partagions un système de valeurs commun qui venait de nos familles et nous étions pratiquants tous les deux. Cela nous a également aidé pour l'avenir car nous ne nous demandions pas comment nous aurions construit notre famille ».

L'histoire d'amour des Holmes confirme la décision, de la part des organisateurs de la Journée mondiale des jeunes de Sydney, d'inclure la vocation au mariage dans la Vocations Expo, qui se tiendra du 15 au 20 juillet au Sydney Exhibition Center.

« Dans la société d'aujourd'hui beaucoup de gens ont perdu l'idée de la compréhension du mariage au sein de la foi catholique », relève Sonia. « C'est pourquoi il est important de souligner que le mariage doit être vu comme une vocation à un engagement pour toute la vie comme il est dit dans l'enseignement catholique, et non comme une solution à brève échéance ».

« Je pense que c'est un pas très significatif », souligne pour sa part Anthony. « Beaucoup de gens pensent à la 'vocation' en terme de vocation religieuse; cette vocation-là est une excellente expression de foi et de réponse à l'appel de Dieu, mais il est important de ne pas oublier les vocations laïques qui construisent d'autres bases chrétiennes pour la société, comme le mariage sacramentel ».

Anthony Holmes souligne que l'aspect religieux du mariage ne se limite pas au seul fait de fréquenter une église, mais relève plutôt de la manière de vivre l'existence quotidienne ensemble et le fait d'avoir une bonne base de foi. De ce point de vue-là, le soutien de la paroisse et de la communauté locale ne peut être sous-évalué.

C'est pour cela que, lors des Journées mondiales de la jeunesse, sa femme et lui veulent partager avec ces jeunes qui discernent leur propre vocation comme catholiques et qui souvent se sentent isolés dans leur communauté, le message selon lequel la JMJ peut aider à abattre ces barrières.
« Cela élargit notre vision de ce qu'est notre communauté », explique Anthony.

« Et cela donne l'opportunité de parler avec des jeunes du même âge mais dont les orientations sont différentes », ajoute Sonia. « Toutes les rencontres aident à remettre sa propre foi dans les mains de Dieu et le laisser nous guider là où il veut que nous allions ».

Catherine Smibert; Isabelle Cousturié

Extraits d'un article paru dans zenit.org : Le monde vu de Rome, le 19 février 2008


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20/02/2008

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Retraite au Vatican pour le Carême 2008: Grâce à l'Esprit Saint, Dieu lui-même peut agir dans le chrétien, a expliqué le cardinal Vanhoye, prédicateur invité, jésuite exégète célèbre, en méditant sur le Sang du Christ, lors de la retraite qu'il a prêchée du 11 au 16 février 2008 en présence du pape et de la curie romaine.



NOUVEAUTE DU CHRISTIANISME
Dans sa seconde méditaton de vendredi matin, le 15 février 2008, le prédicateur a achevé sa réflexion sur la Lettre aux Hébreux en commentant sa conclusion solennelle centrée sur la résurrection et l'alliance éternelle.

Le cardinal jésuite français a parcouru les différents niveaux d'approfondissement de la doctrine chrétienne, en passant de la compréhension initiale de la Résurrection de Jésus comme simple restitution de la vie de Dieu au Fils, à la Résurrection en tant que fruit de l'intervention de l'Esprit Saint, le souffle vital de Dieu. Le cardinal Vanhoye a souligné le lien, mis en lumière par la Lettre aux Hébreux, entre l'Esprit de vie et le sang, ce dernier déjà considéré comme sacré par les Anciens et par la Bible parce que porteur du souffle de vie. Une intuition correcte confirmée par la science lorsque l'on a découvert que c'est le sang qui oxygène le corps, et qui porte le « souffle » de la respiration humaine aux cellules.

« De même que nous respirons l'air de l'atmosphère pour oxygéner notre sang et le rendre capable de vivifier tout le corps, de même le Christ dans sa Passion, par sa prière intense a ‘respiré' l'Esprit Saint. Pour vaincre la peur de la mort, il a prié, supplié, il a reçu l'Esprit Saint qui est entré en lui et l'a poussé à offrir sa vie en don d'amour. Nous pouvons dire que dans la Passion, le sang du Christ s'est imprégné de l'Esprit Saint, et qu'il a ainsi acquis la capacité de communiquer une vie nouvelle et de fonder la Nouvelle Alliance ».

En réfléchissant à ce nouveau rapport entre Dieu et l'homme, par le Christ, l'auteur de la Lettre aux Hébreux a lui aussi une intiuition qui, selon le cardinal Vanhoye, exprime une vérité du christianisme à une profondeur jamais atteinte jusque là. L'auteur ne souhaite pas seulement aux chrétiens de faire la volonté de Dieu mais que Dieu lui-même fasse en eux ce qui lui plaît.

« Il nous est ainsi montré ce qui me paraît être l'élément le plus profond de la Nouvelle Alliance. Le fait que nous recevons en nous l'action de Dieu. Dans l'Ancienne Alliance, Dieu prescrivait ce que l'on devait faire, à travers une loi extérieure. Ce type d'alliance n'a pas fonctionné, parce que l'homme n'est pas capable par ses seules forces d'accomplir la volonté de Dieu. C'est pourquoi le Seigneur a voulu instituer une Nouvelle Alliance : il a promis d'écrire sa loi dans le cœur de l'homme, de lui donner un cœur nouveau et de lui donner son Esprit (...). La Nouvelle Alliance ne consiste donc pas seulement dans la réception des lois de Dieu à l'intérieur de notre cœur, mais dans la réception de l'action de Dieu même en nous ».

Dans l'Évangile de saint Jean aussi, a rappelé le cardinal Vanhoye, le Christ parle de ses œuvres comme d'un don du Père. Cela vaut pour les chrétiens qui sont accompagnés dès la fondation de l'Eglise de la certitude exprimée par Jésus de pouvoir accomplir des œuvres encore plus grandes que les siennes : ou plutôt, accomplies par le Christ lui-même à travers leur intelligence, leur générosité, leur dévouement.

Anita S. Bourdin

ROME, Dimanche 17 février 2008
paru dans zenit.org 2008


____________________________________


Voici un extrait de son dernier ouvrage en français : « Le don du Christ. Lecture spirituelle », chez Bayard, collection Christus en mars 2005 (240 pages).

Dans cet ouvrage, le Père Vanhoye, qui est considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs de l’épître aux Hébreux, nous introduit à une lecture spirituelle du mystère du Christ, tel qu’il peut être perçu dans la prière.

Extrait de “ La prière des chrétiens dans l’épître aux Hébreux ” p. 41-42

Quelle doit être la prière des chrétiens ? Que nous dit sur la question l’Épître aux Hébreux ?
Bien entendu, nous ne trouvons pas dans cette épître un exposé méthodique sur la prière chrétienne, encore qu’elle nous fournisse de précieuses indications.

Pour commencer, l’auteur invite les fidèles à la prière de contemplation. Dans deux passages, nous lisons une exhortation explicite dans ce sens, et dans deux perspectives différentes. Cela constitue, à mon avis, un aspect original de la prédication de l’auteur, sans parallèle dans le Nouveau Testament.

La contemplation de Jésus vivant

La première invitation à la contemplation chrétienne se trouve au début du chapitre 3. S’adressant aux fidèles l’auteur leur dit : “ Frères saints, vous qui avez en partage une vocation céleste, fixez bien votre regard sur Jésus, apôtre et grand-prêtre de la foi que nous professons : il est digne de foi pour celui qui l’a constitué... ” Dans ce texte, il s’agit incontestablement de la contemplation chrétienne, parce que l’auteur n’appelle pas l’attention sur une idée abstraite, sur quelque vérité métaphysique, mais sur la personne de Jésus ; il invite à regarder Jésus. Cette contemplation, remarquons-le, ne se réfère pas à la vie terrestre de Jésus, n’implique pas un retour au passé, mais concerne la situation actuelle de Jésus. Les fidèles sont exhortés à contempler le Christ glorieux, jouissant de sa gloire devant Dieu qui l’en a jugé digne. La phrase suivante évoque la gloire du Christ, supérieure à celle de Moïse. Cette orientation vers le Christ glorieux est une attitude spontanée de l’auteur, qui commence chaque partie de son discours par une contemplation du Christ dans sa gloire actuelle. La situation religieuse du chrétien se définit avant tout par sa relation avec le Christ tel qu’il est maintenant, c’est-à-dire avec le Christ vivant, avec le Christ ressuscité et glorifié, intronisé à la droite du Père ; et la prière chrétienne doit avant tout raviver cette relation, la rendre plus consciente : “ Fixez bien votre regard sur Jésus... ”

Cette prière contemplative est d’une importance fondamentale pour la vie chrétienne ; elle est d’une inépuisable fécondité. Quel fruit en espère l’auteur ? En premier lieu, un renforcement de la foi : le Christ ressuscité est reconnu “ digne de foi ”. Il a droit à notre adhésion sans réserve : “ Puisque nous avons un grand-prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de notre foi ” (He 4,4). En second lieu, la contemplation du Christ glorifié produit une autre forme de prière, que nous pouvons appeler la prière de l’écoute. En effet, l’auteur joint directement son invitation à la contemplation à une exhortation à l’écoute, employant les paroles du psaume 95 : “ Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs ” (He 3,7-8 ; Ps 95,7-8). Ces paroles sont répétées à trois reprises pour marquer les trois subdivisions d’une longue exhortation.

La contemplation du chrétien n’est par conséquent pas destinée à demeurer passive : elle n’est pas une attitude de spectateurs, sans engagement. Bien plus, la contemplation de la gloire du Christ nous rend attentifs à un appel qui nous met en mouvement et produit la docilité active ; nous rend plus conscients de notre “ vocation céleste ” (He 3,1) ; nous invite à entrer dans le royaume de Dieu sans retard. La même relation contemplation-écoute est perçue dans l’épisode évangélique de la transfiguration : Pierre, Jacques et Jean eurent le privilège de contempler la gloire divine du Christ, mais ils furent invités à passer de la vision à l’écoute : “ Survint une nuée qui les prit sous son ombre, et de la nuée partit une voix : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le!” ” (Mc 9,7). L’auteur de l’épître adopte la même perspective.



Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Dans sa seconde méditaton de vendredi matin, le 15 février 2008, le prédicateur a achevé sa réflexion sur la Lettre aux Hébreux en commentant sa conclusion solennelle centrée sur la résurrection et l'alliance éternelle.

Le cardinal jésuite français a parcouru les différents niveaux d'approfondissement de la doctrine chrétienne, en passant de la compréhension initiale de la Résurrection de Jésus comme simple restitution de la vie de Dieu au Fils, à la Résurrection en tant que fruit de l'intervention de l'Esprit Saint, le souffle vital de Dieu. Le cardinal Vanhoye a souligné le lien, mis en lumière par la Lettre aux Hébreux, entre l'Esprit de vie et le sang, ce dernier déjà considéré comme sacré par les Anciens et par la Bible parce que porteur du souffle de vie. Une intuition correcte confirmée par la science lorsque l'on a découvert que c'est le sang qui oxygène le corps, et qui porte le « souffle » de la respiration humaine aux cellules.

