Edito

C'est le temps de changer le titre de cet édito. C'est Noël! Mes meilleurs voeux et un Bonne et Heureuse Année!



UN MOT....
22/12/2009

Edito

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Actualité

Des initiatives stimulantes et actuelles en Amérique Latine. Et au Québec, qu'en est-il? La mission latino-américaine passe par les nouvelles technologiques dont l'oeuvre du Réseau Informatique de l'Eglise en Amérique Latine (RIIAL) se fait la promotrice.



INFORMATIQUE ET MISSION
Un communiqué venant de Rome publié par l'agence Zenit mercredi le 28 octobre 2009 nous informe que la « mission continentale » lancée par l'Eglise en Amérique Latine et aux Caraïbes après la V conférence générale de l'Episcopat latino-américain en mai 2007 à Aparecida, au Brésil, connaît un nouvel élan décisif grâce aux nouvelles technologies de la communication.

L'agence Zenit rapporte les propos de Leticia Soberón, coordinatrice du Réseau Informatique de l'Eglise en Amérique Latine (RIIAL), dans un rapport présenté à l'assemblée du Conseil pontifical pour les communications sociales, en cours du 26 au 29 octobre à Rome.

Madame note dans ce rapport qu'en ce moment le RIIAL regroupe 20 des 22 conférences épiscopales latino-américaines, et qu'il a formé ces dernières années plus de 2.000 agents pastoraux chargés d'informatique au sein de l'Eglise.

"Actuellement, ajoute-t-elle, 14.000 paroisses utilisent le logiciel gratuit en langue espagnole et portugaise et 25 diocèses participent à un projet pilote pour tester le logiciel et travailler en réseau.

Un des fruits du RIIAL, précise-t-elle, est le Réseau Centre-américain des moyens de communication, qui relie entre eux les médias catholiques, amplifiant ainsi leur visibilité et leur efficacité.

D'autres fruits sont apparus dans le secteur de l'information, comme le cas de la plate-forme http://ww.h2onews.org qui distribue des informations audiovisuelles produites par différentes télévisions et maisons de production catholiques, et mises à la disposition des chaînes de télévisions catholiques et des pages web.

Un autre résultat est la Lectio divina pour les jeunes, par courriel ou via téléphone mobile et MP3, mise e place par le Centre biblique du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) et par les Sociétés bibliques unies (Pour de plus amples information
http://www.lectionautas.com).

Quoiqu'il en soit, a expliqué ensuite Leticia Soberón, au-delà de ses fruits concrets, le RIIAL encourage « une culture et une spiritualité de communion dans le secteur des nouvelles technologies ». En ce sens, sa priorité est la connexion et la communication à l'intérieur de l'Eglise.

Le RIIAL analyse tout le diocèse en termes de réseau, repérant les nœuds isolés, à commencer par les curés de paroisse et les communautés pauvres qui ne sont pas encore sur réseau. Ce défi s'affronte en élaborant « des solutions technologiques 'sur mesure' pour chaque situation, dans le but de les incorporer au réseau ».

Aussi le RIIAL encourage-t-il l' « expérience du net comme une expérience de communion ecclésiale ».

Le RIIAL est une initiative du Conseil Pontifical pour les communications sociales en collaboration avec le CELAM.

Pour de plus amples information
http://www.riial.com
_________________________________

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Un communiqué venant de Rome publié par l'agence Zenit mercredi le 28 octobre 2009 nous informe que la « mission continentale » lancée par l'Eglise en Amérique Latine et aux Caraïbes après la V conférence générale de l'Episcopat latino-américain en mai 2007 à Aparecida, au Brésil, connaît un nouvel élan décisif grâce aux nouvelles technologies de la communication.

L'agence Zenit rapporte les propos de Leticia Soberón, coordinatrice du Réseau Informatique de l'Eglise en Amérique Latine (RIIAL), dans un rapport présenté à l'assemblée du Conseil pontifical pour les communications sociales, en cours du 26 au 29 octobre à Rome.

Madame note dans ce rapport qu'en ce moment le RIIAL regroupe 20 des 22 conférences épiscopales latino-américaines, et qu'il a formé ces dernières années plus de 2.000 agents pastoraux chargés d'informatique au sein de l'Eglise.

"Actuellement, ajoute-t-elle, 14.000 paroisses utilisent le logiciel gratuit en langue espagnole et portugaise et 25 diocèses participent à un projet pilote pour tester le logiciel et travailler en réseau.

Un des fruits du RIIAL, précise-t-elle, est le Réseau Centre-américain des moyens de communication, qui relie entre eux les médias catholiques, amplifiant ainsi leur visibilité et leur efficacité.

D'autres fruits sont apparus dans le secteur de l'information, comme le cas de la plate-forme http://ww.h2onews.org qui distribue des informations audiovisuelles produites par différentes télévisions et maisons de production catholiques, et mises à la disposition des chaînes de télévisions catholiques et des pages web.

Un autre résultat est la Lectio divina pour les jeunes, par courriel ou via téléphone mobile et MP3, mise e place par le Centre biblique du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) et par les Sociétés bibliques unies (Pour de plus amples information
http://www.lectionautas.com).

Quoiqu'il en soit, a expliqué ensuite Leticia Soberón, au-delà de ses fruits concrets, le RIIAL encourage « une culture et une spiritualité de communion dans le secteur des nouvelles technologies ». En ce sens, sa priorité est la connexion et la communication à l'intérieur de l'Eglise.

Le RIIAL analyse tout le diocèse en termes de réseau, repérant les nœuds isolés, à commencer par les curés de paroisse et les communautés pauvres qui ne sont pas encore sur réseau. Ce défi s'affronte en élaborant « des solutions technologiques 'sur mesure' pour chaque situation, dans le but de les incorporer au réseau ».

Aussi le RIIAL encourage-t-il l' « expérience du net comme une expérience de communion ecclésiale ».

Le RIIAL est une initiative du Conseil Pontifical pour les communications sociales en collaboration avec le CELAM.

Pour de plus amples information
http://www.riial.com
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30/10/2009

Actualité

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Documents

Le compositeur de la musique des films célébres de Sergio Léone comme "Il était une fois dans l'Ouest" ou "Il était une fois la révolution" nous livre dans cet interview la profondeur de sa foi dans une carrière réussie, mais toujours habitée d'une présence infinie, celle d'un Dieu dont il voit la main partout dans sa vie de compositeur. Bonne lecture!



MUSIQUE ET DIEU : MORRICONE
Son nom ne vous dira peut-être rien, mais sa musique vous sera sûrement familière. Ennio Morricone est largement considéré comme l'un des meilleurs compositeurs de musiques de films d'Hollywood. S'il est connu surtout pour ses mémorables et mélancoliques bandes originales des Spaghetti Westerns des années 1960, comme « Le Bon, la Brute et le Truand », « Pour une poignée de dollars », « Il était une fois dans l'Ouest », de nombreux catholiques l'apprécient peut-être davantage encore pour son émouvante partition dans « Mission », un film de 1986 sur les missionnaires jésuites dans l'Amérique du Sud du 18e siècle.

Mais sa contribution à l'industrie du cinéma s'étend bien au-delà de ses œuvres les plus célèbres : il a, en effet, écrit la musique de quelque 450 films et travaillé avec de grands réalisateurs d'Hollywood, de Sergio Leone et Bernardo Bertolucci à Brian De Palma et Roman Polanski.


Il a 80 ans et toujours bon pied, bon oeil. Le légendaire compositeur vient de terminer la bande originale de « Baaria » de Giuseppe Tornatore, un film italien qui a fait l'ouverture du Festival international du Film de Venise cette année, tandis que Quentin Tarantino l'a invité à écrire la musique de son dernier film « Inglourious Basterds » (des difficultés de calendrier ont empêché Morricone de le faire, mais il autorisé Tarantino à utiliser dans le film des extraits (clips) de sa précédente oeuvre).

Le célèbre compositeur italien continue aussi à décrocher des prix prestigieux : au début de cette année, le président français Nicolas Sarkozy l'a élevé au grade de Chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur, la plus haute distinction française. Elle vient s'ajouter à une longue liste d'autres récompenses importantes dont un Oscar d'honneur (Honorary Academy Award), cinq nominations aux Oscars, cinq Baftas, et une Grammy award (distinction récompensant les meilleurs œuvres musicales américaines de l'année, classique exclu, ndlr).

Pourtant Ennio Morricone, qui est né à Rome, préfère rester dans l'ombre et n'accorde que rarement des interviews. Aussi quelle ne fut pas notre surprise quand, un matin d'août, il a aimablement accepté de faire une exception et a invité ZENIT dans son appartement du centre de Rome pour parler principalement de sa foi et de sa musique.

Son intérieur dépasse tout ce que l'on peut imaginer : un grand piano noir immaculé se détache près de la fenêtre d'un grand salon décoré avec goût, artistiquement agrémenté de peintures murales, de tableaux classiques et de panneaux en bois d'acajou. Mais Morricone, qui est marié et a quatre enfants adultes, est un homme humble, sans façon, et il répond aux questions d'une façon typiquement romaine : directement, en allant droit à l'essentiel.

Inspiration

Nous avons commencé par lui demander si sa musique, que beaucoup jugent très spirituelle, est inspirée par sa foi. Bien que se décrivant lui-même comme un « homme de foi », il adopte un point de vue très professionnel, et pourtant simple, sur son travail et déclare que sa foi ne l'inspire pas dans la plupart de ses compositions musicales. Si le film ne traite pas de religion, il reconnaît qu'il ne pense alors ni à Dieu ni l'Eglise. « Je pense à la musique que je dois écrire - la musique est un art abstrait », explique-t-il. « Mais bien sûr, si je dois écrire une pièce de musique religieuse, ma foi m'aide indiscutablement ».

Il ajoute qu'il a au-dedans de lui une « spiritualité toujours présente quand (il) compose », mais ce n'est pas par un effet de sa volonté ; il la ressent, tout simplement.

« En tant que croyant, cette foi est probablement toujours là, mais c'est à d'autres de s'en rendre compte, explique-t-il, aux musicologues et à ceux qui ne se contentent pas d'analyser les morceaux de musique, mais qui ont aussi une compréhension de ma nature, comme aussi du sacré et du mystique ».

Il ajoute, toutefois, qu'il croit que Dieu l'aide à « écrire une bonne composition, mais c'est une autre histoire ».

Sa réponse est tout aussi professionnelle et directe quand on lui demande s'il éprouve quelques scrupules à écrire des musiques pour des films de violence gratuite. « On me demande d'être au service du film », dit-il. « Si le film est violent, alors je compose une musique pour un film violent. Si le film est sur l'amour, je travaille pour un film d'amour. Il peut y avoir des films violents dans lesquels il y a du sacré ou des éléments mystiques au sein de la violence, mais je ne recherche pas volontairement ces films. J'essaie de trouver un équilibre avec la spiritualité du film, mais le réalisateur ne pense pas toujours la même chose ».

Ennio Morricone a débuté sa carrière musicale en 1946 après avoir obtenu un diplôme de trompette. L'année suivante, il composait déjà de la musique de théâtre, tout en jouant dans un orchestre de jazz pour faire vivre sa famille. Mais sa carrière dans la musique de films, qui débuta en 1961, ne démarra vraiment que deux ans plus tard quand il commença à travailler avec son vieil ami Sergio Leone et sa série de Spaghetti Westerns.

Il est probablement le plus renommé dans ce genre de films, et pourtant il fait remarquer qu'ils ne représentent que huit pour cent de son répertoire et qu'il a refusé une centaine d'autres films semblables. « Tout le monde me demande de faire des Westerns »,dit-il, « mais j'ai tendance à les refuser car je préfère la variété ».

Un miracle technique

A propos de « Mission », il déclare que le meilleur de cette partition du film était son « effet technique et spirituel ». Il veut dire par là la façon dont cette musique réussit à combiner trois thèmes musicaux du film. La présence de violons et du hautbois du père Gabriel représente « l'expérience de Renaissance de l'évolution de la musique instrumentale ». Le film passe ensuite à d'autres formes de musique apparues avec la réforme de l'Eglise entreprise par le Concile de Trente, et se termine sur la musique des natifs Indiens.

Il en est résulté un thème « contemporain » dans lequel les trois instruments- les instruments surgis de la Renaissance, ceux de la musique réformée post-conciliaire et les mélodies ethniques - s'harmonisent tout à la fin du film. « Le premier et le second thème vont ensemble, le premier et le troisième peuvent aller ensemble, et le second et le troisième vont ensemble », explique Morricone. « Cela était mon miracle technique qui, je le crois, fut une grande bénédiction ».

Mais le compositeur italien affirme qu'il ne connaît pas de formule garantissant le succès d'une partition de film. « Si je la connaissais, j'écrirais toujours de plus en plus de musiques comme celle-ci »,dit-il, ajoutant que la qualité de la musique dépend de si on est heureux ou triste. « Quand je suis moins heureux, je suis toujours sauvé par le professionnalisme et la technique », assure-t-il. Il ne mentionne aucun morceau musical, aucun film favori. « Je les aime tous, car tous m'ont procuré tourments et souffrances quand je travaillais sur eux, mais je ne dois pas faire et ne fais pas de distinction », affirme-t-il.

Nous en venons à un autre fin musicien : le pape Benoît XVI. E. Morricone affirme avoir une « très bonne opinion » du Saint-Père. Il voit en lui « un pape d'un esprit d'une grande noblesse, un homme d'une grande culture et aussi d'une grande force ». Il est particulièrement élogieux sur les efforts que fait Benoît XVI pour réformer la liturgie - un sujet qui tient très à cœur à E. Morricone.

« Aujourd'hui, l'Eglise a commis une grosse erreur, en revenant en arrière de 500 ans avec des guitares et des chants populaires », argumente-t-il. « Je n'aime pas du tout ça. Le chant grégorien est une tradition vitale et importante de l'Eglise, et gâcher cela avec des mélanges de paroles religieuses et profanes d'enfants, de chants occidentaux est extrêmement grave, extrêmement grave ».

Il affirme que c'est un retour en arrière parce la même chose est arrivée avant le Concile de Trente, quand des chanteurs mélangeaient le profane avec la musique sacrée. « Il [le pape] fait bien d'y remédier », fait-il observer. « Il devrait le faire avec encore plus de fermeté. Quelques Eglises en ont tenu compte, mais d'autres non ».

Ennio Morricone paraît en bonne forme et infiniment plus jeune que son âge, ce qui lui permet de continuer à donner des concerts dans le monde entier. En fait, il est plus sollicité que jamais : le mois prochain il interprètera ses bandes sonores à l'amphithéâtre d'Hollywood (Bowl Hollywood) à Los Angeles.

Pourtant, en dépit de sa renommée et de ses honneurs, le célèbre compositeur italien n'a rien perdu de sa truculence romaine et de son humilité. C'est peut-être cela, comme aussi nombre de ses compositions émouvantes et uniques, qui en font l'un des grands d'Hollywood.


Propos recueillis par Edward Pentin

Traduit de l'anglais par Elisabeth de Lavigne

Cet entretien intitulé "Ennio Morricone voit la main de Dieu dans sa vie de compositeur" a été publié par l'Agence Zenit.org le 15 septembre 2009 dans son bulletin "Vu de Rome".

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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.


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Son nom ne vous dira peut-être rien, mais sa musique vous sera sûrement familière. Ennio Morricone est largement considéré comme l'un des meilleurs compositeurs de musiques de films d'Hollywood. S'il est connu surtout pour ses mémorables et mélancoliques bandes originales des Spaghetti Westerns des années 1960, comme « Le Bon, la Brute et le Truand », « Pour une poignée de dollars », « Il était une fois dans l'Ouest », de nombreux catholiques l'apprécient peut-être davantage encore pour son émouvante partition dans « Mission », un film de 1986 sur les missionnaires jésuites dans l'Amérique du Sud du 18e siècle.

Mais sa contribution à l'industrie du cinéma s'étend bien au-delà de ses œuvres les plus célèbres : il a, en effet, écrit la musique de quelque 450 films et travaillé avec de grands réalisateurs d'Hollywood, de Sergio Leone et Bernardo Bertolucci à Brian De Palma et Roman Polanski.


Il a 80 ans et toujours bon pied, bon oeil. Le légendaire compositeur vient de terminer la bande originale de « Baaria » de Giuseppe Tornatore, un film italien qui a fait l'ouverture du Festival international du Film de Venise cette année, tandis que Quentin Tarantino l'a invité à écrire la musique de son dernier film « Inglourious Basterds » (des difficultés de calendrier ont empêché Morricone de le faire, mais il autorisé Tarantino à utiliser dans le film des extraits (clips) de sa précédente oeuvre).

Le célèbre compositeur italien continue aussi à décrocher des prix prestigieux : au début de cette année, le président français Nicolas Sarkozy l'a élevé au grade de Chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur, la plus haute distinction française. Elle vient s'ajouter à une longue liste d'autres récompenses importantes dont un Oscar d'honneur (Honorary Academy Award), cinq nominations aux Oscars, cinq Baftas, et une Grammy award (distinction récompensant les meilleurs œuvres musicales américaines de l'année, classique exclu, ndlr).

Pourtant Ennio Morricone, qui est né à Rome, préfère rester dans l'ombre et n'accorde que rarement des interviews. Aussi quelle ne fut pas notre surprise quand, un matin d'août, il a aimablement accepté de faire une exception et a invité ZENIT dans son appartement du centre de Rome pour parler principalement de sa foi et de sa musique.

Son intérieur dépasse tout ce que l'on peut imaginer : un grand piano noir immaculé se détache près de la fenêtre d'un grand salon décoré avec goût, artistiquement agrémenté de peintures murales, de tableaux classiques et de panneaux en bois d'acajou. Mais Morricone, qui est marié et a quatre enfants adultes, est un homme humble, sans façon, et il répond aux questions d'une façon typiquement romaine : directement, en allant droit à l'essentiel.

Inspiration

Nous avons commencé par lui demander si sa musique, que beaucoup jugent très spirituelle, est inspirée par sa foi. Bien que se décrivant lui-même comme un « homme de foi », il adopte un point de vue très professionnel, et pourtant simple, sur son travail et déclare que sa foi ne l'inspire pas dans la plupart de ses compositions musicales. Si le film ne traite pas de religion, il reconnaît qu'il ne pense alors ni à Dieu ni l'Eglise. « Je pense à la musique que je dois écrire - la musique est un art abstrait », explique-t-il. « Mais bien sûr, si je dois écrire une pièce de musique religieuse, ma foi m'aide indiscutablement ».

Il ajoute qu'il a au-dedans de lui une « spiritualité toujours présente quand (il) compose », mais ce n'est pas par un effet de sa volonté ; il la ressent, tout simplement.

« En tant que croyant, cette foi est probablement toujours là, mais c'est à d'autres de s'en rendre compte, explique-t-il, aux musicologues et à ceux qui ne se contentent pas d'analyser les morceaux de musique, mais qui ont aussi une compréhension de ma nature, comme aussi du sacré et du mystique ».

Il ajoute, toutefois, qu'il croit que Dieu l'aide à « écrire une bonne composition, mais c'est une autre histoire ».

Sa réponse est tout aussi professionnelle et directe quand on lui demande s'il éprouve quelques scrupules à écrire des musiques pour des films de violence gratuite. « On me demande d'être au service du film », dit-il. « Si le film est violent, alors je compose une musique pour un film violent. Si le film est sur l'amour, je travaille pour un film d'amour. Il peut y avoir des films violents dans lesquels il y a du sacré ou des éléments mystiques au sein de la violence, mais je ne recherche pas volontairement ces films. J'essaie de trouver un équilibre avec la spiritualité du film, mais le réalisateur ne pense pas toujours la même chose ».

Ennio Morricone a débuté sa carrière musicale en 1946 après avoir obtenu un diplôme de trompette. L'année suivante, il composait déjà de la musique de théâtre, tout en jouant dans un orchestre de jazz pour faire vivre sa famille. Mais sa carrière dans la musique de films, qui débuta en 1961, ne démarra vraiment que deux ans plus tard quand il commença à travailler avec son vieil ami Sergio Leone et sa série de Spaghetti Westerns.

Il est probablement le plus renommé dans ce genre de films, et pourtant il fait remarquer qu'ils ne représentent que huit pour cent de son répertoire et qu'il a refusé une centaine d'autres films semblables. « Tout le monde me demande de faire des Westerns »,dit-il, « mais j'ai tendance à les refuser car je préfère la variété ».

Un miracle technique

A propos de « Mission », il déclare que le meilleur de cette partition du film était son « effet technique et spirituel ». Il veut dire par là la façon dont cette musique réussit à combiner trois thèmes musicaux du film. La présence de violons et du hautbois du père Gabriel représente « l'expérience de Renaissance de l'évolution de la musique instrumentale ». Le film passe ensuite à d'autres formes de musique apparues avec la réforme de l'Eglise entreprise par le Concile de Trente, et se termine sur la musique des natifs Indiens.

Il en est résulté un thème « contemporain » dans lequel les trois instruments- les instruments surgis de la Renaissance, ceux de la musique réformée post-conciliaire et les mélodies ethniques - s'harmonisent tout à la fin du film. « Le premier et le second thème vont ensemble, le premier et le troisième peuvent aller ensemble, et le second et le troisième vont ensemble », explique Morricone. « Cela était mon miracle technique qui, je le crois, fut une grande bénédiction ».

Mais le compositeur italien affirme qu'il ne connaît pas de formule garantissant le succès d'une partition de film. « Si je la connaissais, j'écrirais toujours de plus en plus de musiques comme celle-ci »,dit-il, ajoutant que la qualité de la musique dépend de si on est heureux ou triste. « Quand je suis moins heureux, je suis toujours sauvé par le professionnalisme et la technique », assure-t-il. Il ne mentionne aucun morceau musical, aucun film favori. « Je les aime tous, car tous m'ont procuré tourments et souffrances quand je travaillais sur eux, mais je ne dois pas faire et ne fais pas de distinction », affirme-t-il.

Nous en venons à un autre fin musicien : le pape Benoît XVI. E. Morricone affirme avoir une « très bonne opinion » du Saint-Père. Il voit en lui « un pape d'un esprit d'une grande noblesse, un homme d'une grande culture et aussi d'une grande force ». Il est particulièrement élogieux sur les efforts que fait Benoît XVI pour réformer la liturgie - un sujet qui tient très à cœur à E. Morricone.

« Aujourd'hui, l'Eglise a commis une grosse erreur, en revenant en arrière de 500 ans avec des guitares et des chants populaires », argumente-t-il. « Je n'aime pas du tout ça. Le chant grégorien est une tradition vitale et importante de l'Eglise, et gâcher cela avec des mélanges de paroles religieuses et profanes d'enfants, de chants occidentaux est extrêmement grave, extrêmement grave ».

Il affirme que c'est un retour en arrière parce la même chose est arrivée avant le Concile de Trente, quand des chanteurs mélangeaient le profane avec la musique sacrée. « Il [le pape] fait bien d'y remédier », fait-il observer. « Il devrait le faire avec encore plus de fermeté. Quelques Eglises en ont tenu compte, mais d'autres non ».

Ennio Morricone paraît en bonne forme et infiniment plus jeune que son âge, ce qui lui permet de continuer à donner des concerts dans le monde entier. En fait, il est plus sollicité que jamais : le mois prochain il interprètera ses bandes sonores à l'amphithéâtre d'Hollywood (Bowl Hollywood) à Los Angeles.

Pourtant, en dépit de sa renommée et de ses honneurs, le célèbre compositeur italien n'a rien perdu de sa truculence romaine et de son humilité. C'est peut-être cela, comme aussi nombre de ses compositions émouvantes et uniques, qui en font l'un des grands d'Hollywood.


Propos recueillis par Edward Pentin

Traduit de l'anglais par Elisabeth de Lavigne

Cet entretien intitulé "Ennio Morricone voit la main de Dieu dans sa vie de compositeur" a été publié par l'Agence Zenit.org le 15 septembre 2009 dans son bulletin "Vu de Rome".

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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.


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16/09/2009

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Rome propose un nouveau regard sur la loi naturelle. Ce regard est contenu dans un texte de la Commission théologique internationale, préparé de longue main et auquel a contribué Mgr Pierre Gaudette, professeur associé à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval et ancien doyen de la même faculté. Bonne lecture!



LOI NATURELLE, NOUVEAU REGARD
Pour lire le texte complet de la Commission théologique internationale, cliquez ici

La commission est composée au maximum de 30 théologiens de pays divers, nommés par le pape sur proposition du cardinal préfet de la Congrégation et après avoir consulté les conférences épiscopales.

