Condensé de réflexions sur l'expérience mystique à la suite d'une lecture des écrits de Marie de l'Incarnation.


Icône de sainte Marie de l'Incarnation par Gilberte Massicotte-Éthier  (Collection du Musée des Ursulines de Trois-Rivières 2008)
Icône de sainte Marie de l'Incarnation par Gilberte Massicotte-Éthier (Collection du Musée des Ursulines de Trois-Rivières 2008)
Le postulat de départ pourrait se décrire ainsi: le sujet mystique chrétien se présente comme à la recherche d'une identité personnelle dans une tradition et un discours qui le précède. Il écrit son récit comme un récit unique mais en même temps comme un récit sous-tendu, tressé de récits archéologiques", de récits fondateurs que sont a) les Écritures Saintes et b) les textes des autres mystiques. Ainsi le texte produit se révèle non pas un dire sur l'objet de la croyance (de la foi), mais plutôt sur la réception de cette réalité autre par le sujet croyant.

La structure du récit mystique se caractérise ainsi par un processus de références qui s'accumulent et s'entrechoquent. Ce récit apparaît alors comme dynamique et non pas formé d'avance. Le mouvement inhérent au processus par lequel le sujet-croyant se dit à lui-même et aux autres creuse sans cesse en lui le désir d'aller au-delà des mots, des limites, des symboles pour être atteint en son " fond " dirait Marie de l'Incarnation par les réalités autres de la foi, de la Parole reçue en Église. Dans l’écriture de Marie de l’Incarnation nous découvrons un continuum où elle place un discours antécédent à l'expérience du sujet et un discours conséquent à celle-ci.

L'écriture du mystique chrétien se constitue sur l'horizon de l'Écriture sacrée où se donne à l'interprétation la voie absolue expérimentée. L'expérience mystique du chrétien-croyant repose comme sur un soubassement qui lui donne sens dans la foi.


05/01/2017

Réflexions

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J'ai pu participer au début de décembre à un colloque sur Charles de Foucauld qui n'était pas banal. Il avait lieu à l'Université Laval du 1er au 3 décembre 2016 pour commémorer le centenaire de la mort de Charles de Foucauld le 1 décembre 1916. Ayant fréquenté Charles de Foucauld que j'ai connu par le livre incontournable de René Bazin que j'ai lu à l'âge de 14 ans et ayant eu la chance par la suite d'entendre le Père Voillaume au Grand Séminaire de Québec en 1959, j'ai développé une proximité et un attrait toujours présents pour le frère Charles.


Charles de Foucauld revisité - Réflexions à l'occasion d'un colloque pour le centenaire de sa mort en 1916
Dans mon enseignement à l'Université Laval, je l'ai présenté comme un maître spirituel à de nombreuses générations d'étudiants et d'étudiantes dans mon cours Lecture des maîtres spirituels

Le livre de René Bazin, Charles de Foucauld, explorateur du Maroc et ermite au Sahara, écrit cinq ans après la mort du frère Charles eut un grand succès et fut couronné par l'Académie française. On en a fait une nouvelle édition récemment (Nouvelle CIté, 2003). Le Père René Voillaume (1905-2003), fondateur des Petits frères de Jésus et des Petites Soeurs de Jésus, a été l'auteur du volume devenu un classique de la spiritualité Au coeur des masses paru en 1952. J'ai aussi assez fréquenté les écrits de Carlo Carreto (1910-1988), l'un des Petits frères de Jésus les plus connu notamment à cause du best seller que fut son livre Lettres du désert publié en français en 1983.

Ce colloque a voulu aller chercher ce que les gens vivent en lien avec Charles de Foucauld apportant ainsi des nouvelles visions de ce qu'a été son cheminement. Il est normal que la richesse d'un expérience spirituelle comme celle du frère Charles ne puisse être contenue dans une seule ligne d'interprétation. Nous verrons les nouvelles voies qui se dégagent du colloque et comment elles se justifient dans le cadre d'une famille spirituelle.

L'abbé Jacques Grand’Maison (1931-2016), acteur incontournable et observateur averti des 50 dernières années dans le sillage de la Révolution tranquille au Québec qui s'est déroulée dans les années 60 et 70 est décédé à 5 novembre 2016 à l'âge de 84 ans des suites d'un cancer des os. Il était prêtre du diocèse de St-Jérôme (Québec). Il a oeuvré dans la pastorale ouvrière, comme professeur à l'Université de Montréal et comme auteur de nombreux ouvrages sur la société québécoise et sur l'Église catholique au Québec. Son rayonnement fut immense. Il a écrit plus de 50 volumes.