« De même que nous respirons l'air de l'atmosphère pour oxygéner notre sang et le rendre capable de vivifier tout le corps, de même le Christ dans sa Passion, par sa prière intense a ‘respiré' l'Esprit Saint. Pour vaincre la peur de la mort, il a prié, supplié, il a reçu l'Esprit Saint qui est entré en lui et l'a poussé à offrir sa vie en don d'amour. Nous pouvons dire que dans la Passion, le sang du Christ s'est imprégné de l'Esprit Saint, et qu'il a ainsi acquis la capacité de communiquer une vie nouvelle et de fonder la Nouvelle Alliance ».

En réfléchissant à ce nouveau rapport entre Dieu et l'homme, par le Christ, l'auteur de la Lettre aux Hébreux a lui aussi une intiuition qui, selon le cardinal Vanhoye, exprime une vérité du christianisme à une profondeur jamais atteinte jusque là. L'auteur ne souhaite pas seulement aux chrétiens de faire la volonté de Dieu mais que Dieu lui-même fasse en eux ce qui lui plaît.

« Il nous est ainsi montré ce qui me paraît être l'élément le plus profond de la Nouvelle Alliance. Le fait que nous recevons en nous l'action de Dieu. Dans l'Ancienne Alliance, Dieu prescrivait ce que l'on devait faire, à travers une loi extérieure. Ce type d'alliance n'a pas fonctionné, parce que l'homme n'est pas capable par ses seules forces d'accomplir la volonté de Dieu. C'est pourquoi le Seigneur a voulu instituer une Nouvelle Alliance : il a promis d'écrire sa loi dans le cœur de l'homme, de lui donner un cœur nouveau et de lui donner son Esprit (...). La Nouvelle Alliance ne consiste donc pas seulement dans la réception des lois de Dieu à l'intérieur de notre cœur, mais dans la réception de l'action de Dieu même en nous ».

Dans l'Évangile de saint Jean aussi, a rappelé le cardinal Vanhoye, le Christ parle de ses œuvres comme d'un don du Père. Cela vaut pour les chrétiens qui sont accompagnés dès la fondation de l'Eglise de la certitude exprimée par Jésus de pouvoir accomplir des œuvres encore plus grandes que les siennes : ou plutôt, accomplies par le Christ lui-même à travers leur intelligence, leur générosité, leur dévouement.

Anita S. Bourdin

ROME, Dimanche 17 février 2008
paru dans zenit.org 2008


____________________________________


Voici un extrait de son dernier ouvrage en français : « Le don du Christ. Lecture spirituelle », chez Bayard, collection Christus en mars 2005 (240 pages).

Dans cet ouvrage, le Père Vanhoye, qui est considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs de l’épître aux Hébreux, nous introduit à une lecture spirituelle du mystère du Christ, tel qu’il peut être perçu dans la prière.

Extrait de “ La prière des chrétiens dans l’épître aux Hébreux ” p. 41-42

Quelle doit être la prière des chrétiens ? Que nous dit sur la question l’Épître aux Hébreux ?
Bien entendu, nous ne trouvons pas dans cette épître un exposé méthodique sur la prière chrétienne, encore qu’elle nous fournisse de précieuses indications.

Pour commencer, l’auteur invite les fidèles à la prière de contemplation. Dans deux passages, nous lisons une exhortation explicite dans ce sens, et dans deux perspectives différentes. Cela constitue, à mon avis, un aspect original de la prédication de l’auteur, sans parallèle dans le Nouveau Testament.

La contemplation de Jésus vivant

La première invitation à la contemplation chrétienne se trouve au début du chapitre 3. S’adressant aux fidèles l’auteur leur dit : “ Frères saints, vous qui avez en partage une vocation céleste, fixez bien votre regard sur Jésus, apôtre et grand-prêtre de la foi que nous professons : il est digne de foi pour celui qui l’a constitué... ” Dans ce texte, il s’agit incontestablement de la contemplation chrétienne, parce que l’auteur n’appelle pas l’attention sur une idée abstraite, sur quelque vérité métaphysique, mais sur la personne de Jésus ; il invite à regarder Jésus. Cette contemplation, remarquons-le, ne se réfère pas à la vie terrestre de Jésus, n’implique pas un retour au passé, mais concerne la situation actuelle de Jésus. Les fidèles sont exhortés à contempler le Christ glorieux, jouissant de sa gloire devant Dieu qui l’en a jugé digne. La phrase suivante évoque la gloire du Christ, supérieure à celle de Moïse. Cette orientation vers le Christ glorieux est une attitude spontanée de l’auteur, qui commence chaque partie de son discours par une contemplation du Christ dans sa gloire actuelle. La situation religieuse du chrétien se définit avant tout par sa relation avec le Christ tel qu’il est maintenant, c’est-à-dire avec le Christ vivant, avec le Christ ressuscité et glorifié, intronisé à la droite du Père ; et la prière chrétienne doit avant tout raviver cette relation, la rendre plus consciente : “ Fixez bien votre regard sur Jésus... ”

Cette prière contemplative est d’une importance fondamentale pour la vie chrétienne ; elle est d’une inépuisable fécondité. Quel fruit en espère l’auteur ? En premier lieu, un renforcement de la foi : le Christ ressuscité est reconnu “ digne de foi ”. Il a droit à notre adhésion sans réserve : “ Puisque nous avons un grand-prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de notre foi ” (He 4,4). En second lieu, la contemplation du Christ glorifié produit une autre forme de prière, que nous pouvons appeler la prière de l’écoute. En effet, l’auteur joint directement son invitation à la contemplation à une exhortation à l’écoute, employant les paroles du psaume 95 : “ Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs ” (He 3,7-8 ; Ps 95,7-8). Ces paroles sont répétées à trois reprises pour marquer les trois subdivisions d’une longue exhortation.

La contemplation du chrétien n’est par conséquent pas destinée à demeurer passive : elle n’est pas une attitude de spectateurs, sans engagement. Bien plus, la contemplation de la gloire du Christ nous rend attentifs à un appel qui nous met en mouvement et produit la docilité active ; nous rend plus conscients de notre “ vocation céleste ” (He 3,1) ; nous invite à entrer dans le royaume de Dieu sans retard. La même relation contemplation-écoute est perçue dans l’épisode évangélique de la transfiguration : Pierre, Jacques et Jean eurent le privilège de contempler la gloire divine du Christ, mais ils furent invités à passer de la vision à l’écoute : “ Survint une nuée qui les prit sous son ombre, et de la nuée partit une voix : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le!” ” (Mc 9,7). L’auteur de l’épître adopte la même perspective.



Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
18/02/2008

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Des vélos au sol. Une image de la paroisse d'aujourd'hui? L'avenir de la paroisse passe par la nouvelle évangélisation si elle veut reprendre son élan. Les trois conditions essentielles et lignes directrices qui suivent apparaissent des plus à propos dans ce travail de "remise en selle". Nous les reprenons d'un colloque tenu à Rome du 30 janvier au 2 février 2008.



ET LA PAROISSE?
Lors de ce colloque, le Le Vicaire du pape qui s'occupe de la marche concrète du diocèse de Rome, le cardinal Camillo Ruini, jeudi le 21 janvier 2008, a demandé aux paroisses d'être au cœur de la vie missionnaire. Le cardinal Ruini intervenait alors au colloque sur « Paroisses et nouvelle évangélisation. L'apport des mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés » organisé à Rome par la Communauté de l'Emmanuel en collaboration avec l'Institut pontifical Redemptor Hominis, du 30 janvier au 1 février.

Le critère-guide de toute la pastorale

Voci un extrair de son allocution. Le cardinal Ruin a insisté sur le caractère missionnare de la communion écclésiale. Celle-ci, a-t-il dit possède une orientation intrinsèque vers la dimension missionnaire et la communication de la foi, lesquelles doivent constituer (toujours, mais à titre spécial dans les circonstances actuelles), le critère-guide de toute la pastorale : celles-ci ne peuvent donc être considérées comme une simple exigence de pastorale parmi tant d'autres, mais comme la question centrale, en un certain sens unique et décisive ».

Trois « lignes directrices »

Le cardinal Ruini propose trois « lignes directrices » qui peuvent aider les paroisses à « assumer concrètement leur rôle missionnaire ».

La première consiste à « former les chrétiens qui fréquentent nos communautés, et en premier lieu les prêtres et les séminaristes, à une foi qui soit vraiment missionnaire, dans les différents cadres de vie et pas seulement dans le milieu paroissial ou ecclésial ».

Le deuxième « chemin à prendre est celui du discernement, de la valorisation et du développement des multiples potentialités missionnaires déjà présentes, même si de façon latente, dans notre pastorale ordinaire où il nous est donné la possibilité de côtoyer un grand nombre de personnes qui appartiennent à l'Eglise de manière faible et précaire, voire même des non-croyants : si nous arrivons, dans un esprit évangélique et missionnaire, à entrer en contact avec tous ces gens, les fruits ne manqueront pas ».

La troisième orientation de fond proposée par le cardinal Ruini est celle de « donner une place centrale à la pastorale des adultes, en accordant une attention particulière aux familles, à leur milieu de travail, à leurs cadres de vie ».

Il demande pour cela que « les rythmes de vie des paroisses soient repensés le plus possible, de manière à ce qu'ils soient réellement accessibles aux adultes qui travaillent, et aux familles : pour cela, plus que l'organisation d'un grand nombre de rencontres, ce qu'il faudrait c'est un style de pastorale ouvert à des relations humaines plus profondes, que l'on cultiverait sans toute cette agitation qui dérive justement du manque de temps ».

« Néanmoins l'accent devant être mis sur la pastorale des adultes et des familles ne doit en rien affaiblir l'engagement pris en faveur des générations plus jeunes, car cela serait une très grave erreur », prévient-il.

Le cardinal Ruini estime que transformer la paroisse en une paroisse missionnaire n'est pas « un défi impossible »: « ce qu'il faut c'est donc "avancer au large", comme nous le demande le pape dans sa lettre encyclique Novo millennio ineunte, avec cette confiance, cette créativité et ce courage qui naissent de la foi dont les grandes potentialités, manifestes ou latentes de nos paroisses, sauront tirer profit dans un souci de communion et de mission ».

Extraits de la nouvelle de l'agence Zenit du 1 février 2008.

___________________________________________

Colloque de Rome du 30 janvier au 1er février 2008 sur la mission et les paroisses

Interview du Père Yves le Saux, responsable des prêtres et des séminaristes de la Communauté de l'Emmanuel, accordée à l'Agence Zenit à quelques jours du colloque organisé à Rome sur « Paroisses et nouvelle évangélisation » par la Communauté de l'Emmanuel en collaboration avec l'Institut Pontifical Redemptor Hominis.

La paroisse aura un avenir à condition qu'elle soit missionnaire déclare le Père le Saux

"Aujourd'hui, dit-il, dans diverses régions du monde, certains s'interrogent sur l'avenir des paroisses. Je pense que la paroisse reste et restera le lieu majeur et privilégié de la vie de l'Eglise. Par nature, la paroisse est le lieu où se rassemble la communauté chrétienne. Elle a pour vocation d'accueillir tous les chrétiens autour de l'Eucharistie, autour du Christ, entre autre à travers le ministère du curé. La paroisse est le lieu où tout chrétien, tout baptisé, quelle que soit sa sensibilité, son charisme propre, va pouvoir vivre et être intégré à la vie ecclésiale. Cela dit, le modèle de la paroisse où le curé est là, au milieu de sa communauté, et disponible à toutes les personnes qui viennent, n'est plus suffisant. Si un curé veut encore avoir des brebis, il doit aller les chercher. Aujourd'hui, la paroisse doit se comprendre comme « territoire missionnaire ». Il me semble que parfois il faudrait adjoindre au terme paroisse, celui de « territoire missionnaire » pour que le prêtre et les chrétiens qui vivent dans un lieu précis puissent entrer dans une dynamique d'annonce de l'Evangile. Autrement dit, la paroisse a-t-elle un avenir ? Oui, à condition qu'elle soit missionnaire."