La Commission théologique internationale, créée par Paul VI en 1969, a le devoir d'aider le Saint-Siège et surtout la Congrégation pour la doctrine de la foi, à examiner des questions doctrinales de grande importance. Le président de la Commission est le préfet de la Congrégation, qui est actuellement le cardinal William Joseph Levada.


Voilà sans aucun doute l'un des enjeux du pontificat de Benoît XVI : renouveler la présentation de la loi naturelle, fondement de l'enseignement moral de l'Église catholique. Il s'agit de répondre au défi d'une société qui hésite aujourd'hui à affirmer l'existence de valeurs universelles pour l'homme, indépendantes du consensus, de la mode ou du temps.

Face à ce qu'il nomme le relativisme - terme par lequel il dénonce la remise en cause de principes imprescriptibles aux yeux de l'Église (sexualité différenciée, dignité de toute vie de la conception à la mort naturelle, égale dignité de tout homme et femme…) -, le pape appelle à une réflexion plus approfondie par les catholiques de la loi naturelle.

L'objectif : contribuer à la formation d'une éthique universelle. Benoît XVI a donc chargé la Commission théologique internationale (CTI) de s'atteler à ce travail. C'est chose faite : sous le titre À la recherche d'une éthique universelle, la Commission vient de publier la synthèse de cinq années de réflexion sur le sujet (1).

Pas révolutionnaire, mais de nouvelles perspectives

Le document pourra décevoir ceux qui espéraient une prise en compte, par le Magistère romain, des réflexions des cinquante dernières années en matière théologique (christologie) ou philosophique (phénoménologie). Le cadre reste en effet classique : celui de la loi naturelle fixée par saint Thomas d'Aquin au Moyen Âge (2). D'ailleurs, les seules citations utilisées sont de saint Thomas ou de saint Augustin.

Le texte présuppose cette assurance très thomiste d'une raison de l'homme, capable de voir la vérité en lui (la loi naturelle). Une certitude en la raison humaine que bien des philosophes modernes remettent en cause, avec notamment les théories de la « pensée faible ». Mais on ne demande guère à un texte magistériel, écrit collectivement pour aboutir à un consensus, d'être une oeuvre théologique révolutionnaire !

En revanche, ce document présente de nouvelles perspectives par rapport à la vision classique de la loi naturelle, qui devraient aider les chrétiens à proposer un discours moral face aux enjeux éthiques contemporains.

Ainsi, la CTI a le mérite de prendre en compte le nouveau contexte de la mondialisation qui, de fait, redonne de l'actualité à la recherche de valeurs universelles. Surtout, elle propose une vision très ouverte de la loi naturelle. Dans une première partie, le document commence par observer ce qui, dans les autres traditions religieuses, peut s'apparenter au concept chrétien de loi naturelle. Une manière de dire que le christianisme n'a pas l'exclusivité de cette vérité sur l'homme, dont on peut trouver des éléments dans les traditions hindoue, bouddhiste, les religions africaines, l'islam…

Pas une norme fixée une fois pour toutes

Ensuite, la Commission retrace l'histoire de la loi naturelle, pour dire que ses applications n'ont pas toujours été les mêmes selon les périodes. On a même pu se tromper, reconnaît le document : « La théologie chrétienne, au nom de la loi naturelle, a justifié trop facilement des positions anthropologiques qui, par la suite, sont apparues conditionnées par le contexte historique et culturel. »

L'Église doit conjuguer deux impératifs : d'une part, affirmer qu'il y a, de tout temps et toute époque, des grandes valeurs quant à l'orientation fondamentale de l'homme ; et en même temps, reconnaître que l'homme est inscrit dans une histoire et que les principes seconds découlant de ces valeurs peuvent, eux, évoluer.

Le document de la CTI s'oppose donc à une conception figée, qui ferait de « la loi naturelle un ensemble déjà constitué de règles qui s'imposent a priori au sujet moral ». La loi naturelle n'est pas une norme fixée une fois pour toutes, de manière extérieure à l'individu : ce serait alors « une forme d'hétéronomie insupportable à la dignité de la personne humaine libre ». D'ailleurs, la Commission se garde bien de parler de « normes ». Et elle choisit, pour la définir, de présenter cette loi naturelle de manière dynamique, pour laisser toute sa place à la liberté humaine et à la conscience, « source d'inspiration objective pour la démarche de chacun, éminemment personnelle, de prise de décision ». Une « source » qui fait notre commune humanité.

Des prémisses pour une recherche commune

La Commission théologique internationale insiste sur la nécessité de donner à la loi naturelle un fondement métaphysique : pour les chrétiens, la théologie de la création permet d'affirmer que tout être humain, parce que créé par Dieu, a la potentialité de trouver en lui les lois de son humanisation. Le texte utilise d'ailleurs l'expression d'« ordre de la création », par laquelle certains théologiens protestants parlent de la loi naturelle. Et il en tire des perspectives nouvelles sur la notion d'« écologie humaine ».

Ce document est-il à même de servir de plate-forme commune aux chrétiens et non-chrétiens pour rechercher ensemble « le message éthique contenu dans l'être », selon l'expression utilisée par Benoît XVI ? En tout cas, il en pose les prémisses. Car le récent discours du président des États-Unis au monde musulman l'a encore montré : dans un monde particulièrement complexe et imbriqué, chacun est aujourd'hui en quête de cette « règle d'or » qui fait l'universel.

Isabelle DE GAULMYN, à Rome


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(1) À la recherche d'une éthique universelle. Nouveau regard sur la loi naturelle, de la Commission théologique internationale. Avec une préface de Mgr Roland Minnerath et un guide de lecture du P. Serge-Thomas Bonino. Éd. du Cerf, coll. « Documents des Églises », 192 p., 14 euros.

(2) Voir l'article « La loi naturelle selon Benoît XVI », par Geneviève Médevielle, dans la revue Études (mars 2009).


Article paru dans le journal LA CROIX
et mis sur leur site internet le 10 juin 2009

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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Pour lire le texte complet de la Commission théologique internationale, cliquez ici

La commission est composée au maximum de 30 théologiens de pays divers, nommés par le pape sur proposition du cardinal préfet de la Congrégation et après avoir consulté les conférences épiscopales.

La Commission théologique internationale, créée par Paul VI en 1969, a le devoir d'aider le Saint-Siège et surtout la Congrégation pour la doctrine de la foi, à examiner des questions doctrinales de grande importance. Le président de la Commission est le préfet de la Congrégation, qui est actuellement le cardinal William Joseph Levada.


Voilà sans aucun doute l'un des enjeux du pontificat de Benoît XVI : renouveler la présentation de la loi naturelle, fondement de l'enseignement moral de l'Église catholique. Il s'agit de répondre au défi d'une société qui hésite aujourd'hui à affirmer l'existence de valeurs universelles pour l'homme, indépendantes du consensus, de la mode ou du temps.

Face à ce qu'il nomme le relativisme - terme par lequel il dénonce la remise en cause de principes imprescriptibles aux yeux de l'Église (sexualité différenciée, dignité de toute vie de la conception à la mort naturelle, égale dignité de tout homme et femme…) -, le pape appelle à une réflexion plus approfondie par les catholiques de la loi naturelle.

L'objectif : contribuer à la formation d'une éthique universelle. Benoît XVI a donc chargé la Commission théologique internationale (CTI) de s'atteler à ce travail. C'est chose faite : sous le titre À la recherche d'une éthique universelle, la Commission vient de publier la synthèse de cinq années de réflexion sur le sujet (1).

Pas révolutionnaire, mais de nouvelles perspectives

Le document pourra décevoir ceux qui espéraient une prise en compte, par le Magistère romain, des réflexions des cinquante dernières années en matière théologique (christologie) ou philosophique (phénoménologie). Le cadre reste en effet classique : celui de la loi naturelle fixée par saint Thomas d'Aquin au Moyen Âge (2). D'ailleurs, les seules citations utilisées sont de saint Thomas ou de saint Augustin.

Le texte présuppose cette assurance très thomiste d'une raison de l'homme, capable de voir la vérité en lui (la loi naturelle). Une certitude en la raison humaine que bien des philosophes modernes remettent en cause, avec notamment les théories de la « pensée faible ». Mais on ne demande guère à un texte magistériel, écrit collectivement pour aboutir à un consensus, d'être une oeuvre théologique révolutionnaire !

En revanche, ce document présente de nouvelles perspectives par rapport à la vision classique de la loi naturelle, qui devraient aider les chrétiens à proposer un discours moral face aux enjeux éthiques contemporains.

Ainsi, la CTI a le mérite de prendre en compte le nouveau contexte de la mondialisation qui, de fait, redonne de l'actualité à la recherche de valeurs universelles. Surtout, elle propose une vision très ouverte de la loi naturelle. Dans une première partie, le document commence par observer ce qui, dans les autres traditions religieuses, peut s'apparenter au concept chrétien de loi naturelle. Une manière de dire que le christianisme n'a pas l'exclusivité de cette vérité sur l'homme, dont on peut trouver des éléments dans les traditions hindoue, bouddhiste, les religions africaines, l'islam…

Pas une norme fixée une fois pour toutes

Ensuite, la Commission retrace l'histoire de la loi naturelle, pour dire que ses applications n'ont pas toujours été les mêmes selon les périodes. On a même pu se tromper, reconnaît le document : « La théologie chrétienne, au nom de la loi naturelle, a justifié trop facilement des positions anthropologiques qui, par la suite, sont apparues conditionnées par le contexte historique et culturel. »

L'Église doit conjuguer deux impératifs : d'une part, affirmer qu'il y a, de tout temps et toute époque, des grandes valeurs quant à l'orientation fondamentale de l'homme ; et en même temps, reconnaître que l'homme est inscrit dans une histoire et que les principes seconds découlant de ces valeurs peuvent, eux, évoluer.

Le document de la CTI s'oppose donc à une conception figée, qui ferait de « la loi naturelle un ensemble déjà constitué de règles qui s'imposent a priori au sujet moral ». La loi naturelle n'est pas une norme fixée une fois pour toutes, de manière extérieure à l'individu : ce serait alors « une forme d'hétéronomie insupportable à la dignité de la personne humaine libre ». D'ailleurs, la Commission se garde bien de parler de « normes ». Et elle choisit, pour la définir, de présenter cette loi naturelle de manière dynamique, pour laisser toute sa place à la liberté humaine et à la conscience, « source d'inspiration objective pour la démarche de chacun, éminemment personnelle, de prise de décision ». Une « source » qui fait notre commune humanité.

Des prémisses pour une recherche commune

La Commission théologique internationale insiste sur la nécessité de donner à la loi naturelle un fondement métaphysique : pour les chrétiens, la théologie de la création permet d'affirmer que tout être humain, parce que créé par Dieu, a la potentialité de trouver en lui les lois de son humanisation. Le texte utilise d'ailleurs l'expression d'« ordre de la création », par laquelle certains théologiens protestants parlent de la loi naturelle. Et il en tire des perspectives nouvelles sur la notion d'« écologie humaine ».

Ce document est-il à même de servir de plate-forme commune aux chrétiens et non-chrétiens pour rechercher ensemble « le message éthique contenu dans l'être », selon l'expression utilisée par Benoît XVI ? En tout cas, il en pose les prémisses. Car le récent discours du président des États-Unis au monde musulman l'a encore montré : dans un monde particulièrement complexe et imbriqué, chacun est aujourd'hui en quête de cette « règle d'or » qui fait l'universel.

Isabelle DE GAULMYN, à Rome


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(1) À la recherche d'une éthique universelle. Nouveau regard sur la loi naturelle, de la Commission théologique internationale. Avec une préface de Mgr Roland Minnerath et un guide de lecture du P. Serge-Thomas Bonino. Éd. du Cerf, coll. « Documents des Églises », 192 p., 14 euros.

(2) Voir l'article « La loi naturelle selon Benoît XVI », par Geneviève Médevielle, dans la revue Études (mars 2009).


Article paru dans le journal LA CROIX
et mis sur leur site internet le 10 juin 2009

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12/06/2009

Actualité

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La diète méditerranéenne a fait l'objet de louanges de divers côté. Des chercheurs de l'Université Laval à Québec ont présenté lundi, le 2 juin 2009, les résultats d'une nouvelle étude qui démontre qu'une diète méditerranéenne peut réduire les risques de maladies cardiovasculaires même chez des sujets n'ayant pas perdu de poids. Mon beau-frère, Gilles Missout, a constitué un dossier sur la diète méditerranéenne dont voici quelques extraits que je vous invite à lire.



DIETE MEDITERRANEENNE: UN PLUS
L'expression diète méditerranéenne décrit les habitudes alimentaires des populations vivant en Méditerranée il y a une trentaine d'années, plus particulièrement en Grèce et en Italie.

Cette alimentation se composait de produits céréaliers de blé entier, de légumineuses, de légumes frais du potager, de fruits de saison, de lait et de produits laitiers, avec modération.. La consommation de viande rouge et de poissons était limitée. Ce genre d'alimentation était riche en fibres et en antioxydants et faibles en gras saturés, tandis que l'apport total de matières grasses variait selon les régions entre moins de 25% à presque 40% des calories. La plus grande partie du gras était consommée était sous forme de gras monoinsaturé soit par l'huile d'olive(AGMI).

Les habitudes sont en train de changer, mais on rédécouvre les bienfaits de cette diète méditerranéenne comme le montrent les extraits qui suivent.


Extraits d'articles choisis par Gilles Missout


LE VIN ET LE ROMARIN...

Pourquoi les Méditerranéens présentent-ils moins de pathologies graves que les peuples nordiques ?

Parce qu'ils se nourrissent mieux !

Les nutritionnistes viennent de prouver scientifiquement les subtiles vertus de ce régime ensoleillé. Les peuples méditerranéens sont beaucoup moins sujets que ceux du Nord de l'Europe aux maladies cardio-vasculaires, au cancer, à l'obésité, à l'ostéoporose, au diabète, à la cataracte et à la maladie d'Alzeimer, selon les statistiques de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Or ni le climat, ni la génétique, ni le niveau de stress n'expliquent ces différences : il ne reste que l'alimentation pour en rendre compte. Les légumes et les fruits sont très riches en fibres et en micro nutriments. Leur rôle protecteur contre les nombreuses maladies (cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires, obésité…) est aujourd'hui confirmé. Par ailleurs la majorité des biologistes attribuent le processus du vieillissement et le développement de ces pathologies à la production par l'organisme de molécules oxygénées : les radicaux libres. Ce sont des molécules très toxiques pour l'organisme qui altèrent les structures ou les fonctions de l'ADN, des protéines et des lipides, avec pour conséquence une accélération du vieillissement. Les antioxydants sont les vitamines, les oligo-éléments, les poly phénols (vin, romarins) et les caroténoïdes, soit l'ensemble des micros nutriments qu'on retrouve en abondance dans la cuisine méditerranéenne et qui font que, dans l'ensemble, les effets bénéfiques de l'alimentation méditerranéenne sur la santé sont incontestables.

D'après: Science & Vie - no 963 - décembre1997 sur le site

http://www.radio-canada.ca/par4/ind/regmet.htm

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DIXIT : OLIVE OIL

Bon pour le coeur et contre le cancer

L'effet protecteur du régime méditerranéen sur le coeur est connu depuis plusieurs années. Des travaux de chercheurs danois montrent maintenant qu'ajouter d'importantes quantités d'huile d'olive à son alimentation protège aussi contre la dégradation cellulaire, qui mène parfois au cancer. Une équipe de l'hôpital universitaire de Copenhague affirme que les personnes qui consomment 25 millilitres d'huile d'olive par jour ont un niveau réduit d'une substance, la 8oxodG, qui indique les dommages cellulaires liés à l'oxydation. Les auteurs de l'étude, qui ont suivi 182 hommes en santé dans cinq pays européens, affirment que cette constatation expliquerait pourquoi les taux de cancer sont plus élevés dans le nord de l'Europe en comparaison au sud, où l'huile d'olive fait partie de l'alimentation quotidienne.

Les chercheurs affirment que d'autres études seront toutefois nécessaires afin de confirmer ce lien. Les résultats complets sont publiés dans le journal des Federation American Societies for Experimental Biology.

Radio-Canada.ca 09-06-03 17:47

Saviez-vous que?

Les propriétés bénéfiques de l'huile d'olive pour la santé tiennent notamment à sa teneur en vitamine A, en vitamine E et en acides gras monoinsaturés.


http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2006/12/28/002-olive-cancer.shtml

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IN VINO VERITAS...

Le régime méditerranéen contre l'Alzheimer

Il est bon pour le coeur et combat le cancer. Et voilà que le régime méditerranéen protégerait également ses adeptes de la maladie d'Alzheimer. Selon les travaux menés par une équipe américaine du centre médical de l'université Columbia, les gens qui ont suivi ce régime pendant environ quatre ans présentent un risque inférieur de 40 % de souffrir de la maladie d'Alzheimer, comparativement à ceux qui ne l'avaient pas suivi.

Pour en arriver à ces résultats, l'équipe a suivi plus de 2200 personnes âgées habitant à New York. D'autres études seront nécessaires avant de recommander ce régime alimentaire comme prévention de la maladie d'Alzheimer. Les résultats complets sont publiés dans les annales de neurologie. Le régime méditerranéen est basé sur la consommation de légumes, de fruits, de noix, de céréales, l'utilisation régulière d'huile d'olive, la consommation modérée de poissons et de produits laitiers (yaourt et fromage), une faible quantité de viande rouge et un peu d'alcool, le plus souvent du vin consommé au moment du repas.

Radio-Canada.ca 09-06-03 17:49

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2006/04/21/003-regimemediterraneen.shtml



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L'expression diète méditerranéenne décrit les habitudes alimentaires des populations vivant en Méditerranée il y a une trentaine d'années, plus particulièrement en Grèce et en Italie.

Cette alimentation se composait de produits céréaliers de blé entier, de légumineuses, de légumes frais du potager, de fruits de saison, de lait et de produits laitiers, avec modération.. La consommation de viande rouge et de poissons était limitée. Ce genre d'alimentation était riche en fibres et en antioxydants et faibles en gras saturés, tandis que l'apport total de matières grasses variait selon les régions entre moins de 25% à presque 40% des calories. La plus grande partie du gras était consommée était sous forme de gras monoinsaturé soit par l'huile d'olive(AGMI).

Les habitudes sont en train de changer, mais on rédécouvre les bienfaits de cette diète méditerranéenne comme le montrent les extraits qui suivent.


Extraits d'articles choisis par Gilles Missout


LE VIN ET LE ROMARIN...

Pourquoi les Méditerranéens présentent-ils moins de pathologies graves que les peuples nordiques ?

Parce qu'ils se nourrissent mieux !

Les nutritionnistes viennent de prouver scientifiquement les subtiles vertus de ce régime ensoleillé. Les peuples méditerranéens sont beaucoup moins sujets que ceux du Nord de l'Europe aux maladies cardio-vasculaires, au cancer, à l'obésité, à l'ostéoporose, au diabète, à la cataracte et à la maladie d'Alzeimer, selon les statistiques de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Or ni le climat, ni la génétique, ni le niveau de stress n'expliquent ces différences : il ne reste que l'alimentation pour en rendre compte. Les légumes et les fruits sont très riches en fibres et en micro nutriments. Leur rôle protecteur contre les nombreuses maladies (cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires, obésité…) est aujourd'hui confirmé. Par ailleurs la majorité des biologistes attribuent le processus du vieillissement et le développement de ces pathologies à la production par l'organisme de molécules oxygénées : les radicaux libres. Ce sont des molécules très toxiques pour l'organisme qui altèrent les structures ou les fonctions de l'ADN, des protéines et des lipides, avec pour conséquence une accélération du vieillissement. Les antioxydants sont les vitamines, les oligo-éléments, les poly phénols (vin, romarins) et les caroténoïdes, soit l'ensemble des micros nutriments qu'on retrouve en abondance dans la cuisine méditerranéenne et qui font que, dans l'ensemble, les effets bénéfiques de l'alimentation méditerranéenne sur la santé sont incontestables.

D'après: Science & Vie - no 963 - décembre1997 sur le site

http://www.radio-canada.ca/par4/ind/regmet.htm

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DIXIT : OLIVE OIL

Bon pour le coeur et contre le cancer

L'effet protecteur du régime méditerranéen sur le coeur est connu depuis plusieurs années. Des travaux de chercheurs danois montrent maintenant qu'ajouter d'importantes quantités d'huile d'olive à son alimentation protège aussi contre la dégradation cellulaire, qui mène parfois au cancer. Une équipe de l'hôpital universitaire de Copenhague affirme que les personnes qui consomment 25 millilitres d'huile d'olive par jour ont un niveau réduit d'une substance, la 8oxodG, qui indique les dommages cellulaires liés à l'oxydation. Les auteurs de l'étude, qui ont suivi 182 hommes en santé dans cinq pays européens, affirment que cette constatation expliquerait pourquoi les taux de cancer sont plus élevés dans le nord de l'Europe en comparaison au sud, où l'huile d'olive fait partie de l'alimentation quotidienne.

Les chercheurs affirment que d'autres études seront toutefois nécessaires afin de confirmer ce lien. Les résultats complets sont publiés dans le journal des Federation American Societies for Experimental Biology.

Radio-Canada.ca 09-06-03 17:47

Saviez-vous que?

Les propriétés bénéfiques de l'huile d'olive pour la santé tiennent notamment à sa teneur en vitamine A, en vitamine E et en acides gras monoinsaturés.


http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2006/12/28/002-olive-cancer.shtml

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IN VINO VERITAS...

Le régime méditerranéen contre l'Alzheimer

Il est bon pour le coeur et combat le cancer. Et voilà que le régime méditerranéen protégerait également ses adeptes de la maladie d'Alzheimer. Selon les travaux menés par une équipe américaine du centre médical de l'université Columbia, les gens qui ont suivi ce régime pendant environ quatre ans présentent un risque inférieur de 40 % de souffrir de la maladie d'Alzheimer, comparativement à ceux qui ne l'avaient pas suivi.

Pour en arriver à ces résultats, l'équipe a suivi plus de 2200 personnes âgées habitant à New York. D'autres études seront nécessaires avant de recommander ce régime alimentaire comme prévention de la maladie d'Alzheimer. Les résultats complets sont publiés dans les annales de neurologie. Le régime méditerranéen est basé sur la consommation de légumes, de fruits, de noix, de céréales, l'utilisation régulière d'huile d'olive, la consommation modérée de poissons et de produits laitiers (yaourt et fromage), une faible quantité de viande rouge et un peu d'alcool, le plus souvent du vin consommé au moment du repas.

Radio-Canada.ca 09-06-03 17:49

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2006/04/21/003-regimemediterraneen.shtml



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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
08/06/2009

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Actualité

Nous avons vécu les fêtes du 20e de la Fraternité de l’Épi,domiciliée dans le quartier St-Roch à Québec, comme un grand vent de Pentecôte. Tout le monde applaudirait au petit mot que le Père André Dumont, du Centre Victor-Lelièvre, m’envoyait au lendemain du lancement de « Debout les pauvres!



20e ANNIVERSAIRE DE L`EPI
«IL ÉLÈVE LES HUMBLES RENVOIE LES RICHES LES MAINS VIDES!» Racontaient Marie, Max Kolbe… et faisions-nous tous hier soir. «MAGNIFIQUE, CONVIVIAL, IMMENSE, RAYONNANT, AUTHENTIQUE, ECCLÉSIAL DE LA BASE, AVEC COMPLICITÉ ÉPISCOPALE SUPER, ET LES PRÉFÉRÉS DU PÈRE, LES PETITS, Merci pour le privilège d’avoir pu apporter notre petite part à faire au CVL un succès de ce lancement historique. André et toute l’équipe d’Arts & Médias.»

«Signe de vie» fera relâche durant les vacances. Avec mes souhaits de repos sur le balcon ou en pleine nature, je vous partage mon petit mot du lancement (un peu long), mais que plusieurs m’ont demandé.


Laurette Lepage
_____________________________________________

Mot de Laurette Lepage, fondatrice de la Fraternité de l'Épi (Québec) lors du lancement du livre « Debout les pauvres ! », le 28 mai 2009.

DIS-NOUS QUELQUES SECRETS DE CE TITRE

« Debout les pauvres ! »... Un titre « provocateur », dit-on ! Je n’en suis pas gênée, en pensant à Celui qui a provoqué le premier : le Christ !

Après la chanson qu’on vient d’entendre, on ne peut s’empêcher de penser à la parabole du Père qui va au-devant de son fils prodigue. Son garçon devait être crotté... Ce père de la parabole, c’est Dieu  ! Dieu n’a pas peur des crottés ! Dieu n'a pas peur des drogués, des alcooliques, des divorcés remariés, des non-pratiquants, des accotés, des mal-aimés de toutes sortes. Dieu n’a pas peur de tous ces crucifiés d’aujourd’hui !