Pensées d'un fils de la Révolution tranquille inspirées par le décès de Jacques Grand’Maison
Dans ses derniers écrits, il prenait ses distances avec certaines orientations de la société québécoise actuelle et manifestait un certain dépit de voir la chute des valeurs dans cette société qu'il a aimé au plus haut point. «Ce qui me scandalise le plus du monde d’ici au Québec, écrivait-il, c’est sa superficialité et son vide spirituel » dans Ces valeurs dont on parle si peu (2015). Un "passeur" sans héritiers : tel fut le drame de Jacques Grand'Maison.

Les suites de la Révolution tranquille (voir note à la fin) des années 1960 au Québec

Les deux chemins des acteurs de la Révolution tranquille du côté religieux pourraient se caractériser ainsi :

- Adaptation qui évacue non seulement les pratiques mais aussi le contenu de la foi et qui prône l'émancipation dure et totale qui aboutit pour certains à renier officiellement les racines catholiques.

- Adaptation et réforme conscientes, comme chez Grand’Maison et tant d'autres, avec comme effet secondaire non recherché, la disparition des racines dans le processus d'émancipation. Ce mouvement se développe à à l'intérieur et aussi à l'extérieur de l'Église qui perd non seulement son statut et sa crédibilité sociale mais aussi son pouvoir d'attraction pour les nouvelles générations. D'où le désert religieux où le Québec se retrouve et une certain vide spirituel du peuple québécois qui se console dans l'humour. Voir mon article sur le Code Québec de Jean-Marc Léger et autres..

Des icônes

Une icône qui a accompagné le passage sans laisser d'héritiers : Gilles Vigneault Voir Gilles Vigneault : un pays intérieur

Un autre icône qui marque la rupture et ouvre un temps nouveau : Robert Charlebois.

Le processus de couper avec les racines religieuses se retrouve sur le plan de la nation et de sa culture française. La loi 101 a maintenu des francophones mais elle a été incapable de conserver la culture française. Montréal est passé à autre chose qui ressemble à un multiculturalisme à outrance où tout ce qui est étranger est chéri et valorisé alors que les traditions, les usages et l'histoire des « Canadiens français » est rejetée ou moquée.
Le Frère Charles de Foucauld  (1858-1916)
Le Frère Charles de Foucauld (1858-1916)
Ce témoignage de Mgr Pierre Gaudette, ancien doyen de la Faculté de théologie et ancien responsable national des Fraternités Jesus-Caritas, a été préparé à la demande du comité organisateur du Colloque Charles de Foucauld intitulé "Une spiritualité en marche!" à l'occasion du centenaire de sa mort. Ce colloque a lieu du 1er au 3 décembre 2016 à l'Université Laval, Québec, Canada. Il est dû à l'initiative de la Professeure Elaine Champagne, titulaire de la Chaire de leadership en enseignement en théologie spirituelle et spiritualités de la Faculté de théologie et de sciences religieuses (FTSR) de l’Université Laval.

Pour plus de détails sur le Bienheureux Charles de Foucauld, béatifié le ‎13 novembre 2005 par le pape Benoît XVI, voir la page que je lui ai consacrée dans mes notes de cours d'histoire de la spiritualité. Voir aussi dans le journal La Croix un article intéressant de Anne-Bénédicte Hoffner : "L’héritage à multiples facettes de Charles de Foucauld" le 1 décembre 2016



Dans une Église humble et pauvre, le témoignage de l’amitié

Le désir d’une Église humble et pauvre

20 février 1959 . Je suis en deuxième année de théologie au Grand Séminaire de Québec. Nous sommes environ deux cents séminaristes et nous nous préparons à emménager dans un tout nouvel édifice au coeur de la Cité Universitaire. Nous appartenons à une Église riche et puissante qui exerce son autorité sur toutes les couches de la population. Etre prêtre, c’est une profession valorisée qui inspire le respect. Ce jour-là, le père René Voillaume, disciple du père de Foucauld et fondateur des Petits frères de Jésus, est invité à nous donner une conférence. Pour plusieurs - dont je suis - c’est une découverte. Avec chaleur et conviction, il nous présente la figure de Charles de Foucauld et nous introduit dans une spiritualité toute centrée sur une relation intime à Jésus adoré dans l’Eucharistie et rencontré dans les pauvres, une relation qui provoque au dépouillement, à la simplicité, à l’abandon, à l’adoration, à l’amour fraternel. Son livre intitulé. Au coeur des masses, devient rapidement un best- seller au Grand Séminaire et il teinte la spiritualité de plusieurs générations d’étudiants.