« Si un curé veut encore avoir des brebis, il doit aller les chercher » continue le Père le Saux. Une formule qui pourrait être adaptée à toute l'Eglise, et notamment en France où 5.000 édifices religieux sont en péril faute de paroissiens... et de prêtres [NDLR et au Québec aussi...pourquoi pas?].

______________________________________

Voici le programme du colloque



La Communauté de l’Emmanuel, en collaboration avec l’Institut Pontifical Redemptor Hominis, Rome organise le quatrième colloque de Rome sur le thème "Paroisses et nouvelle évangélisation. L’apport des mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés".

30, 31 janvier, 1er février 2008


Programme





Mercredi 30 janvier



09h00 : Louange

09h30 : Mot d’accueil de Mgr Dario Viganò, président de l’Institut pontifical Redemptor Hominis

09h40 : « La nature missionnaire de la paroisse » : paroisse et nouvelle évangélisation par Mgr Malcolm Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin (Rome)

10h10 : questions des participants

10h40 : Breack – pause café

11h00 : Témoignage sur les Cellules paroissiales d’évangélisation (don PiGi Perini, paroisse San Eustorgio, Milan)

11h30 Témoignage : paroisse de l’Emmanuel (Père Francis Manoukian, Communauté de l’Emmanuel) (France)

12h15 : messe



13h00 : Déjeuner



14h30 : Présentation : Histoire missionnaire des paroisses par Thomas Hervouët (agrégé d’histoire, Communauté de l’Emmanuel)

14h45 : Réaction répondant : Prof. Philippe Chenaux (Université de Latran) (Suisse)

15h00 : discussion intervenant – répondant, question public

16h15 : Pause

16h45 : Présentation : Une pastorale missionnaire des sacrements et de la liturgie par Mons. Pietro Sigurani, curé de la paroisse Natività di Nostro Signore Gesù Cristo (Rome)

17h00 : Réaction répondant : père Eric Jacquinet, curé à Vénissieux (Lyon – France) (Communauté de l’Emmanuel)

17h15 : discussion intervenant – répondant ; question public

19h00 : Adoration eucharistique

20h15 : Dîner



Jeudi 31 janvier



09h00 : Louange

09h15 : Présentation : Les normes canoniques de la paroisse, obstacles ou appuis pour la mission par le professeur Libero Gerosa, recteur de la faculté de théologie de Lugano (Suisse)

09h30 : Réaction répondant : Mgr Agostino Montan, professeur à l’université du Latran (Rome)

09h45 : discussion intervenant – répondant ; question public

10h45 : Pausé Café

11h00 : Place de la paroisse dans la mission de l’Église

Cardinal Camillo Ruini, Cardinal vicaire du St Père pour le diocèse de Rome

12h15 : messe



13h00 : Déjeuner



14h30 : « Prêtres et laïcs dans la paroisse » par le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne

15h15 : questions des participants

15h45 : Témoignage 2 : Missions paroissiales (Otto Neubauer, directeur de l’Institut pour l’évangélisation à Vienne, Communauté de l’Emmanuel) (Autriche)

16h15 : Pause

16h30 : Présentation : De la paroisse de chrétienté à la paroisse missionnaire (conversion de tous à la mission : passage d’une conscience de consommateur à une conscience de missionnaire dans la paroisse) par Denis Biju Duval, professeur à Redemptor Hominis, Communauté de l’Emmanuel

16h45 : Réaction répondant : Rev. Nicky Gumbel, Alpha international (Londres)

17h00 : discussion intervenant – répondant ; question public

18h00 : Table ronde avec Don PiGi Perini, Jose Prado Flores, Nicky Gumbel, Yves Le Saux

19h00 : Adoration eucharistique

20h15 : Dîner



Vendredi 1 février



09h00 : Louange

09h30 : « Paroisses et mouvements » par le Prof. Guzmán Carriquiry, sous-secrétaire du Conseil Pontifical pour les Laïcs (Rome)

10h10 : questions des participants

10h40 : Pause – pause café

11h00 : Témoignage 1 : don Ezechiele Pasotti, Préfet des Études du séminaire Redemptoris Mater de Rome (Chemin Néocatéchuménal)

11h30 : Témoignage 2 : Mt. Zion Catholic Pastoral Center (Gordon et Martha Krupp) (USA)

12h15 : messe



13h00 : Déjeuner



14h30 : Témoignage 3 : L’école d’évangélisation St André (José Prado Flores, fondateur de KeKaKo) (Mexique)

15h15 : Présentation : Former les prêtres à la mission et à la charité pastorale : Père Yves Le Saux (responsable des ministères ordonnés, Communauté de l’Emmanuel)

15h30 : Réaction répondant : Don Paolo Sottopietra, vicaire général de la Fraternità Sacerdotale dei Missionari di san Carlo Borromeo (Comunio e Liberazione)

15h45 : discussion intervenant – répondant ; question public

16h45 : Conclusion

17h00 : Fin


Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Lors de ce colloque, le Le Vicaire du pape qui s'occupe de la marche concrète du diocèse de Rome, le cardinal Camillo Ruini, jeudi le 21 janvier 2008, a demandé aux paroisses d'être au cœur de la vie missionnaire. Le cardinal Ruini intervenait alors au colloque sur « Paroisses et nouvelle évangélisation. L'apport des mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés » organisé à Rome par la Communauté de l'Emmanuel en collaboration avec l'Institut pontifical Redemptor Hominis, du 30 janvier au 1 février.

Le critère-guide de toute la pastorale

Voci un extrair de son allocution. Le cardinal Ruin a insisté sur le caractère missionnare de la communion écclésiale. Celle-ci, a-t-il dit possède une orientation intrinsèque vers la dimension missionnaire et la communication de la foi, lesquelles doivent constituer (toujours, mais à titre spécial dans les circonstances actuelles), le critère-guide de toute la pastorale : celles-ci ne peuvent donc être considérées comme une simple exigence de pastorale parmi tant d'autres, mais comme la question centrale, en un certain sens unique et décisive ».

Trois « lignes directrices »

Le cardinal Ruini propose trois « lignes directrices » qui peuvent aider les paroisses à « assumer concrètement leur rôle missionnaire ».

La première consiste à « former les chrétiens qui fréquentent nos communautés, et en premier lieu les prêtres et les séminaristes, à une foi qui soit vraiment missionnaire, dans les différents cadres de vie et pas seulement dans le milieu paroissial ou ecclésial ».

Le deuxième « chemin à prendre est celui du discernement, de la valorisation et du développement des multiples potentialités missionnaires déjà présentes, même si de façon latente, dans notre pastorale ordinaire où il nous est donné la possibilité de côtoyer un grand nombre de personnes qui appartiennent à l'Eglise de manière faible et précaire, voire même des non-croyants : si nous arrivons, dans un esprit évangélique et missionnaire, à entrer en contact avec tous ces gens, les fruits ne manqueront pas ».

La troisième orientation de fond proposée par le cardinal Ruini est celle de « donner une place centrale à la pastorale des adultes, en accordant une attention particulière aux familles, à leur milieu de travail, à leurs cadres de vie ».

Il demande pour cela que « les rythmes de vie des paroisses soient repensés le plus possible, de manière à ce qu'ils soient réellement accessibles aux adultes qui travaillent, et aux familles : pour cela, plus que l'organisation d'un grand nombre de rencontres, ce qu'il faudrait c'est un style de pastorale ouvert à des relations humaines plus profondes, que l'on cultiverait sans toute cette agitation qui dérive justement du manque de temps ».

« Néanmoins l'accent devant être mis sur la pastorale des adultes et des familles ne doit en rien affaiblir l'engagement pris en faveur des générations plus jeunes, car cela serait une très grave erreur », prévient-il.

Le cardinal Ruini estime que transformer la paroisse en une paroisse missionnaire n'est pas « un défi impossible »: « ce qu'il faut c'est donc "avancer au large", comme nous le demande le pape dans sa lettre encyclique Novo millennio ineunte, avec cette confiance, cette créativité et ce courage qui naissent de la foi dont les grandes potentialités, manifestes ou latentes de nos paroisses, sauront tirer profit dans un souci de communion et de mission ».

Extraits de la nouvelle de l'agence Zenit du 1 février 2008.

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Colloque de Rome du 30 janvier au 1er février 2008 sur la mission et les paroisses

Interview du Père Yves le Saux, responsable des prêtres et des séminaristes de la Communauté de l'Emmanuel, accordée à l'Agence Zenit à quelques jours du colloque organisé à Rome sur « Paroisses et nouvelle évangélisation » par la Communauté de l'Emmanuel en collaboration avec l'Institut Pontifical Redemptor Hominis.

La paroisse aura un avenir à condition qu'elle soit missionnaire déclare le Père le Saux

"Aujourd'hui, dit-il, dans diverses régions du monde, certains s'interrogent sur l'avenir des paroisses. Je pense que la paroisse reste et restera le lieu majeur et privilégié de la vie de l'Eglise. Par nature, la paroisse est le lieu où se rassemble la communauté chrétienne. Elle a pour vocation d'accueillir tous les chrétiens autour de l'Eucharistie, autour du Christ, entre autre à travers le ministère du curé. La paroisse est le lieu où tout chrétien, tout baptisé, quelle que soit sa sensibilité, son charisme propre, va pouvoir vivre et être intégré à la vie ecclésiale. Cela dit, le modèle de la paroisse où le curé est là, au milieu de sa communauté, et disponible à toutes les personnes qui viennent, n'est plus suffisant. Si un curé veut encore avoir des brebis, il doit aller les chercher. Aujourd'hui, la paroisse doit se comprendre comme « territoire missionnaire ». Il me semble que parfois il faudrait adjoindre au terme paroisse, celui de « territoire missionnaire » pour que le prêtre et les chrétiens qui vivent dans un lieu précis puissent entrer dans une dynamique d'annonce de l'Evangile. Autrement dit, la paroisse a-t-elle un avenir ? Oui, à condition qu'elle soit missionnaire."

« Si un curé veut encore avoir des brebis, il doit aller les chercher » continue le Père le Saux. Une formule qui pourrait être adaptée à toute l'Eglise, et notamment en France où 5.000 édifices religieux sont en péril faute de paroissiens... et de prêtres [NDLR et au Québec aussi...pourquoi pas?].

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Voici le programme du colloque



La Communauté de l’Emmanuel, en collaboration avec l’Institut Pontifical Redemptor Hominis, Rome organise le quatrième colloque de Rome sur le thème "Paroisses et nouvelle évangélisation. L’apport des mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés".