La bonté de Dieu nous étonne et nous scandalise. Tellement que parfois, on est jaloux ou choqué, comme le fils aîné de la parabole, quand des pécheurs reçoivent plus d’attention que des gens vertueux. Dieu est du côté des pauvres. Il a un faible pour les plus pauvres. Il sait de plus, que nous sommes tous pauvres en quelque part. Il s’est fait lui-même pauvre, de la crèche à la croix. Quel Dieu déroutant !

C’est un bonheur à l’envers, que nous propose le Christ des béatitudes, en proclamant : « Heureux, vous, les pauvres » ! Par ces paroles, il n’a pas dit aux pauvres de se résigner, mais bien plutôt : : “Relevez la tête! Debout! En marche!” Le mot « heureux », en hébreu, se traduit justement par: “debout !” “en marche !”

Mgr Fournier, dans sa préface, a su traduire tout cela, dans des mots d’aujourd’hui, en parlant de la « nouveauté à double révolution ». Merci, Pierre-André, (excusez, j’ai bien de la misère à dire « Monseigneur»), d’avoir si bien présenté « Debout les pauvres ! ».

Debout, les pauvres, les pacifiques, les persécutés! Debout, les exclus! Un programme vous est proposé! La paix n’est pas donnée toute faite, il faut la bâtir ! La justice n’est pas donnée toute faite, il faut la conquérir avec l’obstination des « non-violents » et la ténacité des « résistants » !

Les béatitudes feraient-elles des disciples de Jésus, des « résignés », enveloppés dans leurs guenilles de misère, sans faire le moindre effort pour s’en sortir? Les béatitudes feraient-elles ded disciples de Jésus, des masochistes qui se complaisent dans leur souffrance en attendant le bonheur du ciel? Ce serait donner raison à Karl Marx, qui parlait de la religion comme « l’opium du peuple ».

Non, le Christ n’a pas dit:

- “Heureux les chômeurs, les itinérants, les assistés sociaux.
- “Heureux ceux qui vivent sans rien faire, aux crochets de la société”.
- Non, le Christ n’a pas dit: “Heureux les débiles, les tarés, les bons à rien, les malades mentaux”....

Mais le Christ a dit, et cela, pour tout le monde:

- « Heureux les pauvres dans leur cœur »....

- Heureux les détachés: ceux qui ne sont pas rongés par la maladie de l’avoir et du pouvoir...

- Heureux ceux qui apprécient ce qu’ils ont et n’en veulent pas toujours plus...

- Heureux ceux qui aiment les pauvres: ceux qui peuvent donner à plus pauvres qu’eux...

- Heureux ceux qui se penchent sur toutes les pauvretés: sur celles qui mendient la tendresse, sur celles qui mendient l’espérance, sur celles qui mendient une présence.

C’est à ceux-là que le Royaume des cieux appartient. Car ils sont libres et détachés dès ici-bas. Ils sont libérés de tous ces fils qui retiennent l’être humain dans son envol vers les autres et vers Dieu, tandis que les repus sont tentés de s’agripper à leurs biens.

Frédy Kunz, le fondateur des Fraternités du Serviteur souffrant, au Brésil, et décédé en l’an 2000, adressait à Regina, lors de sa profession religieuse, à la Communauté protestante de Grandchamp, en Suisse, les paroles suivantes:

“Un jour, ma petite, tu rencontreras un homme sans beauté,
sans rien pour attirer le regard,
comme s’il était une ordure de l’humanité.
Alors là, ne te sauve pas. N’aie pas peur. Approche-toi.
Mets-toi à genoux et dis: “Parle, Seigneur”.
Et là, le Bien-Aimé te dira des choses ineffables,
tellement belles... Un secret merveilleux.
Et ce sera la grâce de ta vie”

Mets-toi à genoux et dis: “Parle, Seigneur!
Il faudrait que nous entrions dans le monde des pauvres comme dans un sanctuaire, sur la pointe des pieds, en nous mettant à genoux. Il faudrait que nous entrions dans le monde des pauvres, un peu à la manière de Moïse, devant le buisson-ardent, quand Dieu lui dit : “Enlève tes sandales... car la terre que foulent tes pieds est sacrée!” (Ex 3,5). Entrer chez les pauvres, c’est entrer sur le territoire de Dieu. C’est là le lieu de sa Présence !

La longue marche du Serviteur souffrant, qu’a été toute la vie de Frédy Kunz, notre fondateur, est une semence de fraternité qui s’est déjà multipliée dans plusieurs pays . Après le Brésil, c’est en France, en Suisse, en Espagne, en Italie, en Belgique, et ici, au Québec, sans compter les autres petites pousses en Amérique Latine et en Afrique. Et ce soir, nous avons la joie d’avoir avec nous, deux personnes qui sont au service cette grande Fraternité, pour créer des liens et maintenir l’unité, dans la diversité de tous ces groupes : Nara Rachid, du Brésil et Michel Bavarel, de Suisse. Merci, tous les deux, pour votre présence et votre service si attentifs à la grande famille de la Fraternité !

Le livre « Debout, les pauvres ! », ne prétend pas être une analyse sociale de la pauvreté, mais bien, l’expérience de personnes qui vivent dans leur chair et dans leur coeur toutes sortes de pauvretés: celles du corps, du coeur et de l’esprit. Le livre raconte tout simplement l'histoire de personnes rassemblées dans la Fraternité de l'Épi, un peu à l’image de la parabole du banquet des noces où le roi envoie chercher sur les trottoirs les aveugles, les « sans parole », les boiteux, les estropiés et fait avec eux, la fête.

La Fraternité de l’Épi est animée par la mystique du Serviteur souffrant, ces chants du Serviteur qu’on trouve aux chapitres du prophète Isaïe, dans la Bible. Les gens se reconnaissent dans ce Serviteur défiguré, mais que Dieu a ressuscité.

- Gaston reconnaît sa propre histoire quand il dit : « Moi aussi, comme le Serviteur souffrant, j’ai été « foulé aux pieds comme une ordure ».

- Micheline dit : « Comme le Serviteur souffrant, mon « visage est sans beauté », mais moi, je suis belle en dedans ! »

- Line qui a perdu son mari, il y a quelques années, s’écrie dans sa peine : « Moi, je me reconnais quand on dit que le Serviteur souffrant, c’est « l’homme de douleur » J’étais comme lui, à la mort de Gilles ».

Ce Serviteur souffrant qui vit aujourd’hui parmi nous, on le chante comme çà, à chaque réunion de l’Épi. Tu veux commencer, Alberte ?

Oui, notre Dieu est vivant
Son amour, de tous les temps ! (bis)

Grande victoire, ô Marie
Annoncée aux tout-petits (bis)

Tu marches encore sur nos chemins,
C’est toi, Jésus qui nous tend la main
Tu continues de porter la croix
Et de changer nos douleurs en joie.

Dans tous nos frères, c’est ton Visage
Que nous voyons, Serviteur souffrant
Pourquoi chercher dans les nuages
Quand tu nous croises à chaque tournant.
(Chant de l’Épi)

Pourquoi chercher dans les nuages, quand tu nous croises à chaque tournant ? Cette histoire, vous la lirez à chaque page du livre « Debout les pauvres ! »

Et Monseigneur Couture, qui a reconnu la Fraternité de l’Épi comme une petite pousse « valable » dans son diocèse, est ici, avec nous, ce soir et nous l’écouterons à l’instant, nous redire encore : « Mes bien-aimés ».

Merci !
Laurette Lepage




L’Autre Visage
Chant du lancemenent
(Richard Vidal)

1. L’Autre Visage, un soir m’a révélé
Le Serviteur qu’on a défiguré :
Les sales déchets, les sans-victoire
Les crucifiés sur nos trottoirs.
« Quand tu iras
Marcher près de leur peur,
Tu sentiras
Le souffle de mon cœur;
Je te le dis :

Heureux les pauvres !
Debout les pauvres !
Car le Royaume des cieux vous appartient
Car le Royaume des cieux est en vos mains. »


2. L’Autre Visage m’a dit de regarder
Les engelures de notre société :
Les froides nuits, les longs calvaires,
Les rêves morts dans la misère.
« Quand tu iras
Toucher leur dur enfer
Tu reviendras
Le cœur plein de prière.
Je te le dis : Heureux les pauvres

3. L’Autre Visage m’a tant enraciné
Dans son amour des plus abandonnés :
Les rejetés, les charbons noirs,
Les oubliés du dépotoir.
« Quand tu iras
Sur leur terrain brûlé,
Tu reviendras
Les yeux illuminés.
Je te le dis : Heureux les pauvres!



Née au Témiscamingue, Laurette Lepage se présente comme d’abord fille des souches, des semis et des grands espaces. Sa passion de l’Évangile l’a conduite par des chemins inattendus, au milieu des pauvres et des exclus, tant au Brésil qu’à Québec où elle réside actuellement et où elle a fondé la Fraternité de l'Épi il y a 20 ans.

Elle est l'auteure de cinq ouvrages publiés aux éditions Anne Sigier. « Debout, les pauvres! », est son sixième ouvrage qui vient de paraître aux éditions Novalis en mai 2009.


Lire la fameuse lettre de Laurette Lepage à Mgr Ouellet le 7 novembre 2007 dans le style de celle de Catherine de Hueck à son évêque parue sur le site internet de Radio Ville-Marie

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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
«IL ÉLÈVE LES HUMBLES RENVOIE LES RICHES LES MAINS VIDES!» Racontaient Marie, Max Kolbe… et faisions-nous tous hier soir. «MAGNIFIQUE, CONVIVIAL, IMMENSE, RAYONNANT, AUTHENTIQUE, ECCLÉSIAL DE LA BASE, AVEC COMPLICITÉ ÉPISCOPALE SUPER, ET LES PRÉFÉRÉS DU PÈRE, LES PETITS, Merci pour le privilège d’avoir pu apporter notre petite part à faire au CVL un succès de ce lancement historique. André et toute l’équipe d’Arts & Médias.»

«Signe de vie» fera relâche durant les vacances. Avec mes souhaits de repos sur le balcon ou en pleine nature, je vous partage mon petit mot du lancement (un peu long), mais que plusieurs m’ont demandé.


Laurette Lepage
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Mot de Laurette Lepage, fondatrice de la Fraternité de l'Épi (Québec) lors du lancement du livre « Debout les pauvres ! », le 28 mai 2009.

DIS-NOUS QUELQUES SECRETS DE CE TITRE

« Debout les pauvres ! »... Un titre « provocateur », dit-on ! Je n’en suis pas gênée, en pensant à Celui qui a provoqué le premier : le Christ !

Après la chanson qu’on vient d’entendre, on ne peut s’empêcher de penser à la parabole du Père qui va au-devant de son fils prodigue. Son garçon devait être crotté... Ce père de la parabole, c’est Dieu  ! Dieu n’a pas peur des crottés ! Dieu n'a pas peur des drogués, des alcooliques, des divorcés remariés, des non-pratiquants, des accotés, des mal-aimés de toutes sortes. Dieu n’a pas peur de tous ces crucifiés d’aujourd’hui !

La bonté de Dieu nous étonne et nous scandalise. Tellement que parfois, on est jaloux ou choqué, comme le fils aîné de la parabole, quand des pécheurs reçoivent plus d’attention que des gens vertueux. Dieu est du côté des pauvres. Il a un faible pour les plus pauvres. Il sait de plus, que nous sommes tous pauvres en quelque part. Il s’est fait lui-même pauvre, de la crèche à la croix. Quel Dieu déroutant !

C’est un bonheur à l’envers, que nous propose le Christ des béatitudes, en proclamant : « Heureux, vous, les pauvres » ! Par ces paroles, il n’a pas dit aux pauvres de se résigner, mais bien plutôt : : “Relevez la tête! Debout! En marche!” Le mot « heureux », en hébreu, se traduit justement par: “debout !” “en marche !”

Mgr Fournier, dans sa préface, a su traduire tout cela, dans des mots d’aujourd’hui, en parlant de la « nouveauté à double révolution ». Merci, Pierre-André, (excusez, j’ai bien de la misère à dire « Monseigneur»), d’avoir si bien présenté « Debout les pauvres ! ».

Debout, les pauvres, les pacifiques, les persécutés! Debout, les exclus! Un programme vous est proposé! La paix n’est pas donnée toute faite, il faut la bâtir ! La justice n’est pas donnée toute faite, il faut la conquérir avec l’obstination des « non-violents » et la ténacité des « résistants » !

Les béatitudes feraient-elles des disciples de Jésus, des « résignés », enveloppés dans leurs guenilles de misère, sans faire le moindre effort pour s’en sortir? Les béatitudes feraient-elles ded disciples de Jésus, des masochistes qui se complaisent dans leur souffrance en attendant le bonheur du ciel? Ce serait donner raison à Karl Marx, qui parlait de la religion comme « l’opium du peuple ».

Non, le Christ n’a pas dit:

- “Heureux les chômeurs, les itinérants, les assistés sociaux.
- “Heureux ceux qui vivent sans rien faire, aux crochets de la société”.
- Non, le Christ n’a pas dit: “Heureux les débiles, les tarés, les bons à rien, les malades mentaux”....

Mais le Christ a dit, et cela, pour tout le monde:

- « Heureux les pauvres dans leur cœur »....

- Heureux les détachés: ceux qui ne sont pas rongés par la maladie de l’avoir et du pouvoir...

- Heureux ceux qui apprécient ce qu’ils ont et n’en veulent pas toujours plus...

- Heureux ceux qui aiment les pauvres: ceux qui peuvent donner à plus pauvres qu’eux...

- Heureux ceux qui se penchent sur toutes les pauvretés: sur celles qui mendient la tendresse, sur celles qui mendient l’espérance, sur celles qui mendient une présence.

C’est à ceux-là que le Royaume des cieux appartient. Car ils sont libres et détachés dès ici-bas. Ils sont libérés de tous ces fils qui retiennent l’être humain dans son envol vers les autres et vers Dieu, tandis que les repus sont tentés de s’agripper à leurs biens.

Frédy Kunz, le fondateur des Fraternités du Serviteur souffrant, au Brésil, et décédé en l’an 2000, adressait à Regina, lors de sa profession religieuse, à la Communauté protestante de Grandchamp, en Suisse, les paroles suivantes:

“Un jour, ma petite, tu rencontreras un homme sans beauté,
sans rien pour attirer le regard,
comme s’il était une ordure de l’humanité.
Alors là, ne te sauve pas. N’aie pas peur. Approche-toi.
Mets-toi à genoux et dis: “Parle, Seigneur”.
Et là, le Bien-Aimé te dira des choses ineffables,
tellement belles... Un secret merveilleux.
Et ce sera la grâce de ta vie”

Mets-toi à genoux et dis: “Parle, Seigneur!
Il faudrait que nous entrions dans le monde des pauvres comme dans un sanctuaire, sur la pointe des pieds, en nous mettant à genoux. Il faudrait que nous entrions dans le monde des pauvres, un peu à la manière de Moïse, devant le buisson-ardent, quand Dieu lui dit : “Enlève tes sandales... car la terre que foulent tes pieds est sacrée!” (Ex 3,5). Entrer chez les pauvres, c’est entrer sur le territoire de Dieu. C’est là le lieu de sa Présence !

La longue marche du Serviteur souffrant, qu’a été toute la vie de Frédy Kunz, notre fondateur, est une semence de fraternité qui s’est déjà multipliée dans plusieurs pays . Après le Brésil, c’est en France, en Suisse, en Espagne, en Italie, en Belgique, et ici, au Québec, sans compter les autres petites pousses en Amérique Latine et en Afrique. Et ce soir, nous avons la joie d’avoir avec nous, deux personnes qui sont au service cette grande Fraternité, pour créer des liens et maintenir l’unité, dans la diversité de tous ces groupes : Nara Rachid, du Brésil et Michel Bavarel, de Suisse. Merci, tous les deux, pour votre présence et votre service si attentifs à la grande famille de la Fraternité !

Le livre « Debout, les pauvres ! », ne prétend pas être une analyse sociale de la pauvreté, mais bien, l’expérience de personnes qui vivent dans leur chair et dans leur coeur toutes sortes de pauvretés: celles du corps, du coeur et de l’esprit. Le livre raconte tout simplement l'histoire de personnes rassemblées dans la Fraternité de l'Épi, un peu à l’image de la parabole du banquet des noces où le roi envoie chercher sur les trottoirs les aveugles, les « sans parole », les boiteux, les estropiés et fait avec eux, la fête.

La Fraternité de l’Épi est animée par la mystique du Serviteur souffrant, ces chants du Serviteur qu’on trouve aux chapitres du prophète Isaïe, dans la Bible. Les gens se reconnaissent dans ce Serviteur défiguré, mais que Dieu a ressuscité.

- Gaston reconnaît sa propre histoire quand il dit : « Moi aussi, comme le Serviteur souffrant, j’ai été « foulé aux pieds comme une ordure ».

- Micheline dit : « Comme le Serviteur souffrant, mon « visage est sans beauté », mais moi, je suis belle en dedans ! »

- Line qui a perdu son mari, il y a quelques années, s’écrie dans sa peine : « Moi, je me reconnais quand on dit que le Serviteur souffrant, c’est « l’homme de douleur » J’étais comme lui, à la mort de Gilles ».

Ce Serviteur souffrant qui vit aujourd’hui parmi nous, on le chante comme çà, à chaque réunion de l’Épi. Tu veux commencer, Alberte ?

Oui, notre Dieu est vivant
Son amour, de tous les temps ! (bis)

Grande victoire, ô Marie
Annoncée aux tout-petits (bis)

Tu marches encore sur nos chemins,
C’est toi, Jésus qui nous tend la main
Tu continues de porter la croix
Et de changer nos douleurs en joie.

Dans tous nos frères, c’est ton Visage
Que nous voyons, Serviteur souffrant
Pourquoi chercher dans les nuages
Quand tu nous croises à chaque tournant.
(Chant de l’Épi)

Pourquoi chercher dans les nuages, quand tu nous croises à chaque tournant ? Cette histoire, vous la lirez à chaque page du livre « Debout les pauvres ! »

Et Monseigneur Couture, qui a reconnu la Fraternité de l’Épi comme une petite pousse « valable » dans son diocèse, est ici, avec nous, ce soir et nous l’écouterons à l’instant, nous redire encore : « Mes bien-aimés ».

Merci !
Laurette Lepage




L’Autre Visage
Chant du lancemenent
(Richard Vidal)

1. L’Autre Visage, un soir m’a révélé
Le Serviteur qu’on a défiguré :
Les sales déchets, les sans-victoire
Les crucifiés sur nos trottoirs.
« Quand tu iras
Marcher près de leur peur,
Tu sentiras
Le souffle de mon cœur;
Je te le dis :

Heureux les pauvres !
Debout les pauvres !
Car le Royaume des cieux vous appartient
Car le Royaume des cieux est en vos mains. »


2. L’Autre Visage m’a dit de regarder
Les engelures de notre société :
Les froides nuits, les longs calvaires,
Les rêves morts dans la misère.
« Quand tu iras
Toucher leur dur enfer
Tu reviendras
Le cœur plein de prière.
Je te le dis : Heureux les pauvres

3. L’Autre Visage m’a tant enraciné
Dans son amour des plus abandonnés :
Les rejetés, les charbons noirs,
Les oubliés du dépotoir.
« Quand tu iras
Sur leur terrain brûlé,
Tu reviendras
Les yeux illuminés.
Je te le dis : Heureux les pauvres!



Née au Témiscamingue, Laurette Lepage se présente comme d’abord fille des souches, des semis et des grands espaces. Sa passion de l’Évangile l’a conduite par des chemins inattendus, au milieu des pauvres et des exclus, tant au Brésil qu’à Québec où elle réside actuellement et où elle a fondé la Fraternité de l'Épi il y a 20 ans.

Elle est l'auteure de cinq ouvrages publiés aux éditions Anne Sigier. « Debout, les pauvres! », est son sixième ouvrage qui vient de paraître aux éditions Novalis en mai 2009.


Lire la fameuse lettre de Laurette Lepage à Mgr Ouellet le 7 novembre 2007 dans le style de celle de Catherine de Hueck à son évêque parue sur le site internet de Radio Ville-Marie

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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
31/05/2009

Actualité

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L'Eurabie a une capitale: Rotterdam en Hollande. À Rotterdam, des quartiers entiers donnent une impression de Moyen Orient, les femmes circulent voilées, le maire est musulman, les tribunaux et les théâtres appliquent la charia. Sandro Magister, un grand reporter du journal La Repubblica présente un grand reportage d'un de ses confrères de Il Foglio, Giulio Meotti, qui écrit aussi pour le "Wall Street Journal, reportage des plus instructifs sur la ville la plus islamisée d'Europe. Le reportage est assez long, mais il est fascinant par les informations qu'on y trouve et qui sont peu connues en Amérique. Bonne lecture.



L`EURABIE, VOUS CONNAISSEZ?
ROME, le 19 mai 2009 - L'un des résultats les plus incontestables du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte est l'amélioration des rapports avec l'islam. Les trois jours passés en Jordanie, puis la visite à la Coupole du Rocher à Jérusalem ont fait passer dans le grand public musulman - pour la première fois aussi largement - l'image d'un pape ami, entouré de leaders musulmans heureux de l'accueillir et de collaborer avec lui pour le bien de la famille humaine.

Mais la distance entre cette image et la réalité crue des faits est également incontestable. Non seulement dans les pays sous domination musulmane, mais aussi là où les disciples de Mahomet sont minoritaires, par exemple en Europe.

En 2002 Bat Ye'or, une chercheuse née en Egypte et de nationalité britannique, spécialiste de l'histoire des minorités chrétiennes et juives - dites "dhimmi" - dans les pays musulmans, a créé le mot "Eurabie" pour définir le destin vers lequel elle voit se diriger l'Europe. Un destin de soumission à l'islam, de "dhimmitude".

Oriana Fallaci a repris le mot "Eurabie" dans ses écrits et lui a donné une résonance mondiale. Le 1er août 2005, Benoît XVI l'a reçue en audience privée, à Castel Gandolfo. Elle refusait le dialogue avec l'islam, lui le voulait et le veut. Mais ils sont tombés d'accord - comme elle l'a raconté ensuite - pour reconnaître "la haine de soi" dont l'Europe fait preuve, son vide spirituel, sa perte d'identité, alors même que le nombre d'immigrés de confession musulmane y augmente.

La Hollande est à cet égard un test extraordinaire. C'est le pays où le libre arbitre individuel est le plus développé - au point que l'euthanasie des enfants y est permise - où l'identité chrétienne s'est le plus effacée, où la présence musulmane devient la plus arrogante.

Le multiculturalisme y est la règle. Mais les contrecoups sont également dramatiques: de l'assassinat du leader politique anti-islamiste Pim Fortuyn à la persécution de la dissidente somalienne Ayaan Hirsi Ali et au meurtre du metteur en scène Theo Van Gogh, condamné à mort pour le film "Submission" qui dénonce les crimes de la théocratie musulmane. Le successeur de Fortuyn, Geert Wilders, vit depuis six ans sous protection policière 24 heures sur 24.

Il y a en Hollande une métropole où cette nouvelle réalité se voit à l'oeil nu, plus qu'ailleurs. Où des quartiers entiers sont des morceaux de Moyen-Orient, où se dresse la plus grande mosquée d'Europe, où les tribunaux et les théâtres appliquent des éléments de la loi islamique, la charia, où beaucoup de femmes circulent voilées, où le maire est musulman et fils d'imam.

Cette métropole, c'est Rotterdam, deuxième ville de Hollande pour la population, premier port d'Europe pour le volume des échanges.

Le reportage qui suit, réalisé à Rotterdam et publié par le quotidien italien "il Foglio" le 14 mai 2009, est le deuxième d'une série de sept qui constitue une grande enquête sur la Hollande.

L'auteur, Giulio Meotti, écrit aussi pour le "Wall Street Journal". Il publiera en septembre prochain un livre-enquête sur Israël.

La photo ci-dessus, intitulée "Musulmanes à Rotterdam", a figuré dans une exposition de deux photographes hollandais, Ari Versluis et Ellie Uyttenbroek en 2008.


Dans la casbah de Rotterdam

par Giulio Meotti


A Feyenoord, on voit partout des femmes voilées filer comme l'éclair dans les rues du quartier, évitant tout contact, surtout avec les hommes, même un contact visuel. Feyenoord a la taille d'une ville, 70 nationalités y cohabitent, on y vit de subventions et d'habitat populaire. C'est là que l'on comprend le mieux que la Hollande - avec toutes ses lois anti-discrimination et toute son indignation morale - est une société à ségrégation totale. Bombardée deux fois par la Luftwaffe pendant la seconde guerre mondiale, Rotterdam est une ville neuve. Comme Amsterdam, elle est en dessous du niveau de la mer mais, contrairement à la capitale, elle n'a pas de charme libertin. A Rotterdam ce sont les vendeurs arabes d'aliments halal qui dominent l'esthétique urbaine, pas les néons des prostituées. Partout on voit des casbah-cafés, des agences de voyages qui offrent des vols pour Rabat et Casablanca, des posters de solidarité avec le Hamas et des cours de néerlandais à prix avantageux.