Tel est le message qu'a livré aux prêtres du Séminaire de Québec, lors d'une journée de ressourcement, Mgr Yvon-Joseph Moreau, évêque du diocèse de Ste-Anne-de-la-Pocatière au Québec, le 28 octobre 2016. Cette journée s'est tenue au Pavillon Jean-Olivier-Briand du Séminaire de Québec qui est la résidence des prêtres du Séminaire et des séminaristes du Grand Séminaire de Québec.


Mgr Yvon-Joseph Moreau, évêque de Ste-Anne de la Pocatière devant la statue de sainte Anne au Séminaire de Québec (Crédits photo : H. Giguère)
Mgr Yvon-Joseph Moreau, évêque de Ste-Anne de la Pocatière devant la statue de sainte Anne au Séminaire de Québec (Crédits photo : H. Giguère)
Mgr Moreau a commencé son entretien en citant la devise du pape François "Miserando et eligendo" qu'il a proposé de traduire ainsi "miséricordié et choisi" et pour appuyer ce départ, il s'est référé à la Règle de saint Benoît où celui-ci, après plusieurs citations de l'Écriture, conclut en écrivant "Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu".

Sur cette lancée, Mgr Moreau s'est attardé sur le mot "miséricorde". Il a noté à la suite de l'exégète Jean Duhaime dans Parabole de décembre 2015 que le mot français "miséricorde" avait été banni du psautier de la traduction dite Bible de Jérusalem au profit du mot "tendresse" ou "amour".

Inspiré par ce mot de Jean XIII : "Le plus beau nom et le pus bel attribut de Dieu c'est sa misréricorde", Mgr Moreau évoque les textes fondateurs du livre de l'Exode. Il rappelle qu'en Exode 34, 6 le Seigneur se présente comme un Dieu tendre et miséricordieux. C'est la "carte de visite" de Dieu, commente-t-il. Et en Exode 3. 7, où le Seigneur dit à Moïse "J'ai vu la misère de mon peuple, et j'ai entendu ses cris, je suis descendu pour le délivrer", Mgr Moreau voit là non seulement la vocation de Moïse, mais il y décèle derrière ces mots le coeur même de Dieu, la "vocation de Dieu". Car comme le dit le pape François "ignorer la souffrance de l'Humanité, c'est ignorer Dieu" dont le nom est "Miséricorde".

Lorsqu'on regarde et observe un "sujet qui prie", un "priant", on est renvoyé à une attitude, une expérience. Ce "sujet", cette personne met quelque chose en action. Il cherche à ouvrir un espace de communication, de dialogue.


Procession aux flambaux à Fatima le 24 septembre 2016 (Crédits photo : H. Giguère)
Procession aux flambaux à Fatima le 24 septembre 2016 (Crédits photo : H. Giguère)
L'attitude, l'expérience particulière qui se développe et apparaît alors prend naissance et origine (anthropologiquement et existentiellement)

- à partir d'un "aveu d'insuffisance" ouvrant sur l'altérité, sur une espace où vont pouvoir se nouer des rapports interpersonnels
- mais sans jamais enlever une sorte de tension faite de présence et d'absence, de proximité (d'union) et de distance (de séparation), de clarté radieuse et de nuit enténébrée...

La prière, en dernière analyse, est une réponse d'acceptation amoureuse du Dessein d'amour de Dieu, "formulée" ou rendue tangible d'une manière ou d'une autre.

La grâce ne détruit pas la nature. Il en est ainsi dans la prière comme dans toute activité spirituelle. Donc, je suis en droit de parler toujours de ma prière, même dans les plus hauts sommets de contemplation mystique. La prière reste toujours humaine. C'est le coeur, la voix d'un homme, d'une femme, qui se saisit dans sa relation à Dieu. D'où actualité permanente des psaumes.