30, 31 janvier, 1er février 2008


Programme





Mercredi 30 janvier



09h00 : Louange

09h30 : Mot d’accueil de Mgr Dario Viganò, président de l’Institut pontifical Redemptor Hominis

09h40 : « La nature missionnaire de la paroisse » : paroisse et nouvelle évangélisation par Mgr Malcolm Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin (Rome)

10h10 : questions des participants

10h40 : Breack – pause café

11h00 : Témoignage sur les Cellules paroissiales d’évangélisation (don PiGi Perini, paroisse San Eustorgio, Milan)

11h30 Témoignage : paroisse de l’Emmanuel (Père Francis Manoukian, Communauté de l’Emmanuel) (France)

12h15 : messe



13h00 : Déjeuner



14h30 : Présentation : Histoire missionnaire des paroisses par Thomas Hervouët (agrégé d’histoire, Communauté de l’Emmanuel)

14h45 : Réaction répondant : Prof. Philippe Chenaux (Université de Latran) (Suisse)

15h00 : discussion intervenant – répondant, question public

16h15 : Pause

16h45 : Présentation : Une pastorale missionnaire des sacrements et de la liturgie par Mons. Pietro Sigurani, curé de la paroisse Natività di Nostro Signore Gesù Cristo (Rome)

17h00 : Réaction répondant : père Eric Jacquinet, curé à Vénissieux (Lyon – France) (Communauté de l’Emmanuel)

17h15 : discussion intervenant – répondant ; question public

19h00 : Adoration eucharistique

20h15 : Dîner



Jeudi 31 janvier



09h00 : Louange

09h15 : Présentation : Les normes canoniques de la paroisse, obstacles ou appuis pour la mission par le professeur Libero Gerosa, recteur de la faculté de théologie de Lugano (Suisse)

09h30 : Réaction répondant : Mgr Agostino Montan, professeur à l’université du Latran (Rome)

09h45 : discussion intervenant – répondant ; question public

10h45 : Pausé Café

11h00 : Place de la paroisse dans la mission de l’Église

Cardinal Camillo Ruini, Cardinal vicaire du St Père pour le diocèse de Rome

12h15 : messe



13h00 : Déjeuner



14h30 : « Prêtres et laïcs dans la paroisse » par le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne

15h15 : questions des participants

15h45 : Témoignage 2 : Missions paroissiales (Otto Neubauer, directeur de l’Institut pour l’évangélisation à Vienne, Communauté de l’Emmanuel) (Autriche)

16h15 : Pause

16h30 : Présentation : De la paroisse de chrétienté à la paroisse missionnaire (conversion de tous à la mission : passage d’une conscience de consommateur à une conscience de missionnaire dans la paroisse) par Denis Biju Duval, professeur à Redemptor Hominis, Communauté de l’Emmanuel

16h45 : Réaction répondant : Rev. Nicky Gumbel, Alpha international (Londres)

17h00 : discussion intervenant – répondant ; question public

18h00 : Table ronde avec Don PiGi Perini, Jose Prado Flores, Nicky Gumbel, Yves Le Saux

19h00 : Adoration eucharistique

20h15 : Dîner



Vendredi 1 février



09h00 : Louange

09h30 : « Paroisses et mouvements » par le Prof. Guzmán Carriquiry, sous-secrétaire du Conseil Pontifical pour les Laïcs (Rome)

10h10 : questions des participants

10h40 : Pause – pause café

11h00 : Témoignage 1 : don Ezechiele Pasotti, Préfet des Études du séminaire Redemptoris Mater de Rome (Chemin Néocatéchuménal)

11h30 : Témoignage 2 : Mt. Zion Catholic Pastoral Center (Gordon et Martha Krupp) (USA)

12h15 : messe



13h00 : Déjeuner



14h30 : Témoignage 3 : L’école d’évangélisation St André (José Prado Flores, fondateur de KeKaKo) (Mexique)

15h15 : Présentation : Former les prêtres à la mission et à la charité pastorale : Père Yves Le Saux (responsable des ministères ordonnés, Communauté de l’Emmanuel)

15h30 : Réaction répondant : Don Paolo Sottopietra, vicaire général de la Fraternità Sacerdotale dei Missionari di san Carlo Borromeo (Comunio e Liberazione)

15h45 : discussion intervenant – répondant ; question public

16h45 : Conclusion

17h00 : Fin


Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
02/02/2008

Actualité

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Réflexions

L'existence de Dieu est une question oubliée dans la philosophie contemporaine. Ne pas la poser va-t-il de soi? L'abandon de cette interrogation marque un appauvrissement et a tout à voir avec une transformation de la notion d'existence. Les réflexions de Jean Grondin, professeur à l'Université de Montréal, auteur spécialiste de la philosophie allemande et de l'histoire de la métaphysique sont des plus stimulantes. Les livres du professeur Grondin sont traduits dans une dizaine de langues.



EXISTENCE DE DIEU: QUESTION?
Il fut un temps où les philosophes n'avaient pas de souci plus pressant que de traiter de l'existence de Dieu. La question a tenu en haleine les plus grands esprits, Aristote, Cicéron, Augustin, Thomas d'Aquin, Descartes, Spinoza, Kant, Hegel et tant d'autres, mais elle est un peu disparue de nos débats philosophiques. Il est permis d'y voir un appauvrissement. Aujourd'hui, on demande aux philosophes de se justifier en montrant que leurs idées permettent d'éclairer tel ou tel problème politique ou social qui agite les manchettes.

Il se pourrait qu'on confonde ici la philosophie avec la science politique ou le journalisme (digne profession, par ailleurs). La philosophie ne peut guère se justifier qu'en étant elle-même, donc en demeurant fidèle à ses interrogations fondamentales.

La question de l'existence de Dieu en fait partie. Ici, le terme le plus difficile, le plus mécontemporain, est sans doute celui de Dieu. Or, par déformation philosophique, je me concentrerai sur le premier, l'existence, qui sera le terme le moins problématique pour le commun des mortels. (C'est pourquoi je n'aborderai pas du tout ici le débat assez malheureux, mais très ancien, sur l'intelligent design.)

Le triomphe du «nominalisme»

C'est que la plupart des esprits, pour peu qu'ils y réfléchissent, s'entendront sans peine sur le sens à donner à la notion d'existence: exister, c'est être plutôt que de n'être pas, c'est-à-dire survenir réellement dans l'espace, existence qui se laisse attester par nos sens. Cette table ou ce journal existent, par exemple, parce qu'ils sont là devant moi, observables, etc. On ne le sait pas toujours, mais c'est là une conception bien particulière, et relativement récente, de l'existence, qu'on peut qualifier de nominaliste. Pour le nominalisme n'existent que des réalités individuelles, matérielles, donc perceptibles dans l'espace et dans le temps.

Ainsi, pour le nominalisme, les tables et les pommes existent mais les licornes ou le père Noël n'existent pas, ce sont des «fictions». Pour lui, les notions universelles n'existent pas non plus, ce ne sont que des noms (d'où l'appellation de «nominalisme»), des inventions servant à désigner un ensemble d'individus possédant telle ou telle caractéristique commune, individuellement perceptible.

C'est là une conception de l'existence si évidente, qui détermine de façon si puissante notre pensée, que nous oublions tous qu'il s'agit d'une conception bien particulière de l'existence, celle qui accorde la priorité exclusive de l'être à l'existence individuelle et contingente.

Il est au moins une autre conception de l'être qui est plus ancienne et contre laquelle la conception nominaliste s'est patiemment élaborée. Au vu de la conception moderne et nominaliste, c'est une conception qui paraîtra bizarre au possible, a fortiori à notre époque. C'est la conception qui comprend l'être non pas comme existence individuelle mais comme manifestation de l'essence, dont l'évidence est première. L'essence est ici première! Cela nous paraît incongru parce que, pour nous, l'essence est seconde, elle se surajoute, «par abstraction», à l'existence individuelle.

Or cette conception était celle des Grecs, de Platon notamment, pour qui l'individuel possède une réalité de second degré. Il est effectivement second par rapport à l'évidence combien plus éblouissante de l'essence (ou de l'espèce, car il s'agit du même terme en grec: eidos) qu'il représente: ainsi, par exemple, un être humain ou une chose belle n'est qu'une manifestation (bien éphémère!) d'une essence (ou d'une espèce). L'essence, comme son beau nom l'indique bien (esse), renferme l'être le plus plein parce que le plus permanent.

Cette conception qui nous paraît si insolite a pourtant porté la pensée occidentale jusqu'à la fin du Moyen Âge. Elle fut critiquée par les auteurs qu'on a appelés nominalistes, dont Guillaume d'Occam (fin XIIIe-1350). Assez ironiquement, sa motivation était avant tout théologique: c'est qu'il estimait que la toute-puissance de Dieu, dont le Moyen Âge tardif avait une vive conscience, paraissait incompatible avec un ordre d'essences éternelles qui viendrait en quelque sorte la limiter.

Si Dieu est tout-puissant, il peut à tout moment bouleverser l'ordre des essences, faire en sorte que l'homme puisse voler, que les citronniers produisent des pommes, etc. Pour Occam, les essences ne sont donc que des noms et succombent à son proverbial rasoir.

Cette conception fut contestée à son époque (entre autres parce qu'elle apparaissait incompatible avec le dogme de l'eucharistie, où la transformation de l'essence est cruciale), mais elle a fini, lentement mais sûrement, par triompher dans la modernité, au point d'éclipser totalement l'autre vision de l'existence.

Ainsi n'existent plus pour la modernité que des entités individuelles et matérielles. Connaître ces réalités, ce n'est plus connaître une essence (car elle existe de moins en moins) mais repérer des régularités ou des lois au sein des réalités individuelles, posées comme premières (même si, pour un Newton, voire pour Einstein lui-même, connaître les lois mathématiques du monde, c'était encore entrapercevoir l'essence divine: «J'affirme que le sentiment religieux cosmique est le motif le plus puissant et le plus noble de la recherche scientifique», affirma Einstein).

Cette conception de l'existence pénètre de part en part la science de la modernité, et il n'est pas surprenant qu'elle ait dominé sa pensée qu'on peut dire «politique», où la prééminence de l'individu s'impose de plus en plus comme la seule réalité fondamentale. Dire que nous vivons dans une société de plus en plus individualiste est la plus triviale banalité du monde. C'est que dans un tel contexte, celui de la modernité, il va de plus en plus de soi que toutes les essences, donc toutes les réalités plus universelles, sont devenues problématiques. On parle depuis peu d'«identité» pour tenter de sauver ces solidarités plus universelles, mais il va de soi, pour le nominalisme ambiant, qu'elles sont secondes et improbables. Il s'agit en fait d'un diaphane souvenir de l'essence qui semble irrémédiablement perdue.

De la science au nominalisme

Ce nominalisme va bien sûr de pair avec l'attention que la science moderne prête à ce qui est immédiatement constatable. Les concepts et les idées qui intéressaient la science traditionnelle sont tous devenus douteux et seconds. Même les sciences humaines, devenues «sociales» dans la foulée de ce processus, ont besoin de positivités individuelles et spatialement observables.

C'est que les idées ne sont plus des manifestations de l'être mais des «faits de société» dont on imagine qu'ils peuvent faire l'objet d'une observation empirique. On calque ici sur les sciences humaines une conception de l'être très évidemment empruntée aux sciences de la réalité physique (à laquelle se réduit désormais tout être). Je n'ai pas l'espace ici pour aborder toutes les implications scientifiques et politiques de cette conception. (Il va de soi, par exemple, que le phénomène du nihilisme trouve sa racine dans le nominalisme.)