Deuxième ville du pays, c'est une ville pauvre mais aussi le moteur de l'économie avec son vaste port, le plus important d'Europe. Peuplée majoritairement d'immigrés, elle possède la mosquée la plus haute et la plus imposante de toute l'Europe. 60 % des étrangers qui arrivent en Hollande viennent habiter ici. Ce qui frappe le plus quand on entre dans la ville en train, ce sont les mosquées énormes, fascinantes, dans un paysage verdoyant, luxuriant, boisé, humide : on dirait des corps étrangers par rapport au reste. On l’appelle "Eurabie". Imposante, la mosquée Mevlana des Turcs a les minarets les plus hauts d'Europe, plus hauts même que le stade de l'équipe de football Feyenoord.

Beaucoup de quartiers de Rotterdam sont sous le contrôle de l'islamisme le plus sombre et le plus violent. La maison de Pim Fortuyn se détache comme une perle dans une mer de tchadors et de niqabs. Elle se trouve au 11 Burgerplein, derrière la gare. De temps à autre, quelqu'un vient poser des fleurs devant la maison de ce professeur assassiné à Amsterdam le 6 mai 2002. D'autres laissent un papier: "En Hollande on tolère tout, sauf la vérité". Un millionnaire nommé Chris Tummesen a acheté la maison de Pim Fortuyn pour qu'elle reste intacte. Le soir précédant le meurtre, Pim était nerveux, il avait dit à la télévision qu'un climat de diabolisation s’était créé contre lui et ses idées. Et puis c'est arrivé, avec ces cinq coups de feu dans la tête, tirés par Volkert van der Graaf, militant de la gauche animaliste, un jeune maigrelet, calviniste, aux cheveux rasés, aux yeux sombres, habillé comme un écologiste pur - gilet fait main, sandales, chaussettes en laine de chèvre - végétarien absolu, "un garçon impatient de changer le monde", disent ses amis.

Depuis peu, on a vu apparaître, au centre de Rotterdam des photos mortuaires de Geert Wilders, placées sous un arbre avec une bougie indiquant sa mort prochaine. Aujourd’hui l’homme politique le plus populaire de la ville est Wilders, héritier de Fortuyn, ce professeur homosexuel, catholique, ex-marxiste, qui avait lancé un parti pour sauver le pays de l'islamisation. A ses funérailles il ne manquait que la reine Béatrice pour que l'adieu au "divin Pim" devienne royal. D’abord présenté comme un monstre (un ministre hollandais l’a traité d’"untermensch", sous-homme pour les nazis), il a ensuite été idolâtré. Les prostituées d’Amsterdam ont déposé une couronne de fleurs au pied de l'obélisque des victimes sur la place Dam.

Il y a trois mois, L'Economist, un hebdomadaire éloigné des thèses anti-islamiques de Wilders, qualifiait Rotterdam de "cauchemar eurabe". Pour beaucoup de Hollandais qui y vivent, l'islamisme est aujourd’hui un danger plus grave que le Delta Plan, le système de digues compliqué qui empêche les inondations venues de la mer, comme celle de 1953 qui fit 2 000 morts. La pittoresque petite ville de Schiedam, à côté de Rotterdam, a toujours été un bijou dans l’esprit des Hollandais. Mais elle a perdu cette aura de mystère il y a trois ans, quand elle est devenue, dans les quotidiens, la ville de Farid A., l'islamiste qui menaçait de mort Wilders et la dissidente somalienne Ayaan Hirsi Ali. Depuis six ans, Wilders vit sous protection policière 24 heures sur 24.

A Rotterdam les avocats musulmans veulent aussi changer les règles de droit, demandant à pouvoir rester assis quand le juge entre. Ils ne reconnaissent qu’Allah. L'avocat Mohammed Enait a refusé de se lever quand les magistrats sont entrés dans la salle, disant que "l'islam enseigne que tous les hommes sont égaux". Le tribunal de Rotterdam lui a reconnu le droit de rester assis: "Il n’existe aucune obligation juridique imposant aux avocats musulmans de se lever devant la cour, dans la mesure où ce geste est en opposition avec les préceptes de la foi musulmane". Enait, qui dirige le cabinet d’avocats Jairam Advocaten, a expliqué qu’il "considère tous les hommes comme égaux et n’admet aucune forme de déférence envers qui que ce soit". Tous les hommes, mais pas toutes les femmes. Enait est connu pour son refus de serrer la main aux femmes, dont il a dit plusieurs fois qu’il les préférait avec la burqa. Et des burqas, on en voit beaucoup à Rotterdam.

Que l'Eurabie existe désormais à Rotterdam, cela a été démontré par une affaire survenue en avril au Zuidplein Theatre, l’un des plus prestigieux de la ville, moderniste et fier de "représenter la diversité culturelle de Rotterdam". Situé au sud de la ville, il est subventionné par la mairie que dirige Ahmed Aboutaleb, musulman et fils d’imam. Il y a trois semaines, le Zuidplein a accepté, au nom de la charia, de réserver tout un balcon aux femmes. Cela se passait non pas au Pakistan ou en Arabie saoudite, mais dans la ville d’où les Pères Fondateurs sont partis pour les Etats-Unis. Ici les pèlerins puritains débarquèrent du Speedwell qu’ils échangèrent contre le Mayflower. Ici a commencé l'aventure américaine. Ici, aujourd’hui, la charia est légalisée.

A l’occasion du spectacle du musulman Salaheddine Benchikhi, le Zuidplein Theatre a répondu favorablement à sa demande de réserver les cinq premiers rangs aux femmes. Salaheddine, éditorialiste du site Morokko.nl, est connu pour son opposition à l'intégration des musulmans. Le conseil municipal l’a approuvé: "Selon nos valeurs occidentales, la liberté de vivre sa vie en fonction de ses convictions est un bien précieux". Un porte-parole du théâtre a aussi défendu le metteur en scène: "Il est difficile de faire venir les musulmans au théâtre, alors nous sommes prêts à nous adapter".

Le metteur en scène Gerrit Timmers est également prêt à s’adapter. Ce qu’il dit est assez symptomatique de ce que Wilders appelle "auto-islamisation". Le premier cas d’autocensure est apparu justement à Rotterdam, en décembre 2000. Timmers, directeur du groupe théâtral Onafhankelijk Toneel, voulait mettre en scène la vie de la femme de Mahomet, Aïcha. Mais l'œuvre a été boycottée par les acteurs musulmans de la compagnie quand il est devenu évident qu’ils allaient être une cible pour les islamistes. "Nous aimons beaucoup la pièce, mais nous avons peur", ont-ils dit. Le compositeur, Najib Cherradi, a déclaré qu’il se retirerait "pour le bien de ma fille". Le quotidien "Handelsblad" a intitulé un article "Téhéran sur Meuse", du nom du fleuve qui arrose Rotterdam. "J’avais déjà fait trois spectacles sur les Marocains et, pour celui-là, je voulais des acteurs et des chanteurs musulmans", nous raconte Timmers. "Mais ils m’ont dit que c’était un sujet dangereux et qu’ils ne pouvaient pas y participer parce qu’ils avaient reçu des menaces de mort. A Rabat un article a dit que nous finirions comme Salman Rushdie. Pour moi, il était plus important de continuer le dialogue avec les Marocains que de les provoquer. Voilà pourquoi cela ne me pose pas de problème si les musulmans veulent séparer les hommes et les femmes dans un théâtre".

Nous rencontrons le metteur en scène qui a introduit la charia dans les théâtres hollandais, Salaheddine Benchikhi. Il est jeune, moderne, orgueilleux, parle un anglais parfait. "Je défends le choix de séparer les hommes des femmes parce qu’ici il y a la liberté d'expression et d’organisation. Si les gens ne peuvent pas s’asseoir où ils veulent, c’est de la discrimination. Il y a deux millions de musulmans en Hollande et ils veulent que notre tradition devienne publique, tout évolue. Le maire Aboutaleb m’a soutenu".

Il y a un an, la ville est entrée en ébullition quand les journaux ont rendu publique une lettre de Bouchra Ismaili, conseillère municipale de Rotterdam: "Ecoutez bien, freaks fous, nous sommes ici pour y rester. C’est vous qui êtes des étrangers ici, avec Allah de mon côté je ne crains rien ; laissez-moi vous donner un conseil: convertissez-vous à l'islam et trouvez la paix". Il suffit de faire un tour en ville pour comprendre que, dans bien des quartiers, on n’est plus en Hollande mais dans un morceau de Moyen-Orient. Certaines écoles ont une "salle du silence" où les élèves musulmans, majoritaires, peuvent prier cinq fois par jour, avec un poster de la Mecque, le Coran et des ablutions rituelles avant la prière. Un autre conseiller municipal musulman, Brahim Bourzik, veut faire dessiner en divers points de la ville des emplacements où s’agenouiller en direction de la Mecque.

Sylvain Ephimenco, journaliste franco-hollandais, vit à Rotterdam depuis 12 ans. Il a été pendant 20 ans correspondant de "Libération" en Hollande et est fier de ses références de gauche. "Même si je n’y crois plus maintenant", dit-il en nous accueillant dans sa maison qui donne sur un petit canal de Rotterdam. Non loin de là se trouve la mosquée Al-Nasr de l'imam Khalil al Moumni, qui, au moment de la légalisation du mariage gay, a dit que les homosexuels étaient des "malades pires que des porcs". De l’extérieur, on voit que la mosquée, construite par les premiers immigrés marocains, a plus de 20 ans. Moumni a écrit une brochure qui circule dans les mosquées hollandaises, "Le chemin du musulman", dans lequel il explique qu’il faut couper la tête aux homosexuels et "l’accrocher au bâtiment le plus haut de la ville". A côté de la mosquée Al-Nasr nous nous asseyons dans un café réservé aux hommes. En face, il y a un abattoir halal musulman. Ephimenco a écrit trois essais sur la Hollande et l'islam ; aujourd’hui c’est un éditorialiste connu du quotidien chrétien de gauche "Trouw". Il a la meilleure perspective pour comprendre une ville qui, peut-être plus qu’Amsterdam elle-même, incarne la tragédie hollandaise.

"Ce n’est pas vrai du tout que Wilders recueille des voix dans les banlieues ; tout le monde le sait même si on ne le dit pas", nous dit-il. "Aujourd’hui, les électeurs de Wilders sont des gens cultivés, même si au début c’était la Hollande des classes modestes, des tatoués. Beaucoup d’universitaires et de gens de gauche votent pour lui. Le problème, c’est tous ces voiles islamiques. Derrière chez moi, il y a un supermarché. Quand je suis arrivé, il n’y avait pas un seul voile. Aujourd’hui, à la caisse, il n’y a que des musulmanes en tchador. Wilders n’est pas Haider. Il est de droite mais aussi de gauche, c’est un Hollandais typique. Ici, il y a des horaires réservés aux femmes musulmanes à la piscine. Voilà l'origine du vote pour Wilders. Il faut arrêter l'islamisation, la folie du théâtre. A Utrecht, il y a une mosquée où les services municipaux sont séparés pour les hommes et les femmes. Les Hollandais ont peur. Wilders s’oppose au Frankenstein du multiculturalisme. Moi qui étais de gauche et qui aujourd’hui ne suis plus rien du tout, je dis que nous avons atteint la limite. J’ai senti que les idéaux des Lumières étaient trahis par cet apartheid volontaire, je sens que, dans mon cœur, les idéaux d'égalité entre hommes et femmes et de liberté d'expression sont morts. Ici la gauche est conformiste et la droite a une meilleure réponse au multiculturalisme fou".

Tariq Ramadan, le célèbre islamiste suisse qui est aussi consultant spécial de la municipalité, enseigne à l’Erasmus University de Rotterdam. Des déclarations de Ramadan critiquant les homosexuels ont été découvertes par la plus connue des revues gay hollandaises, "Gay Krant", dirigée par un journaliste loquace, Henk Krol. Dans une cassette vidéo, Ramadan définit l'homosexualité comme "une maladie, un désordre, un déséquilibre". Dans le même film, Ramadan parle aussi des femmes, "dans la rue, elles doivent garder les yeux baissés". Le parti de Wilders a demandé que le conseil municipal soit dissous et l'islamiste genevois chassé, mais ce dernier a vu son contrat renouvelé pour deux ans. Au même moment, de l’autre côté de l'océan, l'administration Obama confirmait à Ramadan que l’accès au territoire des Etats-Unis lui restait interdit. Dans l’un des films que détient Krol, Ramadan dit aux femmes: "Allah a une règle importante: si tu cherches à attirer l'attention par du parfum, par ton aspect ou tes gestes, tu n’es pas dans la bonne direction spirituelle".

"Quand Pim Fortuyn a été tué, cela a été un choc pour tout le monde : un homme avait été assassiné à cause de ce qu’il disait", nous dit Krol. "Ce pays n’était plus le mien. Je pense encore à quitter la Hollande, mais pour aller où? Ici nous avons tout critiqué, l’Eglise catholique et la protestante. Mais quand nous avons critiqué l'islam, on nous a dit: Vous êtes en train de créer de nouveaux ennemis! ". D’après Ephimenco, le secret du succès de Wilders, c’est la rue: "A Rotterdam il y a trois mosquées énormes, dont l’une est la plus grande d'Europe. Il y a de plus en plus de voiles islamiques et un élan islamiste venu des mosquées. Je connais beaucoup de gens qui ont quitté le centre-ville pour la banlieue riche et blanche. Mon quartier est pauvre et basané. C’est une question d’identité, dans la rue on ne parle plus néerlandais, mais arabe et turc".

Nous rencontrons l'homme qui a hérité de la rubrique de Fortuyn au quotidien "Elsevier". Bart Jan Spruyt est un jeune et vigoureux intellectuel protestant, fondateur de la Edmund Burke Society mais surtout auteur de la "Déclaration d’indépendance" de Wilders, dont il est le collaborateur depuis le début. "Ici, un immigré n’a pas besoin de lutter, d’étudier, de travailler, il peut vivre aux frais de l’Etat", nous dit Spruyt. "Nous avons fini par créer une société parallèle. Les musulmans sont majoritaires dans beaucoup de quartiers et demandent la charia. Ce n’est plus la Hollande. Notre usage de la liberté a fini par se retourner contre nous, c’est un processus d’auto-islamisation".

Spruyt était un grand ami de Fortuyn. "Pim a dit ce que l’on savait depuis des décennies. Il a attaqué l’establishment et les journalistes. Il y a eu un grand soulagement populaire quand il est entré en politique, on l’appelait le ‘chevalier blanc'. La dernière fois que j’ai parlé avec lui, une semaine avant sa mort, il m’a dit qu’il avait une mission. Son assassinat n’a pas été le geste d’un fou solitaire. En février 2001, Pim a annoncé qu’il voulait que l’article premier de la constitution hollandaise sur la discrimination soit modifié parce que selon lui, et il avait raison, cet article tue la liberté d’expression. Le lendemain, dans les églises hollandaises, en général vides et utilisées pour des réunions publiques, le journal d’Anne Frank a été lu en guise de mise en garde contre Fortuyn. Pim était vraiment catholique, plus qu’on ne le croit ; dans ses livres il critiquait l'actuelle société sans père, sans valeurs, vide, nihiliste".

Chris Ripke est un artiste connu en ville. Son atelier est proche d’une mosquée dans Insuindestraat. En 2004, choqué par l’assassinat du metteur en scène Theo Van Gogh par un islamiste hollandais, Chris a décidé de peindre sur le mur de son atelier un ange et le commandement biblique "Gij zult niet doden", tu ne tueras pas. Les gens de la mosquée voisine ont trouvé le texte "offensant" et ont appelé celui qui était alors maire de Rotterdam, le libéral Ivo Opstelten, qui a ordonné à la police d’effacer la peinture, jugée "raciste". Wim Nottroth, un journaliste de télévision, s’est mis devant en signe de protestation. La police l’a arrêté et le film a été détruit. Ephimenco a fait pareil à sa fenêtre: "J’y ai placé une grande toile blanche avec le commandement biblique. Des photographes et la radio sont venus. Si on ne peut plus écrire ‘tu ne tueras pas' dans ce pays, alors cela veut dire que nous sommes tous en prison. C’est comme l'apartheid, les blancs vivent avec les blancs et les noirs avec les noirs. Il y a un grand froid. L'islamisme veut changer la structure du pays". Ephimenco pense qu’une partie du problème est la déchristianisation de la société. "Quand je suis arrivé ici, dans les années Soixante, la religion était en train de mourir, un fait unique en Europe, une déchristianisation collective. Et puis les musulmans ont remis la religion au centre de la vie sociale. Aidés par l'élite antichrétienne".

Nous sortons faire un tour dans les quartiers islamisés. A Oude Westen on ne voit que des arabes, des femmes voilées de la tête aux pieds, des magasins alimentaires ethniques, des restaurants islamiques et des shopping centers de musique arabe. "Il y a dix ans, il n’y avait pas tous ces voiles", dit Ephimenco. Derrière chez lui, dans une zone bourgeoise et verdoyante avec des maisons à deux étages, il y a un quartier islamisé. Partout des enseignes musulmanes. "Regardez tous ces drapeaux turcs. Là, il y a une église importante, mais elle est vide, plus personne n’y va". Au centre d’une place se dresse une mosquée avec des inscriptions en arabe. "Avant, c’était une église". Pas très loin, il y a le plus beau monument de Rotterdam, une petite statue en granit de Pim Fortuyn. Sous la tête en bronze brillant, la bouche ouverte pour prononcer le dernier discours en faveur de la liberté de parole, il y a une inscription en latin: "Loquendi libertatem custodiamus", gardons la liberté de parler. Chaque jour quelqu’un dépose des fleurs.

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Le quotidien qui a publié l’enquête:

> Il Foglio

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Tous les articles de [http:/chiesa.espresso.repubblica.it/?fr=y/]url:http:/chiesa.espresso.repubblica.it/?fr=y à propos des rapports entre l’Eglise catholique et le monde musulman: Focus ISLAM


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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19.5.2009

E-mail: s.magister@espressoedit.it
Adresse postale: Sandro Magister, "L'espresso", via C. Colombo 90, 00147 Roma



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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
ROME, le 19 mai 2009 - L'un des résultats les plus incontestables du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte est l'amélioration des rapports avec l'islam. Les trois jours passés en Jordanie, puis la visite à la Coupole du Rocher à Jérusalem ont fait passer dans le grand public musulman - pour la première fois aussi largement - l'image d'un pape ami, entouré de leaders musulmans heureux de l'accueillir et de collaborer avec lui pour le bien de la famille humaine.

Mais la distance entre cette image et la réalité crue des faits est également incontestable. Non seulement dans les pays sous domination musulmane, mais aussi là où les disciples de Mahomet sont minoritaires, par exemple en Europe.

En 2002 Bat Ye'or, une chercheuse née en Egypte et de nationalité britannique, spécialiste de l'histoire des minorités chrétiennes et juives - dites "dhimmi" - dans les pays musulmans, a créé le mot "Eurabie" pour définir le destin vers lequel elle voit se diriger l'Europe. Un destin de soumission à l'islam, de "dhimmitude".

Oriana Fallaci a repris le mot "Eurabie" dans ses écrits et lui a donné une résonance mondiale. Le 1er août 2005, Benoît XVI l'a reçue en audience privée, à Castel Gandolfo. Elle refusait le dialogue avec l'islam, lui le voulait et le veut. Mais ils sont tombés d'accord - comme elle l'a raconté ensuite - pour reconnaître "la haine de soi" dont l'Europe fait preuve, son vide spirituel, sa perte d'identité, alors même que le nombre d'immigrés de confession musulmane y augmente.

La Hollande est à cet égard un test extraordinaire. C'est le pays où le libre arbitre individuel est le plus développé - au point que l'euthanasie des enfants y est permise - où l'identité chrétienne s'est le plus effacée, où la présence musulmane devient la plus arrogante.

Le multiculturalisme y est la règle. Mais les contrecoups sont également dramatiques: de l'assassinat du leader politique anti-islamiste Pim Fortuyn à la persécution de la dissidente somalienne Ayaan Hirsi Ali et au meurtre du metteur en scène Theo Van Gogh, condamné à mort pour le film "Submission" qui dénonce les crimes de la théocratie musulmane. Le successeur de Fortuyn, Geert Wilders, vit depuis six ans sous protection policière 24 heures sur 24.

Il y a en Hollande une métropole où cette nouvelle réalité se voit à l'oeil nu, plus qu'ailleurs. Où des quartiers entiers sont des morceaux de Moyen-Orient, où se dresse la plus grande mosquée d'Europe, où les tribunaux et les théâtres appliquent des éléments de la loi islamique, la charia, où beaucoup de femmes circulent voilées, où le maire est musulman et fils d'imam.

Cette métropole, c'est Rotterdam, deuxième ville de Hollande pour la population, premier port d'Europe pour le volume des échanges.

Le reportage qui suit, réalisé à Rotterdam et publié par le quotidien italien "il Foglio" le 14 mai 2009, est le deuxième d'une série de sept qui constitue une grande enquête sur la Hollande.

L'auteur, Giulio Meotti, écrit aussi pour le "Wall Street Journal". Il publiera en septembre prochain un livre-enquête sur Israël.

La photo ci-dessus, intitulée "Musulmanes à Rotterdam", a figuré dans une exposition de deux photographes hollandais, Ari Versluis et Ellie Uyttenbroek en 2008.


Dans la casbah de Rotterdam

par Giulio Meotti


A Feyenoord, on voit partout des femmes voilées filer comme l'éclair dans les rues du quartier, évitant tout contact, surtout avec les hommes, même un contact visuel. Feyenoord a la taille d'une ville, 70 nationalités y cohabitent, on y vit de subventions et d'habitat populaire. C'est là que l'on comprend le mieux que la Hollande - avec toutes ses lois anti-discrimination et toute son indignation morale - est une société à ségrégation totale. Bombardée deux fois par la Luftwaffe pendant la seconde guerre mondiale, Rotterdam est une ville neuve. Comme Amsterdam, elle est en dessous du niveau de la mer mais, contrairement à la capitale, elle n'a pas de charme libertin. A Rotterdam ce sont les vendeurs arabes d'aliments halal qui dominent l'esthétique urbaine, pas les néons des prostituées. Partout on voit des casbah-cafés, des agences de voyages qui offrent des vols pour Rabat et Casablanca, des posters de solidarité avec le Hamas et des cours de néerlandais à prix avantageux.

Deuxième ville du pays, c'est une ville pauvre mais aussi le moteur de l'économie avec son vaste port, le plus important d'Europe. Peuplée majoritairement d'immigrés, elle possède la mosquée la plus haute et la plus imposante de toute l'Europe. 60 % des étrangers qui arrivent en Hollande viennent habiter ici. Ce qui frappe le plus quand on entre dans la ville en train, ce sont les mosquées énormes, fascinantes, dans un paysage verdoyant, luxuriant, boisé, humide : on dirait des corps étrangers par rapport au reste. On l’appelle "Eurabie". Imposante, la mosquée Mevlana des Turcs a les minarets les plus hauts d'Europe, plus hauts même que le stade de l'équipe de football Feyenoord.

Beaucoup de quartiers de Rotterdam sont sous le contrôle de l'islamisme le plus sombre et le plus violent. La maison de Pim Fortuyn se détache comme une perle dans une mer de tchadors et de niqabs. Elle se trouve au 11 Burgerplein, derrière la gare. De temps à autre, quelqu'un vient poser des fleurs devant la maison de ce professeur assassiné à Amsterdam le 6 mai 2002. D'autres laissent un papier: "En Hollande on tolère tout, sauf la vérité". Un millionnaire nommé Chris Tummesen a acheté la maison de Pim Fortuyn pour qu'elle reste intacte. Le soir précédant le meurtre, Pim était nerveux, il avait dit à la télévision qu'un climat de diabolisation s’était créé contre lui et ses idées. Et puis c'est arrivé, avec ces cinq coups de feu dans la tête, tirés par Volkert van der Graaf, militant de la gauche animaliste, un jeune maigrelet, calviniste, aux cheveux rasés, aux yeux sombres, habillé comme un écologiste pur - gilet fait main, sandales, chaussettes en laine de chèvre - végétarien absolu, "un garçon impatient de changer le monde", disent ses amis.