« Le texte est très bon et il explicite parfaitement le sens du chapitre 8 d’Amoris laetitia. Il n’y a pas d’autre interprétation. Et je suis sûr que cela fera beaucoup de bien », écrit le pape François aux évêques de la région de Buenos Aires ses anciens collègues, soulignant que « c’est précisément la charité pastorale qui nous pousse à sortir pour rencontrer ceux qui sont éloignés, et une fois que nous les avons rencontrés, à entamer un chemin d’accueil, d’accompagnement, de discernement et d’intégration dans la communauté ecclésiale ».


L'assemblée du Synodes des évêques à Rome en 2015
L'assemblée du Synodes des évêques à Rome en 2015
Cette citation est reprise de l'article de Nicolas Senèze, à Rome, pour le journal La Croix le 12 septembre 2016 qui rapporte que le pape François a reçu de la part de ses anciens collègues un document proposant des règles précises pour l'application concrète d'« Amoris laetitia » dans leurs diocèses respectifs intitulé «Critères fondamentaux pour l’application du chapitre VIII de 'Amoris Laetitia'». En réponse à cet envoi, dans une lettre envoyée à ses confrères, il juge que leur projet pastoral permettant, dans certains cas, d’accueillir des divorcés remariés à la communion, « exprime pleinement le sens du chapitre 8 d'« Amoris laetitia », l'Exhortation apostolique qui a suivi six mois plus tard les deux assemblées synodales sur la famille en 2014 et 2015.

Mgr Pierre Gaudette P.H. qui a été professeur d'Éthique pendant de nombreuses années à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval (Québec) nous livre dans cet article se réactions au document du pape François sur la famille intitulé "La joie de l'amour" (Amoris laetitia).


La joie de l'amour
La joie de l'amour
Cet article préparé pour la revue Pastorale-Québec et paru dans cette revue, est publié ici avec l'autorisation de cette dernière, ce dont nous remercions chaleureusement le Rédacteur en chef, monsieur l'abbé René Tessier.

Deux grandes préoccupations traversent l’Exhortation post-synodale Amoris Laetitia: aborder les situations vécues, quelles qu’elles soient, avec respect et compassion; présenter l’idéal évangélique d’une façon stimulante et joyeuse, capable de rejoindre les aspirations les plus profondes des personnes. Cela est particulièrement manifeste dans le chapitre 8 de l’Exhortation où le pape aborde ce qu’il appelle « les situations irrégulières » qui contreviennent d’une façon ou de l’autre à la vision chrétienne du mariage et de la sexualité: la cohabitation, le mariage civil et surtout la situation des divorcés remariés qui a polarisé l’attention médiatique.

Marco Veilleux a rédigé cette critique dans le sillage du témoignage de Bernard Émond à l'Assemblée du clergé du Diocèse de Québecle le 7 mai 2016 et elle mérite une réflexion sérieuse. Les pasteurs et les chrétiens et chrétiennes y trouveront des points de référence qui permettent de sortir des habituelles et banales constatations sur l'état de l'Église au Québec et qui ouvrent des avenues nouvelles à emprunter...au plus vite. Nous vous la présentons avec l'autorisation de l'auteur qui en souhaite une large diffusion. Bonne lecture!


Sur le film « La divine stratégie » : la condition de l'Église québécoise et de son personnel par Marco Veilleux
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Marco Veilleux

Marco Veilleux est diplomé en théologie de l'Université Laval. Il a été directeur adjoint d'un centre d'éducation des adultes à Québec, puis rédacteur de la revue Vie liturgique (Ottawa). Il a publié une étude sur la vie et l'oeuvre de Simone Monet dans le livre Les visages de la foi (Fides, 2003), il a été membre de l'équipe du Centre Justice et foi à Montréal et directeur adjoint de la revue Relations. Il est actuellement adjoint aux communications pour les Jésuites du Canada français.

Le blogue de Marco Veilleux


La persécution, c’est « le pain quotidien de l’Église», sous deux formes, indique le pape François : la persécution sanglante et une grande apostasie, une persécution « idéologique ».


Le pape François à Quito lros de son voyage pastoral en en Équateur en 2015
Le pape François à Quito lros de son voyage pastoral en en Équateur en 2015
Le pape a commenté la lecture des Actes des apôtres lors de la messe quotidienne célébrée ce mardi 12 avril, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe du Vatican, rapporte Radio Vatican.