Je me contenterai de revenir à mon thème de départ, celui de l'existence de Dieu. C'est une lapalissade de dire que l'existence de Dieu doit nécessairement faire problème dans un cadre nominaliste: Dieu existe-t-il comme une pomme ou une fourmi? Assurément, non. Donc, Dieu n'existe pas pour la modernité, et s'il existe encore dans les croyances, ce n'est justement, pense-t-on, que comme la fiction à laquelle certains individus restent attachés en raison de leurs origines ou de leurs angoisses. La foi n'est plus ici qu'une «attitude» individuelle et subjective, donc problématique.

Mais cela est aussi vrai de toutes les convictions fondamentales, dont on parle depuis peu, empruntant un vocable à l'économie du XIXe siècle, en termes de «valeurs». Entendons: elles valent, c'est-à-dire qu'elles sont rentables, pour tel et tel sujet. Mais cette valeur ne renvoie plus à rien d'objectif. C'est une des conséquences de l'empire du nominalisme.

La conception qui faisait de l'être une manifestation de l'essence, aussi étrange puisse-t-elle paraître, n'avait pas ces difficultés. Car c'est là un phénomène qui ne manque pas de frapper celui qui s'intéresse au phénomène religieux: c'est que l'existence de Dieu n'y fasse jamais problème. Je ne suis pas sûr de connaître des textes de l'Ancien ou du Nouveau Testament, ou du Coran, où l'existence de Dieu fasse réellement problème, où, par exemple, la question de Thomas d'Aquin, «an sit Deus?», «est-il un Dieu?», ait sérieusement été posée. Elle l'est peut-être ici ou là (dans le Psaume de l'insensé, par exemple) mais n'est nullement centrale.

Cela est plus saisissant encore dans la «religion» grecque: il y a des dieux, car il y a partout des manifestations de l'essence divine. Il s'agit, aimerais-je dire, de l'expérience première de l'être. Elle est si évidente que la question du rapport aux dieux ne se pose jamais, pour les Grecs de l'époque classique, en termes de «croyance». Certes, les spécialistes modernes se posent parfois la question à savoir si les Grecs «croyaient» en leurs dieux, mais ils plaquent sur les Grecs leur vocabulaire nominaliste et moderne.

Un autre indice en est que les Grecs ne se sont jamais interrogés sur l'existence effective d'Ulysse ou de la guerre de Troie, autour desquels gravitaient leurs épopées, alors qu'il s'agit pour l'observateur moderne de questions primordiales (et qui nous empêchent sans doute de comprendre de quoi il y est question). Il faut croire que les Grecs avaient d'autres priorités: il s'agissait pour eux de puissantes manifestations de l'être et du divin. La conception nominaliste de l'être n'existait pas vraiment.

La foi n'est pas un choix

La question du christianisme est intrigante ici. C'est qu'à la différence des Grecs, et dans la continuité du judaïsme, il accorde une plus grande place à la foi, par laquelle nous sommes sauvés, dit même saint Paul. Mais comment comprendre cette foi? C'est là une tâche difficile, surtout pour nous, modernes, qui associons la foi à une forme faible et inférieure de savoir qui relèverait d'un «choix personnel».

Peut-on dire que la foi (pistis) dont il est question dans les textes bibliques relève vraiment d'un choix personnel de l'individu tout-puissant? Ce n'est guère le sentiment qu'on a en lisant ces textes. La foi désigne plutôt un «se tenir» dans l'évidence de l'essence divine, un «se savoir» enveloppé de sa fidélité, qui n'a rien à voir avec un choix qui serait le nôtre.

L'imperfection du nominalisme

Il est un dernier phénomène qui m'intéresse ici, celui de la religion. Assez ironiquement, la modernité y accorde beaucoup d'importance. Or chacun sait que c'est un terme qui n'existe pas en grec. On peut bien sûr, si on y tient, parler de la religion des Grecs, mais les Grecs ne le faisaient pas.

C'est qu'il n'y avait pas, pour eux, une sphère de leur existence qui relevait en propre de la croyance. Les dieux étaient partout, si bien que le rapport à eux ne s'exprimait jamais en termes de «religion».

À ma connaissance, le Nouveau Testament, écrit en grec, n'en parle pas non plus. Et un auteur aussi tardif que Thomas d'Aquin, bien que marqué par le nominalisme, reconnaîtra à la religion un statut assez régional dans une lointaine section de sa Somme: la religio se limite chez lui aux exercices de dévotion de l'homme envers le divin (la prière, par exemple).

Nous sommes ici bien loin d'une conception nominaliste de l'être. Pour elle, la religio fait évidemment problème car elle ne renvoie littéralement à rien, à rien d'assignable. Comment étudier alors la religion? On l'étudie, conformément à la conception nominaliste de l'être, par son seul côté observable: en analysant ses pratiques dans les diverses sociétés, donc sociologiquement.

Mais il se pourrait alors qu'on passe à côté de son essence. Sa puissante survivance dans nos sociétés contemporaines (81 % des Canadiens et des Québécois se disent croyants), si désarçonnante pour les philosophes, a le bonheur de nous rappeler que la conception nominaliste de l'être n'est peut-être pas la seule.


Ces réflexions sont parues dans le journal Le Devoir du samedi 12 janvier et dimanche 13 janvier 2008

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Il fut un temps où les philosophes n'avaient pas de souci plus pressant que de traiter de l'existence de Dieu. La question a tenu en haleine les plus grands esprits, Aristote, Cicéron, Augustin, Thomas d'Aquin, Descartes, Spinoza, Kant, Hegel et tant d'autres, mais elle est un peu disparue de nos débats philosophiques. Il est permis d'y voir un appauvrissement. Aujourd'hui, on demande aux philosophes de se justifier en montrant que leurs idées permettent d'éclairer tel ou tel problème politique ou social qui agite les manchettes.

Il se pourrait qu'on confonde ici la philosophie avec la science politique ou le journalisme (digne profession, par ailleurs). La philosophie ne peut guère se justifier qu'en étant elle-même, donc en demeurant fidèle à ses interrogations fondamentales.

La question de l'existence de Dieu en fait partie. Ici, le terme le plus difficile, le plus mécontemporain, est sans doute celui de Dieu. Or, par déformation philosophique, je me concentrerai sur le premier, l'existence, qui sera le terme le moins problématique pour le commun des mortels. (C'est pourquoi je n'aborderai pas du tout ici le débat assez malheureux, mais très ancien, sur l'intelligent design.)

Le triomphe du «nominalisme»

C'est que la plupart des esprits, pour peu qu'ils y réfléchissent, s'entendront sans peine sur le sens à donner à la notion d'existence: exister, c'est être plutôt que de n'être pas, c'est-à-dire survenir réellement dans l'espace, existence qui se laisse attester par nos sens. Cette table ou ce journal existent, par exemple, parce qu'ils sont là devant moi, observables, etc. On ne le sait pas toujours, mais c'est là une conception bien particulière, et relativement récente, de l'existence, qu'on peut qualifier de nominaliste. Pour le nominalisme n'existent que des réalités individuelles, matérielles, donc perceptibles dans l'espace et dans le temps.

Ainsi, pour le nominalisme, les tables et les pommes existent mais les licornes ou le père Noël n'existent pas, ce sont des «fictions». Pour lui, les notions universelles n'existent pas non plus, ce ne sont que des noms (d'où l'appellation de «nominalisme»), des inventions servant à désigner un ensemble d'individus possédant telle ou telle caractéristique commune, individuellement perceptible.

C'est là une conception de l'existence si évidente, qui détermine de façon si puissante notre pensée, que nous oublions tous qu'il s'agit d'une conception bien particulière de l'existence, celle qui accorde la priorité exclusive de l'être à l'existence individuelle et contingente.

Il est au moins une autre conception de l'être qui est plus ancienne et contre laquelle la conception nominaliste s'est patiemment élaborée. Au vu de la conception moderne et nominaliste, c'est une conception qui paraîtra bizarre au possible, a fortiori à notre époque. C'est la conception qui comprend l'être non pas comme existence individuelle mais comme manifestation de l'essence, dont l'évidence est première. L'essence est ici première! Cela nous paraît incongru parce que, pour nous, l'essence est seconde, elle se surajoute, «par abstraction», à l'existence individuelle.

Or cette conception était celle des Grecs, de Platon notamment, pour qui l'individuel possède une réalité de second degré. Il est effectivement second par rapport à l'évidence combien plus éblouissante de l'essence (ou de l'espèce, car il s'agit du même terme en grec: eidos) qu'il représente: ainsi, par exemple, un être humain ou une chose belle n'est qu'une manifestation (bien éphémère!) d'une essence (ou d'une espèce). L'essence, comme son beau nom l'indique bien (esse), renferme l'être le plus plein parce que le plus permanent.

Cette conception qui nous paraît si insolite a pourtant porté la pensée occidentale jusqu'à la fin du Moyen Âge. Elle fut critiquée par les auteurs qu'on a appelés nominalistes, dont Guillaume d'Occam (fin XIIIe-1350). Assez ironiquement, sa motivation était avant tout théologique: c'est qu'il estimait que la toute-puissance de Dieu, dont le Moyen Âge tardif avait une vive conscience, paraissait incompatible avec un ordre d'essences éternelles qui viendrait en quelque sorte la limiter.

Si Dieu est tout-puissant, il peut à tout moment bouleverser l'ordre des essences, faire en sorte que l'homme puisse voler, que les citronniers produisent des pommes, etc. Pour Occam, les essences ne sont donc que des noms et succombent à son proverbial rasoir.

Cette conception fut contestée à son époque (entre autres parce qu'elle apparaissait incompatible avec le dogme de l'eucharistie, où la transformation de l'essence est cruciale), mais elle a fini, lentement mais sûrement, par triompher dans la modernité, au point d'éclipser totalement l'autre vision de l'existence.

Ainsi n'existent plus pour la modernité que des entités individuelles et matérielles. Connaître ces réalités, ce n'est plus connaître une essence (car elle existe de moins en moins) mais repérer des régularités ou des lois au sein des réalités individuelles, posées comme premières (même si, pour un Newton, voire pour Einstein lui-même, connaître les lois mathématiques du monde, c'était encore entrapercevoir l'essence divine: «J'affirme que le sentiment religieux cosmique est le motif le plus puissant et le plus noble de la recherche scientifique», affirma Einstein).

Cette conception de l'existence pénètre de part en part la science de la modernité, et il n'est pas surprenant qu'elle ait dominé sa pensée qu'on peut dire «politique», où la prééminence de l'individu s'impose de plus en plus comme la seule réalité fondamentale. Dire que nous vivons dans une société de plus en plus individualiste est la plus triviale banalité du monde. C'est que dans un tel contexte, celui de la modernité, il va de plus en plus de soi que toutes les essences, donc toutes les réalités plus universelles, sont devenues problématiques. On parle depuis peu d'«identité» pour tenter de sauver ces solidarités plus universelles, mais il va de soi, pour le nominalisme ambiant, qu'elles sont secondes et improbables. Il s'agit en fait d'un diaphane souvenir de l'essence qui semble irrémédiablement perdue.

De la science au nominalisme

Ce nominalisme va bien sûr de pair avec l'attention que la science moderne prête à ce qui est immédiatement constatable. Les concepts et les idées qui intéressaient la science traditionnelle sont tous devenus douteux et seconds. Même les sciences humaines, devenues «sociales» dans la foulée de ce processus, ont besoin de positivités individuelles et spatialement observables.