Depuis peu, on a vu apparaître, au centre de Rotterdam des photos mortuaires de Geert Wilders, placées sous un arbre avec une bougie indiquant sa mort prochaine. Aujourd’hui l’homme politique le plus populaire de la ville est Wilders, héritier de Fortuyn, ce professeur homosexuel, catholique, ex-marxiste, qui avait lancé un parti pour sauver le pays de l'islamisation. A ses funérailles il ne manquait que la reine Béatrice pour que l'adieu au "divin Pim" devienne royal. D’abord présenté comme un monstre (un ministre hollandais l’a traité d’"untermensch", sous-homme pour les nazis), il a ensuite été idolâtré. Les prostituées d’Amsterdam ont déposé une couronne de fleurs au pied de l'obélisque des victimes sur la place Dam.

Il y a trois mois, L'Economist, un hebdomadaire éloigné des thèses anti-islamiques de Wilders, qualifiait Rotterdam de "cauchemar eurabe". Pour beaucoup de Hollandais qui y vivent, l'islamisme est aujourd’hui un danger plus grave que le Delta Plan, le système de digues compliqué qui empêche les inondations venues de la mer, comme celle de 1953 qui fit 2 000 morts. La pittoresque petite ville de Schiedam, à côté de Rotterdam, a toujours été un bijou dans l’esprit des Hollandais. Mais elle a perdu cette aura de mystère il y a trois ans, quand elle est devenue, dans les quotidiens, la ville de Farid A., l'islamiste qui menaçait de mort Wilders et la dissidente somalienne Ayaan Hirsi Ali. Depuis six ans, Wilders vit sous protection policière 24 heures sur 24.

A Rotterdam les avocats musulmans veulent aussi changer les règles de droit, demandant à pouvoir rester assis quand le juge entre. Ils ne reconnaissent qu’Allah. L'avocat Mohammed Enait a refusé de se lever quand les magistrats sont entrés dans la salle, disant que "l'islam enseigne que tous les hommes sont égaux". Le tribunal de Rotterdam lui a reconnu le droit de rester assis: "Il n’existe aucune obligation juridique imposant aux avocats musulmans de se lever devant la cour, dans la mesure où ce geste est en opposition avec les préceptes de la foi musulmane". Enait, qui dirige le cabinet d’avocats Jairam Advocaten, a expliqué qu’il "considère tous les hommes comme égaux et n’admet aucune forme de déférence envers qui que ce soit". Tous les hommes, mais pas toutes les femmes. Enait est connu pour son refus de serrer la main aux femmes, dont il a dit plusieurs fois qu’il les préférait avec la burqa. Et des burqas, on en voit beaucoup à Rotterdam.

Que l'Eurabie existe désormais à Rotterdam, cela a été démontré par une affaire survenue en avril au Zuidplein Theatre, l’un des plus prestigieux de la ville, moderniste et fier de "représenter la diversité culturelle de Rotterdam". Situé au sud de la ville, il est subventionné par la mairie que dirige Ahmed Aboutaleb, musulman et fils d’imam. Il y a trois semaines, le Zuidplein a accepté, au nom de la charia, de réserver tout un balcon aux femmes. Cela se passait non pas au Pakistan ou en Arabie saoudite, mais dans la ville d’où les Pères Fondateurs sont partis pour les Etats-Unis. Ici les pèlerins puritains débarquèrent du Speedwell qu’ils échangèrent contre le Mayflower. Ici a commencé l'aventure américaine. Ici, aujourd’hui, la charia est légalisée.

A l’occasion du spectacle du musulman Salaheddine Benchikhi, le Zuidplein Theatre a répondu favorablement à sa demande de réserver les cinq premiers rangs aux femmes. Salaheddine, éditorialiste du site Morokko.nl, est connu pour son opposition à l'intégration des musulmans. Le conseil municipal l’a approuvé: "Selon nos valeurs occidentales, la liberté de vivre sa vie en fonction de ses convictions est un bien précieux". Un porte-parole du théâtre a aussi défendu le metteur en scène: "Il est difficile de faire venir les musulmans au théâtre, alors nous sommes prêts à nous adapter".

Le metteur en scène Gerrit Timmers est également prêt à s’adapter. Ce qu’il dit est assez symptomatique de ce que Wilders appelle "auto-islamisation". Le premier cas d’autocensure est apparu justement à Rotterdam, en décembre 2000. Timmers, directeur du groupe théâtral Onafhankelijk Toneel, voulait mettre en scène la vie de la femme de Mahomet, Aïcha. Mais l'œuvre a été boycottée par les acteurs musulmans de la compagnie quand il est devenu évident qu’ils allaient être une cible pour les islamistes. "Nous aimons beaucoup la pièce, mais nous avons peur", ont-ils dit. Le compositeur, Najib Cherradi, a déclaré qu’il se retirerait "pour le bien de ma fille". Le quotidien "Handelsblad" a intitulé un article "Téhéran sur Meuse", du nom du fleuve qui arrose Rotterdam. "J’avais déjà fait trois spectacles sur les Marocains et, pour celui-là, je voulais des acteurs et des chanteurs musulmans", nous raconte Timmers. "Mais ils m’ont dit que c’était un sujet dangereux et qu’ils ne pouvaient pas y participer parce qu’ils avaient reçu des menaces de mort. A Rabat un article a dit que nous finirions comme Salman Rushdie. Pour moi, il était plus important de continuer le dialogue avec les Marocains que de les provoquer. Voilà pourquoi cela ne me pose pas de problème si les musulmans veulent séparer les hommes et les femmes dans un théâtre".

Nous rencontrons le metteur en scène qui a introduit la charia dans les théâtres hollandais, Salaheddine Benchikhi. Il est jeune, moderne, orgueilleux, parle un anglais parfait. "Je défends le choix de séparer les hommes des femmes parce qu’ici il y a la liberté d'expression et d’organisation. Si les gens ne peuvent pas s’asseoir où ils veulent, c’est de la discrimination. Il y a deux millions de musulmans en Hollande et ils veulent que notre tradition devienne publique, tout évolue. Le maire Aboutaleb m’a soutenu".

Il y a un an, la ville est entrée en ébullition quand les journaux ont rendu publique une lettre de Bouchra Ismaili, conseillère municipale de Rotterdam: "Ecoutez bien, freaks fous, nous sommes ici pour y rester. C’est vous qui êtes des étrangers ici, avec Allah de mon côté je ne crains rien ; laissez-moi vous donner un conseil: convertissez-vous à l'islam et trouvez la paix". Il suffit de faire un tour en ville pour comprendre que, dans bien des quartiers, on n’est plus en Hollande mais dans un morceau de Moyen-Orient. Certaines écoles ont une "salle du silence" où les élèves musulmans, majoritaires, peuvent prier cinq fois par jour, avec un poster de la Mecque, le Coran et des ablutions rituelles avant la prière. Un autre conseiller municipal musulman, Brahim Bourzik, veut faire dessiner en divers points de la ville des emplacements où s’agenouiller en direction de la Mecque.

Sylvain Ephimenco, journaliste franco-hollandais, vit à Rotterdam depuis 12 ans. Il a été pendant 20 ans correspondant de "Libération" en Hollande et est fier de ses références de gauche. "Même si je n’y crois plus maintenant", dit-il en nous accueillant dans sa maison qui donne sur un petit canal de Rotterdam. Non loin de là se trouve la mosquée Al-Nasr de l'imam Khalil al Moumni, qui, au moment de la légalisation du mariage gay, a dit que les homosexuels étaient des "malades pires que des porcs". De l’extérieur, on voit que la mosquée, construite par les premiers immigrés marocains, a plus de 20 ans. Moumni a écrit une brochure qui circule dans les mosquées hollandaises, "Le chemin du musulman", dans lequel il explique qu’il faut couper la tête aux homosexuels et "l’accrocher au bâtiment le plus haut de la ville". A côté de la mosquée Al-Nasr nous nous asseyons dans un café réservé aux hommes. En face, il y a un abattoir halal musulman. Ephimenco a écrit trois essais sur la Hollande et l'islam ; aujourd’hui c’est un éditorialiste connu du quotidien chrétien de gauche "Trouw". Il a la meilleure perspective pour comprendre une ville qui, peut-être plus qu’Amsterdam elle-même, incarne la tragédie hollandaise.

"Ce n’est pas vrai du tout que Wilders recueille des voix dans les banlieues ; tout le monde le sait même si on ne le dit pas", nous dit-il. "Aujourd’hui, les électeurs de Wilders sont des gens cultivés, même si au début c’était la Hollande des classes modestes, des tatoués. Beaucoup d’universitaires et de gens de gauche votent pour lui. Le problème, c’est tous ces voiles islamiques. Derrière chez moi, il y a un supermarché. Quand je suis arrivé, il n’y avait pas un seul voile. Aujourd’hui, à la caisse, il n’y a que des musulmanes en tchador. Wilders n’est pas Haider. Il est de droite mais aussi de gauche, c’est un Hollandais typique. Ici, il y a des horaires réservés aux femmes musulmanes à la piscine. Voilà l'origine du vote pour Wilders. Il faut arrêter l'islamisation, la folie du théâtre. A Utrecht, il y a une mosquée où les services municipaux sont séparés pour les hommes et les femmes. Les Hollandais ont peur. Wilders s’oppose au Frankenstein du multiculturalisme. Moi qui étais de gauche et qui aujourd’hui ne suis plus rien du tout, je dis que nous avons atteint la limite. J’ai senti que les idéaux des Lumières étaient trahis par cet apartheid volontaire, je sens que, dans mon cœur, les idéaux d'égalité entre hommes et femmes et de liberté d'expression sont morts. Ici la gauche est conformiste et la droite a une meilleure réponse au multiculturalisme fou".

Tariq Ramadan, le célèbre islamiste suisse qui est aussi consultant spécial de la municipalité, enseigne à l’Erasmus University de Rotterdam. Des déclarations de Ramadan critiquant les homosexuels ont été découvertes par la plus connue des revues gay hollandaises, "Gay Krant", dirigée par un journaliste loquace, Henk Krol. Dans une cassette vidéo, Ramadan définit l'homosexualité comme "une maladie, un désordre, un déséquilibre". Dans le même film, Ramadan parle aussi des femmes, "dans la rue, elles doivent garder les yeux baissés". Le parti de Wilders a demandé que le conseil municipal soit dissous et l'islamiste genevois chassé, mais ce dernier a vu son contrat renouvelé pour deux ans. Au même moment, de l’autre côté de l'océan, l'administration Obama confirmait à Ramadan que l’accès au territoire des Etats-Unis lui restait interdit. Dans l’un des films que détient Krol, Ramadan dit aux femmes: "Allah a une règle importante: si tu cherches à attirer l'attention par du parfum, par ton aspect ou tes gestes, tu n’es pas dans la bonne direction spirituelle".

"Quand Pim Fortuyn a été tué, cela a été un choc pour tout le monde : un homme avait été assassiné à cause de ce qu’il disait", nous dit Krol. "Ce pays n’était plus le mien. Je pense encore à quitter la Hollande, mais pour aller où? Ici nous avons tout critiqué, l’Eglise catholique et la protestante. Mais quand nous avons critiqué l'islam, on nous a dit: Vous êtes en train de créer de nouveaux ennemis! ". D’après Ephimenco, le secret du succès de Wilders, c’est la rue: "A Rotterdam il y a trois mosquées énormes, dont l’une est la plus grande d'Europe. Il y a de plus en plus de voiles islamiques et un élan islamiste venu des mosquées. Je connais beaucoup de gens qui ont quitté le centre-ville pour la banlieue riche et blanche. Mon quartier est pauvre et basané. C’est une question d’identité, dans la rue on ne parle plus néerlandais, mais arabe et turc".

Nous rencontrons l'homme qui a hérité de la rubrique de Fortuyn au quotidien "Elsevier". Bart Jan Spruyt est un jeune et vigoureux intellectuel protestant, fondateur de la Edmund Burke Society mais surtout auteur de la "Déclaration d’indépendance" de Wilders, dont il est le collaborateur depuis le début. "Ici, un immigré n’a pas besoin de lutter, d’étudier, de travailler, il peut vivre aux frais de l’Etat", nous dit Spruyt. "Nous avons fini par créer une société parallèle. Les musulmans sont majoritaires dans beaucoup de quartiers et demandent la charia. Ce n’est plus la Hollande. Notre usage de la liberté a fini par se retourner contre nous, c’est un processus d’auto-islamisation".

Spruyt était un grand ami de Fortuyn. "Pim a dit ce que l’on savait depuis des décennies. Il a attaqué l’establishment et les journalistes. Il y a eu un grand soulagement populaire quand il est entré en politique, on l’appelait le ‘chevalier blanc'. La dernière fois que j’ai parlé avec lui, une semaine avant sa mort, il m’a dit qu’il avait une mission. Son assassinat n’a pas été le geste d’un fou solitaire. En février 2001, Pim a annoncé qu’il voulait que l’article premier de la constitution hollandaise sur la discrimination soit modifié parce que selon lui, et il avait raison, cet article tue la liberté d’expression. Le lendemain, dans les églises hollandaises, en général vides et utilisées pour des réunions publiques, le journal d’Anne Frank a été lu en guise de mise en garde contre Fortuyn. Pim était vraiment catholique, plus qu’on ne le croit ; dans ses livres il critiquait l'actuelle société sans père, sans valeurs, vide, nihiliste".

Chris Ripke est un artiste connu en ville. Son atelier est proche d’une mosquée dans Insuindestraat. En 2004, choqué par l’assassinat du metteur en scène Theo Van Gogh par un islamiste hollandais, Chris a décidé de peindre sur le mur de son atelier un ange et le commandement biblique "Gij zult niet doden", tu ne tueras pas. Les gens de la mosquée voisine ont trouvé le texte "offensant" et ont appelé celui qui était alors maire de Rotterdam, le libéral Ivo Opstelten, qui a ordonné à la police d’effacer la peinture, jugée "raciste". Wim Nottroth, un journaliste de télévision, s’est mis devant en signe de protestation. La police l’a arrêté et le film a été détruit. Ephimenco a fait pareil à sa fenêtre: "J’y ai placé une grande toile blanche avec le commandement biblique. Des photographes et la radio sont venus. Si on ne peut plus écrire ‘tu ne tueras pas' dans ce pays, alors cela veut dire que nous sommes tous en prison. C’est comme l'apartheid, les blancs vivent avec les blancs et les noirs avec les noirs. Il y a un grand froid. L'islamisme veut changer la structure du pays". Ephimenco pense qu’une partie du problème est la déchristianisation de la société. "Quand je suis arrivé ici, dans les années Soixante, la religion était en train de mourir, un fait unique en Europe, une déchristianisation collective. Et puis les musulmans ont remis la religion au centre de la vie sociale. Aidés par l'élite antichrétienne".

Nous sortons faire un tour dans les quartiers islamisés. A Oude Westen on ne voit que des arabes, des femmes voilées de la tête aux pieds, des magasins alimentaires ethniques, des restaurants islamiques et des shopping centers de musique arabe. "Il y a dix ans, il n’y avait pas tous ces voiles", dit Ephimenco. Derrière chez lui, dans une zone bourgeoise et verdoyante avec des maisons à deux étages, il y a un quartier islamisé. Partout des enseignes musulmanes. "Regardez tous ces drapeaux turcs. Là, il y a une église importante, mais elle est vide, plus personne n’y va". Au centre d’une place se dresse une mosquée avec des inscriptions en arabe. "Avant, c’était une église". Pas très loin, il y a le plus beau monument de Rotterdam, une petite statue en granit de Pim Fortuyn. Sous la tête en bronze brillant, la bouche ouverte pour prononcer le dernier discours en faveur de la liberté de parole, il y a une inscription en latin: "Loquendi libertatem custodiamus", gardons la liberté de parler. Chaque jour quelqu’un dépose des fleurs.

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Le quotidien qui a publié l’enquête:

> Il Foglio

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Tous les articles de [http:/chiesa.espresso.repubblica.it/?fr=y/]url:http:/chiesa.espresso.repubblica.it/?fr=y à propos des rapports entre l’Eglise catholique et le monde musulman: Focus ISLAM


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

__________
19.5.2009

E-mail: s.magister@espressoedit.it
Adresse postale: Sandro Magister, "L'espresso", via C. Colombo 90, 00147 Roma



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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
26/05/2009

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Actualité

L'Eurabie a une capitale: Rotterdam en Hollande. À Rotterdam, des quartiers entiers donnent une impression de Moyen Orient, les femmes circulent voilées, le maire est musulman, les tribunaux et les théâtres appliquent la charia. Sandro Magister, un grand reporter du journal La Repubblica présente un grand reportage d'un de ses confrères de Il Foglio, Giulio Meotti, qui écrit aussi pour le "Wall Street Journal, reportage des plus instructifs sur la ville la plus islamisée d'Europe. Le reportage est assez long, mais il est fascinant par les informations qu'on y trouve et qui sont peu connues en Amérique. Bonne lecture.



PRETRES ACADEMY : ENFIN LE DVD
Le concept, original, a fait mouche : la bande-annonce et les quatre vidéos totalisent 400 000 vues vidéos en un an, aux compteurs des sites dailymotion, youtube et croire.com essentiellement. Près de 500 medias ont participé au buzz et 1 400 000 million de pages ont été consultées sur le site www.pretres-academy.com. Parmi les visiteurs, 60 % étaient des 15-30 ans, ne pratiquant pas ou occasionnellement. Objectif atteint, donc, de pouvoir parler à des jeunes - parfois loin de l'Eglise - des prêtres qui donnent leur vie à Dieu et aux autres. L'occasion peut-être également, bien qu' indirectement, de susciter des questions sur ce type de vocation, et plus si affinités.


Néanmoins, il y a un temps pour tout. En juillet 2008, Michel et Christophe ont quitté les studios et retrouvé leurs ouailles. Ils sont responsables de paroisses ou d'aumôneries. Franck, dont l'épisode 4 montrait l'ordination, a commencé sa première année de prêtre dans l'unité pastorale de Pontarlier, tout en poursuivant des études de théologie à Paris. A leur tour, et loin des caméras, de nouveaux séminaristes s'engagent dans un chemin qui les mènera peut-être à la prêtrise. Tous ont vu la Prêtres Academy et ont été interpellés par l'exemple de leurs aînés. Peut-être feront-ils partie, un jour, de la grande famille des prêtres, la vraie « Prêtres Academy » ?


Mais plus nombreux encore sont ceux et celles qui, de tous horizons, ont aimé ces vidéos, et qui nous ont demandé si un DVD sortirait un jour. Un support qui permettrait de parler plus facilement de la prêtrise était aussi attendu en aumônerie, et dans les parcours de confirmands. C'est pourquoi le service diocésain des vocations a fini par opter pour la solution DVD. Pour ce faire, il a contacté un éditeur, Satisfecit Editions, et a retravaillé avec Digital Media Productions, le réalisateur de la saga "culte". Le partenariat a bien fonctionné et le DVD sort à l'occasion de la Journée Mondiale des Vocations, le 3 mai 2009. Il est disponible au prix modique de 2 euros, dans les librairies religieuses de l'hexagone, ou directement auprès du service des vocations.


Vous n'y trouverez pas de bonus ou making-of. Mais vous verrez les clips vidéo sous un jour nouveau : nouveau logo, nouveaux graphismes, et nouvelles musiques. C'est du fait maison, et c'est bien fait. En qualité DVD, et à ce prix là, il faudrait être fou pour ne pas en profiter. Et si les premiers seront les derniers, comme dit l'Evangile, pour ce cas là c'est l'exception qui confirme la règle ! Dépêchez-vous, il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde !

P.S : vous ne trouverez plus les vidéos de la Prêtres Academy sur le web, au moins pour un moment. Mais que les internautes se rassurent : d'autres diocèses ont surfé sur la vague "Prêtres Academy" et proposeront également des web vidéos pour présenter la vie des prêtres. Ainsi le diocèse de Paris lancera le 3 mai la première d'une série de 3 vidéos : "Into the One". Elle met en scène Geoffroy, qui a décidé de consacrer sa vie au Christ.


Paru sur le site d'InXL6 http://www.inxl6.org/
le 15 mai 2009
Auteur : Aurélien
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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Le concept, original, a fait mouche : la bande-annonce et les quatre vidéos totalisent 400 000 vues vidéos en un an, aux compteurs des sites dailymotion, youtube et croire.com essentiellement. Près de 500 medias ont participé au buzz et 1 400 000 million de pages ont été consultées sur le site www.pretres-academy.com. Parmi les visiteurs, 60 % étaient des 15-30 ans, ne pratiquant pas ou occasionnellement. Objectif atteint, donc, de pouvoir parler à des jeunes - parfois loin de l'Eglise - des prêtres qui donnent leur vie à Dieu et aux autres. L'occasion peut-être également, bien qu' indirectement, de susciter des questions sur ce type de vocation, et plus si affinités.


Néanmoins, il y a un temps pour tout. En juillet 2008, Michel et Christophe ont quitté les studios et retrouvé leurs ouailles. Ils sont responsables de paroisses ou d'aumôneries. Franck, dont l'épisode 4 montrait l'ordination, a commencé sa première année de prêtre dans l'unité pastorale de Pontarlier, tout en poursuivant des études de théologie à Paris. A leur tour, et loin des caméras, de nouveaux séminaristes s'engagent dans un chemin qui les mènera peut-être à la prêtrise. Tous ont vu la Prêtres Academy et ont été interpellés par l'exemple de leurs aînés. Peut-être feront-ils partie, un jour, de la grande famille des prêtres, la vraie « Prêtres Academy » ?


Mais plus nombreux encore sont ceux et celles qui, de tous horizons, ont aimé ces vidéos, et qui nous ont demandé si un DVD sortirait un jour. Un support qui permettrait de parler plus facilement de la prêtrise était aussi attendu en aumônerie, et dans les parcours de confirmands. C'est pourquoi le service diocésain des vocations a fini par opter pour la solution DVD. Pour ce faire, il a contacté un éditeur, Satisfecit Editions, et a retravaillé avec Digital Media Productions, le réalisateur de la saga "culte". Le partenariat a bien fonctionné et le DVD sort à l'occasion de la Journée Mondiale des Vocations, le 3 mai 2009. Il est disponible au prix modique de 2 euros, dans les librairies religieuses de l'hexagone, ou directement auprès du service des vocations.


Vous n'y trouverez pas de bonus ou making-of. Mais vous verrez les clips vidéo sous un jour nouveau : nouveau logo, nouveaux graphismes, et nouvelles musiques. C'est du fait maison, et c'est bien fait. En qualité DVD, et à ce prix là, il faudrait être fou pour ne pas en profiter. Et si les premiers seront les derniers, comme dit l'Evangile, pour ce cas là c'est l'exception qui confirme la règle ! Dépêchez-vous, il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde !

P.S : vous ne trouverez plus les vidéos de la Prêtres Academy sur le web, au moins pour un moment. Mais que les internautes se rassurent : d'autres diocèses ont surfé sur la vague "Prêtres Academy" et proposeront également des web vidéos pour présenter la vie des prêtres. Ainsi le diocèse de Paris lancera le 3 mai la première d'une série de 3 vidéos : "Into the One". Elle met en scène Geoffroy, qui a décidé de consacrer sa vie au Christ.


Paru sur le site d'InXL6 http://www.inxl6.org/
le 15 mai 2009
Auteur : Aurélien
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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
17/05/2009

Actualité

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Réflexions

Une opinion de Louis O'Neill, ancien ministre et professeur émérite de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval à Québec: Éthique et culture religieuse - «Youpi, ma religion à moi!»



MA RELIGION A MOI...
«YOUPI, MA RELIGION À MOI!»

Le nouveau cours Ethique et culture religieuse n'a pas fini d'étonner. Qu'on se rappelle à titre d'exemple le cas de cet enseignant qui a demandé à ses élèves de dessiner un nouveau drapeau du Québec parce qu'il estimait que le fleurdelisé ne convenait plus puisqu'on y discerne l'effigie d'une croix. L’enseignant zélé croyait déceler là une atteinte à la laïcité.

Le cours réserve d'autres surprises. C'est ainsi qu'on trouve une perle bizarre dissimulée dans un cahier d'activités destiné aux élèves de premier cycle du secondaire et dont le titre est Partons à l'aventure ! La perle se nomme « Youpi ma religion à moi ! ». Comme aventure, c'est du vrai de vrai.

On invite les jeunes ( 12, 13 ans) à créer leur propre religion « comme moyen pour vérifier leur capacité à saisir les multiples facettes des mouvements religieux ». On précise : « À partir des multiples exemples vus en classe dans le chapitre 1, tu décides de fonder ton propre mouvement religieux pour répondre à ta quête de sens. Ce mouvement doit naître de ton imaginaire ». Production attendue : une description détaillée d'une religion inventée respectant la structure exigée.