Il existe des persécutions sanglantes – être jeté aux fauves, ou être victime d’une bombe à la sortie de la messe – et des « persécutions en gants blancs, des persécutions culturelles, celles qui te confinent dans un recoin de la société, qui en viennent à te faire perdre ton travail si tu n’adhères pas aux lois qui vont contre Dieu Créateur», a expliqué le pape.

«La persécution, je dirais, c’est le pain quotidien de l’Église. Jésus l’a dit. Nous, quand nous faisons un peu de tourisme à Rome et allons au Colisée, nous pensons que les martyrs étaient ceux qui étaient tués avec les lions. Mais les martyrs n’ont pas été seulement ceux-là. Ce sont des hommes et femmes de tous les jours : aujourd’hui, le jour de Pâques, il y a à peine trois semaines… Ces chrétiens qui fêtaient Pâques au Pakistan ont été martyrisés justement parce qu’ils fêtaient le Christ Ressuscité. Et ainsi l’histoire de l’Église avance avec ses martyrs», a encore expliqué le pape François.

Puis il a ajouté : «Mais, il y a une autre persécution dont on ne parle pas tellement», une persécution «travestie de culture, travestie de modernité, travestie de progrès».

La façon dont le Christ ressuscité s'est manifesté a quelque chose de déroutant: une grande simplicité. Ce que Fabrice Hadjadj explicite dans cette entrevue au magazine La Vie intitulé: "Pour être un bon ressuscité, il faut d'abord être un bon mort".


"Pour être un bon ressuscité, il faut d'abord être un bon mort" (Fabrice Hadjadj)
Ces propos utilisent les mots les plus appropriés que j'aie lus pour parler de la résurrection. Ils font une présentation stimulante et pas banale de ce mystère central de la foi chrétienne.

C'est pourquoi, j'en ai fait une fichier PDF créé le 8 avril pour bien servir ma mémoire. Cliquez ici pour avoir accès à l'entrevue au complet


Propos recueillis par Jérôme Anciberro. Parus le 23 mars 2016. Adresse qui fait la présentation de l'entrevue seulement : http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/fabrice-hadjadj-pour-etre-un-bon-ressuscite-il-faut-d-abord-etre-un-bon-mort-23-03-2016-71640_16.php


FABRICE HADJADJ

Philosophe, enseignant, essayiste, Fabrice Hadjadj est aussi poète, dramaturge et père de (bientôt) sept enfants, comme il aime à le dire. Né dans une famille juive de tendance athée / anarchiste, il se convertit au catholicisme et reçoit le baptême à l'âge de 27 ans. Son travail et son enseignement sont pétris de la question de Dieu, qu'il aborde avec un sérieux non dénué d'humour. Fabrice Hadjadj est membre du Conseil pontifical pour les laïcs. Et depuis 2012, il dirige l'Institut Philanthropos à Fribourg, en Suisse, qui propose une formation à l'anthropologie chrétienne. Plusieurs prix sont venus distinguer ses livres, dont le grand prix catholique de littérature en 2006 pour "Réussir sa mort - Anti-méthode pour vivre" (éd. Presses de la Renaissance). "Les choses simples et ordinaires sont créées par Dieu comme des choses neuves, inouïes, qui viennent de son éternité." Fabrice Hadjadj

Son dernier ouvrage a pour titre "Résurrection mode d'emploi" (éd. Magnificat) - titre qui, s'il ne fait pas sourire, dit la présentation de la couverture, forcément interpelle. Il montre le lien entre la résurrection et la vie quotidienne. Il reprend 12 récits de résurrection. Un livre comme "un chemin de gloire, où il s'agit de relire certains passages de l'Écriture".
08/04/2016

Réflexions

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RÉFLEXIONS 12 avril 1981 (à Rome) sur CROIX ET RÉSURRECTION. Une petite méditation qu'il me fait du bien de retrouver dans mes vieilles disquettes. Bonne lecture! Elle est parue dans le Bulletin RCQ liaison d'avril 1984 adressé aux groupes du Renouveau du Diocèse de Québec dont j'étais alors le répondant auprès de Mgr l'Archevêque.


Tableau par El Greco
Tableau par El Greco
Chaque personne, chaque individu, chaque communauté vit son mystère pascal. Le mystère de la Croix et de la Résurrection n'est pas quelque chose d'abstrait. Il s'incarne en chaque individu.