C'est que les idées ne sont plus des manifestations de l'être mais des «faits de société» dont on imagine qu'ils peuvent faire l'objet d'une observation empirique. On calque ici sur les sciences humaines une conception de l'être très évidemment empruntée aux sciences de la réalité physique (à laquelle se réduit désormais tout être). Je n'ai pas l'espace ici pour aborder toutes les implications scientifiques et politiques de cette conception. (Il va de soi, par exemple, que le phénomène du nihilisme trouve sa racine dans le nominalisme.)

Je me contenterai de revenir à mon thème de départ, celui de l'existence de Dieu. C'est une lapalissade de dire que l'existence de Dieu doit nécessairement faire problème dans un cadre nominaliste: Dieu existe-t-il comme une pomme ou une fourmi? Assurément, non. Donc, Dieu n'existe pas pour la modernité, et s'il existe encore dans les croyances, ce n'est justement, pense-t-on, que comme la fiction à laquelle certains individus restent attachés en raison de leurs origines ou de leurs angoisses. La foi n'est plus ici qu'une «attitude» individuelle et subjective, donc problématique.

Mais cela est aussi vrai de toutes les convictions fondamentales, dont on parle depuis peu, empruntant un vocable à l'économie du XIXe siècle, en termes de «valeurs». Entendons: elles valent, c'est-à-dire qu'elles sont rentables, pour tel et tel sujet. Mais cette valeur ne renvoie plus à rien d'objectif. C'est une des conséquences de l'empire du nominalisme.

La conception qui faisait de l'être une manifestation de l'essence, aussi étrange puisse-t-elle paraître, n'avait pas ces difficultés. Car c'est là un phénomène qui ne manque pas de frapper celui qui s'intéresse au phénomène religieux: c'est que l'existence de Dieu n'y fasse jamais problème. Je ne suis pas sûr de connaître des textes de l'Ancien ou du Nouveau Testament, ou du Coran, où l'existence de Dieu fasse réellement problème, où, par exemple, la question de Thomas d'Aquin, «an sit Deus?», «est-il un Dieu?», ait sérieusement été posée. Elle l'est peut-être ici ou là (dans le Psaume de l'insensé, par exemple) mais n'est nullement centrale.

Cela est plus saisissant encore dans la «religion» grecque: il y a des dieux, car il y a partout des manifestations de l'essence divine. Il s'agit, aimerais-je dire, de l'expérience première de l'être. Elle est si évidente que la question du rapport aux dieux ne se pose jamais, pour les Grecs de l'époque classique, en termes de «croyance». Certes, les spécialistes modernes se posent parfois la question à savoir si les Grecs «croyaient» en leurs dieux, mais ils plaquent sur les Grecs leur vocabulaire nominaliste et moderne.

Un autre indice en est que les Grecs ne se sont jamais interrogés sur l'existence effective d'Ulysse ou de la guerre de Troie, autour desquels gravitaient leurs épopées, alors qu'il s'agit pour l'observateur moderne de questions primordiales (et qui nous empêchent sans doute de comprendre de quoi il y est question). Il faut croire que les Grecs avaient d'autres priorités: il s'agissait pour eux de puissantes manifestations de l'être et du divin. La conception nominaliste de l'être n'existait pas vraiment.

La foi n'est pas un choix

La question du christianisme est intrigante ici. C'est qu'à la différence des Grecs, et dans la continuité du judaïsme, il accorde une plus grande place à la foi, par laquelle nous sommes sauvés, dit même saint Paul. Mais comment comprendre cette foi? C'est là une tâche difficile, surtout pour nous, modernes, qui associons la foi à une forme faible et inférieure de savoir qui relèverait d'un «choix personnel».

Peut-on dire que la foi (pistis) dont il est question dans les textes bibliques relève vraiment d'un choix personnel de l'individu tout-puissant? Ce n'est guère le sentiment qu'on a en lisant ces textes. La foi désigne plutôt un «se tenir» dans l'évidence de l'essence divine, un «se savoir» enveloppé de sa fidélité, qui n'a rien à voir avec un choix qui serait le nôtre.

L'imperfection du nominalisme

Il est un dernier phénomène qui m'intéresse ici, celui de la religion. Assez ironiquement, la modernité y accorde beaucoup d'importance. Or chacun sait que c'est un terme qui n'existe pas en grec. On peut bien sûr, si on y tient, parler de la religion des Grecs, mais les Grecs ne le faisaient pas.

C'est qu'il n'y avait pas, pour eux, une sphère de leur existence qui relevait en propre de la croyance. Les dieux étaient partout, si bien que le rapport à eux ne s'exprimait jamais en termes de «religion».

À ma connaissance, le Nouveau Testament, écrit en grec, n'en parle pas non plus. Et un auteur aussi tardif que Thomas d'Aquin, bien que marqué par le nominalisme, reconnaîtra à la religion un statut assez régional dans une lointaine section de sa Somme: la religio se limite chez lui aux exercices de dévotion de l'homme envers le divin (la prière, par exemple).

Nous sommes ici bien loin d'une conception nominaliste de l'être. Pour elle, la religio fait évidemment problème car elle ne renvoie littéralement à rien, à rien d'assignable. Comment étudier alors la religion? On l'étudie, conformément à la conception nominaliste de l'être, par son seul côté observable: en analysant ses pratiques dans les diverses sociétés, donc sociologiquement.

Mais il se pourrait alors qu'on passe à côté de son essence. Sa puissante survivance dans nos sociétés contemporaines (81 % des Canadiens et des Québécois se disent croyants), si désarçonnante pour les philosophes, a le bonheur de nous rappeler que la conception nominaliste de l'être n'est peut-être pas la seule.


Ces réflexions sont parues dans le journal Le Devoir du samedi 12 janvier et dimanche 13 janvier 2008

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
13/01/2008

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Cet article de Michel Vastel, dans le Journal de Québec de samedi le 12 janvier 2008 pose de bonnes questions et relève avec à propos le témoignage de foi de l'ex-président d'Hydro Québec, André Caillé. Bonne lecture.



DIEU ET LE VERGLAS
Quand le ciel leur tombe sur la tête, à qui pensent les Québécois? Au bon Dieu évidemment! Que ceux qui ne l'ont jamais prié au moment des catastrophes naturelles, (tempête du verglas, inondations au Saguenay, tremblements de terre) lèvent la main.



Il y a dix ans, au plus fort de la crise du verglas, le tout-puissant président d'Hydro-Québec avoue lui-même s'être mis à prier: «J'ai regardé le ciel et je Lui ai dit, à Lui, en haut: Arrête ça, on n'en peut plus. On est au bout de nos moyens...» Et pour qu'on ne se méprenne pas, André Caillé a précisé à la radio de Radio Canada: «C'est vrai que je l'ai fait. Oui, je suis croyant. Je m'adressais à Quelqu'un qui pour moi existe réellement. J'ai prié. Je prie, moi...»

Admettez que cet aveu du grand commis de l'État québécois n'est pas commun tout de même ! L'ancien chef libéral, Claude Ryan, avait dit lui aussi qu'il s'en remettait à Dieu dans les moments de graves décisions. Il s'était fait ridiculiser. Mais la profession de foi du président d'Hydro Québec n'a pas soulevé de protestations parmi les radicaux du Mouvement laïque. Aucun rabbin ni imam ne s'est plaint que l'électricité qui éclaire sa synagogue ou sa mosquée soit impie. Et, que je sache, aucun pontife de la presse nationale n'a ridiculisé le pieux personnage. C'est comme si le col roulé d'André Caillé s'était transformé en auréole!

Surprenante cette anecdote alors qu'il est de bon ton, en certains milieux, de taper sur la religion - catholique surtout. Il y a comme une rage, chez certains, de s'en prendre au cardinal Marc Ouellet - archevêque de Québec - qui l'a bien cherché, au pauvre curé Raymond Gravel - député du Bloc - qui n'en demande pas tant, au chef de l'Action démocratique Mario Dumont qui ne le mérite pas, et aux pauvres dames patronnesses des associations catholiques de toutes sortes. Une mode, vous dis-je!

Les antéchrists

Prudents, ces antéchrists ne s'en prennent pas aux juifs ni aux musulmans. Pourquoi ne se paie-t-on pas la traite d'un imam? Ou d'un grand rabbin? Pourquoi ne blasphème-t-on pas le nom de Allah, le Dieu des musulmans, ou celui de Yahvé le Dieu des juifs ? J'avoue que c'est pour moi un grand mystère. Si on veut jouer les anticléricaux, qu'on le soit pour tous les clercs.




Jacques Grand'Maison qui, je l'espère, aura droit au respect des chroniqueurs de la génération des Cégeps, fait remarquer dans son dernier livre Pour un nouvel humanisme' (Fides): «Il y a des préjugés antireligieux doublés d'ignorance aussi déraisonnables que des croyances aveugles. Ce laïcisme a un je ne sais quoi d'intégrisme à l'envers qui contredit son discours de liberté, de tolérance, de dialogue et d'ouverture aux autres...»

Je souhaite que tous les détracteurs de la religion catholique consacrent leur talent de pamphlétaires à dénoncer toutes les religions. Car je me méfie autant des intégristes des mosquées et des synagogues que des grenouilles de bénitier. Et si, par conformisme, on n'est pas prêt à dire du mal des musulmans et des juifs, qu'on n'en dise pas non plus des catholiques, qu'on les laisse en paix et qu'on milite dans le Mouvement laïque pour compenser... Celui-ci se cherche désespérément des membres!


Notes biographiques sur Michel Vastel



Michel Vastel est journaliste pigiste dans la revue l'Actualité et au Journal de Montréal.

M. Vastel a d’abord travaillé au gouvernement du Québec et au Conseil du patronat avant de reprendre son métier de journaliste uccessivement au Devoir, à La Presse et maintenant au Journal de Montréal comme chroniqueur. Il est en outre collaborateur régulier du magazine L’actualité pour les affaires canadiennes. En poste à Ottawa pendant 17 ans, il s’est installé en 1995 à Montréal. Il poursuit sa chronique sur la politique du pays, portant une attention particulière à l’actualité politique des capitales provinciales du Canada anglais. Auteur d’un premier livre, Le Neveu, en 1987, Michel Vastel a également écrit quatre biographies de premiers ministres — Trudeau le Québécois en 1989, Bourassa en 1991, Lucien Bouchard, en attendant la suite… en 1995, Landry, le grand dérangeant en 2001 et Nathalie Simare en 2005. Lire sont commentaire sur la religion et la politique sur son blogue le 11 janvier 2008On peut lire son blogue en tapant ici


Notes biographiques sur André Caillé




André Caillé est administrateur de sociétés.

Monsieur André Caillé a été président et chef de la direction d’Hydro-Québec de 1996 jusqu’à 2004. Après avoir obtenu un doctorat en physicochimie de l’Université de Montréal en 1968, il a été professeur et coordonnateur à l’Institut national de la recherche scientifique jusqu’en 1974. Par la suite, il a oeuvré dans le domaine de l’environnement; il fut sous-ministre de l’environnement du Québec jusqu’en 1982. Cette année-là, il passe chez Gaz Métropolitain où de 1987 à 1996 il occupera le poste de président et chef de la direction. En novembre 2001, l’Institut d’administration publique du Québec lui a attribué le Prix Pierre Decelles pour souligner l’excellence de sa gestion et son influence dans l’administration publique québécoise. En 2003, M. Caillé est devenu chancelier de
l’université de Montréal qui lui avait décerné un doctorat honoris causa en mai 2002.M.Caillé siège sur plusieurs conseils d’administration



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Quand le ciel leur tombe sur la tête, à qui pensent les Québécois? Au bon Dieu évidemment! Que ceux qui ne l'ont jamais prié au moment des catastrophes naturelles, (tempête du verglas, inondations au Saguenay, tremblements de terre) lèvent la main.