Regroupés dans des équipes de quatre les écoliers doivent donc faire appel à leur imaginaire pour réaliser le projet suivant :

*inventer un fondateur et un mythe fondateur ;
*inventer un Dieu ou des dieux et en nommer les attributs ;
*inventer un code moral ;
*inventer un livre sacré ;
*inventer quelques rituels ;
*inventer quelques objets de culte.

On nous dit que ce cahier d'activités n'a pas été officiellement approuvé, donc qu'on ne doit pas prendre l'affaire trop au sérieux. Pourtant, il s'agit bien d'un outil de travail reconnu que l'on met à la disposition des enseignants et des jeunes. On y trouve un tas de trucs sur le vivre-ensemble et le dialogue. Certains éléments sont intéressants, mais le tout projette l'image d'un fouillis où s'entremêlent les bonnes intentions et la confusion. On ne réussit pas à retracer le fil conducteur qui assure l'unité de l'oeuvre. L'ensemble est gentil, sirupeux, un peu gnangnan.

Quant à la perle bizarre, elle suscite une interrogation bien particulière puisqu'elle équivaut à un affront atteignant toutes les religions. Pourtant un des objectifs du cours est, nous dit-on, d'encourager une approche inclusive et tolérante envers les croyances. Or pour en arriver à inventer une bizarrerie pareille il faut au moins implicitement avoir assumé les trois postulats suivants : 1) toutes les religions se valent ; 2) mises ensemble elles ne valent pas grand-chose ;3) aussi bien s'en moquer et en tirer un passe- temps.

Voyons la pratique et tâchons d'imaginer d'éventuelles conséquences. A quatre participants par équipe il serait possible d'inventer cinq ou six religions par classe, chacune avec son ou ses dieux, son code moral, ses rituels. Des centaines de nouvelles religions pourraient ainsi émerger à l'échelle du Québec. Un vrai déferlement de religiosité. Même les adeptes du relativisme et du pluralisme normatif risqueraient d’être emportés par le courant. Les enseignants n'y pourraient rien, car il leur est interdit d’exprimer une opinion personnelle. Brouillard et confusion. Montée prévisible d'un sentiment de mépris envers tout ce qui est religieux. Est-ce là le but recherché ?

On peut heureusement prévoir que le déferlement n'aura pas lieu, car les jeunes sont capables de faire preuve de sens commun, plus que ceux qui ont inventé ce jeu. On peut aussi faire confiance au sens critique de parents qui sauront faire oeuvre d'intelligence et de discernement. Il demeure qu'un dérapage aussi grossier sème l'inquiétude. Des parents se demandent si la potion magique qu'on fait ingurgiter à leurs enfants au nom du vivre-ensemble ne serait pas toxique. Ce qui incite certains d'entre eux à invoquer le droit d'exemption pour les jeunes dont ils ont la charge. Ils appliquent le principe de précaution. C'est une saine prudence qui les incite à agir ainsi.

L'un des grands esprits qui ont concocté le nouveau cours a affirmé avec assurance qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde l'équivalent d'un tel produit pédagogique. En découvrant le jeu Youpi ma religion à moi ! , je suis enclin à croire qu'il a raison. Car il est sûrement hors du commun d'inventer pareil passe-temps dans le domaine religieux. C'est « le bout du bout », comme m'a dit l'un de mes amis, pédagogue renommé qui fut longtemps enseignant et directeur d'école.

LOUIS O'NEILL
Mai 2009


Lettre parue dans l'édition du 4 mai 2009 du journal Le Devoir et reproduite sur le site internet de l'auteur CHRONIQUE DE LOUIS O'NEILL



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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
«YOUPI, MA RELIGION À MOI!»

Le nouveau cours Ethique et culture religieuse n'a pas fini d'étonner. Qu'on se rappelle à titre d'exemple le cas de cet enseignant qui a demandé à ses élèves de dessiner un nouveau drapeau du Québec parce qu'il estimait que le fleurdelisé ne convenait plus puisqu'on y discerne l'effigie d'une croix. L’enseignant zélé croyait déceler là une atteinte à la laïcité.

Le cours réserve d'autres surprises. C'est ainsi qu'on trouve une perle bizarre dissimulée dans un cahier d'activités destiné aux élèves de premier cycle du secondaire et dont le titre est Partons à l'aventure ! La perle se nomme « Youpi ma religion à moi ! ». Comme aventure, c'est du vrai de vrai.

On invite les jeunes ( 12, 13 ans) à créer leur propre religion « comme moyen pour vérifier leur capacité à saisir les multiples facettes des mouvements religieux ». On précise : « À partir des multiples exemples vus en classe dans le chapitre 1, tu décides de fonder ton propre mouvement religieux pour répondre à ta quête de sens. Ce mouvement doit naître de ton imaginaire ». Production attendue : une description détaillée d'une religion inventée respectant la structure exigée.

Regroupés dans des équipes de quatre les écoliers doivent donc faire appel à leur imaginaire pour réaliser le projet suivant :

*inventer un fondateur et un mythe fondateur ;
*inventer un Dieu ou des dieux et en nommer les attributs ;
*inventer un code moral ;
*inventer un livre sacré ;
*inventer quelques rituels ;
*inventer quelques objets de culte.

On nous dit que ce cahier d'activités n'a pas été officiellement approuvé, donc qu'on ne doit pas prendre l'affaire trop au sérieux. Pourtant, il s'agit bien d'un outil de travail reconnu que l'on met à la disposition des enseignants et des jeunes. On y trouve un tas de trucs sur le vivre-ensemble et le dialogue. Certains éléments sont intéressants, mais le tout projette l'image d'un fouillis où s'entremêlent les bonnes intentions et la confusion. On ne réussit pas à retracer le fil conducteur qui assure l'unité de l'oeuvre. L'ensemble est gentil, sirupeux, un peu gnangnan.

Quant à la perle bizarre, elle suscite une interrogation bien particulière puisqu'elle équivaut à un affront atteignant toutes les religions. Pourtant un des objectifs du cours est, nous dit-on, d'encourager une approche inclusive et tolérante envers les croyances. Or pour en arriver à inventer une bizarrerie pareille il faut au moins implicitement avoir assumé les trois postulats suivants : 1) toutes les religions se valent ; 2) mises ensemble elles ne valent pas grand-chose ;3) aussi bien s'en moquer et en tirer un passe- temps.

Voyons la pratique et tâchons d'imaginer d'éventuelles conséquences. A quatre participants par équipe il serait possible d'inventer cinq ou six religions par classe, chacune avec son ou ses dieux, son code moral, ses rituels. Des centaines de nouvelles religions pourraient ainsi émerger à l'échelle du Québec. Un vrai déferlement de religiosité. Même les adeptes du relativisme et du pluralisme normatif risqueraient d’être emportés par le courant. Les enseignants n'y pourraient rien, car il leur est interdit d’exprimer une opinion personnelle. Brouillard et confusion. Montée prévisible d'un sentiment de mépris envers tout ce qui est religieux. Est-ce là le but recherché ?

On peut heureusement prévoir que le déferlement n'aura pas lieu, car les jeunes sont capables de faire preuve de sens commun, plus que ceux qui ont inventé ce jeu. On peut aussi faire confiance au sens critique de parents qui sauront faire oeuvre d'intelligence et de discernement. Il demeure qu'un dérapage aussi grossier sème l'inquiétude. Des parents se demandent si la potion magique qu'on fait ingurgiter à leurs enfants au nom du vivre-ensemble ne serait pas toxique. Ce qui incite certains d'entre eux à invoquer le droit d'exemption pour les jeunes dont ils ont la charge. Ils appliquent le principe de précaution. C'est une saine prudence qui les incite à agir ainsi.

L'un des grands esprits qui ont concocté le nouveau cours a affirmé avec assurance qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde l'équivalent d'un tel produit pédagogique. En découvrant le jeu Youpi ma religion à moi ! , je suis enclin à croire qu'il a raison. Car il est sûrement hors du commun d'inventer pareil passe-temps dans le domaine religieux. C'est « le bout du bout », comme m'a dit l'un de mes amis, pédagogue renommé qui fut longtemps enseignant et directeur d'école.

LOUIS O'NEILL
Mai 2009


Lettre parue dans l'édition du 4 mai 2009 du journal Le Devoir et reproduite sur le site internet de l'auteur CHRONIQUE DE LOUIS O'NEILL



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08/05/2009

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ADOS ET RELIGION AU CANADA
Le Projet jeunesse Canada, qui suit des milliers de jeunes dans le cadre d'une enquête continue depuis 1984, a publié ses conclusions dans un livre à paraître en avril. L'étude, menée par Reginald Bibby, sociologue, directeur du Projet jeunesse et professeur à l'Université de Lethbridge, a sondé plus de 5'500 adolescents, indique l'Agence ENI.

Reginald Bibby, observateur des réalités dans le pays, s'est penché sur cette génération d'adolescents du début du millénaire dans un ouvrage intitulé "The Emerging Millennials".

Alors qu'en 1984 exactement la moitié des adolescents se définissaient comme catholiques, ils n'étaient que 32 % en 2008. Au cours de la même période, la part de jeunes ayant indiqué faire partie de l'Eglise unie du Canada est passée à seulement 1 %, alors qu'elle était de 10 % en 1984. L'Eglise anglicane ne s'en tire pas mieux : 2 % en 2008, soit une chute de six points par rapport à 1984.

De plus, il y a désormais au Canada plus de jeunes qui s'identifient à l'islam qu'aux traditions anglicane, baptiste et unie combinées - une tendance qui s'explique essentiellement par l'immigration, explique Reginald Bibby.

La part d'adolescents se réclamant "d'autres religions" (islam, bouddhisme, judaïsme, hindouisme, sikhisme et spiritualité aborigène) est passée de 3 % en 1984 à 16 % en 2008. Les musulmans représentent 5 % des adolescents. L'athéisme progresse également, un tiers des adolescents indiquant ne s'identifier à "aucune religion" en 2008, alors qu'ils n'étaient que 12 % en 1984.

L'enquête révèle en outre que la part d'adolescents affirmant ne jamais avoir eu de relations sexuelles est passée à 56 % en 2008, alors qu'elle n'était que de 51 % en 2000 (avant 2000, les sondeurs ne posaient pas la question directement).

Reginald Bibby écrit que les adolescents d'aujourd'hui "ne sont pas particulièrement radicaux en matière de sexualité". Leurs opinions sont, selon lui, similaires à celles de leurs parents au même age, et ils ne sont pas plus actifs sur le plan sexuel.

Par ailleurs, le nombre de jeunes affirmant consommer du tabac a chuté pour atteindre 22 %, contre 38 % en 1984. La consommation régulière d'alcool est passée de 76 % à 71 % entre 1984 et 2008.

D'après PROXIMO le bulletin d'information de Radio Ville-Marie

2009-04-19

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Pour lire les détails de l'enquête de Reginald Bibby en anglais voir le site internet de MacLeans
http://www2.macleans.ca/2009/04/10/generation-tame/
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Le Projet jeunesse Canada, qui suit des milliers de jeunes dans le cadre d'une enquête continue depuis 1984, a publié ses conclusions dans un livre à paraître en avril. L'étude, menée par Reginald Bibby, sociologue, directeur du Projet jeunesse et professeur à l'Université de Lethbridge, a sondé plus de 5'500 adolescents, indique l'Agence ENI.

Reginald Bibby, observateur des réalités dans le pays, s'est penché sur cette génération d'adolescents du début du millénaire dans un ouvrage intitulé "The Emerging Millennials".

Alors qu'en 1984 exactement la moitié des adolescents se définissaient comme catholiques, ils n'étaient que 32 % en 2008. Au cours de la même période, la part de jeunes ayant indiqué faire partie de l'Eglise unie du Canada est passée à seulement 1 %, alors qu'elle était de 10 % en 1984. L'Eglise anglicane ne s'en tire pas mieux : 2 % en 2008, soit une chute de six points par rapport à 1984.

De plus, il y a désormais au Canada plus de jeunes qui s'identifient à l'islam qu'aux traditions anglicane, baptiste et unie combinées - une tendance qui s'explique essentiellement par l'immigration, explique Reginald Bibby.

La part d'adolescents se réclamant "d'autres religions" (islam, bouddhisme, judaïsme, hindouisme, sikhisme et spiritualité aborigène) est passée de 3 % en 1984 à 16 % en 2008. Les musulmans représentent 5 % des adolescents. L'athéisme progresse également, un tiers des adolescents indiquant ne s'identifier à "aucune religion" en 2008, alors qu'ils n'étaient que 12 % en 1984.

L'enquête révèle en outre que la part d'adolescents affirmant ne jamais avoir eu de relations sexuelles est passée à 56 % en 2008, alors qu'elle n'était que de 51 % en 2000 (avant 2000, les sondeurs ne posaient pas la question directement).

Reginald Bibby écrit que les adolescents d'aujourd'hui "ne sont pas particulièrement radicaux en matière de sexualité". Leurs opinions sont, selon lui, similaires à celles de leurs parents au même age, et ils ne sont pas plus actifs sur le plan sexuel.

Par ailleurs, le nombre de jeunes affirmant consommer du tabac a chuté pour atteindre 22 %, contre 38 % en 1984. La consommation régulière d'alcool est passée de 76 % à 71 % entre 1984 et 2008.

D'après PROXIMO le bulletin d'information de Radio Ville-Marie

2009-04-19

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Pour lire les détails de l'enquête de Reginald Bibby en anglais voir le site internet de MacLeans
http://www2.macleans.ca/2009/04/10/generation-tame/
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26/04/2009

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CHRISTOS ANESTI! RESURREXIT!
« La mort n’a pas le dernier mot, parce que, à la fin, c’est la Vie qui triomphe ».

« Et cette certitude qui est nôtre ne s’appuie pas sur de simples raisonnements humains, mais bien sur un fait historique de foi : Jésus Christ, crucifié et enseveli, est ressuscité avec son corps glorieux. Jésus est ressuscité pour que nous aussi, en croyant en Lui, nous puissions avoir la vie éternelle », a-t-il expliqué.

« La résurrection n’est donc pas une théorie, mais une réalité historique révélée par l’Homme Jésus Christ à travers sa ‘pâque’, son ‘passage’ qui a ouvert une ‘voie nouvelle’ entre la terre et le Ciel », a-t-il poursuivi.

« Ce n’est ni un mythe, ni un rêve, ce n’est ni une vision, ni une utopie, ce n’est pas une fable, mais un événement unique et définitif : Jésus de Nazareth, fils de Marie, qui au soir du Vendredi saint a été descendu de la Croix et mis au tombeau, est sorti victorieux de la tombe », a ajouté le pape.

« L’annonce de la résurrection du Seigneur illumine les zones d’ombre du monde dans lequel nous vivons, a expliqué le pape...C’est un fait que si le Christ n’était pas ressuscité, le ‘néant’ serait destiné à l’emporter...Ce n’est plus le néant qui enveloppe toutes choses, mais la présence amoureuse de Dieu ».

Extraits du message de Pâques de Benoît XVI avant la bénédiction "Urbi et orbi" - "À la Ville (de Rome) et au monde" le 12 avril 2009. Texte publié par l'Agence de nouvelles Zenit - Le monde vu de Rome

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« La mort n’a pas le dernier mot, parce que, à la fin, c’est la Vie qui triomphe ».

« Et cette certitude qui est nôtre ne s’appuie pas sur de simples raisonnements humains, mais bien sur un fait historique de foi : Jésus Christ, crucifié et enseveli, est ressuscité avec son corps glorieux. Jésus est ressuscité pour que nous aussi, en croyant en Lui, nous puissions avoir la vie éternelle », a-t-il expliqué.

« La résurrection n’est donc pas une théorie, mais une réalité historique révélée par l’Homme Jésus Christ à travers sa ‘pâque’, son ‘passage’ qui a ouvert une ‘voie nouvelle’ entre la terre et le Ciel », a-t-il poursuivi.

« Ce n’est ni un mythe, ni un rêve, ce n’est ni une vision, ni une utopie, ce n’est pas une fable, mais un événement unique et définitif : Jésus de Nazareth, fils de Marie, qui au soir du Vendredi saint a été descendu de la Croix et mis au tombeau, est sorti victorieux de la tombe », a ajouté le pape.

« L’annonce de la résurrection du Seigneur illumine les zones d’ombre du monde dans lequel nous vivons, a expliqué le pape...C’est un fait que si le Christ n’était pas ressuscité, le ‘néant’ serait destiné à l’emporter...Ce n’est plus le néant qui enveloppe toutes choses, mais la présence amoureuse de Dieu ».

Extraits du message de Pâques de Benoît XVI avant la bénédiction "Urbi et orbi" - "À la Ville (de Rome) et au monde" le 12 avril 2009. Texte publié par l'Agence de nouvelles Zenit - Le monde vu de Rome

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18/04/2009

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APRES LA MORT:  RESURRECTION?
Le chiffre est sans appel, écrit Nicolas Sénèze du journal "La Croix" : seul un Français sur dix croit en la résurrection, selon un sondage TNS Sofres/Logica publié jeudi 9 avril par l’hebdomadaire Pèlerin . À la question « Qu’y a-t-il pour vous après la mort ? » seuls 10 % des Français répondent en effet « la résurrection des morts auprès de Dieu », contre 7 % « la réincarnation sur terre dans une autre vie », 33 % «quelque chose, mais que je ne sais pas définir» et 43 % «rien».

Les chiffres sont sensiblement les mêmes chez les catholiques, 13 % déclarant croire en la résurrection (7 % en la réincarnation, 40 % en quelque chose et 33 % en rien). Il n’y a que chez les pratiquants réguliers que la résurrection recueille une majorité : 57 % (1 % pour la réincarnation, 29 % pour « quelque chose », et 8 % « rien »).

Une perte de 9 points par rapport aux enquêtes antérieures
Par rapport à de précédentes enquêtes, ces chiffres montrent un net recul : en 1986, 19 % des Français disaient croire en la résurrection, selon une enquête réalisée alors par la Sofres (– 9 points), 30 % estimant qu’il n’y a rien après la mort (+ 13 points). Et si cette croyance en « rien » augmente de 8 points chez les catholiques en l’espace de vingt ans, celle en la résurrection augmente aussi de 8 points chez les pratiquants réguliers.

Comment expliquer cet éloignement des Français de ce que qui constitue le noyau même de la foi chrétienne ? Pour les spécialistes interrogés par Pèlerin, c’est dans un sérieux déficit d’explicitation du christianisme qu’il faut chercher. « Depuis un demi-siècle, l’Église est emmurée dans un silence radio sur l’au-delà ! », déplore ainsi le franciscain Michel Hubaut. Comme l’explique Samuel Liéven, journaliste à Pèlerin, « bien souvent, les rudiments de catéchisme glanés au cours de l’enfance ne résistent guère aux épreuves imposées par la vie, notamment la perte d’un proche ».

D’où cet appel « urgent » du théologien jésuite Bernard Sesboüé à « mettre au point une catéchèse qui décrypte le vocabulaire à l’intention des adultes… et des futurs adultes ». Et Pèlerin de mettre en avant deux pistes pour « faire passer la résurrection du mythe à la réalité » : un travail méthodique d’explication et la rencontre avec des témoins animés de la joie pascale.

Nicolas SENÈZE

du Journal "La Croix" article publié le 08-04-2009 sur le site www.la-croix.com




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Le chiffre est sans appel, écrit Nicolas Sénèze du journal "La Croix" : seul un Français sur dix croit en la résurrection, selon un sondage TNS Sofres/Logica publié jeudi 9 avril par l’hebdomadaire Pèlerin . À la question « Qu’y a-t-il pour vous après la mort ? » seuls 10 % des Français répondent en effet « la résurrection des morts auprès de Dieu », contre 7 % « la réincarnation sur terre dans une autre vie », 33 % «quelque chose, mais que je ne sais pas définir» et 43 % «rien».

Les chiffres sont sensiblement les mêmes chez les catholiques, 13 % déclarant croire en la résurrection (7 % en la réincarnation, 40 % en quelque chose et 33 % en rien). Il n’y a que chez les pratiquants réguliers que la résurrection recueille une majorité : 57 % (1 % pour la réincarnation, 29 % pour « quelque chose », et 8 % « rien »).

Une perte de 9 points par rapport aux enquêtes antérieures
Par rapport à de précédentes enquêtes, ces chiffres montrent un net recul : en 1986, 19 % des Français disaient croire en la résurrection, selon une enquête réalisée alors par la Sofres (– 9 points), 30 % estimant qu’il n’y a rien après la mort (+ 13 points). Et si cette croyance en « rien » augmente de 8 points chez les catholiques en l’espace de vingt ans, celle en la résurrection augmente aussi de 8 points chez les pratiquants réguliers.

Comment expliquer cet éloignement des Français de ce que qui constitue le noyau même de la foi chrétienne ? Pour les spécialistes interrogés par Pèlerin, c’est dans un sérieux déficit d’explicitation du christianisme qu’il faut chercher. « Depuis un demi-siècle, l’Église est emmurée dans un silence radio sur l’au-delà ! », déplore ainsi le franciscain Michel Hubaut. Comme l’explique Samuel Liéven, journaliste à Pèlerin, « bien souvent, les rudiments de catéchisme glanés au cours de l’enfance ne résistent guère aux épreuves imposées par la vie, notamment la perte d’un proche ».

D’où cet appel « urgent » du théologien jésuite Bernard Sesboüé à « mettre au point une catéchèse qui décrypte le vocabulaire à l’intention des adultes… et des futurs adultes ». Et Pèlerin de mettre en avant deux pistes pour « faire passer la résurrection du mythe à la réalité » : un travail méthodique d’explication et la rencontre avec des témoins animés de la joie pascale.

Nicolas SENÈZE

du Journal "La Croix" article publié le 08-04-2009 sur le site www.la-croix.com




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10/04/2009

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POURQUOI JE N`APOSTASIE PAS
Pour plusieurs catholiques dont je suis, les temps présents sont pénibles et tissés de douloureuses remises en question. Ce malaise trouve son origine dans la récente succession de controverses suscitées par de graves manques de jugement pastoral de la part de certains dirigeants de notre Église.

Sous les feux croisés de l'actualité, dans la profondeur intime de la conscience de quelques-uns et quelques-unes d'entre nous, se joue donc un véritable drame: celui de ne plus reconnaître notre foi, notre espérance et notre charité dans une certaine figure «médiatique» de l'Église. La tentation de déserter, de filer en douce ou avec fracas, peut alors devenir forte.

Dans ce contexte, certains ont choisi d'apostasier leur baptême. Je respecte et peux comprendre cette option. Elle n'est toutefois pas la mienne, ni celle de nombreux autres catholiques. En effet, si nous continuons à revendiquer notre appartenance au catholicisme, malgré notre désaccord profond avec certaines des prises de positions de ses dirigeants, c'est que depuis le concile Vatican II, nous avons pris au sérieux l'affirmation voulant que l'Église, c'est nous!

Avant le pape, les cardinaux et les évêques, l'Église, c'est l'ensemble des baptisés, ce «peuple de Dieu» en marche dans l'histoire. À la suite de ce même concile, nous sommes intimement convaincus que les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes et des femmes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux et celles qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et qu'il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans notre coeur.

Certes, plusieurs ne comprendront jamais cette volonté indéfectible de demeurer dans l'Église catholique. Ils nous jugeront irresponsables, naïfs ou carrément aliénés... Je n'ai rien de mieux à leur rétorquer que ces propos tenus, en 1993, par Mgr Robert Lebel, à l'occasion des funérailles de Simonne Monet-Chartrand (cette grande militante féministe, profondément chrétienne tout en étant profondément critique de l'institution catholique): «Les croyants qui sont d'un incroyable sens critique envers l'Église, et inébranlables dans leur appartenance à cette même Église, sont les témoins dont elle a besoin pour progresser. Ces témoins sont d'autant plus efficaces qu'ils sont de l'intérieur. Ils sont de l'Église, ils sont l'Église qui s'autocritique pour replacer sans cesse sa double fidélité au Christ et au monde dans lequel il s'est incarné.»

Voilà le défi qui se pose aujourd'hui à un bon nombre de catholiques: conjuguer, dans une tension féconde et jamais résolue, un incroyable sens critique envers l'Église et une inébranlable appartenance à cette même Église. Une telle position est dérangeante et inconfortable, mal vue autant à «gauche» qu'à «droite», si ce n'est bêtement ridiculisée... Elle ébranle, en effet, la conception simpliste de l'Église qui réduit trop facilement cette dernière aux discours et aux pratiques de ses autorités officielles. Elle oblige à tenir compte du pluralisme qui traverse et dynamise l'institution ecclésiale, de même que de la grande diversité des engagements et des solidarités qui caractérisent ses membres.