"Il y a un lien réel entre le sacrifice de Jésus et ma vie aujourd'hui" dit le Père Voillaume quelque part. Découvrir ce lien au-delà des émotions, des refus, des situations qui se répètent, des moments qui passent. Vivre ce lien. C'est alors que se fait la vérité. Rien n'a de sens en dehors de ce lien.

Conséquence remettre en perspective la vie, la mort, la joie, la douleur, le plaisir, l'amour, la souffrance, le pouvoir, l'avoir, la créativité, le don, la mission, les engagements, les limites, les charismes, les désirs, les vouloirs. Oui, rien n'a de sens en dehors du salut par le sang de Jésus.

Ainsi se fait chair le dessein de Dieu en nous, dans le chrétien et dans le monde. Jésus l'homme des douleurs porte le poids du monde. Communier par Lui avec mes frères et soeurs: agés, jeunes, curieux, mal pris... que Dieu aime.

Recevoir mes frères et soeurs, les autres et le monde, les aimer, les apprécier, les accepter, les voir avec les yeux, le regard, l'amour que Dieu porte à toutes ses créatures en Jésus.

C'est ainsi qu'on ressuscite avec Jésus , que Pâques recrée l'homme et le monde encore aujourd'hui.

Hermann Giguère
Pour RCQ-Liaison d'avril 1984
Republié le 6 avril 2016



Sous un regard aimant : le jeune homme riche de l'évangile (Mc 10, 17-27)


Soeur Rita Gagné dans un entretien à Sainte Anne-de-Beaupré en octobre 2011
Soeur Rita Gagné dans un entretien à Sainte Anne-de-Beaupré en octobre 2011
Je me reconnais dans cet homme agenouillé qui appelle Jésus «bon Maître» et lui demande quoi faire pour hériter de la vie éternelle. Riche de connaissances, de principes, d’expériences, de conseils, de relations, de biens matériels, d’une liste d’observances, j’approchais cet âge grave où la vie bascule vers l’autre versant et où «l’à-quoi-bon» nous rattrape. J’ai crié au «Bon» Maître, le Jésus de ma jeunesse, mon désir fou de vivre à plein, toujours!

Sans discuter, Jésus m’a discrètement rappelé la Source du Bon. Il m’a défilé ce que je savais par cœur: mes engagements. Je lui avouai naïvement ma tranquille assurance d’avoir fait de mon mieux depuis ma jeunesse, obéissant à beaucoup de «ne pas»! Mais voilà! J’ai croisé son insoutenable regard d’amour… Il m’a atteinte au vif de mon manque. Il m’a dit d’aller échanger mes richesses pour ce dont les gens qui m’entourent ont soif eux aussi et, qu’alors, je découvrirais un trésor tout autre. Comment oublier le «viens, suis-moi» qui suivit?

Cette question nous revient souvent? Mgr de Monléon apporte des éléments de réponse intéressants et inspirants pour le temps de l'Avent. Dans une présentation brève du nouveau livre de Mgr Albert de Monléon, évêque émérite de Meaux et un des fondateurs de la communauté l'Emmanuel avec Pierre Grousat, Anita Bourdin met en évidence les réflexions de Mgr de Monléon sur la question de la curiosité que suscitait le ministère de Jésus. "Pourquoi Jésus attirait-il les foules?"


"Pourquoi Jésus attirait-il les foules?" par Mgr Albert de Monléon
Mgr de Monléon répond tout d'abord, écrit Anita Bourdin, : par un "sentiment bien légitime de curiosité". Un mouvement amplifié, notamment par les signes, les guérisons.

Jésus attirait aussi "par son enseignement", ajoute Mgr de Monléon: quand les foules l'entouraient, "il leur parlait longuement et elles "l'écoutaient avec plaisir" (Mc 12, 37)". Un enseignement "nouveau" donné avec une "autorité inédite", "d'une clarté pénétrante", en somme "sa Parole était une Bonne nouvelle dont chacun avait soif".

Mais ce n'est pas tout. "Enfin, et peut-être surtout, souligne Mgr de Monléon, Jésus attirait par sa bonté, sa compassion, sa manière de rendre confiance aux plus petits, aux accablés. Auprès de Lui, toute personne de bonne volonté se sentait bien, en sécurité, renouvelée. Il accordait largement son pardon aux pécheurs et leur rendait la possibilité de reprendre une vie nouvelle conforme aux enseignements de Dieu, dans l'Ecriture, et aux aspirations les meilleures de leurs coeurs."