Il y a dix ans, au plus fort de la crise du verglas, le tout-puissant président d'Hydro-Québec avoue lui-même s'être mis à prier: «J'ai regardé le ciel et je Lui ai dit, à Lui, en haut: Arrête ça, on n'en peut plus. On est au bout de nos moyens...» Et pour qu'on ne se méprenne pas, André Caillé a précisé à la radio de Radio Canada: «C'est vrai que je l'ai fait. Oui, je suis croyant. Je m'adressais à Quelqu'un qui pour moi existe réellement. J'ai prié. Je prie, moi...»

Admettez que cet aveu du grand commis de l'État québécois n'est pas commun tout de même ! L'ancien chef libéral, Claude Ryan, avait dit lui aussi qu'il s'en remettait à Dieu dans les moments de graves décisions. Il s'était fait ridiculiser. Mais la profession de foi du président d'Hydro Québec n'a pas soulevé de protestations parmi les radicaux du Mouvement laïque. Aucun rabbin ni imam ne s'est plaint que l'électricité qui éclaire sa synagogue ou sa mosquée soit impie. Et, que je sache, aucun pontife de la presse nationale n'a ridiculisé le pieux personnage. C'est comme si le col roulé d'André Caillé s'était transformé en auréole!

Surprenante cette anecdote alors qu'il est de bon ton, en certains milieux, de taper sur la religion - catholique surtout. Il y a comme une rage, chez certains, de s'en prendre au cardinal Marc Ouellet - archevêque de Québec - qui l'a bien cherché, au pauvre curé Raymond Gravel - député du Bloc - qui n'en demande pas tant, au chef de l'Action démocratique Mario Dumont qui ne le mérite pas, et aux pauvres dames patronnesses des associations catholiques de toutes sortes. Une mode, vous dis-je!

Les antéchrists

Prudents, ces antéchrists ne s'en prennent pas aux juifs ni aux musulmans. Pourquoi ne se paie-t-on pas la traite d'un imam? Ou d'un grand rabbin? Pourquoi ne blasphème-t-on pas le nom de Allah, le Dieu des musulmans, ou celui de Yahvé le Dieu des juifs ? J'avoue que c'est pour moi un grand mystère. Si on veut jouer les anticléricaux, qu'on le soit pour tous les clercs.




Jacques Grand'Maison qui, je l'espère, aura droit au respect des chroniqueurs de la génération des Cégeps, fait remarquer dans son dernier livre Pour un nouvel humanisme' (Fides): «Il y a des préjugés antireligieux doublés d'ignorance aussi déraisonnables que des croyances aveugles. Ce laïcisme a un je ne sais quoi d'intégrisme à l'envers qui contredit son discours de liberté, de tolérance, de dialogue et d'ouverture aux autres...»

Je souhaite que tous les détracteurs de la religion catholique consacrent leur talent de pamphlétaires à dénoncer toutes les religions. Car je me méfie autant des intégristes des mosquées et des synagogues que des grenouilles de bénitier. Et si, par conformisme, on n'est pas prêt à dire du mal des musulmans et des juifs, qu'on n'en dise pas non plus des catholiques, qu'on les laisse en paix et qu'on milite dans le Mouvement laïque pour compenser... Celui-ci se cherche désespérément des membres!


Notes biographiques sur Michel Vastel



Michel Vastel est journaliste pigiste dans la revue l'Actualité et au Journal de Montréal.

M. Vastel a d’abord travaillé au gouvernement du Québec et au Conseil du patronat avant de reprendre son métier de journaliste uccessivement au Devoir, à La Presse et maintenant au Journal de Montréal comme chroniqueur. Il est en outre collaborateur régulier du magazine L’actualité pour les affaires canadiennes. En poste à Ottawa pendant 17 ans, il s’est installé en 1995 à Montréal. Il poursuit sa chronique sur la politique du pays, portant une attention particulière à l’actualité politique des capitales provinciales du Canada anglais. Auteur d’un premier livre, Le Neveu, en 1987, Michel Vastel a également écrit quatre biographies de premiers ministres — Trudeau le Québécois en 1989, Bourassa en 1991, Lucien Bouchard, en attendant la suite… en 1995, Landry, le grand dérangeant en 2001 et Nathalie Simare en 2005. Lire sont commentaire sur la religion et la politique sur son blogue le 11 janvier 2008On peut lire son blogue en tapant ici


Notes biographiques sur André Caillé




André Caillé est administrateur de sociétés.

Monsieur André Caillé a été président et chef de la direction d’Hydro-Québec de 1996 jusqu’à 2004. Après avoir obtenu un doctorat en physicochimie de l’Université de Montréal en 1968, il a été professeur et coordonnateur à l’Institut national de la recherche scientifique jusqu’en 1974. Par la suite, il a oeuvré dans le domaine de l’environnement; il fut sous-ministre de l’environnement du Québec jusqu’en 1982. Cette année-là, il passe chez Gaz Métropolitain où de 1987 à 1996 il occupera le poste de président et chef de la direction. En novembre 2001, l’Institut d’administration publique du Québec lui a attribué le Prix Pierre Decelles pour souligner l’excellence de sa gestion et son influence dans l’administration publique québécoise. En 2003, M. Caillé est devenu chancelier de
l’université de Montréal qui lui avait décerné un doctorat honoris causa en mai 2002.M.Caillé siège sur plusieurs conseils d’administration



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13/01/2008

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Grand succès de la deuxième encyclique de Benoît XVI intitulé "Spe Salvi" en français"Sauvés par l'espérance". Jusqu’ici un million cent mille exemplaires de la version italienne ont été vendues.



SPE SALVI : UN BEST-SELLER
La seconde encyclique du pape Benoît XVI "Spe salvi" a été rendue publique le 30 novembre 2007. Le pape l'a signée dans la Bibliothèque du Palais Apostolique à 11h et il l'adresse aux évêques, aux prêtres et diacres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs. Dans le prolongement de "Deus caritas est", le pape veut ramener les catholiques aux fondements de la foi.

Pour le texte complet de l'Encyclique "Spe Salvi" cliquez ici

Le directeur de la Maison d’Edition du Vatican, le Père Giuseppe Costa, se dit surpris du succès éditorial de ce texte du Pape sur l’espérance:

“ Les ventes de l’encyclique.. dirais-je.. sont étonnantes. En comparant cette encyclique avec la précédente , nous avons vendu le même nombre de copies en un même nombre de jours. Pourtant il n’y a pas eu de préparation sur le marché .. il n’y a pas eu de promotion, de propagande, car comme on le sait l’encyclique Spe Salvi est arrivée à l’improviste.. c’était une surprise”

Ce salésien, professeur de communication, explique dans les nouveaux bureaux de la maison d’édition que les livres du Pape suscitent beaucoup d’intérêt et révèle que les jeunes sont de grands lecteurs de Benoît XVI:

“Ah ça pour le lire .. ils le lisent .. ils le suivent parce qu’ils voient en lui un père, un guide… c’est également l’impression que l’on a quand on parle avec eux .. peut-être que nous adultes, ceux de la génération des plus de cinquante ans, sommes plus habitués à distinguer, à critiquer, mais les jeunes , eux, ceux de vingt ans, sont loin de certains schémas que nous pouvions avoir il y a encore quelques années ”.

Extrait d'une nouvelle parue sur le site internet de l'agence H2Onews le 11 janvier 2008 complétée par le webmestre.

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La seconde encyclique du pape Benoît XVI "Spe salvi" a été rendue publique le 30 novembre 2007. Le pape l'a signée dans la Bibliothèque du Palais Apostolique à 11h et il l'adresse aux évêques, aux prêtres et diacres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs. Dans le prolongement de "Deus caritas est", le pape veut ramener les catholiques aux fondements de la foi.

Pour le texte complet de l'Encyclique "Spe Salvi" cliquez ici

Le directeur de la Maison d’Edition du Vatican, le Père Giuseppe Costa, se dit surpris du succès éditorial de ce texte du Pape sur l’espérance:

“ Les ventes de l’encyclique.. dirais-je.. sont étonnantes. En comparant cette encyclique avec la précédente , nous avons vendu le même nombre de copies en un même nombre de jours. Pourtant il n’y a pas eu de préparation sur le marché .. il n’y a pas eu de promotion, de propagande, car comme on le sait l’encyclique Spe Salvi est arrivée à l’improviste.. c’était une surprise”

Ce salésien, professeur de communication, explique dans les nouveaux bureaux de la maison d’édition que les livres du Pape suscitent beaucoup d’intérêt et révèle que les jeunes sont de grands lecteurs de Benoît XVI:

“Ah ça pour le lire .. ils le lisent .. ils le suivent parce qu’ils voient en lui un père, un guide… c’est également l’impression que l’on a quand on parle avec eux .. peut-être que nous adultes, ceux de la génération des plus de cinquante ans, sommes plus habitués à distinguer, à critiquer, mais les jeunes , eux, ceux de vingt ans, sont loin de certains schémas que nous pouvions avoir il y a encore quelques années ”.

Extrait d'une nouvelle parue sur le site internet de l'agence H2Onews le 11 janvier 2008 complétée par le webmestre.

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11/01/2008

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Le message écologique de Benoît XVI, par le P. Lombardi dans le Message 2008 pour la paix à l'occasion de la Journée pour la Paix du 1 janvier 2008.



ECOLOGIE ET FOI : SE MOBILISER
« Il faut une alliance entre foi et raison », rappelle le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, dans sa présentation, à Radio Vatican, du contenu « écologique » du message 2008 de Benoît XVI pour la paix, où la question écologique tient une bonne place.

Se mobiliser

Dans le message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix 2008, célébrée le premier jour de l'année, la thématique écologique est soulignée de façon décisive. Le pape ne cache pas sa préoccupation pour la spoliation de leur environnement subi par de nombreuses régions de la planète du fait de l'action de l'homme, et d'une façon qui compromet sérieusement l'écosystème. A partir de cette prise de conscience, le pape invite les hommes de toutes les latitudes à se mobiliser pour défendre la terre, « maison commune » de l'humanité (cf. Zenit du 12 décembre 2007).

Préoccupations croissantes

C'est d'abord cette expression que souligne le P. Federico Lombardi, en disant : « Percevoir la planète comme la ‘maison commune' : c'est à cette conscience et à cette responsabilité pour notre planète que Benoît XVI invite chacun dans son récent message pour la Journée mondiale de la paix. C'est un sujet qui revient plus fréquemment dans les paroles du pape, en accord avec les préoccupations croissantes de l'humanité pour l'environnement ».