Oui, je le confesse: il m'est impossible de quitter l'Église catholique depuis ce moment où j'ai saisi qu'au-delà de ses nécessaires -- mais souvent défaillantes -- structures visibles, elle est, pour moi, une «terre natale». Lieu où j'ai été plongé dans la mort et la résurrection du Christ; lieu qui m'a vu naître à l'Évangile; lieu où l'Esprit m'appelle continuellement à la liberté du Royaume. Mémoire vivante de tout un peuple, le mien, cette Église est mon héritage inaliénable de baptisé. L'espace à partir duquel j'essaie, avec d'autres, de bâtir une société meilleure et où, comme nous l'affirmons à la fin du «Symbole de Nicée-Constantinople», j'attends la vie du monde à venir.

Lorsque la tentation de la rupture devient forte, je m'attache à ces vérités fondamentales. Je me souviens alors de ma responsabilité, de mon devoir et de mon droit de vivre, de parler et d'agir en cette Église qui est la mienne. Une Église à l'intérieur de laquelle, à l'image de la maison du Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure (cf. Jean 14, 2). Voilà pourquoi, malgré tout, je n'apostasie pas.

Lettre parue dans Libre opinion du Journal Le Devoir 2 avril 2009

Voir ses autres articles recensés sur Vigile.net_
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Transmettre le flambeau
Conversations entre les générations dans l'Église

Caroline Sauriol
Élisabeth J. Lacelle
Hélène Pelletier-Baillargeon
Jacques Grand'Maison
Jean-Philippe Perreault
Marco Veilleux

Trois aînés engagés dans le milieu ecclésial et qui ont vécu l'époque de Vatican II livrent ici une lettre à la nouvelle génération en Église. Plus de quarante ans après le concile, ils évoquent les hauts et les bas de leur appartenance ecclésiale. En réponse, trois membres d'une nouvelle génération leur donnent la réplique.

Entre ceux qui brûlent encore d'idéaux et ceux dont la génération se retire tranquillement, une connivence apparaît et se nourrit du dialogue, du
respect et de l'affection mutuelle. Témoignant de toute la richesse de l'Église du Québec, cette conversation à six voix révèle une communauté
de foi «ouverte et progressiste».

Entre ces voix qui s'expriment et ces voies qui se tracent, l'appel se fait pressant, malgré les replis «frileux et conservateurs» de certains, à continuer de bâtir ici un projet de catholicisme animé du souffle de liberté de l'Évangile.



«Je suis à l'âge des grands-parents: il faut donc me pardonner tous ces rêves que je viens de formuler à votre sujet, avec une profonde
affection et un je ne sais quoi de fierté pour le neuf que vous portez.» (Jacques Grand'Maison)

208 pages, 19.5 x 14, 24.95 $, 22 €, ISBN 9782762128598


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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Pour plusieurs catholiques dont je suis, les temps présents sont pénibles et tissés de douloureuses remises en question. Ce malaise trouve son origine dans la récente succession de controverses suscitées par de graves manques de jugement pastoral de la part de certains dirigeants de notre Église.

Sous les feux croisés de l'actualité, dans la profondeur intime de la conscience de quelques-uns et quelques-unes d'entre nous, se joue donc un véritable drame: celui de ne plus reconnaître notre foi, notre espérance et notre charité dans une certaine figure «médiatique» de l'Église. La tentation de déserter, de filer en douce ou avec fracas, peut alors devenir forte.

Dans ce contexte, certains ont choisi d'apostasier leur baptême. Je respecte et peux comprendre cette option. Elle n'est toutefois pas la mienne, ni celle de nombreux autres catholiques. En effet, si nous continuons à revendiquer notre appartenance au catholicisme, malgré notre désaccord profond avec certaines des prises de positions de ses dirigeants, c'est que depuis le concile Vatican II, nous avons pris au sérieux l'affirmation voulant que l'Église, c'est nous!

Avant le pape, les cardinaux et les évêques, l'Église, c'est l'ensemble des baptisés, ce «peuple de Dieu» en marche dans l'histoire. À la suite de ce même concile, nous sommes intimement convaincus que les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes et des femmes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux et celles qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et qu'il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans notre coeur.

Certes, plusieurs ne comprendront jamais cette volonté indéfectible de demeurer dans l'Église catholique. Ils nous jugeront irresponsables, naïfs ou carrément aliénés... Je n'ai rien de mieux à leur rétorquer que ces propos tenus, en 1993, par Mgr Robert Lebel, à l'occasion des funérailles de Simonne Monet-Chartrand (cette grande militante féministe, profondément chrétienne tout en étant profondément critique de l'institution catholique): «Les croyants qui sont d'un incroyable sens critique envers l'Église, et inébranlables dans leur appartenance à cette même Église, sont les témoins dont elle a besoin pour progresser. Ces témoins sont d'autant plus efficaces qu'ils sont de l'intérieur. Ils sont de l'Église, ils sont l'Église qui s'autocritique pour replacer sans cesse sa double fidélité au Christ et au monde dans lequel il s'est incarné.»

Voilà le défi qui se pose aujourd'hui à un bon nombre de catholiques: conjuguer, dans une tension féconde et jamais résolue, un incroyable sens critique envers l'Église et une inébranlable appartenance à cette même Église. Une telle position est dérangeante et inconfortable, mal vue autant à «gauche» qu'à «droite», si ce n'est bêtement ridiculisée... Elle ébranle, en effet, la conception simpliste de l'Église qui réduit trop facilement cette dernière aux discours et aux pratiques de ses autorités officielles. Elle oblige à tenir compte du pluralisme qui traverse et dynamise l'institution ecclésiale, de même que de la grande diversité des engagements et des solidarités qui caractérisent ses membres.

Oui, je le confesse: il m'est impossible de quitter l'Église catholique depuis ce moment où j'ai saisi qu'au-delà de ses nécessaires -- mais souvent défaillantes -- structures visibles, elle est, pour moi, une «terre natale». Lieu où j'ai été plongé dans la mort et la résurrection du Christ; lieu qui m'a vu naître à l'Évangile; lieu où l'Esprit m'appelle continuellement à la liberté du Royaume. Mémoire vivante de tout un peuple, le mien, cette Église est mon héritage inaliénable de baptisé. L'espace à partir duquel j'essaie, avec d'autres, de bâtir une société meilleure et où, comme nous l'affirmons à la fin du «Symbole de Nicée-Constantinople», j'attends la vie du monde à venir.

Lorsque la tentation de la rupture devient forte, je m'attache à ces vérités fondamentales. Je me souviens alors de ma responsabilité, de mon devoir et de mon droit de vivre, de parler et d'agir en cette Église qui est la mienne. Une Église à l'intérieur de laquelle, à l'image de la maison du Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure (cf. Jean 14, 2). Voilà pourquoi, malgré tout, je n'apostasie pas.

Lettre parue dans Libre opinion du Journal Le Devoir 2 avril 2009

Voir ses autres articles recensés sur Vigile.net_
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Transmettre le flambeau
Conversations entre les générations dans l'Église

Caroline Sauriol
Élisabeth J. Lacelle
Hélène Pelletier-Baillargeon
Jacques Grand'Maison
Jean-Philippe Perreault
Marco Veilleux

Trois aînés engagés dans le milieu ecclésial et qui ont vécu l'époque de Vatican II livrent ici une lettre à la nouvelle génération en Église. Plus de quarante ans après le concile, ils évoquent les hauts et les bas de leur appartenance ecclésiale. En réponse, trois membres d'une nouvelle génération leur donnent la réplique.

Entre ceux qui brûlent encore d'idéaux et ceux dont la génération se retire tranquillement, une connivence apparaît et se nourrit du dialogue, du
respect et de l'affection mutuelle. Témoignant de toute la richesse de l'Église du Québec, cette conversation à six voix révèle une communauté
de foi «ouverte et progressiste».

Entre ces voix qui s'expriment et ces voies qui se tracent, l'appel se fait pressant, malgré les replis «frileux et conservateurs» de certains, à continuer de bâtir ici un projet de catholicisme animé du souffle de liberté de l'Évangile.



«Je suis à l'âge des grands-parents: il faut donc me pardonner tous ces rêves que je viens de formuler à votre sujet, avec une profonde
affection et un je ne sais quoi de fierté pour le neuf que vous portez.» (Jacques Grand'Maison)

208 pages, 19.5 x 14, 24.95 $, 22 €, ISBN 9782762128598


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12/08/2009

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Suite à la suggestion de l'abbé Simon-Pierre Pelletier,curé de Rivière-Ouelle, Mgr Yvon-Joseph Moreau, nouvel évêque du diocèse de Ste-Anne-de-la-Pocatière, a accepté de partager avec les internautes le texte de l'homélie qu'il prononçait le 15 mars à Saint-Philippe-de-Néri et Mont-Carmel. Il y fait notamment allusion au cas de la petite fille du Brésil violée par son beau-père et qu'on a fait avorté. Rappelons que l'archevêque de Recife en rappelant que l'excommunication s'appliquait dans les cas d'avortement a suscité toute une controverse qui n'est pas encore terminée.



NOUS NE POUVONS NOUS TAIRE
Homélie pour le 3e Dimanche du Carême - 15 mars 2009 : "Tenir tout l'Évangile, et seulement l'Évangile"

Dans cet évangile que nous venons d'entendre, le plus important n'est pas la colère de Jésus, même si elle peut créer sur nous une forte impression ; le plus important, c'est la belle révélation que nous fait Jésus en nous disant que son corps de Ressuscité est le nouveau temple où nous pouvons rencontrer Dieu... Il y aurait beaucoup à réfléchir sur cette révélation et sur les conséquences qu' elle peut avoir sur nos façons de regarder nos temples de pierre aujourd'hui, qu'il s'agisse de magnifiques basiliques ou d'églises plus humbles de nos campagnes...

Non, la colère de Jésus n'est pas ce qui est le plus important, mais elle peut nous aider à mieux situer la colère que plusieurs d' entre nous nous avons pu éprouver cette semaine devant l'annonce de l'excommunication prononcée par un évêque du Brésil à l'égard d'une maman et d'un groupe de médecins qui avaient jugé devoir procéder à l'interruption de grossesse d'une jeune fille de 9 ans, enceinte suite à un viol.

Il est certes délicat de parler de cette situation, mais il me semble que nous ne pouvons nous taire tout simplement... Le jour où j'ai été nommé évêque, le 18 octobre dernier, j'ai fait une prière que je partage avec vous aujourd'hui. Dans cette prière, je présentais une demande au Seigneur : Père Saint,que ton Esprit s 'empare totalement de mon esprit et de ma bouche afin que je ne prononce aucune parole qui trahisse l 'Évangile de Jésus, aucune parole qui trahisse ta volonté de salut envers tous, aucune parole qui conduise un de tes enfants à désespérer.

Et j 'espère que le Seigneur exaucera ma prière aujourd'hui en m'inspirant des paroles appropriées aux circonstances, et fraternelles envers tous, même envers ceux dont nous ne partageons pas la façon de voir.
Oui, lorsque nous parlons au nom de Jésus, il est important que notre parole ne trahisse pas son évangile, et, en même temps, il est important que notre parole ne conduise personne au désespoir, car Jésus n'est pas venu condamner, mais chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19, 10). Jésus s'est fait tellement proche de ceux et celles que la société condamnait que certains l'ont critiqué ouvertement et lui ont exprimé des reproches en disant : Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux (Lc 15, 2).

A fréquenter l'Évangile, nous découvrons surtout un Jésus compatissant et accueillant devant les malades et les pécheurs. Lorsque nous rencontrons un Jésus en colère, c'est que Jésus se trouve devant des personnes qui faussent la pratique religieuse et en font un trafic d'argent en exploitant les autres (cf. évangile d'aujourd'hui), ou qu'il se trouve en présence de personnes qui imposent aux autres des fardeaux impossibles à porter et qu'ils ne sauraient remuer du doigt (cf. Lc 11, 46). Lorsque nous entendons Jésus prononcer des paroles dures dans l'Évangile, c'est qu'il se trouve devant des personnes suffisantes et orgueilleuses qui condamnent tous ceux et celles qui ne coïncident pas avec leurs canons de pureté morale...

Prenons le temps d'observer comment Jésus se comporte avec Zachée ou Lévis le publicain, avec la femme surprise en délit d'adultère, avec la pécheresse publique qui lui embrasse les pieds en les parfumant... Devant toutes ces personnes qui ont péché par faiblesse ou qui se sont risquées sur des chemins hasardeux, Jésus se montre toujours accueillant et fait preuve d'une compassion exemplaire...
C'est ce Jésus que nous devons contempler toujours plus afin d'apprendre de lui les attitudes justes et fraternelles devant toute personne qui manque à nos critères de bonne conduite morale... Il y a là une urgence pour notre Église aujourd'hui, devant des situations humaines de plus en plus complexes, devant des enjeux éthiques qu'il n'est pas toujours faciles de bien évaluer.

Tenir la vérité entière de l'évangile et de la bonne nouvelle du salut exige que nous contemplions longuement Jésus, que nous l'écoutions avec un coeur humble et aimant...

Tenir tout l'évangile et seulement l'évangile est une démarche exigeante, car elle suppose une recherche constante d'équilibre entre vérité et amour, entre exigence et compassion, l'amour et la compassion gardant toujours la priorité et ayant droit au dernier mot...

En tant qu'humain et pécheur, en tant que moine et évêque, je serais plus heureux de faire partie d'une Église qui pourrait se tromper par excès de compassion et d'attention aux personnes, que de faire partie d'une Église qui se tromperait par excès d'intransigeance et de rigueur à défendre ce qu'elle pense la vérité...

Il nous faut tous consentir au mystère de ce Dieu plus grand que nous et dont la miséricorde n'a pas fini de nous surprendre, au mystère de ce Dieu dont nous a parlé saint Paul : La folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme. Puisse le Seigneur apprendre à notre Église et à chacun et chacune d'entre nous comment consentir à sa faiblesse pour avoir part à sa force, comment consentir à sa folie pour avoir part à sa sagesse !

+ Yvon-Joseph Moreau --- Saint-Philippe et Mont-Carmel


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Homélie pour le 3e Dimanche du Carême - 15 mars 2009 : "Tenir tout l'Évangile, et seulement l'Évangile"

Dans cet évangile que nous venons d'entendre, le plus important n'est pas la colère de Jésus, même si elle peut créer sur nous une forte impression ; le plus important, c'est la belle révélation que nous fait Jésus en nous disant que son corps de Ressuscité est le nouveau temple où nous pouvons rencontrer Dieu... Il y aurait beaucoup à réfléchir sur cette révélation et sur les conséquences qu' elle peut avoir sur nos façons de regarder nos temples de pierre aujourd'hui, qu'il s'agisse de magnifiques basiliques ou d'églises plus humbles de nos campagnes...

Non, la colère de Jésus n'est pas ce qui est le plus important, mais elle peut nous aider à mieux situer la colère que plusieurs d' entre nous nous avons pu éprouver cette semaine devant l'annonce de l'excommunication prononcée par un évêque du Brésil à l'égard d'une maman et d'un groupe de médecins qui avaient jugé devoir procéder à l'interruption de grossesse d'une jeune fille de 9 ans, enceinte suite à un viol.

Il est certes délicat de parler de cette situation, mais il me semble que nous ne pouvons nous taire tout simplement... Le jour où j'ai été nommé évêque, le 18 octobre dernier, j'ai fait une prière que je partage avec vous aujourd'hui. Dans cette prière, je présentais une demande au Seigneur : Père Saint,que ton Esprit s 'empare totalement de mon esprit et de ma bouche afin que je ne prononce aucune parole qui trahisse l 'Évangile de Jésus, aucune parole qui trahisse ta volonté de salut envers tous, aucune parole qui conduise un de tes enfants à désespérer.

Et j 'espère que le Seigneur exaucera ma prière aujourd'hui en m'inspirant des paroles appropriées aux circonstances, et fraternelles envers tous, même envers ceux dont nous ne partageons pas la façon de voir.
Oui, lorsque nous parlons au nom de Jésus, il est important que notre parole ne trahisse pas son évangile, et, en même temps, il est important que notre parole ne conduise personne au désespoir, car Jésus n'est pas venu condamner, mais chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19, 10). Jésus s'est fait tellement proche de ceux et celles que la société condamnait que certains l'ont critiqué ouvertement et lui ont exprimé des reproches en disant : Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux (Lc 15, 2).

A fréquenter l'Évangile, nous découvrons surtout un Jésus compatissant et accueillant devant les malades et les pécheurs. Lorsque nous rencontrons un Jésus en colère, c'est que Jésus se trouve devant des personnes qui faussent la pratique religieuse et en font un trafic d'argent en exploitant les autres (cf. évangile d'aujourd'hui), ou qu'il se trouve en présence de personnes qui imposent aux autres des fardeaux impossibles à porter et qu'ils ne sauraient remuer du doigt (cf. Lc 11, 46). Lorsque nous entendons Jésus prononcer des paroles dures dans l'Évangile, c'est qu'il se trouve devant des personnes suffisantes et orgueilleuses qui condamnent tous ceux et celles qui ne coïncident pas avec leurs canons de pureté morale...

Prenons le temps d'observer comment Jésus se comporte avec Zachée ou Lévis le publicain, avec la femme surprise en délit d'adultère, avec la pécheresse publique qui lui embrasse les pieds en les parfumant... Devant toutes ces personnes qui ont péché par faiblesse ou qui se sont risquées sur des chemins hasardeux, Jésus se montre toujours accueillant et fait preuve d'une compassion exemplaire...
C'est ce Jésus que nous devons contempler toujours plus afin d'apprendre de lui les attitudes justes et fraternelles devant toute personne qui manque à nos critères de bonne conduite morale... Il y a là une urgence pour notre Église aujourd'hui, devant des situations humaines de plus en plus complexes, devant des enjeux éthiques qu'il n'est pas toujours faciles de bien évaluer.

Tenir la vérité entière de l'évangile et de la bonne nouvelle du salut exige que nous contemplions longuement Jésus, que nous l'écoutions avec un coeur humble et aimant...

Tenir tout l'évangile et seulement l'évangile est une démarche exigeante, car elle suppose une recherche constante d'équilibre entre vérité et amour, entre exigence et compassion, l'amour et la compassion gardant toujours la priorité et ayant droit au dernier mot...

En tant qu'humain et pécheur, en tant que moine et évêque, je serais plus heureux de faire partie d'une Église qui pourrait se tromper par excès de compassion et d'attention aux personnes, que de faire partie d'une Église qui se tromperait par excès d'intransigeance et de rigueur à défendre ce qu'elle pense la vérité...

Il nous faut tous consentir au mystère de ce Dieu plus grand que nous et dont la miséricorde n'a pas fini de nous surprendre, au mystère de ce Dieu dont nous a parlé saint Paul : La folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme. Puisse le Seigneur apprendre à notre Église et à chacun et chacune d'entre nous comment consentir à sa faiblesse pour avoir part à sa force, comment consentir à sa folie pour avoir part à sa sagesse !

+ Yvon-Joseph Moreau --- Saint-Philippe et Mont-Carmel


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28/03/2009

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BENOÎT XVI, UN DES DERNIERS DÉFENSEURS DE LA RAISON

Lisez ce commentaire du sous-prieur de dominicains de Bordeaux. La levée de boucliers contre le pape y reçoit une interprétation qui fait réfléchir. Bonne lecture



PAPE PRIS A PARTIE...ET APRES?
Benoît XVI est-il en train de perdre le capital de sympathie laborieusement acquis depuis son élection, le 19 avril 2005 ? On s'en souvient, le choix du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi pour succéder à Jean-Paul II n'avait alors guère soulevé d'enthousiasme. Très vite, cependant, on découvrit que le pape « conservateur rétrograde et dogmatique » était un homme courageux, d’une immense culture et ouvert au dialogue avec tous. Aux États-Unis, en Australie, en France, il su trouver les mots pour retourner une opinion qui ne lui était pas d'emblée favorable.

Ses récents propos sur le sida et le préservatif ne viennent-ils pas anéantir tout le bénéfice d’une politique de la « main tendue », seule ligne de conduite qu'affirme suivre Benoît XVI depuis le début de son pontificat ?

Dans l'avion qui l'emmène vers l'Afrique, interrogé par des journalistes, le pape prétend en effet que « si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau (du sida) par la distribution de préservatifs : au contraire cela augmente le problème ». Traduction : mettre un préservatif expose au sida. Tollé d'indignations : ce pape « commence à poser un vrai problème », il est « dans une posture irresponsable », il « risque de provoquer des centaines, voire des milliers de morts ».

L'unanimité un peu suspecte, la rivalité des politiques et des people dans la surenchère laissent songeur... Mais c'est surtout cette contradiction qui m'étonne, affirmant dans le même temps que plus personne ne tient compte des principes moraux énoncés par le pape et que son discours va « alimenter le nombre d'infections ». Pour la prévention du sida, il n'y aurait donc que le préservatif.

Chacun le sait pourtant, le préservatif n'a qu'un impact limité sur l'épidémie parce que la protection est imparfaite, parce que l'usage est souvent irrégulier, parce qu'il favorise la désinhibition qui incite à prendre des risques conduisant un jour ou l'autre à l'infection. Chacun sait que la politique en place depuis près d'un quart de siècle n'a pas donné les résultats attendus et que l'épidémie continue à progresser avec 3 à 4 millions de contaminations par an. Mais la confiance absolue dans le préservatif reste, dans les pays occidentaux, l'unique message à destination du public. Je n'oserais pas dire qu'une prévention uniquement centrée sur le latex relève du « dogme » : elle relève de la pure idéologie.

L'Église, d'abord parce qu'elle a en charge 27 % des centres de traitement des malades du sida dans le monde, estime avoir le droit de proposer une alternative. Ce que le pape a vraiment dit, c'est que la réponse au sida n'est pas tant dans un moyen mécanique que dans le changement des comportements, dans une « humanisation de la sexualité », dans « une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre ». En Afrique, là où les comportements ont changé, le sida a reculé. En Ouganda, chose impensable pour nous Français, le programme ABC combine les méthodes pour réduire les risques : Abstain, Be faithful, and if you must, use Condom (Abstiens-toi, sois fidèle et, si tu dois, utilise le préservatif).

L'Église ne dit pas autre chose : on ne doit pas « donner la mort ». En plaidant pour une éducation à une sexualité responsable - et c'est ce qu'on attend de lui -, le pape est accusé de « meurtre prémédité », de « crime contre l'humanité ». On ne peut assister en spectateur muet à ce renversement de responsabilité, à la remise en marche du mécanisme de la victime émissaire, à ce rejet viscéral et infantile de la figure du « père ». Les décideurs et faiseurs d'opinion ne pouvaient s'attaquer à Jean-Paul II, véritable personnage historique de son vivant, mais ils feront tout pour rendre le pontificat de Benoît XVI invivable. Le vrai courage politique consisterait plutôt à soutenir le pape comme un des derniers défenseurs de la raison dans le désarroi contemporain. Nos responsables politiques ont beau jeu de « tomber des nues », d'être « ahuris », « catastrophés » par ses propos en Afrique. Benoît XVI, lui, pense que les Africains peuvent transformer ce continent de tous les fléaux en « un continent de l'espérance ».

frère Joël Boudaroua

sous-prieur des dominicains de Bordeaux
Aumônier des artistes,
Aumônier de l'école Saint Clément à Cudos

Tribune libre publiée dans le Journal Sud Ouest et repris dans Catholique.org


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Benoît XVI est-il en train de perdre le capital de sympathie laborieusement acquis depuis son élection, le 19 avril 2005 ? On s'en souvient, le choix du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi pour succéder à Jean-Paul II n'avait alors guère soulevé d'enthousiasme. Très vite, cependant, on découvrit que le pape « conservateur rétrograde et dogmatique » était un homme courageux, d’une immense culture et ouvert au dialogue avec tous. Aux États-Unis, en Australie, en France, il su trouver les mots pour retourner une opinion qui ne lui était pas d'emblée favorable.

Ses récents propos sur le sida et le préservatif ne viennent-ils pas anéantir tout le bénéfice d’une politique de la « main tendue », seule ligne de conduite qu'affirme suivre Benoît XVI depuis le début de son pontificat ?

Dans l'avion qui l'emmène vers l'Afrique, interrogé par des journalistes, le pape prétend en effet que « si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau (du sida) par la distribution de préservatifs : au contraire cela augmente le problème ». Traduction : mettre un préservatif expose au sida. Tollé d'indignations : ce pape « commence à poser un vrai problème », il est « dans une posture irresponsable », il « risque de provoquer des centaines, voire des milliers de morts ».