Une image : deux mots très connus « micro » et « macro ». Je m’explique. Il n’y a pas de « macroréalité » sans « microréalité ». En informatique, par exemple, les Gigabytes sont faits de millions de bytes. Les corps vivants renferment des milliers de cellules. L’univers est constitué de milliards d’atomes. Il en est ainsi de la Seigneurie de Jésus-Christ, Roi de l'Univers


Faire entrer notre microréalité dans la macroréalité de l'univers avec le Christ, Roi de l'Univers
Microréalité et macroréalité divines

Il en est du Dessein de Dieu comme d'une macroréalité qui met de l’avant l’histoire du salut, le mouvement du monde, de l’humanité, de l’univers tout entier. « La création entière, dans sa propre nature, était remodelée au service de tes décrets pour que tes enfants soient gardés sains et saufs. » nous dit le livre de la Sagesse (18, 14-16). L’Évangile nous donne une clef pour entrer dans ce grand mouvement dont nous sommes partie prenante à notre niveau de la « microréalité » : se faire petit et pauvre comme la veuve de l’Évangile – cette toute petite, exclue, pauvre dont nous parle l'évangile selon saint Luc au chapitre 18. "Quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux, dit Jésus" (Matthieu 18, 4)

Pour entrer dans ce mouvement intense du Dessein d’Amour de Dieu sur le monde, il faut en réponse à l’invitation de Jésus, comme cette veuve, vivre l’attente sans se lasser, toujours prier sans se décourager, car Dieu peut se faire attendre des siens pour affermir leur foi. Le Royaume de Dieu est déjà là, mais pas encore. C’est pourquoi, Dieu arrive « vite » dans nos vies. Il fait irruption. C’est le sens premier du texte grec qu’on a traduit par « sans tarder » dans la traduction liturgique. Il signifie littéralement « à l’improviste, de façon imprévue, d’une manière soudaine ».

L’attente c’est le « pas encore », c’est le regard en avant. C’est aussi l’inquiétude parfois : viendra-t-il? ne viendra-t-il pas? C’est encore la patience dans la durée, la persévérance, mais c’est toujours l’espérance.

Dans cette note sur les divorcés-remariés et l’accès aux sacrements de Pénitence et d’Eucharistie, Mgr Pierre Gaudette P.H., professeur associé de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval et prêtre associé de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec nous fait part d'une avenue à visiter pour avancer sur la question de l'admission éventuelle des divorcés-remariés à l'Eucharistie.


Pour une Église plus ouverte et accueillante : « Je rêve d’une Église mère et pasteur » (Pape François)
Pour une Église plus ouverte et accueillante : « Je rêve d’une Église mère et pasteur » (Pape François)
Mgr PIerre Gaudette a été professeur d'Éthique fondamentale à l'Université Laval pendant de nombreuses années et titulaire d'un cours sur les divorcés-remariés. De 2002 à 2008 il a été secrétaire de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec. Il a été membre de la Commission théologique internationale. Son expertise et sa compétence lui ont permis de regarder toute la question de l'accès aux sacrements des divorcés-remariés avec des points de vue qui ouvrent des perspectives nouvelles sur cette question qui est à l'ordre du jour du Consistoire extraordinaire des cardinaux avec le pape François à Rome les 20 et 21 février 2014.

La citation de saint Cyprien de Carthage sur les lapsi (chrétiens qui sous la crainte du martyre avaient renié leur foi devant les persécuteurs) que Mgr Gaudette nous propose en Annexe "mérite réflexion, écrit-il, et, me semble-t-il, ouvre une porte intéressante".

Bonne lecture.

Texte complet de Mgr Gaudette


NOTE

Mgr Gaudette a publié sur le site Carrefour Kairos d'Hermann Giguère un deuxième texte le 17 avril 2015 qui précise les choses à la suite du Synode de l'automne 2014. À lire!

Texte complet
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QUI SUIS-JE?
le 9 janvier 2017 : il y a eu 112 874 visites depuis le 2 mars 2011. Merci!
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DERNIÈRES HOMÉLIES
Vous y trouverez l'homélie du dimanche publiée le mardi qui précède. Bonne méditation!




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