Appauvrissement irréparable

Et de préciser à propos du rapport entre pays riches et pauvres, du point de vue de l'écologie : « Jusqu'à il y a quelque temps, le thème de l'environnement pouvait passer pour une préoccupation des riches plus que des pauvres, des pays développés plutôt que des pays plus en retard, pour lesquels en revanche le développement économique était une priorité absolue. Réglementer ce développement ou le limiter apparaissait comme un luxe, une façon de maintenir les faibles dans la sujétion. Maintenant, les fréquents désastres dus aux déséquilibres environnementaux, frappent plus durement ceux qui ont moins de moyens pour se défendre et la conscience d'un appauvrissement irréparable des ressources des pays les plus faibles grandit ».

Gestion des ressources énergétiques de la planète

« Aujourd'hui, l'humanité craint pour l'avenir de l'équilibre écologique », dit le message de Benoît XVI. C'est pourquoi le pape en appelle à la solidarité, souligne le P. Lombardi : « A cette constatation, le pape relie un appel moral fort à la solidarité, sur la base de la reconnaissance de la destination universelle des biens de la Création, qui concerne aussi les pauvres et les générations à venir. Il invite au dialogue, à l'étude scientifique sérieuse des problèmes, sans « accélérations idéologiques », à la sagesse dans la recherche de « modèles de développement durable », et, très concrètement, propose un dialogue plus intense entre les Nations sur la « gestion des ressources énergétiques de la planète ».

« Encore une fois, conclut le P. Lombardi : se savoir créés par Dieu nous rend responsables devant lui et devant les autres, mais c'est aussi par l'effort de raison et de dialogue que nous devons trouver les voies praticables pour l'avenir de la famille humaine, dans cette maison commune qui est la nôtre. Il faut une alliance entre foi et raison ».

Anita S. Bourdin à Rome pour l'agnence ZENIT.ORG mardi le 8 janvier 2008.


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« Il faut une alliance entre foi et raison », rappelle le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, dans sa présentation, à Radio Vatican, du contenu « écologique » du message 2008 de Benoît XVI pour la paix, où la question écologique tient une bonne place.

Se mobiliser

Dans le message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix 2008, célébrée le premier jour de l'année, la thématique écologique est soulignée de façon décisive. Le pape ne cache pas sa préoccupation pour la spoliation de leur environnement subi par de nombreuses régions de la planète du fait de l'action de l'homme, et d'une façon qui compromet sérieusement l'écosystème. A partir de cette prise de conscience, le pape invite les hommes de toutes les latitudes à se mobiliser pour défendre la terre, « maison commune » de l'humanité (cf. Zenit du 12 décembre 2007).

Préoccupations croissantes

C'est d'abord cette expression que souligne le P. Federico Lombardi, en disant : « Percevoir la planète comme la ‘maison commune' : c'est à cette conscience et à cette responsabilité pour notre planète que Benoît XVI invite chacun dans son récent message pour la Journée mondiale de la paix. C'est un sujet qui revient plus fréquemment dans les paroles du pape, en accord avec les préoccupations croissantes de l'humanité pour l'environnement ».

Appauvrissement irréparable

Et de préciser à propos du rapport entre pays riches et pauvres, du point de vue de l'écologie : « Jusqu'à il y a quelque temps, le thème de l'environnement pouvait passer pour une préoccupation des riches plus que des pauvres, des pays développés plutôt que des pays plus en retard, pour lesquels en revanche le développement économique était une priorité absolue. Réglementer ce développement ou le limiter apparaissait comme un luxe, une façon de maintenir les faibles dans la sujétion. Maintenant, les fréquents désastres dus aux déséquilibres environnementaux, frappent plus durement ceux qui ont moins de moyens pour se défendre et la conscience d'un appauvrissement irréparable des ressources des pays les plus faibles grandit ».

Gestion des ressources énergétiques de la planète

« Aujourd'hui, l'humanité craint pour l'avenir de l'équilibre écologique », dit le message de Benoît XVI. C'est pourquoi le pape en appelle à la solidarité, souligne le P. Lombardi : « A cette constatation, le pape relie un appel moral fort à la solidarité, sur la base de la reconnaissance de la destination universelle des biens de la Création, qui concerne aussi les pauvres et les générations à venir. Il invite au dialogue, à l'étude scientifique sérieuse des problèmes, sans « accélérations idéologiques », à la sagesse dans la recherche de « modèles de développement durable », et, très concrètement, propose un dialogue plus intense entre les Nations sur la « gestion des ressources énergétiques de la planète ».

« Encore une fois, conclut le P. Lombardi : se savoir créés par Dieu nous rend responsables devant lui et devant les autres, mais c'est aussi par l'effort de raison et de dialogue que nous devons trouver les voies praticables pour l'avenir de la famille humaine, dans cette maison commune qui est la nôtre. Il faut une alliance entre foi et raison ».

Anita S. Bourdin à Rome pour l'agnence ZENIT.ORG mardi le 8 janvier 2008.


Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
09/01/2008

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Sébastien, 36 ans, est chauffeur de taxi à Sens en France. C’est dans le cadre de son travail que Dieu est venu le rejoindre, par la rencontre de Fernando, qui nous a vécu ui-même une conversion il y a quelques années.



SEBASTIEN MA PLUS BELLE COURSE
Un jour, je pris en course à Roissy une famille qui arrivait de l’étranger. Et cette course allait changer ma vie…

Fernando arrivait en France pour raison professionnelle et il parlait très peu notre langue. Je me proposai de l’aider et, très vite, une amitié est née entre nous. Fernando s’est mis à me témoigner de sa foi. Or, je ne croyais pas en Dieu. J’avais perdu mes parents très jeune, et avais, du coup, vécu une enfance très mouvementée… Non, Dieu ne pouvait pas exister ! Mais le fait d’entendre une personne cartésienne, cultivée et occupant un poste à responsabilité témoigner avec ferveur de sa foi, m’intriguait beaucoup. Il en parlait d’une façon si naturelle ! Son attitude a éveillé en moi une vraie curiosité. Comme il était mon ami, je me suis demandé ce qui pourrait lui faire plaisir. Aller à Lourdes ? Nous y sommes partis avec sa famille. Ils étaient en effet très émus. De mon côté, j’ai simplement passé un bon week-end.

Pour me remercier, Fernando m’a invité à Paray-le-Monial, "là où le Christ est apparu et a fait voir son cœur aux hommes", me dit-il. J’essayai d’esquiver l’invitation par tous les moyens, en vain. Fernando m’a accompagné là-bas et il est resté une journée avec moi. Après son départ, je me suis senti très seul. Placé au fond du chapiteau, j’ai entendu un prêtre expliquer : « Lorsqu’on vient à Paray-le-Monial, il se passe toujours quelque chose. On ne repart jamais seul. » Je le pris au mot et me tournai vers Dieu : « J’ai fait l’effort de venir « chez toi ». Alors, si tu ne te manifestes pas, c’est que j’ai eu raison de penser que tu n’existais pas. Si rien ne se passe, je m’en vais. » J’étais venu à moto. Elle n’était pas loin, mes bagages non plus. Mon cri vers Dieu semblait rester sans réponse… Je traversai donc la prairie, déterminé à partir lorsque quelqu’un me tapa sur l’épaule. C’était un motard qui me demanda : « Que fais-tu ? » – « Je m’en vais ! » – « C’est bien dommage, me répond-il, m’apprenant qu’il était prêtre. Je suis venu dans la région pour rendre visite à ma famille. Et comme j’entends parler de Paray-le-Monial depuis longtemps, je me suis arrêté. » C’était le signe que j’attendais : un motard, prêtre de surcroît, qui était là « par hasard »… Immédiatement, je crus en l’existence de Dieu.

Au cours de cette semaine, moi qui ne suis jamais malade, j’ai beaucoup souffert physiquement : un combat s’était engagé en moi entre le bien et le mal. Un jour de cette session, alors que je priais, une dame s’approcha de moi : « Je dois vous dire qu’il faut que vous alliez à Lisieux. » Par curiosité, je m’y suis rendu au Noël suivant. Au seuil de la basilique pleine à craquer, un prêtre m’a accueilli par ces mots : « Vous êtes venu seul, et de loin ; il va se passer des choses pour vous ! » En rentrant de Lisieux, j’ai décidé d’entrer en catéchuménat. Aujourd’hui, ayant appris que j’avais été baptisé, je me prépare avec joie à la première communion.

Publié dans la revue Il est vivant ! n° 245

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Un jour, je pris en course à Roissy une famille qui arrivait de l’étranger. Et cette course allait changer ma vie…

Fernando arrivait en France pour raison professionnelle et il parlait très peu notre langue. Je me proposai de l’aider et, très vite, une amitié est née entre nous. Fernando s’est mis à me témoigner de sa foi. Or, je ne croyais pas en Dieu. J’avais perdu mes parents très jeune, et avais, du coup, vécu une enfance très mouvementée… Non, Dieu ne pouvait pas exister ! Mais le fait d’entendre une personne cartésienne, cultivée et occupant un poste à responsabilité témoigner avec ferveur de sa foi, m’intriguait beaucoup. Il en parlait d’une façon si naturelle ! Son attitude a éveillé en moi une vraie curiosité. Comme il était mon ami, je me suis demandé ce qui pourrait lui faire plaisir. Aller à Lourdes ? Nous y sommes partis avec sa famille. Ils étaient en effet très émus. De mon côté, j’ai simplement passé un bon week-end.

Pour me remercier, Fernando m’a invité à Paray-le-Monial, "là où le Christ est apparu et a fait voir son cœur aux hommes", me dit-il. J’essayai d’esquiver l’invitation par tous les moyens, en vain. Fernando m’a accompagné là-bas et il est resté une journée avec moi. Après son départ, je me suis senti très seul. Placé au fond du chapiteau, j’ai entendu un prêtre expliquer : « Lorsqu’on vient à Paray-le-Monial, il se passe toujours quelque chose. On ne repart jamais seul. » Je le pris au mot et me tournai vers Dieu : « J’ai fait l’effort de venir « chez toi ». Alors, si tu ne te manifestes pas, c’est que j’ai eu raison de penser que tu n’existais pas. Si rien ne se passe, je m’en vais. » J’étais venu à moto. Elle n’était pas loin, mes bagages non plus. Mon cri vers Dieu semblait rester sans réponse… Je traversai donc la prairie, déterminé à partir lorsque quelqu’un me tapa sur l’épaule. C’était un motard qui me demanda : « Que fais-tu ? » – « Je m’en vais ! » – « C’est bien dommage, me répond-il, m’apprenant qu’il était prêtre. Je suis venu dans la région pour rendre visite à ma famille. Et comme j’entends parler de Paray-le-Monial depuis longtemps, je me suis arrêté. » C’était le signe que j’attendais : un motard, prêtre de surcroît, qui était là « par hasard »… Immédiatement, je crus en l’existence de Dieu.

Au cours de cette semaine, moi qui ne suis jamais malade, j’ai beaucoup souffert physiquement : un combat s’était engagé en moi entre le bien et le mal. Un jour de cette session, alors que je priais, une dame s’approcha de moi : « Je dois vous dire qu’il faut que vous alliez à Lisieux. » Par curiosité, je m’y suis rendu au Noël suivant. Au seuil de la basilique pleine à craquer, un prêtre m’a accueilli par ces mots : « Vous êtes venu seul, et de loin ; il va se passer des choses pour vous ! » En rentrant de Lisieux, j’ai décidé d’entrer en catéchuménat. Aujourd’hui, ayant appris que j’avais été baptisé, je me prépare avec joie à la première communion.

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