L'unanimité un peu suspecte, la rivalité des politiques et des people dans la surenchère laissent songeur... Mais c'est surtout cette contradiction qui m'étonne, affirmant dans le même temps que plus personne ne tient compte des principes moraux énoncés par le pape et que son discours va « alimenter le nombre d'infections ». Pour la prévention du sida, il n'y aurait donc que le préservatif.

Chacun le sait pourtant, le préservatif n'a qu'un impact limité sur l'épidémie parce que la protection est imparfaite, parce que l'usage est souvent irrégulier, parce qu'il favorise la désinhibition qui incite à prendre des risques conduisant un jour ou l'autre à l'infection. Chacun sait que la politique en place depuis près d'un quart de siècle n'a pas donné les résultats attendus et que l'épidémie continue à progresser avec 3 à 4 millions de contaminations par an. Mais la confiance absolue dans le préservatif reste, dans les pays occidentaux, l'unique message à destination du public. Je n'oserais pas dire qu'une prévention uniquement centrée sur le latex relève du « dogme » : elle relève de la pure idéologie.

L'Église, d'abord parce qu'elle a en charge 27 % des centres de traitement des malades du sida dans le monde, estime avoir le droit de proposer une alternative. Ce que le pape a vraiment dit, c'est que la réponse au sida n'est pas tant dans un moyen mécanique que dans le changement des comportements, dans une « humanisation de la sexualité », dans « une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre ». En Afrique, là où les comportements ont changé, le sida a reculé. En Ouganda, chose impensable pour nous Français, le programme ABC combine les méthodes pour réduire les risques : Abstain, Be faithful, and if you must, use Condom (Abstiens-toi, sois fidèle et, si tu dois, utilise le préservatif).

L'Église ne dit pas autre chose : on ne doit pas « donner la mort ». En plaidant pour une éducation à une sexualité responsable - et c'est ce qu'on attend de lui -, le pape est accusé de « meurtre prémédité », de « crime contre l'humanité ». On ne peut assister en spectateur muet à ce renversement de responsabilité, à la remise en marche du mécanisme de la victime émissaire, à ce rejet viscéral et infantile de la figure du « père ». Les décideurs et faiseurs d'opinion ne pouvaient s'attaquer à Jean-Paul II, véritable personnage historique de son vivant, mais ils feront tout pour rendre le pontificat de Benoît XVI invivable. Le vrai courage politique consisterait plutôt à soutenir le pape comme un des derniers défenseurs de la raison dans le désarroi contemporain. Nos responsables politiques ont beau jeu de « tomber des nues », d'être « ahuris », « catastrophés » par ses propos en Afrique. Benoît XVI, lui, pense que les Africains peuvent transformer ce continent de tous les fléaux en « un continent de l'espérance ».

frère Joël Boudaroua

sous-prieur des dominicains de Bordeaux
Aumônier des artistes,
Aumônier de l'école Saint Clément à Cudos

Tribune libre publiée dans le Journal Sud Ouest et repris dans Catholique.org


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27/03/2009

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Comme le dit le père Federico Lombardi, S.J., Directeur de la Salle-de-Presse du Saint-Siège, la Lettre adressée par le Pape à l'épiscopat le 12 mars 2009 sur la levée des excommunications des évêques consacrés par Mgr Lefebvre est un document "peu habituel et digne de la plus grande attention...d'autant qu'avant son élection, le Saint-Père s'était exprimé sur ce sujet controversé".

Benoît XVI, continue-t-il, "a souffert des réactions provoquées par son geste de rémission" et il s'est senti obligé d'intervenir "afin de contribuer au retour de la paix dans une l'Eglise perturbée". Avec sa lucidité et son humilité caractéristiques, le Pape, ajoute le père Lombardi, reconnaît les imprécisions et les erreurs ayant eu une influence négative sur l'initiative, n'en attribue pas la faute à autrui et se dit solidaire de ses collaborateurs.



LETTRE PEU HABITUELLE DU PAPE
Sur Radio Vatican, le 13 mars, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, donne son sentiment sur la lettre du Pape au sujet de la levée d' excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre

Écoutez cet entretien

VATICAN INFORMATION SERVICE

XIXº ANNEE - Nº 48
FRANÇAIS
JEUDI, 12 MARS 2009
___________________________________________________________

LETTRE SUR LA LEVEE DES 4 EXCOMMUNICATIONS

CITE DU VATICAN, 12 MARS 2009 (VIS). Aujourd'hui a été rendue publique la
Lettre de Benoît XVI à l'épiscopat catholique au sujet de la levée de
l'excommunication des évêques consacrés par Mgr.Lefebvre. En voici la
version française:

"Chers frères dans l'épiscopat. La levée de l'excommunication des quatre
évêques, consacrés en 1988 par Mgr.Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a
suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l'Eglise
catholique une discussion d'une véhémence telle qu'on n'en avait plus connue
depuis très longtemps. Cet événement, survenu à l'improviste et difficile à
situer positivement dans les questions et dans les tâches de l'Eglise
d'aujourd'hui, a laissé perplexes de nombreux évêques. Même si beaucoup
d'évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer
positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la
question de l'opportunité d'un tel geste face aux vraies urgences d'une vie
de foi à notre époque s'y opposait. Inversement, certains groupes accusaient
ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d'avant le
Concile Vatican II: d'où le déchaînement d'un flot de protestations, dont
l'amertume révélait des blessures remontant au-delà de l'instant présent.
C'est pourquoi je suis amené à vous fournir quelques éclaircissements, qui
doivent aider à comprendre les intentions qui m'ont guidé moi-même ainsi que
les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J'espère contribuer
ainsi à la paix dans l'Eglise.

Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de
l'excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible. Le geste
discret de miséricorde envers quatre évêques, ordonnés validement mais non
légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent: comme le
démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la
révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le
cheminement de l'Eglise. Une invitation à la réconciliation avec un groupe
ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en
son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de
réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile, pas dont
le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon
travail théologique personnel. Que cette superposition de deux processus
opposés soit advenue et qu'elle ait troublé un moment la paix entre
chrétiens et juifs ainsi que la paix à l'intérieur de l'Eglise, est une
chose que je ne peux que déplorer profondément. Il m'a été dit que suivre
avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet
aurait permis d'avoir rapidement connaissance du problème. J'en tire la
leçon qu'à l'avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à
cette source d'informations. J'ai été peiné du fait que même des
catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu'il en était, aient
pensé devoir m'offenser avec une hostilité prête à se manifester. C'est
justement pour cela que je remercie d'autant plus les amis juifs qui ont
aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l'atmosphère d'amitié
et de confiance, qui -comme du temps de Jean-Paul II- comme aussi durant
toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à
exister.

Une autre erreur, qui m'attriste sincèrement, réside dans le fait que la
portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n'ont pas été
commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication.
L'excommunication touche des personnes, non des institutions. Une ordination
épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d'un schisme, parce
qu'elle remet en question l'unité du collège épiscopal avec le Pape. C'est
pourquoi l'Eglise doit réagir par la punition la plus dure,
l'excommunication, dans le but d'appeler les personnes punies de cette façon
au repentir et au retour à l'unité. Vingt ans après les ordinations, cet
objectif n'a malheureusement pas encore été atteint. La levée de
l'excommunication vise le même but auquel sert la punition: inviter encore
une fois les quatre évêques au retour. Ce geste était possible une fois que
les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de
son autorité, bien qu'avec des réserves en matière d'obéissance à son
autorité doctrinale et à celle du Concile. Je reviens par là à la
distinction entre personne et institution. La levée de l'excommunication
était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique: les
personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition
ecclésiastique la plus grave. Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du
domaine doctrinal. Le fait que la Fraternité St-Pie X n'ait pas de statut
canonique dans l'Eglise, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons
disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n'a pas une position
canonique dans l'Eglise, ses ministres non plus n'exercent pas de ministères
légitimes dans l'Eglise. Il faut ensuite distinguer entre le niveau
disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau
doctrinal où sont en question le ministère et l'institution. Pour le
préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne
sont pas éclaircies, la Fraternité n'a aucun statut canonique dans l'Eglise,
et ses ministres -même s'ils ont été libérés de la sanction ecclésiastique-
n'exercent de façon légitime aucun ministère dans l'Eglise.

A la lumière de cette situation, j'ai l'intention de rattacher à l'avenir
la Commission pontificale Ecclesia Dei -institution compétente, depuis 1988,
pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité St-Pie
X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec
le Pape- à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair
ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature
essentiellement doctrinale et regardent surtout l'acceptation du Concile
Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. Les organismes
collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se
présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et
l'Assemblé plénière annuelle ou biennale) garantissent l'engagement des
Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de
l'épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler
l'autorité magistérielle de l'Eglise à l'année 1962. Ceci doit être bien
clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament
comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que
Vatican II renferme l'entière histoire doctrinale de l'Eglise. Celui qui
veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles
et il ne peut couper les racines dont l'arbre vit.

J'espère avoir ainsi éclairci la signification positive ainsi que les
limites de la mesure du 21 janvier 2009. Cependant demeure à présent la
question: cette mesure était-elle nécessaire? Constituait-elle vraiment une
priorité? N'y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes? Il y a
certainement des choses plus importantes et plus urgentes. Je pense avoir
souligné les priorités de mon pontificat dans les discours que j'ai
prononcés à son début. Ce que j'ai dit alors demeure de façon inaltérée ma
ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été
fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle: Toi...affermis tes frères.
Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première
Epître: Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui
vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous. A notre
époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s'éteindre
comme une flamme qui ne trouve plus à s'alimenter, la priorité qui prédomine
est de rendre Dieu présent dans ce monde et d'ouvrir aux hommes l'accès à
Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï;
à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l'amour poussé jusqu'au
bout, en Jésus-Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre
histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l'horizon des hommes et
que tandis que s'éteint la lumière provenant de Dieu, l'humanité manque
d'orientation, et les effets destructeurs s'en manifestent toujours plus en
son sein.

Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible: c'est
la priorité suprême et fondamentale de l'Eglise et du Successeur de Pierre
aujourd'hui. D'où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir
à cœur l'unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition
interne met en doute la crédibilité de ce qu'ils disent de Dieu. C'est
pourquoi l'effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens -par
l'œcuménisme- est inclus dans la priorité suprême. A cela s'ajoute la
nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix,
tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si
leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la lumière. C'est là
le dialogue interreligieux. Qui annonce Dieu comme Amour jusqu'au bout doit
donner le témoignage de l'amour: se consacrer avec amour à ceux qui
souffrent, repousser la haine et l'inimitié. C'est la dimension sociale de
la foi chrétienne, dont j'ai parlé dans l'encyclique Deus Caritas Est.

Si donc l'engagement ardu pour la foi, pour l'espérance et pour l'amour
dans le monde constitue en ce moment -et, dans des formes diverses,
toujours- la vraie priorité pour l'Eglise, alors les réconciliations petites
et grandes en font aussi partie. Que l'humble geste d'une main tendue soit à
l'origine d'un grand tapage, devenant ainsi le contraire d'une
réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant
je demande: Etait-il et est-il vraiment erroné d'aller dans ce cas aussi à
la rencontre du frère qui a quelque chose contre toi, et de chercher la
réconciliation? La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir
les radicalisations et de réintégrer -autant que possible- leurs éventuels
adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en
éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences? Le fait de s'engager à
réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une
place à ce qu'il y a de positif et de récupérable pour l'ensemble, peut-il
être totalement erroné? Moi-même j'ai vu, dans les années qui ont suivi
1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur
climat interne a changé, que le retour dans la grande et vaste Eglise
commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des
durcissements de sorte qu'ensuite en ont émergé des forces positives pour
l'ensemble. Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215
séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117
frères, 164 sœurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser
totalement indifférents? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la
dérive loin de l'Eglise? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne
pouvons pas connaître l'enchevêtrement de leurs motivations. Je pense
toutefois qu'ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de
différents éléments déformés et malades, il n'y avait pas eu l'amour pour le
Christ et la volonté de L'annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous
simplement les exclure, comme représentants d'un groupe marginal radical, de
la recherche de la réconciliation et de l'unité? Qu'en sera-t-il ensuite?

Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion
concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté
beaucoup de choses discordantes, comme suffisance et présomption, fixation
sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j'ai
reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels
était perceptible une ouverture des cœurs. Mais la grande Eglise ne
devrait-elle pas se permettre d'être aussi généreuse, consciente de la
grande envergure qu'elle possède, consciente de la promesse qui lui a été
faite? Ne devrions-nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables
de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et
nous préoccuper de sortir des étroitesses? Et ne devrions-nous pas admettre
que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ?
Parfois on a l'impression que notre société a besoin d'un groupe au moins,
auquel ne réserver aucune tolérance, contre lequel pouvoir tranquillement se
lancer avec haine. Et si quelqu'un ose s'en rapprocher -dans le cas présent
le Pape- il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être
traité avec haine sans crainte ni réserve.

Chers Confrères, durant les jours où il m'est venu à l'esprit d'écrire
cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j'ai dû interpréter et
commenter le passage de l'Epître aux Galates. J'ai noté avec surprise la
rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent: Que cette
liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme. Au contraire
mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi
atteint sa perfection dans un seul commandement: Tu aimeras ton prochain
comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres,
prenez garde: vous allez vous détruire les uns les autres! J'ai toujours été
porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui
parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être
ainsi. Mais malheureusement ce mordre et dévorer existe aussi aujourd'hui
dans l'Eglise comme expression d'une liberté mal interprétée. Est-ce une
surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates? Que
tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations? Que nous devions
toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté? Et que toujours
de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême: l'amour? Le jour où
j'en ai parlé au grand séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge
de la Confiance. De fait, Marie nous enseigne la confiance. Elle nous
conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera,
même en des temps agités. Je voudrais ainsi remercier de tout cœur tous ces
nombreux évêques, qui en cette période m'ont donné des signes émouvants de
confiance et d'affection et surtout m'ont assuré de leur prière. Ce
remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m'ont donné
un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de Pierre. Que
le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix!
C'est un souhait qui jaillit spontanément du cœur en ce début du Carême, qui
est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification
intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée
vers l'objectif lumineux de Pâques".


BXVI-LETTRE/LEVEE EXCOMMUNICATIONS/... VIS
090312 (2410)


____________________________________

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Sur Radio Vatican, le 13 mars, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, donne son sentiment sur la lettre du Pape au sujet de la levée d' excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre

Écoutez cet entretien

VATICAN INFORMATION SERVICE

XIXº ANNEE - Nº 48
FRANÇAIS
JEUDI, 12 MARS 2009
___________________________________________________________

LETTRE SUR LA LEVEE DES 4 EXCOMMUNICATIONS

CITE DU VATICAN, 12 MARS 2009 (VIS). Aujourd'hui a été rendue publique la
Lettre de Benoît XVI à l'épiscopat catholique au sujet de la levée de
l'excommunication des évêques consacrés par Mgr.Lefebvre. En voici la
version française:

"Chers frères dans l'épiscopat. La levée de l'excommunication des quatre
évêques, consacrés en 1988 par Mgr.Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a
suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l'Eglise
catholique une discussion d'une véhémence telle qu'on n'en avait plus connue
depuis très longtemps. Cet événement, survenu à l'improviste et difficile à
situer positivement dans les questions et dans les tâches de l'Eglise
d'aujourd'hui, a laissé perplexes de nombreux évêques. Même si beaucoup
d'évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer
positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la
question de l'opportunité d'un tel geste face aux vraies urgences d'une vie
de foi à notre époque s'y opposait. Inversement, certains groupes accusaient
ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d'avant le
Concile Vatican II: d'où le déchaînement d'un flot de protestations, dont
l'amertume révélait des blessures remontant au-delà de l'instant présent.
C'est pourquoi je suis amené à vous fournir quelques éclaircissements, qui
doivent aider à comprendre les intentions qui m'ont guidé moi-même ainsi que
les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J'espère contribuer
ainsi à la paix dans l'Eglise.

Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de
l'excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible. Le geste
discret de miséricorde envers quatre évêques, ordonnés validement mais non
légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent: comme le
démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la
révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le
cheminement de l'Eglise. Une invitation à la réconciliation avec un groupe
ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en
son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de
réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile, pas dont
le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon
travail théologique personnel. Que cette superposition de deux processus
opposés soit advenue et qu'elle ait troublé un moment la paix entre
chrétiens et juifs ainsi que la paix à l'intérieur de l'Eglise, est une
chose que je ne peux que déplorer profondément. Il m'a été dit que suivre
avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet
aurait permis d'avoir rapidement connaissance du problème. J'en tire la
leçon qu'à l'avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à
cette source d'informations. J'ai été peiné du fait que même des
catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu'il en était, aient
pensé devoir m'offenser avec une hostilité prête à se manifester. C'est
justement pour cela que je remercie d'autant plus les amis juifs qui ont
aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l'atmosphère d'amitié
et de confiance, qui -comme du temps de Jean-Paul II- comme aussi durant
toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à
exister.

Une autre erreur, qui m'attriste sincèrement, réside dans le fait que la
portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n'ont pas été
commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication.
L'excommunication touche des personnes, non des institutions. Une ordination
épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d'un schisme, parce
qu'elle remet en question l'unité du collège épiscopal avec le Pape. C'est
pourquoi l'Eglise doit réagir par la punition la plus dure,
l'excommunication, dans le but d'appeler les personnes punies de cette façon
au repentir et au retour à l'unité. Vingt ans après les ordinations, cet
objectif n'a malheureusement pas encore été atteint. La levée de
l'excommunication vise le même but auquel sert la punition: inviter encore
une fois les quatre évêques au retour. Ce geste était possible une fois que
les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de
son autorité, bien qu'avec des réserves en matière d'obéissance à son
autorité doctrinale et à celle du Concile. Je reviens par là à la
distinction entre personne et institution. La levée de l'excommunication
était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique: les
personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition
ecclésiastique la plus grave. Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du
domaine doctrinal. Le fait que la Fraternité St-Pie X n'ait pas de statut
canonique dans l'Eglise, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons
disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n'a pas une position
canonique dans l'Eglise, ses ministres non plus n'exercent pas de ministères
légitimes dans l'Eglise. Il faut ensuite distinguer entre le niveau
disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau
doctrinal où sont en question le ministère et l'institution. Pour le
préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne
sont pas éclaircies, la Fraternité n'a aucun statut canonique dans l'Eglise,
et ses ministres -même s'ils ont été libérés de la sanction ecclésiastique-
n'exercent de façon légitime aucun ministère dans l'Eglise.

A la lumière de cette situation, j'ai l'intention de rattacher à l'avenir
la Commission pontificale Ecclesia Dei -institution compétente, depuis 1988,
pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité St-Pie
X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec
le Pape- à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair
ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature
essentiellement doctrinale et regardent surtout l'acceptation du Concile
Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. Les organismes
collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se
présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et
l'Assemblé plénière annuelle ou biennale) garantissent l'engagement des
Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de
l'épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler
l'autorité magistérielle de l'Eglise à l'année 1962. Ceci doit être bien
clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament
comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que
Vatican II renferme l'entière histoire doctrinale de l'Eglise. Celui qui
veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles
et il ne peut couper les racines dont l'arbre vit.

J'espère avoir ainsi éclairci la signification positive ainsi que les
limites de la mesure du 21 janvier 2009. Cependant demeure à présent la
question: cette mesure était-elle nécessaire? Constituait-elle vraiment une
priorité? N'y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes? Il y a
certainement des choses plus importantes et plus urgentes. Je pense avoir
souligné les priorités de mon pontificat dans les discours que j'ai
prononcés à son début. Ce que j'ai dit alors demeure de façon inaltérée ma
ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été
fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle: Toi...affermis tes frères.
Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première
Epître: Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui
vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous. A notre
époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s'éteindre
comme une flamme qui ne trouve plus à s'alimenter, la priorité qui prédomine
est de rendre Dieu présent dans ce monde et d'ouvrir aux hommes l'accès à
Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï;
à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l'amour poussé jusqu'au
bout, en Jésus-Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre
histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l'horizon des hommes et
que tandis que s'éteint la lumière provenant de Dieu, l'humanité manque
d'orientation, et les effets destructeurs s'en manifestent toujours plus en
son sein.

Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible: c'est
la priorité suprême et fondamentale de l'Eglise et du Successeur de Pierre
aujourd'hui. D'où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir
à cœur l'unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition
interne met en doute la crédibilité de ce qu'ils disent de Dieu. C'est
pourquoi l'effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens -par
l'œcuménisme- est inclus dans la priorité suprême. A cela s'ajoute la
nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix,
tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si
leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la lumière. C'est là
le dialogue interreligieux. Qui annonce Dieu comme Amour jusqu'au bout doit
donner le témoignage de l'amour: se consacrer avec amour à ceux qui
souffrent, repousser la haine et l'inimitié. C'est la dimension sociale de
la foi chrétienne, dont j'ai parlé dans l'encyclique Deus Caritas Est.

Si donc l'engagement ardu pour la foi, pour l'espérance et pour l'amour
dans le monde constitue en ce moment -et, dans des formes diverses,
toujours- la vraie priorité pour l'Eglise, alors les réconciliations petites
et grandes en font aussi partie. Que l'humble geste d'une main tendue soit à
l'origine d'un grand tapage, devenant ainsi le contraire d'une
réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant
je demande: Etait-il et est-il vraiment erroné d'aller dans ce cas aussi à
la rencontre du frère qui a quelque chose contre toi, et de chercher la
réconciliation? La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir
les radicalisations et de réintégrer -autant que possible- leurs éventuels
adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en
éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences? Le fait de s'engager à
réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une
place à ce qu'il y a de positif et de récupérable pour l'ensemble, peut-il
être totalement erroné? Moi-même j'ai vu, dans les années qui ont suivi
1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur
climat interne a changé, que le retour dans la grande et vaste Eglise
commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des
durcissements de sorte qu'ensuite en ont émergé des forces positives pour
l'ensemble. Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215
séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117
frères, 164 sœurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser
totalement indifférents? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la
dérive loin de l'Eglise? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne
pouvons pas connaître l'enchevêtrement de leurs motivations. Je pense
toutefois qu'ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de
différents éléments déformés et malades, il n'y avait pas eu l'amour pour le
Christ et la volonté de L'annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous
simplement les exclure, comme représentants d'un groupe marginal radical, de
la recherche de la réconciliation et de l'unité? Qu'en sera-t-il ensuite?

Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion
concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté
beaucoup de choses discordantes, comme suffisance et présomption, fixation
sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j'ai
reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels
était perceptible une ouverture des cœurs. Mais la grande Eglise ne
devrait-elle pas se permettre d'être aussi généreuse, consciente de la
grande envergure qu'elle possède, consciente de la promesse qui lui a été
faite? Ne devrions-nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables
de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et
nous préoccuper de sortir des étroitesses? Et ne devrions-nous pas admettre
que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ?
Parfois on a l'impression que notre société a besoin d'un groupe au moins,
auquel ne réserver aucune tolérance, contre lequel pouvoir tranquillement se
lancer avec haine. Et si quelqu'un ose s'en rapprocher -dans le cas présent
le Pape- il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être
traité avec haine sans crainte ni réserve.

Chers Confrères, durant les jours où il m'est venu à l'esprit d'écrire
cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j'ai dû interpréter et
commenter le passage de l'Epître aux Galates. J'ai noté avec surprise la
rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent: Que cette
liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme. Au contraire
mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi
atteint sa perfection dans un seul commandement: Tu aimeras ton prochain
comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres,
prenez garde: vous allez vous détruire les uns les autres! J'ai toujours été
porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui
parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être
ainsi. Mais malheureusement ce mordre et dévorer existe aussi aujourd'hui
dans l'Eglise comme expression d'une liberté mal interprétée. Est-ce une
surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates? Que
tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations? Que nous devions
toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté? Et que toujours
de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême: l'amour? Le jour où
j'en ai parlé au grand séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge
de la Confiance. De fait, Marie nous enseigne la confiance. Elle nous
conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera,
même en des temps agités. Je voudrais ainsi remercier de tout cœur tous ces
nombreux évêques, qui en cette période m'ont donné des signes émouvants de
confiance et d'affection et surtout m'ont assuré de leur prière. Ce
remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m'ont donné
un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de Pierre. Que
le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix!
C'est un souhait qui jaillit spontanément du cœur en ce début du Carême, qui
est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification
intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée
vers l'objectif lumineux de Pâques".


BXVI-LETTRE/LEVEE EXCOMMUNICATIONS/... VIS
090312 (2410)


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12/03/2009

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